Bouliste échaudé craint l’eau de pluie

« Une décision de rationalisation financière » que regrette le maire Benoît Payan, espérant bien « leur faire regretter d’être parti, avec ce boulodrome ».

À Saint-Barnabé, où se jouait dimanche le GP de Printemps féminin, Stéphane Marco, le vice-président du club, reconnaît que le projet est porteur. « C’est une belle promesse, maintenant, reste à voir car cette histoire, c’est un peu comme l’Arlésienne », juge-t-il. « C’est la politique. Dalida, c’était paroles et paroles, pour les politiques, c’est promesses et promesses », glisse un spectateur qui se mêle à la discussion. « Vous croyez que c’est une priorité ? Il y en a d’autres, l’école de mon petit-fils n’avait pas le chauffage », tacle un autre. « Et si on parlait des piscines », enchaîne son voisin.

Du côté des présidents, l’envie de voir éclore le projet est en tous les cas certaine. Thierry Barriere « souhaite que ce projet prenne corps », mais s’interroge sur « les retombées pour les clubs. Comment va-t-on pouvoir en disposer ? », questionne le président de la Boule Doria. « Peut-être serait-il plus souhaitable d’améliorer et de couvrir les sites existants ? ».

Boulistes ou spectateurs ?

Richard Grossi, le président de la Pauline, salue lui « un beau projet » et pousse sa réflexion. « Ce qu’il va y avoir autour doit être encore plus beau. Pour qui ? Les boulistes bien sûr. Pour quoi ? Quand ? Dans quelles circonstances bénéficierons-nous de l’installation ? ».

Même son de cloche à la Boule des Calanques où le président, Lionel Pugliese, espère que le projet ne tombera cette fois pas à l’eau : « Bien sûr que je ne peux qu’apprécier. Après reste à savoir si cette structure va faire le bonheur de nos joueurs en mode boulistes ou simplement spectateurs. »

« Voilà un projet qui ne peut qu’améliorer la situation et faire plaisir aux joueurs », embraye le président de la Boule Modérée Fred Marinello. « L’essentiel, c’est de savoir comment ça va être géré et par qui ? ».

Robert Allileche, le président du groupe Lei Pétouliers, apprécie lui aussi un « projet valorisant pour la ville de Marseille ». Mais ce garçon qui a toujours évolué dans le giron sportif – il a été arbitre de football – rejoint ses camarades en soulignant la nécessité « d’améliorer l’existant pour des clubs en place, mais en panne de structures ».

Le tour de table de ces boss s’achève avec Robert Bocciardi, de l’Amicale bouliste Saint-Tronc. « C’est un feuilleton, cette promesse a toujours avorté, mais ça ne coûte rien d’attendre encore un peu ». Trois ou quatre ans assure le maire de Marseille. Rendez-vous est pris.

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