La République en miettes

La visite éclair du chef de l’État avait de quoi surprendre hier. Emmanuel Macron souhaitait sans doute,
à travers ce déplacement, afficher sa proximité avec les commerçants et
les forces de l’ordre
dans une ville qui a particulièrement souffert des émeutes et des pillages du 17 octobre. Il s’y est exprimé en « super ministre de l’Intérieur ». Reconnaissant les défaillances du dispositif de sécurité, le président de la République, peu enclin à l’autocritique, a fait montre d’une humilité qu’on ne lui connaissait pas face à une situation
où l’État a eu bien du mal à reprendre le contrôle.

Il a dit avoir demandé à son gouvernement d’apporter des réponses aux revendications légitimes des lycéens
et de trouver des « compromis » avec les forces sociales mobilisées contre la vie chère. Mais il n’a pas tracé lui-même de perspective de sortie de crise, estimant anormal que le pays
« soit dans cet état d’ébullition », six mois avant la présidentielle.

Rôle du chef
de l’État

C’est pourtant l’un des traits du mouvement en cours : les jeunes comme les salariés étranglés
par la vie chère veulent des réponses ici et maintenant car ils ne peuvent plus attendre
et ne croient pas en l’homme ou en la femme providentiels.

C’est ce qui les a poussés à descendre en masse dans la rue samedi dernier, malgré les interdictions et le climat de peur qui s’est installé après les violences qui ont éclaté le 17 octobre.

À côté du président de la République qui prônait le retour à l’ordre,
le maire de Marseille
a appelé à une solution politique et au respect
des droits et libertés constitutionnels. Un rôle que devrait endosser le chef de l’État avant que de la République, il ne reste que des miettes.

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