La Marseillaise : Pourquoi vous semblait-il important d’organiser un événement sur ce sujet ?
Camille Theureau : Depuis quelques mois maintenant, le Planning familial de Gap est agréé centre LGBTQIA+ par l’État. Dans ce cadre-là, on a décidé qu’une fois par an on mettrait en place une journée thématique autour de ces questions. Pour cette première année, compte tenu de là où on est situé, dans les Hautes-Alpes, ça paraissait assez évident comme sujet ! L’idée, c’est de ne pas penser uniquement que c’est négatif et horrible d’être LGBT à la campagne. C’est réfléchir collectivement à ce qu’on peut mettre en place. Pas qu’entre personnes concernées, mais aussi avec les personnes alliées, qui sont plus que bienvenues !
Comment va se dérouler cette journée ?
C.T. : Durant la table ronde à 14h, il y aura deux intervenants. Élodie Potente, qui est journaliste et créatrice du podcast Champs queers, et qui vient tout juste de sortir un livre qui s’appelle Fiertés des Champs. L’autre intervenant est Colin Giraud, sociologue et chercheur à l’Université Paris-Ouest-Nanterre. Il a aussi travaillé sur les personnes LGBTQIA+ en ruralité. Puis Samuel Castinel, membre du Planning familial présentera différents outils d’éducation.
Quelles sont les spécificités dans le fait d’être LGBTQIA+ en milieu rural ?
C.T. : La première des spécificités, c’est la difficulté des déplacements, notamment dans les Alpes avec les différentes vallées, sans parler du fait que le département est pauvre en transports en commun. C’est donc compliqué de se rassembler pour faire communauté. S’y ajoute le manque de lieux de socialisation identifiés, comme dans les grandes villes où il y a des bars ou associations dédiés par exemple. On peut aussi noter la difficulté en termes de soins : certains peuvent ne pas se faire soigner car les soignants ne sont pas forcément formés à ces questions. Enfin, en ville, il est plus simple de se fondre dans la masse. Quand on habite un village de 100 habitants, on est vite « outé », c’est-à-dire que les personnes savent qu’on est gay, bi, lesbienne, trans, etc.
Vous organisez un samedi par mois un temps convivial ouvert aux personnes LGBTQIA+. Ces problématiques ressortent-elles des échanges ?
C.T. : Oui, l’idée est de faire communauté et d’échanger, par exemple sur quel gynéco est bienveillant. On partage des infos, des conseils entre personnes concernées, pour pouvoir potentiellement mieux affronter l’extérieur, qui est un monde plutôt hétéro-patriarcal.
En plus de Planning familial, quelles ressources sont disponibles aux personnes LGBTQIA+ ?
C.T. : Sur le territoire des Hautes-Alpes, il y a l’association sportive Grimpe et Glisse qui propose des activités de montagne aux personnes LGBTQIA+ et alliées. Une autre association vient de se lancer : Arc-en-Cimes. Elle aimerait notamment organiser une pride à Briançon.

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