Tag: Vaucluse

  • Les dessous viciés du départ de la procureure d’Avignon

    Les dessous viciés du départ de la procureure d’Avignon

    L’expression « années de labeur », parue chez des confrères pour désigner les presque 4 ans de présence de Florence Galtier comme procureure de la République d’Avignon, a fait rire jaune dans les couloirs du tribunal judiciaire. Nommée avocate générale à la cour d’appel de Montpellier, elle quitte le parquet d’Avignon ce vendredi. Ce qui pourrait s’apparenter à un avancement de carrière ordinaire entre juridictions semble traduire, au contraire, une autre réalité. « C’est lié à sa gestion délétère du parquet », nous indique-t-on sans fard au sein de cette juridiction, qui compte 10 magistrats.

    « Notre boulot, tous les jours, est de lutter contre les gens harcelants et on le subit pourtant », poursuit-on au parquet. Depuis plusieurs mois, un climat de défiance s’était installé entre la procureure* et son équipe, s’estimant trop livrée à elle-même, sans cap ni soutien. Éprouvé par les quatre mois du procès Pelicot fin 2024, ayant monopolisé à temps plein deux magistrats, le parquet lance une première alerte en mars dernier. Dans une note adressée à la psychologue du travail, consultée par La Marseillaise, et co-signée par 8 des 10 membres du parquet, les agents pointent les risques psychosociaux. Preuve ainsi d’un malaise unanimement partagé.

    « Accroissement du

    mal-être et épuisement »

    La missive ne cite pas directement Florence Galtier mais, entre les lignes, c’est bien sa gestion qui est épinglée. « Le parquet du tribunal judiciaire d’Avignon fonctionne en mode particulièrement dégradé depuis plusieurs mois, en ce qu’il est en sous-effectifs notoire », est-il écrit d’entrée. À cela s’ajoutait une « vacance de poste, arrêt maladie puis mi-temps thérapeutique » non compensés.

    « Cette situation a pour conséquence d’entraîner une désorganisation certaine, un accroissement du mal-être et l’épuisement des parquetiers, régulièrement amenés à enchaîner 12 jours de travail consécutifs, dont 7 nuits, sans période de repos ou de récupération lorsque les permanences de week-end et de nuit sont assurés », déplorent les magistrats au bord du burn-out.

    « En dépit d’alertes manifestées verbalement, la situation perdure et ne permet plus de tendre vers une justice sereine et de qualité », conclut la note. À sa lecture, « la proc’ est tombée de sa chaise », confie-t-on chez les parquetiers. Une alerte remontée jusqu’au procureur général de Nîmes, qui a déclenché une inspection. Un contrôle de fonctionnement dans le jargon, qui s’est tenu sur trois jours en avril et où chacun a pu exposer ses griefs en matière de gestion et management. Depuis les relations entre la procureure et son parquet étaient réduites à la portion congrue.

    « On s’organise entre nous », lâche-t-on. Si le parquet n’a pas été avisé des conclusions de l’inspection, beaucoup sont persuadés que « son départ est lié à ça ». Pour preuve, dans les mutations internes où habituellement figurent une trentaine de mouvements, celle actant le départ de Florence Galtier ne contenait que deux noms. Le sien et celui de sa remplaçante, Stéphanie Loreau-Aouine, en provenance du parquet d’Angoulême. Celle-ci ne prendra ses fonctions que le 5 janvier, entraînant un intérim interne pour pallier la vacance de poste d’un mois. Une de plus.

    * Sollicitée à plusieurs reprises, elle n’a pas donné suite.

  • Yoann Toubhans nommé nouveau sous-préfet de Carpentras

    Yoann Toubhans nommé nouveau sous-préfet de Carpentras

    Âgé de 48 ans, il prendra officiellement ses fonctions le 8 décembre. Le haut fonctionnaire arrive de Corse, où il était sous-préfet de Calvi depuis 2021. Des fonctions précédemment occupées également à Nice-Montagne et Toul en Meurthe-et-Moselle. Initialement fonctionnaire territorial, Yoann Toubhans a commencé sa carrière en qualité
    de chargé d’études à la direction des affaires administratives et juridiques du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, en 2001.

  • Place publique propose un tunnel pour maintenir la LEO à Avignon

    Place publique propose un tunnel pour maintenir la LEO à Avignon

    Ce n’est « pas un ultimatum », mais Benoît Belvalette avait un message à faire passer, ce lundi matin, à ses possibles alliés à gauche en vue des municipales. En introduction d’un point presse sur les mobilités, thématique qui donnera lieu à une réunion publique ce jeudi (18h30, salle du Rouge-Gorge), le candidat Place publique a exhorté David Fournier (PS), Joël Peyre (PRG) voire Paul-Roger Gontard (La Convention) a parlé programme plutôt que leadership. « Je veux bien qu’on fasse un bout de chemin ensemble, qu’on nous dise qu’on est le petit Poucet mais nous sommes les seuls dans cette campagne à porter des projets et propositions concrètes », plaide Benoît Belvalette.

    Après la sécurité ou la jeunesse, l’ex-directeur de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) a exposé sa vision des transports. Une compétence qui relève surtout du Grand Avignon, dont selon lui la présidence doit revenir à la ville-centre mais pas au maire. Sur le fond de la thématique, Benoît Belvalette compte enterrer à sa manière le dossier brûlant et lancinant de la liaison Est-Ouest (LEO). « Il faut conserver le même tracé [de la phase 2 à l’arrêt et dont les crédits ont été alloués ailleurs] mais créer un tunnel au lieu d’un pont sur la Durance qui traverse aussi de manière souterraine la ceinture verte », expose Philippe Smith, référent transport de la campagne. Un projet « au coût similaire » d’environ 600 à 800m qui pourrait toutefois être payant selon le modèle de financement.

    Benoît Belvalette est « en phase », en revanche, avec la position de la Ville concernant l’arrêté anti poids lourds sur la Rocade, retoqué par la préfecture. « La santé publique est l’argument numéro un », défend-il, en piquant toutefois la « méthode trop verticale » de la maire Cécile Helle sur le sujet. Sur les sujets structurants, le candidat de Place publique plaide pour développer plutôt les bus à haut niveau de service sur voies réservées plutôt que le tramway, « hormis vers Agroparc ». Quant au plan faubourgs, sans renier la philosophie de cette refonte des sens de circulation insaturée il y a près de 4 ans, « on apportera quelques mesures correctives en lien avec les conseils de quartiers ».

  • Les négociations annuelles piétinent chez Marie Blachère

    Les négociations annuelles piétinent chez Marie Blachère

    « La nuit, il ne faut pas se réveiller car on va se dire “merde, comment je vais faire pour la journée ?” On a parfois l’impression d’être dans la secte Marie Blachère », confie avec hargne une représentante syndicale, ce lundi 24 novembre, quelques minutes avant l’ouverture des Négociations annuelles obligatoires (NAO) avec la direction de la plus grande chaîne de boulangeries en France, aux Angles (Gard).

    Une réunion qui n’a débouché que sur « une petite avancée sur la prime d’ancienneté », regrette Véronique Marchois, représentante CFDT. Mais rien sur les principales revendications des syndicats, à savoir de « vraies augmentations de salaires pour tous », ainsi que l’amélioration des conditions de travail, la réduction de la pénibilité ou encore le droit à la déconnexion.

    « Cela ne suffit pas », appuie Christine Tonarello, secrétaire CGT du géant de la boulangerie, en précisant que les propositions devraient être mises à nouveau sur la table, ces prochains jours. Si elles ne conviennent toujours pas, un nouveau mouvement est envisagé, cette fois pendant la période des fêtes de Noël.

    Intersyndicale historique

    Après un premier rassemblement organisé par la CGT de Marie Blachère, qui compte 850 boutiques et presque 13 000 employés, c’est aussi la première fois qu’une intersyndicale se forme avec la CFDT, qui s’est jointe au mouvement. « C’est un message fort. Car on n’a pas de vie de famille. On a l’impression que notre vie de famille, c’est Marie Blachère. On dit stop, on en a marre ! Le ras-le-bol est général et on sait que beaucoup de salariés sont d’accord avec nous, mais ne peuvent pas se permettre de perdre une partie du faible salaire qu’ils ont », poursuit Véronique Marchois, à bout. « On s’appuie sur les mêmes revendications toute l’année. Le but, c’est de se faire entendre à travers toute la France », ajoute Nathalie Pascal, déléguée syndicale CGT.

    Un rassemblement était également organisé en amont de la réunion, avec une quarantaine de militants présents aux Angles, à proximité d’une boutique de la firme. Tandis qu’à quelques mètres de là, plusieurs membres de l’équipe de direction se sustentaient avec des produits de la maison, observant d’un air mi-amusé, mi-inquiet la mobilisation qui prenait forme, certains allant jusqu’à photographier les manifestants posant devant la banderole. Aucun d’entre eux n’a souhaité s’exprimer sur la situation.

  • Le « curieux Noël » de la Cité des Papes commence ce week-end

    Le « curieux Noël » de la Cité des Papes commence ce week-end

    Des esquimaux de plusieurs mètres de haut vont grimper et galoper à travers la Cité des Papes dans le cadre des festivités organisées par la Ville d’Avignon. Ce sont les Anookis qui vont s’installer sur
    cinq lieux emblématiques d’Avignon, à savoir la porte de la République, le mur des Halles, la rue du Vieux-Sextier, la place Saint-Didier et l’hôtel de ville. Tandis que, dans le même esprit, un vidéomapping est prévu pour raconter l’histoire de ces personnages. Une animation destinée à « rappeler que Noël est une fête familiale avec des personnages qui recèlent une âme d’enfant », pousse la première édile de la Cité des Papes, Cécile Helle (PS).

    Ces grandes structures gonflables, qui vont parader au départ de la gare Centre ce samedi 29 novembre à 18 heures, portent également un message. « S’ils se retrouvent dans les rues du monde entier, c’est parce que leur banquise a fondu. On tente de parler du réchauffement climatique de manière décomplexée plutôt qu’avec un discours qui peut être anxiogène », confie ainsi Moetu Batlle, co-créatrice des Anookis, qui ont déjà été exposés dans plusieurs villes à travers le monde.

    Le reste du programme comprend bien sûr les incontournables marchés d’artisans et de produits de bouche, sur les différentes places intra-muros. Mais aussi un feu d’artifice, qui viendra conclure l’année Terre de Culture, le mardi 23 décembre, depuis le Pont Saint-Bénézet et les berges du Rhône.

    Programme complet sur le site avignon.fr

  • Sanction réduite pour Badji sur le terrain du foot

    Sanction réduite pour Badji sur le terrain du foot

    On n’est pas sur un partout, balle au centre, mais Sabah Badji remonte en partie le terrain. En appel devant la Ligue Méditerranée de football, la cheffe de file des Écologistes pour les municipales a vu sa suspension être réduite de trois à cinq ans, et les motifs de corruption et faux et usage de faux disparaître. Des faits qui, rappelons-le, s’inscrivent dans un cadre sportif lié à l’engagement associatif au sein du district de foot du Grand Vaucluse et non sur le terrain judiciaire.

    En septembre, La Marseillaise révélait que Sabah Badji avait été sanctionnée pour avoir appuyé une tentative -avortée- de révocation du comité directeur du district. En employant donc des méthodes hors des clous, comme la falsification de signatures de présidents d’autres clubs. « Aucun élément matériel, aucun témoignage direct, aucune pièce à valeur probante ne vient corroborer une implication de Mme Badji », estime la commission d’appel.

    Pas de décision politique le temps du recours

    En revanche, la commission d’appel ne déjuge pas certains « faits de fraude et tentative de fraude ». Sur la base de 4 présidents prétendant avoir été trompés par Sabah Badji sur la nature du projet de révocation, la Ligue parle d’un « ensemble d’actions coordonnées, répétées et méthodiquement mises en place ». Des « manœuvres frauduleuses » dont « Sabah Badji doit être tenue responsable ». Jointe par La Marseillaise, la cheffe de file conteste toujours avec vigueur l’ensemble des faits et annonce déposer un recours devant le CNOSF (Comité national olympique et sportif français), un nouvel appel qui est suspensif. « Je n’ai rien fait du tout dans l’affaire », continue de plaider Sabah Badji, qui espère être blanchie. « Tout ce qui a été utilisé pour me salir s’est effondré », note-t-elle, tout de même insistant sur le fait que « les accusations les plus graves aient volé en éclat », comme la corruption et l’usage de faux.

    Un dossier qui a des répercussions politiques au sein des Écologistes, tiraillé par de lourds antagonismes locaux à tel point que le parti a été mis sous tutelle du national. Confiance est maintenue à Sabah Badji tant que les recours ne sont pas tous épuisés. « On attend la décision de l’appel et on se positionnera en fonction », expose François Thiollet, membre du bureau national, qui n’a pas prévu « d’audition » de la cheffe de file. Fin octobre, une alliance prioritaire a été actée auprès de David Fournier (PS). « L’enjeu c’est de permettre un large rassemblement autour de lui et que ce ne soit pas des sujets connexes qui pénalisent l’unité de la gauche », assure François Thiollet.

  • Les rendez-vous de la semaine pour lutter contre les violences faites aux femmes

    Les rendez-vous de la semaine pour lutter contre les violences faites aux femmes

    MARSEILLE

    Le collectif Nous Toutes Marseille organise, mardi ce 25 novembre, une journée de lutte. Plusieurs étapes sont prévues :

    – Dès 16h, un village féministe est accessible à toutes les mobilités pour les stands associatifs, à l’hôtel de ville (place Bargemon). Le village et le défilé sont exclusivement en extérieur.

    – Des prises de parole des collectifs interprétées en langue des signes française et possibilité d’avoir les textes manuscrits à la demande.

    – Un cortège calme, handicapés, enfants et mobilités réduites est prévu en milieu de cortège (mais sans véhicule support)

    Total du tracé : 1,6 km de l’hôtel de ville vers le métro Joliette. Les points de départ et d’arrivés sont desservis par métro et bus.

    AIX-EN-PROVENCE

    Ce 27 novembre 2025 au CREPS d’Aix-en-Provence : la Mission Interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) organise une session de formation.

    Cette journée intégrera des acteurs locaux des champs Sport, Jeunesse et le service déconcentré des Droits des Femmes et Égalité (Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité et les DDDFE des six départements de PACA).

    AUBAGNE

    La Ville d’Aubagne a adopté un plan en faveur de l’égalité hommes-femmes. L’action est organisée à travers quatre grandes priorités : l’accès aux soins, l’égalité professionnelle en entreprise, la promotion de la culture de l’égalité et la lutte contre les violences faites aux femmes.

    Le jeudi 27 novembre à 9h30, à l’Espace des Libertés, un colloque sur les violences psychologiques faites aux femmes et intrafamiliales, est organisé en partenariat avec la Maison de la Justice et du Droit. Un événement ouvert à tous et plus particulièrement aux professionnels de santé et paramédicaux, travailleurs sociaux, professionnels scolaires, périscolaires et de loisirs, crèches et partenaires institutionnels susceptibles d’être en relation directe avec des femmes ou des familles victimes de violences.

    Le thème de ce colloque, pour cette 2ᵉ édition, est les violences psychologiques faites aux femmes.

    PORT DE BOUC

    Le rendez-vous est fixé ce 25 novembre à 12 h 00 sur le cours Landrivon, pont Van Gogh. Cette manifestation est organisée par l’association Vie au Féminin

    TOULON

    Ce mardi 25 novembre, journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes :

    ️Départ à 18h du Palais de Justice, pour se diriger vers la gare de Toulon. Tout au long de la marche, des chants et danses féministes sont prévus, puis un femmage à « nos sœurs assassinées cette année, sous forme de die-in ». ️Dress code, violet toujours ! @planningfamilialvarois

    Et aussi, une conférence sur les cyberviolences à 17 heures à la salle de conférence de l’Hôpital Sainte Musse. L’objectif est de sensibiliser les professionnels de santé aux violences au sein du couple et notamment les cyberviolences. La conférence est également ouverte aux partenaires de la Maison des Femmes Santé et à toutes celles et ceux concernés par l’accompagnement des victimes.

    ☎️ Contact et renseignements : Hôpital Sainte Musse à Toulon. Tel 04 94 14 54 93

    FRÉJUS

    Ce mardi 25 novembre à la Maison d’Ailes à Fréjus, à 18h, la sous-préfète de Draguignan participera à la célébration du 1er anniversaire du dispositif « Ici demandez Angela » qui permet à toute personne se sentant suivie, victime d’agression ou en insécurité de trouver de l’aide rapidement dans un établissement ou un commerce.

    POURRIÈRES

    Ce vendredi 28 novembre à la salle des fêtes à 18h30, la sous-préfète de Brignoles et la DDDFE participeront à une soirée cinéma-débat organisée par la commune comprenant la projection du film « Paroles des Femmes » en présence de la réalisatrice Sophie Deloume, suivi d’une table ronde.

    AVIGNON

    Dans le cadre de la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes, Avignon Université accueille Le Mouvement du Nid, association engagée dans la prévention et la sensibilisation autour de la prostitution. De 11h30 à 18h05, des temps forts rythment la journée sur le campus Hannah Arendt, qui se clôturera par un moment de convivialité à l’issue de la représentation théâtrale.

    16h-17h : Atelier de sensibilisation – Salle OE14 – « Prostitution et internet : échanges sur les enjeux actuels »

    17h-18h05 : Représentation de la pièce J’aimerais arrêtée, Salle OW33
    Site centre-ville / Hall bâtiment Sud / salles OE14 et OW33

    Et aussi, vernissage de l’exposition « Entrav(er) paroles face à la violence(s) » réalisée par la photographe Marie Marcel à partir de 18h dans le péristyle de l’hôtel de ville en présence de la maire Cécile Helle, de Nathalie Gaillardet, adjointe déléguée à Avignon la Républicaine, au devoir de mémoire et aux anciens combattants et de Françoise Lichière, conseillère municipale déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations.

  • Narcotrafic : déjà sept dossiers en cours pour l’expulsion d’HLM en Vaucluse

    Narcotrafic : déjà sept dossiers en cours pour l’expulsion d’HLM en Vaucluse

    C’est une déclaration qui résonne tristement d’actualité. « Alors, on aurait expulsé ma mère, moi et ma sœur à cause de mon frère ? », s’indignait cet été (notre édition du 2 août) Amine Kessaci, au moment où son association Conscience déposait au tribunal de Marseille un référé contre la décision du préfet de région d’expulser des familles de leur logement social. Une disposition née de la loi narcotrafic permettant de faire perdre son HLM à tout un foyer si une personne qui y vit est liée au narcotrafic.

    Une mesure qui « punit des innocents », selon Amine Kessaci et globalise une peine. Elle « présente le risque majeur d’étendre de manière disproportionnée, et sans limites claires, le champ des motifs d’expulsions locatives, mêlant injustement et de manière disproportionnée ordre public et droit à la vie privée et familiale », alertait, avant le vote de la loi, 40 structures réunies dans le collectif des associations pour le logement dont la Ligue des droits de l’homme, Droit au logement, Emmaüs, la Confédération nationale du logement.

    Qu’importe, le texte était voté le 13 juin. En Vaucluse, on n’a pas attendu l’été pour expulser des occupants de logements sociaux impliqués dans le narcotrafic. Il y a dix jours, lors du salon des maires du département, le préfet indiquait devant les élus : « Six occupants de logements sociaux ont été expulsés en raison de leurs liens avec le narcotrafic, sept dossiers sont en cours », chiffrait Thierry Suquet en insistant : « Il est inacceptable que des individus liés au narcotrafic bénéficient de la solidarité nationale, en occupant des logements sociaux », soulignant « l’emprise extrêmement forte du narcotrafic dans certains quartiers » avec « une prise en otage des habitants ».

    Il faut cependant distinguer deux catégories dans les chiffres fournis par le préfet. Les six occupants effectivement expulsés ne l’ont pas été dans le cadre de la loi contre le narcotrafic. « Ce sont des personnes, titulaires du bail locatif, qui ont participé à du trafic de drogue et ont été condamnées pour cela, mais ce n’était pas le motif de base de leur expulsion », précise, à La Marseillaise, le directeur de cabinet du préfet, Thibault de Cacqueray.

    Une convention déjà signée au printemps

    En revanche, les sept autres en cours, initiés depuis septembre, s’inscrivent bien dans le cadre des nouvelles dispositions législatives. « Il y a trois injonctions du préfet faites au bailleur Grand delta habitat (GDH) pour qu’il demande l’expulsion au juge et si le bailleur n’a pas suivi l’injonction au bout d’un mois, le préfet peut se substituer et donc porter lui-même le dossier », confie le directeur de cabinet, également sous-préfet particulièrement chargé de la lutte contre la délinquance. Le cas d’un appartement nourrice à Orange est cité, où le locataire n’y vivait même plus. Les quatre autres dossiers n’ont pas encore déclenché d’injonction mais le travail est en cours pour réclamer l’expulsion auprès du tribunal.

    Ce qui change avec la loi, c’est que l’expulsion peut être prononcée même sans condamnation. « On va solliciter l’expulsion sur la base d’éléments de police prouvant que ces appartements sont utilisés pour le trafic », fait valoir Thibault de Cacqueray. Pour l’heure, trêve hivernale oblige (jusqu’au 31 mars), aucun des dossiers évoqués n’a encore abouti à une expulsion. « Le juge, dans le cadre de son appréciation, évalue la composition de la famille et peut donner des sursis à statuer pour permettre à la famille de se reloger. Le bailleur a lui-même une responsabilité de proposer un relogement, évidemment pas dans le même quartier », assure le directeur de cabinet du préfet. À noter que la préfecture, la justice et GDH -qui n’a pas donné suite à notre sollicitation- étaient déjà proactifs sur le sujet. Au printemps, une convention avec les parquets d’Avignon et de Carpentras avaient déjà été signés pour un meilleur partage d’informations lors de condamnation. « Je tenais à remercier GDH pour son appui à cette politique », saluait le préfet devant les maires.

  • Municipales : une soirée publique organisée par le collectif Le Thor cœur à gauche

    Municipales : une soirée publique organisée par le collectif Le Thor cœur à gauche

    « Le vrai changement, c’est le collectif », précise Isabelle Imperatori, au nom du collectif tandis qu’un autre citoyen engagé, Théo Baldasseroni souligne que « les écoles seront centrales dans nos actions de futurs élus ». La commune compte 5 groupes scolaires. Est notamment envisagée « la gestion d’une cuisine collective » avec les filières locales ajoute leur camarade Halim Rahmouni.

  • Bollène : Zilio, candidat avec un caillou dans la chaussure gauche

    Bollène : Zilio, candidat avec un caillou dans la chaussure gauche

    On ne sait pas encore si la campagne d’Anthony Zilio fera des étincelles mais c’est dans un ancien atelier d’électricité que le maire-candidat (SE) va installer son local de campagne des municipales (15-22 mars). Et ce à deux pas de l’Hôtel de ville, dans le centre-ville. Symbole selon lui « d’une équipe qui a refait battre le cœur de ville », étape indispensable pour irriguer positivement le reste de la cité. Une semaine après avoir laconiquement annoncé sur ses réseaux sociaux sa volonté de briguer un second mandat, Anthony Zilio a reçu la presse ce vendredi.

    Sans encore dévoiler de grandes annonces de campagne, l’édile regarde surtout dans le rétroviseur même si tout « n’a pas été parfait ». « On a embelli, réparé, renforcé la sécurité et maîtrisé le développement de Bollène », synthétise Anthony Zilio. « On a diminué l’endettement de 18 millions à 11,5, augmenté le nombre de policiers municipaux et de caméras (respectivement +5 et +28), entrepris les travaux contre les inondations, regagné des habitants et des médecins », égraine celui qui est aussi conseiller départemental. Le scrutin de 2026 ne serait « qu’un bilan d’étape dans le développement de Bollène à 2030 et 2050 ». Pour y parvenir, le maire compte reprendre les mêmes ingrédients qu’en 2020, à savoir une liste large de rassemblement qui a permis de battre Marie-Claude Bompard (Ligue du sud) avec 51,81%. « Je ne suis candidat contre personne ni dans un esprit de revanche, mon équipe sera renouvelée et élargie », promet-il. Issu du centre gauche, sa majorité a plusieurs sensibilités allant de la droite à des proches du PCF. « Dans une ville de 14 000 habitants, il ne s’agit pas d’être de gauche ou de droite mais de bon sens, ne nous dispersons pas sur les sujets nationaux quand les solutions sont locales, professe Anthony Zilio. On a vécu 56 jours sans gouvernement, je ne crois pas qu’on pourrait vivre 56 jours sans service public local. »

    Une politique « pas assez

    à gauche »

    Côté extrême droite, trois candidats sont sur les rangs : Marie-Claude Bompard, Franck Marest (RN) et Sophie Lorenzo, actuelle élue RN d’un village en Ardèche. Et, comme en 2020, une liste de gauche portée par le communiste Daniel Barrière devrait être en lice. Lors des précédentes municipales, avec 10,5% des voix, il s’était désisté au second tour appelant « à battre l’extrême droite ». « On relance Bollène à gauche », annonce Daniel Barrière. Monter une propre liste n’était pourtant pas au départ l’idée initiale. « On a travaillé depuis février pour une liste d’union républicaine mais cela a abouti à un échec », confie-t-il. Quatre places aurait été évoquées mais, au-delà du chiffre, la politique menée « est insuffisante pour suffisamment pousser à gauche », estime Daniel Barrière, qui s’est rapproché du PS et de LFI.

    Selon le communiste, Anthony Zilio a été « timide sur le plan social » et trop zélé « sur la sécurité ». « On aurait aimé la gratuité de la cantine, davantage de logements sociaux ou lancer un débat sur la gestion publie de l’eau », regrette Daniel Barrière. « La démocratie doit s’exprimer », juge Anthony Zilio qui ne cache pas quelques « désaccords » et préfère la clarification « à la tambouille, qui fait fuir le citoyen, pour mettre tout le monde sur la photo ».