L’étape reine, l’étape des vaillants. Les alentours de Bessèges se sont transformés en toboggan géant, ce vendredi. Les coureurs n’ont fait qu’encaisser du dénivelé tout au long de la journée, sur ce profil particulièrement vallonné. Pourtant, le peloton a explosé les compteurs et les heures de passage se sont révélées être bien plus rapides que prévu. 44,9 km/h de moyenne, au final, alors que ce troisième jour de course proposait 2 500 mètres de dénivelé positif.
Cette étape mouvementée a permis aux favoris de l’Étoile de se battre à la loyale dans les différentes bosses – six au total –tout au long du tracé. Pourtant, c’est bien un homme rapide qui a triomphé sur les bords de la Cèze, à Bessèges. L’Allemand Henri Uhlig a largement manifesté sa joie après la ligne. Le coureur d’Alpecin-Premier Tech a battu Lukas Kubis, à nouveau 2e comme mercredi. Le Slovaque des Rockets s’est tapé la cuisse de frustration après l’arrivée, mais il reçoit tout de même un lot de consolation. Ce dernier est le nouveau leader du classement général, à la veille de la 4e des cinq étapes.
Cette journée était taillée pour les forçats de la route avec d’innombrables possibilités dans les côtes et une incertitude sur le vainqueur final. Contrairement aux deux premiers jours de compétition, l’échappée a mis du temps à se former, car le peloton ne laissait rien partir.
Cette première partie de parcours en descente n’a pas non plus aidé. Il a fallu attendre une quarantaine de kilomètres pour voir un groupe de dix hommes prendre les devants. Quelques pointures aux avant-postes avec Alexis Renard (Cofidis), Kasper Haugland (Decathlon-CMA CGM) ou encore Tomas Kopecky (Unibet Rose Rockets).
L’un des coureurs de tête n’avait qu’une seule idée, un seul défi, ce vendredi après-midi : sécuriser le maillot de meilleur grimpeur. Nice Métropole Côte d’Azur, peut-être la plus petite formation engagée, a montré son maillot bleu azur grâce à Victor Papon. En passant quatre des six sommets en tête, Victor Papon a pris une grande option dans la quête de la tunique distinctive. Avec 28 points, dont 16 d’avance sur son dauphin, il se peut que le maillot de la montagne prenne la direction des Alpes-Maritimes. Mais cette échappée n’a jamais bénéficié d’une marge confortable, car jugée trop dangereuse. Plusieurs hommes étaient à moins de 30 secondes au général et les laisser partir aurait été un risque trop important. 1 minute 20 au maximum, un pécule minuscule dans la course à la victoire d’étape.
Le premier coup de tonnerre est tombé à 40 km du but. Après ses exploits des deux précédentes étapes, les différentes équipes se demandaient si le jeune porteur du maillot corail, Tom Crabbe, pourrait résister sur l’étape reine. La réponse fut non. Le Belge de la Team Flanders-Baloise a été distancé lors du deuxième passage au col des Brousses. Devant, la course s’est transformée. Telle une épreuve de jeunes où tout le monde veut attaquer et prendre l’avantage, les favoris ont tenté à de multiples reprises de se faire la malle.
Ewen Costiou et Paul Lapeira ont été les plus offensifs, Clément Izquierdo a pris une fois 10 secondes avant de se faire croquer par un groupe réduit. Les fourmis s’éparpillaient dans les jambes des cyclistes français, mais les tentatives étaient vaines. Finalement, les bosses n’ont créé aucun écart et, à l’entrée de Bessèges, un groupe d’une grosse quarantaine d’unités se présentait pour la victoire. Dylan Teuns a lui aussi tenté et a été rattrapé. Un sprint massif allait donc se tenir, avec les forces en présence. Malgré quatre coureurs en tête, Unibet Rose Rockets s’est fait surprendre.
Le grand sprinteur de Regensburg, Henri Uhlig, a été plus véloce dans les derniers mètres pour battre un Lukas Kubis arrivé 2e d’une course pour la dixième fois de sa carrière. L’Allemand s’offre son plus beau succès, lui qui a été discret toute la journée après avoir pris la 5e place, jeudi, à Domessargues. Décimée depuis le début de l’Étoile avec trois abandons, son équipe Alpecin-Premier Tech retrouve le sourire.
Toujours dans les bons coups depuis le début de la saison, Van Rysel Roubaix a réussi une nouvelle journée remarquable. Louis Hardouin, encore amateur en 2025, a terminé 3e de cette étape et se satisfait de ce résultat (voir par ailleurs). La lutte pour le classement général est indécise et le sera jusqu’aux derniers hectomètres du contre-la-montre, à Alès. Ce samedi matin, ils étaient 36 en 30 secondes. Absolument tout reste à imaginer dans le Gard.

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