[Les illuminations font un carton] Cassis, un petit port enchanté par des vagues d’images

Il est près de 19 heures, ce mardi 30 décembre. Une nuit sans lune tend, sur le petit port cassiden, un ciel couleur d’encre. Par contraste, le château, entouré de remparts et situé sur une hauteur de la ville, est vivement éclairé. Il fait froid. Dans les rues où s’engouffre le vent, les rares passants pressent le pas. Toute la vie de Cassis semble avoir reflué dans les bars et restaurants qui longent le quai du port.

Habillée de sombre, une famille se hâte vers le centre-ville. Elle vient d’assister au spectacle « Maisons de pêcheurs en lumière artistique »*, conçu pour la 4e édition consécutive par CS Prod Architectes des imaginaires, à la demande de la Ville de Cassis. « C’était très beau et très bien fait ! On n’a pas pu le regarder en entier, car il faisait trop froid », réagit Louane, 12 ans. « On est venus pour ça, aujourd’hui à Cassis, et demain pour la Saint-Sylvestre à Marseille », complète le papa. Pour lui, « les illuminations font partie du charme de la période de Noël ». La famille est originaire de Montauban, dans le Tarn-et-Garonne.

Emmanuelle et son jeune fils, Bastien, accompagnés d’un ami d’une vingtaine d’années, Kamil, reviennent de l’office de tourisme, situé en début de digue. C’est en effet depuis cet endroit que le mapping, pour la première fois sonorisé cette année, offre le meilleur point de vue. « Je trouve ça magique, voire féérique. Cela rajoute beaucoup de charme à la ville, déjà très belle. Cela me met des étoiles dans les yeux », confie Kamil, emmitouflé dans une épaisse parka noire, bonnet sur la tête. Le trio a fait le déplacement depuis Martigues.

Et le village devient mer

Dominées par la silhouette ambrée du clocher, les façades du port, soudain, s’animent. Comme vus au travers d’un kaléidoscope, des fragments de couleurs vives semblent y être jetés comme des pétales, avant d’être aspirés par on ne sait quel vent facétieux. Cassis ayant longtemps été prospère grâce à la pêche nourricière, des bancs de poissons y glissent. Les fameuses sardines représentées sur son blason, mais aussi des rascasses… Des poulpes fantaisistes y remontent à la surface.

Tout l’imaginaire lié à la mer se donne rendez-vous ici, maintenant. Les galions à la voile gonflée. Si la plupart des tableaux du mapping sont identiques à la projection de l’an passé, comme la référence à la découverte de la grotte Cosquer, de nouvelles scènes ont été ajoutées. Celle notamment où le port semble s’embraser, et où, sur le feu rouge orangé des maisons, passe le traîneau du Père Noël tiré par ses rennes…

Mais l’une des séquences les plus féeriques reste sans doute celle où le village de pêcheurs devient mer. Les vagues bleues frangées d’écume ondoient, s’enflent, semblent emporter les façades dans leur mouvement… Et, dans le silence de la nuit hivernale, au clapot de l’eau du port se mêle l’ample respiration de la Méditerranée, que l’on entend là-bas, juste de l’autre côté de la jetée. Un enchantement dont on ne se lassera jamais.

* Jusqu’au 4 janvier, projections (environ toutes les 15 minutes ), chaque jour, de 18h à 22h. Gratuit

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