Tag: week-end

  • Ces jeunes-là ne sont pas invisibles. Et ils chantent « Bella Ciao ! »

    Ces jeunes-là ne sont pas invisibles. Et ils chantent « Bella Ciao ! »

    En Italie, le 25 avril marque la célébration de la libération du nazisme et du fascisme. La fin d’une dictature, le point de départ de la démocratie. Ce jour-là, il y a quatre-vingt-un ans, furent posés les fondements historiques de la Constitution.

    Cette année, le 25 avril revêt une signification particulière. Car, avec le référendum sur la justice du 23 mars, les Italiens furent, de fait, appelés à défendre les valeurs de la Charte constitutionnelle. Supprimer certaines dispositions aurait porté atteinte à certains des principes fondamentaux du droit qui régit notre démocratie.

    Contre toute attente, 58,9% des Italiens se sont rendus aux urnes. 53% ont rejeté la réforme.

    Mais le revirement spectaculaire ne résidait pas seulement dans la victoire du Non. C’était aussi le fait que 61% des jeunes de 18 à 34 ans aient voté « non ».

    Un chiffre frappant, inattendu, inimaginable. Il a soulevé de nombreuses questions, tant à droite qu’à gauche. Et un coup dur pour Giorgia Meloni et sa coalition. Car ces jeunes qu’elle imaginait hypnotisés par leurs écrans de téléphone portable, donc influençables et soumis, se sont mobilisés pour défendre la liberté.

    Où étaient-ils cachés ? se demandaient Giorgia Meloni et Elly Schlein, secrétaire du Parti démocrate. Sans oublier les analystes de la société italienne qui les imaginaient survivre péniblement, dans leur situation précaire, pour un salaire de misère.

    Pourtant, un signe était là. Lors des grandes manifestations pour Gaza en octobre dernier, qui ont rassemblé deux millions de personnes dans les rues, on a remarqué une forte présence des moins de 30 ans.

    Les jeunes sont donc là. Invisibles en politique, mais présents dans le grand chœur italien qui n’a pas oublié les accents de Bella Ciao !

    « Les jeunes nous ont sauvés ! », ont commenté de nombreux partisans du Non.

    Il s’agit maintenant d’aller de l’avant. D’élaborer des propositions politiques pour reconquérir ces énergies, qui ont prouvé qu’elles étaient loin d’être indifférentes.

    La droite tente de rectifier le tir en revoyant certaines positions qui se sont révélées contre-productives, à commencer par son soutien au trumpisme.

    La gauche commet la grave erreur de se poser la question des candidatures futures, sans saisir pleinement le message qui, grâce à l’appel du syndicaliste Maurizio Landini, est émané de la grande marche pour Gaza, où la jeunesse « invisible » s’est manifestée pour la première fois.

    Dans cette Italie, outragée par Trump, qui insulte même le Pape, et qui paie et paiera le prix de certaines amitiés malheureuses, pouvons-nous renouer avec le débat politique ? Et surtout, nous adresser aux jeunes ?

    Le 25 avril sera une nouvelle occasion cruciale de le comprendre. Ces événements surviennent alors que Giorgia Meloni rencontre Edi Rama, le Premier ministre albanais, pour renforcer la coopération en matière d’immigration et d’infrastructures. Alors que les centres de détention en Albanie demeurent un échec coûteux et illégal, dénoncé par les manifestations et les tribunaux. Alors que le pays, chiffres à l’appui, est englué dans une pauvreté qui touche également la classe moyenne. Alors que les 18% de jeunes ni en études ni en emploi représentent le deuxième taux le plus élevé d’Europe, cela souligne une crise profonde.

    C’est pourquoi le 25 avril ne sera pas seulement le Jour de la Libération. Ce sera aussi un jour de résistance qui, après 81 ans, est nécessaire pour défendre les valeurs de paix et de liberté. Un acte indispensable dans un monde devenu fou, où seuls ces jeunes, privés même du droit de rêver, peuvent nous sauver.

  • L’A7 fermée au nord de Marseille ce week-end

    L’A7 fermée au nord de Marseille ce week-end

    Cette interruption exceptionnelle de la circulation, durant 36 heures sur cette portion, vise à permettre des travaux lourds sur deux ouvrages de franchissement situés chemin des Bourrely et chemin de l’Hermitage, au nord de Marseille. Selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, des diagnostics techniques ont mis au jour des dégradations structurelles importantes : fissures traversantes des poutres, éclats de béton, armatures apparentes et affaiblissement de la capacité portante des tabliers. En l’absence d’intervention, la sécurité des usagers pourrait être compromise.

    Trafic redirigé

    L’opération est pilotée par la Métropole Aix-Marseille‑Provence, en coordination avec la Direction interdépartementale des routes Méditerranée (Dirmed). Elle s’inscrit dans le cadre d’un chantier dit « coup de poing », concentré sur un week-end afin de « réduire la durée globale des perturbations sur cet axe stratégique ».

    Durant la fermeture, le trafic de transit sera prioritairement redirigé vers les autoroutes A55 et A50 afin de contourner Marseille sans emprunter l’A7. Les autorités appellent les usagers à anticiper leurs déplacements, à différer les trajets non indispensables et à privilégier les transports en commun, en particulier le train. Les conditions de circulation seront relayées en temps réel sur Radio Vinci Autoroutes (107.7) et via la signalisation dynamique.

    Un second week-end de fermeture, sur le même périmètre, est d’ores et déjà prévu du 12 au 14 juin prochain.

  • [Afecioun] Dantès finit sa carrière en beauté à Fourques

    [Afecioun] Dantès finit sa carrière en beauté à Fourques

    Temps d’automne au menu cet après-midi mais l’équipe blanche et les cocardiers du jour ont su, par moment, nous réchauffer le cœur. 12 hommes en piste et l’équilibre parfait (droitiers : Champetier, Chevalier, Djelassi, K. Laouazi – gauchers : Allam, D. Boualam, Orcel, Zelphati – tourneurs : Gleize, Levy, Oleskevich, Rado), nous ont offert une ambiance agréable et au final du travail régulier en cette 1ere journée des Trophées 2026. Après les deux courses du week-end, Laouazi et Zelphati finissent à égalité avec 18 pts chacun et se partagent le prix du jour.

    En 1ere partie, on notera le sérieux de Colvert, puis la belle détermination de Viseu qui remplace Estrechoun blessé. Pour la 2e partie, Dantès le vétéran de l’après-midi pour sa dernière course nous propose un quart d’heure appliqué et se montre de plus en plus rigoureux, lui permettant d’être élu meilleur cocardier. Toscan confirme ses belles dispositions, son moral et le rythme intense qu’il impose.

    Vif, Colvert (621) du Pantaï subit un travail brouillon qui fait envoler ses bijoux en 2 min. Moins de pression, le noir cherche sa place et quand il est sollicité, il sait répliquer en force et jouer le jeu mais les hommes ne mettent pas assez de rythme et les ficelles finissent à la case avec les honneurs.

    Un temps dissipé, Marquis (839) d’Allard s’assagit pour se poser et attendre des partenaires. Trouvé, il sait répondre avec conviction et défendre ses attributs. Le pompon gauche monté sur la corne pose problème mais le noir reste féroce, il est pour Allam à la 12e min. Trop court pour les bobines qui rentrent.

    D’entrée, Viseu (626) de JC Blanc surprend Allam et après quelques passes où sa concentration met en difficulté les blancs, il est déstabilisé en fin de 2e min et rend ses breloques. Il se prête bien au jeu des séries qui plaît à Carmen. Sous pression, il résiste avec détermination mais cède sa 1ere pelote à Zelphati à la 10e min et la 2e une min plus tard pour Laouazi. Musique à son retour.

    De Rognonas en 2015 à Fourques aujourd’hui, F. Clarey, le Président de course, nous conte la longue carrière de Dantès (102) de Fournier avant la trompette lançant son dernier quart d’heure en piste. Dans des vire-vire déterminés il distribue ses fruits en 3 min. Son expérience le fait poser devant le toril et attendre, ses ripostes sérieuses repoussent fort le blanc dans les bois, basculant derrière Chevalier. A la 7e min Laouazi racle la 1re ficelle. À la 11e min il oblige Allam à se coucher devant lui, sans mal, puis enferme Chevalier. Il sauve ainsi la 2e avec Carmen.

    Rapide, vif, Toscan (741) de Gillet se livre mais plus fort que les blancs, il réplique avec puissance, poursuivant jusqu’aux planches le crochet. Les tours de disque se multiplient, les attributs tiennent, les attaques fusent, 10 min pour finir le glanage. Peu d’amateurs pour la suite et les bobines finissent facilement aux pieds des Alpilles avec Carmen.

    11 longues min pour un 1er raset et la cocarde après une dizaine de sauts dans la zone de hors-jeu, de longues visites de la piste, arpentée dans tous les sens, puis Danty (988) de Méjanes rentre à la case.

    Course du dimanche 12 avril

    Trophée de l’Avenir : K. Laouazi (11), Champetier (6 pts)

    Trophée Honneur : Allam (11), Zelphati (10), D. Boualam (2), Chevalier (2)

  • Au bar l’Antre des jeux de Gap, les soirées coinche font carton plein

    Au bar l’Antre des jeux de Gap, les soirées coinche font carton plein

    Ce lundi soir à l’Antre des jeux, rue Notre Dame, les cartes glissent sur la dizaine de tables mises en place pour l’occasion. Sur chacune d’entre elles, deux binômes s’affrontent à la coinche, variante de la belote. Depuis 2022, le succès de ces soirées gérées par des bénévoles sans structure formelle ne se dément pas. Ce soir, Pierrette et Bernard, couple de retraités, sont venus pour la première fois. « C’est mieux que de rester chez soi devant sa télé, c’est l’occasion de jouer et de voir du monde, savoure ce dernier. Et puis on habite en centre-ville, on peut facilement venir… – Même si ce n’était pas le cas je t’y traînerai ! »,réplique Pierrette. Pour elle, c’est « vital » de sortir et de « voir de nouvelles têtes, de tout âge ». D’ordinaire, elle joue en ligne mais « c’est beaucoup plus impersonnel et il n’y a pas de discussions », explique-t-elle.

    Face au couple, Pierre est venu avec son binôme, Antoine, tous deux trentenaires. Après avoir fait connaissance, la partie démarre. « À la base j’étais venu jouer aux échecs une fois quand je suis arrivé à Gap, et, maintenant je viens à chaque soirée coinche et à l’Antre des jeux une à deux fois par semaine, explique-t-il. Je pourrais jouer à la maison, mais venir ici, ça aide les commerces du centre-ville, ça permet de garder la ville dynamique et puis, à force, on reconnaît des têtes. »

    Une activité chaque soir

    Pour l’Antre des jeux, le bar à jeux de société qui accueille une soirée coinche par mois, cela permet aussi de développer une clientèle fidèle, qui cherche plus qu’un bar classique. « On attire beaucoup une communauté de trentenaires qui veulent sortir sans craquer leur PEL, explique Joris, responsable du bar. Il n’y a pas tant d’endroits que ça où sortir alors on voit bien qu’on reçoit des clients qui veulent un peu se sentir à la maison. »

    Entre les soirées de découverte de jeux de société le mardi et le jeudi soir, les tournois de cartes à collectionner le week-end, les soirées des collectifs de jeu de rôle et la coinche, le bar, ouvert en 2023, a réussi à se créer un petit écosystème de groupes plus ou moins formels qui l’animent. « Concrètement, il n’y a pas un soir où il ne se passe rien », explique Joris. Un deal gagnant-gagnant qui se poursuit. Après un une soirée au bar le Pop Culture le mercredi 6 mai, les joueurs reviendront à l’Antre des jeux le lundi suivant, à 19h, comme toujours.

  • [Le coin de la BD] Foot féminin et foot révolutionnaire et banni en Angleterre

    [Le coin de la BD] Foot féminin et foot révolutionnaire et banni en Angleterre

    Vingt-trois mars 1920. Le match opposant les Newton au Stone Hills Ladies s’annonce légendaire avec 60 000 spectateurs dans le stade de Liverpool. Il est l’aboutissement de l’enthousiasme né dans les années précédents autour du football féminin, symbole de l’émancipation des femmes par le sport dans l’Angleterre de l’après Première Guerre mondiale mais aussi de l’importance alors du mouvement ouvrier dans ce sport au départ aristocratique. Tout commence dans le Royaume-Uni de 1915 quand Katie, Linda et Emily se sont substituées dans l’usine aux hommes sur le front en France. Elles les ont remplacés au point de jouer comme eux au football durant les pauses, et même d’y jouer très bien. Julie Billault et Sébastien Piquet racontent comment de simple passe-temps, le football va devenir leur activité principale, leur notoriété se développant match après match, d’abord pour soutenir l’effort de guerre, puis les grévistes de l’après-guerre. Mais le retour de bâton sera violent : les hommes étant de retour et la fièvre révolutionnaire inquiétant le pouvoir, les autorités décident en 1921 un « ban » qui interdit aux femmes de pratiquer le football ainsi que toute compétition féminine. Une interdiction qui perdurera jusqu’en 1971. Pourtant, ces sportives féministes vont réussir à contourner ces interdictions via des tournées à l’étranger. Une superbe fiction inspirée de faits réels indispensables pour les amateurs éclairés de football.

    L’affaire des hommes disparus

    À la croisée du Club des cinq et de la culture Pulp, bienvenue à Hobtown, village de 2 006 habitants situé en Nouvelle-Écosse, au Canada anglophone, où Kris Bertin et Alexander Forbes situent leur triptyque Les mystères de Hobtown dont voici le premier volume. Car oui, il s’en passe des événements étranges à Hobtown, heureusement le club de détectives des lycéens est là pour mener l’enquête sur d’étranges disparitions et découvrir que même dans un petit bourg les faux-semblants sont nombreux. Une BD aussi palpitante que pleine de charme et de rebondissements.

    Chez Delcourt, 29,95€

    Matisse, le rêve absolu

    Jörg Mailliet et Julie Birmant évoquent à travers un graphisme inspiré un large pan de l’existence du peintre, de ses débuts difficiles jusqu’à la reconnaissance internationale à près de 40 ans, mais aussi de sa vie privée tiraillée entre son épouse et son modèle russe Lydia. Matisse y est peint comme un artiste en plein doute, rongé par l’angoisse et cherchant en permanence à explorer de nouvelles voies jusqu’à devenir un maître incontesté de l’art du XXe siècle sur lequel le Grand Palais à Paris organise une exposition-évènement jusqu’au 2 août.

    Chez Les Arènes BD, 24€

    Du pied gauche

    Dessinateur de presse originaire de la Drôme, Lara a suivi les élections présidentielles à gauche mais aussi la campagne des législatives après la dissolution qui aboutira à la constitution du Nouveau Front populaire. Mêlant aux espoirs et désillusions politiques de cet homme de gauche les drames familiaux qui le touchent, il livre une excellente chronique de la vie politique et de la gauche qui ne parvient plus à s’entendre. Un regard informé sur tout le spectre allant des écologistes à LFI en passant par les communistes et les socialistes.

    Chez Charivari, 21,50€

    Marcel Bascoulard

    Clochard magnifique et artiste de génie, marginal et travesti, Marcel Bascoulard a marqué la ville de Bourges jusqu’à son sordide assassinat crapuleux en 1978. Frantz Duchazeau rend un magnifique hommage en noir et blanc à ce virtuose du dessin, permettant de le redécouvrir ou tout simplement de le découvrir. Une belle biographie de cet artiste inclassable qui avait décidé de vivre et produire selon ses propres lois, pourtant soutenu par certains commerçants chez qui il échangeait des dessins contre de la nourriture.

    Chez Sarbacane, 25€

    Chagrin

    Rodolphe et Griffo s’inspirent du célébrissime « La peau de chagrin » d’Honoré de Balzac pour plonger leur lecteur dans le Paris des romantiques de ce début du XIXe siècle où aurait vécu le héros qui aurait inspiré le roman. Raphaël de Valentin, un jeune noble ruiné erre en quête d’un peu d’amour, de bonheur et d’argent ! Au bord du suicide, il entre dans une boutique d’antiquités, espérant y trouver quelque chose susceptible de le distraire. Un vieil homme mystérieux, lui montre un objet étrange : une peau… Et tout ira mieux. Ou pas !

    Chez Delcourt, 24€

    Woodstock 69

    Sous-titrée « Le concert du siècle », cette BD de José Luis Munuera et Kid Toussaint en met plein les yeux et plein les oreilles si on suit la bande-son de ce concert de légende de 1969. Il n’a d’ailleurs pas eu lieu à Woodstock, mais à Bethel, à 100 kilomètres de là. Rien n’était prêt pour la marée humaine qui y déferle : pénurie de nourriture et d’eau, toilettes impraticables, pluies diluviennes, état d’urgence déclaré… Et pourtant ce fut un festival qui marqua l’histoire pour un demi-million de jeunes. Voici l’odyssée de quelques-uns d’entre eux.

    Chez Le Lombard, 21,95€

  • [Chronique des invisibles] Commencer à voir autrement

    [Chronique des invisibles] Commencer à voir autrement

    Ce n’est pas un simple vendeur de lunettes. Ce raccourci, si courant, fait sourire Nikita, opticien depuis dix ans. Lui sait qu’entre un visage et une paire de verres, il y a tout un monde : celui de la précision, de la patience, du savoir-faire.

    Son métier commence bien avant l’achat. Il écoute, observe, mesure, ajuste. Le regard, c’est une mécanique délicate : il faut comprendre les besoins visuels, mais aussi la personnalité de celui qui portera la monture.

    Les chiffres d’une ordonnance ne suffisent pas ; il faut deviner ce que les yeux disent de plus intime.

    L’opticien manipule la lumière, la matière et l’esthétique. Il connaît les verres comme un luthier connaît ses cordes : avec respect et exigence.

    Il veille à ce que la monture épouse le visage, que le poids se répartisse sans douleur, que le champ visuel reste limpide. Derrière le geste apparemment banal de glisser des lunettes sur un nez se cache une véritable orchestration de science et d’artisanat.

    Nikita aime son métier jusqu’à l’enseigner deux jours par semaine à Marseille.

    Il réconcilie l’œil et le monde, corrige les flous, apaise les gênes. Mais il fait davantage : il aide à se retrouver soi-même.

    Une monture bien choisie, c’est un visage qui assume, un regard qui s’ouvre, une identité qui s’affirme.

    Peu de gens imaginent tout ce qui se joue dans ce petit espace lumineux de la boutique : la machine qui taille les verres au quart de millimètre, les ajustements répétés, les essais, les échanges sur la couleur, la forme, l’équilibre. Tout cela pour que, un matin, un client lève les yeux et voie enfin distinctement la rame du tramway, le détail d’un nuage ou le sourire lointain d’un proche.

    « Être opticien, explique Nikita, c’est offrir à chacun sa mise au point. »

    Et parfois, à force d’aider les autres à mieux voir, il se plaît à penser que son métier enseigne plus encore : que la clarté du monde dépend aussi du regard que nous portons sur lui. Car apprendre à bien voir, c’est déjà commencer à voir autrement.

  • [Entretien] Harrison Agrusa : « La mission MMX est la première dédiée à observer les lunes de Mars »

    [Entretien] Harrison Agrusa : « La mission MMX est la première dédiée à observer les lunes de Mars »

    La Marseillaise : Vous participez à la mission Martian Moons Exploration (MMX) qui devrait partir cette année. Quel est l’objectif ?

    Harrison Agrusa : Le but principal est d’étudier comment se sont formées les deux lunes de Mars : Phobos et Déimos. Elles restent très peu explorées. Certaines missions martiennes sont passées à proximité et ont offert de belles images. Mais c’est tout ce que nous avons. Aucune mission n’a jamais été lancée spécialement pour les étudier. MMX est la première.

    Comment se seraient-elles formées ?

    H.A. : Il pourrait s’agir d’astéroïdes « capturés » par Mars : alors qu’ils passaient à proximité, la planète les aurait attirés suffisamment pour les faire entrer en orbite autour d’elle. Je n’y crois pas. Il est peu probable que deux astéroïdes capturés au hasard aient des orbites circulaires et dans le même plan comme Phobos et Déimos. Il est plus probable qu’elles se soient formées à partir d’un disque de débris rocheux issus d’un impact avec Mars.

    La dislocation de Phobos simulée dans votre étude pourrait générer un nouveau disque de débris
    à partir duquel elle pourrait se reformer…

    H.A. : Tout à fait. Il pourrait s’agir d’un phénomène cyclique. Phobos serait alors une énième génération de lune. Mais chaque génération serait plus petite que la précédente en raison d’une perte de matière à chaque fois. Il arriverait un moment où la lune serait si petite que les forces de marée exercées par Mars deviendraient trop faibles, la réduction de l’orbite trop lente et les dislocations successives s’arrêteraient.

  • [Sciences] Comment Mars va perdre une de ses lunes

    [Sciences] Comment Mars va perdre une de ses lunes

    Le cas de Phobos est sans espoir. Ses jours sont comptés. En effet, la manière avec laquelle la plus grosse lune de Mars orbite autour de la planète rouge fait que celle-ci l’attire inexorablement. Phobos finira pas s’y écraser ou par être disloquée par les forces de marée exercées par la planète. « La question qui subsiste est quand et comment cette fin aura lieu », souligne Harrison Agrusa, post-doctorant du Centre national d’études spatiales au Laboratoire Lagrange de l’Observatoire de la Côte d’Azur. Avec son collègue Patrick Michel, du même laboratoire, il montre dans un article d’Astronomy & Astrophysics que cette fin pourrait intervenir plus tôt que prévu : dès que son orbite aura atteint 7 500 kilomètres (km) par rapport au centre de Mars, soit 2,2 rayons martiens, contre 9 000 km aujourd’hui. Les précédentes études envisageaient plutôt ce destin fatal vers 1,6 rayon martien.

    Mais ce n’est pas tout : la destruction pourrait ne pas se produire exactement comme les modèles le prédisaient. « Ils misaient principalement sur les forces de marée », résume Harrison Agrusa. La lune finirait par se disloquer sous l’effet des déformations provoquées par l’attraction de Mars. Mais Phobos pourrait bien s’autodétruire : à une certaine distance de Mars, les forces qui s’exercent sur la lune permettraient à des roches de s’échapper. Elles s’éloigneraient alors de Phobos tout en restant sur la même orbite et finiraient un jour par la recroiser et l’impacter, éjectant de nouveaux rochers. « Cela créerait un effet en cascade entraînant la destruction de Phobos par elle-même », décrit le chercheur.

    Amas de roches

    Ce nouveau destin probable de Phobos est le fruit de nouvelles simulations numériques prenant en compte ce que l’on a appris des missions spatiales vers des astéroïdes : ceux-ci ne sont pas faits d’un seul bloc monolithique mais d’un amas de rochers sans grande cohésion. « Ces vingt dernières années, il y a eu un renversement dans la manière de voir les astéroïdes, admet Harrison Agrusa. Nous nous sommes rendu compte qu’ils étaient moins solides que nous le pensions. »

    Mais Phobos est un satellite naturel, comme notre Lune. Pourquoi aurait-il une structure semblable à celle d’un astéroïde ? « Il s’est probablement formé à partir d’un anneau de petits rochers gravitant autour de Mars, explique Harrison Agrusa. Dans ce cas, je ne vois pas pourquoi il formerait un bloc solide et monolithique. »

    Pour trancher, il faudra attendre la mission japonaise Martian Moons Exploration dont le départ est prévu cette année. En allant observer Phobos, elle offrira des images d’une résolution inégalée et des mesures inédites. Il est même prévu qu’un robot s’y pose. Le scénario de la mort de Phobos se précisera alors. Dans tous les cas, nous ne serons pas là pour l’observer : elle ne devrait pas intervenir avant 20 à 80 millions d’années.

    REPÈRES

    Phobos

    C’est le plus grand des deux satellites naturels de Mars –l’autre s’appelle Déimos. Son orbite est sub-synchrone : il met moins de temps à faire le tour de Mars (7h39) qu’il n’en faut à Mars pour faire un tour sur elle-même (24h36). Résultat : Phobos se rapproche inexorablement de Mars.

    Limite de Roche

    C’est la distance théorique en dessous de laquelle un satellite naturel commencerait à se disloquer sous l’action des forces de marée causées par la planète autour de laquelle il orbite.

    MMX

    La mission japonaise « Martian Moons Exploration » enverra cette année une sonde vers les deux lunes de Mars pour faire des mesures de gravité, de topographie et de compositions minéralogique et élémentaire. Un rover franco-allemand -Idefix- se posera sur Phobos pour réaliser des mesures. Des échantillons seront prélevés et ramenés sur Terre en 2031.

  • Avec les beaux jours, les serpents reviennent

    Avec les beaux jours, les serpents reviennent

    Qui dit retour du soleil, des chaudes journées et du printemps dit retour des serpents dans la nature ou parfois dans votre jardin. À ce titre, le Conservatoire des espaces naturels de la région (CEN Paca) donnes de nombreux conseils allant des réflexes à adopter chez soi aux bonnes pratiques d’observations en milieu naturel, cela s’inscrivant dans le cadre du dispositif « SOS Serpents » qui, sur la base du volontariat et bénévolat permet d’obtenir des conseils gratuits en cas de découverte d’un serpent au sein de son domicile. Ainsi, plusieurs associations dans le Var, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-de-Haute-Provence y participent et proposent une permanence téléphonique.

    En cas de présence de ce genre de visiteurs, le CEN tient à rappeler qu’il ne faut pas s’inquiéter car ces animaux « craintifs » sont « souvent redoutés à tort » alors qu’ils « jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes ». Ajoutant qu’il est « tout à fait normal d’en croiser, notamment dans la région (…) la majorité des espèces n’étant pas dangereuses, contrairement aux idées reçues ».

    Adopter les bons gestes

    Des conseils du quotidien qui s’inscrivent également dans une réalité plus large qui est celle de la préservation des reptiles et des bons comportements que l’homme doit adopter sur le terrain. Que ce soit sur le Mont-Serein ou sur la montagne de Lure par exemple, des dérangements répétés liés à des pratiques photographiques ou naturalistes ont été observés. D’ailleurs, l’Office français de la biodiversité (OFB) a alerté sur la dérive de certains photographes animaliers dans un communiqué de presse de mars 2026. L’occasion de rappeler là aussi que les usagers doivent adopter les bons gestes en milieux naturels mais aussi de rappeler un fait récent dans le Vaucluse où trois personnes ont été verbalisées et condamnées pour la perturbation intentionnelle de vipères d’Orsini sur le Mont-Ventoux.

    Préserver les espèces

    Pour rappel, cette espèce de vipère est l’un des plus petits serpents de France et la plus petite vipère d’Europe, ne dépassant pas 50 cm. Elle est également la moins commune du territoire français puisqu’elle est présente uniquement dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, sa population étant en déclin à cause de la destruction et du morcellement de son habitat. Elle est de fait une espèce protégée et d’intérêt communautaire listée « vulnérable » en Europe et « En Danger » en France et dans la région. Il est donc essentiel de favoriser une cohabitation harmonieuse en cette période sensible pour les espèces.

    Pour plus d’information rendez-vous sur le site du CEN Paca

  • [Série 2/3] La fragilité des séniors, la repérer et la prendre en compte

    [Série 2/3] La fragilité des séniors, la repérer et la prendre en compte

    Gériatre au sein de l’Institut Paoli-Calmettes, le docteur Maud Cécile prend en charge les patients âgées atteints de cancer. La définition de la personne âgée est variable et dépend du contexte. En général la limite d’âge communément admise est de 75 ans. « Le rôle du gériatre dans un centre anti-cancéreux consiste à optimiser la prise en charge globale de ces patients, à tenir compte des maladies et conditions liées au vieillissement normal qui viennent s’ajouter à la problématique du cancer, à évaluer les besoins du quotidien, à ajuster les traitements et, à informer et soutenir le patient et ses aidants », explique la professionnelle. « Le gériatre apporte un éclairage aux équipes médicales et chirurgicales à travers la détection de fragilités potentielles du patient. »

    Pour information, un bilan gériatrique global n’intervient dans le processus de soins que parce qu’un praticien le demande s’il détecte une potentielle fragilité chez le patient. « Cette demande se fait soit au sens clinique parce que le professionnel de santé estime qu’il y en a besoin, soit suite à la réalisation de ce que l’on appelle le Score G8. Il permet de créer un score lors des consultations d’annonces. Si ce dernier est en dessous d’un certain seuil alors cela évoque un risque de fragilité », souligne le docteur Cécile. Le questionnaire G8 émane d’une vaste étude qui s’appelle l’étude oncodage. C’est un outil de dépistage gériatrique qui permet aux oncologues d’identifier, parmi les patients âgés atteints de cancer, ceux qui devraient bénéficier d’une évaluation gériatrique approfondie. « Ces tests ne sont pas faits pour avoir des chiffres et des scores mais pour ajuster, adapter et mettre en place des mesures correctives et anticipatoires », précise-t-elle.

    L’entourage joue un rôle important

    « Une fois la demande faite, le patient est pris en charge par une équipe pluridisciplinaire qui comprend une infirmière formée à la détection des fragilités gériatriques, une assistante sociale, un coach d’activité physique adaptée, une diététicienne mais aussi un gériatre. Parfois, un psychologue ou un médecin de la douleur peuvent intervenir dans le processus », ajoute-t-elle. « La détection desdites fragilités se fait grâce à un test d’évaluation gériatrique standardisé que l’on évalue de façon systématique dans un certain nombre de domaines pour balayer tous les problèmes potentiels. » Au terme de cette consultation qui dure plusieurs heures et où l’on demande au patient d’être obligatoirement accompagné, un point est fait avec le praticien qui a demandé le bilan mais aussi le patient et son accompagnant. « Ce qui nous motive le plus dans le processus c’est de préserver au mieux la qualité de vie et l’autonomie fonctionnelle du patient tout en limitant le plus possible l’impact négatif des traitements qui, dans tous les cas vont avoir un impact négatif sur la qualité de vie du patient mais aussi sur son entourage et ça, c’est un facteur à ne pas négliger. »