Tag: Vaucluse

  • Le bailleur a-t-il surévalué et tronqué le calcul de son loyer à L’Isle-sur-la-Sorgue ?

    Le bailleur a-t-il surévalué et tronqué le calcul de son loyer à L’Isle-sur-la-Sorgue ?

    Dans le jargon de l’habitat social, on appelle ça surface corrigée. En clair la superficie d’un logement réévaluée en fonction des paramètres de l’appartement (équipement, exposition, état des parties communes et extérieurs). Légalement, le bailleur doit systématiquement remettre aux locataires entrants le décompte de surface corrigée. Seulement voilà, certains prennent quelques largesses sur le sujet modifiant ces surfaces, « sans demande d’autorisation préalable au préfet », note l’Ancols, agence chargée de contrôler les organismes HLM.

    Dans des rapports de 2016 et 2020, l’Ancols épinglait Grand delta habitat (GDH) sur ces pratiques, conduisant « à des dépassements des loyers plafonds ». À L’Isle-sur-la-Sorgue, au sein de la résidence L’Enclos, Félicia* est en train d’en faire l’amère expérience. Cette locataire est, depuis avril, en pleine procédure et courriers entre le bailleur, l’État, son avocate et l’association Transparency international, qui lutte contre la corruption. Celle-ci, à la lumière des éléments transmis par Félicia, a effectué un signalement à la répression des fraudes face à des « faits de nature à caractériser un détournement de fonds publics », écrit Transparency international.

    GDH s’en tient au silence médiatique

    En aménageant il y a deux ans à L’Enclos, Félicia ne tiquait pas sur le montant de son loyer d’environ 340 euros pour un T2 de 54m2. Jusqu’à un courrier du bailleur lui annonçant que, suite à « des travaux de réhabilitation », son loyer passait à 474 euros. Soit près de 40% d’augmentation, GDH se fondant sur le plafond maximal fixé par la convention dite APL avec l’État lors de la construction de la résidence en 1986. « J’avais refusé ces travaux car je savais que le loyer augmenterait, quand j’ai demandé des explications, c’est là que j’ai découvert que la convention avait été falsifiée », dénonce Patricia.

    En réclamant la convention originale auprès du bailleur puis de la préfecture, la locataire remarque que celle adressée par GDH comporte un tableau sur les surfaces corrigées, ajouté en fin de document, après même les signatures officielles. De même, la dernière page a une version en partie manuscrite, quand celle du bailleur est tapuscrite. Dans un courrier, la préfecture « confirme le caractère original » de sa convention. Pour Patricia, cela ne fait aucun doute : « Le bailleur [à l’époque Mistral habitat] a volontairement fraudé. » C’est en effet dans ce tableau que son deux pièces a une surface corrigée de… 102m2. Il a donc fallu que le bailleur décide d’augmenter les loyers au plafond pour que la surfacturation saute aux yeux.

    « GDH m’a proposé un rabais avec une hausse que de 10%, je croyais que les loyers étaient très réglementés et pas à la tête du client », grince Félicia qui va déposer une plainte afin d’être remboursée du trop plein versé depuis deux ans. Selon ses calculs, sur l’ensemble de la résidence, « tous les loyers doivent être minorés d’au moins 100 euros par mois depuis la signature du bail ». Début septembre, elle a alerté le préfet réclamant « l’ouverture d’une enquête rigoureuse », face à cette « fraude systémique qui porte un préjudice financier aux locataires mais aussi à l’intégrité des fonds publics via la convention APL ». Sollicité, GDH nous a indiqué « ne pas vouloir apporter de réponse dans la presse ».

    * Le prénom a été modifié

  • Barbara Hendricks, exemple à suivre dans « son » collège à Orange

    Barbara Hendricks, exemple à suivre dans « son » collège à Orange

    « Je dis à tout le monde que c’est mon collège. Vous faites partie de ma famille depuis 30 ans maintenant », lance la chanteuse lyrique américaine Barbara Hendricks devant un parterre de personnalités et d’élèves du collège qui porte son nom depuis trois décennies désormais.

    En concert à Aix-en-Provence cette semaine, celle qui était également ambassadrice du Haut-Commissariat pour les réfugiés à l’ONU en a profité pour faire un crochet dans le Haut-Vaucluse et voir ceux qu’elle considère comme ses « enfants et petits enfants ».

    « On parle de valeurs, des droits humains. On a vu le travail des élèves sur le harcèlement par exemple. À chaque fois que je viens, ils ont quelque chose à me montrer qui me rend très, très fière, car cela montre qu’ils prennent ces valeurs très au sérieux », lance-t-elle dans un français avec un accent yankee. Quelques minutes auparavant, la chorale et l’orchestre de l’établissement ont joué en son honneur L’Hymne à la joie en allemand et en provençal. Et la septuagénaire, qui fête son 77e anniversaire ce jeudi 20 novembre, n’a cessé de bouger la tête en rythme et avec un large sourire malgré les quelques petites fausses notes, sûrement dues au fait que certains ne jouaient d’aucun instrument il y a quelques semaines encore. Un plaisir de revenir à Orange donc, notamment après de nombreux passages au festival des Chorégies dans le Théâtre antique où elle garde l’un de ses meilleurs souvenirs de sa carrière « malgré le mistral glacial qui m’obligeait à chanter avec des habits de ski sous ma robe », se remémore-t-elle tout en riant. La plantation d’un rosier en son honneur a conclu la matinée.

    Et c’est notamment le parcours et les actions véhiculées par Barbara Hendricks qui ont été soulignés par les représentants du collège et des différentes organisations, mais aussi par les élèves et la chanteuse elle-même.

    Engagement permanent

    Fille de pasteur née dans l’Arkansas « 20 jours avant la Déclaration universelle des droits de l’Homme par les Nations unies », comme elle le rappelle, elle a connu la ségrégation dans son État du Sud des États-Unis, confiant avoir le sentiment d’être « née apatride dans son propre pays ».

    « Par votre engagement permanent, notamment auprès des plus fragiles, nous retrouvons cet esprit chez les élèves », assure Philippe Koszyk, Dasen de Vaucluse, en faisant ensuite un parallèle, peut-être un peu hasardeux, entre « les élèves qui n’ont pas besoin d’aide et un certain nombre dans ce collège qui ont vraiment besoin d’être accompagnés ». D’autant plus lorsque l’on sait que professeurs et personnels éducatifs demandent depuis plus d’un an le passage du collège en réseau d’éducation prioritaire renforcée (Rep+), et qu’à ce jour, d’après nos informations, cette demande n’a eu aucune réponse de la part des instances.

  • Un forum autour de l’installation des agriculteurs

    Un forum autour de l’installation des agriculteurs

    S’installer en tant qu’agriculteur, cela peut paraître périlleux. Et pour répondre aux nombreuses interrogations, le syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) de Vaucluse organisait ce mardi 18 novembre la 26ᵉ édition du Forum à l’installation au lycée agricole Pierre Le Roy de Boiseaumarié à Orange.

    Dans une des salles de l’établissement, une dizaine d’organisations tenaient un stand pour échanger avec environ 150 élèves de différents lycées du territoire, mais aussi des BTS. Comme la Chambre d’agriculture, mais aussi des représentants du Département, de la Région ou même de la Chambre des notaires de Vaucluse.

    « On croit à ce qu’il y ait des jeunes qui s’installent et on est là pour les aider », confirme Guillaume Greter, vice-président des JA de Vaucluse et président de la commission sur l’installation. Tout en concédant que « comme dans tous les secteurs c’est difficile » mais qu’il faut « prendre les aléas comme ils viennent », le syndicaliste estime que « le Vaucluse est assez propice avec une courbe d’installation stable chaque année car c’est le département le plus riche en terres agricoles de Paca ».

    Agriculture raisonnée

    « Cela m’ouvre un peu les yeux sur mes possibilités et m’a donné envie de poursuivre mes études dans ce secteur, notamment le secteur viticole », confie ainsi Maxime, élève en terminale, tout en vagabondant de table en table au milieu de ses camarades.

    Tables où se trouvent également des structures qui valorisent l’agriculture raisonnée, à l’image de la Fadear, réseau de l’agriculture paysanne. « On peut partir sans rien et augmenter petit à petit tout en prenant soin de l’environnement », confie Clara Landais, co-présidente de la structure.

  • À Bollène, Anthony Zilio pour une confirmation, Marie-Claude Bompard en reconquête

    À Bollène, Anthony Zilio pour une confirmation, Marie-Claude Bompard en reconquête

    La course à l’hôtel de ville de Bollène les 15 et 22 mars a connu un sacré coup d’accélérateur vendredi soir avec l’officialisation des candidatures du maire sortant (SE) Anthony Zilio et de Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud), qui rêve toujours de reprendre la ville après l’avoir dirigée lors de deux mandats (2008-2020). Tout sauf une surprise de voir les deux candidats se lancer tant les intentions étaient déjà déflorées.

    « Chers Bollénois, les 15 et 22 mars prochain, vous aurez à nouveau rendez-vous avec l’avenir de Bollène. C’est avec la même passion et le même attachement que je serai candidat pour continuer d’embellir, de sécuriser et de développer notre ville », a succinctement déclaré Anthony Zilio sur ses réseaux sociaux. Un message minimaliste qui ne fait que valider un secret de Polichinelle. Depuis plusieurs mois, sa page Facebook « Rassembler Bollène avec Anthony Zilio » avait été relancée et actualisée en juillet avec la mention 2026. « Je suis toujours convaincu et mon énergie n’a pas baissé », confiait-il déjà dans nos colonnes en février, promettant une « décision collégiale au sein de mon équipe polymorphe ».

    Issu de la gauche, Anthony Zilio, 40 ans, avait réussi à monter une liste de large rassemblement républicain [hors PCF qui avait conduit sa propre liste (4,89%)] pour faire tomber l’extrême droite, l’emportant avec 51,81% des voix au second tour. Depuis, il s’escrime « à réparer la maison Bollène ». Si sa déclaration de candidature a été laconique, son site de campagne est en revanche plus dissert sur toutes les actions accomplies depuis plus de cinq ans en matière de sécurité, d’économie, de cadre de vie, de jeunesse ou de culture. « On gomme les crispations pour apaiser les choses », défendait en février Anthony Zilio prenant comme meilleur exemple le nombre d’habitants en progression de Bollène après des années de déclin. « Ce n’est pas juste la sortie 19 de l’autoroute, c’est une ville qui se réveille et révèle tout son plein potentiel », se targue le premier magistrat.

    L’extrême droite divisée avec un prétendant RN

    En 2021, le maire avait également repris le canton à l’extrême droite, divisée entre Marie-Claude Bompard et le binôme RN. Un scénario qui va se reproduire en mars. La cheffe de file de l’opposition a donc, elle aussi, annoncé sa candidature vendredi à l’occasion d’une réunion publique. « Nous ne pouvons pas nous dérober », estime l’ex-édile de 71 ans, dont le fils, Yann, est maire d’Orange. Mais contrairement au précédent scrutin municipal où le RN n’avait pas de candidat, le parti lepéniste a investi Franck Marest, 68 ans. « Ils ont perdu parce qu’ils ont été mauvais », piquait Thierry d’Aigremont, patron du RN 84 lors de la présentation de son candidat, à l’endroit du clan Bompard, qui « représente le passé ». Pour l’heure, pas d’autres candidats que ce trio n’est déclaré.

  • Le quartier du Pont des deux Eaux, à Avignon, entame sa transformation

    Le quartier du Pont des deux Eaux, à Avignon, entame sa transformation

    Un parvis de la mairie annexe Est d’Avignon, dans le quartier du Pont-des-Deux-Eaux, qui « doit devenir la place du village », lance Fabrice Tocabens, adjoint (PS) au maire d’Avignon, en présentant les travaux à venir sur la zone.

    Avec donc en tête de gondole le projet du parvis de la maison commune. Et où une grosse partie du parking laissera place à une piste cyclable pédagogique ouverte à toute heure, qui pourra être utilisée pour des cours de vélo dans les écoles ou les associations des alentours. Des réfections qui commencent le 1er décembre prochain. Et pas de risque de ne plus avoir d’emplacement pour se garer, assure la municipalité. « On a la chance d’avoir beaucoup, beaucoup de parkings autour », précise l’adjoint tout en montrant les plans du futur espace qui devrait voir le jour en début d’année prochaine. Coût de l’opération : 170 000 euros.

    Vitesse importante

    Mais il n’y a pas que « la place du village » qui est refaite à neuf. Avec un projet autour du parvis de l’école Farfantello. En effet, la municipalité constatait « un gros problème de survitesse » autour de celui-ci, détaille Fabrice Tocabens. Le projet consiste ainsi à élargir le parvis, à rétrécir la voie et à monter un plateau afin d’obliger les automobilistes à abaisser leur vitesse s’ils tiennent à ce que leur carrosserie reste intacte. Tandis qu’autour de cet espace, les voies de mobilité douce sont également refaites pour un coût total de 400 000 euros. Tandis qu’en parallèle, trois toilettes publiques sont depuis cet été mises à disposition au parc Chico-Mendes.

  • Deux mois autour du délicat exercice de la laïcité à l’école en Vaucluse

    Deux mois autour du délicat exercice de la laïcité à l’école en Vaucluse

    « La laïcité n’est ni un héritage figé ni une règle administratrice. Il faut permettre à chacun de le découvrir », lance Christiane Siréta, présidente de la Ligue de l’enseignement de Vaucluse, ce lundi 17 novembre. Une déclaration dans le cadre de la présentation des événements organisés à l’occasion des « 120 ans de laïcité en Vaucluse », une commémoration de la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905.

    Pendant les deux prochains mois, en collaboration avec l’Unsa et la Fédération des délégués départementaux de l’Éducation nationale (DDEN), et avec la participation de l’Éducation nationale, une dizaine d’événements sur le thème sont programmés. Dont la traditionnelle plantation d’arbre de la laïcité autour du 9 décembre, date de promulgation de la loi il y a 120 ans. Mais aussi une série de débats à travers le département, comme ce mercredi 26 novembre à 18h à l’espace Gérard Sautel de Visan, avec l’intervention de l’historien Benoît Kermoual, ou encore à Apt le samedi 2 novembre à 15 h 30 à la MJC, 77 boulevard National, avec la participation de Michel Miaille, président de la Ligue de l’enseignement de l’Hérault et professeur de droit. Et surtout le jeudi 4 décembre à 18h30 en mairie d’Avignon avec la table ronde « Laïcité, justice sociale et école : un pilier républicain sous tension » avec pour intervenants Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Éducation nationale, et Jean-Paul Delahaye, ancien directeur de l’enseignement scolaire. Mais aussi des interventions en milieu scolaire.

    Croix ou voile

    « Une mise en valeur dont on a bien besoin vu tout ce qu’il se passe de nos jours », lâche Bernard Lacanière, représentant de la DDEN, à l’égard de récupérations politiques du sujet ou encore en rapport avec l’assassinat de Samuel Paty. « La laïcité n’est pas une valeur. C’est encadré par la loi et il ne devrait pas y avoir débat là-dessus autre que le légal ou non. Contrairement à ce que des partis politiques essaient de nous faire croire à propos de la laïcité », considère Grégory Testud, directeur général de la Ligue de l’enseignement du Vaucluse.

    Un sujet débattu ensuite avec trois classes du lycée Théodore Aubanel d’Avignon. Un moment pendant lequel, suite au visionnage de plusieurs vidéos explicatives, les questions d’élèves ont fusé. Comme lorsqu’un élève demande : « Pourquoi on peut mettre un collier avec une croix et pas un voile ? » Et au proviseur de l’établissement de répondre que ni l’un ni l’autre ne sont autorisés dans l’enceinte, conformément à la loi.

  • Avignon : LFI s’inscrit en faux après les accusations de Faryssy

    Avignon : LFI s’inscrit en faux après les accusations de Faryssy

    En dévoilant sur la place publique, ce qui couvait depuis plusieurs mois en privé au sein de la France insoumise à Avignon, Farid Faryssy a jeté un pavé dans la mare des municipales à gauche. En attendant d’en connaître les conséquences en termes d’alliances ou d’affaiblissement du score des Insoumis [en 2020, la liste LFI conduite par Farid Faryssy avait récolté (5,36%)], la France insoumise a tenu à démentir les vifs reproches proférés par l’ancien candidat.

    « Ses récentes déclarations publiques, contenant des propos mensongers et diffamatoires à l’encontre de notre mouvement et de ses membres, notamment la tête de liste, Mathilde Louvain, et le député Raphaël Arnault, sont inacceptables, estime dans un communiqué le mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon. Ces attaques personnelles ne traduisent en rien la réalité du fonctionnement de la France insoumise et visent à nuire à la crédibilité du travail collectif mené dans le département, et en particulier à Avignon. »

    Il y a une semaine, Farid Faryssy (notre édition du 13/11) avait annoncé « se mettre en retrait » de LFI, parlant de « dérives » et d’un « climat local gravement dégradé ». En cause ? « Les comportements autoritaires, les pratiques d’intimidation et les violences verbales qui s’y sont installés ont rendu impossible tout travail collectif sincère et apaisé », accusant Raphaël Arnault d’être « devenu le principal vecteur de ces violences et de cette division ». En réponse LFI parle « d’ambitions personnelles à assouvir ».

    Lors des législatives de 2024, Farid Faryssy, qui pensait obtenir l’investiture comme deux ans plus tôt, n’avait que peu goûté voir débouler Raphaël Arnault, sans toutefois s’en ouvrir publiquement. Désigné co-chef de file des municipales en juin avec Mathilde Louvain, il pensait, là encore, pouvoir être promu tête de liste. En vain. Face à l’impossibilité de se mettre d’accord localement, le national avait opté pour Mathilde Louvain. Farid Faryssy vient de lancer son collectif, Humains libres et égaux et compte bien encore jouer un rôle pour le scrutin de mars. À ce stade, un rapprochement avec David Fournier (PS) est plausible. Un parti dans lequel Farid Faryssy a été encarté jusqu’au début des années 2010.

  • Missions locales : en Vaucluse, un impact pour 2 300 jeunes

    Missions locales : en Vaucluse, un impact pour 2 300 jeunes

    Cette semaine, la mission locale du Grand Avignon démontrera, s’il y en avait besoin, son rôle majeur auprès des 16-25 ans du territoire. Deux initiatives sont prévues : ce mercredi après-midi à Sorgues, le forum « Bouger pour réussir », dédié à la mobilité, à la prévention routière, à l’emploi et à la formation, est organisé. Le lendemain, à Avignon (Château Saint-Chamand), c’est l’orientation qui sera mise en avant à l’occasion d’un forum dédié. Deux événements qui s’adressent potentiellement aux plus des 5 500 jeunes (16-25 ans) suivis par la structure du Grand Avignon. Qui, à l’instar de ses trois autres collègues vauclusiennes (Comtat Venaissin, Luberon et Haut Vaucluse) s’inquiète de la potion budgétaire amère actuellement concoctée par le gouvernement. Si la baisse de 13% des crédits est actée, une vingtaine de postes de conseillers pourraient être supprimés. Avec comme répercussion immédiate un défaut de suivi pour 2 300 jeunes Vauclusiens. Le tout dans un département présenté comme le 5e plus pauvre de France.

    « La jeunesse n’est pas une variable d’ajustement, c’est de l’investissement dans l’avenir du pays », revendiquait, il y a dix jours, la présidente de la mission locale du Grand Avignon, Lilou Quennesson, également conseillère municipale d’Avignon déléguée à l’emploi et l’insertion. Le dossier budget doit arriver au Sénat la semaine prochaine, les missions locales poussant pour des amendements annulant cette coupe financière.

  • Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Sapins et guirlandes de Noël sont déjà de sortie devant les Galeries Lafayette du centre commercial Cap Sud d’Avignon en ce jeudi 13 novembre, mais pas de foules à l’image de celles vues le 16 octobre dernier pour la première journée de liquidation des Galeries du centre Bourse, à Marseille.

    Dans les allées, sous un éclairage aux lumières blanches et entre les produits de marques plus ou moins connues des férus de mode, une douzaine de clients flânent en regardant parfois un produit qui attire l’œil. Parmi eux, des habitués comme Marcelle et Anita, retraitées avignonnaises du groupe Monoprix, pour qui ce « serait dommage » de voir disparaître « ce genre d’endroit symbolique qui porte un peu de chic dans la ville ». Tout en regrettant « des prix qui ont rendu inaccessibles ces produits à la plupart des gens ». « Franchement, une fermeture ne me ferait absolument rien », rit, après avoir fait les gros yeux devant les étiquettes de prix d’une veste, Nathalie. Venue avec son fils Tom, 17 ans, car ils passaient dans le coin, « c’est la première fois en 15 ans que je viens ». « Il y a presque trop de choses. À l’heure des plateformes de seconde main, je ne comprends pas ce type de magasin. Même si je conçois que ça manquera aux personnes qui ont l’habitude de s’habiller ici », abonde Tom, sac d’une enseigne de prêt-à-porter à bas prix en main.

    « Il n’y a pas de craintes de fermeture », assure Olivier Bernardi, directeur du site. Et ce, car le magasin a été affilié en 2021 par le groupe Retail Avignon, qui est aussi propriétaire des Galeries Lafayette de Béziers et Nîmes. « Les finances sont totalement dissociées. Et tout se passe bien à Avignon. En 2025, nous avons fait entrer plusieurs nouvelles marques, par exemple, et en 2024, on était en progression de 5 points », détaille le responsable.

    Un rachat qui a réorganisé le fonctionnement du magasin et chamboulé certains employés comme Jérôme*, plus de trente ans d’ancienneté et en arrêt maladie depuis plus d’un an. « Suite au rachat, la charge de travail a augmenté et on nous a supprimé nos primes alors qu’on a un salaire minable. Je ne reconnais plus mon magasin. Après tant d’années de joie, je ne peux plus approcher du centre commercial sans ressentir de l’angoisse », soupire-t-il.

    *Prénom modifié à sa demande

  • L’aéroport d’Avignon a entamé la mise aux normes de sa piste

    L’aéroport d’Avignon a entamé la mise aux normes de sa piste

    Depuis de nombreuses années, l’aéroport d’Avignon vit avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête : l’obligation de mettre aux normes de sécurité européennes [Resa, dans le jargon aéronautique, pour Runway end safety area] sa piste pour pouvoir continuer à tourner. Un dossier qui est en passe de se finaliser. Depuis trois semaines, à défaut d’avions de vols commerciaux, des engins de chantier sont entrés en piste.

    En bordure de la route de Morières, obligeant le golf à trouver un nouvel emplacement pour son trou numéro 6 (lire ci-dessous), des monticules de terre sont retournés. « On le répète et le martèle, il n’y a pas d’extension de piste parce qu’il y a toujours une crainte de la part des riverains de voir une déviation de la voie communale, ce sont des projets qui ne sont absolument plus à l’ordre du jour », assure Guillaume Desmarets, directeur de l’aéroport, qui a pris ce dossier brûlant à son arrivée il y a un an et demi. Sans trop avoir le choix puisque l’aéroport frisait la fermeture. La direction de l’aviation civile lui a accordé une dérogation le temps de finaliser les travaux d’ici à janvier.

    La piste, d’une longueur actuelle de 1 880m, sera réduite de 5m tandis que le périmètre de l’aéroport sera agrandi. « Cela nécessite des travaux d’aplanissement du terrain en bout de piste donc c’est pour ça qu’il y a un petit mouvement de clôture périphérique, la Région [propriétaire de l’aéroport] récupère une partie du terrain qui lui appartenait déjà », souligne Guillaume Desmarets. Contactée, la collectivité n’a pas, « à ce stade », voulu nous répondre sur le détail et coût du dossier. Mais, selon le marché attribué pour les travaux, ce serait de l’ordre de 620 000 euros.

    Un recours au tribunal

    Dans un courrier adressé aux services de la Ville de Morières, consulté par La Marseillaise, la Région a, en revanche, été plus disserte pour justifier pourquoi les travaux n’ont eu besoin d’aucune autorisation d’urbanisme. Elle estime qu’ils relèvent « de la sécurité de la circulation aérienne » et que la loi et la jurisprudence ne nécessitent pas d’être mis en conformité avec le plan d’urbanisme local. L’Un-Adrac, association de riverains qui milite pour l’arrêt de l’aéroport, a une lecture tout autre. Elle a envoyé, le 4 novembre, une mise en demeure au préfet « pour faire cesser les travaux ».

    L’Un-Adrac soulève plusieurs motifs, comme « l’atteinte à des zones protégées et un risque environnemental immédiat ». Sont notamment évoquées « les nappes phréatiques du champ captant de la Saignonne, les zones humides de la Durance et la biodiversité locale ». « Ces atteintes seraient irréversibles », soutient la missive adressée au préfet. « L’aéroport s’affranchit des règles au motif d’un intérêt public, c’est un passage en force », dénonce Yves Marie-Cardine, président de l’Un-Adrac.

    Pas de quoi inquiéter le directeur de l’aéroport : « On est dans un cadre strictement légal, qui n’entre pas dans le champ d’un diagnostic. Il n’y a aucune atteinte à la zone de captage, les travaux se déroulent en dehors des zones interdites, défend Guillaume Desmarets. La biodiversité va même y gagner, car la zone sera dépourvue de toute artificialisation liée au golf, son bunker et l’herbe coupée à 3cm qui n’a rien de naturel ». Faute de réponse positive du préfet, l’Un-Adrac a saisi le tribunal administratif de Nîmes pour un référé-suspension. L’office français de la biodiversité s’est aussi saisi du sujet.