Tag: Vaucluse

  • Handicap : quelle place dans la campagne en Vaucluse ?

    Handicap : quelle place dans la campagne en Vaucluse ?

    Comme en 2014 et 2020, le collectif handicap Vaucluse (CHV), qui regroupe une vingtaine d’associations, se mobilise sur les municipales. En étoffant et modifiant sa démarche *. « Jusque-là, on avait sollicité que les candidats à Avignon en leur demandant leur programme qui restait général en plein de bons sentiments, cette année on a sondé les principales villes en leur soumettant nous-mêmes un questionnaire plus précis », expose Sophie Mercatant, présidente du CHV.

    Sur 34 listes sondées entre début janvier et début février, 50% ont répondu (plus 3 hors délais, non comptabilisées dans la synthèse), avec des disparités (zéro retour à Cavaillon, 100% à Avignon). « Le taux de participations est plutôt bon », juge tout de même Sophie Mercatant. Avant d’être potentiellement élus, les candidats rendent accessibles à 80% leurs réunions publiques mais 60% pour leurs documents de campagne. « 94 % des listes (16 sur 17) indiquent la présence d’au moins une personne en situation de handicap, visible ou invisible, sur leur liste », apprécie la présidente du CHV.

    Les résultats ne donnent pas d’enseignements généraux, montrant un bord politique pas plus sensible à la question qu’un autre. « Il n’y a pas de résultats similaires entre candidats d’une même carte politique », note Arnaud Roudière, du Riad [relais pour intervenants à domicile]. Le CHV se félicite aussi de voir que les candidats ne raisonnent plus qu’en handicap physique en termes d’accessibilité « mais évoque aussi les handicaps sensoriels ou mentaux ».

  • À Entraigues, William Bouquet dans les pas de Guy Moureau

    À Entraigues, William Bouquet dans les pas de Guy Moureau

    Guy Moureau l’avait annoncé en 2020 : son 8e mandat de maire (PCF) d’Entraigues-sur-la-Sorgue sera le dernier. Un choix confirmé début janvier, lors de ses vœux à la population, où il avait intronisé celui qu’il espère voir lui succéder, William Bouquet. « Je serai présent durant la campagne à ses côtés pour continuer à porter une voie originale, de respect, d’écoute et d’humanisme », promettait Guy Moureau, présent notamment à la tribune le 12 février dernier lors d’une réunion publique.

    À 57 ans, William Bouquet, « jamais encarté » est « un natif du village ». Adjoint depuis deux mandats aux sports et aux associations, il est responsable de formation après avoir été directeur d’un réseau de transport logistique. « J’avais 100 salariés, un chiffre d’affaires annuel entre 12 et 14 millions d’euros, qui est presque l’équivalent du budget de la commune, fait valoir William Bouquet. Je ne dis pas que je compte gérer la mairie comme une société même si ça commence à devenir de plus en plus le cas, avec les baisses de dotations, et faire en sorte qu’on puisse continuer à investir avec un budget serré. »

    « Quand je m’investis, c’est à 100% »

    Très investi dans la vie associative sportive, « à 19 ans j’ai été président du club de tennis », il s’est engagé en 2014 pour « rendre ce que la ville m’avait donné ». « J’ai mis en place des choses qui manquaient, comme une journée des associations ou relancer une course pédestre », retrace-t-il. Si William Bouquet pense avoir retenu l’attention de Guy Moureau, c’est que « quand je m’investis, c’est à 100% et les gens le remarquent ». « Je souhaite être dans la continuité, qu’Entraigues garde son esprit village avec du lien social, que les gens se disent bonjour dans la rue et ne pas se développer à outrance et devenir une ville-dortoir », brosse le candidat.

    Pourquoi avoir accepté de « relever ce défi » qui s’apparente à un sacerdoce ? « Je n’ai pas envie qu’Entraigues tombe aux mains de personnes qui sont parachutées, qui ne connaissent même pas les rues de ma ville et sont là pour un parti national et pouvoir élire des sénateurs », pique-t-il, à l’adresse de Catherine Chavrier (RN), qui avait notamment été candidate Reconquête en 2022 loin d’Entraigues. Parmi les propositions de la majorité sortante, renouvelée d’un tiers, « développement du photovoltaïque, qui a un impact positif sur l’environnement et les finances de la ville, l’achèvement du quartier gare avec 250 logements ou rebâtir une salle des fêtes ». Le tout, « sans augmentation d’impôts ».

  • À Avignon, des places de stationnement pour ramener des clients aux commerçants

    À Avignon, des places de stationnement pour ramener des clients aux commerçants

    Ainsi, lors d’un débat organisé le mardi 10 février dernier par la CPME, le Medef et l’U2P, David Fournier (PS) a évoqué la création de 100 places « flash » en intra-muros et la gratuité des parkings payants entre midi et 14h, afin d’inciter à consommer dans les restaurants du centre-ville. Une gratuité déjà mise en place en centre-ville lors des fêtes de fin d’année par la municipalité actuelle, tandis que deux parkings gratuits se trouvent à une dizaine de minutes de marche. Mathilde Louvain (LFI), elle, insiste davantage sur la gratuité des transports en commun et sur le développement de navettes gratuites pour accéder au cœur de ville. Stéphan Fiori (DVD) se pose en défenseur du petit commerce, qu’il estime viable seulement si les clients peuvent se garer au plus près des devantures. L’entrepreneur souhaite un « retour maîtrisé de la voiture en centre-ville, sauf les mercredis et samedis après-midi ». Il plaide pour « la création de places dépose-minute devant les commerces de proximité » ou « 1h30 de parking gratuit inclus dans tous les horodateurs ».

  • Athlétisme : Djouhan, Entresangle et Hollander, trois brillants provençaux

    Athlétisme : Djouhan, Entresangle et Hollander, trois brillants provençaux

    Le mois de février se trouve au cœur de la saison hivernale d’athlétisme. Les premiers championnats se tiennent et les grands meetings continuent de se succéder. Ce week-end, plusieurs Provençaux se sont mis en valeur par leurs performances.

    À commencer par l’inusable Lolassonn Djouhan. Le pensionnaire du Martigues Sport Athlétisme s’est emparé d’un 17e titre de champion national au lancer du disque. Les championnats de France hivernaux de lancers se sont déroulés ces derniers jours au stade Charles-Ehrmann, à Nice. Le numéro 1 tricolore a envoyé son disque à 58 m, soit 35 centimètres de mieux que Willy Vicaut.

    Du côté de Cannes, dimanche, l’athlète de Cavaillon Clara Entresangle a réalisé une très grosse prestation. Lors de ce 5 km organisé sur la Côte d’Azur, la fondeuse de 21 ans a couru en 15 minutes et 32 secondes. Record abaissé de 39 secondes, meilleure performance européenne de l’année chez les moins de 23 ans et 11e chrono mondial toutes catégories confondues. Un excellent début de saison pour celle qui compte déjà plusieurs sélections en équipe de France.

    Hollander top 5 mondial

    Val-de-Reuil (Eure) était l’hôte des championnats de France U20, ce week-end. L’un des résultats marquants de ces deux jours de compétition a été produit par Jade Hollander, athlète du Pertuis. La sauteuse en hauteur de 18 ans est allée chercher le record de la compétition et le titre national en passant aisément une barre à 1m86. La junior réalise par la même occasion la 5e performance planétaire en 2026 dans sa catégorie d’âge.

  • Détention prolongée dans une affaire d’agressions homophobes à Avignon

    Détention prolongée dans une affaire d’agressions homophobes à Avignon

    Kaysse A., son frère Ayoub A. et Mohamed K., âgés de 19 et 20 ans, ont été présentés ce lundi 23 février en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire d’Avignon. Ils sont poursuivis pour « violences aggravées par trois circonstances, suivies d’incapacité n’excédant pas 8 jours » et « extorsion commise en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime ». Le tribunal a décidé de renvoyer l’examen de l’affaire au jeudi 16 avril. Dans l’attente, les deux frères ont été placés en détention provisoire, le président Lionel Mathieu évoquant un risque de réitération, car « les faits ont été commis sur une durée relativement longue et sont extrêmement récents ». Le troisième, Mohamed K., a été placé sous contrôle judiciaire.

    Selon les éléments présentés à l’audience, les frères auraient, à deux reprises, le 31 janvier à Avignon et le 10 janvier à Vedène, tendu des « guets-apens » à au moins deux personnes homosexuelles contactées sur un site de rencontre avec un faux compte. Les victimes auraient ensuite été agressées. Dans l’un des cas, les prévenus auraient tenté de soutirer de l’argent, sans succès.

    Les arguments du parquet

    Mohamed K. n’est poursuivi que pour son implication présumée dans les faits du 10 janvier. Deux mineurs auraient également participé à l’une des agressions. Les trois jeunes adultes sont tous domiciliés chez leurs parents respectifs et n’exercent aucune activité professionnelle. Un précédent fait datant de 2022 a été mentionné, mais il concernerait une période où ils étaient tous mineurs.

    Lors de l’audience, le procureur, Nicolas Delpierre, a sollicité le maintien en détention, relevant « deux ou trois éléments » malgré les « dossiers lisses » des prévenus. Il note des « faits revendiqués », car les agressions ont été filmées, et estime que « tous les hommes homosexuels sont des cibles potentielles ». Il confie que les frères auraient affirmé que « tous les pédés sont des pédophiles (sic) » et qu’ils « devraient être en prison comme dans d’autres pays ».

    La défense d’Ayoub A. et Kaysse A., Me Isabelle Cuilleret, estime dans sa plaidoirie que « la détention provisoire n’est pas adaptée et qu’il y a d’autres moyens », évoquant pour l’aîné un « caractère influençable » et différents troubles neurologiques. Une expertise médico-psychiatrique a été demandée. Tandis que Me Jalil-Henri Amr, avocat de Mohamed K., estimait que les 48h de détention de son client constituent une « pédagogie suffisante » et qu’il est le seul à toujours être scolarisé (bac pro climatisation). Il assure que ce dernier n’a été « que le cinéaste » de l’agression et qu’« aucun élément dans le dossier n’indique qu’il a adoré faire cette œuvre cinématographique ». Dans le box, tous trois se sont excusés auprès des victimes.

  • La présentation du livre de Gisèle Pelicot affiche complet à Avignon

    La présentation du livre de Gisèle Pelicot affiche complet à Avignon

    À un peu plus de 2 km du lieu où elle a dû affronter à nouveau l’horreur lors du procès, Gisèle Pelicot viendra présenter son ouvrage en Cité des Papes, le 1er juin prochain à 19h30, à la FabricA, du Festival d’Avignon.

    L’événement est gratuit, mais il n’y a déjà plus aucune place disponible, selon le site du Festival, alors que la billetterie n’avait ouvert que ce dimanche 22 février. L’organisation précise toutefois que « des places supplémentaires pourront être mises à disposition à la mi-mai ».

    « Reconstruction »

    Cette rencontre sera l’occasion d’entendre une femme qui a transformé une tragédie personnelle en acte politique et universel, indique le Festival d’Avignon sur ses réseaux sociaux. Elle permettra ainsi d’évoquer le contenu de cet ouvrage coécrit avec Judith Perrignon, journaliste, écrivaine et essayiste, publié par Flammarion.

    Ces 320 pages retracent les différentes étapes de sa reconstruction, notamment sa décision de rendre le procès public, alors que beaucoup s’attendaient à ce qu’elle demande le huis clos. Ce choix a fait d’elle un symbole, en affirmant sa volonté que « la honte change de camp ».

    « Je voudrais, par ce livre, mettre des mots sur ce que j’ai traversé. Dire que je n’ai plus peur d’être seule, que j’ai retrouvé la joie de vivre. Dire que je suis vivante », assure Gisèle Pelicot. « Son histoire, intime et universelle, raconte la sidération, la faille, la reconstruction et la reconquête d’une joie possible », ajoute le Festival d’Avignon dans sa présentation.

  • Avignon : sans soutien de liste, Renaissance règle ses comptes

    Avignon : sans soutien de liste, Renaissance règle ses comptes

    Il y a neuf mois, Julien Paudoie était désigné pilote Renaissance pour les municipales avec l’objectif d’un rassemblement visant à « fédérer les énergies citoyennes pour redonner espoir et ambition à notre ville ». L’atterrissage se fera finalement hors piste électorale. « Renaissance ne soutiendra personne », confirme l’intéressé, ce lundi.

    Un épilogue sans surprise, tant les discussions avec Olivier Galzi, candidat (DVD) qui semblait pourtant le plus à même de trouver un terrain d’entente avec le bloc macroniste, n’ont jamais abouti. « Je ne suis pas soutenu par Renaissance et je ne demande pas ce soutien, avait clarifié, fin janvier, Olivier Galzi [soutenu pourtant par l’UDI et Horizons]. Leur chef de file n’est pas dans mes équipes et il ne sera pas sur ma liste. » Sur les réseaux sociaux, Julien Paudoie avait alors fait l’analogie entre le film Gourou et l’ex-journaliste TV.

    Ce lundi, dans une lettre aux habitants qui avaient notamment participé l’été dernier à la consultation en ligne du collectif Voix d’Avignon – regroupant les partis de centre droit –, Julien Paudoie estime qu’« Avignon mérite mieux que des calculs personnels ». « Un rassemblement ne se résume pas à un accord de circonstances. Il suppose une méthode claire, une parole stable et une loyauté réciproque », juge celui qui était jusque-là conseiller municipal depuis deux mandats à Rochefort-du-Gard et élu au Grand Avignon.

    En clair, là où Renaissance proposait un deal clair en forme d’union avec des garanties sur le projet et le nombre de places, comme l’ont fait par exemple David Fournier (PS) ses soutiens, Olivier Galzi a opposé une fin de non-recevoir. « Je ne crois pas aux partis pour relever notre ville ; en revanche, je crois aux hommes et aux femmes de bonne volonté, indiquait Olivier Galzi lors de la présentation de son programme. Ceux-là sont les bienvenus, quelle que soit leur préférence politique. Pourvu qu’ils laissent leurs étiquettes au vestiaire. »

    « Cacher les étiquettes ne dispense pas de s’assumer »

    On pourrait retrouver certains militants Renaissance sur la liste, comme pour LR, sans donc qu’ils soient présentés comme tels. Une vision que ne partage pas Julien Paudoie, qui aurait aimé « sincérité et vérité » : « Dépasser les clivages ne peut pas signifier les masquer. Cacher les étiquettes ne dispense pas d’assumer ce que l’on est. Le combat contre les extrêmes ne se mène ni par des récits arrangés, ni par le mépris des électeurs tentés par ces partis, ni par des effacements opportunistes. »

    Julien Paudoie devrait être bien embêté au moment de se rendre dans l’isoloir dans moins de trois semaines. Il a été aperçu, « pour écouter », aux côtés de l’élu d’opposition DVD Michel Bissière, lors de la présentation de la liste de Stéphan Fiori. « Je ne reviendrai pas à Rochefort, je resterai à Avignon et continuerai à agir », assure celui qui a œuvré dans plusieurs cabinets (Renaud Muselier à la Région ou les ministres Sabrina Agresti-Roubache et Françoise Gatel). En faisant du sur-Macron sur le dépassement des partis, Olivier Galzi a donc fini par piéger les macronistes eux-mêmes.

  • À Cadenet, une liste citoyenne est en ordre de marche

    À Cadenet, une liste citoyenne est en ordre de marche

    Depuis un an et demi, plusieurs habitants de ce village entre Durance et Luberon « œuvrent pour proposer une alternative sur la base d’un projet partagé reposant sur trois piliers démocratie participative, urgence sociale et urgence écologique », indique le collectif, dont les membres ont voté pour désigner leurs têtes de liste. Il s’agit de Laurent Vève (62 ans), retraité de l’Éducation nationale et actuel élu d’opposition, et Louisa Vidal (41 ans), chargée de programmation culturelle. Le collectif tiendra une réunion publique le 10 mars à 18h30 au foyer rural.

  • À Avignon, la droite donnée en tête dans un scrutin très ouvert

    À Avignon, la droite donnée en tête dans un scrutin très ouvert

    À trois semaines du 1er tour, le scrutin s’annonce d’une rare incertitude à Avignon où Cécile Helle, la maire (PS) sortante, ne se représente pas. Et ce n’est pas le dernier sondage Ifop réalisé du 12 au 19 février, pour La Provence, L’Écho du Mardi et Ici Vaucluse qui va permettre d’y voir plus clair.

    Olivier Galzi, l’ancien journaliste, soutenu par l’UDI et Horizons, arrive en tête des intentions de vote avec 27% au 1er tour.

    David Fournier, le candidat socialiste de la gauche unie, placé deuxième, a vite haussé le ton après sa parution. Il pointe un sondage qui « interroge », « étonne » et « indigne ». Des « faits avérés » lui seraient remontés indiquant que le sondage est « au moins douteux, au pire tronqué », poursuit-il, expliquant que « plusieurs personnes proches » de sa liste, « Ensemble et solidaires », n’ont été sondées que « sur une seule option au second tour ».

    Un sondage « truqué » ?

    Affirmant en avoir informé des confrères des médias concernés, le candidat PS assure que les personnes partiellement sondées n’ont pas été recontactées par l’institut de sondage.

    « Comment alors ne pas considérer ce sondage comme truqué ? », interroge David Fournier, indiquant avoir demandé à son directeur de campagne de « contacter la commission nationale des sondages » pour qu’elle enquête, avant de mettre en garde : « Nous ne nous laisserons ni manipuler, ni voler cette élection. »

    Donné devant par le sondage, Olivier Galzi, lui, ne fait pas la fine bouche. « Notre liste est la seule capable de résister aux extrêmes et à leurs potentiels alliés. Ce résultat fait naître un véritable espoir pour un changement significatif dans notre belle ville d’Avignon », a réagi ce dernier, mettant en avant le « travail de terrain » effectué « depuis plusieurs mois ». Le candidat divers droite, qui se définit sans étiquette, dans un paysage politique resserré à cinq listes après une série de retraits et de ralliements, devancerait donc au 1er tour le socialiste David Fournier (24%). Soutenu par les Écologistes, l’Après, Place publique et Génération écologie, celui-ci progresse toutefois de plus de six points par rapport à un sondage de décembre.

    La candidate d’extrême droite, Anne-Sophie Rigault (RN), complète le podium (23%), suivie de l’insoumise Mathilde Louvain (LFI) donnée à 16%, et Stéphan Fiori (10%), candidat sans étiquette, juste au-dessus du seuil de maintien. Si cette enquête réalisée avant la mort du militant identitaire à Lyon, qui a rejailli sur le député LFI du Vaucluse, Raphaël Arnault, marque aussi une progression d’Olivier Galzi (21% en décembre), elle met surtout en lumière la volatilité du scrutin au 2nd tour. Trois configurations ont été testées. Dans un scénario de quinquangulaire, où toutes les listes se maintiendraient, Galzi l’emporterait (29%), devant Fournier (24%), Rigault (18%), Fiori (15%) et Louvain (14%). Des résultats qui surprennent même Stéphan Fiori, étonné de sa progression (+5%) d’un tour à l’autre… En quadrangulaire, le résultat est le même : le candidat de droite reste en tête avec 32%.

    La droite ne serait battue que dans un cas : une triangulaire, testée sur une alliance de la liste de la gauche unie et de LFI ou un retrait de celle-ci. David Fournier atteint alors 39%, devançant Galzi (35%) et Rigault (26%). Fâché, le candidat PS, qui n’a « jamais refusé un seul débat », estime que sa participation à celui de La Provence, le 4 mars, est désormais remise en cause : « Cela fait deux fois que leurs sondages sont sujets à réflexion. »

  • [Entretien] Macha Makeïeff : « Le théâtre persiste dans les consciences, dans la rêverie »

    [Entretien] Macha Makeïeff : « Le théâtre persiste dans les consciences, dans la rêverie »

    Macha Makeïeff est metteuse en scène, autrice, cinéaste. Femme de théâtre, elle a notamment dirigé pendant 11 ans le théâtre de la Criée à Marseille, sa ville de naissance. Dans cette exposition, elle propose de mettre à l’honneur des reliques de pièces de théâtre, d’opéras, de ballets.

    La Marseillaise : Vous créez une exposition, « Inventaire onirique ». Pouvez-vous nous parler du projet ?

    Macha Makeïeff : L’exposition est une mise en scène. Je ne vais pas mettre des œuvres comme dans une galerie. C’est vraiment un spectacle immobile que je propose. C’est à la fois excitant et un vrai tourment, parce que c’est un lieu très grand et il faut quand même que le récit se développe. Et ce récit sera plutôt un cadavre exquis qu’une histoire, car on va de lieu en lieu, avec trois séquences. On n’est pas assujettis à aller à un endroit, au contraire, chacun a sa trajectoire, a un point de vue différent. Ça me plaît beaucoup l’idée que personne ne voit la même chose en même temps.

    Pourquoi avoir voulu exposer des décors, des peintures de théâtre ?

    M.M. : Je fais du théâtre depuis si longtemps que je voulais l’évoquer par sa part plastique, mais aussi par ce qui me hante, c’est-à-dire « que deviennent les spectacles une fois qu’ils sont défaits ? ». Quand les pièces sont finies, il y a quelque chose qui vous serre le cœur : ces caisses dans lesquelles on emporte tout, le plateau vide. J’ai voulu ressortir ça et aller chercher des choses qui ne sont jamais plus revues. Je garde toujours les choses un peu comme des reliques. Donc quand on me propose le Palais des Papes, pour mettre ces choses, pour les célébrer, je trouve ça magnifique. Les faire venir, les revoir alors que tout ça était invisible, c’est quelque chose de fou. Ça ne sera pas « Ma vie mes œuvres », je ne vais pas raconter ma carrière. Je veux vraiment honorer ces objets.

    Pourquoi traiter ce sujet par les thèmes de l’onirique, de la fantaisie ?

    M.M. : D’abord, quand on parle de la perte, ici d’un spectacle, l’humour n’est jamais loin, parce que sinon c’est désespérant. Au théâtre, il y a quelque chose de l’ordre de la rédemption par le rire, le sourire et la fantaisie. Sinon c’est invivable. Dans ce monde sens dessus dessous, délité, où nos valeurs sont complètement inversées, je pense que c’est important de célébrer ce qui est fragile, dire que le théâtre malgré tout persiste dans les consciences, dans la rêverie, même quand il est mis en pièces.

    Vous êtes née à Marseille et avez été directrice de la Criée pendant 11 ans. Quel est votre lien à la région et comment se lit-il dans cette exposition ?

    M.M. : Pour les œuvres, je suis restée beaucoup dans le Sud, je ne suis pas allée chercher les grandes collections parisiennes. Je suis allée au Museon Arlaten, à Arles, au Cirva à Marseille. Je suis allée fouiller dans les stocks de l’opéra d’Avignon, de la maison Jean Vilar. Ce sont des artistes et des collections qui me sont familiers, que j’aime beaucoup. J’aime bien réaliser ça dans une proximité, ça me touche. Il y a un attachement à ce territoire, cette Provence. Il y a une familiarité. Je sais aussi qu’il y a des trésors. Je suis née à Marseille, mais en plus, pendant 11 ans, quotidiennement, j’ai dirigé la Criée où il y avait tout le temps des expositions. J’aimais bien cette idée de circulaire, qui n’aille pas chercher très loin.