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  • [Science] Chez les flamants roses, la revanche des migrateurs

    [Science] Chez les flamants roses, la revanche des migrateurs

    C’est comme si les flamants roses qui ne migrent pas en hiver –dits « résidents »- payaient plus tard leurs excès de jeunesse. Jeunes adultes, ils profitent de la vie : ils meurent moins et se reproduisent plus. Mais quand ils deviennent vieux, les effets de l’âge se font vite sentir et leur capacité à se reproduire diminue rapidement. À l’inverse, leurs congénères migrateurs connaissent une mortalité plus élevée et peinent à se reproduire au début de leur vie d’adulte, mais ils conservent plus longtemps leurs capacités physiques et reproductives. « C’est la première fois qu’est montré l’impact de la migration sur le vieillissement », indique Sébastien Roques, aujourd’hui chercheur CNRS au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier et coauteur d’une étude parue dans Pnas sur les flamants roses camarguais qu’il a initiée il y a quelques années à la Tour du Valat (Arles).

    De quoi alimenter l’idée que les comportements et les choix des individus influencent la façon de vieillir. « Les preuves s’accumulent depuis plusieurs années. Notre étude ajoute une pierre à cet édifice », souligne Sébastien Roques. Au-delà de l’intérêt théorique concernant la compréhension des facteurs qui influencent la façon de vieillir des animaux –humains compris-, il y a aussi un intérêt en termes de conservation : « Dans un contexte de changement climatique, comprendre ce qui influence la survie et la reproduction nous aide à anticiper le futur et l’évolution des populations », ajoute le chercheur.

    Histoires de vie

    Parce que le flamant rose vit longtemps –parfois jusqu’à 50 ans-, étudier son vieillissement nécessite un suivi sur le temps long. « La Tour du Valat effectue pour cela un suivi unique », pointe Sébastien Roques. Depuis 1977 –et encore aujourd’hui-, certains nouveaux-nés sur les sites de nidification en Camargue sont bagués et leurs allées et venues autour du bassin méditerranéen sont scrutées par le personnel de la Tour du Valat et des bénévoles. « Nous créons ainsi des histoires de vie », résume le chercheur.

    Pour expliquer ces différences de vieillissement entre flamants roses résidents et migrateurs, les scientifiques évoquent le coût du voyage : « Migrer est risqué, insiste Sébastien Roques. Les migrateurs sont confrontés à des conditions environnementales variées qui augmentent les risques de mortalité. » Quant aux résidents, l’investissement important en première partie de vie pour survivre et se reproduire se paye peut-être en seconde partie. « Investir dans la survie et la reproduction nécessite d’importantes dépenses énergétiques qui accélèrent le vieillissement cellulaire », ajoute le chercheur. Il est également possible que les migrateurs qui parviennent à un âge avancé malgré des conditions de vie difficile soient les plus robustes. « La qualité des individus peut effectivement jouer », confie-t-il.

  • [Biodiversité] À la découverte des oiseaux des Salins d’Hyères

    [Biodiversité] À la découverte des oiseaux des Salins d’Hyères

    Des tadornes aux flamants roses, en passant par les sternes, les hérons ou encore les goélands : au total, près de quatre cents espèces d’oiseaux peuvent être observées dans les anciens salins d’Hyères au fil des saisons. Si certains ne sont que de passage au cours de leur migration, le site varois compte plus de 70 espèces nicheuses, dont une dizaine classées protégées en France.

    Mais les véritables vedettes de la presqu’île de Giens restent les flamants roses. Observables par milliers jusqu’à la fin de l’été, puis par centaines au cours de la saison hivernale, ces oiseaux doivent la coloration si particulière de leur plumage à une alimentation composée de plancton, d’algues et de petits crustacés contenant des pigments caroténoïdes. À leurs côtés, les limicoles, autres espèces phares de la saison appartenant à l’ordre des charadriiformes, fouillent les vasières pour y puiser toutes sortes de petits invertébrés. Le caractère sursalé, humide et vaseux des salins en fait un environnement privilégié pour l’épanouissement et la prolifération de ces espèces.

    Un espace naturel hautement protégé

    Longtemps consacrés à la pêche et à la production de sel, les Salins d’Hyères ne deviennent une réserve biologique qu’au début du siècle. Alors que ses activités industrielles prennent progressivement fin entre les années 70 et 1995, le Conservatoire du littoral en fait l’acquisition en 2001 avec pour objectif de protéger sa faune et sa flore, menacées à l’époque par des projets immobiliers. La richesse écologique des Salins d’Hyères, en effet, ne se limite pas à ses oiseaux : les 800 hectares de marais salants abritent également diverses espèces de poissons, d’insectes et de petits mammifères, ainsi que des centaines d’espèces de plantes, dont certaines variétés d’orchidées sauvages particulièrement rares en Méditerranée.

    Depuis 2004, la gestion des deux zones du site (le Salin des Pesquiers et les Vieux Salins) est assurée par la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée, qui met un point d’honneur à développer des actions tant en termes de sauvegarde de son patrimoine que d’éducation à la biodiversité dans son ensemble.

    Les visites proposées, au tarif de 7 à 12 euros, s’inscrivent pleinement dans cette démarche de mise en valeur. À travers un parcours de marche accessible à tous les publics et grâce à des équipements adaptés (jumelles, longues-vues, marchepieds pour les enfants), les guides spécialisés de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) invitent petits et grands à venir observer et mieux comprendre les espèces qui peuplent cette réserve ornithologique d’exception.

    Prochaines dates des visites guidées : lundi 22 et samedi 27 septembre au Salin des Pesquiers et mercredi 24 septembre aux Vieux Salins, de 8h45 à 10h45 — sous réserve de conditions météo favorables. Réservation obligatoire sur provencemed.com.

  • Tom Baldetti : « La justice et l’égalité c’est dans mes gênes »

    Tom Baldetti : « La justice et l’égalité c’est dans mes gênes »

    Tom Baldetti : Je suis un humoriste originaire de Toulouse installé à Paris depuis 5 ans maintenant, j’y suis en spectacle toutes les semaines et en tournée dans toute la France actuellement.

    Vous avez explosé sur les réseaux avec le personnage de la Sardine, comment est venue l’idée ?

    T.B. : C’est un personnage que je fais à mes amis depuis petit et que j’ai décidé de mettre en scène sur les réseaux sociaux dans l’objectif de remplir ma salle de spectacle. Il s’avère que ce personnage a pris un peu d’ampleur, c’est grâce à lui que le grand public me découvre mais ce n’est pas ce que je suis dans mon entièreté. Il incite les gens à venir me voir en spectacle et c’est là que l’on découvre ce qu’il se passe dans ma tête.

    Quelle est la différence entre la Sardine et Tom Baldetti ?

    T.B. : La Sardine est peut-être une partie de moi qui dit des choses un peu absurdes avec un parler qui lui est propre et notamment l’accent marseillais. Moi je suis quelqu’un de plutôt sensible qui parle de sujets assez personnels avec des anecdotes qui sont quand même faites pour que tout le monde puisse s’identifier, que chacun puisse se repérer dans toutes ces histoires et la Sardine vient agrémenter tout ça de manière un peu… piquante !

    Pourquoi avoir un tel attachement à Marseille et à son accès ?

    T.B. : D’une manière générale je suis très attaché au Sud, bien que je vienne du sud-ouest (rires). Mon père est originaire de Marseille et j’ai toujours aimé la région, l’accent, les gens. Tout ce qui touche à cet endroit de la France. Pour moi c’est un hommage à cette ville et à cette région que j’apprécie tout particulièrement.

    Au-delà de l’accent marseillais vous faites aussi l’accent québécois et russe. C’est une passion l’imitation ?

    T.B. : Disons que ça me fait beaucoup rire donc je le fais et je m’amuse. C’est quelque chose qui me vient de mon père, on faisait ça à longueur de journée quand j’étais petit et ça m’amuse toujours autant donc si ça fait rire, tant mieux !

    Vous avez beaucoup de dates dans le Sud dans le courant de l’année et en 2026, ces dates ont-elles une saveur particulière pour vous ?

    T.B. : Avant même d’être confronté à une certaine notoriété j’aimais particulièrement m’y produire parce que les gens sont beaucoup plus chaleureux dans la vie d’une manière générale et dans les salles de spectacle. Dans les réactions, les rires… Ils sont moins coincés que dans d’autres régions. C’est vrai qu’à Paris ils ont quand même un petit balais dans le cul, pour être le plus franc possible. Les gens sont chauds et c’est aussi pour ça qu’on se met une pression différente.

    Il y en a plus de pression ?

    T.B. : Bien sûr ! Il y en a à chaque fois mais d’autant plus dans cette région parce que le personnage, parce que les réseaux sociaux etc. Ils ont certainement une attente particulière et l’idée c’est d’être à la hauteur de ce qu’ils attendent et jusque-là j’ai l’impression d’avoir fait le travail. Ils sont contents de découvrir vraiment qui je suis au final…

    Justement à quoi on doit s’attendre en venant voir « Tome 1 » ?

    T.B. : C’est un spectacle autobiographique car c’est le premier, c’est de l’humour de situation. C’est une ode à ma famille, mon rapport à la parentalité, mon prisme entre l’âge adulte et l’adolescence parce que je suis adulte selon l’aspect juridique mais dans ma tête je suis loin de l’être et toutes ces anecdotes me racontent.

    Dans l’un de vos sketchs vous vous moquez d’Eric Zemmour et des racistes, quel regard portez-vous sur la montée des extrêmes en France ?

    T.B. : De manière générale je suis contre et pas qu’en France. Je suis pour l’égalité à tous les niveaux, pour la paix et la justice. Je ne pense pas que tout cela soit propice avec la montée des extrêmes qui effectivement montent beaucoup en France. J’essaie de m’engager sur certains de mes sketchs mais c’est quelque chose qui fait partie de moi.

    A contrario, dans l’une de vos chroniques sur France Inter vous parlez de votre grand-mère soixante-huitarde avec beaucoup de tendresse, La France est dans la rue en ce moment pour plus de justice et d’égalité. Qu’en pensez-vous ?

    T.B. : Je soutiens tous ces mouvements, je suis le premier à rejoindre ces manifestations d’ailleurs, c’est ancré en moi. Je sais que je ne suis pas le plus engagé dans ce que je dis et dans ce que je fais mais c’est dans mes gênes, dans ma famille depuis toujours. Je viens d’une famille engagée et militante et moi je suis dans cette lignée-là.

    Une punchline qui reflète bien Marseille et le Sud ?

    T.B. : Je suis empégué ! C’est pas mal ça (rires)

  • [Recette] L’escalope de veau et sa sauce au citron

    [Recette] L’escalope de veau et sa sauce au citron

    Pour la recette, il vous faudra :

    – Deux escalopes de 150g

    – Le jus de deux citrons et leurs zestes

    – De la crème fraîche liquide entière à 35%

    – Du beurre et de la farine

    – De quoi faire un bouillon de veau avec des épluchures de légumes et les parures de la viande ou un bouillon cube.

    Une sauce nappante

    Dans un premier temps et si vous en avez la possibilité préparez votre bouillon de veau avec des épluchures de légumes qu’il vous reste et les parures du veau. Mouillez à hauteur et faites cuire à feu doux pendant 6h. L’idéal est de le préparer la veille au soir et de le laisser mijoter tranquillement. Une infusion toute la nuit lui donnera encore plus de saveur et vous n’aurez plus qu’à le filtrer avec un chinois au moment de la préparation du plat.

    Sinon, de l’eau et un bouillon cube de veau feront très bien l’affaire. Une alternative simple et efficace qui vous demande moins de préparation en amont.

    Une fois que votre bouillon est prêt et filtré, versez dans une casserole sur un feu fort. Ajoutez le jus des citrons, mélangez au fouet et portez à ébullition. Quand le mélange bout ajoutez la crème fraîche entière à laquelle vous aurez incorporé les zestes de citron, fouettez énergiquement et portez de nouveau à ébullition pour faire réduire la sauce. Attention à ce que le feu ne soit pas trop fort sinon les bords risquent de brûler.

    Pendant ce temps vous pouvez préparer dans une autre casserole un beurre roux en faisant fondre à feu doux votre beurre puis en y incorporant petit à petit et tout en mélangeant au fouet la farine.

    Une viande dorée et rosée

    Quand ce dernier est terminé et homogène ajoutez deux ou trois cuillères de ce dernier dans la première préparation sur le feu. N’arrêtez pas de mélanger puis laisser la sauce tranquillement cuire sur un feu très doux, elle va s’épaissir. Surveillez d’un œil.

    Pour votre viande, faites chauffer une poêle avec un filet d’huile neutre. Quand elle est bien chaude déposez l’escalope, une minute de chaque côté, pas plus et versez la sauce dessus puis laissez réduire pour avoir une belle sauce nappante tout en remuant de temps en temps. Accompagnez de légumes rôtis et de purée.

  • C’est l’heure de la reconnexion à La Seyne

    C’est l’heure de la reconnexion à La Seyne

    « Une reconnexion profonde à la nature »

    Créée fin 2024 et soutenue par un comité international de scientifiques, artistes et éducateurs, ReconnectNature souhaite « favoriser une reconnexion profonde à la nature et promouvoir une transition écologique systémique en mêlant art, science et éducation ». Partant du constat qu’« un tiers des enfants de 8 à 12 ans ne savent plus distinguer une figure d’une courgette » ou encore que « dans le Var, moins de 10% de l’alimentation est produite localement », elle invite à créer des synergies entre acteurs engagés mais « souvent isolés », dans l’optique de « réussir la transition écologique, sociale et économique ».

    Pour ce faire, l’association insiste sur l’importance de créer des liens « avec la nature, entre générations et disciplines, d’entraide et de coopération », afin que l’environnement devienne une source d’inspiration plutôt que d’anxiété. Elle promeut ainsi l’approche dite des « 5 chemins » (contact, émotion, sens, compassion, beauté) et collabore pour l’événement avec… Jean-Louis Masson – homonyme du président du département, artiste engagé dans les transitions – qui adapte son concept « À Travers Champs », consistant lui aussi à relier les acteurs engagés.

    Au-delà des discussions entre acteurs, qui auront lieu de 9h à 17h, le grand public, des plus aux moins jeunes, est également invité à participer, de 13h30 à 16h30, avec une balade animée, des stands d’informations et un atelier land art (conception d’œuvres avec des matériaux naturels). Afin que chacun puisse entamer sa reconnexion.

    Infos sur reconnectnature.org

  • JEP 2025, les trésors de Marseille en pleine lumière

    JEP 2025, les trésors de Marseille en pleine lumière

    Passé portuaire et industriel

    Du côté du Vieux-Port, des départs en bateau permettront une visite commentée de l’histoire du port, avec une escale prévue à la Digue du large, cette jetée-promenade qui a inspiré des auteurs comme Jean-Claude Izzo ou Claude McKay, hélas fermée au public depuis 2001. Que dire encore de la Cité radieuse du Corbusier, ouvrage finalement pas si fada que ça édifié il y a 73 ans sur le boulevard Michelet. Autant de grands classiques architecturaux de Marseille, qui ne sauraient faire oublier le riche passé industriel de la ville, comme peut en témoigner le Silo. Huit sessions de visites sont prévues ce week-end pour découvrir cet « ancien silo à grains » construit en 1927 et « réhabilité en salle de spectacles » dans les années 2000. Au centre interdisciplinaire de conservation et restauration du patrimoine de la Belle de Mai, le public pourra contempler, samedi, l’histoire de ce bâtiment qui fut l’ancienne Manufacture des tabacs. Sur le territoire du Grand port maritime de Marseille, boulevard des Bassins de Radoub, l’association La Navale présentera quant à elle l’histoire de la réparation navale et la mémoire ouvrière des lieux. Érigés à la fin du XIXe siècle pour stocker des marchandises du port, les Docks de la Joliette, hélas transfigurés en centre de commerces il y a 10 ans, seront le théâtre de visites commentées par l’historienne Judith Aziza.

  • Plongez dans les secrets de l’architecture en région

    Plongez dans les secrets de l’architecture en région

    Cette 42e édition met à l’honneur l’architecture en valorisant les réalisations artistiques et techniques qui façonnent nos paysages. C’est aussi un marqueur de l’histoire, de l’identité culturelle et de la mémoire collective. « C’est une manifestation que nous n’avons presque plus besoin d’organiser tellement le public s’en est emparé, elle vit d’elle-même ce qui reflète son succès », souligne Catherine Cauche de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) Paca. « On invite les visiteurs à aller au-delà des murs, à s’intéresser différemment aux bâtiments devant lesquels on passe chaque jour. »

    Au niveau national, les Journées européennes du patrimoine sont organisées par le ministère de la Culture depuis 1983 et orchestrées au niveau local par les Drac.

    Au-delà des lieux historiques qui peuvent être accessibles en dehors de ce week-end de septembre, les Journées européennes du patrimoine sont surtout l’occasion d’attiser la curiosité des visiteurs qui ont exceptionnellement la chance d’accéder à des lieux de pouvoirs qui ne sont pas visibles par le plus grand nombre le reste de l’année.

    « Il y a un engouement certain pour cette manifestation populaire et majoritairement gratuite qui touche toutes les tranches d’âge. Les lieux de pouvoir plaisent aux gens, il y a un petit côté inaccessible qui vient titiller notre curiosité et c’est tout là l’intérêt », ajoute Catherine Cauche.

    Des préfectures aux mairies en passant par la Banque de France ou encore le tribunal judiciaire de Marseille, c’est tout un monde qui s’offre à vous lors de ces événements ouverts au public. Sans oublier les Départements et Régions qui organisent eux aussi des rendez-vous.

  • Théâtre aux châteaux dans les pas de Pagnol

    Théâtre aux châteaux dans les pas de Pagnol

    Entrer dans l’univers de Marcel Pagnol en marchant (compter 4km) et en s’en laissant conter par les acteurs de Dans la Cour des Grands. Comme Pagnol a été un des pionniers du tournage en extérieur, la compagnie théâtrale sort les pièces du théâtre et embarque le spectateur dans une autre dimension, plein air. Dans la Cour des Grands a ainsi su insuffler un nouveau genre : « L’Art des collines ». Tout au long de petites randonnées, le spectateur devient « spect-acteur », des événements qui se déroulent sous ses yeux.

    Une expérience unique

    Dans cette nouvelle proposition, deux domaines offrent un sublime écrin à l’œuvre de l’auteur. La pièce sera interprétée d’une part au Château de Vauclaire, superbe domaine familial préservé depuis 400 ans, niché dans les paysages aixois. D’autre part sur le site où a eu lieu le tournage de l’adaptation au cinéma du Château de ma mère par le réalisateur Yves Robert, dans le magnifique domaine viticole du Château d’Astros au cœur de la Provence et du Var.

    Par l’originalité de ses spectacles à la fois populaires et exigeants, la compagnie a su captiver l’imaginaire de plus de 250 000 spectateurs. Preuve s’il fallait de son succès, ses séances plein air se jouent toujours… à guichets fermés.

    Infos pratiques et réservations sur le site danslacourdesgrands.fr

  • [Grand entretien] Ismaël Khelifa : « Tout est parti d’une rencontre à Marseille »

    [Grand entretien] Ismaël Khelifa : « Tout est parti d’une rencontre à Marseille »

    La Marseillaise : Le 18 septembre, votre opération « Montagnes solidaires » va entrer dans le vif du sujet, en quoi cela va-t-il consister ?

    Ismaël Khelifa : Elle est née d’une volonté. À savoir répondre à l’urgence par l’action et le non-renoncement. Me dépasser pour transmettre de l’espoir tout en me confrontant au réel. Partager la grandeur des Alpes avec le grand public et embarquer chacun dans une action solidaire pour montrer aux enfants et aux adolescents démunis que nous nous tenons à leurs côtés. Voilà ce qui m’anime pour cette nouvelle expédition sportive et solidaire.

    Qu’allez-vous faire concrètement ?

    I.K. : Mon idée est de relier mes deux villes de cœur, à savoir Marseille et Annecy, en plusieurs étapes. Et varier les efforts, à savoir 44 kilomètres de nage en mer et dans trois lacs alpins, monter les cols mythiques des Alpes sur 846 kilomètres en vélo, et effectuer une randonnée de 110 kilomètres dans des paysages exceptionnels.

    Pourquoi un tel challenge ?

    I.K. : Tout est arrivé lors d’une rencontre, à Marseille. Celle avec une gamine que je vois partager son sandwich avec son frère. Je suis allé parler avec elle et elle m’a avoué que c’était en fait leur repas de midi. J’ai pris une énorme claque en constatant que dans mon pays, la France, des gosses vivaient dans une immense misère. Je n’en ai pas dormi de la nuit. J’ai ensuite appris qu’en France, aujourd’hui, un enfant sur cinq vit dans une extrême pauvreté. Ce que je ne peux pas admettre.

    Vous avez donc décidé d’agir ?

    I.K. : J’ai créé mon association, en 2018, et je me suis demandé comment mettre en place une initiative qui puisse toucher un maximum de personnes. J’ai songé au Secours populaire, car cette association est présente sur tout le territoire et j’y ai rencontré des gens qui ont la solidarité dans leur ADN. C’est d’ailleurs pour récolter des fonds pour leurs actions que je vais me lancer dans mes « Montagnes solidaires ».

    C’est aussi une victoire sur vous-même qui va se concrétiser ?

    I.K. : Disons que, lorsque j’ai eu cette idée, j’avais omis une chose. Je ne savais pas nager ! Ma priorité a donc été d’apprendre. Et c’est Théo Curin, alors que je venais de franchir le cap de la cinquantaine, qui m’a appris. Il a été un coach exceptionnel. Et maintenant, je suis prêt à défier les eaux de Marseille, entre le Frioul et les Catalans, et les lacs de Serre-Ponçon, Sainte-Croix et Annecy.

    Vous vous sentez comment à quelques jours du départ ?

    I.K. : Je me sens bien ! J’ai fait ce qu’il fallait pour être prêt le jour J. Je sais que le plus dur est à venir. Qu’il y aura des aléas, dans l’eau, mais aussi sur les routes. Néanmoins, l’idée de traverser des paysages époustouflants et des rencontres qui m’attendent sur le parcours seront mon carburant. Ce que je vis ces derniers jours est grisant.

    Comment va se passer cette traversée ?

    I.K. : Je vais partir des îles du Frioul jeudi, et une fois sur la plage des Catalans, ce sera le grand départ. Sur la terre ferme, les gens qui le souhaitent pourront faire un bout de chemin à mes côtés. À l’étape, des rencontres sont programmées avec les antennes locales du Secours populaire, qui récolteront les dons de ceux qui souhaitent contribuer à ces « Montagnes solidaires » en effectuant des dons qui seront au bénéfice des écoles, collèges et lycées de la région où nous serons. Au-delà de cette collecte, l’idée est que chaque rencontre soit une fête, placée sous le signe des échanges et du partage. Je vais traverser des sites magnifiques. Mais je souhaite aller au-delà de la carte postale. Faire prendre conscience du manque de solidarité et de fraternité dans notre société actuelle. Avec un rêve, que ceux qui vont me suivre lancent à leur tour une dynamique pour que ce défi transpire bien au-delà des mille kilomètres du parcours. Que des gens qui vont me croiser se disent : « Tiens si j’appelais mon centre du Secours populaire pour voir s’il est possible de faire quelque chose dans ce domaine ? » Cela afin que mon défi personnel dépasse son cadre.

    Pourquoi avoir choisi Marseille et Annecy comme point de départ et d’arrivée ?

    I.K. : Annecy, c’est ma ville de naissance. J’ai eu la chance d’y vivre une vie chouchoutée, d’avoir une famille aimante. Marseille, c’est ma ville de cœur. J’y ai découvert des gens qui ont appris à se débrouiller par eux-mêmes. Qui ont su mettre en place une solidarité formidable dans les quartiers, alors qu’ils ont des vies qui ne sont pas toujours simples. Je trouve à ce sujet que les Marseillais sont de vrais citoyens, qui savent ce que l’engagement personnel signifie. Ce sont eux qui m’inspirent au quotidien.

    À quelle date comptez-vous terminer votre défi ?

    I.K. : L’arrivée est prévue le 16 octobre, sur la plage de l’Albigny. Ce qui signifie que je terminerai le périple comme je l’ai débuté, par une épreuve de nage. Mais dans le lac d’Annecy, ce sera sans doute plus compliqué, car l’eau y sera beaucoup plus froide que lors de mon départ à Marseille. Je m’attends à des conditions terribles, en plein automne. Mais je le ferai. Le mental est là.

  • Le grand retour de la loutre en France

    Le grand retour de la loutre en France

    Perte de l’habitat, pollution des cours d’eau, et surtout chasse ont failli faire disparaître la loutre en France à la fin des années 1970. « Difficile de savoir combien il en restait », admet Simon Lacombe, doctorant au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier. Mais probablement très peu. Seuls trois noyaux de population subsistaient : en Bretagne, sur la façade Atlantique et dans le Massif Central. Mais l’interdiction de la chasser en 1972 et son statut d’espèce protégée depuis 1981 ont permis son retour. « Cela s’accélère nettement depuis les années 2000 », poursuit le doctorant, premier auteur d’un article paru dans Biological Conservation. Les trois noyaux se sont rejoints et la colonisation s’est étendue à de nouvelles régions : Bourgogne-Franche-Comté, Normandie et même la façade méditerranéenne.

    « Une preuve que les initiatives de conservation bien menées fonctionnent et une excellente nouvelle pour l’équilibre des écosystèmes », se réjouit Simon Lacombe. Car la loutre, carnivore, est un des prédateurs du haut de la chaîne alimentaire qui exercent un contrôle sur les espèces situées plus bas qui prolifèrent en leur absence. « Un cas d’école est celui des loutres de mer en Californie », indique Simon Lacombe. Leur retour a permis de réguler les populations d’oursins qui proliféraient et mangeaient des algues abritant une grande diversité de poissons. « Nous n’avons pas encore d’étude similaire pour la loutre d’Europe, mais il n’y a pas de raison de penser que cela se passe différemment », poursuit-il.

    Animal furtif

    Établir le retour de la loutre n’a pas été simple. « Cela a été un gros travail de sciences participatives », insiste le chercheur. Car le petit carnivore ne se laisse pas observer facilement, vit essentiellement la nuit et loin des activités humaines. De plus, il ne vit pas en gros groupe et il est difficile de distinguer les individus entre eux. Il aura fallu s’armer de patience pour récolter les plus de 40 000 traces et empreintes – notamment des déjections – via des suivis standardisés et des signalements opportunistes. Ces données ont ensuite été combinées à un modèle statistique permettant de s’affranchir de biais.

    Alors, la loutre en France est sauvée ? Simon Lacombe reste prudent : « Nous n’avons aucune idée de la connectivité génétique. » Rien ne garantit en effet que des contacts ont lieu entre les populations et qu’il y a bien un brassage génétique indispensable à la viabilité de l’espèce. « Une étude en Grande-Bretagne a montré que ce n’était pas si simple », nuance le doctorant. Enfin, la loutre est assez solitaire : lorsqu’elle est présente, il y a en réalité peu d’individus. « Cela la rend vulnérable et sensible à la moindre problématique », ajoute Simon Lacombe qui insiste sur l’importance de maintenir l’effort de conservation. Rien n’est gagné donc. Mais le chemin est le bon.