Tag: Vaucluse

  • Sur la Rocade, la gauche veut résister « aux fascistes et réactionnaires »

    Sur la Rocade, la gauche veut résister « aux fascistes et réactionnaires »

    Le tout en musique. Environ 150 personnes étaient présentes autour de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) qui ont fusionné leurs listes. « À l’heure où certains font le jeu dangereux de la division et de la haine de l’autre, nous avons choisi le rassemblement », prônent les candidats.

  • À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    Au premier tour, on choisit, au second on élimine », lâche, un fin observateur de la vie politique locale ce jeudi soir à Avignon. Et ce quelques minutes après la fin du rassemblement organisé par Olivier Galzi. Là où le candidat DVD, dans son propos, fait tout pour éliminer l’alliance de gauche, scellée lundi soir entre les listes de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI).

    À trois jours du terme de l’élection, l’heure n’est plus à convaincre sur son programme mais à dénigrer les adversaires dont la fusion donne, en théorie, des chances à la gauche de conserver la ville. « Les deux listes ont décidé de mettre leur force en commun pour contrer cet élan populaire », déplore Olivier Galzi, arrivé en tête (27,04%) devant le RN (25,52%) et les listes de gauche à un peu plus de 19% chacune. Si cette fois, le candidat évite de reparler de « sang sur les mains », il garde un ton inquisiteur.

    « David Fournier a vendu notre ville et les idéaux de son parti, ceux de Jaurès et de Blum, qui prônaient l’universalisme, le républicanisme et la laïcité », fustige l’ex-journaliste TV pour qui le PS s’est compromis avec LFI, « un parti qui justifie la violence en politique et en s’alliant avec une candidate extrémiste, soutenue par un député condamné pour violences volontaires en réunion ». En clair, voter David Fournier serait faire entrer le chaos à l’Hôtel de ville. Ce dernier s’est déjà défendu (lire page suivante) : « J’en appelle au sens des responsabilités que ce monsieur se calme un petit peu, parce qu’il va diviser les Avignonnais », réplique David Fournier.

    Alors que LFI en cas de victoire aura un groupe autonome sans délégations, Olivier Galzi prédit que « la moitié de la liste de David Fournier entrerait dès le lendemain en opposition avec lui ». La réalité est plus nuancée car ce groupe ne concernait que les insoumis, soit 9 potentiels élus, les autres étant des partenaires engagés au sein de l’exécutif municipal. Qu’importe, en grossissant le trait et jouant sur les peurs, le candidat DVD espère rallier à sa cause et siphonner une partie de l’électorat RN qui miserait sur un vote utile d’alternance quand bien même Olivier Galzi ne serait pas leur premier choix. « Le prochain maire dont Avignon a besoin, ce n’est pas un maire qui sera la marionnette d’une petite frappe, mais d’un maire qui protège », n’hésite-t-il pas à clamer. Sans fournir de protection aux coups portés à la gauche.

  • [Entretien] David Fournier : « Être maire, c’est protéger et fédérer toute sa population »

    [Entretien] David Fournier : « Être maire, c’est protéger et fédérer toute sa population »

    Arrivé 3e dimanche soir (19,89%) derrière le RN (25,55%) et la droite (27,04%), l’actuel adjoint sortant de Cécile Helle a fusionné sa liste avec celle de l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) permettant d’espérer conserver la ville à gauche. Pour La Marseillaise, il revient sur les conditions de cette alliance et les perspectives d’une éventuelle majorité en précisant des points programmatiques.

    La Marseillaise : Avez-vous été déçu des résultats du 1er tour ? Est-ce une forme de rejet du bilan de la majorité ?

    David Fournier : Je vois le vote en globalité. J’ai une perte de voix dans les quartiers populaires qui ne se sont pas mobilisés comme ils auraient dû l’être. Il y a donc un potentiel à gauche encore très fort car la mobilisation n’a pas été totale. Quant au bilan, je continue à le défendre. Il ne nous a pas desservis puisque la gauche continue à avoir le socle le plus important aujourd’hui. Je suis fier de ce qu’on a pu porter sur un grand nombre de réalisations, toutes les enceintes sportives, ce qu’on a fait dans les écoles, ce qu’on a engagé sur le plan réseau de fraîcheur et de chaleur, sur le renforcement des finances de la ville.

    Pourquoi cette alliance était nécessaire ? On voit bien au plan national que c’est à géométrie variable, cela ne donne-t-il pas l’impression de tambouille auprès des électeurs ?

    D.F. : On a fait ce que nous devions faire en tant que leaders responsables, c’est-à-dire l’union des gauches. Les Avignonnais nous l’ont demandé par les résultats du 1er tour. Pendant toute la campagne, on a toujours été respectueux, nous avons tous les deux [avec Mathilde Louvain] des appétences sociales et on s’est vite retrouvés programmatiquement. Quand Olivier Faure [1er secrétaire national du PS] dit pas d’accord national avec LFI, ça ne veut pas dire « non à un accord local ». Je crois que les Avignonnais ne pensent pas à ces choses. Ils regardent ce qu’on va faire pour leur commune, pas ce qu’il se dit sur la politique nationale.

    Cette union vous vaut d’être accusé de perdre vos valeurs et d’avoir du sang sur les mains par Olivier Galzi (DVD)…

    D.F. : Je fais toutes les campagnes à Avignon depuis 1989. Je n’ai jamais vu un tel niveau de violence, de propos mensongers de la part d’un candidat, voire d’accusations infondées et que j’estime diffamatoires. J’en appelle au sens des responsabilités, que ce monsieur se calme un petit peu, parce qu’il va diviser les Avignonnais. Et quand on brigue la première fonction d’une commune, on doit avoir un rôle protecteur et fédérateur de l’ensemble de sa population. Le costume est trop grand pour lui. Dans la difficulté, il perd les pédales, il ne se maîtrise plus. C’est très dangereux, non seulement pour la commune, mais pour l’ensemble de ses habitants. Quand je parle d’un candidat de droite extrême, il le prouve par ses actes.

    En cas de victoire, LFI aura un groupe autonome, sans délégations. Ne redoutez-vous pas que ça puisse se retourner contre vous ?

    D.F. : C’est vrai que j’ai été assez surpris et même embêté humainement. Sur les 18 élus possibles de leur liste, 9 seraient dans ce groupe et les autres dans le groupe majoritaire. J’en ai longuement discuté avec Mathilde, ils ne veulent pas participer à l’exécutif tout en étant dans une forme de loyauté. Ils s’engagent à voter un certain nombre de choses, sur tous les aspects programmatiques qu’on a élaborés ensemble, y compris la loyauté sur les votes pour les désignations de maire et d’adjoints. Le cap est fixé sur le programme et tant qu’on agira vers ce cap, ils seront en soutien.

    Au-delà de LFI, la majorité sera assez hétéroclite avec certains passifs voire inimités. Est-ce tenable pendant 7 ans ?

    D.F. : Je suis quelqu’un de très ouvert. Mon engagement n’a jamais été conduit pas les ego ni les réactions affectives, mais en fonction des valeurs. Elles sont le socle le plus important pour travailler ensemble. Depuis le début de la campagne, je travaille tous les lundis soir avec toutes les composantes de la liste. On échange ensemble, on évolue. J’ai une volonté de gouvernance partagée. Tous les lundis, je réunirai les adjoints. Tous les 15 jours, avec l’ensemble des élus de la majorité, nous irons sur le terrain à la rencontre des Avignonnais pour rester en contact direct avec eux.

    Sur la question du programme, vous insistez sur la justice sociale avec comme emblème la sécurité sociale de l’alimentation. Qu’est-ce concrètement ?

    D.F. : Je ne cesse de le répéter : 70% de la population est éligible au logement social et le taux de pauvreté atteint 30%. Nous sommes la seule liste en capacité de répondre aux besoins de la population, car ni Olivier Galzi ni Anne-Sophie Rigault (RN) n’en ont parlé dans leur programme, ou alors rajouté à la va-vite. Le constat, c’est qu’un certain nombre d’habitants sont privés de repas de qualité. On y pallie avec les enfants depuis la remunicipalisation des cantines qui a permis de baisser les tarifs : un enfant sur deux mange pour moins d’un euro. Avec des conventions, comme celle de la chambre d’agriculture, on travaille en circuits courts avec des produits de qualité. Le but est, avec aussi le projet d’une nouvelle cuisine centrale, de développer la potentialité de livraison de repas à d’autres populations, comme les étudiants ou les personnes âgées. Les étudiants, même s’il existe le repas à un euro, ils ont à 5 euros près dans le mois donc on se doit de les protéger. L’autre aspect de cette sécurité sociale, concerne l’eau dont on souhaite le retour en régie publique. Avant la privatisation dans les années 80, la régie rapportait un million de francs par an, ce qui a permis d’investir sur les réseaux et infrastructures. Il faut aussi revoir la tarification qui pénalise les grandes familles ou l’hôpital d’Avignon car plus on consomme, plus on paye. C’est une hérésie.

    La gratuité des transports est aussi évoquée. Sous quelles conditions et comment la financer ?

    D.F. : Il faut y aller par étapes en commençant par les moins de 25 ans. Cela donne un impact indirect en pouvoir d’achat. Cela engage aussi en mobilités douces, donc il y aura moins de pollution. L’idée à terme c’est d’avoir la gratuité pour tous les habitants du Grand Avignon. Il faut tenir compte des finances de l’agglomération, où 90 millions d’euros d’investissements n’ont pas été réalisés. On souhaite des marqueurs différents que ce qui existe aujourd’hui.

    Avignon n’a pas les manettes sur l’exécutif de l’agglo. Pourquoi ça changerait alors que quasiment tous les maires sortants du Grand Avignon ont déjà été réélus dimanche ?

    D.F. : On discute déjà avec différents maires, il y a des évolutions dans leurs orientations. Je ne m’engage pas sur le fait qu’Avignon puisse avoir la présidence. Si on vient d’une façon hégémonique, ça ne marchera pas. On construira ensemble à partir du plus petit dénominateur commun, sans rien imposer. Il faut s’écouter les uns les autres, phaser certains projets. Certains dans ma future majorité sont peut-être intéressés mais je n’ai pas de candidat à proposer, je veux d’abord que l’ensemble des élus commencent à discuter, je suis dans l’écoute de toutes les hypothèses. Du moment que les aspects programmatiques qu’on demande sont validés, peu importe la personne qui les mettra en route.

    Quelle est votre vision à 3 mois, 3 ans et 30 ans d’Avignon ?

    D.F. : Vous avez 3 heures devant vous… ? On enclenchera d’abord la nouvelle structuration de l’administration en fonction de l’orientation du programme. Ce ne sera pas une révolution mais il y aura des nouveautés, comme sur la condition animale qui n’existe pas. Ensuite, on mettra rapidement en place les dossiers qui ne nécessitent pas d’appels d’offres. À 3 ans, j’espère que les petits projets seront réalisés et les autres en ordre de bataille. On sait très bien aussi qu’il y aura des choses non prévues qui nous tomberont dessus donc il faut garder des marges de manœuvre. À 30 ans, je souhaite avoir une ville apaisée en termes de mobilités, je rêve d’une ville végétalisée que l’on prend plaisir à regarder et pas que la vue sur palais des Papes mais bien l’ensemble des quartiers. Et où l’eau prend toute son importance, avec des espaces de fraîcheurs.

  • [Tribune] Extrême droite aux portes de Carpentras : l’histoire n’est pas un détail

    [Tribune] Extrême droite aux portes de Carpentras : l’histoire n’est pas un détail

    « Justine, ô mon amour […] tes restes sont ici, lieu saint que je révère. » Par ces mots datés de 1861, mon aïeul, le Grand Rabbin d’Avignon Benjamin Mossé, rend hommage à son épouse. Ce poème est gravé sur sa tombe, dans le cimetière juif de Carpentras, dont quelques-uns seulement possèdent aujourd’hui la clé.

    L’histoire de la capitale du Comtat Venaissin est indissociable de celle des Juifs en Provence. Une présence plurimillénaire. Une vie organisée dans la « carrière », ce ghetto provençal longtemps lieu de contraintes mais aussi de culture et de transmission. Une synagogue, la plus ancienne de France encore en activité.

    Et puis, il y a l’indicible. En 1990, le cimetière juif de Carpentras fut le théâtre d’une profanation d’une ignominie macabre : 34 tombes éventrées, des corps exhumés, une violence méthodique et glaçante, dont furent jugés coupables des membres de groupes néonazis. Au-delà de l’abjection de cet acte antisémite, ce fut un moment politique charnière où l’affaire fut instrumentalisée, notamment par Jean-Marie Le Pen et par des journaux d’extrême droite, qui y virent l’acte de communistes, du KGB ou de mouvements islamistes palestiniens.

    C’est aussi de cette tragédie qu’est née la loi Gayssot, du nom du député communiste à son initiative, première loi mémorielle visant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, longtemps critiquée pour son atteinte supposée à la liberté d’expression. Une résonance particulière à l’ère actuelle, marquée par le trumpisme et un chevauchement des idéologies libertariennes et néo-fascistes.

    Aujourd’hui, c’est dans cette même ville que le risque de l’extrême droite se précise : le député RN Hervé de Lépinau, arrivé en tête au premier tour, a fusionné avec deux autres listes d’extrême droite. Ancien du mouvement de Philippe de Villiers, adhérent au Front national depuis 2014, le catholique libéral-conservateur est, entre autres, un fervent opposant à l’IVG, allant jusqu’à comparer, sur Twitter en 2020, l’avortement à la Shoah.

    Que signifie alors confier les clés de Carpentras à ceux qui s’inscrivent dans l’héritage politique d’un courant qui a si souvent flirté avec le révisionnisme, l’antisémitisme et la haine des minorités ?

    Si les Juifs ne sont plus aujourd’hui la minorité ciblée par l’extrême droite vauclusienne et nationale, focalisée sur l’islam, il ne doit pas nous échapper que, lorsqu’ils parlent des « étrangers », c’est bien de nous qu’il s’agit. Racisme et antisémitisme reposent sur les mêmes mécanismes.

    Pour moi, Justine, née à Carpentras, dont les aïeux reposent dans ce cimetière israélite, il est inconcevable que la présence plurimillénaire des Juifs à Carpentras, les valeurs universalistes défendues à travers les siècles, et le traumatisme de la profanation de ce cimetière soient réduits à des « détails de l’histoire ».

    À la veille d’un choix décisif, rappelons-nous ce qui se joue derrière ce scrutin local : la responsabilité de ne jamais fermer ne serait-ce qu’un œil face au visage de la haine, y compris lorsqu’elle avance masquée.

  • À Carpentras, Serge Andrieu s’emploie face au risque RN

    À Carpentras, Serge Andrieu s’emploie face au risque RN

    S’il nous a donné rendez-vous devant le cimetière de Carpentras pour faire du porte-à-porte, l’espoir de se faire réélire n’est pas mort pour le maire sortant Serge Andrieu (DVG) ce jeudi 19 mars. « On n’a pas perdu encore ! » lance-t-il ainsi à une dame venue se recueillir et qui en profite pour le saluer et qui s’inquiétait d’une éventuelle prise de la mairie par le RN.

    Car pour l’heure, les chiffres du premier tour ne vont pas dans le sens d’un deuxième mandat consécutif pour Serge Andrieu. Hervé de Lépinau (RN) est arrivé premier avec 26,71% devant l’actuel premier édile avec 25,17%. Suit Francis Adolphe (DVG), maire de 2008 à 2018 qui a dû quitter ses fonctions après une condamnation pour violences conjugales, avec 24,29% et qui, après plusieurs revirements, n’a pas souhaité fusionner sa liste avec celui qui le devançait de peu. Mais surtout, la fusion de la liste du candidat RN avec celle de Bertrand de la Chesnais (EXD) et ses 14,33%, ainsi que le soutien affiché du dernier arrivé Christian Richaud Simoni et ses 9,51%, ne font que creuser l’écart sur le papier et augmenter le risque d’une vague brune sur la capitale du Comtat Venaissin. « On doit chercher des électeurs de Francis Adolphe, mais surtout parmi les 9 000 abstentionnistes », pointe Serge Andrieu.

    Donc, à quelques dizaines de minutes de la cérémonie d’anniversaire du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie dans ce même cimetière, Serge Andrieu en a profité pour, avec son colistier Patrick Botella Mondet, faire du porte-à-porte dans le quartier environnant. Et c’est souvent ce dernier qui, lorsque la porte et le portail s’ouvrent, entame l’échange avec un cinglant : « Nous sommes ici pour le second tour des élections municipales et nous sommes les seuls à pouvoir battre le RN. » « C’est un vrai danger pour les associations, le vivre-ensemble et le bien-vivre. Il ne faut pas se monter les uns contre les autres », embraye-t-il.

    « Demandez aux députés »

    Et pendant un peu plus d’une heure, les échanges se multiplient, la plupart du temps sans adversité particulière. L’un, un médecin retraité, glisse qu’il a « bien peur que le RN passe » et ne comprend pas pourquoi « Francis Adolphe s’est présenté avec ses casseroles et se maintient », car « là, c’est dangereux ». « On a fait tout ce qui était légalement possible, mais on nous demandait trop de choses », souffle le candidat.

    Quelques dizaines de mètres plus loin, c’est encore un accueil chaleureux pour celui qui est adjoint depuis 2008 et le premier mandat de celui qui est devenu son adversaire aujourd’hui. « On va voter pour vous », assure une dame. « Je suis de votre côté. Mais c’est dommage d’avoir affiché tous ces échanges avec monsieur Adolphe sur les réseaux », ajoute plus loin un autre administré. Ce à quoi Serge Andrieu répond qu’il n’a fait que se défendre. Avant un long échange avec une habitante de l’avenue Victor-Hugo qui veut des travaux pour refaire les trottoirs devant chez elle et glisse qu’elle « ne sait pas si elle va rester à Carpentras avec les incivilités ». « Ce sont les députés qu’il faut aller voir. Mais quand on les sollicite, ils ne font rien », répond Serge Andrieu, sans évoquer que l’un d’eux est aussi son adversaire ce dimanche 22 mars, Hervé de Lépinau.

  • BMX : Sylvain André lance sa campagne aux États-Unis

    BMX : Sylvain André lance sa campagne aux États-Unis

    Les choses sérieuses ont repris pour Sylvain André, avec une première sortie positive.

    Le médaillé d’argent aux Jeux de Paris était à Houston. Dans la capitale du Texas, il a réussi sa première sortie officielle d’une saison qui le verra tenter sa chance en championnat d’Europe, épreuve qui se déroulera à Sarrians, à deux pas de chez lui.

    Pour s’y préparer au mieux, le Cavaillonnais a coché plusieurs rendez-vous sur son calendrier. Dont deux aux États-Unis. « Tous les ans je participe au moins à une ou deux étapes du championnat américain car ça me permet de rouler un peu plus qu’en restant sur le circuit classique », se justifie-t-il.

    Premier bronze

    Pour la première étape, Sylvain André a terminé sur la troisième marche du podium. Il visera la marche supérieure lors de la deuxième de ses quatre manches états-uniennes, à Rock-Hills (Caroline du Sud). « Cette saison, le but est d’en profiter et de le refaire avant de s’engager sur un nouveau cycle olympique en 2027. Je serais donc présent sur les trois prochaines manches jusqu’à fin mai, et, selon les résultats je verrais si ça vaut le coup de s’engager sur les suivantes », détaille-t-il.

    Son premier grand rendez-vous en France est programmé début juin. Les 6 et 7, la piste de Sarrians, à deux pas de chez lui, sera le cadre de la première manche de la Coupe du Monde. Le Vaucluse qui, cette année, sera la capitale du BMX car, dans la foulée, les championnats d’Europe investiront la cité au pied du Mont Ventoux, du 26 au 28 juin.

    Entre ces deux échéances, Sylvain André aura effectué un tour de Coupe du Monde du côté de Papendal, aux Pays-Bas, les 11 et 12 juin.

  • Avignon : la mère qui a congelé ses bébés devant la justice

    Avignon : la mère qui a congelé ses bébés devant la justice

    L’affaire éclate lorsque l’ami de sa fille cadette, alors âgée de 16 ans, alerte la police après que celle-ci lui a confié qu’un bébé se trouvait dans le congélateur, à Bédoin, près du Mont-Ventoux (Vaucluse). Les gendarmes découvrent alors deux nourrissons de sexe féminin, enveloppés dans un sac de courses, un drap et une couverture.

    Selon les médecins légistes, le premier bébé, né en mars 2018, avait vécu quelques jours, avait été nourri, et serait décédé d’un traumatisme crânien. Le second serait mort très peu après sa naissance, faute de soins, notamment parce que son cordon ombilical n’avait pas été coupé. L’avocate d’Aurélie S., Me Charlotte Brès, affirme que sa cliente n’a jamais changé de version : elle soutient que le premier bébé est mort après une chute dans les escaliers et le second des suites d’un accouchement solitaire, consécutif à un déni de grossesse.

    La fille aînée déclare pourtant avoir assisté au premier accouchement et affirme que sa mère avait refusé d’appeler les secours. L’accusée explique avoir mis les corps au congélateur, prétendant à ses filles avoir donné le premier bébé « à l’adoption ». Elle affirme avoir voulu « une sépulture » et les « garder près d’elle ». Aujourd’hui âgée de 44 ans, elle dit ne pas comprendre son geste.

    Les expertises évoquent une enfance religieuse stricte, un viol dans son enfance et des relations amoureuses violentes. L’avocat du père du premier bébé l’accuse de mentir « sur tout ». Les trois filles d’Aurélie S., parties civiles, dénoncent également des violences et ne soutiennent pas leur mère. Leur avocate estime qu’elles sont « concernées par les faits criminels ». Le procès doit se tenir jusqu’au 27 mars à Avignon.

  • Pas de front à Cavaillon

    Pas de front à Cavaillon

    C’est un équipement national majeur essentiel à la vie du territoire, qui affiche complet à chacun de ses événements, rayonne dans les villages et les quartiers, les lycées, les collèges et les écoles. Et, aujourd’hui Chloé Tournier est « très inquiète ». Bénédicte Auzanot, candidate RN, députée de la circonscription, a rassemblé 44% des voix au premier tour, alors qu’en 2020 elle n’en comptabilisait que 23%. Le maire sortant, Gérard Daudet, qui comptabilise 38% des voix à l’issue du premier tour, ne bénéficiera pas du retrait Patrick Blanès (DVG) qui maintient sa liste et a recueilli 17% des suffrages.

    Pour Chloé Tournier, adhérente du Syndeac, (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), « le front républicain est un principe que nous défendons tous clairement et sans hésitation ». Elle rappelle le communiqué intersyndical des entreprises du spectacle appelant clairement au désistement entre les deux tours. « Le barrage à la droite extrême est la seule priorité » car « partout où elle gouverne, l’extrême droite remet en cause les principes fondamentaux de la politique culturelle ». Elle s’étonne aussi qu’aucun candidat n’ait « pris attache » avec elle durant la campagne, regrettant de ne pas avoir eu « d’échanges clairs sur leurs programmes et leurs intentions ».

    Droite et républicaine

    Elle précise aussi, avec netteté, n’avoir jamais subi aucune pression de la part du maire sortant Gérard Daudet, contrairement à de nombreux directeurs de scènes dans des villes LR. Elle n’a vécu « aucune ingérence sur la programmation ou la communication, aucune baisse de subvention, le bâtiment municipal a été entretenu, le hall rénové ». Pourtant la programmation de la Scène nationale est « le reflet des enjeux artistiques d’aujourd’hui ». Clairement progressistes, antiracistes, queers et féministes, ses choix, et elle tient à « le saluer », n’ont jamais été remis en cause, ni même commentés.

    Que fera-t-elle si le RN est élu à Cavaillon ? « Je prendrais le temps d’en parler avec mes équipes. Je ne m’explique pas comment le vote RN a autant augmenté, à Cavaillon et ailleurs. Mais il est clair que la mission de service public qui est la mienne, c’est-à-dire la défense des droits culturels de tous et toutes, devra se poursuivre. Y compris, et peut-être d’autant plus, si le RN l’emporte. On ne peut abandonner un territoire parce qu’il se fracture, il faut essayer de le réparer avec les forces qu’il nous reste. »

  • [Entretien] Serge Andrieu : « Il faut sauver Carpentras des mains du RN »

    [Entretien] Serge Andrieu : « Il faut sauver Carpentras des mains du RN »

    Lors du premier tour des élections municipales sur Carpentras, Hervé de Lepineau (RN) est arrivé en tête avec 26,71% des voix. Il est suivi par Serge Andrieu avec 25,17% des suffrages, puis Francis Adolphe (DVG) a 24,29%. Deux listes d’extrême droite ont clos le quintuplé : Bertrand de La Chesnais à 14,33% puis Christian Richaud-Simoni à 8,50%.

    La Marseillaise : Vous arrivez en deuxième position, derrière le RN qui a depuis fusionné avec deux autres listes d’extrême droite. La troisième liste de Francis Adolphe vous talonne. Quelle est votre analyse du rapport de force après ce premier tour ?

    Serge Andrieu : Il y a près de 50% de personnes qui n’ont pas voté, il y a eu une grosse abstention. Ces personnes, on va aller les chercher, on est déjà en train de les motiver. Il faut que les habitants se mobilisent et se rendent compte de l’urgence. Je pense qu’on a des chances et que la situation n’est pas perdue. Il faut que les abstentionnistes se réveillent. Pourquoi les gens ne sont pas allés voter ? Je ne sais pas, je n’arrive pas à l’expliquer. Mais on fait tout notre possible pour qu’ils y aillent au second tour.

    Il y a eu des discussions pour une fusion avec la liste de Francis Adolphe mais elles n’ont pas abouties. Quel commentaire de votre part sur ces négociations avortées ?

    S.A. : J’aurais préféré faire une fusion face au risque que la commune bascule dans les mains de l’extrême droite. Malheureusement, les exigences de l’autre candidat étaient anormales. Il voulait faire rentrer tellement de monde de son équipe que je n’aurais pas eu la majorité au conseil municipal. En plus de ça, il exigeait la présidence de l’intercommunalité… Cela fait beaucoup. Alors même qu’il s’était engagé, s’il était derrière moi, à se désister. Ce qu’il n’a pas fait. Vous comprenez que c’est très difficile de discuter avec lui et d’arriver à un accord avec lui dans ces conditions. Nous avons tout fait pour créer les conditions du rassemblement, mais Francis Adolphe a tout fait pour que cela ne réussisse pas. Il a voulu faire une tambouille. Mais nous savons que, dès la semaine dernière, il avait déjà imprimé des tracts pour le second tour. Faire croire à une possible fusion était une manœuvre, il ne l’envisageait pas vraiment. Mais c’est un mauvais calcul de sa part : c’est le Balkany de Provence ! Il n’est même pas né ici.

    Vous l’appelez à la raison d’ici dimanche ? Que dites-vous à ces électeurs ?

    S.A. : Bien entendu que je vais aller chercher cet électorat. L’extrême droite est réunie, les trois listes sont ensemble au second tour, il faut donc aller chercher toutes les bonnes volontés. Il faut sauver Carpentras des mains du RN, de l’extrême droite, il faut bien voter et ne pas diviser les voix. Il est encore temps qu’il revienne à la raison et se retire.

    Vous tirez la sonnette d’alarme
    sur le fait que l’extrême droite
    peut prétendre à prendre la mairie
     ? Quelles conséquences pour
    les habitants
     ?

    S.A. : Quand trois équipes se réunissent pour vous battre, c’est un souci mais ce n’est pas perdu d’avance. Il faut que les gens prennent conscience des conséquences qu’une élection du RN sur la commune peut avoir. Sur le social, ça peut être grave. Dans le monde associatif aussi. À chaque fois qu’on vote des subventions à des associations dites sociales au conseil municipal, le RN s’y oppose. Ce sont les structures du quotidien qui seront vulnérables, celles qui s’occupent des jeunes, des personnes âgées Je pense également aux centres sociaux… On a 250 associations sur la ville, une bonne partie d’entre elles peuvent être inquiètes. On sait ce que fait le RN au pouvoir : au conseil municipal, ils demandent déjà des coupes dans les subventions.

    Avez-vous des temps forts d’ici dimanche ? Quel est le programme pour convaincre les abstentionnistes ?

    S.A. : On fait du porte-à-porte intensif, on toque à toutes les portes. Plusieurs équipes tournent déjà dans la ville, on cible les endroits où il y a eu de l’abstention. Évidemment, on leur explique que si le RN arrive à Carpentras, il y en a pour 20 ans. C’est toujours très difficile de se débarrasser du RN. C’est pour cela qu’il ne doit pas passer. Il faut que Carpentras reste dans le camp républicain.

    Vous avez reçu du soutien depuis le premier tour ?

    S.A. : Bien entendu, et j’ai d’ailleurs reçu un certain soutien suite au fait que je n’ai pas pactisé avec la liste de l’ancien maire condamné pour violences conjugales. Les habitants saluent ce geste et cela me motive. Il y a aussi des associations qui peuvent faire bouger des lignes…

  • Les communistes satisfaits d’avoir joué les traits d’union à Avignon

    Les communistes satisfaits d’avoir joué les traits d’union à Avignon

    Début janvier, en avalisant un accord avec la liste insoumise de Mathilde Louvain, la section avignonnaise du Parti communiste avait fait grincer des dents à gauche et au sein de la direction nationale. Une décision allant à rebours de la présence du PCF au sein de la majorité sortante, dont le candidat naturel était David Fournier (PS). « De manière générale dans la section il y a un clivage historique entre une gauche réformiste et une gauche révolutionnaire, cette fois le choix s’est porté sur la seconde », décrypte Julien De Benito, secrétaire départemental du PCF 84. Avec la fusion des listes à gauche, les communistes présentent trois colistiers, dont le conseiller départemental Rémy Blanc et l’actuelle élue à l’action sociale, Anne-Catherine Lepage amenée, en cas de victoire, à prendre une délégation élargie sur le sujet.

    « On est fiers du chemin pris, l’histoire nous donne raison, livre Rémy Blanc. On peut se satisfaire d’avoir été un peu ce trait d’union, d’avoir rendu les choses possibles pour ce second tour. » Même tonalité pour Julien De Benito, adjoint au maire sortant, qui ne se représente pas. « Il fallait garantir une fusion entre les deux tours, un rapprochement des deux gauches », estime-t-il. Avoir mené « une campagne propre », qui a ménagé les uns les autres ainsi que les personnalités peu clivantes de Mathilde Louvain et de David Fournier ont contribué à s’entendre. Mais pas que. « On a travaillé toute la campagne à relocaliser le débat, à lui donner du contenu par les dossiers avignonnais, Mathilde a su très bien s’en saisir, et ça aussi, c’est un facteur d’union, ça passe toujours mieux quand tu parles de dossiers qu’à coups de slogans. » Assez affligés par la tournure de la campagne prise par Olivier Galzi (DVD) accusant la gauche de « violence », Rémy Blanc et Julien De Benito répondent par le fond : « On doit rassurer par rapport à toute cette instrumentalisation de notre union, il n’y a rien de violent à vouloir des bas tarifs à la cantine, des logements dignes, des transports en commun gratuits ou une régie publique de l’eau. »

    En cette fin de campagne, le PCF insiste sur les « questions de solidarité, de justice sociale au regard des difficultés dans les quartiers populaires », conclut Rémy Blanc.