Tag: Vincent Bouget

  • « À Nîmes, je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    « À Nîmes, je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    La Marseillaise : jeudi 11 décembre, a lieu la restitution publique des réponses au questionnaire de « Nîmes en commun » auxquels ont répondu plus de 3 000 habitants. Pourquoi cette démarche ?

    Vincent Bouget : C’est une des étapes de la construction politique que nous avons engagée il y a un an maintenant et qui consistait à changer de perspective dans une campagne électorale. C’est-à-dire qu’au lieu d’arriver avec des propositions soumises au choix des électeurs nous avons d’abord souhaité écouter les habitants de la ville. Quels étaient les sujets qui les préoccupaient le plus ? Les objets de débats, de controverses, les problématiques essentielles pour eux. Cela a été la première partie du travail, jusqu’en juin.

    Ensuite, à partir des problématiques et des controverses qu’on avait identifiées nous avons essayé de voir quelles étaient les priorités et les réponses à apporter. Dans les sujets de débat qui avaient été posés – le cadre de vie, la question de la réussite économique ou sociale, la question de la démocratie, du rôle du politique – il n’y avait pas toujours les mêmes priorités émises par les uns et les autres dans la population. On voulait avoir l’émanation la plus fidèle possible de là où en était la population nîmoise.

    Ces réponses vont-elles charpenter le programme de « Nîmes en commun » ?

    V.B. : Ce questionnaire vise à la fois à quantifier les sujets et à dégager un certain nombre de priorités telles qu’elles sont pensées par les habitants. Elles peuvent, des fois, nous percuter ou ne pas être dans nos façons de penser ou de faire. Mais on doit répondre aux questions telles qu’elles sont posées et pas telles qu’on imagine qu’elles devraient l’être ! Souvent, on a l’impression d’avoir la science infuse et des propositions qui peuvent être crédibles mais qui ne rencontrent pas d’écho parce qu’on n’arrive pas en entrer en dialogue avec la population.

    L’enjeu de la soirée du jeudi 11 décembre est d’affiner le projet et de dégager les priorités du prochain mandat : priorités opérationnelles, dans le temps, de voir par quoi on commence et de quelle manière. Après, nous ferons des choix politiques. L’objectif est de présenter publiquement soit fin janvier ou début février la liste et le programme.

    Le nombre de questionnaires
    à analyser est impressionnant…

    V.B. : Oui, nous avons plus de 3 000 questionnaires remplis, essentiellement « papier ». Ce n’est pas le questionnaire en ligne qui a le mieux marché. C’était une volonté parce qu’un questionnaire « papier » permet la rencontre. Cela nous a permis de nous déployer dans la ville et d’aller échanger avec les habitants. Et cela a permis à des habitants de se retrouver dans un appartement ou dans un marché pour engager une discussion. Notre volonté, depuis le début, c’est vraiment de retrouver les voies de la discussion et de la délibération collective. Parce ce que dans nos sociétés ces espaces démocratiques existent de moins en moins et sont mis à mal. Le monde politique est déconnecté parfois du débat.

    La volonté est de dialoguer, d’échanger, confronter des idées et de faire que les gens se reparlent. Quand on crée les cadres du débat, on s’aperçoit que non seulement les gens ont envie et besoin de s’exprimer mais, qu’en plus, cela se passe bien. Partout depuis le début, on a trouvé des gens prêts à s’écouter. Tout cela avec un collectif de trois cents personnes qui nous permet d’être dans tous les quartiers.

    Comment va se constituer la liste qui va incarner Nîmes en commun ?

    V.B. : Nous sommes un collectif soutenu et investi par la quasi-totalité des partis de gauche [sauf la FI, Ndlr], et des propositions de candidatures émaneront des forces politiques mais pas que. Notre objectif est d’avoir une liste représentative de ce que nous sommes, c’est-à-dire à la fois un mouvement qui est soutenu par des organisations politiques et un mouvement ancré dans la ville avec des personnalités engagées aux profils différents. Il faut qu’on soit à l’image de la gauche et à l’image de la ville. Ensemble, on va porter un message dans ces élections. Car nous sommes à la croisée des chemins dans cette ville. On ne pouvait pas se résigner à ce qu’une minorité de personnes s’engagent dans les élections juste pour mettre un bulletin dans une urne. Parce que ça, c’est le risque de laisser la place à des discours qui vont s’appuyer sur la division, la méfiance des uns vis-à-vis des autres. « Nîmes en commun » c’est dire : on construit ensemble. On n’est pas d’accord sur tout – à gauche c’est le cas – on a des différences et on a fait le pari que nos différences nous enrichissent et que la diversité est un atout. On veut être l’équipe de toute la population.

    En fait, vous êtes le véritable antidote à l’extrême droite RN ?

    V.B. : Face à la division, il faut faire du commun et je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite. Si on veut faire reculer le terreau sur lequel se nourrit l’extrême droite, c’est aussi en proposant un espace démocratique, apaisé, dynamique qui permet aux gens de se reparler. Parce que c’est quand on ne se parle plus que l’on cherche des boucs émissaires, qu’on a de la frustration. Mais cela ne suffit pas. Il y a aussi des réponses économiques et sociales qu’il nous faut apporter.

    On a vocation, quand nous serons aux manettes après mars, à continuer cette méthode participative tout en apportant des réponses concrètes aux difficultés qui sont posées immédiatement et des choses qui nous permettent de se projeter.

    Si on ne se projette pas collectivement, soit on fait du chacun pour soi, ça c’est la ville libérale où les intérêts particuliers priment sur le collectif. Soit on fait du tous contre tous, ça c’est les forces de l’extrême droite qui divisent la population. Soit on regarde ensemble, on se parle et on fait du commun.

  • 3000 Nîmois écrivent l’avenir de leur ville

    3000 Nîmois écrivent l’avenir de leur ville

    Depuis un an, le collectif Nîmes en Commun laboure le terrain politique nîmois à contre-courant des méthodes traditionnelles. Pas de programme ficelé à l’avance, pas de slogans plaqués. Mais une démarche patiente, construite autour d’une ambition : écouter les habitants pour construire avec eux une alternative de gauche crédible à la droite sortante et à l’extrême droite montante. « On a fait le pari d’inverser la logique classique des campagnes : partir des gens, de ce qui les traverse, pour en tirer des priorités politiques », résume Vincent Bouget, tête de liste du collectif.

    Ce pari a pris la forme d’un questionnaire citoyen d’une vingtaine de questions, diffusé massivement sur le terrain, marché après marché, porte après porte. Plus de 3 000 réponses ont été collectées, dont l’écrasante majorité en version papier. « Ce n’était pas un gadget. Aller chercher le papier, c’était aller chercher la parole », insiste Jean-Yves Chabanel, président de l’association Nîmes en Commun. « Chaque questionnaire, c’était une rencontre, un échange, parfois long. On n’a pas fait du chiffre, on a fait du lien. »

    Dans les réunions publiques qui rythment la vie du collectif, cette parole recueillie prend corps. Horia, habitante de Pissevin, a trouvé dans Nîmes en Commun un espace rare : « Depuis que je suis à Pissevin, rien n’a changé. Mais ici, je sens que je peux faire bouger les choses. J’ai été prof de musique, j’ai fait du droit, j’ai un bac littéraire, mais on ne me donne pas de chance. Avec eux, je suis actrice. » De fait, la force du collectif tient aussi à cette diversité de profils. Militants encartés, syndicalistes, habitants engagés sans étiquette : plus de 300 personnes font vivre la démarche, à tous les niveaux. Christine, enseignante et habitante du centre-ville de longue date, apprécie l’originalité du dispositif : « C’est la première fois qu’on va à ce point à la rencontre des gens. Souvent, on se contente d’attendre que les habitants viennent aux élus. Là, c’est l’inverse. »

    Un processus qui ne s’arrête pas à la collecte. Les réponses sont analysées, question par question, avec un objectif : faire émerger des priorités concrètes. « Sur certaines thématiques, il y a un consensus très fort, sur d’autres, des débats. À nous maintenant de faire des choix politiques clairs, en lien avec ce qui a été exprimé », explique Jean-Yves Chabanel.

    « Faire du commun » face aux divisions

    C’est aussi là que se joue la stratégie de Nîmes en Commun : reconstruire une dynamique à gauche, dans un climat de méfiance démocratique, sans tomber dans les vieilles recettes. Le collectif réunit un large spectre politique, des communistes aux écologistes, en passant par Debout ! de François Ruffin, le PS, Place publique ou encore d’anciens insoumis. La liste, en cours de composition, se veut à l’image du collectif : paritaire, diverse, ancrée dans tous les quartiers, mêlant figures expérimentées et visages nouveaux. « On cherche l’équilibre entre représentation politique et implication citoyenne. Il faut incarner ce qu’on veut faire : une ville plus juste, plus démocratique, plus inclusive », ajoute Vincent Bouget.

    Prochaine étape : la restitution publique des résultats du questionnaire, prévue le 11 décembre. Une soirée ouverte à tous, où sera projeté un film retraçant la démarche participative et présentés les résultats détaillés. Une nouvelle étape avant la finalisation du programme et la présentation publique de la liste, prévue fin janvier ou début février. Pour l’heure, les visages s’additionnent, les récits se croisent, et la dynamique se renforce. « Ce projet, ce n’est pas celui de Vincent Bouget seul, ni d’un parti, mais celui de toute une ville qui veut se réapproprier son avenir », conclut Jean-Yves Chabanel. Et dans une ville où le chacun pour soi et le tous contre tous semblent avoir gagné du terrain, c’est peut-être là que réside la véritable rupture.

  • Nîmes : Vincent Bouget en tête des municipales dès le 1er tour

    Nîmes : Vincent Bouget en tête des municipales dès le 1er tour

    « Dans une triangulaire, c’est gagnable pour la gauche à Nîmes. Tout est possible… y compris une victoire du RN. » À l’analyse du sondage de l’institut Quorum pour le Réveil du Midi, Michel Crespy se montre prudent.

    Pour le politologue montpelliérain, dans cette étude réalisée par téléphone du 3 au 19 novembre auprès de 804 Nîmois issus d’un échantillon (méthode des quotas) de 1 180 personnes représentatives de la population de la capitale gardoise, tout suggère que les jeux sont ouverts.

    Pour commencer, les estimations sont très serrées dans chaque configuration. Au 1er tour, la liste d’union de la gauche (hors LFI : 6%) de Vincent Bouget (28%) arriverait légèrement en tête devant le RN (27%). Soutenu par le maire sortant Jean-Paul Fournier, Franck Proust (22%) serait en difficulté dans l’optique où la macroniste Valérie Rouverand (9%) et l’ex-premier adjoint déchu, Julien Plantier (8%), partiraient en ordre dispersé. Si ces deux-là s’unissaient, leur score (22%) leur permettrait de devancer Frank Proust encore plus affaibli (18%) mais pas de talonner Vincent Bouget (30%) qui aurait encore le RN derrière lui (25%). La seule configuration où le communiste n’est pas donné en tête (29%), c’est si F. Proust et J. Plantier finissaient par s’allier dès le 1er tour (31%). Au vu des noms d’oiseaux qui ont fusé ces derniers mois entre les deux hommes de droite, c’est loin d’être fait. Si leurs ego étaient mis de côté, le RN suivrait en 3e position (24%), puis loin derrière V. Rouverand (11%) et les Insoumis François Tardieu et Leïla Taamali (5%).

    Les projections du 2e tour sont tout aussi indécises. Qu’il s’agisse d’une triangulaire ou d’une quadrangulaire*, F. Proust n’est donné vainqueur que d’un cheveu. Il l’emporterait avec 38% contre V. Bouget (36%) et le RN (26%) ou bien avec 30% devant l’union de la gauche (29%), l’extrême droite (25%) et J. Plantier (16%). Compte tenu de la marge d’erreur qui peut varier de 1,7 à 4,2 points, tout reste à faire durant la campagne.

    « Pas de prime au sortant »

    Cette étude peut-elle inciter la droite à s’unir ? « Ça dépend de la psychologie des candidats. Certains sont prêts à aller jusqu’au bout quitte à faire perdre leurs proches », rappelle Michel Crespy. Il pense aussi que les candidats sont peu influencés par un sondage local. « Ils croient connaître le terrain, ils rencontrent des gens dans la rue et leur font confiance ».

    Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de prime au sortant. « Souvent un maire sortant a pu désigner un dauphin qui a raté la marche. Aux Municipales, on vote d’abord pour une personne, être béni n’a pas beaucoup d’importance », assure M. Crespy.

    Il y a une autre inconnue : qui mènera la liste RN que la rumeur promet à l’ancien maire de Beaucaire, Julien Sanchez. « Je ne pense pas que le nom de la tête de liste change grand-chose pour l’électorat du RN, qui vote avant tout pour Le Pen ».

    Si le paysage politique n’est pas figé et que la campagne débute à peine, cette étude confirme un vrai élan en faveur de la liste Nîmes en commun donnée 10 points au-dessus du score de 2020. « Nous sentons une dynamique qui dépasse le cercle des convaincus. L’union fait du bien et donne confiance », positive V. Bouget.

    * 10% des suffrages exprimés sont nécessaires pour se maintenir au 2e tour, 5% pour fusionner.

  • [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Votre parcours en quelques mots ?

    Amal Couvreur : Mon engagement fut d’abord professionnel. Pendant vingt-sept ans, j’ai été assistante sociale, notamment auprès des personnes sans domicile fixe, à Nîmes et à la Croix-Rouge. Ensuite, j’ai coordonné un réseau de parentalité, ce qui m’a permis de rencontrer énormément de familles gardoises. En 2015, on est venu me chercher pour être conseillère départementale sur le canton Nîmes-2. J’ai accepté au lendemain des attentats de Charlie, qui m’ont beaucoup marquée et convaincue d’agir. Et depuis dix ans, je suis vice-présidente du Gard en charge des quartiers prioritaires et de la jeunesse, et conseillère régionale pour la solidarité.

    ENGAGEMENT

    LM : On vous qualifie régulièrement de « femme d’action », ça vous correspond ?

    A.C. : Je ne sais pas si c’est le terme exact, mais ce qui me porte, c’est d’améliorer le quotidien des gens, quand je le peux. Je garde toujours en tête que je veux pour les enfants des autres ce que je veux pour les miens. J’ai besoin de répondre aux gens : même si je ne sais pas, je me renseigne. L’écoute active, c’est essentiel. Le problème, c’est que le temps des habitants n’est pas celui de l’administration, ni celui des politiques. Mais je veux que les réponses soient rapides, sincères, et qu’on cherche réellement des solutions. Pour moi, l’action, c’est ça : répondre, accompagner, ne jamais laisser quelqu’un sans retour.

    Comment concilier écoute du terrain et décisions politiques ?

    A.C. : C’est un aller-retour incessant. Certains trouvent étonnant qu’on reçoive autant individuellement, mais c’est ce travail en face-à-face qui permet de construire du collectif. Avec nos permanences cantonales, que nous avions promises dès 2015 avec Christian Bastid, je vois entre dix et douze personnes par séance : plus de 3 000 personnes reçues. Ça donne une vision très précise du quotidien : logement, emploi, formation. Et parfois, quelqu’un me dit : « Vous n’avez rien fait », et ajoute aussitôt : « Mais vous avez écouté, vous avez appelé. » C’est ça ma façon de faire de la politique : partir du réel, comprendre les situations concrètes et ne jamais décider depuis un bureau sans entendre d’abord la parole des habitants. Ces échanges sont modestes mais essentiels pour bâtir une réponse collective. C’était notre seule promesse de mandat, et nous l’avons tenue.

    MUNICIPALES 2026 ET NÎMES EN COMMUN

    LM : Pourquoi être devenue n°2 sur la liste de Vincent Bouget ?

    A.C. : Je n’ai pas une grande culture partisane, je le reconnais, mais je fais partie des gens engagés. Et dans cette ville, il y a des centaines de bénévoles, d’associations, de citoyens qui aiment profondément Nîmes. C’est eux que je veux représenter. Dans le travail mené par Vincent et les équipes, avec le questionnaire citoyen, les réunions publiques et d’appartement, il y a cette idée de rassembler des personnes engagées pour leur ville, pas un « gros mot » de société civile, mais des gens qui agissent vraiment. C’est ce que je veux apporter : une ville où l’engagement individuel est reconnu et valorisé, où chacun peut se sentir légitime à participer, à proposer, à contribuer à l’avenir collectif.

    Vos priorités pour Nîmes en tant que n°2 de la liste ?

    A.C. : D’abord, aller au bout de la consultation : plus de 250 propositions ont été remontées, et tant que les questionnaires ne sont pas totalement analysés, on ne peut pas décréter des priorités. Mais je parle souvent de trois axes. Le premier : les services de proximité, indispensables pour la vie quotidienne et la sécurité globale. La sécurité, c’est être bien chez soi, sur le trottoir, avec un travail commun entre médiateurs, éducateurs, police municipale, et tous ceux qui connaissent vraiment le terrain. Le deuxième axe, ce sont les associations, qu’il faut soutenir et simplifier : trop passent plus de temps à remplir des dossiers qu’à agir, alors qu’elles sont l’un des piliers de la cohésion nîmoise. Le troisième, c’est l’éducation : notre parc scolaire est délabré, et chaque été ou hiver, on repart des mêmes constats. Il faut agir vite, vraiment, et remettre la jeunesse au centre des décisions municipales.

    MANDATS

    LM : Comment articulez-vous vos mandats actuels ?

    A.C. : Mes deux mandats, départemental et régional, sont très complémentaires, et ils me passionnent. Mais si nous sommes élus en 2026 – il paraît que je dois dire « quand nous serons élus » – je devrai choisir entre les deux. Je prendrai le temps nécessaire, car ce choix doit être réfléchi. Ce qui compte, c’est que chaque échelon permet une vision différente et utile : le département pour la proximité, la région pour la cohérence et l’ensemble. L’enjeu, ce sera de mettre ces expériences au service de la commune.

    Avez-vous un mot d’ordre qui relie ces mandats ?

    A.C. : Ma grande bataille, c’est l’égalité des territoires. Le centre-ville de Nîmes est magnifique, personne ne le nie. Mais notre problème, c’est que les enfants ne se rencontrent plus comme avant. Il y a une vraie fracture territoriale. Je veux que le gamin de Vacquerolles ait les mêmes conditions que celui du Mas de Mingue. On ne peut pas avoir une ville où tout se concentre dans un périmètre restreint et où les autres quartiers décrochent. Une ville apaisée, c’est une ville où les habitants se croisent et vivent dans des conditions équitables. Et c’est la même chose pour toutes les échelles où je travaille.

    UN MESSAGE AUX NÎMOIS ?

    A.C. : Je pense sincèrement que la politique n’est pas faite pour commenter les problèmes, mais pour trouver des solutions. Ce qu’on vit à Nîmes en ce moment ne donne pas un bon exemple. Pour moi, la politique est un service public, pas un spectacle. Le seul engagement que je prends, c’est une attention égale pour toutes les Nîmoises et tous les Nîmois, pas seulement pour nos électeurs. Je veux une ville qui protège, qui rassure, qui ne divise pas.

  • Occitanie : un dernier budget sous haute tension électorale à Nîmes 

    Occitanie : un dernier budget sous haute tension électorale à Nîmes 

    Dernier débat d’orientation budgétaire du mandat Fournier, et ambiance électrique samedi 15 novembre au matin, au conseil municipal de Nîmes. Pour Jean-Paul Fournier, qui ouvrait son 25e et ultime rapport d’orientation budgétaire (ROB) en tant que maire, l’heure était au bilan. « Depuis un quart de siècle, notre cap a été maintenu », affirme-t-il, revendiquant une ville « transformée sans perdre son âme ». À ses côtés, l’adjoint aux finances, Frédéric Escojido, déroule un contexte économique tendu : inflation, hausse des taux, dotations stagnantes. « Le ROB est un exercice de transparence, le miroir de l’action menée », assure-t-il.

    La majorité met en avant une méthode : rigueur sur les charges, maîtrise de la masse salariale, investissement soutenu. Depuis 2020, 330 millions d’euros auraient été injectés dans la ville, et l’encours de dette poursuivrait sa baisse pour atteindre 174,5 millions d’euros fin 2025, avec un ratio de désendettement à 4,9 années. Pour 2026-2028, l’exécutif table sur une épargne nette en progression et 165 millions d’euros d’investissements possibles.

    Mais l’opposition ne partage pas l’optimisme. Pour Vincent Bouget (PCF), « certains voyants passent au rouge ». L’élu conteste le niveau réel de la dette, qu’il estime à 264 millions d’euros « si l’on inclut les budgets annexes du Cadereau et de l’Anru ». Il pointe aussi la baisse du fonds de roulement et une capacité d’autofinancement amputée : « Ce plan d’intervention n’est ni sincère ni financé. C’est un catalogue de Noël, démagogique et électoraliste. »

    Même tonalité chez Valérie Rouverand (Renaissance), qui souligne une ville « parmi les plus taxées » en France et une fracture territoriale croissante : « Les investissements se concentrent sur un centre élargi, au détriment des quartiers. » Évincé de la majorité et désormais candidat, Julien Plantier juge la situation « solide », mais davantage héritée d’une inertie que d’une vision. « Ce ROB est un document comptable, pas un projet pour la ville », tranche-t-il, regrettant l’absence de ligne directrice sur les grands équipements.

    Face aux attaques, le premier adjoint et candidat, Franck Proust, monte au créneau. « L’équilibre est un acte politique fort », martèle-t-il, rappelant que « plus de 50% des investissements sont financés par l’épargne brute ». Et de viser la gauche : « Le Département affiche plus de 13 années d’endettement. La peur va changer de camp. » Un débat tendu donc, prolongé par quelques couacs techniques et des échanges particulièrement vifs, notamment entre l’adjoint à la Culture, Daniel-Jean Valade, et Vincent Bouget, autour des investissements culturels. À quatre mois du scrutin, le ROB aura surtout servi de répétition générale aux candidats déjà lancés dans la bataille des municipales.

  • Occitanie : la droite nîmoise peut-elle encore éviter la fracture ?

    Occitanie : la droite nîmoise peut-elle encore éviter la fracture ?

    À Nîmes, la succession de Jean-Paul Fournier (LR) s’enfonce dans le casse-tête pour la droite. Huit mois après l’annonce de la candidature de Franck Proust, et près d’un an après la dissidence de Julien Plantier, aucun accord solide ne s’est dessiné entre les deux héritiers du maire sortant. Pendant ce temps, le Rassemblement national avance ses pions, tandis que Renaissance tente de capter l’électorat modéré.

    Depuis plusieurs semaines, les négociations entre Franck Proust et Julien Plantier ressemblent à un psychodrame permanent. Selon une source Objectif Gard, un troisième rendez-vous est attendu pour « affiner l’accord », même si, dans les faits, Plantier chercherait surtout à « faire perdre du temps » à son rival. Car si Proust propose un partage des responsabilités – premier adjoint, premier vice-président de l’Agglo et transmission du flambeau en 2033 – Plantier veut peser davantage : organisation de la campagne, conception du programme, composition de la liste… et un véritable partage du pouvoir. Même la perspective d’un accord minimal pour le second tour, évoqué récemment par Proust comme un « désistement mutuel », reste fragile.

    La campagne de Proust peine, elle aussi, à s’installer. Son entrée officielle en campagne il y a quelques jours a acté la rupture avec Plantier, tout en révélant quelques failles : un site internet lancé avec un bug, des tensions autour de la place de certains élus, et un changement dans l’organisation interne de la mairie qui voit le conseiller spécial Gérardo Marzo regagner l’administration. Là encore, les interprétations divergent : simple réorganisation selon la mairie, mouvement stratégique pour « préparer l’avenir », glisse une source de l’opposition.

    Le centre avance, le RN guette

    À cette droite en recomposition répond un centre déterminé. Valérie Rouverand, présidente de Renaissance dans le Gard, assure bénéficier du soutien verrouillé d’Horizons et, bientôt peut-être, d’Édouard Philippe. Là où la droite traditionnelle se déchire, elle mise sur un ancrage personnel. À l’extrême droite, le RN cultive le suspense autour de Julien Sanchez. L’eurodéputé, moins présent à Bruxelles qu’à Paris, attendrait une éventuelle dissolution pour officialiser sa candidature. « Il espère une guerre à droite », selon une source Objectif Gard. Une division qui pourrait lui ouvrir un espace inattendu dans une ville longtemps verrouillée par la droite républicaine.

    Au final, la droite nîmoise avance en ordre dispersé, entre calculs individuels et rancœurs anciennes. L’union reste possible… mais chaque jour qui passe rend l’équation plus incertaine. Ce qui pourrait bénéficier à une extrême droite en embuscade, ou à une gauche qui consolide chaque semaine son projet au sein de Nîmes en commun, derrière les figures de Vincent Bouget et récemment Amal Couvreur.

  • Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Dans l’arrière-salle du Prolé, la soirée touchait à sa fin lorsque Vincent Bouget a pris la parole. Sans notes, le candidat de la gauche nîmoise a replacé le questionnaire citoyen dans une perspective plus large : « On ne transformera pas cette ville à quelques-uns. Si on veut la changer, il faut que les Nîmois se réapproprient leur vie, leur histoire, la politique, leur quartier ». Pour lui, l’objectif dépasse la collecte de réponses : il s’agit d’un processus de réappropriation démocratique. « Beaucoup de gens n’y croient plus, a-t-il reconnu. Ils ne pensent pas qu’on puisse faire autrement, ni qu’on puisse le faire ensemble. C’est ce doute qu’il faut combattre. » D’ici la restitution du 11 décembre, Bouget veut mobiliser « jusqu’au dernier jour » pour que chaque Nîmois puisse s’exprimer.

    « En face, les forces réactionnaires se mettent en marche »

    L’intervention a aussi pris des accents politiques plus combatifs. Le candidat de la gauche unie a dressé un constat clair : « L’extrême droite se met en ordre de marche, pendant que la droite court derrière elle » Face à cela, Bouget appelle à ne pas se démoraliser : « Oui, les forces adverses sont puissantes, mais notre réponse, c’est le travail de terrain. 160 points de contact en deux mois, des milliers de rencontres : c’est ça qui compte ». Il conclut sur une note d’humilité : même en cas de victoire, « rien ne sera facile ». Mais, dit-il, « notre force, ce sera cette réunion des habitants de tous les quartiers. Cette ville a des ressorts pour résister et reconstruire ensemble ».

  • Nîmes en commun fait parler la ville

    Nîmes en commun fait parler la ville

    Dans la chaleur boisée de l’arrière-salle du Prolé, les chaises serrées jusqu’au fond, Hugo Carlos, du collectif Nîmes en commun, plante le décor : « On est nombreux ce soir », sourit-il, micro en main. Il remercie la cinquantaine de personnes présentes – membres du collectif comme simples curieux – pour la réunion hebdomadaire de ce lundi 10 novembre, malgré le pont. Le rituel des présentations ne s’éternise pas, car l’urgence est ailleurs : faire le point sur ce questionnaire qui doit « faire émerger des priorités collectives des Nîmois » et, surtout, accélérer sa diffusion à quinze jours de l’échéance (24 novembre) avant la restitution promise le 11 décembre à la Halles des Sports.

    Le compteur a franchi la barre symbolique – « largement plus de 2 000 questionnaires », dont une centaine en ligne en vingt-quatre heures. La méthode, elle, s’affine. D’abord retenus pour économiser (0,20 euro l’exemplaire), les feuillets vont désormais circuler « au large » : cafés, bistrots, halls d’immeubles. Et lundi prochain ? Une idée fait consensus : remplacer la réunion hebdomadaire par une opération sur un point très passant de la ville pour maximiser les remplissages.

    Sur le fond, les récits fusent, précis, sans fard. Katia raconte l’accueil « très favorable » au stade des Antonins, quartier populaire où l’on prend le temps d’écouter. Christian détaille sa tournée « chez les connaissances » : deux heures par foyer parfois, tant les questions appellent la discussion. Au Cercle, on a changé de consigne : remplir sur place si possible, sinon emporter, « parce qu’on sent un vrai besoin de s’exprimer ». Ce besoin se lit d’ailleurs dans les champs libres : 450 témoignages déjà, recopiés mot à mot par Adèle et Marie, puis analysés « avec un peu d’intelligence artificielle ». À Jean Bouin, une scène reste en tête : une mère en difficulté avec le français répond grâce à sa fille de 14 ans, très au clair sur l’écologie ; ailleurs, des personnes âgées préfèrent qu’on leur lise les questions.

    « On ne peut pas parler pour les quartiers »

    Quand vient l’heure des thèmes qui remontent, trois mots s’imposent : transports gratuits (notamment pour les jeunes), sécurité, confiance envers les élites. Et l’exigence d’ancrage ressurgit, brutale et salutaire. Un participant des quartiers populaires – Madani – interpelle : l’initiative ne vaut que si « les militants des quartiers » sont au cœur des décisions. « On ne peut pas parler pour les quartiers sans leurs habitants. » La salle se tend, puis respire. Le message est pris au sérieux : identifier les zones moins couvertes (Garrigues Ouest, route d’Alès, Védelin, sud entre Leclerc et la rocade) et y concentrer l’effort, peut-être dès l’opération de lundi.

    En conclusion, le collectif s’est projeté sur la restitution du 11 décembre : grande salle à remplir, visuels en fabrication, et surtout une méthode « à l’ancienne » : rappeler personnellement chaque répondant. Rendez-vous est donné le 24 novembre au Cercle de l’Avenir pour se répartir des listes : « chacun 3 à 10 contacts », un argumentaire, et l’ambition de faire parler la ville « du 11 ».

  • La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La succession de Jean-Paul Fournier, après vingt-cinq ans de règne, vire à la guerre des droites. À cinq mois des municipales de 2026, les prétendants s’entre-déchirent sur fond de soupçons de glissement idéologique. Dernier épisode en date : le déplacement de Julien Plantier à Béziers, ville symbole du virage sécuritaire incarné par Robert Ménard. L’ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier y a rencontré la nouvelle brigade municipale antistupéfiants, saluant « une initiative forte » et affirmant vouloir « s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs ». Une référence qui interroge, tant le maire de Béziers a été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine et régulièrement critiqué pour sa gestion autoritaire. Plantier, de son côté, a assumé que le thème de la sécurité serait au centre de sa campagne : « Chaque Nîmois doit pouvoir se sentir en sécurité partout, tout le temps. Aujourd’hui, nous avons besoin d’autorité. Le maire doit incarner cette autorité », a-t-il déclaré suite à la rencontre.

    Ce voyage biterrois a fait bondir une partie de la majorité sortante, comme le dévoile Objectif Gard : « Quel signal envoie-t-il ? Ménard, c’est l’extrême droite. S’il pensait récupérer les voix du centre-gauche, il peut désormais se mettre le doigt dans l’œil », aurait taclé un proche de Franck Proust. Avant d’ajouter : « La sécurité, il est coresponsable du bilan de Fournier, il était premier adjoint jusqu’au début de l’année ». Un autre raille une « photo opportuniste » : « Le maire de Béziers ne l’a même pas reçu, il a juste échangé avec un adjoint et un responsable sécurité. C’est ridicule. »

    Un boulevard pour le RN

    Du côté de Franck Proust, une autre polémique enfle après l’arrivée du communicant Olivier Jalaguier dans son entourage. Ancien soutien d’Yvan Lachaud, le publicitaire revendique une « union des droites » jusqu’à Zemmour et Maréchal. Un positionnement jugé inacceptable par Jean-Paul Boré, président de l’association Tous pour Nîmes et son agglomération (TPNA), qui a aussitôt coupé les ponts avec Proust : « Ce serait rédhibitoire à toute possibilité de coopération, totalement incompatible avec notre refus de toute alliance avec des partis qui prônent l’exclusion. » Le candidat a tenté d’éteindre l’incendie, affirmant que Jalaguier n’était « qu’un prestataire de communication », et qu’il restait « fermement opposé à l’union des droites ». Trop tard, peut-être. Pour Boré (ex-PCF), cette confusion « offre un boulevard au Rassemblement national, qui se délecte de la division de la majorité sortante ».

    Dans une droite nîmoise éclatée entre Proust, Plantier, Rouverand et Lachaud, l’union rêvée par Jean-Paul Fournier semble hors d’atteinte. À force de rivalités personnelles et d’ambiguïtés stratégiques, la majorité sortante pourrait bien perdre la main sur la ville pour la première fois depuis un quart de siècle, au profit d’une gauche unie autour de Vincent Bouget.

  • Un budget de fin de mandat prudent pour Nîmes Métropole

    Un budget de fin de mandat prudent pour Nîmes Métropole

    Dernier exercice du mandat pour l’équipe de Franck Proust, le rapport d’orientation budgétaire (Rob) 2026 de Nîmes Métropole, présenté mardi 4 novembre, avait tout d’un baromètre politique. À quelques mois des élections municipales, la majorité communautaire a défendu un budget « de prudence. »

    « Nous avons choisi la stabilité et la rigueur », a souligné le président de Nîmes Métropole. L’agglomération, confrontée à un effort contributif estimé à 3,4 millions d’euros dans le cadre de la réduction du déficit public national, doit composer avec une pression budgétaire accrue. Malgré cela, le Rob affiche une épargne brute de 58,7 millions d’euros et un encours de dette de 487 millions, en légère hausse mais jugée « maîtrisée » par l’exécutif. La capacité de désendettement reste à 8,3 ans, sous le seuil de vigilance des 10 ans fixé par l’État. Aucun nouvel investissement d’ampleur ne figure au programme, « afin de laisser à la future majorité la liberté de ses choix ».

    La principale mesure annoncée reste la nouvelle baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom). Après -10% en 2025, elle devrait reculer de 0,5 point supplémentaire en 2026, passant de 10,54% à 10,01%. Pour une famille moyenne, la baisse cumulée atteindrait une centaine d’euros en deux ans. « C’est le contribuable qui doit en bénéficier, sans que les investissements en matière de modernisation ou de protection n’en pâtissent », a justifié Franck Proust. Côté investissements, l’agglomération mise sur la continuité : 44,7 millions d’euros pour l’eau et l’assainissement, 14,9 millions pour les transports (achat de bus électriques, extension du réseau NemoVélo), et 13,4 millions pour la prévention des inondations.

    Un ROB de fin de mandat sous tension électorale

    Mais pour beaucoup d’élus d’opposition, cette prudence confine à l’immobilisme. Valérie Rouverand (Renaissance) dénonce une « ficelle électorale » à propos de la Teom : « On baisse de 10 % en 2025 et encore de 5 % en 2026, après l’avoir augmentée de 10 % en 2021. Au final, on revient au point de départ, mais la communication fait son effet. » L’élue a aussi regretté des « résultats économiques décevants » et une attractivité « toujours en panne. ». Julien Plantier (Nîmes Avenir) a, lui, adopté un ton plus nuancé : « Le Rob, c’est la visite médicale de notre agglomération : elle vit, elle respire, mais elle tousse un peu. Le bilan n’est ni glorieux ni catastrophique. » Le candidat à la mairie a reproché à la majorité de « laisser dormir des projets structurants » et relancé son idée de passage en communauté urbaine « pour donner une autre dimension au territoire ».

    À gauche, Vincent Bouget (PCF) a fustigé un rapport « autosatisfait, voire triomphaliste », estimant que « les grandes tendances cachent des fragilités structurelles ». Selon lui, « la pression fiscale n’a pas vraiment baissé », citant la taxe mobilités, la hausse de l’eau et de l’assainissement. Et de conclure : « Notre agglomération mérite mieux. Où est la vision d’ensemble, le projet partagé ? On a l’impression d’un empilement de décisions sans cohérence territoriale. » Un ultime rendez-vous budgétaire qui dessine les lignes de fracture d’une campagne municipale qui s’annonce tendue.