Tag: week-end

  • Châteauvallon et la soif d’apprendre

    Châteauvallon et la soif d’apprendre

    En préambule, une maxime de Maria Montessori, mère de l’éducation positive, qui indiquait qu’« une manière de mesurer la pertinence d’un modèle éducatif est le niveau de bonheur d’un enfant ». Mais trouve-t-on vraiment le temps de cultiver ce bonheur d’apprendre dans notre quotidien ? Comment libérer ce goût de la connaissance dès l’enfance, puis tout au long de la vie ? Comment enseigner à celle ou à celui qui n’a pas envie d’apprendre ? Et de quelle manière marier plaisir, effort, compétition et transmission sans angélisme éducatif ?

    Théâtre, conférences, jazz…

    L’arrivée fracassante dans nos vies d’internet, et plus récemment de l’intelligence artificielle, conduit ainsi à une autre interrogation : est-il encore nécessaire d’approfondir nos connaissances ? Tout l’enjeu devient-il d’aiguiser notre travail intellectuel et d’exercer un esprit critique ?

    Des questions qu’aborde la programmation de ce théma, qui propose, ce week-end, la pièce de théâtre L’Écriture ou la vie, de Jorge Semprùn, résistant communiste espagnol, déporté à Buchenwald durant la Seconde Guerre mondiale, qui s’est interrogé sur la nécessité vitale d’écrire et transmettre la douloureuse mémoire à la Libération. Toujours au théâtre, du 12 au 20 novembre, Bérengère Warluzel porte au plateau la voix et la pensée de Maria Montessori, avec l’appui de Charles Berling, directeur de Châteauvallon-Liberté.

    Le 20 novembre, quatre spécialistes de l’éducation se réuniront autour d’une table ronde sur le thème « Quelles alternatives pour transmettre la soif d’apprendre ? » L’une d’entre elles peut être l’art, comme veillera à le démontrer la Nuit du Jazz, orchestrée par le saxophoniste Raphaël Imbert le 5 décembre, qui s’articulera autour d’une conférence suivie d’un concert. Le théma se conclura par la soirée des 60 ans du lieu extraordinaire qu’est Châteauvallon par la soirée projection « Do you know Châteauvallon ? », alors que l’exposition « Récréations » du photographe James Mollison, se poursuivra jusqu’au 20 dans le Hall du Théâtre Liberté.

    Programme complet sur chateauvallon-liberté.fr

  • Bonnieu, hotspot d’une nature protégée

    Bonnieu, hotspot d’une nature protégée

    Lors du dernier conseil de quartier (notre édition du 6/11), l’élue annonçait l’extension du périmètre de l’arrêté préfectoral de protection du biotope (APPB) de 2018, qui avait consacré une zone de près de 7 hectares en 2018 dans un couloir partant du parking de la plage le long du chemin allant en direction de Carro.

    Désormais, c’est une zone étendue sur plus de trente hectares qui est protégée par l’arrêté, entre la plage de Bonnieu et sur le littoral de la pointe Donnelle à l’Anse des Arnettes, l’extension de l’APPB couvrant à peu près la boucle ouest du sentier botanique. « Nous voulions l’agrandir car nous considérons que les zones en bordure de Méditerranée doivent aussi être protégées et font partie du patrimoine communal », affirme l’adjointe.

    L’écologie du vivre-ensemble

    L’enjeu de cette réglementation est de protéger plusieurs espèces de plantes et d’animaux présents sur la plaine de Bonnieu, parmi lesquelles le gravelot à collier interrompu ou la mérendère à feuilles filiformes, « car c’est une des rares zones de France où ces espèces habitent », précise Odile Teyssier-Vaïsse. Cette espèce est réputée « encourant un risque très élevé d’extinction dans la nature » et figure sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’outil de référence pour connaître le niveau de danger pesant sur la biodiversité dans le monde.

    Il fallait pour cela fermer le parking proche de la plage, et surtout « empêcher l’accès aux deux roues, qui venaient souvent faire du motocross dans la plaine » indique l’adjointe, de même que d’éviter « tout déplacement de véhicules, de rassemblements générateurs de piétinement ou même d’empêcher des constructions », complète-t-elle.

    Un patrimoine sensible qui n’est pas pour autant mis sous cloche. « Il ne s’agit pas de barricader l’espace », comme le détaille Odile Teyssier-Vaïsse, mais de penser la plaine comme un espace de vie dont la gestion se « travaille avec les associations, comme la Ligue de protection des oiseaux, l’Office français de la biodiversité mais aussi les cyclistes, promeneurs et chasseurs pour faire cohabiter les usages ». En l’occurrence, le sentier de la boucle botanique de Carro, prisé des promeneurs et des amateurs de nature, ne sera pas rendu inaccessible.

    Du reste, l’APPB vient compléter les mesures compensatoires du site du Vallon du fou, créé au milieu des années 2000 par l’ancien conseil de territoire et aujourd’hui propriété de la Métropole.

    Si l’arrêté « n’a pas de vocation touristique » selon Odile Teyssier-Vaïsse, « la Ville a toujours eu cette envie de faire connaître sa richesse faunistique et floristique aux gens ». Les ateliers participatifs de l’atlas de la biodiversité populaire, en sont un exemple concret, dont celui dédié à la plaine de Bonnieu s’est déroulé en avril dernier.

  • La 40e édition du Noël artisanal invite les chefs à faire le show à la Halle

    La 40e édition du Noël artisanal invite les chefs à faire le show à la Halle

    Ils font bien 1,80 m de hauteur, habillés de tartan et de chapeaux à poils d’ours, et gardent consciencieusement l’entrée de la Halle. Ces deux casse-noisettes géants ont été amenés par leurs créatrices de Santa K à l’occasion de la présentation à la presse du Noël artisanal de Martigues qui se déroule du vendredi 14 ou dimanche 16 novembre à la Halle.

    Pour sa 40e édition, l’événement met à l’honneur la gastronomie avec des animations proposées par plusieurs chefs, dont le Martégal d’origine Fabien Morreale, ancien participant à Top Chef et créateur du restaurant Le Garage, à Jonquières. Mais aussi avec le champion du monde de la pizza 2016 Ludovic Bicchierai. Jean-Claude Annaloro, directeur de la Halle, détaille : « On va monter une scène au milieu pour mettre en avant leur savoir, les filmer et retransmettre en direct ce qui se passe sur écran géant. C’est une première sur le salon, Ça va mettre le feu ! Mais on va le gérer », promet-il

    12 000 visiteurs attendus

    160 exposants sont attendus cette année, pour une fréquentation annoncée à 12 000 visiteurs. Pour l’adjoint (PCF) Gilles Picard, « le Noël artisanal a pris une dimension qui sort largement de la ville et même des limites du département », estime-t-il, alors qu’au départ, « ça a démarré avec l’Union des femmes françaises et le centre social Eugénie-Cotton sous le chapiteau installé sur ce qui n’était pas encore le parking de la Halle, pour devenir la grande manifestation qu’on connaît aujourd’hui ».

    Une manifestation familiale accessible pour 4 euros par adulte, gratuite jusqu’à 13 ans.

  • Rappeurs en herbe et tremplin hip-hop à Marseille

    Rappeurs en herbe et tremplin hip-hop à Marseille

    Des jeunes de 12 à 15 ans

    Organisé sur la deuxième semaine des vacances de la Toussaint, le stage a concerné une quinzaine de jeunes entre 12 et 15 ans, sélectionnés par les réseaux respectifs d’Étincelles et We Are Etendard, en contact avec plusieurs centres sociaux de la ville. Sponsorisé par Puma, le programme s’est déroulé en deux phases. La première, du lundi au jeudi, avec 2 heures d’entraînement de foot suivi d’1h30 d’ateliers d’écriture rap chaque jour. La deuxième le vendredi, avec une session d’enregistrement le matin et une visite exclusive du Vélodrome l’après-midi.

  • Le Hero Festival vous emmène en voyage

    Le Hero Festival vous emmène en voyage

    Deux jours de fête, deux jours d’extraordinaire et deux jours d’immersion totale vous attendent pour le Hero Festival épisode 11 qui se déroule au parc Chanot à Marseille ces samedi et dimanche.

    Ce rendez-vous annuel des amoureux et passionnés de la pop culture dans toute sa diversité vont pouvoir se retrouver et célébrer ensemble ce qui les unis. Et pour marquer le coup, une fois de plus ce sont deux invités d’honneur de prestige qui se joignent aux festivités. D’abord Christopher Judge qui a incarné, entre autres, le Jaffa le plus célèbre de la galaxie dans la saga Stargate SG-1. Sera aussi de la partie James Marsters, qui n’est autre que Spike, le vampire rebelle et désinvolte de la série Buffy contre les Vampires. Deux pointures qui ont marqué les années 90 et 2 000 dans des séries télévisées aussi populaires qu’adorées du public. Ils seront tous les deux présents sur les deux jours au sein de l’espace ComicCon pour accueillir et échanger avec leurs fans mais aussi partager photos et autres souvenirs inoubliables…

    80 ans d’histoire et de véhicules à l’honneur

    L’an dernier ce n’est pas moins de 41 000 visiteurs qui ont poussé les portes du parc Chanot pour la dixième édition de l’événement. Du côté de la programmation, l’exposition « Sur les routes de l’imaginaire », proposée par le Hero Festival vous embarque à la rencontre de plus de 20 véhicules mythiques qui ont marqué 80 ans de télévision, de films, de BD ou encore de dessins animés. De la 2CV de Dupond et Dupont en passant par Starsky et Hutch ou encore Star Trek, Transformers ou la plus connue des Dolorean de Retour vers le Futur en passant Flash McQueen ou encore la Vespa rouge du récent dessin animé Luca, c’est plus de 1 500m² de décors immersifs qui vont eux aussi, vous faire voyager ! Parmi les autres temps forts on retouve le village des livres, des créateurs et artisans mais aussi des sortilèges. Sans oublier la soirée Broadway samedi qui débutera à partir de 18h30. Ateliers, espaces cosplay et animations diverses rythmeront également ces deux jours de fête, pour tous.

    Samedi et dimanche à partir de 10h. Dimanche fermeture des portes à 18h30.

  • [Le Grand entretien] Barbara Hendricks : « J’ai choisi l’Europe pour défendre la paix »

    [Le Grand entretien] Barbara Hendricks : « J’ai choisi l’Europe pour défendre la paix »

    La Marseillaise : Chanteuse lyrique, vous explorez le jazz dans les années 90 et, depuis 10 ans, vous plongez dans les racines du blues. Est-ce un retour aux sources, quand vous chantiez dans l’église de l’Arkansas, où votre père officiait ?

    Barbara Hendricks : Quand j’ai commencé le jazz, ce n’était pas planifié. Je vivais à Montreux et j’étais amie avec le fondateur du festival. Mes enfants adoraient aller chez Claude Nobs car il y avait des tas d’appareils, comme les walkmans, avec lesquels ils pouvaient jouer. Et aussi des archives incroyables. En écoutant Duke Ellington, il m’a proposé de faire un hommage. J’ai tellement aimé l’expérience avec les musiciens que je ne voulais faire plus que ça. J’ai réalisé que je ne connaissais pas si bien mes racines que ça. Alors que les Negro spirituals étaient les chants des esclaves, pour mon père, le blues était la musique du diable. Il y a toute mon histoire dans le jazz et le blues. Le besoin de ce message de lutte pour les droits, contre l’apartheid, est devenu si fort que je reste sur ce chemin de la liberté. Aujourd’hui, plus que jamais, on a besoin de message d’amour.

    Cet hommage à Martin Luther King réaffirme votre engagement en faveur de la liberté. Que retenez-vous de votre expérience d’ambassadrice du Haut-Commissariat pour les réfugiés à l’ONU ?

    B.H. : Martin Luther King est inspirant parce qu’il y a eu beaucoup de femmes autour de lui. Et, sans elles, il n’aurait pas pu mener la lutte qu’il a menée pour l’égalité. Les femmes, même si elles ne sont pas sur le devant de la scène, jouent un rôle important dans les mouvements d’humanité. Sans elles, on ne serait pas là aujourd’hui. à mon tour, je veux aider cette grande famille qu’est l’humanité à grandir. à l’ONU, nous avons moins de la moitié des crédits nécessaires pour aider les réfugiés. Nous faisons notre possible pour réunir des fonds. Mais, ceux qui donnent le plus pensent qu’ils peuvent exiger certaines choses. Il faut résister à ça. Je ne peux pas sauver le monde, mais dès qu’on peut agir, il le faut sans jamais perdre espoir.

    Quel regard portez-vous sur le durcissement des politiques migratoires aux États-Unis et en Europe ?

    B.H. : Aujourd’hui, nous devons affronter des moments très très difficiles avec des guerres en Ukraine, à Gaza, et des gens forcés de fuir les conflits et les persécutions alors que des frontières se ferment partout. L’arrivée de Trump est le contrecoup de ceux qui ne voulaient pas d’un noir à Washington. Quand les gens ont peur, ils voient dans celui qui est en face un ennemi. Mais ils ne vont pas chercher à se retourner vers celui qui est vraiment la cause du malheur et qui désigne l’autre comme un ennemi. C’est facile d’utiliser la peur à des fins politiques. Il faut que cela change.

    Quel serait le rôle des médias pour un tel changement ?

    B.H. : Parfois, je ne peux plus regarder les horreurs diffusées, car pour aider, il faut prendre soin de soi. Les médias ne nous montrent pas assez les moments de solidarité. Or, tous les jours, il y a des gens qui aident un voisin, un enfant. Je crois en la force de ce chemin vers l’amour, la générosité. Quand je suis venue, en avril, au Salon du Livre à Paris, j’ai passé un long moment avec une association de femmes juristes qui faisaient un travail extraordinaire. Ce sont les gens qui font du bien qu’il faut montrer. Car, si nous voyons que nous ne sommes pas seuls, nous gagnerons en espoir et en force. La peur fait oublier cela. L’amour est illimité. Aujourd’hui, j’ai vécu assez longtemps pour pouvoir dire que la générosité est le moteur le plus important pour faire avancer le monde. Il faut oser aimer.

    Vous vivez entre la Suède et la Suisse. Pourquoi ce choix ?

    B.H. : Après l’élection de Bill Clinton, (1992), il m’était devenu compliqué de choisir pour qui voter. J’ai été invitée en France pour une émission avec François Mitterrand. J’ai réalisé que les intentions qui précédaient la mise en place de l’Union européenne étaient basées sur les valeurs de paix. Le climat politique des états Unis ne me correspondait plus. Mais, sur mon passeport, j’étais Américaine. Comme mon mari était Suédois et que je vivais le plus souvent en Europe, je me suis dit que ce bout de papier ne pouvait pas me définir. J’ai donc décidé de changer de nationalité. Je suis devenue Suédoise car je voulais me mêler de politique européenne, fondée sur la paix et les droits de l’homme. Bien sûr, ce n’est pas si simple en réalité. En 2016, quand j’ai été invitée à faire un discours pour l’anniversaire du Traité de Rome au Parlement européen, j’ai volontairement centré mes propos sur ces valeurs fondatrices. Mais mes enfants vivaient en Suisse et, dès que la double nationalité a été autorisée, je l’ai demandée.

    Il y a ce concert à Aix-en-Provence, mais aussi un passage à Orange ?

    B.H. : C’est à Aix, au festival d’art lyrique en 1978 avec Les Noces de Figaro de Mozart, que les Français m’ont découverte pour la première fois. Et c’est aussi sur ses marchés que j’ai vraiment appris à parler le français, car les gens y étaient plus chaleureux qu’à Paris. Il n’y a pas une année où je ne reviens pas dans le Sud. à Orange, je vais rencontrer les élèves d’un collège qui a pris mon nom en 1995. C’était sur une décision des collégiens, alors que la ville était passée aux mains du Front national. Je me suis dit que les enfants étaient bien plus sages que les adultes qui avaient voté.

    Barbara Hendricks et son Blues Bands, les 20 et 21 novembre au 6MIC d’aix. Détails sur 6mic-aix.fr

  • À la découverte de la culture du safran provençal

    À la découverte de la culture du safran provençal

    « Les gens sont très curieux de découvrir la culture du safran emblématique de la Provence. » à la safranière d’Anne Jeanjean, la ferme du Lézard vert, les visites organisées ce week-end affichent déjà complet. Et pour cause, elle n’en propose qu’une par an. « La floraison du safran est très courte : un mois environ, donc on ne peut faire que très peu de visites », explique-t-elle.

    Surtout qu’à Cuges-les-Pins, on cultive depuis longtemps le crocus sativus, cette fleur violette dont est extrait le safran. « Les agriculteurs les faisaient pousser sur les restanques [mur de pierre sèche permettant de créer des terrasses en agriculture] pour utiliser tous les espaces cultivables, explique la safranière. Ils le faisaient surtout pour leur consommation personnelle. » Aujourd’hui, ils ne sont plus que cinq à cultiver cette fleur dans la commune.

    Si cette plante originaire du Moyen-Orient prospère, c’est qu’elle est parfaitement adaptée au climat méditerranéen. « Le safran à une floraison inversée. Elle fleurit à l’automne, fait des feuilles l’hiver et dès le retour des chaleurs, elle rentre en dormance. Donc elle supporte très bien l’été provençal », explique la safranière.

    Une culture emblématique de la région et une épice mondialement connue. Pourtant, son ramassage reste un mystère pour beaucoup, ce qui explique l’engouement des visites à la ferme du Lézard vert. Des gestes méticuleux et lents : après avoir cueilli les fleurs, il faut en retirer le stigmate, les fameux pistils rouges qui, une fois séchés, deviennent cette épice très puissante. Un travail lent et minutieux. « Pour un gramme de safran, il faut environ 200 fleurs, explique Anne Jeanjean. Mais il suffit de seulement 0,1 gramme pour faire un repas pour 5 à 6 personnes. »

    La ferme du Lézard vert organise, pendant la floraison, des visites de groupes, en plus de la visite grand public.

    Contact mail : lafermedulezardvert@outlook.fr

  • [Cancer du sein, toutes concernées 2/3] Eviter le développement des métastases, un enjeu majeur

    [Cancer du sein, toutes concernées 2/3] Eviter le développement des métastases, un enjeu majeur

    S’il est dépisté précocement, un cancer du sein peut être guéri dans un grand pourcentage de cas, environ 9 sur 10. Spécialisé dans la prise en charge des tumeurs et maladies cancéreuses, l’oncologue médical joue un rôle charnière dans le traitement cette maladie. Au sein de l’Institut Paoli-Calmettes, le professeur Anthony Gonçalves en est le chef. « Pour faire simple, il existe plusieurs types d’oncologues que l’on appelle dans la généralité les cancérologues », souligne le professeur. Du diagnostic à la mise en œuvre des traitements médicaux en passant par la surveillance pendant et après la maladie, l’oncologue effectue un travail de suivi et d’accompagnement des patients. « On sensibilise beaucoup au dépistage, c’est d’ailleurs l’objectif d’Octobre rose, parce que ce n’est pas tant l’endroit où se développe initialement le cancer qui est dangereux, mais plutôt la capacité de cette tumeur à envoyer des métastases dans des organes vitaux », poursuit-il. « En somme, quand on traite un cancer du sein localisé, on enlève la tumeur ou dans certains cas le sein, donc l’objectif c’est de l’enlever, mais surtout de faire en sorte qu’il ne revienne pas ailleurs car c’est une maladie que l’on traite, mais que l’on ne sait pas encore guérir et dont on finit par mourir si elle se développe dans d’autres endroits. D’où le suivi pendant et après. »

    La transmission, un facteur à ne pas négliger
  • Aymeric Lompret : « En spectacle, je me permets de faire les blagues que je veux »

    Aymeric Lompret : « En spectacle, je me permets de faire les blagues que je veux »

    La Marseillaise : Vous avez débuté le théâtre au lycée, avant de découvrir le one man show. Comment cette passion est-elle née ?

    Aymeric Lompret : C’est en allant voir Franck Dubosc en one man show. Mon père m’avait emmené le voir au Zénith de Lille, j’avais trouvé ça fou. Le théâtre, je m’y étais seulement inscrit pour séduire une fille. Je faisais partie d’une troupe qui s’appelait « Les Farfadets de Tourcoing ». Et ça a grave marché. J’ai fait mon premier one man show en 2010, sur une scène ouverte, au Moonlight Café de Lille. On faisait un sketch contre une pizza. Si le sketch était bien, on avait droit à toute la pizza. J’ai réussi à l’avoir en six mois.

    Après votre bac, vous avez entamé une prépa HEC (hautes études commerciales), dont on vous a exclu. Vous avez ensuite enchaîné les petits boulots, notamment comme ouvrier à la chaîne. Est-ce là le socle de votre engagement politique ?

    A.L. : Tout à fait, car j’étais apolitique avant cela, sinon, je n’aurais pas fait de prépa HEC. C’est le fait de bosser à l’usine qui m’a fait m’intéresser aux inégalités et aux questions de société. Je n’étais quand même pas syndiqué, car pour ça, il faut avoir plus de 50 ans et une moustache, que je n’avais pas à l’époque.

    Votre début de carrière s’est notamment joué dans le milieu des médias, avec une participation à l’émission « On ne demande qu’à en rire » de 2011 à 2013. douze ans plus tard, quel regard portez-vous sur cette aventure ?

    A.L. : Ça m’a apporté une rigueur de travail, mais c’était hyperstressant, hypercompliqué. Ça m’a fait avancer un peu plus vite, mais le problème, c’est que les sketchs n’étaient pas terribles et sont restés sur internet, donc ça m’a fait baisser en notoriété. Mais je ne regrette pas. Je ne regrette rien sauf mon ex.

    En juin 2024, en soutien à Guillaume Meurice (*), vous quittez « Le grand dimanche soir » sur France Inter. Cela vous attriste-t-il d’avoir dû vous détourner de l’audiovisuel public ?

    A.L. : Oui, c’est hyperdommage qu’on ne soit plus sur le service public, je pense qu’on aurait tous préféré y rester. Mais bon, tel qu’il est maintenant… C’est compliqué. Il y a plein de gens qui continuent d’écouter France Inter par réflexe et par conviction, mais après, on est bien à Nova aussi, et ça marche bien notre petit truc. Heureusement d’ailleurs, sinon, on aurait été un peu dégoûtés de ne plus avoir d’auditeurs, les médias étant aujourd’hui majoritairement à droite.

    Qu’est-ce que ça dit du métier d’humoriste ? Avez-vous la sensation de pouvoir l’exercer comme vous l’entendez ?

    A.L. : Il y a des choses qu’on ne peut plus dire, mais c’est tant mieux. C’est bien qu’on ne puisse plus faire des blagues homophobes, racistes, sexistes. Je pense que l’humour évolue très bien. Je ne sais pas trop si la liberté d’expression est bridée. Peut-être dans les médias, mais en tout cas, en spectacle, je me permets de faire les blagues que je veux.

    Vous êtes aujourd’hui sur Nova, dans l’émission « La Dernière », chaque dimanche, où vous défrayez l’actualité avec engagement et humour. Est-ce pour vous un bastion de liberté d’expression ?

    A.L. : On se censure quand même un peu, car il faut que ce soit drôle, et puis il faut que ce soit un peu intéressant et engagé, un peu politique quoi. C’est la seule contrainte qu’on se pose. De faire rire et de dire des choses.

    Depuis 2023, vous êtes en tournée avec votre spectacle « Yolo », dans lequel vous vous glissez dans la peau d’une personne sans domicile fixe. De quoi traite-t-il ?

    A.L. : J’y joue un sans-abri qui a perdu son chien dans la ville dans laquelle je joue. Il va donc le chercher et traiter de plusieurs sujets comme la solitude, la malbouffe, la montée du fascisme, de la solitude… C’est un spectacle social plus que politique. Je travaille avec la Fondation pour le logement, dont je suis parrain. Le mal logement est un sujet qui m’intéresse, donc c’était très cohérent de parler de ça.

    Au-delà de cette question d’engagement, comment l’idée vous est-elle venue ?

    A.L. : Je l’ai écrit avec Pierre-Emmanuel Barré, je suis arrivé avec cette idée de marginal qui a perdu son chien. Ça marchait bien avec le côté seul en scène, car souvent, ils sont seuls dans la rue. Et puis, c’est un personnage qui n’est pas très éloigné de ce que je peux composer sur les chroniques, où je suis un peu à l’arrache, où je parle de fait, d’abus… C’est un personnage qui me ressemble un peu.

    Comment rend-on drôle une thématique aussi lourde ? Y avait-il l’idée de sortir le public de sa zone de confort ?

    A.L. : Au-delà d’être un sans-abri, le personnage est un marginal. J’ai essayé de faire en sorte que toute la première heure soit rigolote. Mon personnage est en pleine montée, il rigole avec les gens. Ce n’est que lors des dix dernières minutes qu’il commence à bader un peu (sic). On n’a pas voulu faire un sans-abri cliché avec sa canette.

    Guillaume Meurice a été licencié « pour faute grave » par Radio France après avoir réitéré le 28 avril 2024 sur France Inter, une blague du 29 octobre 2023 sur le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qu’il qualifiait de « sorte de nazi mais sans prépuce ».

  • [Entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    [Entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    La Marseillaise : Vous êtes actuellement en tournée pour votre dernier album, « Charlotte ». Un album intimiste où vous vous dévoilez. C’était un besoin pour vous à ce stade de votre carrière ?

    Vitaa : Oui, complètement, cet album est celui où je suis allée le plus loin. Déjà par le titre de l’album, je révèle mon vrai prénom et c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire pendant ces années de carrière, tellement je me suis attachée à créer une armure derrière Vitaa. Pour cet album, je me suis dit qu’il était temps de tout révéler. Mes failles, les doutes, les complexes. C’est mon dernier album solo et j’avais besoin de cette mise au point, de vider mon sac. Je suis en train d’organiser la suite, on me verra moins sur le devant de la scène, mais je me mettrai davantage au service des autres tout en continuant à faire ce que j’aime.

    Montrer votre vulnérabilité, vos failles au grand public, est-ce aussi un moyen d’aider les femmes
    à s’accepter
    ?

    Vitaa : J’ai réalisé, avec le temps et quand je suis sur scène, que j’ai la chance d’avoir un public qui a grandi avec moi. Ce sont essentiellement des femmes de ma génération qui sont devenues mamans parfois, qui font 5 000 choses en même temps, qui travaillent, qui sont éprouvées et c’est aussi ce que je raconte dans cet album, en tournée et dans un documentaire disponible sur TF1+ . En fait, je veux dire que je suis une femme comme tout le monde. Personnellement, je ne m’aime pas. J’essaie d’être la meilleure des mamans possibles, mais je suis en tournée tout le temps, j’ai une culpabilité énorme de rater des moments avec mes enfants… Je sais qu’on ressent toute la même chose.

    Vous ne cachez
    plus vos échecs,
    vous racontez votre parcours et les remarques qui
    ont été faites
    sur votre physique notamment, au-delà de la chanson. C’est quoi être une femme dans l’industrie musicale
    ?

    Vitaa : C’est très dur d’être une femme dans ce métier. On vieillit, et je crois que les regards portés sur nous sont cent fois plus durs que sur les artistes masculins. On est dans une ère de viralité violente, cruelle, et je me dis que si j’avais dû démarrer ma carrière dans cette ère-là, je n’en aurais pas été capable. Je n’aurais pas eu les épaules pour subir les critiques permanentes des gens sur les réseaux. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on passe notre temps à se regarder le nombril, à critiquer et je crois que ce n’était pas comme ça il y a 20 ans. Ce qu’il y a de plus compliqué, c’est de durer dans le temps en tant que femme, artiste et moi, j’ai décidé de le faire. Je ne voulais plus dépendre de personne, alors avec mon mari, on a décidé de lancer notre propre label, c’est un immense chemin que nous avons parcouru. J’ai vécu tant de traversées du désert et quand je vois mon public qui me suis depuis toutes ces années, qui chante mes chansons par cœur comme Confessions nocturnes, je ne peux être que pleine de gratitude, donc je m’arrête à ça et je laisse les méchancetés derrière, parce que la finalité est de faire ce qu’on aime.

    Vous répétez souvent que vous
    faites de la musique populaire,
    c’est important pour vous
    ?

    Vitaa : Pour certains, le populaire, c’est presque une insulte malheureusement. Nous, artistes populaires, nous faisons des chansons pour toucher les gens, on ne fait pas des chansons pour être branchés et aimés des médias. Je peux vous dire que quand vous faites une chanson qui raconte votre vie et que 8 000 personnes en concert la reprennent, c’est le plus beau des cadeaux. Je n’ai jamais fait de la musique pour les chiffres, j’ai fait de la musique pour partager avec les gens, alors je suis très fière d’être une artiste populaire aujourd’hui et j’en aurais jamais honte !

    Vous avez toujours raconté votre vie dans vos chansons. Pensez-vous que c’est l’une des raisons qui fait votre succès et votre longévité ?

    Vitaa : Je pense que la clé, c’est d’avoir toujours été une artiste qui ne triche pas. J’ai commencé dans ma chambre à raconter mes histoires chaotiques, la rupture la plus difficile de ma vie, c’est ce que raconte À fleur de toi et l’album est un journal intime, les chansons ont traversé le temps et, aujourd’hui, c’est toujours le cas, j’ai toujours raconté ce qui me touchais, ce que je vivais et je continue au-delà des rapports hommes-femmes, qui est un peu mon thème de prédilection, avec mes enfants, ma vie en tant que mère, etc. Ce n’est pas un choix, c’est juste parce que je ne sais pas faire de la musique autrement qu’en étant moi-même.

    Les premières images du reportage
    de TF1 parlent de l’acceptation de la différence, alors que votre fils raconte une poésie. Vous aviez repris, aux côtés de Camélia Jordana et Amel Bent, la chanson «
    Marine » de Diam’s. Que pensez-vous de la montée des extrêmes en France et de la situation politique actuelle ?

    Vitaa : Je pense que les extrêmes ne seront jamais la solution, c’est ce que je pense du plus profond de mon cœur. C’est une priorité pour moi d’apprendre à mes enfants que le but dans ce monde, c’est le respect et la tolérance, donc le jour où ces valeurs-là seront respectées, le monde ne s’en portera que mieux.

    Est-ce que Marseille est une ville
    que vous appréciez particulièrement
    ?

    Vitaa : Marseille est ma ville de cœur, ma famille est à Marseille, on va souvent au Vélodrome et le public est mon préféré en France parce qu’il y a une ferveur particulière. Je me sens très bien dans le Sud et je ne m’en cache pas.