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  • Virus et antibiotiques : une alliance contre les bactéries résistantes

    Virus et antibiotiques : une alliance contre les bactéries résistantes

    Les bactéries aussi ont leurs virus. Mais ils ne provoquent pas chez elles un rhume : ils les dévorent. Et d’autant plus facilement avec une petite dose d’antibiotique. « Cette synergie entre antibiotiques et virus dits “bactériophages” est connue depuis les années 1970, reconnaît Mireille Ansaldi, directrice de recherche CNRS au Laboratoire de chimie bactérienne (Aix-Marseille Université/CNRS). Mais nous ignorions les mécanismes qui en sont à l’origine. » Dans une étude parue dans Plos Pathogens, la chercheuse et son équipe montrent que cette meilleure efficacité des bactériophages est due à la forme des bactéries, modifiée par l’antibiotique. « Cela aide à comprendre comment fonctionne cette combinaison de traitements prometteuse face à l’antibiorésistance », ajoute-t-elle.

    Car l’emploi massif d’antibiotiques a fait émerger des bactéries résistantes. « Les impasses thérapeutiques se multiplient », insiste Mireille Ansaldi. Certaines maladies infectieuses ne se soignent plus car les bactéries responsables résistent à tous les antibiotiques connus. « Des études de The Lancet estiment que, d’ici 2050, les maladies infectieuses causées par des bactéries résistantes causeront plus de morts que les cancers », ajoute-t-elle.

    Les virus bactériophages – combinés aux antibiotiques – regagnent donc en intérêt. Cette piste ancienne a été délaissée à l’arrivée des antibiotiques. « Pendant la guerre froide, l’URSS n’avait pas accès aux antibiotiques et a beaucoup travaillé sur les bactériophages, précise Mireille Ansaldi. Aujourd’hui, la Géorgie est toujours à la pointe. »

    Éponge à virus

    Certains antibiotiques rendent la bactérie plus allongée ou plus ronde. Or, une bactérie allongée est plus facilement infectée. « Elle est comme une éponge plus grosse, avec plus de récepteurs à sa surface, explique Mireille Ansaldi. À l’intérieur, le virus se réplique mieux car le cytoplasme est plus gros et il y a plus de ressources. » Pour expliquer la meilleure efficacité des virus sur des bactéries arrondies, les scientifiques n’ont que des hypothèses, admet la chercheuse : « Nous pensons que cela permet aux virus de mieux se diffuser et d’infecter plus d’hôtes. »

    Pour s’assurer que c’est bien la forme des bactéries qui facilite le travail des virus, les scientifiques l’ont modifiée génétiquement, sans antibiotique. « L’effet est le même, assure Mireille Ansaldi. Cela confirme l’importance de la forme, même s’il y a peut-être d’autres facteurs impliqués. »

    Un modèle mathématique a été mis au point pour prédire la meilleure association entre un antibiotique et un virus contre une bactérie. « Nous souhaitons aller plus loin en utilisant l’intelligence artificielle afin d’analyser toutes les données existantes et faire des prédictions et du conseil auprès des praticiens hospitaliers, indique la chercheuse. C’est l’étape ultime. Mais il y a encore du travail. »

    REPERES

    1917

    C’est la date à laquelle le biologiste canadien Félix D’Hérelle publie la première étude sur les virus bactériophages – mangeurs de bactéries. Utilisés à des fins thérapeutiques au XXe siècle, ils sont délaissés dans certains pays au profit des antibiotiques et connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt face à l’antibiorésistance.

    2

    C’est le nombre de virus bactériophages –T5 et T7, connus depuis longtemps– testés dans l’étude de Plos Pathogens pour lutter contre des bactéries E. coli, en association à cinq antibiotiques en quantité non-mortelle pour les bactéries.

    Plage de lyse

    C’est le nom de la tache blanche qui se forme dans le milieu de culture à l’endroit où les bactéries ont été tuées par les virus. Mesurer la surface de ces taches permet d’évaluer l’efficacité de l’association d’un virus et d’un antibiotique face à une bactérie.

  • [On passe à table] Flan végétal à la cardamome et insert à la poire

    [On passe à table] Flan végétal à la cardamome et insert à la poire

    Cédric vous propose de réaliser à la maison un flan pâtissier maison version végan pour le plaisir de toute la famille.

    Des saveurs inégalées

    Un flan se réalise idéalement la veille pour être dégusté le lendemain. Commencez la recette en réalisant l’insert à la poire. Pour cela épluchez la poire, coupez-la en dés et déposez dans une casserole. Ajoutez-y 40g de sucre en poudre, l’extrait de vanille 10g de fécule de maïs et 30g d’eau. Faites chauffer à feu doux pendant une dizaine de minutes pour que le mélange épaississe un peu comme une compotée, la fécule faisant le liant.

    Quand votre insert est prêt, laissez refroidir à température ambiante puis au frais pendant une heure.

    La texture d’un flan

    Pendant ce temps, pour la crème versez 900ml de lait d’amande barista, si possible, dans une casserole puis 150ml de crème végétale riche, pour remplacer la crème fraîche. Dans un saladier versez 110g de fécule et une pointe de lait végétal pour faire le liant et éviter les grumeaux. Réservez. Coupez la gousse de vanille et versez les grains dans la casserole avec les liquides. Ajoutez 140g de sucre une cuillère à café de cardamome et mélangez. Faites infuser quelques minutes et laissez reposer 15 minutes à l’air. Versez la fécule et le liant dans le tout puis faites chauffer à feu doux ou moyen en surveillant régulièrement pour ne pas que ça accroche. Jusqu’à ce que vous obteniez une crème épaisse.

    Préparez votre moule en déposant au fond une feuille de papier cuisson. Versez la moitié de la crème épaisse puis ajoutez au centre l’insert à la poire. Recouvrez avec le reste de crème et préchauffer le four à 170°. Enfournez le tout pendant 50 à 60 minutes à chaleur tournante. Quand la cuisson est terminée, laissez refroidir et laissez-le dans l’idéal toute une nuit au frais pour qu’il ait une belle teneur à la découpe. Agrémentez en fonction de vos envies et régalez-vous !

    Les ingrédients

    Il vous faudra :

    – Une belle poire comice

    – 180g de sucre en poudre

    – 30g d’eau

    – 120g de fécule de maïs

    – De l’extrait de vanille et une gousse

    – De la cardamome en poudre

    – 900ml de lait végétal et 150 de crème

  • [Grand entretien] Laurent Voulzy : « Il reste l’amour, les fleurs et l’espoir de la paix »

    [Grand entretien] Laurent Voulzy : « Il reste l’amour, les fleurs et l’espoir de la paix »

    La Marseillaise : Votre dernier best of s’intitule « 21 souvenirs », comme autant de titres marquants de votre carrière. L’album s’ouvre par le tube « Rockollection », qui évoque les souvenirs d’un adolescent dans les années 1960. La nostalgie est-elle un sentiment qui ne vous a jamais quitté ?

    Laurent Voulzy : Je garde toujours bien sûr des souvenirs de mes premiers groupes lorsque j’étais au lycée, des moments où je grattais la guitare et que je partais répéter le week-end chez les copains. Quand je me rappelle de tels moments, une espèce de nostalgie m’habite mais, en même temps, ça me stimule. Quand aujourd’hui, je répète à nouveau avec des musiciens, à l’âge que j’ai, je retrouve les mêmes sensations que lorsque j’avais 17 ans. Oui, je suis donc nostalgique, mais en fait, pas tant que ça. Ce qui me plaît, c’est ce que je fais en ce moment. C’est le temps présent qui me donne envie de vivre. Je suis par exemple en train de travailler sur un prochain album en ce moment, mais aussi sur un opéra pop sur Jeanne d’Arc, ou encore sur mon autobiographie.

    Dans le titre « Le pouvoir des fleurs », vous chantiez en 1992 : « J’me souviens, on avait des projets pour la terre, pour les hommes comme pour la nature, faire tomber les barrières les murs ». 34 ans plus tard, vous et votre génération, qui nourrissiez beaucoup d’espoirs pour la paix, n’avez-vous pas l’impression d’avoir pris une douche froide en voyant la multiplication des guerres et des replis identitaires ?

    L.V. : Je ne vois pas cela comme une douche froide. Je suis extrêmement touché que, malgré toutes ces choses terribles qui se passent dans le monde, beaucoup d’enfants continuent d’apprendre cette chanson à l’école. C’est une note d’espoir. Après, il faut se rappeler que lorsque cette chanson a été faite, on traversait déjà une époque de guerres et mouvements très violents. Quand on a eu l’idée de faire ce morceau, j’ai dit à Alain [Souchon, qui a écrit la chanson, Ndlr] : « Je voudrais faire une chanson sur le Flower power ». Car toutes les idéologies s’écroulent et il ne reste qu’une chose : l’amour, les fleurs et l’espoir de la paix. Donc, oui, on prend des douches froides à chaque fois qu’on regarde les informations. Mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas continuer à espérer.

    Parmi vos autres titres emblématiques, « Belle-île-en-Mer, Marie-Galante », sorti en 1986,
    où vous chantiez vos «
     souvenirs d’enfance, en France, violence, manque d’indulgence. Par les différences que j’ai, café léger, au lait mélangé ». Était-ce, en fait, avant tout un titre sur le racisme dont vous avez été victime enfant ?

    L.V. : Cette chanson, on peut la lire à plusieurs niveaux. Le premier qui vient à l’esprit des gens, c’est l’idée de mer, de voyage. Vient ensuite mon attachement profond à la France et aux Antilles, qui sont mes deux patries. Et évidemment mon lien à la Bretagne. Celui dont vous parlez est le troisième niveau de lecture : quand j’étais à l’école, on était juste deux bronzés dans la cour de récréation. à la fin des années 1950, tout le monde était blanc. Même si tout se passait globalement bien, petit, j’ai subi des sarcasmes d’autres enfants et parfois même d’adultes. J’ai alors su ce que c’était d’être différent des autres.

    Vous parliez de votre attachement
    à la Guadeloupe. Comprenez-vous le sentiment d’abandon qui s’est emparé des habitants des Antilles françaises suite à des décennies d’abandon des pouvoirs publics
     ?

    L.V. : Moi, je n’ai connu la Guadeloupe qu’à l’âge de 35 ans. La première fois que j’y ai mis les pieds, j’ai été bouleversé. Auparavant, je ne connaissais la Guadeloupe que par ma mère, la cuisine, la langue créole que j’entendais à la maison quand de la famille ou des amis d’Antilles venaient chez nous. Je ne suis pas né là-bas et j’ai donc une vision du pays qui est arrivée tardivement. Les gens des îles ont toujours un sentiment d’isolement et à la fois une fierté d’être des insulaires. ça concerne les Antilles, mais aussi des îles bretonnes, la Corse et bien d’autres. Après, il ne faut pas occulter que la Guadeloupe est une ancienne colonie où subsistent aujourd’hui des résidus de ce temps des colonies. Le fait d’y avoir laissé la vie extrêmement chère participe de ce sentiment d’abandon. N’oublions pas non plus les produits qu’on a mis dans la terre, le chlordécone par exemple. C’est l’un des derniers endroits dans le monde où il a été interdit, alors que les pouvoirs savaient très bien que c’était hypertoxique. Il y a aussi un taux de chômage incroyable. Même si je ne suis pas un grand expert et que je ne vis pas là-bas tout le temps, je comprends ce sentiment d’abandon. Et que dire encore des énormes problèmes d’eau que connaît la population avec des coupures incessantes.

    Votre album comprend également « Amélie Colbert » (2001), que vous avez jouée aux côtés de grands musiciens antillais comme les frères Fanfant ou Mario Canonge. Votre idée de l’époque, c’était de faire écouter leur talent au public de l’Hexagone ?

    L.V. : Ce n’était pas forcément mon but. J’ai surtout voulu raconter la façon dont moi, je voyais les Antilles. Je voulais faire de la musique antillaise avec le son et le feeling d’origine. Un son dans le style des biguines des années 1950. J’en garde un souvenir fabuleux. Ils racontaient les Antilles avec des souvenirs de leurs mères, qui n’avaient pas le droit de parler créole à table petites, c’était aussi interdit dans les écoles à l’époque. Cette chanson a beaucoup touché les gens aux Antilles.

  • La féerie de Noël enchante le centre-ville de Marseille

    La féerie de Noël enchante le centre-ville de Marseille

    En ce premier week-end de vacances scolaires, c’est un véritable parcours d’animations, de découverte et d’émerveillement qui attend les familles, à Marseille.

    Pour ajouter de la magie et de la joie à toutes les animations et activités qui ont déjà commencé dans la ville, le Village des enfants se délocalise pour la toute première fois et sera présent, samedi et dimanche entre 10h et 19h, sur la place de l’Opéra, mais aussi sur la place Castellane avec des animations, des ateliers de Noël, des stands de maquillage ou encore des bulles enchantées pour le plaisir des plus jeunes.

    Mapping et animations

    Le tout dans un centre-ville piétonnisé pour l’occasion qui vous permettra de flâner, de profiter des décorations, mais aussi de réaliser vos derniers achats.

    Pour la découverte, c’est au départ de l’office de tourisme que vous pourrez profiter d’une balade typique et pittoresque dans les rues de la ville, vêtue de ses plus beaux habits de lumières. Entre tradition du blé, les 13 desserts ou encore la crèche et ses santons provençaux, embarquez dans une visite guidée gratuite, samedi entre 15h et 18h, qui sent bon les fêtes de fin d’année.

    Si vous êtes plutôt des aventuriers solitaires, c’est tout un parcours lumineux qui vous est proposé depuis le Vieux-Port jusqu’à la place Castellane, en passant par l’Opéra et la fontaine Félix-Barret (préfecture), où les façades des bâtiments et les fontaines seront mis en lumière et en musique dès 17h samedi et jusqu’au lendemain 22h.

    Le ciel illuminé

    Du côté de l’Hôtel de ville, un mapping émerveillera petits et grands à partir de 18h samedi, avec des projections lumineuses sur la façades et des animations musicales en préambule du grand spectacle.

    D’ailleurs, à quelques pas de là, non loin de l’Ombrière, le concert Gospel Philarmonic Experience réunira près de 40 chanteurs qui offriront aux visiteurs un récital de chorale et de musique live, où classique et gospel se rencontreront sous la baguette du chef d’orchestre Pascal Horecka samedi dès 18h30. Et, pour couronner le tout, c’est un spectacle de drones et un feu d’artifice inédit qui illumineront le ciel à 19h45.

  • [Le grand entretien] Plastic Bertrand, Pedro Castano et Jean Schultheis : « C’est une grande fierté d’être populaires »

    [Le grand entretien] Plastic Bertrand, Pedro Castano et Jean Schultheis : « C’est une grande fierté d’être populaires »

    La Marseillaise : À quoi doit-on s’attendre pour cette tournée ?

    Plastic Bertrand : C’est un show fantastique et humain qui attend le public. À la différence des shows que l’on a déjà pu voir sur les années 80, il y a beaucoup d’interactions entre les artistes avec des duos. Ce n’est pas qu’une simple succession de titres c’est un grand moment de partage avec de supers musiciens et de belles lumières.

    Justement, comment ça se passe entre vous sur scène étant donné que dans les années 80 vous étiez concurrents ?

    Jean Schultheis : Très mal ! On se pousse dans l’escalier [rires].

    P.B. : C’est vrai qu’à l’époque il y avait le show-business mais aujourd’hui le challenge ce n’est pas d’être meilleur que l’autre, c’est de faire un bon spectacle ensemble.

    Pedro Castano : L’ego n’existe pas, on est une grande famille, de bons amis, nous sommes artistes et nous chantons tous ensemble. C’est très important parce que nous emmenons une bonne vibration sur scène et je pense que ça se ressent.

    Les années 80 sont toujours autant appréciées du public, comment expliquez-vous l’engouement pour cette période musicale ?

    J.S. : Ah, si on savait… Je pense que les années 80 représentent la fête, la liberté aussi et à cette époque là les chansons étaient vraiment différentes les unes des autres. Si on prend les tubes de chacun d’entre nous, il n’y en a pas une qui ressemble à l’autre alors qu’aujourd’hui, avouons-le, il y a un petit peu de formatage. Ces années-là pour les gens veulent dire danser, s’amuser, faire la fête et tout cela se transmet dans les familles. Dans les concerts on voit des jeunes qui ont entre 15 et 20 ans et qui connaissent toutes nos chansons par cœur, c’est absolument fascinant ! Sans parler du fait qu’elles reviennent en boîte de nuit [rires].

    P.B. : C’est vrai qu’il y avait une grande diversité dans les années 80. On pouvait passer d’un style musical à un autre sans souci. On est aussi une génération qui va vers le public. On va le voir, le chercher on a envie qu’il bouge. Nous avons un côté très populaire, dans le bon sens du terme et c’est une grande nuance avec la scène actuelle où il y a plus d’agressivité et de réserve à mon sens.

    Selon vous, ce côté populaire c’est la clé du succès et de la longévité auprès des jeunes générations également ?

    J.S. : Être populaire c’est être proche de centaines de milliers de gens. Si on parle par exemple de la musique classique que l’on jouait au temps du roi Henri IV c’était en fait une musique sur laquelle les gens dansaient, une musique populaire et pas du tout réservée à une élite. Une musique populaire c’est ce qui fédère le plus de gens possible. On est très content d’être populaires !

    P.B. : Justement, je pense que nous avons beaucoup de chance d’être populaires. C’est ce qui fait que 30 ans ou 50 ans après on est toujours là. On fait partie de la vie des gens au quotidien. C’est une fierté totale.

    P.C. : C’est aussi ce qui fait que les gens viennent nous voir, nous parlent et nous associent à des moments importants de leur vie, il y a des souvenirs qui se sont créés sur nos chansons et ça c’est génial. D’où la transmission générationnelle.

    Pensez-vous que la morosité ambiante est en partie responsable de cette demande de la part du public ?

    P.B. : Oui totalement ! Faire un son positif à l’époque était une besoin pour les gens parce qu’il faut bien se rendre compte que tout n’était pas rose dans les années 1980. Je pense donc que l’on cherchait à faire de l’ultra positif, des chansons optimistes pour masquer les choses qui se passaient et qui n’étaient pas terribles… N’oublions pas que c’est à cette époque que le virus du sida a été identifié en France d’ailleurs… C’est peut-être cet élan d’optimiste qui a fait qu’aujourd’hui on est dans la bonne mesure, selon moi.

    J.S. : Nous ce qu’on veut c’est chanter la couleur loin de la grisaille. On donne la pêche et quand le public ressort de ce concert il a la banane et je pense que c’est très important à notre époque !

    Le public marseillais vous l’attendez ? C’est une ambiance différente
    que dans les autres villes
     ?

    J.S. : C’est un public de folie il est génial. Pour moi il y a toujours le Nord et le Sud, Marseille et Lille. Ce sont les deux publics les plus extraordinaires de France, d’ailleurs à Marseille si ça ne marche pas on le sait très vite !

    P.B. : C’est vraiment une ambiance particulière à Marseille. Quand ça fonctionne ils sont comme des fous et quand ça ne va pas ils sont aussi beaucoup plus froids qu’ailleurs mais c’est tellement bon, c’est un challenge de chanter ici à Marseille, on en a que de bons souvenirs.

    P.C. : C’est un public caliente, qui est très demandeur et qui aime le show.

    Concert au Dôme de Marseille le 16 janvier 2026 à 20 heures. Comptez entre 42 et 62 euros pour une place.

  • Carnavals en série à Draguignan

    Carnavals en série à Draguignan

    Le carnaval n’est pas proprement une fête qu’on donne au peuple mais que le peuple se donne à lui-même. » Signés par Goethe dans ses Voyages en Italie en 1788, des mots résonnant dans le parcours « Carnavals d’ici et d’ailleurs », qui prend ses quartiers depuis ce week-end à l’Hôtel départemental des expositions du Var. Qu’il soit de Venise ou de Rio, de la Méditerranée comme des tropiques, le carnaval comporte un « caractère universel : ils se déroulent entre le mercredi des Cendres, ils sont organisés par la société civile, et non pas par un pouvoir, de manière libre, pour créer un moment festif avec des costumes, déguisements et moments joyeux permettant d’envisager un défilé dans la ville », campent Mireille Jacotin et François Dallemagne, commissaires d’un parcours jalonné de plus de 150 œuvres, objets et documents : d’un marbre Pan et Daphnis, provenant du Musée archéologique de Naples, à des œuvres style « Beaux-Arts et même plus contemporaines. On a voulu montrer comment certains artistes se sont emparés du sujet du carnaval comme Mircea Cantor, Pierre Alechinsky pour le carnaval de Binche, Ben pour celui de Nice, ou Jean Tinguely dont on fête le centenaire ».

    Du Languedoc à Rio

    L’exposition est séquencée en épisodes évoquant par exemple les carnavals du Languedoc et ses mascarades avec un clin d’œil au Sans toit, ni loi d’Agnès Varda (1985), celui de Bâle nourri ses « cliques et lanternes », ou du plus mythique d’entre tous, celui de Rio de Janeiro. « La nature des objets présentés est très variée. Il y a aussi des costumes, tous portés. On pense notamment à ceux prêtés par Alain Taillard, collectionneur belge qui participe à ce carnaval depuis longtemps », illustrent entre autre Mireille Jacotin et Françoise Dallemagne. Autant d’évocations faisant cheminer le visiteur dans la galaxie carnavalesque, mais qui le conduisent aussi à s’interroger finalement autour de la question suivante : « le carnaval d’aujourd’hui n’est-il plus simplement qu’un événement pour servir les politiques d’attractivité des territoires, en lien avec des traditions locales renouvelées et adaptées pour devenir des spectacles où le public est convié à regarder plus qu’à participer ? »

  • [Cancers et polluants, le cercle vicieux 1/3] Réduction des plastiques et tri des déchets à la source

    [Cancers et polluants, le cercle vicieux 1/3] Réduction des plastiques et tri des déchets à la source

    Dans le cadre de la semaine européenne de la réduction des déchets et dans sa volonté de poursuivre son engagement en faveur de la réduction des déchets plastiques – un axe prioritaire des politiques nationales en faveur de la réduction de l’impact environnemental des établissements de santé publique – l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) organise une conférence, ce lundi de 12h à 14h. Elle sera animée par Nathalie Gontard, directrice de recherche à l’Inrae et spécialiste de renommée internationale des matériaux plastiques, de leur chaîne de vie et de leurs impacts à long terme. « Au sein de l’hôpital, nous avons trois grandes catégories de déchets, à savoir les déchets courants ou ménagers, les déchets chimiques et les déchets à risques infectieux (DASRI) », explique Lyssandre Boulet, coordinatrice développement durable pour le département des ressources matérielles. « Nous faisons appel à des prestataires marseillais, situés dans les quartiers Nord, qui favorisent l’insertion des personnes éloignées de l’emploi. Ils récupèrent les déchets de l’IPC et les emmènent vers les différents centres de tri. Sauf pour les DASRI, l’incinérateur se trouve à Toulon. » Le tri des déchets est une étape importante pour l’Institut car, dans un établissement de santé, les déchets dits ménagers doivent être enfouis s’ils ne sont pas triés.

    Bête noire de l’IPC
  • [Grand entretien] « De la noirceur totale à une lumière sincère »

    [Grand entretien] « De la noirceur totale à une lumière sincère »

    Oxmo Puccino : Dans cet album, il y a une fiction qui s’appelle Glock. Elle raconte l’histoire d’une arme à feu qui voyage des mains d’un policier jusqu’à celles d’un jeune qui l’utilise contre un autre, provoquant le chagrin immense de deux familles. Ce morceau fait référence à un interlude de l’album Opéra Puccino [son premier opus sorti en 1998, Ndlr] dans lequel j’évoquais la présence d’armes à feu de gros calibre en circulation libre dans les quartiers. à l’époque, on me disait : « Est-ce que c’est vrai ? ». 30 ans après, les jeunes se tuent entre eux par dizaines en France. En tout cas, je vous remercie de poser cette question de l’amour. Aujourd’hui, je parle de paix parce que je viens d’une jeunesse où la violence était un moyen d’expression. Et lorsque je parle de paix aujourd’hui, à l’âge de 50 ans, c’est pour célébrer ce parcours de la noirceur totale à une lumière sincère. C’est uniquement cela que je veux partager : une lumière qui est sortie de la noirceur. Même si je peux friser la caricature, c’est un risque que je prends. Car, aujourd’hui, si vous consommez, comme tout le monde le fait, les moyens que l’on a pour être soi-disant au courant de tout, sans vraiment communiquer avec personne, alors, vous vous rendez compte qu’il y a très peu d’amour. Et uniquement des choses à acheter ou à vendre.

    Même si vous n’êtes pas nostalgique, n’exprimez-vous pas, avec votre ultime album, le regret que le hip-hop soit passé d’une contre-culture à une culture de masse ?

    O.P. : Dans l’histoire, la musique n’a pas toujours été commerciale, n’a pas toujours été un produit. Mais, lorsqu’elle l’est devenue, le risque que pouvaient courir tous les courants musicaux, c’était de devenir mainstream, connaître le succès, avant d’être remplacés par un autre courant. Et donc, je ne sais pas pourquoi la musique hip-hop y aurait échappé car, aujourd’hui, c’est la plus écoutée de toutes, paraît-il. Elle est en passe de vivre ce que tous les courants musicaux comme le jazz, la disco, la funk ou le rock ont connu après leur apogée. C’est quelque part le revers de la médaille que nous avons toujours voulu.

    « Le rap est le plus grand baromètre artistique de la société », disiez-vous à « La Marseillaise », il y a 10 ans. Que dit-il alors de la société actuelle ?

    O.P. : Ce que le rap dit, c’est que notre société a un problème de perception, un problème créatif, de frénésie. De ce que nous connaissons sur les origines du rap, il n’y a aujourd’hui plus matière à appeler cette pratique du même nom. Nous sommes passés d’un rap à une chanson qui n’est ni RnB, ni chanson française. Mais c’est la chanson chantée par tous les enfants de nos jours. Et on continue à appeler ça du rap. C’est la conséquence d’années de déni qui font qu’aujourd’hui, le public est en décalage avec les artistes que les médias auraient voulu promouvoir. Le rap n’a pas été choisi, il s’est imposé avec les années, notamment avec la transmission de parents qui en écoutaient et l’ont fait découvrir à leurs enfants, qui ont eux-mêmes écouté les chanteurs que sont devenus les rappeurs aujourd’hui. C’est formidable qu’on en parle 30 ans plus tard. Mais la donnée en tant que telle, c’est de ne pas l’avoir vu. La vision médiatique du rap n’a rien à voir avec la manière dont cette musique est appréciée, si on peut encore appeler ça du rap. D’où le décalage. Pendant longtemps, les médias l’ont affublé de politique, engagée, délinquante. Aujourd’hui, cette musique de divertissement pur est, malgré son succès, toujours un peu stigmatisée. Il n’y a qu’à voir le tollé qu’a provoqué la participation d’Aya Nakamura à la cérémonie des JO. Alors que ce n’est pas une rappeuse, elle est quand même traitée en tant que telle.

    « Le temps est froid, il pleut des tragédies. Tous ces vampires ont très peu de projets dignes », rappez-vous sur le dernier titre « Léger ». Auxquels pensez-vous ?

    O.P. : Un très bon ami à moi m’a offert L’heure des prédateurs. C’est le livre le plus précis sur l’atmosphère politique mondiale actuelle, que nous subissons tous. Il décrit tous ces personnages au pouvoir dans les grandes puissances comme des prédateurs, des animaux, primaires. Aujourd’hui, hélas, nous avons beaucoup d’hommes d’État mais peu de chefs d’État. Leurs proies sont surtout ceux qui n’ont pas conscience de cela. Quand je vois des gens scroller au lieu de regarder un ciel bleu, je trouve ça dommage. On dit que fumer tue, mais il faudra aussi trouver quelque chose pour les smartphones.

    L’une des seules prises de position que le grand public vous connaisse, c’est l’engagement en faveur de l’enfance à travers l’Unicef. « Ma vérité, c’est des enfants heureux, j’suis content à haute dose. Aux autres, je laisse les boniments des fausses causes », exprimez-vous sur un titre avec Vanessa Paradis…

    O.P. : Car il faut déjà peut-être soigner son enfant intérieur : se réconcilier avec lui et, surtout, prendre soin d’une innocence, garantir un futur à l’échelle de l’être choyé. Dans ce monde rempli d’incertitudes, la garantie de pouvoir faire des gens solides et préparés, c’est de leur donner de l’amour. [Il se met à déclamer un couplet de son titre Cosmos] : « Les blessures du passé ressemblent aux illusions. C’est bien de là que partent toutes les allusions. Si les parents n’faisaient pas d’erreurs, dans 20 ans, les enfants aimeraient les leurs. L’amour va pas tout régler s’il est mal appris. Nos vies : un film qu’on n’a pas écrit ».

    Entretien réalisé par Philippe Amsellem

  • « Le moustique tigre est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite »

    « Le moustique tigre est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite »

    Claire Teillet : Nous savons qu’elle joue un rôle mais il y a encore beaucoup à comprendre sur ces interactions et les implications en matière de santé publique. Le mâle a besoin de la végétation pour se nourrir du nectar des plantes. Et la femelle –qui nous pique pour obtenir les protéines nécessaires à ses œufs– en a aussi besoin pour se nourrir et se mettre à l’abri pendant les périodes de repos. La végétation apporte de l’humidité et de la fraîcheur qui conservent l’eau. Et la femelle peut y pondre ses œufs.

    Il lui faut vraiment de l’eau stagnante ?

    C.T. : Oui, car après l’éclosion de l’œuf -pondu sur les rebords asséchés du récipient et immergé quand l’eau monte avec la pluie ou l’arrosage-, la larve se développe dans l’eau puis se transforme en nymphe. Ces stades ont besoin d’eau pour exister. Mais des œufs peuvent rester même si l’eau s’évapore. Ils entrent dans une sorte de dormance –la diapause– pour passer l’hiver. Quand l’eau revient et que les conditions sont plus propices –comme au printemps-, ils peuvent éclore.

    Chasser l’eau stagnante est donc crucial pour limiter la présence du moustique tigre, en été, et le risque de transmission de maladies ?

    C.T. : Oui, et notamment dans nos espaces privés qui sont les zones produisant souvent le plus de moustiques tigres. Ils peuvent pondre dans n’importe quel objet pouvant retenir de l’eau. C’est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite.

  • [Science] La lutte contre le moustique tigre prend de la hauteur

    [Science] La lutte contre le moustique tigre prend de la hauteur

    Originaire du Sud-Est asiatique, le moustique tigre est vecteur de maladies comme la dengue, chikungunya ou Zika. Arrivé en France métropolitaine en 2004, il a aujourd’hui colonisé presque tous les départements. Il ne provoque pas encore d’épidémies récurrentes dans l’Hexagone, mais les cas autochtones se multiplient. « Il est important de s’attaquer au problème avant que des épidémies ne surviennent régulièrement », insiste Claire Teillet.

    Quartiers résidentiels

    L’étude montre que la végétation augmente la probabilité de trouver des larves dans les chambres télécoms et collecteurs d’eau pluviale à proximité. « Une densité de végétation très élevée semble toutefois diminuer la probabilité de présence », note la chercheuse. De plus, la végétation associée à des structures urbaines influence cette probabilité de présence : « Elle est plus forte dans des environnements organisés autour d’objets urbains et de zones végétalisées, ainsi qu’à proximité de grands espaces verts », précise-t-elle. Autrement dit, dans des quartiers résidentiels composés d’habitations avec jardin et de parcs.

    Les images satellites ont été associées à des modèles de distribution d’espèces. Des données recueillies sur le terrain par l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen ont permis d’identifier des gîtes larvaires privilégiés pour calibrer les modèles et pouvoir prédire la probabilité d’en trouver ailleurs. « Ce n’est pas la première fois que l’imagerie satellitaire est utilisée pour mener ce type d’étude, précise Claire Teillet. Mais nous avons utilisé une méthode particulière permettant d’extraire de l’information quant à l’arrangement spatial des éléments dans une image. »

    La chercheuse voit dans cet outil un moyen d’identifier les zones prioritaires à inspecter dans l’espace public. « C’est maintenant aux politiques et aux acteurs en charge de la lutte de s’en emparer », pointe-t-elle, rappelant que les principaux gîtes larvaires ne sont pas dans l’espace public mais privé – dans les coupelles et autres récipients dans les jardins.