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  • [Travailleur de demain] Anaïs, de l’ambition pour l’ingénierie

    [Travailleur de demain] Anaïs, de l’ambition pour l’ingénierie

    Anaïs Benoit-Ramos se destinait davantage à des études dans le domaine de l’audiovisuel plutôt que dans l’ingénierie génie mécanique. « Sauf que les écoles sont payantes, parfois à 7 000 euros par an. Impossible pour moi d’y aller. J’ai donc dû trouver une voie plus accessible », retrace-t-elle. Un peu par hasard, elle se lance dans un BTS Conception des processus de réalisation de produits, puis poursuit avec une année d’Adaptation technicien supérieur (ATS), tremplin vers son admission au concours des Arts et Métiers.

    La première année passée, la jeune femme poursuit son cursus chez Capgemini, sous-traitant d’Airbus. L’aéronautique est un domaine dans lequel elle se voit évoluer. « Je suis réellement passionnée par ce que je fais. à l’avenir, j’aimerais faire ma propre expérience en allant travailler chez Airbus, où chez de grands noms de l’aéronautique. C’est un domaine fascinant : voir voler des avions, des hélicoptères… » Anaïs Benoit-Ramos voit encore plus loin. « Après les années de salariat, j’aspire potentiellement à créer mon entreprise (…). Je sais que c’est compliqué, dans le contexte politique et économique actuel qu’on connaît. Mais j’aime communiquer, le management, j’en ai fait dans mon école et ça me parle. J’aimerais que mon intérêt pour le management soit appliqué au quotidien. » Esprit « compétitif et curieux », « à l’aise entourée de machines », Anaïs Benoit-Ramos explique « bosser dur » pour se sécuriser son avenir dans un monde « assez incertain ».

    Évoluer en transmettant

    « à commencer par mon métier. Avec l’évolution de l’intelligence artificielle (IA), je vois l’avenir du boulot un peu trouble. D’ici une trentaine d’années, l’IA pourrait nous amener à perdre du travail. Il faut qu’on se batte pour le conserver, pour trouver un moyen de travailler avec. Pour l’instant, on se contente de compléter les défauts de l’intelligence artificielle, elle n’est pas trop une menace. Mais, d’ici trente ans, elle sera perfectionnée, et là, ce sera inquiétant », estime-t-elle.

    Sur un plan plus personnel, l’étudiante confie s’être accrochée dans ce domaine, souvent masculin, parfois « discriminant » pour se sécuriser, aussi, un avenir financier. « Je voulais pas vivre ce que (ma mère) a vécu. Elle s’est battue pour m’élever, en enchaînant deux boulots : un le matin, un le soir. Je me suis dit que je ne ferais jamais ça donc j’ai continué comme je le pouvais mes études. »

    Autre ambition fixée : ouvrir le domaine de l’ingénierie mécanique à davantage de femmes. « Je me vois évoluer dans ma branche en partageant mes connaissances, surtout en rencontrant des jeunes filles, dans les lycées ou les collèges, qui veulent poursuivre leurs études pour aller dans l’ingénierie, déroule Anaïs. On est souvent fixées, de façon inconsciente parfois, sur l’idée que l’industrie, c’est pour les mecs. Ce sont des réflexions entendues. Je veux leur parler, à ces filles qui veulent aller un peu plus loin, exceller dans les domaines dits masculins et parfois être meilleures. » Le 4 décembre, la jeune femme est d’ailleurs intervenue dans son ancien lycée, dans le cadre d’une rencontre organisée par l’association « Elles bougent », qui vise à sensibiliser les jeunes femmes aux carrières scientifiques et techniques.

    Le concours

    Lors de la 48e édition Worldskills, Anaïs Benoit-Ramos a concouru aux côtés de deux coéquipiers (Romain Cheynet et Léo Semenadisse), dans la catégorie Développement de produit industriel. Tous ont décroché la médaille de bronze pour avoir présenté le prototype d’un robot qui avait pour tâche de « suivre des travailleurs dans les champs et leur alléger la charge portée. Ce robot-là devait pouvoir porter des fruits et des légumes », explique Anaïs. Un travail de six longs mois, rapporte la participante, avec la fierté pour elle et son équipe est d’avoir été « les seuls à rendre notre projet avant la compétition » et de s’être « dépassés pour ce challenge ».

  • [Le coin du roman] Le dernier roi de Marettimo, ou l’interrogation sur le statut des héros

    [Le coin du roman] Le dernier roi de Marettimo, ou l’interrogation sur le statut des héros

    Marettimo… petite île sur la côte occidentale de Sicile. À en croire certains, c’est sur elle que la flotte romaine aurait vaincu l’armée navale des Carthaginois. Si nous nous fions à l’écrivain Samuel Butler, elle serait l’Ithaque, où Pénélope tissait sa tapisserie, en attendant le retour d’Ulysse. Qu’importe. L’essentiel est de savoir qu’elle a été choisie par Grégoire Domenach afin que naisse l’amitié entre deux hommes issus d’un milieu différent : le Génois Lorenzino, dit Zino, et l’insulaire Cesare.

    Un pion sur les cases

    Tour à tour, ils prendront la parole. Pourquoi se sont-ils rencontrés à Marettimo ? Parce que la famille du premier y vient passer ses vacances d’été. Comment est née leur fraternité ? Le jour où un dignitaire local les a initiés aux règles du jeu d’échecs.

    Le rideau des pages s’ouvre sur Cesare, convaincu qu’il est le seul à pouvoir raconter l’histoire de Zino, retourné à Marettimo après cinquante ans d’absence. Parti en France, dans des circonstances étranges, alors qu’il était adolescent, son ami avait rejoint la Résistance, avant de devenir homme d’affaires après la guerre. Cesare, lui, continuait de pêcher, de gravir les montagnes et de se livrer à sa passion : la sculpture. C’est lui qui réapparaîtra à la chute du rideau. Entre-temps, vous aurez écouté Zino vous raconter comment des circonstances, indépendantes de notre volonté, peuvent transformer un homme, le déplacer tel un pion sur les cases d’un échiquier, jusqu’à ce que la mort s’abatte et lui inflige le mat. Une œuvre audacieuse, composée avec un art sûr, écrite en une langue vigoureuse, d’un accent très personnel.

    Bourgois, 20 euros

  • Le hérisson d’Europe crucial mais en déclin

    Le hérisson d’Europe crucial mais en déclin

    Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus), petite boule de pics bien connue dans les paysages ruraux comme dans les jardins, joue un rôle important dans les milieux naturels. Malgré cette fonction écologique majeure, l’espèce est confrontée à de nombreuses menaces qui compromettent sa survie.

    En région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), le hérisson d’Europe fréquente des milieux variés : zones boisées, haies, jardins privés… C’est un allié précieux des jardiniers, car il se nourrit d’insectes, de limaces et d’autres invertébrés parfois considérés comme nuisibles lorsqu’ils pullulent. Sa présence témoigne de la bonne qualité des espaces naturels.

    Les populations d’Europe diminuent

    Malgré son rôle essentiel, ce mammifère nocturne connaît une forte régression. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a récemment révisé son statut, le faisant passer de « préoccupation mineure » à « quasi menacé » dans sa liste rouge. Cette liste permet d’évaluer l’ampleur des efforts nécessaires pour préserver la biodiversité à différentes échelles.

    Les populations de hérissons d’Europe diminuent dans plus de la moitié des pays où l’espèce est présente : Royaume-Uni, Norvège, Suède, Danemark, Allemagne, Autriche. En France, leur nombre a baissé de 16% à 33%, selon les régions au cours de la dernière décennie.

    Plusieurs facteurs expliquent cette régression. L’urbanisation croissante réduit les zones de refuge et expose davantage les animaux aux dangers de la route. Selon la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), « chaque année, 700 000 hérissons meurent écrasés ».

    Des centres de sauvegarde essentiels

    Par ailleurs, l’intensification agricole et l’usage de pesticides constituent une autre menace majeure : ces substances diminuent leurs ressources alimentaires et peuvent entraîner des intoxications. Enfin, le changement climatique perturbe leur hibernation et accroît leur mortalité.

    La protection du hérisson d’Europe repose aussi sur la mobilisation citoyenne : protéger cet animal, c’est protéger l’environnement. Des centres de sauvegarde de la faune sauvage existent dans la région, comme celui de Buoux, qui prend en charge les hérissons blessés ou malades afin de les soigner et de les réhabiliter dans leur milieu naturel. À l’échelle individuelle, préserver cette espèce menacée passe par l’abandon des pesticides au profit d’un jardinage plus respectueux de l’environnement, ou encore par le soutien financier aux centres de sauvegarde, comme Buoux.

    Le 23 janvier, la LPO Paca lancera une opération de financement participatif destinée à soutenir le Centre de sauvegarde de Buoux.

  • [Sciences] Dans l’atmosphère d’exoplanètes, à la recherche du secret de leur formation

    [Sciences] Dans l’atmosphère d’exoplanètes, à la recherche du secret de leur formation

    Bêta Pictoris b est une exoplanète bien connue. Découverte en 2008, c’est l’une des plus étudiées. « Elle est dans un système planétaire similaire au nôtre, mais bien plus jeune », justifie Florentin Millour. Intéressant pour se figurer la jeunesse de notre système solaire. « De plus, elle émet encore beaucoup de chaleur, ce qui facilite son observation », ajoute l’astronome adjoint à l’Observatoire de la Côte d’Azur. Alors quand il a fallu braquer pour la première fois les instruments Matisse et Gravity du VLTI (voir Repères) sur une exoplanète, c’est vers elle que le choix s’est porté. Et les scientifiques n’ont pas été déçus : « Ces nouvelles mesures de son atmosphère, avec une précision inégalée, rebattent les cartes de ce qu’on pensait de sa formation », poursuit le chercheur, coauteur d’une des deux études parues dans Astronomy & Astrophysics autour de ces travaux.

    L’hypothèse généralement privilégiée pour expliquer la formation d’une exoplanète
    –et donc de Bêta Pictoris b– est celle de l’accrétion sur noyau planétaire : dans un disque de poussières entourant l’étoile, la matière s’agrège par endroits, formant des mini-planètes, qui s’assemblent à leur tour pour former une planète. L’autre hypothèse, celle de l’effondrement de la matière sous son propre poids, est jugée moins probable. « Nos nouvelles mesures ne l’excluent pas, juge Florentin Millour. Les deux scénarios sont en fait envisageables. »

    Nouveau catalogue

    Ces nouvelles mesures concernent principalement la température de la planète et la composition de son atmosphère, notamment la présence de monoxyde de carbone et le rapport entre la quantité de carbone et d’oxygène. « Il est important pour savoir comment la planète s’est formée, insiste Florentin Millour. Nous l’avons obtenu avec une précision bien plus élevée que précédemment. »

    Un résultat important, certes. Mais pas aussi excitant que ce qu’il annonce. « En réalité, les mesures sur Bêta Pictoris b sont assez ennuyeuses », sourit Florentin Millour. Elles ne révèlent pas une composition chimique particulièrement riche. « C’est dû à la température élevée de la planète », ajoute-t-il. Mais les instruments ont montré leur potentiel. « Nous observons d’autres systèmes planétaires », glisse le chercheur.

    Cette année, la publication du nouveau catalogue Gaia devrait également désigner de nouvelles étoiles intéressantes pour observer des exoplanètes. « Aujourd’hui, seules une dizaine d’exoplanètes sont observables avec Matisse et une trentaine avec Gravity », précise Florentin Millour. Celles qui sont connues et orbitent dans des conditions particulières par rapport à leur étoile. « Ce nombre devrait être multiplié par trois ou quatre avec le futur catalogue Gaia », ajoute-t-il. De quoi faire des statistiques et, peut-être, en déduire des généralités sur la formation des systèmes planétaires, y compris le nôtre.

    Repères

    Bêta Pictoris

    Cette étoile à 63,4 années-lumière de notre système solaire est accompagnée de deux planètes : Bêta Pictoris b et c. Elles forment un système planétaire très jeune : autour de 20 millions d’années, alors que notre système solaire a 4,6 milliards d’années.

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    C’est, en degrés Celsius, la température à la surface de l’exoplanète Bêta Pictoris b, soit 1 529 Kelvin. D’une masse d’environ onze fois celle de Jupiter, elle orbite autour de son étoile à une distance égale à huit fois la distance Terre-soleil.

    VLTI

    Pour Very Large Telescope Interferometer (ou interféromètre du Très Grand Télescope). C’est un mode de fonctionnement combinant les télescopes de l’Observatoire européen austral installés à 2 635 mètres d’altitude dans le désert d’Atacama (Chili). Matisse et Gravity sont deux instruments qui peuvent être exploités par le VLTI.

  • [Recette] Truffes à la datte, cacao et fleur d’oranger

    [Recette] Truffes à la datte, cacao et fleur d’oranger

    Assez simples à réaliser à la maison, elles se conservent longtemps !

    Une base de pâtisserie

    Pour réaliser la recette, vous aurez besoin de dattes, peu importe leur variété, celles-ci n’ont pas nécessairement besoin d’être fraîches non plus. Cette recette peut d’ailleurs vous permettre d’écouler quelques dattes restantes dans votre cuisine qui auraient perdu de leur souplesse. Dénoyautez et hachez-les grossièrement au couteau ou au mixeur. Le chef vous conseille un couteau pour garder un peu de mâche et obtenir la texture de pâte souhaitée. D’ailleurs, cette pâte sert de base pour de nombreuses pâtisseries orientales.

    Une fois votre base réalisée, faites fondre votre beurre quelques secondes au micro-ondes, mélangez-le avec les dattes, une cuillère à soupe de cacao puis l’eau de fleur d’oranger. Zestez l’orange dans la préparation, si vous n’en avez pas, vous pouvez utiliser un citron ou un autre agrume, mais l’orange permet d’exauster les saveurs de l’eau de fleur d’oranger. Mettre du beurre dans cette préparation vous permettra d’avoir une texture crémeuse au moment de la dégustation, mais aussi d’atténuer le goût du sucre, la datte étant naturellement très sucrée.

    Agglomérez le tout à la main et placez au frigo pendant 15 à 20 minutes ou directement au congélateur une dizaine de minutes pour aller plus vite.

    De jolies boules

    Une fois la préparation refroidie, prenez-en une petite quantité dans votre main et formez une boule. L’astuce du chef, une fois la boule formée et afin de la rendre lisse, trempez légèrement vos doigts dans l’eau et tournez de nouveau entre vos mains. Trempez dans le cacao pour lui donner l’aspect de la truffe au chocolat que l’on connaît et réservez dans une assiette. Recommencez autant de fois que nécessaire. Au moment du dressage, n’hésitez pas à tapoter légèrement la truffe pour ôter l’excédent de cacao et exercez une petite pression sur le sommet pour ne pas qu’elle roule sur l’assiette. Au centre, faites un trou avec le cure-dent et introduisez la menthe. Bonne dégustation !

    Les ingrédients

    Il vous faudra :

    – Une poignée de dattes

    – Quelques morceaux de beurre

    – De l’eau de fleur d’oranger

    – Une orange pour le zeste

    – Du cacao en poudre

    – Des sommités de feuilles de menthe

    – Un cure dents

  • L’œuvre de Gustave Courbet mise à l’honneur à Hyères

    L’œuvre de Gustave Courbet mise à l’honneur à Hyères

    Le Musée des Cultures et du Paysage accueille l’exposition intitulée « Gustave Courbet, du chant de la Nature aux voix de la Révolte » du 18 janvier au 24 mai inclus. Mais le vernissage est organisé dès ce samedi17 janvier.

    Le peintre, décédé en 1877, traduisait son travail ainsi, en 1855 : « Peindre son temps, peindre le vrai, refuser l’artifice ». Cette exposition retrace près de quarante années de création. Ce sont « 120 œuvres, objets, lettres, archives et photographies » qui sont présentées et « qui proviennent de l’Institut Gustave Courbet d’Ornans, de musées français et de collections privées internationales », détaille le musée, dans un communiqué.

    Le parcours de visite est composé de 12 thématiques pour comprendre l’univers de l’artiste : Le chant de la Nature, l’ode à la Femme, le chant des bourgeois, le monde de Courbet, visages visages, face à face, l’affaire de la colonne Vendôme, le chemin de l’exil, les Travaux et les jours, le monde animal, marines-côte à côté et, enfin, le chant des sources.

    L’exposition s’articule autour de ces deux axes majeurs : le chant de la Nature et les voix de la Révoltes. L’artiste confronte son regard sur le monde. « Il incarne une nouvelle manière de voir et de penser », précise le musée. Gustave Courbet fait surgir « le réel même, une vérité humaine capable de bouleverser les codes établis ».

    Le vernissage de l’exposition se tient ce samedi à 11h. Une visite du parcours est proposée gratuitement à 10h20 en présence de Jean-Pierre Giran (LR), maire de la ville.

    Entrée payante (hors vernissage), à partir de 4€

  • Des « histoires à lire debout » à Berre-l’Étang

    Des « histoires à lire debout » à Berre-l’Étang

    Histoires à lire debout, pièce de théâtre écrite par Jean-Paul Alègre et mise en scène par Dominique Berardi, arrive à la salle polyvalente de Berre-l’Étang pour deux représentations, samedi 17 janvier à 20h30 et dimanche 18 janvier à 15h. À cette occasion, une rencontre est organisée avec l’auteur de la pièce, à la médiathèque de Berre, ce samedi à 16h (en entrée libre).

    À travers Histoires à lire debout, Jean-Paul Alègre a pour ambition de faire prendre conscience aux spectateurs « de la valeur du livre, garant de la liberté et de la tolérance ». Alors que des débats autour de la liberté d’expression et de la censure de livres émergent à l’international, par exemple aux États-Unis, cette pièce prend une dimension toute particulière.

    Défendre la liberté de lire

    Dans cette pièce de théâtre, la nuit, les livres prennent vie dans une bibliothèque intemporelle. On y retrouve Magnus l’encyclopédie, Flore le recueil de poésie, Sans-Nom, le livre raté qui mélange ses pages… Mais un ennemi plane au-dessus d’eux : le grand autocrate et ses acolytes, qui décident de partir en guerre contre le livre et la lecture. 37 personnages s’unissent alors pour défendre la liberté d’écrire, de lire et de penser. Parmi eux, d’Artagnan, Buffalo Bill, Molière, Naruto et le Petit Poucet ! Avec bien d’autres héros encore tout droit sortis des pages des chefs-d’œuvre les plus célèbres.

    Ce projet culturel est porté par la compagnie de théâtre berroise Astromela et son atelier théâtre de l’Emmad, en partenariat avec la médiathèque.

  • [Théâtre musical] « Une vie parisienne » au Liberté de Toulon

    [Théâtre musical] « Une vie parisienne » au Liberté de Toulon

    D’un côté, Heinrich Heine, écrivain engagé parmi les derniers poètes romantiques allemands du XVIIIe siècle, engagé et lointain cousin de Karl Marx dont les œuvres furent brûlés dans les autodafés de 1933 et interdites par le IIIe Reich. De l’autre, le grand compositeur Jacques Offenbach (1819-1880), entre autres à l’origine d’opéras célèbres comme Orphée aux enfers ou un certain La vie parisienne.

    Un titre repris par Irène Bonnaud qui réunit leurs univers respectifs dans un « spectacle à la croisée du théâtre et de l’opéra » au Liberté de Toulon, depuis vendredi et encore samedi 17 janvier. « Juifs allemands originaires de Rhénanie, immigrés à Paris après 1830, le poète-journaliste et le virtuose du violoncelle avaient aussi en commun le sens de la légèreté et de l’humour. L’œil malicieux et lucide, ils ont su observer la société française », présente le Liberté.

    « Subtilement subversif »

    Dans cette pièce hybride, le fantôme d’Heinrich Heine est incarné par François Chattot. À ses côtés, la soprano Mylène Bourbeau, le pianiste Benjamin Laurent, la mezzo-soprano Aurore Ugolin et la violoncelliste Cécile Vérolles portent la musique d’Offenbach.

    « Aujourd’hui, partout dans le monde, tout ce que Heinrich Heine a combattu toute sa vie durant fait retour : le fanatisme, la guerre, l’antisémitisme, le racisme. Son œuvre est un matériau incandescent qui se dresse contre ce retour. Et je crois qu’elle peut aider à faire ressortir tout ce qu’il y a de moderne et de grinçant, de subtilement subversif dans les œuvres d’Offenbach », estime par écrit la dramaturge et metteur en scène Irène Bonnaud.

    Chez les deux figures et parcours dont elle s’inspire, « la joie partagée devient un programme politique, un moyen de lutter contre les préjugés et les fanatismes ».

    Une vie parisienne ou un théâtre musical aussi bien adressé aux passionnés qu’aux néophytes qui est aussi, fait-on part au Liberté, « une très belle occasion de (re)découvrir nu grand écrivain et de nombreux airs d’Offenbach, célèbres ou méconnus ».

    Samedi 17 janvier à 18h. Entre 5 et 30 euros. www.chateauvallon-liberte.fr

  • [Grand entretien] Médéric Gasquet-Cyrus : « Motchus a avant tout une vocation sociale »

    [Grand entretien] Médéric Gasquet-Cyrus : « Motchus a avant tout une vocation sociale »

    La Marseillaise : Le jeu Motchus fête sa quatrième année avec toujours autant de succès. Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

    Médéric Gasquet-Cyrus : Au départ, on a créé Motchus pour rigoler et s’amuser. On pensait que ça allait durer quelques jours, puis ça s’est compté en semaines. Finalement, les gens se sont pris au jeu, c’est le cas de le dire, et nous voilà quatre ans plus tard. C’est devenu un rituel pour beaucoup puisqu’il est entré dans la vie des gens.

    Ce jeu est-il aussi un moyen de partager le parler marseillais et la culture de la ville ?

    M.G.-C. : C’est un des aspects qui est très intéressant avec ce jeu. Il permet d’apprendre des choses, des mots aussi bien aux jeunes qu’aux anciens en passant par ceux qui viennent d’arriver à Marseille. Motchus est devenu très inclusif, alors que ce n’était pas du tout prévu au départ. On se rend compte qu’il y a une certaine utilité à faire connaître à la fois la diversité de la ville et de son parler, mais aussi le patrimoine ou la culture puisque je cite souvent des exemples littéraires ou de chansons.

    Motchus fête ses quatre ans dans quelques jours, doit-on s’attendre à des nouveautés ?

    M.G.-C. : Ce mardi 20, on entre dans la cinquième année d’existence de Motchus, donc l’interface du jeu va être complètement changée, des mots plus longs et des fonctionnalités vont apparaître au fur et à mesure pour plus d’interaction tout en restant gratuit et accessible à tous.

    Justement, comment fait-on pour se renouveler après quatre années d’existence ?

    M.G.-C. : Il faut toujours trouver un équilibre entre les fadas qui jouent tout le temps et ceux qui voudraient se faire plaisir. On oscille entre des mots très courants le lundi et des plus complexes ou rares le dimanche. Certains mots courants reviennent de temps en temps en variant sur les orthographes ou les prononciations et pour les quatre, on remet tout à zéro comme si on n’avait jamais joué.

    Ce samedi, un « Motchus laïve » est organisé à l’hôtel de ville. Ce n’est pas la première fois à Marseille. Est-ce un moyen de le faire connaître au plus grand nombre ?

    M.G.-C. : Les lives n’étaient pas prévus non plus quand on a créé le jeu, mais on en est déjà à dix événements de ce genre et on fait une tournée mondiale de proximité (rires). ça plaît énormément parce que les gens ont peu d’occasions de se retrouver en public pour jouer et c’est très sympa ! On est entre l’ambiance loto populaire qu’on adore et le e-sport. C’est un moyen de créer du lien social et c’est super parce que le parler sans les gens qui parlent, ça ne sert à rien !

    Le même jour, vous vous exportez dans le Vaucluse pour la première fois…

    M.G.-C. : On avait déjà fait une démo à Carpentras, mais le live en Vaucluse est une première et on est très attendu à Mérindol. On va aussi aller dans le Var. On essaie, à chaque fois, s’adapter au lieu dans lequel on va, de coller à la réalité des gens, la culture dans les villages. C’est une super aventure pour nous parce qu’on s’en fait deux le même jour dans deux départements, c’est un truc de fou !

    Le fait d’organiser le jeu en live, est-ce un moyen de mettre un peu de couleur dans la société telle qu’on la connaît actuellement ?

    M.G.-C. : Oui, parce qu’on en a besoin. On l’organise toujours avec des partenaires avec qui on a des valeurs communes. On ne va pas faire ça avec n’importe qui, on n’en vit pas, donc on ne va pas se vendre. Sans compter qu’on porte un message d’inclusion, de découverte du patrimoine et, quand on récolte un peu d’argent avec le jeu qui est gratuit, on le reverse à des associations. C’est un engagement social à notre petite échelle, mais c’est important pour nous.

    Quel regard portez-vous sur la situation géopolitique actuelle ?

    M.G.-C. : C’est terrible. On pensait que pour les générations qui n’ont pas connu la guerre, ça n’arriverait plus parce qu’on sait comment le nazisme est arrivé. Or, nous sommes face à une nazification de certains états, de l’Europe aussi et ça arrive en France. Je suis en colère parce que je me dis que la manipulation fait que les gens vont faire et voter des conneries. Les situations qui sont déjà fragiles vont devenir terribles. Je pense aux minorités, aux femmes, aux étrangers, mais aussi aux personnes trans, gay et j’en passe. On va vivre des choses qui sont dégueulasses et je suis horrifié de ça.

    Le sondage La Marseillaise / Experts et Territoires / Ipsos-BVA, publié en début de semaine en vue des municipales, montre que le maire actuel (DVG) est à égalité dans les intentions de vote avec le RN à Marseille. Qu’en pensez-vous ?

    M.G.-C. : Là aussi, ça me révolte. Les médias dominants, nationaux ou locaux ont fait, comme le fait Macron, le marchepied du RN et ses idées. Je me bats depuis l’adolescence contre le racisme et l’extrême droite, c’est le racisme. J’ai des valeurs humanistes, de gauche très clairement, mais je respecte la droite républicaine qui n’existe plus à Marseille et en France. Ce qui se dessine clairement, aujourd’hui, c’est une alliance droite et extrême droite… J’espère que les Marseillais seront assez intelligents pour comprendre que leur ville, qui est à part en matière de cosmopolitisme, où on vit et on existe parce qu’il y a des différences, mérite mieux. Il faut vraiment être anti-marseillais et ne pas comprendre Marseille pour voter ça, parce que ça ne résoudra aucun problème, mais en créera d’autres.

    Si vous deviez utiliser un mot marseillais pour résumer cette situation, ce serait lequel ?

    M.G.-C. : Le « oaï » est un mot trop gentil parce que ce serait un désordre, mais pas inquiétant. Alors je dirais « bordille », les ordures, parce qu’il y en a trop !

  • [Entretien] « Une mise en lumière des émotions des cheminots »

    [Entretien] « Une mise en lumière des émotions des cheminots »

    La Marseillaise : D’où vient ce film et pourquoi l’avoir fait ?

    Sébastien Gronnier : Ce film est la fin d’un processus débuté en 2021 en trois étapes. Le premier volet a été la sortie des trois BD Les Seigneurs du Rail, le second avec le livre #TousCheminots. Et enfin le film, pour mettre en lumière la manière dont les cheminots ont vécu l’arrivée de la concurrence dans la région, ce qu’elle a provoqué dans leur vie. Souvent ils sont vus comme un corps social particulier, indépendant ou corporatiste. Et nous voulions montrer qu’au contraire, ce sont des salariés comme les autres, des citoyens avec des vies personnelles. Avec ce film, on voulait donner corps au phénomène de concurrence, qui est un terme répété tant de fois que parfois on ne sait pas ce qu’il y a derrière. C’est quelque chose qui n’est pas palpable : on en entend parler mais tant qu’on ne l’a pas vécu, qu’on ne sait pas ce que ça amène, on ne se rend pas compte des réalités. Et avec le cheminot en tant qu’humain au cœur de ça. C’est une mise en lumière de vécus de citoyens sur leur condition de salariés dans une grande entreprise qui se fragmente. Il y a une forme de réhumanisation des cheminots et on l’a conçu comme une photographie historique de ce moment pour le corps social de la SNCF.

    Dans le livre, il y avait un rapport au réel et à l’émotion, est-ce que c’est ce qui ressort principalement dans l’adaptation ?

    S.G. : Au Casi, nous sommes des syndicalistes. Donc, les cheminots ne nous disent pas les mêmes choses que s’ils parlaient à quelqu’un d’autre de leur métier. Ils parlent en nous identifiant à une organisation syndicale dans une optique d’en faire une remontée à la direction. L’idée du livre, puis du film, était de mettre le cheminot dans une situation où il parle du même sujet mais autrement. On rentre dans l’intime, de comment ils ont ressenti les modifications dans l’entreprise. Pas de le mettre à nu mais qu’il parle à cœur ouvert. Et cela donne corps à notre parole de syndicaliste. Quand on alerte sur les conséquences de l’ouverture à la concurrence, en matière de risques psychosociaux, d’attachement à l’entreprise, de départ des cheminots… Tout cela prend forme avec les témoignages. On a, par exemple, un cheminot qui témoigne dans le film et qui explique avoir choisi de quitter la SNCF pour ne pas subir l’arrivée de la concurrence. Au final, ce n’est pas qu’une mise en lumière du livre.

    Comment s’est déroulé le tournage et le cheminement du projet ?

    S.G. : On n’a pas donné de cahier des charges au réalisateur, Balkan Tekelioglu. On lui a juste donné le livre, en lui demandant si c’était possible d’en faire un film. Après il y a eu des allers-retours entre lui et nous, des choix de témoignages. Et le tournage a été relativement rapide. Mais on voulait avoir son regard extérieur et sans l’influencer. Car justement, quand on fait travailler des personnes extérieures à la SNCF dans nos projets, on veut qu’ils gardent leur sensibilité. Et donc qu’ils gardent leur regard sur le corps social au sein de la SNCF. In fine, on ne gêne pas le processus créatif. Et lui-même avait un regard relativement neutre avant de lire le livre, puis a pris conscience de ce que pouvait provoquer cette ouverture à la concurrence. On ne souhaitait juste pas que les cheminots parlent seulement de risques psychosociaux ou de conditions de travail. Mais plutôt de comment ils ont perçu ce moment de l’histoire.

    Le format documentaire s’est imposé naturellement ?

    S.G. : Le format documentaire était une évidence. Si l’on commence à romancer, à en faire une fiction, ça implique un script, un scénario. Et donc avec l’idée de dénoncer volontairement des choses. Et là, ce n’était pas le but. L’idée c’était de dire : « voilà ce que pensent les cheminots, voilà ce qu’ils nous disent et voilà ce qu’ils vont dire à la caméra ». Et ça n’a donc rien à avoir avec une idéologie ou une organisation syndicale. Le tout, avec une diversité de profils justement. On ne voulait pas imposer le fait que cette ouverture est bien ou mal. C’est donc un documentaire sociologique, intemporel. Et c’est aussi une alerte : le processus qui est décrit dans le film va se reproduire à chaque fois qu’il y aura une ouverture à la concurrence, des appels d’offres. Le processus légal est le même, donc les cheminots d’autres régions vivront les mêmes choses d’année en année.

    Il n’y a pas besoin d’avoir lu le livre pour apprécier le film, ni d’être cheminot ?

    S.G. : C’est accessible au grand public, il a été réalisé par quelqu’un qui n’est pas cheminot d’ailleurs. Il faut juste venir avec un regard curieux et être prêt à déconstruire toutes les idées reçues qu’on peut avoir sur les cheminots. Pas besoin non plus d’habiter la région. On va le présenter dans des festivals et le diffuser au-delà de Paca. Du reste, l’autrice du livre a d’ailleurs été interviewée par le réalisateur dans le cadre du film. Les deux productions se recoupent et sont complémentaires. Et même si vous avez lu le livre, il y a un vrai intérêt à voir le film. Et ça marche aussi si vous ne l’avez pas lu.

    Les projections dans la région

    Le documentaire #TousCheminots va être projeté dans toute la région. Début à Marseille, le 16 janvier, au cinéma du Gyptis. Ensuite, une projection à Six-Fours le 28 janvier au Six n’étoiles. Deux jours plus tard dans le Vaucluse à Avignon, le 30 janvier, au théâtre de la Rotonde. Puis direction les Alpes-Maritimes avec une diffusion, à Nice, le 12 février, au théâtre de la Cité. Enfin, une autre diffusion est prévue le vendredi 13 février à 17h30, aux Rotatives de La Marseillaise (gratuit).

    Réservation possible pour les autres diffusions sur le site billetweb.fr