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  • La der de Achdé au festival de la BD

    La der de Achdé au festival de la BD

    Lucky Luke et Jolly Jumper quittent le Far West pour la Cité des Papes ce week-end à l’occasion de la 7e édition du Festival de la bande dessinée d’Avignon.

    « Vingt-cinq illustrateurs et auteurs de BD seront dans l’hôtel de ville avec pas moins de 10 000 visiteurs attendus ces samedi 29 et dimanche 30 novembre, de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h. Avec la volonté d’une édition apothéose », comme le confie la première magistrate (PS) d’Avignon, Cécile Helle. Parmi les artistes présents ce week-end, Achdé, illustrateur de Lucky Luke de 2004 à 2024, pour qui ce sera le dernier festival d’après les organisateurs. Ou encore Enrico Marini, qui signera exceptionnellement une trentaine d’œuvres pour l’événement, et Marc Bourgne, dessinateur de Michel Vaillant. « On a voulu mélanger tous les genres avec des auteurs qui ont permis à la BD d’exploser. Souvent, les gens ne connaissent pas directement les artistes mais connaissent les personnages », précise Frédéric Ranchin, président du Festival, qui se réjouit de l’entrée de l’événement dans les cinq plus gros rendez-vous du 9e art dans l’Hexagone. « Demandez au concierge de la mairie. Dès cinq heures du matin, les férus de BD, qu’on connaît tous au fil des éditions, sonnent pour être les premiers », sourit l’organisateur, qui attend entre 10 000 et 12 000 visiteurs tout au long du week-end.

    Taille humaine

    La taille et l’aspect plus humain et familial du Festival sont également mis en avant, avec « le choix de bien accueillir les dessinateurs et auteurs, qui est devenu notre marque de fabrique et c’est une satisfaction. Notamment avec le débat actuel autour du Festival d’Angoulême », lance Cécile Helle. « On avait beaucoup de demandes et on a dû faire des choix sur les auteurs car on n’a ni le budget, ni les structures pour pouvoir en accueillir plus. Cela montre bien qu’Avignon compte dans le milieu », poursuit Frédéric Ranchin. Et cela permet aussi aux librairies locales, qui tiendront aussi des stands, de faire le plein.

    L’entrée est gratuite lors des deux jours. Plus d’informations sur avignon.fr.

  • [On passe à table] Le flan pâtissier traditionnel à la vanille de Madagascar

    [On passe à table] Le flan pâtissier traditionnel à la vanille de Madagascar

    Douceur emblématique de l’établissement, le flan traditionnel à la vanille dans son plus simple appareil est l’une des spécialités de Pascal Guglielmi, ancien cheminot devenu pâtissier par passion et dont il vous partage la recette.

    Réaliser la pâte sablée

    Dans un batteur ou saladier mettez la farine, le sucre, le sel et votre beurre bien froid coupé en petits cubes. Puis au robot ou avec les mains – une activité ludique à faire avec les plus jeunes – réalisez ce que l’on appelle le sablage. Filmez la pâte au contact et faites reposer au frigo quelques heures ou au congélateur si vous voulez aller vite mais pas plus d’une demi-heure. Après le temps de repos, étalez la pâte sur quelques millimètres, et faites un cercle d’environ 26 cm pour qu’il puisse remplir un cercle ou un moule de 18 cm de diamètre. Foncez la pâte sablée pour enlever le surplus et ainsi avoir la quantité suffisante pour tapisser l’entièreté du moule ou cercle, bords compris. Placez au congélateur pendant au moins une heure. L’objectif étant que l’appareil à flan ne dégouline pas de partout quand vous allez le verser sur la pâte.

    Une onctueuse crème pâtissière

    Pendant ce temps, vient le moment de réaliser la crème pâtissière du flan. Dans une casserole versez un litre de lait entier ou demi-écrémé puis ajoutez deux gousses de vanille maximum. Faites chauffer à feu doux et dans un saladier à part, blanchissez les œufs et le sucre. Versez-y ensuite la maïzena qui permet à la crème de bien se tenir. Quand le lait est à ébullition sortez du feu, versez une partie du lait dans le mélange qui se trouve dans le saladier. Puis une fois que tout est homogène, versez ledit mélange dans la casserole sur le feu avec le lait restant, mettez de nouveau à feu doux et mélangez jusqu’à épaississement de la crème. Au sortir du feu, déposez un petit morceau de beurre.

    Sortez la pâte du congélateur et remplissez avec la crème pâtissière à l’aide d’une louche, vous pouvez lisser le tout avec une spatule. Enfournez le tout à 170° pendant une heure.

    Afin que le flan se tienne bien il vous faudra attendre le lendemain pour le déguster sinon avec la chaleur il risquerait de s’écrouler… Alors, on patiente et la dégustation n’en sera que meilleure ! Bon appétit.

    Les ingrédients

    Pour un flan il vous faudra :

    – 250g de farine

    – 125g de beurre froid

    – 260g de sucre en poudre

    – 5 œufs entiers

    – 1 pincée de sel et 2 gousses de vanille

    – 100g de maïzena

    – 1L de lait demi-écrémé ou entier

    Agathe L’hôte

  • [Grand entretien] Hugues Aufray : « Mon rôle, c’est celui de fraterniser »

    [Grand entretien] Hugues Aufray : « Mon rôle, c’est celui de fraterniser »

    La Marseillaise : Pourquoi le thème de la fraternité est-il au cœur d’un certain nombre de vos titres depuis 65 ans et le début de votre carrière ?

    Hugues Aufray : Si j’ai chanté ça, c’est que cela a toujours occupé la totalité de mon esprit. Pas en tant que chanteur mais en tant qu’être humain. Lorsque j’étais plus jeune, je voulais faire de la sculpture et je ne me destinais pas du tout à la chanson. Malgré tout, quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup chanter à l’église, en chorale car j’ai fait ma scolarité chez les curés, les Dominicains. Nous chantions alors énormément. On avait un professeur de musique qui nous transmettait cela d’une façon incroyable. Il s’appelait Monsieur Bach. C’était un descendant de Jean-Sébastien Bach qui tenait les orgues de l’école de Sorèze [commune du Tarn où il est élevé par sa mère pendant la guerre, jusqu’en 1945, Ndlr].

    L’amour de la musique vous est donc venu en même temps que la religion ?

    H.A. : Chez moi, la musique était liée au christianisme. Moi, je suis chrétien non pratiquant. Je suis agnostique. Je sais que les valeurs fondamentales de l’humanisme, on les retrouve dans le christianisme : la fraternité, la lutte contre le racisme… Après l’aspect négatif de la religion, c’est sa politisation. Ils ont mis de la politique dans les religions, aussi bien dans l’islam que le judaïsme et le christianisme. Mais, à l’origine, si ces religions sont différentes, elles ont quand même le point commun de ne croire qu’en un seul dieu, ce qui ne fait donc pour moi aucune différence entre elles.

    Votre répertoire est aussi marqué par le voyage. D’où provient-il ?

    H.A. : J’ai toujours eu envie de voyager mais je n’en avais pas les moyens quand j’étais jeune. C’était alors la guerre, l’avenir était sombre. Un peu plus tard, j’ai eu le rêve américain en tête. Je lisais des bouquins de Mark Twain et j’étais aussi attiré par leur amour pour la musique.

    Dans les années 1960, vous rencontrez d’ailleurs Bob Dylan et faites partie des premiers Français
    à adapter ses chansons, voire
    l’un des premiers à populariser
    dans l’Hexagone ce type de répertoire anglo-saxon…

    H.A. : À la base, j’ai traduit les chansons de Bob Dylan car je ne comprenais pas ce qu’il disait. Les gens ont souvent perçu cela comme de la facilité mais moi, quand j’étais jeune, je n’avais pas du tout l’intention d’écrire des chansons. Après, pour revenir à mon goût pour l’Amérique, il est aussi né car c’était à l’origine une terre d’immigrés qui y ont emmené avec eux leurs musiques respectives. La musique américaine est née de la plus grande migration de l’humanité : celle qui vient d’Afrique car il y a eu la déportation de tous ces malheureux, noirs, esclaves. Au contact des chrétiens et protestants qui y ont créé des temples, les noirs ont mis tout leur génie pour transformer ces musiques et en faire le blues, le gospel, puis le swing, le jazz… Une histoire d’héritage et de métissage.

    En 1966, à Paris, vous faites partie d’artistes qui chantent lors du premier concert français contre le racisme, devant Martin Luther King…

    H.A. : Oui j’ai chanté Les crayons de couleur [adaptation du titre What color (is a man), Ndlr]. J’ai eu l’occasion de lui parler un peu mais je ne pratiquais pas bien l’anglais. J’étais un enfant de nature dyslexique. J’ai eu beaucoup de difficultés lors de ma scolarité. Je n’ai commencé à lire couramment le français qu’à l’âge de 11 ans. Les premiers livres en anglais que j’ai lus, c’était Mark Twain, Le livre de la jungle de Rudyard Kipling… Lors du concert contre le racisme, les gens ont expliqué à Martin Luther King qui j’étais. J’avais déjà la trentaine. Moi, mon rôle, c’est de fraterniser. Et ce que je crois être juste, je le dis dans mes chansons.

    La fraternité et le voyage irriguent aussi et surtout, votre premier tube « Santiano », sorti en 1961. Une reprise d’un chant de marins irlandais, lui-même repris par la suite par
    les supporters de l’OM au
    stade Vélodrome («
     Hissez haut,
    les drapeaux
     »)…

    H.A. : Enfant, j’avais le rêve d’aller aux États-Unis, où la musique populaire était considérée et merveilleuse. Je m’en suis inspiré sans savoir que j’allais par la suite avoir tout ce succès. Mais, aujourd’hui, quand vous me dîtes qu’ils chantent Santiano pendant les matchs de l’OM, je pense que c’est cela ma réussite. Tout comme quand j’entends plein d’enfants chanter encore Hasta luego, Céline, Stewball et bien d’autres. Ça me touche. L’enfance, c’est quelque chose de capital. Et Santiano, c’est aussi un titre qui est chanté à chaque match par les supporters de l’équipe de rugby de La Rochelle.

  • Des passerelles festives entre les mondes avec Opéra Mundi

    Des passerelles festives entre les mondes avec Opéra Mundi

    Le premier temps fort de l’année, débuté vendredi soir et qui continue samedi, est l’occasion de participer à deux conférences et rencontrer trois grands chercheurs, ainsi que la projection de deux films d’animation sur la question centrale de l’alimentation.

    « Penser l’alimentation aujourd’hui » est l’intitulé du premier temps fort de cette 11e saison. Depuis 2015, l’association Opéra Mundi propose de nombreuses conférences sur un thème central, suivies des « apéros mundi ». « En déconstruisant l’espace, les gens se permettent de s’exprimer plus librement. On remarque que quand ils prennent la parole, ils parlent au nom de tous et non pas pour leur propre individualité », explique Cécile Arnold, cofondatrice de l’association, revenant sur la richesse des temps d’échanges entre le public et les intervenants. Durant ces deux jours, deux conférences et deux projections ont lieu, dont Patate et le jardin potager pour les enfants, en présence de maraîchers locaux. L’événement est d’ores et déjà complet. En février, s’ensuivra le festival Mundi, le cœur de chaque saison. Du 3 au 7 février, une conférence aura lieu chaque jour, avec la présence de chercheurs à portée nationale voire internationale de haut vol.

    Échanges et réciprocité

    Une « conférence, performance surprise », clôturera le festival lors d’une rencontre entre un chef cuisinier et un philosophe qui synthétiseront cette dense semaine, suivie par une « fiesta » pour danser sur un DJ set de Radio grenouille. Au printemps, le programme n’est pas encore dévoilé, mais le cofondateur d’Opéra Mundi, Éric Giraud, souhaite ouvrir de nouvelles perspectives à l’événement et étendre son rayonnement dans le Var. La ville de Toulon « se développe fortement au niveau de la culture » et sera probablement la prochaine destination de l’association explique-t-il, ajoutant son désir de revenir sur ces terres natales.

    L’approche d’Opéra Mundi se fonde sur la réciprocité. « On fait le choix d’inviter des orateurs capables de véhiculer une pensée forte avec des termes simples, sans pour autant vulgariser. » Cette pensée mouvante permet aussi aux experts de se confronter à la société, dans un milieu restreint où les discussions se font habituellement entre pairs. Tout cela permet aux chercheurs comme au public de « revenir à une simplicité dont chacun a besoin » conclut Cécile Arnold, pour encrer concrètement ces discussions dans les pratiques.

    Toutes les conférences et événements sont gratuits sur réservation sauf la fiesta Mundi.

    La Fabulerie, 10 bd Garibaldi, 13001 Marseille.

  • Enki Bilal : « La liberté de création est mon moteur »

    Enki Bilal : « La liberté de création est mon moteur »

    La Marseillaise : Comment résumer l’histoire de Bug pour un lecteur qui prendrait l’histoire en cours ?

    Enki Bilal : Il faut absolument commencer par le tome 1 ou alors on ne comprendra pas grand-chose ! Pour moi, c’est un travail sur de longues années, je vais vers quelque chose qui va avoir un véritable sens, un vrai questionnement sur l’état de la société mondiale, de nos dépendances au numérique avec l’arrivée de l’intelligence artificielle et sur l’état de notre mémoire. C’est un travail que je prends très au sérieux et qu’il faut lire dans la continuité. Là, ce nouveau tome est différent des trois premiers car simplement il met en situation le binarisme qui est la lutte du bien contre le mal avec le personnage principal qui est « possédé » par ce bug dont on saura qui il est et pourquoi il est là à la fin du 5 sur lequel je suis en train de travailler. Graphiquement, il est plus spectaculaire, je sors du récit classique pour entrer dans quelque chose de plus métaphysique.

    Vous abordez de front la question du numérique qui déshabille l’Homme de ses compétences ?

    E.B. : Oui, je me pose des questions sur ce futur qui arrive à une grande vitesse. L’intelligence artificielle, on savait que ça allait venir, que c’est un des grands sujets de l’évolution de l’humain, elle est là. Dans l’histoire, ce « bug » nous en prive par une entité extraterrestre, ça vient de l’espace et ça souligne notre dépendance à cet outil qui est par ailleurs exceptionnel. Je ne suis absolument pas contre le numérique et l’IA, ça fait partie de la grande aventure humaine mais on doit se poser la question de la régulation de tout ça. Ça me met dans une situation narrative et graphique intéressante.

    La question de la mémoire est un thème qui revient dans toute votre œuvre, comment l’abordez-vous à l’heure des réseaux sociaux et de la capacité d’attention qui diminue ?

    E.B. : Ça me rend triste mais personne ne peut rien faire contre ça. Peut-être que l’éducation, les parents peuvent dire « attention, ne deviens pas addict, il faut gérer »… Je pense que les nouvelles générations vont y arriver après une période d’addiction, qu’elles auront plus de recul et qu’elles sauront utiliser cet outil exceptionnel qu’est le numérique. Tout est chamboulé en ce moment, la politique, la géopolitique, et je pense que c’est lié à la vitesse du numérique qui nous prend de court car le cerveau humain a sa vitesse propre. J’aime les oxymores en général, mais l’intelligence artificielle est un oxymore, l’intelligence est par essence naturelle. Avec l’IA, on joue avec le feu mais l’on sait que l’on ne peut pas éviter le progrès. Le danger est que la mémoire vive des ordinateurs que l’Homme a inventés est en train de supplanter la mémoire vivante des cerveaux. Avec l’IA générative, on joue aussi avec le feu, mais il faut jouer, essayer, tester… l’IA peut faire gagner du temps, mais c’est dangereux car ça rend de plus en plus paresseux : le résultat est rapide, on est juste commanditaire et non plus l’exécutant ou l’artiste. Naîtront de nouvelles formes d’art, mais je continue de penser que la sensibilité, la sensualité et l’originalité proviennent principalement de l’humain.

    Vers quel type de final se dirige-t-on dans le tome 5 qui paraîtra dans deux ans ?

    E.B. : La seule chose que je peux dire, c’est que la forme du livre sera très différente des quatre premiers. Ce sera un livre plus épais, hybride, qui détonnera parce que le sujet est très important pour moi : un voyage à travers le temps et la mémoire de l’humain qui m’aura pris dix ans.

    Comment jugez-vous l’évolution de votre graphisme qui est toujours reconnaissable au premier regard ?

    E.B. : Je me sens libre, j’essaye de chercher et trouver la liberté, l’adéquation avec les thèmes que j’aborde. Dans ce quatrième volet, il y a plus de peintures, je ne sais pas si je fais encore partie de ce monde de la bande dessinée que je vois évoluer même si j’ai toujours une affection pour cet art. La liberté de création est mon moteur.

    Plusieurs scènes des tomes précédents de Bug se déroulent à Marseille, quel rapport avez-vous avec la ville ?

    E.B. : Je la trouve belle, j’adore ce rapport à la mer, à la Méditerranée qui est un peu le berceau de l’humanité même si ce n’est pas tout à fait exact sur le plan historique. Mais il y a cette ouverture sur l’Afrique du Nord, sur la Corse, des lumières magnifiques, les calanques… Tout ça est très, très beau. C’est une ville qui est en évolution, qui est en souffrance, une ville d’aujourd’hui qu’il faut essayer de maîtriser.

    On vous connaît aussi comme un amoureux du football, quel regard portez-vous sur ce sport aujourd’hui ?

    E.B. : L’OM a un très bon entraîneur qui réussit à créer une alchimie avec ses joueurs, tant mieux pour le championnat de France. J’aime toujours le football, je trouve très intéressant le football féminin parce qu’il a mois d’impact physique, moins de vitesse, de « violence »… Par contre, j’ai évidemment un regard un peu critique sur l’argent qui semble dominer tout, le triomphe du capitalisme avec des clubs constitués de joueurs qui n’ont rien à voir avec la ville, voire le pays. Je suis né en Yougoslavie où les clubs étaient vraiment où on était des autochtones, dans un football à l’ancienne.

    Bug, Tome 4, chez Casterman, 20 €

  • En Corse, la fragilité du requin-ange dans l’un de ses derniers refuges

    En Corse, la fragilité du requin-ange dans l’un de ses derniers refuges

    Il fut un temps où il était partout en Méditerranée et en Atlantique Nord. Il a même donné son nom à la « baie des anges », entre Nice et Antibes. Avec ses allures de raie et ses ailerons de requin, l’« ange de mer commun », ou requin-ange, a disparu de 90% de son aire de répartition historique en un siècle. Il ne subsiste que dans de rares endroits aux îles Canaries, en Croatie, en Grèce et en Libye, par exemple. Et en Corse : « Nous savions que cette population corse existait car les pêcheurs en remontent dans leurs filets, mais nous n’en savions pas plus, résume Nadia Faure, doctorante au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier qui publie une étude dans Ecology & Evolution sur cette population située entre Bastia et Solenzara. Il fallait mieux connaître cette espèce qui semble encore vivre en Corse pour aider à la préserver, car elle joue un rôle important dans l’écosystème marin ».

    Totalement inoffensif pour l’humain, le requin-ange se nourrit de petits poissons. Il vit au fond de l’eau, tapi sous le sol sableux et surgit au passage d’une proie. Et il est très discret : « Il est très difficile à observer, même en plongée », indique Nadia Faure. Hormis aux îles Canaries, où il est encore présent en assez grand nombre. Mais en Corse, personne ne sait combien ils sont. « Cela le rend mystérieux », glisse-t-elle.

    Consanguinité

    Avec l’aide de pêcheurs volontaires, elle et ses collègues ont collecté des échantillons de peau d’une centaine d’individus remontés dans les filets avant d’être relâchés. « L’analyse génomique indique qu’il s’agit d’une population peu nombreuse et très consanguine, probablement peu viable sur le long terme », résume Nadia Faure. Il s’agit en effet d’une même population génétique sur toute la côte Est de l’île. « C’est-à-dire qu’ils sont très proches génétiquement », précise la chercheuse. Et probablement plus proches qu’ils ne le seraient d’autres populations méditerranéennes avec qui il n’y a pas d’échange de gènes. « Car ils se déplacent peu, restent près des côtes et ne s’aventurent pas là où il y a du fond », ajoute-t-elle. De plus, sur la centaine de requins-anges séquencés, 35 paires d’individus présentaient un lien de parenté.

    Enfin, l’analyse génomique et des calculs théoriques ont permis d’estimer la « population effective », c’est-à-dire le nombre d’individus participant à la reproduction : ils seraient entre 209 et 453. « C’est très peu », commente Nadia Faure. Même au regard des individus que remontent les pêcheurs : certains parlent de centaines de requins-anges parfois pris dans les filets. « C’est difficile d’avoir un comptage exhaustif », ajoute la chercheuse. Peut-être sont-ils beaucoup plus. « Mais cette estimation basse d’individus reproducteurs témoigne d’une population mal en point », regrette-t-elle. D’où l’urgence d’imaginer des mesures pour en prendre soin.

  • Chou-fleur, purée de pois chiches et vinaigrette à la clémentine

    Chou-fleur, purée de pois chiches et vinaigrette à la clémentine

    C’est une recette végétale et gourmande que vous propose de préparer la cheffe Camille, au sein de son bistrot, Mauvaise Herbe. Une belle recette pour entrer dans l’hiver tout en gardant la chaleur des rayons de soleil que l’on retrouve dans la clémentine.

    Des saveurs ensoleillées

    Pour débuter la recette, enlever les feuilles et le tronc du chou-fleur. Gardez-les pour une recette future car oui, tout se mange dans le chou-fleur ! Enlevez les sommités à la main et déposez-les dans un plat. Arrosez d’huile d’olive, une belle pincée de sel, du poivre et au four pendant 20 minutes, à 170°.

    Pendant ce temps, vous pouvez préparer votre purée de pois chiches. Si les pois chiches sont en boîte, versez dans un mixeur, ajoutez le jus de citron et la gousse d’ail, commencez à mixer. Pendant que vous mixez, versez l’huile d’olive généreusement pour lier le tout et obtenir une belle pommade. Quand vous arrivez à la fin de cette étape, ajoutez les graines de coriandre en poudre, le sel et le poivre, à votre convenance. Repassez un petit coup au mixeur.

    Si les pois chiches sont frais (secs), mettez à tremper dans de l’eau froide, idéalement toute une nuit ou au moins deux heures, pour les faire gonfler, puis faites cuire deux heures à l’eau bouillante. Si vous les prenez secs, ce sera la première étape de votre recette. Pour la vinaigrette, épluchez les clémentines, mixez-les toutes ensemble et ne gardez que le jus, en passant la mixture au tamis. Vous pouvez garder les pulpes et, là aussi, ne rien gaspiller afin de les mettre dans une compote ou un cake, par exemple. Une fois que vous avez récupéré tout le jus, ajoutez de l’huile d’olive et fouettez le tout. Une pincée de sel et de poivre, puis réservez.

    Une assiette gourmande

    Pour le dressage, mettez une belle cuillerée de purée de pois chiches sur le fond de l’assiette en faisant un petit puits. Déposez sur le dessus vos fleurettes de chou-fleur qui auront doré. Enfin, une belle cuillère à soupe de vinaigrette sur le tout et autour de la purée de pois chiches. Un tour de moulin à poivre, une pincée de sel et vous pouvez ajouter quelques pousses fraîches comme Camille, sur le tout, pour apporter une saveur supplémentaire au plat. Bon appétit !

    Pour 2 personnes,
    il vous faudra :

    – Un chou-fleur

    – Une boîte
    de pois chiches

    – Un citron jaune

    – Une gousse d’ail

    – Quelques clémentines corses

    – Huile d’olive, sel, poivre et graines de coriandre en poudre

  • « Sur scène, tout vient du cœur »

    « Sur scène, tout vient du cœur »

    La Marseillaise : « 60 ans d’amour » est le nom de votre tournée, c’est aussi 60 ans de carrière. Que représentent pour vous toutes ces années ?

    Mireille Mathieu : Je n’y pense pas vraiment. Je le fête, en effet, mais je ne pense pas au fait que ça fait 60 ans que je fais ce métier. J’ai la chance de vivre de ma passion, donc j’en profite pleinement.

    C’est quoi, selon vous, le secret de votre longévité dans un monde, et notamment l’industrie musicale, qui va de plus en plus vite ?

    M.M. : C’est grâce au public que j’en suis là, d’abord. Mais aussi parce que je mène ma vie de manière très disciplinée. J’aime ça, j’ai besoin de ça et, chaque jour, je fais mes vocalises pour préserver ma voix. Je compare souvent mon métier à celui d’un sportif qui a besoin d’entraînement quotidien. C’est comme cela que je le conçois.

    Votre tournée s’accompagne du best-of « Mon Credo », sorti au début du mois d’octobre, dans laquelle il y a des inédits et des chansons rares. C’était important, pour vous, d’offrir
    de la nouveauté à votre public
     ?

    M.M. : C’est un triple CD, un objet collector qui est très beau à voir. On retrouve des chansons que le public aime, comme Mon Credo, qui est d’ailleurs la chanson de mes débuts écrite par mon premier chef d’orchestre, Paul Mauriat, un Marseillais qui a travaillé avec Aznavour et qui s’est occupé de moi, à mes débuts. J’interprète aussi des chansons allemandes en français et certaines qui, sur scène, marchent très bien, dont L’Amour en robe noire, qui est un hommage à Edith Piaf.

    à vos débuts, vous étiez d’ailleurs beaucoup comparée à Edith Piaf…

    M.M. : Oui, parce qu’à mes débuts dans « Le Jeu de la Chance », c’est là que j’ai été découverte d’ailleurs, je n’interprétais que des chansons d’Edith Piaf puisque je n’avais pas encore de répertoire. Ce n’est qu’après qu’on m’a habillée sur mesure.

    Vous avez deux dates à Avignon, votre ville natale. Que signifie pour vous ce retour devant un public qui vous a vu naître ?

    M.M. : C’est incroyable, ça fait plus de 11 ans que je ne me suis pas produite à Avignon ! C’est un moment qui sera pour moi une immense émotion. La dernière fois, ma maman, qui était encore de ce monde, était là et je sais que cette fois-ci, l’émotion sera très intense. Je suis également ravie et très honorée de revenir à Marseille, après toutes ces années. Sans compter que le journal La Marseillaise m’a accueilli à mes débuts. J’ai été la marraine de l’une des fêtes de La Marseillaise et je n’en garde que de bons et beaux souvenirs.

    Vous êtes connue dans le monde entier, chantez en 12 langues… Quel regard portez-vous sur la situation géopolitique actuelle ?

    M.M. : Le monde, actuellement, est en ébullition… Pour mes dates à l’Olympia, le public a repris avec moi Mille Colombes, parce que c’est un message de paix et d’espoir dont nous avons tous besoin et j’espère qu’à Marseille ce sera pareil et qu’on pourra casser la Canebière avec nos voix (rires).

    Justement, « Mille Colombes » est sortie en 1977, le couplet sur la guerre résonne encore de nos jours. Pensez-vous qu’elle est plus que jamais d’actualité ?

    M.M. : évidemment qu’elle est encore d’actualité ! C’est terrible ce qu’il se passe dans le monde, il y a des guerres de partout. C’est une chanson merveilleuse, dont le texte est simple, vrai. Tout le monde se sent concerné, touché par cette chanson.

    La situation politique en France est également très compliquée…

    M.M. : Ce n’est pas possible ce qu’il se passe en France, Vous vous rendez compte que des enfants dorment dans la rue, ils n’ont rien à manger, ils n’ont pas d’abri, rien ! Tout ça dans le pays de la liberté, dans notre beau pays, qui a un savoir-faire extraordinaire. C’est dommage que nous en soyons arrivés là.

    Vous avez reçu de nombreuses distinctions de chefs d’État, vous avez rencontré le Pape Jean-Paul II, vous faites partie du patrimoine et de l’histoire de France… Vous vous attendiez à ça, à vos débuts ?

    M.M. : Ah ça non ! On ne peut pas s’attendre à une si grande notoriété, mais je dois dire que la personne qui m’a le plus impressionnée, dans ma carrière, c’est le Pape Jean-Paul II. Quand j’ai commencé, mon manager Johnny Stark, à qui je dois tout, m’avait dit que ce serait difficile. Je le savais, mais je ne pensais pas que ça le serait autant. C’est une telle rigueur, mais j’ai la chance de vivre en faisant ce que j’aime et ce n’est pas le cas de tout le monde, alors j’en suis très reconnaissante. Sur scène, tout vient du cœur, je n’ai ni prompteur, ni oreillette, je pense que c’est avant tout le regard qui est le reflet de l’âme et c’est ce que je souhaite partager avec le plus grand nombre.

  • Un Noël martégal artisanal et gastronomique

    Un Noël martégal artisanal et gastronomique

    Voilà quarante ans que le Noël artisanal de Martigues célèbre les artisans locaux, mais aussi d’ailleurs. À l’occasion de cet anniversaire, la Ville organise une célébration tournée vers la gastronomie durant les heures d’ouverture du salon, ce week-end.

    « Pour les 40 ans, on a décidé de mettre en avant des chefs cuisiniers de différents horizons », indiquait Jean-Claude Annaloro, le 7 novembre dernier, lors de la conférence de presse de présentation. « On va monter une scène, filmer et retransmettre leur conférence sur écran géant. C’est une première pour le salon », exultait-il.

    Quatre chefs sont attendus pour cet événement, ce samedi 15 novembre, parmi lesquels Ludovic Bicchierai, maître artisan pizzaiolo et champion du monde de pizza à Parme en Italie, qui performera de 16h à 17h30. Mais aussi Fabien Morreale, chef martégal finaliste de Top Chef 2013 de 18h à 19h30, et le binôme Vanessa Robuschi et Adel Dakkar, tous deux Marseillais et anciens candidats de Top Chef, le dimanche de 15h30 à 17h30.

    « Je veux rendre
    la cuisine accessible »

    Le chef Fabien Morreale est connu pour être le propriétaire de trois restaurants à Martigues, le gastronomique Le Garage, le bistro italien Le Gusto et Maison Gailliard, spécialisé dans les hamburgers.

    Ce samedi, Fabien Morreale présentera « une recette populaire de foie gras cuit au sel, ultra simple et impossible à louper », promet le chef. Il ajoute : « Je vais faire un truc un peu plus compliqué, une garniture de légumes sucrée, avec du panais, des topinambours et du céleri très fin ».

    « Je veux rendre la cuisine accessible, la démocratiser », argumente Fabien Morreale. Particulièrement « dans la période où tout le monde cuisine énormément, il faut proposer des choses simples et enlever les termes culinaires qui demandent à ouvrir le dictionnaire », ironise-t-il.

    Pour le chef martégal, le Noël artisanal est « l’occasion d’essayer et faire découvrir de nouvelles choses » au public, dans la mesure où « quand on parle de foie gras éveiné de ma recette, il y a des producteurs du Sud-ouest qui en vendent » dans le salon.

    De quoi s’inspirer tout comme se perfectionner au même endroit.

    Samedi 15 de 10h à 22h30 ; dimanche 16 de 10h à 19h, à la Halle de Martigues. Entrée 4 euros, gratuit aux -13 ans.

  • Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Il y a 10 ans, la France est victime du plus important attentat terroriste de son histoire. Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes dans plusieurs attaques simultanées revendiquées par l’organisation état Islamique. Mais, si le temps referme les plaies, les cicatrices sont toujours visibles. à Paris et dans d’autres villes en France, des commémorations s’organisent, en hommage aux victimes et en soutien aux survivants.

    Tout commence par une détonation, entendue en direct lors du match France-Allemagne, le 13 novembre 2015 à 21h16, au Stade de France. Puis, une deuxième quelques minutes après. Ce que le public du match ignore encore, c’est que ce sont deux terroristes qui, ayant échoué à pénétrer à l’intérieur du stade, se sont fait exploser devant l’enceinte. Un troisième islamiste se fait exploser une demi-heure plus tard. Le coup d’envoi d’une nuit macabre.

    Dix minutes plus tard, c’est en plein cœur de Paris que trois autres terroristes ouvrent le feu. Ils visent des terrasses de café, bar ou restaurant dans les quartiers animés des 10e et 11e arrondissement de Paris, tuant 39 personnes. À 21h40, le dernier commando, composé de trois terroristes, pénètre le Bataclan, où se déroule un concert, en tirant dans la foule. Jusqu’à 00h58, le public vit un calvaire dans l’enceinte de cette salle de spectacle parisienne. 90 personnes perdent la vie dans cette attaque commanditée par l’état Islamique. Une soirée de chaos qui laisse de nombreux traumatismes aux rescapés : deux se sont suicidé plusieurs années après, faisant monter le nombre de victimes de ces attaques à 132 morts.

    Des commémorations partout en France

    Une nuit macabre qui a marqué la France entière, par son bilan meurtrier et la multitude des attaques. Une décennie plus tard, la France se recueille et rend hommage à toutes ses victimes. Des commémorations qui ont débuté ce week-end, avec de nombreuses bougies, mots ou fleurs déposées aux pieds de la statue de la place de la République, à Paris. Ce jeudi, le président de la République visitera chaque lieu visé lors de ces attaques, en commençant par le Stade de France à Saint-Denis, puis les bars attaqués et enfin le Bataclan. Des minutes de silence seront observées devant chaque plaque commémorative.

    à 18h, une cérémonie d’hommage aura lieu dans le nouveau jardin du souvenir pour les victimes du 13 novembre 2015, inauguré le jour même à Paris et retransmis en direct sur France 2. Plusieurs discours sont attendus, dont celui d’Emmanuel Macron, mais également de Philippe Duperron et Arthur Dénouveaux, respectivement présidents des associations 13onze15 et Life for Paris. Nombre d’autres villes se joignent à cet hommage national comme Martigues, Avignon ou Aix.

    Justice restaurative

    pour les terroristes ?

    Quelques jours avant cette journée, le dernier terroriste de ces attentats en vie, Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible, a annoncé, par le biais de son avocate Me Olivia Ronen, lors d’une interview à France info, vouloir rencontrer et échanger avec les familles des victimes. Sur X, le président de l’association de victimes Life for Paris, répond à cette proposition : « La justice restaurative, plusieurs victimes des attentats s’y intéressent. » Le directeur de Charlie Hebdo, Riss, dénonce quant à lui une technique perverse du terroriste pour faire de ces attaques des crimes comme les autres. Lundi, la directrice générale de la sécurité intérieure Céline Berthon a affirmé que Salah Abdeslam, toujours « radicalisé ».

    Introduite en 2014 par la loi Taubira, la justice restaurative n’a encore jamais été expérimentée en France dans le cadre d’attaques terroristes. Elle permet à des auteurs de crime ou de délit, qui reconnaissent les faits et qui sont volontaires, de rencontrer leurs victimes ou celles d’autres affaires similaires, pour « trouver l’apaisement par le dialogue », précise le site du ministère de la Justice.

    Les rendez-vous

    Avignon

    À 18h, la municipalité organise sur le parvis de l’hôtel de ville un rassemblement où ceux qui le désirent pourront déposer une bougie.

    Aix-en-Provence

    La mairie organise une minute de silence à 12h sur la place de l’hôtel de ville, pour les victimes.

    Martigues

    La Ville organise un rassemblement à 17h30 dans le hall de l’hôtel de ville pour s’unir aux hommages nationaux.

    Marseille

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département et de la Métropole, rendra hommage aux victimes sur le parvis de la gare Saint Charles, à 14h15.