Tag: Vaucluse

  • La situation au Rojava mobilise 150 personnes à Avignon

    La situation au Rojava mobilise 150 personnes à Avignon

    Devant la cité administrative d’Avignon, alors que le soleil s’est couché depuis quelques minutes, ce sont les drapeaux jaune, rouge et vert du Rojava, zone autonome kurde du nord-est de la Syrie, et du PYD (Parti de l’union démocratique kurde-syrien), qui ont illuminé la place. 150 personnes se sont rassemblées en soutien au territoire qui subit, ces dernières semaines, des attaques du régime syrien dirigé par Ahmed al-Charaa, ancien combattant d’Al-Qaïda et de Daech.

    « Il faut mettre la pression sur l’État français et ses politiques pour qu’ils empêchent tout ça, clame Mehmet Ceri, représentant du Centre démocratique kurde d’Avignon. La première chose que les dirigeants syriens exigent, c’est l’arrêt de l’armée des femmes. Une défaite serait aussi un énorme revers pour le droit des femmes. » Pendant que le cortège remontait la rue de la République en direction de la place de l’Horloge et que des militants distribuaient des tracts expliquant la situation aux passants, des « Erdogan terroriste » résonnaient à travers la tranchée haussmannienne de la cité des Papes. Il est reproché au dirigeant turc de soutenir l’offensive des factions syriennes contre le Rojava.

    « Pour le peuple kurde, il s’agit clairement d’une guerre de survie face à un État islamiste. La révolution du Rojava porte nos espoirs à tous et toutes d’une société égalitaire véritablement démocratique », lance Pierre, militant du collectif No Pasaran 84, qui a coorganisé cette manifestation.

    Fumigènes interdits

    Le rassemblement s’est tenu dans le calme, avec une mobilisation policière conséquente, notamment devant le conseil départemental. La préfecture de Vaucluse avait notamment publié, ce mardi 27 janvier, un arrêté portant sur la « réglementation de l’achat, de la vente, de la cession, de l’utilisation, du port et du transport des artifices de divertissement et des articles pyrotechniques ». Ceci « afin de prévenir les débordements de voie publique à l’occasion de la manifestation revendicative », justifié à la fois par des tirs de mortiers survenus ces derniers mois dans plusieurs villes du département et par les incidents ayant émaillé la manifestation de Marseille du jeudi 22 janvier, au cours de laquelle des individus masqués avaient tiré sur les forces de l’ordre avec des mortiers d’artifice (lire notre édition de vendredi). Ces actes avaient été condamnés « avec la plus grande fermeté » par les organisateurs. À Avignon, le samedi 24 janvier, « une dizaine de participants » auraient également « tiré des fusées d’artifice ».

  • La nouvelle procureure d’Avignon séduite par son cadre de travail

    La nouvelle procureure d’Avignon séduite par son cadre de travail

    Ses « perspectives et axes d’actions » sont réservés à son discours d’installation, le 6 février, lors de l’audience de rentrée du tribunal d’Avignon. Mais Stéphanie Aouine, qui a pris ses fonctions de procureure de la République le 5 janvier, a toutefois reçu la presse, ce mercredi matin. La nouvelle cheffe du parquet est pour l’heure en phase exploratoire, mais prône une méthode « de proximité et de coordination, j’ai toujours travaillé comme ça, il n’y a pas de raison pour que ça change ».

    À 49 ans, Stéphanie Aouine prend la responsabilité de son 3e parquet, après avoir été procureure de la République à Châteauroux puis Angoulême, d’où elle arrive. « J’y ai passé à chaque fois 5 ans et demi, il est temps de relever de nouveaux défis », expose-t-elle. Et ils ne manquent pas. Comme avec le narcotrafic, un sujet abordé avec humilité : « Les acteurs de cette lutte n’ont pas attendu mon arrivée pour faire des choses, ma logique est plutôt de m’inscrire dans les stratégies locales qui sont déjà mises en œuvre. »

    La procureure n’occulte pas non plus « les atteintes aux personnes et violences intrafamiliales » ainsi que « la prise en charge et l’accompagnement des victimes ». Un sujet qui résonne pour celle qui a rédigé un mémoire de fin d’études universitaires sur les femmes victimes de viol. Après un peu plus de trois semaines à Avignon, Stéphanie Aouine pose un premier regard « optimiste et bienveillant ». « J’ai été très bien accueillie. Je suis frappée par l’engagement et la motivation des gens, attachés à leur territoire, cela, je ne l’ai pas forcément trouvé partout de manière aussi prégnante », salue la procureure.

    Des renforts attendus

    d’ici à une année

    Pourtant, il y aura « du travail » en interne pour redonner confiance à son équipe de parquetiers, ébranlée par le management de sa prédécesseure, Florence Galtier. Il y a deux mois, nous révélions que son départ était lié à un lourd malaise, ayant déclenché une inspection. « Je l’ai découvert en vous lisant », sourit-elle, sans vouloir « s’appesantir dessus ». « Ma préoccupation n’est pas de m’intéresser à ce qui s’est passé avant, mais d’observer en faisant la connaissance des équipes et en établissant un diagnostic du territoire et de la juridiction pour avancer », se projette la procureure. À son sujet, « le ressenti est plutôt très positif », nous confie-t-on au sein du parquet, en attendant « de voir à la pratique ». Des moyens humains, réclamés en interne, devraient arriver d’ici à un an avec deux nouveaux parquetiers attendus, contre dix aujourd’hui. « Notre ministère a tiré les conséquences des hausses d’activité à laquelle l’institution judiciaire doit faire face », conclut-elle.

  • Surchargés, les agents d’accueil de La Poste de Bollène en grève

    Surchargés, les agents d’accueil de La Poste de Bollène en grève

    Pas d’accueil à l’agence de La Poste de Bollène, ce mercredi 28 janvier. Les six agents de la Branche grand public et numérique (BGPN), à savoir les agents d’accueil, étaient en grève pour réclamer de nouvelles embauches.

    « On était dix il y a un an et on n’est plus que six. On ne peut plus gérer toute l’activité à si peu », confie Ludovic Bourget, secrétaire CGT à l’agence bollénoise. Avec un afflux d’à peu près 400 personnes par jour, d’après le syndicat, « on ne peut pas travailler correctement », regrette le représentant syndical, qui dénonce « une surcharge pour les agents ».

    Ils réclament « deux agents supplémentaires pour répondre à cette demande », ajoute Cédric Persia, secrétaire général CGT des salariés et retraités des activités postales et télécoms de Vaucluse, ainsi que la titularisation d’un intérimaire déjà sur site. « C’est un service public. Les gens paient pour ça et ça ne cesse de se dégrader », regrette-t-il.

    Un sous-effectif qui, couplé aux fermetures d’agences dans des communes voisines comme Mondragon et Sérignan, engendre de l’attente pour les usagers. « Et quand ils ne sont pas contents, ça nous tombe dessus à nous et pas sur la direction, qui prend ces décisions. On fait face à de plus en plus d’incivilités et c’est pesant », confie Ludovic Bourget.

    La décision de se mettre en grève a été prise à la suite d’une première réunion avec la direction, ce lundi 26 janvier. Le mouvement est reconduit ce jeudi 29 janvier, car le syndicat assure que la direction n’a pas souhaité les recevoir. Contacté par La Marseillaise, le groupe La Poste assure qu’elle « attache une attention constante à la qualité de vie au travail de ses collaborateurs » et qu’« un dialogue régulier et de proximité est mené avec les équipes de direction ». Une pétition a été lancée par le syndicat.

  • À Apt, la droite a mis du temps à régler sa succession

    À Apt, la droite a mis du temps à régler sa succession

    Apt s’achemine vers un 3e maire différent en moins de cinq ans. Réélue maire en 2020, Dominique Santoni avait quitté la mairie à l’été 2021 après avoir accédé à la présidence du Département. La majorité de droite avait alors choisi Véronique Arnaud-Deloy pour poursuivre le mandat. Mais cette dernière a fait le choix de ne pas se représenter pour le scrutin du 15 mars. De quoi aiguiser des appétits dans la majorité de droite.

    Toujours très active à Apt, Dominique Santoni avait indiqué, dès juin dans nos colonnes, vouloir « donner des conseils et rester sur une liste pour soutenir le candidat qui sera le plus à même de gagner ». Il a fallu attendre la mi-janvier pour que la situation se décante : Jean Aillaud, 75 ans, premier adjoint et conseiller régional, portera les couleurs d’une majorité unie. « Cette candidature s’inscrit dans la continuité d’un travail engagé depuis dix ans », annonce la tête de liste dans un communiqué. Période où Dominique Santoni a été élue maire. La présidente du conseil départemental lui apporte un « soutien plein et entier ».

    Une dissidence très vite éteinte

    La droite mise sur un maire de transition, qui incarnerait « l’expérience, la stabilité et l’efficacité face aux incertitudes et aux défis à venir ». Un pôle de stabilité en somme, comme aime à le dire Dominique Santoni au sujet du rôle des Départements. « Les Aptésiens savent qu’ils peuvent compter sur une municipalité respectée et crédible, capable d’obtenir des financements grâce à des partenariats forts avec le Département et la Région », souligne le communiqué de candidature. Le choix de Jean Aillaud n’a toutefois rien eu d’évident. Adjointe à la sécurité, Isabelle Taillier avait annoncé sa candidature, tournée encore plus à droite, en prônant « l’union des droites » et en ne se retrouvant « plus du tout » dans la ligne de la majorité. Visiblement, les lignes ont bougé puisque moins d’un mois plus tard, Isabelle Taillier revenait au bercail après des discussions « sur la mise en cohérence de nos programmes et la réaffirmation de nos valeurs respectives ». Pour la droite, l’unité a aussi pour but « de faire barrage à la gauche », dont elle estime « les projets préjudiciables ».

    Céline Celce (Génération.s), candidate de l’union de la gauche (sauf LFI qui ne présente pas de liste) appréciera le compliment. « On se rassemble sur des valeurs humanistes, de justice sociale et de progressisme », indique celle qui était candidate Nupes puis NFP lors des deux dernières législatives et était arrivée en tête au second tour à Apt face à la candidate RN élue dans la circonscription, Catherine Rimbert. Élue d’opposition, elle porte un projet « co-construit depuis un an » et se pose « en seule liste de la gauche » bien que 95% de ses colistiers ne soient pas encartés. Car un 3e candidat, élu sur la même liste que Céline Celce en 2020, est en lice : Christophe Carminati (SE), refusant toute étiquette de droite et de gauche et d’alliance au second tour.

  • À Orange, le maire Yann Bompard démis par le préfet

    À Orange, le maire Yann Bompard démis par le préfet

    C’était une formalité juridique attendue mais d’importance. Au surlendemain de la condamnation pour détournements de fonds publics du maire (Ligue du sud) Yann Bompard, le préfet vient, ce mercredi, de le démettre de ses fonctions. La peine visant l’édile d’extrême droite étant assortie d’une inéligibilité de cinq ans, avec application immédiate, Thierry Suquet a donc pris un « arrêté le déclarant démissionnaire d’office de son mandat de maire ».

    Un document qui fait perdre à Yann Bompard l’intégralité de ses mandats d’élu, malgré sa décision de faire appel. Il n’est donc à ce jour plus conseiller municipal, président de l’intercommunalité du Pays d’Orange ni conseiller départemental. Pour cette dernière fonction, son binôme suppléant Jonathan Argenson, par ailleurs adjoint à la culture, le suppléera. Pour le reste, c’est encore flou. Selon le code électoral, « en cas d’absence du maire, suspension, révocation ou toute autre cause, le maire est provisoirement remplacé dans la plénitude de ses fonctions par le 1er adjoint », précise la préfecture.

    Or le titulaire du poste, Denis Sabon, a rejoint l’opposition RN et n’a pas été officiellement remplacé dans cette fonction, qui devrait échoir à Joëlle Eickmayer, adjointe aux affaires sociales. Un nouveau conseiller municipal, issu de la liste Bompard, doit aussi faire son entrée comme élu. Si l’on suit l’ordre de la liste, il s’agirait d’Odette Marie. Ironie, le suivant de liste est Jean-Baptiste Rolland, collaborateur parlementaire de la députée RN Marie-France Lorho, condamnée elle aussi lundi avec inéligibilité.

    Un rôle de premier magistrat de toute manière très bref puisque, « pour élire un nouveau maire, il relève à présent du premier adjoint de convoquer le conseil municipal sous un délai de 15 jours suivant la démission d’office », stipule le code électoral. Soit avant le 11 février. En 2021, lorsque Jacques Bompard avait été déclaré inéligible, son fils avait pris la suite dix jours après. Le père, redevenu éligible mardi par la grâce de la justice, rêve de revenir à l’hôtel de ville par les urnes pour la 6e fois. En attendant, Orange devrait donc avoir un maire très éphémère issu de ce qu’il reste des rangs de la majorité pour achever le mois et demi de mandat.

  • À Eurenco, à Sorgues, la colère monte malgré des résultats record

    À Eurenco, à Sorgues, la colère monte malgré des résultats record

    « Plus ils font du chiffre, moins on est augmentés alors qu’on bosse de plus en plus », glisse, amer, un employé du site Eurenco Sorgues, mardi 27 janvier. Un rassemblement était organisé conjointement par la CGT et Force ouvrière, accompagné d’une grève de 20h, la veille, jusqu’à 4 heures du matin, ce mercredi, afin de revendiquer de meilleures conditions de travail.

    Ils étaient ainsi plus d’une centaine à se rassembler devant le site de production d’explosifs à l’appel des deux syndicats, après avoir refusé de signer les négociations annuelles obligatoires avec la direction. Une centaine de personnes se sont également réunies sur le site Eurenco de Bergerac (Dordogne). De 11h à 13h, les entrées de camions sur le site ont été bloquées par les salariés. Contactée, la direction d’Eurenco n’a pas répondu aux sollicitations de La Marseillaise. Le contact entre syndicats et direction n’a pas encore été rétabli.

    Parmi les revendications communes figure une revalorisation générale des salaires de 130 euros bruts pour chaque employé. « C’est en lien avec les excellents résultats de l’entreprise. Les augmentations ne suivent pas », regrette Jérémy Caillé, secrétaire général central CGT Eurenco. « Ce n’est pas cohérent avec la santé de l’entreprise », abonde Jérémy Durou, son homologue chez Force ouvrière. Ils avancent comme preuves un carnet de commandes « complet jusqu’en 2040 » et un objectif de « 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires à horizon 2030 », citant les propos du PDG, Thierry Francou, dans le média spécialisé La Lettre. Une ouverture du capital de l’entreprise était même envisagée.

    « On sait très bien ce que l’on fabrique. Mais il ne faut pas que l’argent remonte uniquement dans les poches de nos actionnaires. Ils vont se faire de l’argent sur notre travail. Et ça, c’est inacceptable où que ce soit », souligne le responsable syndical CGT. Il est également reproché au PDG de s’être augmenté de 12% dernièrement, soit bien plus que les 1,4% proposés aux ouvriers, en décembre. Devant les grilles ornées de drapeaux syndicaux, Jean-Louis, chef d’équipe salarié depuis huit ans, réclame « un effort », alors « qu’on n’arrête pas le travail en 3/8 ». « On aimerait être reconnus à notre juste valeur », appuie l’un de ses collègues.

    Prime d’ancienneté

    Au total, quatre revendications ont été construites conjointement. La seconde concerne la revalorisation de la prime d’ancienneté, qui passerait de 15% à 20%. « Ils sont sur le minimum. Le but est de valoriser l’expérience car ce que l’on fait ici ne s’apprend que sur place. Ce n’est pas un privilège, ce n’est que justice », affirme Jérémy Caillé.

    Les syndicats demandent aussi une prise en charge plus importante de la mutuelle et de la prévoyance par l’entreprise. « Passer la prise en charge de 60 à 70% ne ferait que compenser les augmentations du coût de la vie. Il faut rappeler que des produits dangereux sont manipulés quotidiennement », assure le délégué FO.

    Enfin, ils réclament la transformation des contrats d’intérim en CDI. « Certaines équipes sont constituées à 30% d’intérimaires. Ce sont des gens que l’on maintient volontairement dans la précarité », déplorent les responsables syndicaux.

  • Jean-Firmin Bardisa se dévoile au Pontet

    Jean-Firmin Bardisa se dévoile au Pontet

    L’actuel élu d’opposition aspire à réoxygéner Le Pontet. « Il y a toujours une solution quand les habitants reprennent la parole », estime celui qui est à la tête d’une liste « représentative de la vraie vie », avec des gens de gauche, du centre et de droite. Parmi ses priorités, la sécurité avec une « police municipale visible, présente et respectée ». Idem sur l’argent public, où Jean-Firmin Bardisa prône « une gestion rigoureuse, claire » sans « hausse d’impôts ». Le candidat veut créer un centre municipal de santé et offrir un large soutien à la jeunesse (sport, culture, formation…).

  • Une journée sur les traces d’Anne Frank pour des collégiens et lycéens d’Avignon

    Une journée sur les traces d’Anne Frank pour des collégiens et lycéens d’Avignon

    Ton grave, guitare acoustique en fond et texte historique en main : dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville d’Avignon, quelques dizaines d’élèves des établissements scolaires du Vaucluse ont participé à un exercice théâtral de mémoire en hommage à Anne Frank.

    Cette journée citoyenneté était organisée par la municipalité à l’occasion du 81e anniversaire de la libération des camps nazis, et plus particulièrement de celui d’Auschwitz en 1945. Les jeunes de la 2e5 du lycée René-Char ont ainsi, pendant une bonne heure, lu des passages du journal intime d’Anne Frank devant des élus de la Cité des Papes et des représentants d’associations comme les Amis de la fondation pour la mémoire des déportés du Vaucluse (AFMD 84). Un projet porté par les enseignantes de l’établissement Anne-Marie Goulay, professeure d’histoire-géographie, et Nicole Sander, professeure de lettres.

    Dans le hall d’entrée, une exposition sous la forme d’une longue frise chronologique retraçant la vie d’Anne Frank, la montée du nazisme en Allemagne et la Seconde Guerre mondiale, ainsi que les exactions du régime fasciste, accueillait les jeunes visiteurs.

    Devant une classe de 3e du collège La Salle, un représentant d’association échangeait brièvement avec les élèves, offrant un cours d’histoire express, notamment sur « l’instauration d’un système de peur après une arrivée légale au pouvoir de l’extrême droite ». L’après-midi, une projection du film Elle s’appelait Sarah s’est tenue au cinéma Vox, suivie d’un débat animé par Daniel Cling, président de l’AFMD du Vaucluse.

  • [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver

    [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver

    On ne peut pas dire que la régulation du marché locatif saisonnier suscite de vifs débats dans une campagne où le temps des projets n’a pas encore éclos. Seule Mathilde Louvain (LFI) a jusque-là mis la focale sur la question du logement, souhaitant encadrer les loyers et mener une « action résolue contre la spéculation immobilière ». Une thématique qui frappe principalement Avignon et son centre-ville.

    D’après une étude de l’agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav), publiée en décembre dernier, 5 400 annonces de logement de courte durée étaient actives en 2024, à Avignon, dont la moitié en centre-ville. Dans l’intra-muros, sur 100 annonces de locations, 18 concernent ces meublés touristiques. Un marché qui a généré 38 millions d’euros de revenus. Sans surprise, l’été, en particulier juillet, concentre 42% de ces réservations, Festival oblige. « Le nombre de locations saisonnières avec au moins une nuit réservée a plus que doublé en l’espace de 8 ans », constate la municipalité.

    La prochaine équipe aux manettes ne partira pas d’une feuille blanche. Par deux fois, en septembre 2023 puis février 2025, la majorité a mis ce sujet sur la table du conseil municipal pour réguler ce marché très prisé des investisseurs immobiliers, mais qui « créé une pénurie d’offres accessibles pour les ménages ». En six ans, la part de studios, T1 et T2, est passé de 55% à 60% en centre-ville. « La part de loueurs possédant au moins deux biens est de 39% en 2024 et a fortement progressé en 6 ans », constate l’Aurav.

    La taxe sur les résidences secondaires majorée

    Pour s’en prémunir, la Ville a d’abord majoré de 50% sa taxe sur les résidences secondaires. Il a fallu attendre que le gouvernement place la commune en zone tendue, permettant ainsi d’actionner le levier fiscal. Le gain pour les finances municipales était espéré autour d’un million d’euros. Une mesure rejetée par le RN qui parlait de « taxe punitive ». Autres actions, actées il y a un an, la limitation de la location des meublés touristiques à 90 jours par an contre 120 auparavant. Mais également l’obligation de « soumettre le changement d’usage de locaux d’habitation à une autorisation préalable ».

  • La justice remet en selle le père Bompard, candidat à Orange

    La justice remet en selle le père Bompard, candidat à Orange

    Les Bompard, c’est comme les trains : l’un peut en cacher un autre. Alors que lundi, on pensait que la justice avait définitivement remisé ces locomotives de l’extrême droite à Orange sur des voies de garage, voilà qu’une autre juridiction vient, ce mardi, de permettre à Jacques Bompard de se raccrocher aux wagons de la politique. La cour d’appel de Nîmes lui a en effet accordé une réduction de la peine de son inéligibilité de 5 ans, qui courait initialement jusqu’à novembre 2026.

    Maire d’Orange de 1995 à 2021 -sous les étiquettes FN, MPF puis Ligue du Sud-, il avait dû quitter son poste contraint et forcé après avoir usé de tous les recours pour faire tomber sa condamnation pour prise illégale d’intérêts. Une affaire à laquelle étaient mêlés sa fille et son gendre. Le 30 novembre 2021, c’est son fils, Yann, qui avait été élu maire à sa place. Un poste en passe d’être vacant puisque ce lundi, le tribunal correctionnel de Marseille l’a condamné pour emploi fictif et détournement de fonds publics avec notamment 5 ans d’inéligibilité à effet immédiat. Ce mardi, Yann Bompard a d’ailleurs indiqué qu’il allait faire appel de la décision, qui s’applique toutefois. Le maire condamné se projette même déjà sur les municipales de 2032.

    Alors que l’on pensait l’ère Bompard et ses trois décennies achevées, ce hasard de calendrier judiciaire vient à nouveau percuter le jeu des municipales. « Je suis libéré ! Le bon Dieu est intervenu aujourd’hui », s’est félicité, auprès de La Provence, Jacques Bompard, qui ne s’attendait pourtant pas à une décision favorable. L’ex-édile de presque 83 ans n’a pas traîné pour se remettre en lice en annonçant sa candidature pour les municipales. « Je suis candidat, ma popularité est intacte », jure Jacques Bompard.

    Un ex-maire resté jamais loin du pouvoir

    Élu maire à l’issue d’une triangulaire en 1995, il a ensuite été réélu dès le 1er tour en 2001, 2008 et 2014, mais a dû passer par un second tour en 2020 n’ayant recueilli « que » 47% au 1er tour, affaibli par la candidature RN de Xavier Magnin. Malgré sa condamnation, Jacques Bompard est resté très actif à l’hôtel de ville, se voyant même attribuer un bureau et le titre de collaborateur bénévole du maire avant que le préfet n’intervienne. « J’espère que la décision de justice ne repose pas sur la bonne conduite, car en continuant à donner des ordres au cabinet et services, il a eu une façon particulière de mettre en œuvre son inéligibilité », raille Fabienne Haloui, élue d’opposition PCF.

    En attendant la probable tenue d’un conseil municipal extraordinaire pour élire un maire transitoire, la candidature de Jacques Bompard règle la question de la succession dans la majorité sortante. « C’est la démonstration que les ambitions politiques de cette famille sont de servir leurs intérêts privés avant l’intérêt général. J’en appelle à un sursaut citoyen des Orangeois devant les urnes », enjoint Fabienne Haloui, qui ne sera pas candidate. Le RN, malgré la condamnation lundi de la députée et conseillère municipale Marie-France Lorho, ambitionne de détrôner les Bompard et a pioché dans la majorité pour désigner sa tête de liste, Jean-Dominique Artaud.

    Dans cette bataille à l’extrême droite, le collectif Tous Orangeois espère tirer son épingle du jeu. « La décision de ce jour n’est pas une relaxe, elle n’efface ni les faits, ni la faute, ni la question essentielle de l’exemplarité attendue d’un maire », réagit sa tête de liste Antoine Boudet, qui appelle donc la population à mettre fin à « un système marqué par des condamnations répétées et des pratiques contestables ».