Tag: Vaucluse

  • De nombreux nids inquiètent dans les Alpes

    De nombreux nids inquiètent dans les Alpes

    « Rien que chez moi, aux Mées, j’ai recensé 17 nids actifs », alerte Alexandre Voutat, gérant de l’entreprise Alpes Guêpes Frelons, qui s’occupe notamment de détruire les nids de frelons asiatiques dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. Ces insectes « commencent à se répandre dangereusement » dans les Alpes du Sud, constate-t-il. Son entreprise intervient par exemple pour détruire des nids à Annot, à Savines-le-Lac (Hautes-Alpes), à Sisteron ou encore à Malijai. « Ici, les gens ne sont pas très sensibles parce qu’il n’y a pas eu de gros problèmes, d’accidents, comme dans d’autres régions. C’est dommage », explique-t-il.

    « Je viens, je traite le nid, et je repasse 24, 48 ou 72 heures après pour enlever la coque. Après, c’est détruit dans un centre de déchets », détaille Alexandre Voutat. « Les frelons peuvent se nicher de partout : dans des niches de chien, dans des barbecues qui ne sont pas utilisés, dans des toitures… », explique-t-il. « Pour le moment, je pense que ce n’est pas pris au sérieux comme ça devrait l’être. C’est vraiment un fléau. Il y a un danger. Je vois des frelons partout, cachés dans le sol, dans des endroits très surprenants. J’ai traité des nids de 60 cm de diamètre à hauteur des genoux », alerte-t-il. À l’automne, il avait recensé « une quinzaine de nids visibles », sur l’autoroute entre les Mées et Aix-en-Provence.

    Le Vaucluse en vigilance

    Les pièges à frelons sont en train d’être retirés dans les communes vauclusiennes. Les reines des colonies pondent actuellement et ces dispositifs risquent désormais de piéger d’autres insectes, attirés par le sucre utilisé dans les installations. Pour l’heure, contrairement aux départements du Var, des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes, aucun frelon oriental, reconnaissable à sa couleur rouge brun, n’a été détecté en Vaucluse, d’après le syndicat local des apiculteurs. La vigilance reste de mise.

    Mack Salman

  • Vaucluse : une double présidence pour l’association des maires

    Vaucluse : une double présidence pour l’association des maires

    Aucun suspense ce jeudi 7 mai à l’occasion de l’élection des nouveaux représentants de l’Association des maires de Vaucluse (AMV84), avec pour seule double candidature les maires de L’Isle-sur-la-Sorgue et de La Tour-d’Aigues, Pierre Gonzalvez (DVD) et Jean-François Lovisolo (DVG). 99 des 105 maires ou leurs représentants présents ont ainsi voté pour le binôme en coprésidence pour les sept prochaines années.

    Un duo qui s’était déjà formé en 2014. Mais qui avait dû se scinder lors de l’élection du Tourain comme député de la cinquième circonscription de Vaucluse en 2022 sous l’étiquette Ensemble, avant qu’il ne se représente pas en 2024. Et devant un parterre de personnalités politiques de tous horizons comme, par exemple, le nouveau maire d’Orange Jean-Dominique Artaud (RN), dont la commune était absente de l’association car boudée par les Bompard, Bédoin Alain Constant (SE) ou Philippe Armengol, maire (DVG) de Velleron, Pierre Gonzalvez met en avant une organisation « où les représentations politiques sont tues ». « Notre volonté est d’être au service des communes. On est là pour vous accompagner, on est une chaîne de solidarité. Pour les nouveaux élus, n’hésitez pas ! Il n’y a pas de questions cons », abonde son coprésident. Il y aura au total 33 représentants d’autres communes au conseil d’administration. Y figure notamment Avignon, qui était représentée ce jeudi par Anaïs Hausmann, adjointe à l’innovation et à la marque territoriale, qui est aussi la compagne du premier magistrat de la Cité des Papes. Mais aussi les communes dirigées par l’extrême droite, Monteux et Aubignan.

    Sénatoriales en vue

    Et une cause commune ressort de ces premiers mots devant les autres élus : celle de pousser ensemble vers moins de charges administratives. « On dit qu’il y a un environnement qui est de plus en plus compliqué. Des fois, ce n’est pas vrai, mais là, ça l’est. Beaucoup plus en 2026 qu’en 2008 », glisse l’ex-député en chargeant « une réglementation qui devient délirante ». Citant la loi Zéro artificialisation nette (ZAN) « qui ne marche pas », les communes carencées en logements sociaux ou les questions de sécurité.

    Et à Jean-François Lovisolo d’expliquer que le rôle de l’association « sera aussi d’alerter les parlementaires, particulièrement les sénateurs, qui ont une sensibilité de faire évoluer une réglementation ». « On vient collecter ces réalités de terrain pour les transmettre et pour essayer d’aider les maires dans leurs réalités », insiste Pierre Gonzalvez. À quelques mois des élections sénatoriales, alors que la pression monte sur d’éventuelles réélections des uns et des autres avec la droitisation du paysage politique vauclusien, « je pense que le timing est bon », glisse Jean-François Lovisolo. « On posera des problématiques et aux parlementaires de prendre leurs responsabilités. Donc à nous de dire aussi quand ils les prennent et quand ils ne les prennent pas. Parce que l’on peut voter à Paris, raconter notre histoire sur le territoire, dire voilà ce qui a été dit et fait », lance-t-il. Les sénateurs locaux, absents ce jeudi, ont du pain sur la planche.

  • [Entretien] Jeannie Longo : « Un Tour de France ne s’invente pas, il se prépare »

    [Entretien] Jeannie Longo : « Un Tour de France ne s’invente pas, il se prépare »

    La Marseillaise : Que représente cette étape pour vous et que pensez-vous de ce parcours ?

    Jeannie Longo : C’est une étape assez prestigieuse. J’ai grimpé plusieurs fois le Mont Ventoux depuis Bédoin et c’est compliqué. Cela va dépendre des conditions climatiques parce qu’il peut faire très chaud en été ou il peut y avoir un orage. Donc il faut s’adapter. Et le résultat dépendra bien sûr de l’ordre d’arrivée au pied parce que la course va sûrement se faire avant. Ensuite, on monte d’abord tout droit dans la forêt et la chaleur. Et puis il y a le sommet depuis le chalet Reynard. Il y a beaucoup de mistral, donc on peut presque monter en bordure et faire une course en équipe.

    Qui voyez-vous comme favorite ?

    J.L. : Je pense que si Pauline Ferrand-Prévot se prépare aussi bien que l’an passé, elle a des chances de garder son maillot. L’année dernière, dès la première étape, j’ai vu qu’elle était en forme et après, je savais qu’elle avait fait du spécifique montagne. Un Tour de France ne s’invente pas. C’est-à-dire qu’il faut le préparer, il faut reconnaître les étapes les plus difficiles, là où il y a des pavés, là où il y a des cols. Mais c’est vrai qu’une Demi Vollering est aussi extrêmement forte. Aussi la Polonaise Katarzyna Niewiadoma-Phinney, qui est d’ailleurs la belle-fille de ma copine Connie Carpenter [première femme à remporter l’or en cyclisme féminin sur route aux JO de 1984, Ndlr.], car elle est très tonique et grimpe bien les cols. Disons que Pauline est moins juteuse. Et cette année, elle va être marquée tactiquement donc ce sera peut-être plus dur.

    Quels changements majeurs avez-vous constatés dans le cyclisme féminin ?

    J.L. : Des choses pas forcément positives. Aujourd’hui, cela court beaucoup, comment dire… de manière très professionnelle. C’est-à-dire que beaucoup d’équipières font le travail, quoi, et sont un peu sacrifiées. Cela m’ennuie un peu, ces techniques, car ce sont parfois des filles qui pourraient être devant. Ça a bien avancé bien sûr. Les gros groupes et équipes professionnelles masculines ont créé des sections féminines car ça faisait un peu désordre de ne pas en avoir. Donc les gros groupes sont un peu plus féminisés. Par contre, au niveau national et régional, c’est très pauvre, avec de petits moyens.

    Il y a plus de médiatisation qu’a votre époque aussi ?

    J.L. : J’ai été extrêmement médiatisée durant ma carrière. Même à ski avec un bonnet et des lunettes, on me reconnaît. Je pense que je l’ai été aussi car j’arrivais dans un milieu d’hommes et que j’étais une femme des années 80, où la femme était en train de sortir de terre. Nous étions quand même bien perçues. Le public était favorable, vraiment motivé. Mais je pense que les médias ne suivaient pas en général. Par exemple, quand la société du Tour de France a arrêté le Tour féminin en 1989, j’ai essayé de le relancer avec mon mari et l’aide du maire de Paris, Jacques Chirac. Et c’était difficile, on était à part.

    Et comment voyez-vous l’émergence de Paul Seixas ?

    J.L. : Oui, là, ça a été l’euphorie. Enfin, il est extrêmement doué. Mais il faut le préserver. Il a enchaîné les championnats du monde et d’Europe à 18 ans, avec plus de 270 kilomètres, ça me fait un peu peur. Pour le Tour de France, j’ai entendu Pierre Rolland dire qu’il ne fallait pas le lui faire faire. Il a peut-être raison. Après, pourquoi pas ? Je me rappelle, j’avais une équipière, une jeune de 17 ans. On lui a fait faire le Tour de l’Idaho : 15 jours avec de grandes étapes. Mais on ne lui demandait absolument rien. C’était une expérience. Alors que là, on va tout lui demander.

  • Olivier Galzi dresse son premier bilan

    Olivier Galzi dresse son premier bilan

    Installé 1er magistrat depuis le 29 mars, puis élu à la tête du Grand Avignon il y a un mois, Olivier Galzi a souhaité livrer un état des lieux du démarrage de son mandat. Tour d’horizon.

    Réorganisation interne

    Le nouveau locataire de l’hôtel de ville prend plaisir à faire visiter à la dizaine de journalistes la transformation matérielle des bureaux du maire et de ses proches collaborateurs. « Avant, chacun était dans son coin en silos, l’information circulait mal », expose-t-il dans l’ancien bureau de la secrétaire du maire, où son cabinet est désormais réuni en mode open space. « Mes adjoints sont aussi à côté en coworking », poursuit-il. Côté cabinet, deux directeurs sont en cours de recrutement, à la Ville et au Grand Avignon. « On a fait appel à un cabinet spécialisé, ce ne sera pas du copinage, mais des personnes que je n’ai jamais connues », clame Olivier Galzi. Arrivé comme directeur de cabinet, Christophe Madalle a finalement récupéré le poste de directeur général des services.

    Audit des finances

    et « étonnements »

    Procédure courante lors d’un changement de majorité, la commande d’un audit des finances. « La situation n’est pas aussi saine qu’il n’y paraissait », ménage-t-il d’abord, alors que les résultats sont attendus mi-juin et pourraient être débattus le 29 juin en conseil municipal. Mais Olivier Galzi ne résiste pas à distiller des exemples « totalement dysfonctionnels » qui ont pris « une ampleur industrielle en 2025 », citant des « factures impayées » ou la « recrudescence de recrutements depuis janvier, on en a bloqué 52 ».

    Autant de « rapports d’étonnements, parfois d’énervement voire d’écœurement qui ne me réconcilient pas avec la politique ». Le maire reprend la marotte abandonnée d’Anne-Sophie Rigault (RN) qui, lors du mandat précédent, a longtemps agité la menace d’une mise sous tutelle, démentie par la majorité d’alors. « On s’est posé la question, mais on ne va pas le faire, les décisions seraient trop drastiques », assure-t-il, redisant ne pas vouloir augmenter les impôts. Manière de préparer les esprits au fait qu’il ne pourra pas tenir toutes ses promesses de campagne ? « C’est une question que j’aurais posée si j’étais encore à votre place, mais je ne la poserai plus : une réalité s’impose, je ne ferai pas l’autruche sur le mur budgétaire, je le dis avant, je ne cherche pas des excuses, mais des solutions. »

    Triptyque de priorités

    Seule bonne surprise qui trouve grâce aux yeux du maire, « le personnel municipal » [2 100 agents], chez qui « une espèce de chape s’est levée », se targue-t-il. Des moyens humains déjà rencontrés, comme ceux du service propreté (notre édition du 18 avril) « qui ont été remobilisés ». Une première opération quartier propre est prévue le 27 mai. Côté sécurité et mobilités, divers éléments ont déjà été évoqués (rencontres avec le préfet, la police municipale, le Sdis) avec réouverture du dossier LEO, dont un comité de pilotage est prévu en préfecture de Région le 28 mai. La refonte du plan Faubourgs va s’opérer en douceur avec, le 20 mai, de premiers ajustements de sens de circulation. « Je fais tellement de choses, je travaille matin, midi et soir, nuit et jour semaine week-end », se gargarise Olivier Galzi. Des effets de manche ? « Le matin, j’ai une “to do list” comme autant de gouttes d’eau, mais peut-être qu’à la fin du mandat, le fond de cuve du territoire sera rempli, ce n’est pas de l’éparpillement, mais si je ne lance pas tous les fronts aujourd’hui, avec les temps nécessaires derrière, ce sera autant de reports pour les résultats. »

    Et l’opposition ?

    Lors de son installation, Olivier Galzi a « tendu la main » à l’opposition, assurant « porter le même égard » à tous les électeurs, même « à ceux qui n’ont pas voté pour nous ». Mais dès le conseil municipal suivant, l’opposition n’a pas eu voix au chapitre dans les commissions (notre édition du 21 avril). « Ce qui est proposé, c’est un blocage systématique, j’aurais la main tendue quand il s’agira de faire avancer les débats. » Et de faire un parallèle avec 2018 où lors de son premier mandat, Cécile Helle avait « exclu des commissions et ostracisé » deux adjoints après des divergences. « Je m’inscris dans ses pas », ironise-t-il. Sauf qu’à l’époque, les élus mis au ban venaient de la majorité, pas de la minorité d’emblée.

  • À Orange, une mobilisation pour des remplaçants au collège Giono

    À Orange, une mobilisation pour des remplaçants au collège Giono

    Peu après 8h, ce mercredi 6 mai, une cinquantaine d’enseignants et de parents d’élèves du collège Jean-Giono d’Orange se sont rassemblés « pour dénoncer l’absence de professeurs remplaçants dans plusieurs disciplines », explique le syndicat national Force ouvrière des lycées et collèges de Vaucluse (SNFOLC).

    « Il manque deux professeurs de français et un prof d’espagnol », liste Olivia Deitman, présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE). Elle regrette que les réponses de la direction académique sur le sujet « restent floues », alors que « les enfants ont besoin de ces cours ».

    C’est notamment le non-remplacement de l’une des deux professeures de français, en congé maternité depuis la mi-janvier, qui inquiète. « C’est une absence prévue, mais il n’y a tout simplement plus personne qui veut ou peut venir. L’exemple le plus criant est que la dernière contractuelle était carrément arrivée de Belgique. Qu’ils n’aient pas cours dans cette matière très importante est problématique », explique Stéphane Pradal, enseignant et représentant du SNFOLC.

    Préparation tronquée

    Des cours un temps remplacés par des visioconférences ou par d’autres professeurs de l’établissement. Ce qui demeure toujours insuffisant aux yeux du corps enseignant et des parents. « Certains d’entre nous s’improvisent professeurs à la maison, mais c’est compliqué. On sait qu’aujourd’hui, il y a des lacunes en grammaire et en orthographe. Et la différence de niveau est injuste alors que le brevet arrive », regrette Olivia Deitman.

    « La confiance en l’institution en a pris un coup. C’est difficile quand celle-ci ne répond pas présent », souligne Stéphane Pradal. Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse assure que « la situation est bien identifiée par les services », qu’une « procédure de recrutement est actuellement en cours » et que « les mesures nécessaires sont mises en œuvre afin d’assurer la continuité des enseignements pour les élèves ». Un lien vers le site de recrutement gouvernemental, où il est possible de postuler « avec ou sans concours », a également été diffusé, notamment pour un poste à temps plein en lettres modernes à Orange.

  • Tensions avec le RN à l’interco : le préfet en appelle à la raison

    Tensions avec le RN à l’interco : le préfet en appelle à la raison

    C’est un psychodrame, pour l’heure en deux actes, qui est en train de se dérouler depuis plus d’un mois à la Communauté d’agglomération Ventoux-Comtat Venaissin (CoVe). Avec, à la baguette, l’extrême droite qui s’estime lésée. « Ils veulent nos sous, mais pas nos gueules », résume vulgairement le toujours député-maire de Carpentras, Hervé de Lépinau. Fin avril, avec sa collègue maire RN d’Aubignan, nouvellement élue également, Marie Thomas de Maleville, ils ont préféré boycotter la séance du conseil communautaire. Rappelons que le 31 mars, les 60 élus avaient choisi (37 voix sur 59 votants) Alain Constant, maire de Bédoin, comme président, face à Bertrand de la Chesnais (extrême droite). Dans la foulée, Hervé de Lépinau avait été battu comme 1er vice-président, quittant ensuite avec fracas la séance.

    Une politique de la chaise vide, ajoutée à la menace persistante de vouloir sortir de la CoVe pour rejoindre les Sorgues du Comtat, et ses cinq communes, présidée par Stéphane Garcia, adjoint à Sorgues qui, comme Olivier Galzi au Grand Avignon, a accordé des vice-présidences aux deux maires RN de l’interco, Patrice de Camaret (Monteux) et Guillaume Taddio (Bédarrides). « Il faut que tous ces gens qui se connaissent bien se parlent », réagit le préfet, questionné la semaine dernière sur le sujet. Thierry Suquet appelle donc à la raison sur ces « crispations à Carpentras » et assure ne pas avoir été saisi, à ce stade, d’une quelconque demande de sortie de l’intercommunalité. Une procédure très complexe qui doit recevoir l’assentiment d’au moins 2/3 des populations concernées, chaque commune des deux intercos devant également délibérer, soit 30 au total. « Comme dans un divorce, il faut se mettre d’accord à la fois sur les conditions de départ et d’accueil », prévient le préfet.

    « Un refus du compromis et de la concertation »

    Le RN continue de se poser en victime et de jouer les Cassandre. « On ne construit pas un territoire en excluant », se lamente Marie Thomas de Maleville. Beaucoup, à l’inverse, relèvent que l’extrême droite s’est mise toute seule dans une démarche d’auto-exclusion. Ainsi, quelques jours après le boycott du conseil communautaire, les 23 autres maires de la CoVe ont adressé une lettre ouverte aux habitants « face à l’attitude contestataire des maires de Carpentras et d’Aubignan ». La majorité de l’intercommunalité rappelle avoir « multiplié les propositions pour intégrer les élus de Carpentras et d’Aubignan dans le bureau exécutif, toutes nos propositions ont été rejetées ». Et de pointer du doigt la « posture » du RN : « Cette politique de la chaise vide ne peut que traduire un refus du compromis et de la concertation, pourtant indispensables au bon fonctionnement de notre collectivité territoriale. »

    Les 23 maires ne croient pas non plus au départ de la CoVe, « une pure illusion », laissant entendre que le préfet ne validera rien sans unanimité.

  • Avignon : le Palais des Papes s’ouvre à des espaces inédits

    Avignon : le Palais des Papes s’ouvre à des espaces inédits

    C’est ce qu’annonce Avignon Tourisme dans un communiqué de presse. « Cette nouvelle étape de valorisation du monument proposera, à terme, trois parcours thématiques permettant d’explorer autrement la richesse historique, architecturale et symbolique du site », précise l’organisme. Avignon Tourisme annonce également la mise en ligne, depuis ce 1er mai, de la web‑application « Les clefs du palais », « conçue pour enrichir la découverte du monument directement depuis un smartphone ».

  • Cinq ans après, un nouvel hommage à Éric Masson

    Cinq ans après, un nouvel hommage à Éric Masson

    Le 5 mai 2021, Éric Masson, brigadier de police de 36 ans, était tué lors d’une opération de contrôle sur un point de deal, rue Râteau, dans le centre-ville d’Avignon. Depuis, chaque année, sa mémoire est honorée. Cinq ans après, une cérémonie était donc organisée, ce mardi en fin de matinée, sur le parvis du commissariat d’Avignon, où travaillait ce père de deux petites filles.

    L’une d’entre elles était présente, aux côtés de sa veuve et de son père, lui aussi ex-policier. Une cérémonie sans discours, avec passage en revue des troupes et Marseillaise a cappella, mais pas sans émotion. « On n’oublie jamais nos morts, son décès a marqué la police nationale, on accompagne sa famille et ses collègues », confie Virginie Brunner, directrice générale adjointe de la police nationale, qui avait le déplacement depuis Paris. Éric Masson figure parmi les 8 « victimes du devoir » recensées à Avignon. « C’est important de garder sa mémoire, cela rappelle que les policiers risquent leur vie », souligne le préfet Thierry Suquet, qui a déposé une gerbe.

    Comme Cécile Helle avant lui, Olivier Galzi était aussi de la cérémonie. « C’est très symbolique que mon premier dépôt de gerbe se fasse à sa mémoire », note le nouveau maire (DVD) qui s’est dit « triste et inquiet » lorsque le drame est survenu en 2021, d’autant que lors de l’assassinat d’Éric Masson, « son épouse travaillait chez Edeis quand j’en étais le vice-président ». « Sa mort est le symbole d’une police dédiée à la sécurité de notre ville, mais aussi celui d’un narcotrafic qui a commencé à gangrener notre ville », estime Olivier Galzi alors que, ce lundi soir, un mineur de 17 ans a été abattu à Monclar sur fond présumé de trafic de drogue (lire page suivante).

    Il y a cinq ans, Éric Masson, pensant intervenir pour une bagarre, était tombé sur une transaction de drogue. Au moment du contrôle, Ilias Akoudad avait alors tiré par deux fois mortellement sur le policier. En mars 2024, il avait été reconnu coupable de meurtre sur une personne dépositaire de l’ordre public, et condamné à 30 ans de prison dont 20 ans avec sûreté. L’an dernier, la Ville d’Avignon avait inauguré un square à la mémoire du policier, rue Râteau. Sa mémoire est également honorée cette année puisque les promotions d’écoles de gardien de la paix portent son nom. En juin prochain, le nouveau bateau de l’unité nautique de la police de Marseille sera également baptisé du nom d’Éric-Masson.

  • La CGT de l’hôpital d’Avignon convoquée au tribunal pour diffamation

    La CGT de l’hôpital d’Avignon convoquée au tribunal pour diffamation

    Le conflit entre la direction du centre hospitalier d’Avignon et la CGT sort des murs de l’établissement et se poursuit désormais au tribunal. Ce mardi 5 mai, le secrétaire général du syndicat, Patrick Bourdillon, et une autre syndicaliste étaient convoqués pour « diffamation envers particulier(s) par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique ». L’affaire est finalement renvoyée au 30 juillet prochain.

    La peine encourue en cas de condamnation est une amende pouvant aller jusqu’à 45 000 euros, voire davantage en cas de circonstances aggravantes. Peu d’échanges se sont tenus devant les juges avant l’annonce du renvoi. Mais sont notamment visés, dans la plainte, des propos tenus les 20 et 21 janvier lors d’une conférence de presse organisée par le syndicat. À cette occasion, des extraits d’un rapport d’expertise réalisé par un cabinet agréé sur les conditions de travail au bloc opératoire avaient été présentés par des membres de la CGT, qui dénonçaient alors « un environnement propice à la souffrance, aux risques sanitaires et à la dégradation des soins ».

    « C’est un gros dossier pour lequel ils vont réserver une plage horaire de plusieurs heures », glisse maître Turrin, avocate de la défense, à la sortie de l’audience.

    Devant le tribunal, quelques dizaines de membres de la CGT se sont rassemblées en soutien, dont Isabelle*, infirmière au centre hospitalier Henri-Duffaut, qui estime que c’est « une atteinte au droit syndical ». « Ils visent les articles sortis après cette conférence de presse. Sauf qu’y sont donnés des éléments qui figurent dans ce rapport, qui montrent qu’il y a de la souffrance au travail. Cette démarche détourne le débat de fond, c’est-à-dire la situation compliquée que l’on vit au quotidien », poursuit-elle. Une situation qui n’aurait que peu évolué d’après elle. En février dernier, l’équipe dirigeante avait, de son côté, affirmé qu’un plan d’action pour « travailler avec l’ensemble des partenaires sociaux » allait être mis en place. « On ne dit pas que tout va bien. On est sur le chemin pour essayer de régler les problèmes. On pense que l’organisation mise en place est un socle pour sortir de la crise », affirmait alors le docteur Vincent Pestre, président de la commission médicale d’établissement (CME).

    Pas de commentaires

    Le directeur de l’hôpital, Pierre Pinzelli, n’était pas présent dans l’enceinte du tribunal. Contactée par La Marseillaise, la direction de l’hôpital a répondu que « l’affaire est entre les mains de la justice » et qu’elle ne ferait « pas plus de commentaires ».

    Mais, lors d’une conférence de presse tenue au début du mois de février, le directeur et son équipe médicale évoquaient la possibilité d’engager des actions en justice, ce qu’ils ont donc fait. Ils avaient alors notamment remis en cause « la neutralité » du rapport, l’expert diligenté étant un membre de la CGT dans une autre région.

    Une situation tendue au sein de l’hôpital alors que les équipes se préparent à la visite de la Haute Autorité de santé (HAS) d’ici la fin du mois, afin de tenter de récupérer la certification du centre hospitalier, perdue en janvier 2024.

    *le prénom a été modifié

  • Fermeture des épiceries de nuit : un arrêté peut en chasser un autre

    Fermeture des épiceries de nuit : un arrêté peut en chasser un autre

    Il faut reconnaître à Olivier Galzi un certain talent dans l’art de communiquer, voire mettre en scène son action politique. Déjà, pendant la campagne, ses pastilles vidéos faisaient mouche sur les réseaux sociaux. Élu maire (DVD) il y a un peu plus d’un mois, l’ex-journaliste TV reste très actif en la matière. Jeudi dernier, c’est directement via la page Facebook de la Ville qu’il annonce la « fermeture l’été des épiceries de nuit à 22h et non plus 23h30 ». Le tout en vidéo dans son bureau de maire, stylo en main pour parapher ledit arrêté.

    Dans le détail, l’arrêté s’applique du 1er mai au 31 octobre et impose aux « établissements de vente de produits à emporter (exceptés les restaurants et brasseries) et les épiceries de nuit d’être fermés entre 22h et 6h ». Une mesure en réalité déjà en cours depuis le 1er novembre et qui s’achevait le 30 avril. Au simple visionnage de la vidéo, on pourrait donc croire qu’Olivier Galzi instaure une mesure inédite, d’ailleurs largement appréciée à la lecture des multiples commentaires de la vidéo. La nouveauté réside dans le fait que, cette fois, la fermeture à 22h va s’appliquer durant la saison estivale, là où, auparavant, les épiceries pouvaient accueillir des clients jusqu’à 23h30, voire 2h pendant les trois semaines du Festival.

    Les deux arrêtés, celui en cours et son précédent, sont quasiment similaires dans leurs contenus et secteurs concernés. Le nouveau ajoute le boulevard Capdevilla (derrière la préfecture) dans son champ de restriction, quand l’intra intra muros Est, Avignon sud/Monclar, Ouest Lyon/Morières, Montfavet et Pierre-Semard demeurent. Les motivations autour de troubles à l’ordre public justifiant l’arrêté signé par Olivier Galzi sont quasi identiques à celui paraphé en octobre dernier par Catherine Gay, ex-adjointe à la sécurité de Cécile Helle. Il est fait mention que « l’activité génère un va-et-vient incessant, une consommation à proximité du commerce ou la présence permanente de personnes sur la voie publique, créent des nuisances sonores portant atteinte à la salubrité et à la tranquillité publique ».

    Rien, en revanche, sur les activités interlopes de certaines épiceries de nuit, comme la vente illégale de tabac, le trafic de drogues ou de bonbonnes de protoxyde d’azote. Des agissements illégaux dans le viseur des autorités préfectorales qui, depuis plus d’un an, multiplient les fermetures administratives. « Avignon sera une des villes les plus restrictives en la matière », se targue Olivier Galzi, bien que des arrêtés similaires aient été pris à Carpentras, Nîmes ou Marseille. « La grande nouveauté, c’est d’envoyer le signal qu’on respecte la liberté de consommer, on peut avoir besoin d’un commerce de proximité pour dépanner, mais à partir de 22h, la problématique n’est plus la même, on sait que certaines officines à ouverture tardive font partie de la panoplie du narcotrafic », expose le maire.

    « On s’y attendait, mais c’est une catastrophe »

    La forme de l’annonce a suscité quelques railleries à gauche, comme de l’écologiste et ancienne élue Christine Lagrange ou du secrétaire départemental du PCF, Julien de Benito, tous deux y voyant « un parallèle avec Donald Trump signant ses décrets d’un geste impérial ». « Sur un sujet aussi grave et structurant, tout ce qu’on trouve à dire, c’est que je n’aurais pas dû faire une vidéo, c’est le niveau zéro de la politique, ils ne sont pas en phase avec les administrés », réplique Olivier Galzi.

    Toutefois, sur le fond, Julien De Benito ou la Ligue des droits de l’Homme s’interrogent sur la légalité d’un tel arrêté. « Je sais que des avocats regardent, j’espère avoir une rencontre avec la mairie qui ne se rend pas compte des conséquences », réagit Maëlys, gérante d’une épicerie de la rue Thiers. Si elle reconnaît que certaines autres enseignes font dans l’illégalité, elle déplore une décision « qui pénalise tout le monde, surtout les gens honnêtes qui payent des charges ou prennent la carte bleue ». « On s’y attendait, mais c’est une catastrophe, j’espère que ce sera assoupli au moins pendant le festival où on reçoit beaucoup de touristes, si on ferme comme les autres supermarchés, il n’y a plus aucun intérêt à travailler », conclut la gérante.