Tag: Vaucluse

  • [Entretien] Ghislain Gauthier, CGT Spectacle : « Le gouvernement veut nous faire la peau »

    [Entretien] Ghislain Gauthier, CGT Spectacle : « Le gouvernement veut nous faire la peau »

    Entretien

    La Marseillaise : Quel bilan dressez-vous de ce 80e Festival d’Avignon ?

    Ghislain Gauthier : On sent bien que l’enjeu, pour nos secteurs, est de faire exister ce sujet pour la présidentielle, à un an de cette échéance. Dans les débats, la crise était sur les lèvres de tout le monde. Au niveau de la liberté de création, on sent que l’étau se resserre en ce moment, sans oublier la question des financements publics, qui sont en chute libre depuis deux ans.

    Pourquoi ces coupes budgétaires sont-elles sans précédent ?

    G.G. : Elles sont déjà inédites par leur ampleur, car on peut compter plusieurs millions d’euros qui manquent au secteur. L’état et certaines collectivités territoriales se sont désengagés conjointement des financements de la culture. Ce qui est inédit aussi, c’est que la culture est considérée comme une variable d’ajustement au nom de la résorption du déficit public. Il y a donc moins de projets qui se font. On est pourtant très nombreux à travailler : environ 250 000 personnes dans le spectacle vivant et le secteur audiovisuel. On a le sentiment que les politiques ont abandonné le champ culturel et ne le considèrent pas comme un enjeu pour le pays. Il y a deux sujets pour nous : on continue de se mobiliser pour un financement public de la culture à hauteur de 1 % du budget de l’État, mais aussi au niveau local pour ramener les collectivités autour de la table et regagner ces budgets, car la situation de l’emploi est catastrophique.

    La CGT parle d’une « catastrophe sociale » à venir…

    G.G. : Beaucoup de personnes n’arrivent pas à faire leurs heures en tant qu’intermittents. Il y a aussi une dégradation des conditions de travail. Tout ce qu’il se passe dans le Off d’Avignon est un scandale. On nous a indiqué, dans plusieurs endroits, qu’il n’y avait aucun jour de relâche pour les salariés. Ou encore des conventions de stages conclues, pour certains, afin de tenir la billetterie le matin et l’après-midi, puis ils ont un contrat de travail pour faire le bar, ont des horaires à rallonge avec un non-respect des 11h de repos minimum par jour. Sans compter le travail sous des chaleurs excessives et sous des préfabriqués… Les conditions d’accueil des compagnies sont aussi très difficiles.

    Qu’en est-il de la grève qui se profile en septembre pour les travailleurs
    du monde de la culture
     ?

    G.G. : Cela fait deux ans qu’on essaye de mobiliser notre secteur. Là, on a décidé de passer un cran. On annonce donc une semaine de mobilisation et de grève à partir du 21 septembre. On a le sentiment que le gouvernement veut nous faire la peau. Notre mouvement est essentiel par rapport au budget à venir et la présidentielle va être déterminante pour nos professions, avec l’extrême droite aux portes du pouvoir. Nous sommes déterminés à nous battre pour nos emplois et nos salaires. 95 % des personnes qui travaillent dans le spectacle sont des prolos. C’est insupportable d’entendre qu’on est dans l’entre-soi. On a du mal à payer nos loyers et à finir le mois. La colère est bien là. Ça devient une question de survie.

  • Mobilisation finale au Festival d’Avignon pour une culture mieux financée

    Mobilisation finale au Festival d’Avignon pour une culture mieux financée

    Un peu plus de 300 personnes étaient réunies, ce mercredi 22 juillet devant l’Hôtel de Ville d’Avignon, pour manifester, une troisième fois en quatre semaines, contre les coupes budgétaires prévues par le gouvernement dans le secteur de la culture.

    Cette mobilisation, organisée par la CGT Spectacle, a été moins suivie que les précédentes (900 participants le jeudi 9 juillet et 500 le jeudi 16 juillet). Mais l’essentiel n’est pas là. « Il y a des premiers reculs sur les annonces et de premières victoires pour nous. Et c’est grâce à la mobilisation », s’exclame Maxime Sochaud, secrétaire général adjoint de la CGT Spectacle. La ministre de la Culture a effectivement annoncé, mardi 21 juillet, que les crédits destinés à 28 structures du spectacle vivant, initialement gelés, seraient finalement versés au cours du second semestre.

    Des négociations se poursuivent avec les autres organisations syndicales autour de plusieurs revendications communes, dont celle visant à consacrer 1 % du PIB à la culture.

    La mobilisation se poursuit

    Mais si le Festival d’Avignon touche à sa fin, la mobilisation, elle, est loin de s’arrêter. La CGT Spectacle a annoncé sa présence dans les principaux rendez-vous culturels de l’été. Dès ce samedi 25 juillet, un rassemblement est prévu à Chalon-sur-Saône, à l’occasion du festival Chalon dans la Rue. Une mobilisation plus large est également annoncée pour septembre. Des échanges sont notamment prévus autour du statut des intermittents du spectacle et de la réforme de l’assurance chômage, deux sujets qui ne passent pas. « Ce n’est pas une crise, c’est une hécatombe. La culture n’est pas une variable d’ajustement », réitère Maxime Sochaud. « On s’attend à des budgets calamiteux. Le combat est devant nous », confie Joris Mathieu, coprésident du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

    Ainsi se termine le Festival d’Avignon 2026, dans la colère et la crainte. Et d’ici un an, la colère risque encore de grandir et la précarité s’accentuer. « Mais le combat continue. Syndiquez-vous ! », conclut Maxime Sochaud.

  • Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Festival d’Avignon, In et Off, se termine ce samedi 25 juillet après trois semaines intenses sur les planches, entre les remparts (et un peu au-delà) de la Cité des Papes. Ce jeudi 23 juillet, l’association Avignon Festival & Compagnies (AF&C) a indiqué que, selon ses estimations, environ 54 % des places mises en vente par les 141 théâtres avaient été vendues. Ces salles ont réalisé 27 000 levers de rideau de 1 812 spectacles.

    Des « chiffres stables », ont estimé, lors d’une conférence de presse, les dirigeants de la structure qui gère et organise l’événement. C’est en effet la première fois, depuis sa création, qu’ils parviennent à disposer d’un chiffre plus précis de la situation. « Il n’y a pas de billetterie centralisée, donc c’est compliqué d’avoir les données exactes. Mais cette année, oui, grâce aux remontées des différents prestataires », détaille Harold David, directeur délégué de l’AF&C. Les chiffres recueillis représentent 52 % de la billetterie totale au 21 juillet, soit 1 371 000 billets sur 2 600 000. Ce qui est « assez représentatif, car il y a une grosse variété et ça va du plus grand, la Scala, au plus petit, le Chapeau Rouge », estime le directeur délégué. Avec des calculs supplémentaires, il est aussi estimé que la billetterie représente 22 millions d’euros de chiffre d’affaires.

    Vision du futur

    Un peu plus de la moitié du taux de remplissage donc. Si, de l’extérieur, les rues pleines, les tractages à la pelle par des compagnies déguisées, souriantes, et les multiples spectacles de rue animent joyeusement les rues d’Avignon, le bilan est cependant presque systématiquement salé pour les compagnies. « Même si c’est tout le temps complet, c’est dur d’être à l’équilibre économiquement. 54 %, ce n’est pas satisfaisant », confirme Harold David, qui a lui-même été comédien et patron de théâtres. « Avignon, c’est stricto sensu déficitaire. Parce que c’est basé sur l’espoir que l’on va être programmé plus tard dans d’autres théâtres et se refaire, en quelque sorte », ajoute Laurent Domingos, coprésident de l’AF&C.

    En fin de conférence de presse, plusieurs compagnies ont également tenu à témoigner. David Nathanson, des Ailes de Clarence, estime que les « chiffres ne disent pas grand-chose de la suite des diffusions des spectacles » et que les « compagnies ne se payent pas à Avignon ».

    Une réflexion sur l’avenir est ainsi nécessaire. Car les budgets ne cessent de diminuer, tout comme les subventions versées par les collectivités. Selon l’AF&C, 80 % des compagnies ne percevaient aucune subvention en 2026, contre 78 % en 2025. « On est à la croisée des chemins. Il faut se rendre compte de la gravité de la situation. Moins d’aides, c’est aussi moins de programmateurs. Ce qui veut dire moins de théâtres et moins de compagnies. Et, à terme, plus de Off si on se projette dans 5, 10 ou 15 ans », alerte Raymond Yana, autre coprésident de l’AF&C. L’organisation rappelle qu’elle a adressé une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle et que huit d’entre eux, surtout des personnalités de gauche, se sont rendus à Avignon pour échanger sur la question de la place de la culture dans leur programme. « Il faut interpeller ceux qui font les lois, car on dépend d’eux malgré tout », glisse Raymond Yana.

    Pistes d’amélioration

    D’autres pistes d’amélioration ont été évoquées, notamment concernant l’accueil et les transports, tant pour les spectateurs que pour les compagnies et leurs équipes. « Mon spectacle se tient à 21h. Mais pour rentrer à Nîmes, par exemple, les derniers trains sont dans ces eaux-là et ça me fait perdre des ventes », glisse un festivalier au micro. D’autant que 41 % du public provient du quart sud-est de la France. Un travail est en cours avec le Grand Avignon, notamment sur les transports en commun pour se rendre dans les villes environnantes. « Les habitants des villages d’à côté aimeraient bien pouvoir louer leurs apparts ou leurs maisons. Mais il n’y a souvent pas de transports. Parfois, il y en a même moins que le reste de l’année puisque l’on est en horaires d’été », pointe Laurent Domingos. Il reste un peu moins d’une année pour réfléchir à ces enjeux. Avec, entre-temps, une élection qui risque de tout chambouler.

    REPÈRES

    54 %

    de taux de remplissage estimé dans les salles de théâtre du Off.

    1 400 000

    billets vendus, d’après ces mêmes estimations.

    27 000

    levers de rideau pendant les trois semaines de l’événement.

    22 000 000

    d’euros de chiffre d’affaires ont été générés grâce à la seule vente de billets.

  • La culture ne veut pas finir K.O debout

    La culture ne veut pas finir K.O debout

    Vitrine du spectacle vivant, le festival Off d’Avignon illustre tout à la fois la vitalité des artistes, des techniciens et le profond malaise de ces travailleurs de la culture. Au-delà des chiffres, toujours vertigineux (141 théâtres, 1 812 spectacles présentés en trois semaines), le Off est aussi à l’image d’un monde de la culture traversé par une mise en concurrence cruelle.
    À ce titre, le théâtre est aussi pris dans les rets
    de la société d’ultraconsommation. Les publics sont tellement sollicités que la tentation d’opter pour des têtes d’affiche, laisse souvent en marge les artistes émergents, c’est-à-dire l’avenir. La précarité grandissante, les difficultés accrues alimentent un marché
    du divertissement au détriment de la visée émancipatrice du théâtre et des interrogations nécessaires sur notre monde.

    Résister à l’économie de guerre

    Les mobilisations des travailleurs du spectacle vivant durant les festivals et programmées à partir de 21 septembre ne sont pas corporatistes mais portent une vision de la fonction de la culture. Exiger comme le fait la CGT Spectacle que le budget de la culture atteigne 1 % du budget de la nation c’est résister à la marche forcée et exclusive vers une économie de guerre où au nom de la défense de la démocratie et de la liberté, sont sapés les piliers de la démocratie et de la liberté : santé, éducation, culture…

    Hisser tous les budgets culturels tant sur le plan national que dans les territoires est une nécessité au moment où les partis d’extrême droite mènent en Europe et au-delà une guerre culturelle aussi violente que dangereuse.

  • [C’est l’été] Visite animée et libre de la forteresse de Mornas

    [C’est l’été] Visite animée et libre de la forteresse de Mornas

    Venez vivre la vie quotidienne d’une châtellenie au sein de la Forteresse. Dès l’entrée par la porte de la Barbacane, un garde vous accueillera avec courtoisie et vous commentera l’évolution du lieu au travers de son architecture. Vous serez ensuite conduits auprès du seigneur, qui vous présentera les cuisines, l’art de la table et du couvert, avant de vous retrouver… dans sa chambre où vous seront contées légendes et faits historiques. Présentation d’armes et de protections diverses, explications sur le maniement de chacune complètent cette visite immersive.

  • [C’est l’été] Du pumptrackà Avignon

    [C’est l’été] Du pumptrackà Avignon

    Située sur la Plaine des Sports, site dédié à la pratique sportive et de loisirs, la piste de pumptrack se trouve à proximité immédiate du skatepark. Au sol, des marquages colorés délimitent deux parcours selon leur niveau de difficulté : un parcours bleu pour les débutants et un parcours rouge pour les pratiquants occasionnels et confirmés. Implantée avenue Pierre-de-Coubertin, la Plaine est proche du centre-ville et facilement accessible en tramway. Ouvert tous les jours et accessible gratuitement 24h/24, le site propose de nombreux équipements dédiés à la pratique sportive.

  • [C’est l’été] Au Festival Off d’Avignon, addiction ou nécessité : l’énigme Toumany Coulibaly

    [C’est l’été] Au Festival Off d’Avignon, addiction ou nécessité : l’énigme Toumany Coulibaly

    On n’arrête pas d’applaudir. Il gagne une médaille, la dépose pour revêtir sa panoplie du parfait cambrioleur. Et… Toumany Coulibaly ne compte plus ses séjours derrière les barreaux. Un journaliste, Mathieu Palain, veut s’entretenir avec lui. Subjugué par la dualité d’un homme promis au plus bel avenir sportif et rongé par un démon cleptomane, il veut comprendre, analyser et rendre publique son enquête malgré les réticences de son épouse. Toumany hésite avant d’épancher ses confidences.

    Entre amitié et confiance, l’histoire de ce sportif cambrioleur prend tout son sens comme s’il s’agissait d’un joueur invétéré ou d’un alcoolique impénitent. Peut-on expliquer, à défaut d’excuser, une addiction aussi destructrice pour le voleur comme pour la victime ?

    Adapté du deuxième roman de Mathieu Palain, Ne t’arrête pas de courir oscille entre fiction et réalité puisque ce héros en perpétuelle lutte contre ses démons, aujourd’hui, est vivant et bien vivant. Johanna Boyé et Thibaud Houdinière, séduits par cette destinée digne d’un personnage de Dostoievski, signent une adaptation sans fausse note. Tristan Petitgirard assure une éclatante mise en scène qui suit l’action au plus près : les projections vidéo stylisées concrétisent les divers environnements, hostiles ou libérateurs, où Toumany suffoque ou respire, de légères et hautes structures lumineuses et mobiles créent des décors dans lesquels notre imagination s’envole et les musiques ponctuent solidement les allers-retours émotionnels de Toumany et de Mathieu (frissonnante interprétation en direct de Sara Singer). Des chorégraphies musclées, violentes, suggestives, illustrent charnellement les tourments d’un athlète mutilé par une pathologie mortifère. L’interprétation générale, d’une homogénéité absolue, frôle la perfection. Les deux personnages principaux, tour à tour sympathiques ou exaspérants, ne choisissent pas leur camp. C’est au public de décider. Leurs camarades se glissent dans la peau de plusieurs personnages, savoureux, dangereux ou douloureux. Une panoplie complète saluée par un torrent d’applaudissements avec une standing ovation.

    « Ne t’arrête pas de courir »,
    tous les jours à 11h50 les 24
    et 25
     juillet, et à 13h45 le 23 juillet au Théâtre Actuel.

  • Escapade d’un jour au Festival d’Avignon

    Escapade d’un jour au Festival d’Avignon

    « Permettre l’accès à l’art et à la culture pour les personnes qui sont en difficulté, soit financièrement, soit parce qu’elles considèrent que la culture n’est pas faite pour elles, par manque de moyen ou de légitimité. » C’est là l’objectif de Cultures du cœur, association d’inclusion sociale présente dans 28 départements français. Cet été encore, la structure invite plusieurs centaines d’habitants de la région Paca à passer une journée au Festival d’Avignon.

    Pour la première fois cette année, l’antenne aubagnaise de l’association a proposé aux habitants des quartiers du Charrel, de la Tourtelle et du centre-ville de participer à cette escapade culturelle gratuite. La sortie, organisée ce mercredi, a permis à 38 personnes de découvrir le festival.

    Développer le goût du théâtre

    « Nous visons avant tout un public familial, insiste Karine Lacôme, directrice de Cultures du cœur 13. L’idée est de permettre une petite parenthèse pour des familles qui n’ont souvent pas la possibilité de partir en vacances. »

    Au programme de la journée : balade patrimoniale, spectacles, mais aussi ateliers théâtre. « Nous avons réparti les familles en trois groupes. Des personnes sont allées assister à une pièce ce mercredi matin. Avec mon groupe, nous avons visité la ville avec Cultures du cœur Vaucluse. Cet après-midi, les trois groupes iront voir une représentation différente », détaille la directrice de structure. Parmi les spectacles proposés, Yongoyély, Marre Mots, Comment attraper une étoile ou encore l’Ourse.

    « Ce qui est intéressant, c’est aussi qu’il s’agit d’une action sur le temps long, poursuit Karine Lacôme. Nous organisons une médiation culturelle en amont, l’occasion de présenter aux participants le Festival d’Avignon, de leur expliquer la différence entre le In et le Off. Ensuite, après la journée, une session bilan est organisée. L’ambition est de donner aux familles l’envie de se rendre au théâtre régulièrement. »

  • Avignon : la grève se poursuit au cloître Saint-Louis

    Avignon : la grève se poursuit au cloître Saint-Louis

    Les murs du cloître Saint-Louis, siège du In à Avignon, ont tremblé, ce mercredi 22 juillet, en plein Festival. Les grévistes de l’établissement hôtelier ont en effet donné de la voix pour rappeler la grève lancée le 3 juillet dernier.

    Une dizaine de salariés ont initié ce mouvement afin d’obtenir une amélioration de leurs conditions de travail. « En été, à la réception, il fait plus de 40 degrés. Et en hiver, il fait parfois 8 degrés. Ce n’est pas tenable », confie l’un d’entre eux. « Ce n’est que le début. On ne va rien lâcher », s’égosille, micro en main, Laetitia Pancuvilier, déléguée CGT.

    Les salariés réclament également une augmentation salariale de 5%. « Ils sont quasiment tous tout en bas de la grille salariale. Il faut qu’ils soient augmentés à la hauteur de leurs efforts », demande Carlos Acha Moreno, secrétaire de l’UL CGT Avignon. Une dizaine de personnes, soit près de la moitié des employés d’après le syndicat, débrayent plusieurs jours par semaine « car cela nous coûte cher », rappellent-ils. Sans oublier la fermeture annoncée d’un ou deux sites pour des travaux. Période durant laquelle une perte de rémunération de 28% est prévue.

    Appel à la direction

    Des « Direction démission ! » ont fusé pendant plus d’une heure dans l’enceinte de l’établissement, où se promènent quelques festivaliers curieux. Car le dialogue entre les représentants syndicaux et la direction est quasiment au point mort. « On est là et on restera jusqu’au bout ! Sortez pour venir nous parler », lance Laetitia Pancuvilier. Peine perdue. La direction n’a également pas répondu aux sollicitations de La Marseillaise. « Bientôt trois semaines de conflit, mais il n’est pas trop tard pour arrêter l’hémorragie. Nous ne lâcherons pas. Vous serez tenus responsables de toutes les conséquences que le mouvement aura sur vos équipes », insiste l’Union locale du syndicat. Un autre employé évoque un « pseudo-dialogue » qui n’en est pas un. « Il y a même une forme de discrimination mise en place. Comme des pauses où on nous laisse seuls ou des moments sans nous », glisse-t-il.

    Les soutiens se multiplient et les modalités de poursuite de la mobilisation sont actuellement en discussion. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, s’était rendue sur place il y a une semaine.

  • Olivier Faure et les socialistes portent la culture en étendard à Avignon

    Olivier Faure et les socialistes portent la culture en étendard à Avignon

    Avignon, pendant le Festival, est devenue une étape presque incontournable pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui s’y est rendu les mardi 21 et mercredi 22 juillet. L’occasion de faire un point et de répéter que « dans une année d’élection présidentielle, le débat sur la culture doit être central ».

    « Il n’y a guère d’attractivité sans le secteur culturel. Ce n’est pas un sujet de seconde zone », appuie-t-il devant une vingtaine de militants dans les locaux du PS de Vaucluse, à Avignon. La veille, il s’était exprimé au Village du Off dans le cadre d’échanges organisés avec les différents prétendants à la présidence, alors même qu’il n’a pas encore officiellement annoncé sa participation à la primaire prévue en octobre prochain. Avant lui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier s’étaient livrés au même exercice.

    Il a ainsi énuméré plusieurs mesures adoptées par les militants du parti ces derniers mois. Parmi elles figure le relèvement du budget de la culture à 2% du budget de l’État. « On aimerait que le gouvernement saisisse la difficulté qu’ont les compagnies. Et qui sont aussi la conséquence des baisses qu’il a décidées. Ce n’est pas simplement une surenchère », poursuit-il. Mais aussi une « loi antitrust » contre la concentration des médias. « Quelques milliardaires détiennent l’ensemble de la presse et même les canaux de distribution », rappelle Olivier Faure. Mais aussi une loi pour limiter l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) tout en finançant les artistes utilisés pour « entraîner » ces logiciels. « Un projet co-construit et qui sera porté par celui que l’on aura élu, quel que soit le candidat. Même si j’ai ma préférence », glisse avec un sourire Emma Rafowicz, députée européenne (groupe Alliance progressiste des socialistes et démocrates) et vice-présidente de la commission Culture du Parlement européen.

    Menaces politiques

    S’il n’a, en premier lieu, pas voulu parler de l’extrême droite et du RN« pour ne pas dire que l’on se positionne par rapport à eux », la discussion a finalement largement porté sur les dangers que représente ce parti. « Ils ont une profonde détestation du monde culturel. Le modèle du RN est calqué sur les autocraties », lâche Olivier Faure en écho à l’annulation d’un spectacle sur les migrants à Castres ou d’un festival de jazz dans le Gard. « Que serait Avignon sans son Festival ? Une cité-musée repliée sur sa Cité des Papes, mais qui n’aurait pas l’attractivité qu’elle a maintenant. Derrière Paris, Avignon ne doit pas être très loin », insiste celui qui est député de Seine-et-Marne.

    À ses côtés, David Fournier, ex-candidat aux dernières élections municipales à Avignon et conseiller d’opposition (PS), regrette les baisses de subventions aux associations culturelles décidées par la municipalité d’Olivier Galzi (DVD). « La différence entre une politique de gauche et de droite », conclut-il.