Tag: Vaucluse

  • A Avignon, l’extrême droite rejette le soutien aux civils de Gaza

    A Avignon, l’extrême droite rejette le soutien aux civils de Gaza

    Depuis presque deux ans et le massacre d’Israéliens du 7 octobre par le Hamas, le conflit israélo-palestinien n’avait guère résonné en conseil municipal. Ou pour de mauvaises raisons quand, en juin dernier, Anne-Sophie Rigault (RN) avait cru bon de monter une polémique au sujet du foulard-ceinture aux couleurs de la Palestine porté par l’adjointe aux sports (PS) Zinèbe Haddaoui.

    Ce samedi, au cours d’une séance plutôt calme, ce sujet a animé les débats. En ouverture, la Ville, par la voix de la maire Cécile Helle (PS), a décidé de voter « une contribution exceptionnelle en faveur des populations civiles de Gaza ». Un total de 100 000 euros, versé pour moitié au comité français des Nations unies pour l’enfance et à Médecins sans frontières. « Un caractère d’humanité et de solidarité important », souligne la première magistrate, quelques jours à peine après la reconnaissance par la France d’un État palestinien. Pas moins de 16 élus prendront la parole. À commencer par Michel Bissière (DVD), dont la hauteur de vue a été saluée par la majorité. « Les valeurs universelles de paix et de protection de l’enfance dépassent les clivages politiques, ce vote est un acte humaniste qui ne doit pas être instrumentalisé et ne marque pas le soutien à un camp », énonce-t-il. Une analyse absolument pas partagée par l’extrême droite. « La reconnaissance de l’État palestinien risque d’encourager le terrorisme contre les Juifs », pense Ghislaine Persia (Reconquête), qui s’abstiendra. Autre stratégie au RN, où les 6 élus ont préféré ne pas prendre part au vote. En se drapant de vertu réglementaire, au motif qu’une telle délibération serait hors la loi. « 14% des inscrits ne vous permets pas de parler au nom de tous les Avignonnais, vous n’avez pas la compétence locale pour délibérer sur un sujet international », estime Anne-Sophie Rigault. La candidate investie par le RN aux municipales de mars accuse même la majorité « d’apporter de la division dans une ville qui a besoin d’unité ». De quoi faire bondir, au sens propre, Zinèbe Haddaoui. Debout, l’adjointe aux sports montre sa tenue jaune et bleue, en écho à l’Ukraine, sans ceinture palestinienne. « Vous avez l’indignation à géométrie variable, nous avons un devoir de solidarité envers les enfants du monde entier, c’est vous qui créez le conflit et l’animosité », renvoie l’élue.

    Le Premier adjoint sur la retenue

    À ses côtés, Paul-Roger Gontard, (La Convention), convie les symboles et s’empresse d’aller chercher la statue de Joseph Viala dans l’ancienne salle du conseil, « un enfant martyr de la Révolution, frappé [à 15 ans] d’une balle d’un adulte ». « On voit bien que l’humanité ne fait pas partie de vos valeurs », assène aussi David Fournier (PS) à Anne-Sophie Rigault. Julien De Benito (PCF) rappelle, lui, « les accointances de l’extrême droite avec Benjamin Netanyahou, qui a reçu en mars Jordan Bardella ». Claude Nahoum est un peu plus gêné. Le Premier adjoint, ex-président du consistoire d’Avignon, « soutient la délibération à caractère humanitaire » mais aurait aimé « un peu plus de soutien quand l’arbre en hommage à Ilan Halimi a été abattu cet été [en Seine-Saint-Denis] ». Enfin, à Mouloud Rezouali (les Écologistes), qui regrettait l’absence de drapeaux palestiniens sur l’Hôtel de ville, Cécile Helle répond « devoir de concorde » du maire. « Je n’ai jamais raté de cérémonies d’hommage aux peuples qui ont souffert », conclut-elle sur le chapitre.

  • A Avignon, l’extrême droite rejette le soutien aux populations civiles de Gaza

    A Avignon, l’extrême droite rejette le soutien aux populations civiles de Gaza

    Depuis presque deux ans et le massacre d’Israéliens du 7 octobre par le Hamas, le conflit israélo-palestinien n’avait guère résonné en conseil municipal. Ou pour de mauvaises raisons quand, en juin dernier, Anne-Sophie Rigault (RN) avait cru bon de monter une polémique au sujet du foulard-ceinture aux couleurs de la Palestine porté par l’adjointe aux sports (PS) Zinèbe Haddaoui.

    Ce samedi, au cours d’une séance plutôt calme, ce sujet a animé les débats. En ouverture, la Ville, par la voix de la maire Cécile Helle (PS), a décidé de voter « une contribution exceptionnelle en faveur des populations civiles de Gaza ». Un total de 100 000 euros, versé pour moitié au comité français des Nations unies pour l’enfance et à Médecins sans frontières. « Un caractère d’humanité et de solidarité important », souligne la première magistrate, quelques jours à peine après la reconnaissance par la France d’un État palestinien. Pas moins de 16 élus prendront la parole. À commencer par Michel Bissière (DVD), dont la hauteur de vue a été saluée par la majorité. « Les valeurs universelles de paix et de protection de l’enfance dépassent les clivages politiques, ce vote est un acte humaniste qui ne doit pas être instrumentalisé et ne marque pas le soutien à un camp », énonce-t-il. Une analyse absolument pas partagée par l’extrême droite. « La reconnaissance de l’État palestinien risque d’encourager le terrorisme contre les Juifs », pense Ghislaine Persia (Reconquête), qui s’abstiendra. Autre stratégie au RN, où les 6 élus ont préféré ne pas prendre part au vote. En se drapant de vertu réglementaire, au motif qu’une telle délibération serait hors la loi. « 14% des inscrits ne vous permets pas de parler au nom de tous les Avignonnais, vous n’avez pas la compétence locale pour délibérer sur un sujet international », estime Anne-Sophie Rigault. La candidate investie par le RN aux municipales de mars accuse même la majorité « d’apporter de la division dans une ville qui a besoin d’unité ». De quoi faire bondir, au sens propre, Zinèbe Haddaoui. Debout, l’adjointe aux sports montre sa tenue jaune et bleue, en écho à l’Ukraine, sans ceinture palestinienne. « Vous avez l’indignation à géométrie variable, nous avons un devoir de solidarité envers les enfants du monde entier, c’est vous qui créez le conflit et l’animosité », renvoie l’élue.

    Le Premier adjoint sur la retenue

    À ses côtés, Paul-Roger Gontard, (La Convention), convie les symboles et s’empresse d’aller chercher la statue de Joseph Viala dans l’ancienne salle du conseil, « un enfant martyr de la Révolution, frappé [à 15 ans] d’une balle d’un adulte ». « On voit bien que l’humanité ne fait pas partie de vos valeurs », assène aussi David Fournier (PS) à Anne-Sophie Rigault. Julien De Benito (PCF) rappelle, lui, « les accointances de l’extrême droite avec Benjamin Netanyahou, qui a reçu en mars Jordan Bardella ». Claude Nahoum est un peu plus gêné. Le Premier adjoint, ex-président du consistoire d’Avignon, « soutient la délibération à caractère humanitaire » mais aurait aimé « un peu plus de soutien quand l’arbre en hommage à Ilan Halimi a été abattu cet été [en Seine-Saint-Denis] ». Enfin, à Mouloud Rezouali (les Écologistes), qui regrettait l’absence de drapeaux palestiniens sur l’Hôtel de ville, Cécile Helle répond « devoir de concorde » du maire. « Je n’ai jamais raté de cérémonies d’hommage aux peuples qui ont souffert », conclut-elle sur le chapitre.

  • A Avignon, David Fournier pose une petite première pierre vers l’union

    A Avignon, David Fournier pose une petite première pierre vers l’union

    Sans faire offense à Génération écologie, ce n’est pas un partenaire de poids qui vient d’officialiser son soutien, ce vendredi, à David Fournier, chef de file PS pour les municipales des 15 et 22 mars 2026. Mais, dans le match à distance qui oppose, pour l’heure, le candidat assumé au poste de maire aux autres prétendants de gauche à l’Hôtel de ville, chaque ralliement est bon à prendre. « C’est le premier acte d’un rassemblement, il y en aura d’autres dans les prochaines semaines », assure David Fournier.

    Alors qu’en milieu de semaine, Joël Peyre (PRG), conseiller municipal en charge des finances et également candidat, se targuait d’un soutien important au sein de la majorité, David Fournier veut sortir de cette logique comptable. « Je n’attaquerai personne, mais j’ai au moins trois fois plus de soutiens que les cinq ou six prétendus », prend-il quand même le soin de préciser. Une manière aussi de préserver un climat apaisé en vue d’une unité que chacun appelle de ses vœux, mais qui reste difficile à concrétiser. D’autres adjoints, à l’instar d’Éric Deshayes (lire ci-dessous), pressent ses camarades à s’entendre.

    Plus d’un mois après un point presse de rentrée où David Fournier appelait à l’unité derrière lui au nom de la continuité socialiste, voilà donc avec Génération écologie (GE) un soutien presque d’ouverture. « Pas du tout, GE était déjà inscrit dans un rassemblement écologiste en 2020 autour de Jean-Pierre Cervantès [actuel élu d’opposition, Ndlr.] », défend David Fournier. Onzième de cette liste lors des dernières municipales, Mazy Djezzar, référent GE 84, se range cette fois derrière le candidat PS.

    « Pas un bricolage tactique »

    Ce jeune professeur de maths, originaire des Grands-Cyprès, défend « une écologie sociale et solidaire qui ne peut pas être qu’un luxe pour quelques urbains éclairés ». Ce ralliement « n’est pas un bricolage tactique, David incarne une vision verte et solidaire pour Avignon et il aime les gens », plaide Mazy Djezzar. « Nous avons beaucoup de points d’accords programmatiques, que nous dévoilerons plus tard, et il y a aussi l’objectif commun de maintenir une gauche dynamique en responsabilité », revendique David Fournier. Bien que dirigé actuellement par l’ancienne ministre (ex-PS) Delphine Batho et soutien du NFP, GE s’est parfois associée à la droite. Comme France Gamerre, adjointe à Marseille sous Jean-Claude Gaudin entre 2001 et 2008. « Je me fous de la droite ou de la gauche, je suis une écologiste non dogmatique », assume la présidente d’honneur de GE. À ses côtés, vendredi, Cécile Vignes, co-référente régionale et élue à Marseille sur une liste de droite dont elle est revenue aujourd’hui. « À Avignon, les forces de gauche portent un projet qui défend le vivant, je suis de leur côté », conclut-elle.

  • A Avignon, Génération.s sonde les candidats à gauche

    A Avignon, Génération.s sonde les candidats à gauche

    Une semaine après avoir porté, avec le PCF et l’Après, une pétition appelant au rassemblement à gauche en vue des municipales des 15 et 22 mars, Génération.s poursuit son combat pour l’union. « Certaines formations politiques s’entredéchirent pour choisir leur stratégie et leur tête de liste. Nous faisons le pari de l’intelligence citoyenne et parions sur le programme comme base de l’unité », brosse Éric Deshayes, co-référent Génération.s Vaucluse et adjoint en charge de la ville démocratique.

    Dans cette optique, son parti vient d’adresser un questionnaire aux candidats déclarés ou à venir, mais aussi chefs de file des partis de gauche. « On souhaite avoir des engagements et de la transparence auprès des habitants sur le bilan de la majorité, la lutte contre l’extrême droite, les priorités, la gouvernance ou le périmètre de l’union », détaille Éric Deshayes. En parallèle, Génération.s demande un retour sur 20 premières propositions qu’il porte : maison des citoyens, expérimentation d’un revenu d’existence jeunes, renforcement de la vidéo surveillance, création d’une brigade du civisme ou illumination du pont d’Avignon aux couleurs de l’Ukraine et de la Palestine.

    En sondant les candidats, Génération.s espère prouver que les projets des uns et des autres se ressemblent. « On veut pousser la logique au maximum et montrer aux gens qu’ils sont d’accord sur plein de choses », insiste l’adjoint, qui rappelle « qu’on a tous très bien travaillé ensemble pendant ce mandat, on ira là où il y a le plus grand rassemblement collectif ».

  • Mobilisation agricole calme et revendications fermes

    Mobilisation agricole calme et revendications fermes

    Sur ce paquet de pâtes, il y a marqué “origine UE et non UE” sans précisions. Il y a de grandes chances que ce soit du blé canadien traité au Roundup », tonne haut et fort Sylvain Bernard, secrétaire général de la FDSEA 84, paquet de pâtes dans les mains, dans les rayons du Lidl situé route de Montfavet, à Avignon, ce vendredi 26 septembre.

    Une prise de parole qui résume bien la matinée passée par une trentaine de militants de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs. De 8h à midi, ils ont inspecté les rayons, notamment ceux des fruits et légumes, du Auchan Avignon Nord, du Grand Frais, puis du Lidl, situé à quelques centaines de mètres. Ils ont scrupuleusement balisé chaque produit non issu de l’agriculture française, ou vendu à un prix jugé trop bas pour permettre une rémunération correcte des producteurs, notamment pour le vin.

    Les militants ont également distribué aux passants, panier ou caddie en main, un « menu déséquilibré », composé de produits d’origine étrangère cultivés dans des conditions interdites en France et en Europe, mais importés. « On entend beaucoup parler du Mercosur. Mais il y a d’autres accords, comme celui avec le Maroc, qui nous touchent beaucoup, surtout en Vaucluse, avec les cerises, les tomates ou le melon », poursuit le responsable syndical.

    Dans chaque magasin, les producteurs se sont aussi attardés devant les rayons d’amandes et de noix. « On essaie de relancer ces filières, mais il n’y a quasiment aucun produit français. On trouve beaucoup de produits des États-Unis et on sait dans quelles conditions ils sont produits là-bas », poursuit Julien Latour, viticulteur à Violès et secrétaire général adjoint de la FDSEA. Tandis qu’au rayon des vins de Lidl, c’est aussi le prix qui est dénoncé, avec des bouteilles à parfois moins de 2 euros. « À moins de 3 euros, n’achetez pas, car cela ne nous rémunère pas », lance un militant aux clients.

    Et maintenant ?

    À l’issue des quelques heures de mobilisation, les agriculteurs mobilisés se sont réunis autour de leur secrétaire général pour faire le point et envisager la suite. « Il faut passer un cap. Il faut se coordonner dans toute la France pour s’attaquer au portefeuille, sinon, on n’arrivera à rien », lance un des producteurs. « Si ça continue, on risque de se radicaliser, car on est à bout », avance un autre. « Ils doivent s’attendre à ce que ce soit plus dur qu’avant. Mais on ne peut pas faire n’importe quoi, car on peut finir devant des tribunaux », tempère Sylvain Bernard. Ce dernier souhaite « mettre la pression en permanence » tout en proposant d’aller à la rencontre des patrons de la grande distribution, « qui sortent d’écoles de commerce et ne connaissent même pas la saisonnalité des produits ».

  • Une mobilisation calme, mais des revendications fermes

    Une mobilisation calme, mais des revendications fermes

    Sur ce paquet de pâtes, il y a marqué “origine UE et non UE” sans précisions. Il y a de grandes chances que ce soit du blé canadien traité au Roundup », tonne haut et fort Sylvain Bernard, secrétaire général de la FDSEA 84, paquet de pâtes dans les mains, dans les rayons du Lidl situé route de Montfavet, à Avignon, ce vendredi 26 septembre.

    Une prise de parole qui résume bien la matinée passée par une trentaine de militants de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs. De 8h à midi, ils ont inspecté les rayons, notamment ceux des fruits et légumes, de l’Auchan Avignon Nord, du Grand Frais, puis du Lidl, situé à quelques centaines de mètres. Ils ont scrupuleusement balisé chaque produit non issu de l’agriculture française, ou vendu à un prix jugé trop bas pour permettre une rémunération correcte des producteurs, notamment pour le vin.

    Les militants ont également distribué aux passants, panier ou caddie en main, un « menu déséquilibré », composé de produits d’origine étrangère cultivés dans des conditions interdites en France et en Europe, mais pourtant importés. « On entend beaucoup parler du Mercosur. Mais il y a d’autres accords, comme celui avec le Maroc, qui nous touchent beaucoup, surtout en Vaucluse, avec les cerises, les tomates ou le melon », poursuit le responsable syndical.

    Dans chaque magasin, les producteurs se sont aussi attardés devant les rayons d’amandes et de noix. « On essaie de relancer ces filières, mais il n’y a quasiment aucun produit français. On trouve beaucoup de produits des États-Unis et on sait dans quelles conditions ils sont produits là-bas », poursuit Julien Latour, viticulteur à Violès et secrétaire général adjoint de la FDSEA. Tandis qu’au rayon des vins de Lidl, c’est aussi le prix qui est dénoncé, avec des bouteilles à parfois moins de 2 euros. « À moins de 3 euros, n’achetez pas, car cela ne nous rémunère pas », lance un militant aux clients.

    Et maintenant ?

    À l’issue des quelques heures de mobilisation, les agriculteurs mobilisés se sont réunis autour de leur secrétaire général pour faire le point et envisager la suite. « Il faut passer un cap. Il faut se coordonner dans toute la France pour s’attaquer au portefeuille, sinon, on n’arrivera à rien », lance un des producteurs. « Si ça continue, on risque de se radicaliser, car on est à bout », avance un autre. « Ils doivent s’attendre à ce que ce soit plus dur qu’avant. Mais on ne peut pas faire n’importe quoi, car on peut finir devant des tribunaux », tempère Sylvain Bernard. Ce dernier souhaite « mettre la pression en permanence » tout en proposant d’aller à la rencontre des patrons de la grande distribution, « qui sortent d’écoles de commerce et ne connaissent même pas la saisonnalité des produit ».

  • La mobilisation des agriculteurs annoncée à Avignon et Tarascon

    La mobilisation des agriculteurs annoncée à Avignon et Tarascon

    En cette veille de mobilisation agricole, difficile d’obtenir quelques infos, même de la part des syndicats agricoles qui y appellent… Le président de la Fédération du syndicat des exploitants agricoles (FDSEA) des Bouches-du-Rhône, Romain Blanchard annonce simplement dans une vidéo qu’il ira manifester « chez lui, à Tarascon, vendredi 26 septembre ». Secrétaire général des Jeunes agriculteurs (Vaucluse), Guillaume Bonino, viticulteur à Roaix, près de Vaison-la-Romaine, consent à dire le lieu et l’heure de rendez-vous à Avignon (voir ci-contre), mais pas le détail des actions. « On donnera les consignes demain vendredi sur place, pour éviter comme l’autre fois que les infos fuitent », dit-il. Selon l’appel au national, les actions devraient par exemple se concentrer devant les services de l’État, les grandes et moyennes surfaces (GMS).

    La censure de la loi Duplomb contestée

    « On va se focaliser sur les problématiques de l’agriculture en Vaucluse », indique pour sa part Guillaume Bonino. « On veut que les GMS et la grande distribution jouent le jeu avec les producteurs français et nous achètent nos produits à des prix rémunérateurs pour les producteurs locaux », appuie-t-il. Il prend l’exemple de la « fraise de Carpentras, un des premiers fruits de la saison. Chaque année, notre production, vendue à 18 euros le kilo, est concurrencée par les fraises espagnoles et marocaines, vendues à 6 euros le kilo, et achetées par 90% des consommateurs. Or la fraise marocaine est cultivée avec des produits interdits en France. Les fraises de Vaucluse, qui ne se vendent pas, sont conservées dans des frigos et l’acheteur finit par nous les acheter à prix cassé, à 4 euros le kilo, mais il les vend toujours à 18 euros le kilo », dénonce Guillaume Bonino. Ce problème est loin d’être nouveau… « Nos parents ont connu les mêmes problèmes, mais avant le coût de la vie était moins cher… », pointe-t-il.

    Dans ce département où se côtoient beaucoup de productions agricoles, le viticulteur remet sur le tapis la loi Duplomb, dont le Conseil constitutionnel cet été a censuré l’article 2. Celui-ci prévoyait le retour, sous certaines conditions, de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes, jugé dangereux pour la santé et l’environnement. L’acétamipride est également accusé d’être un « tueur d’abeilles ». Guillaume Bonino déclare : « On ne veut pas d’interdiction sans solution. Car toutes les semaines, on nous retire des matières actives, ce qui met en péril nos cultures. » Quant aux taxes Trump, +15% de droits de douane annoncés sur le vin, cela risque de porter un mauvais coup aux Côtes-du-Rhône, « 1ère des appellations importées aux États-Unis » selon lui. Dans l’Union européenne, la France et l’Italie surtout se battent pour obtenir une exemption de ces droits de douane.

  • Les agents psy face à une maison d’accueil « inhumaine »

    Les agents psy face à une maison d’accueil « inhumaine »

    Les témoignages affluent de toutes parts ce jeudi midi, devant la MAS (maison d’accueil spécialisée) de Bel-Air. La structure médico-sociale de l’hôpital psychiatrique de Montfavet, qui héberge 60 résidents autistes ou polyhandicapés, traverse une crise sans précédent. Un appel à la grève, lancé par la CGT, avait lieu ce jeudi. « Cela fait 27 ans que je travaille ici, je n’ai jamais vu ça », se désole Sylvie, ASH (ménage). « On nous dit de nous occuper des résidents et que la priorité ce n’est pas le ménage, mais avoir un lieu propre fait partie du soin », développe-t-elle. « Plusieurs matins et tous les après-midi de l’été, il n’y avait qu’une seule infirmière au lieu de 2 pour 60 résidents », décrit Carine, infirmière. « Les résidents ne sortent jamais, ils restent enfermés », s’émeut Gaby. Franck, lui, dénonce un « glissement des tâches, avec des fiches de postes pas respectés ».

    Comme des ASH obligés d’endosser un rôle d’aide soignante. « Un poste de maître de maison a été créé il y a plusieurs années, qui ne correspond à aucune qualification, tout ça pour payer moins », déplore Claire Moreno, secrétaire générale CGT de l’hôpital de Montfavet. Le syndicat estime à 17 le nombre de postes à créer, en plus des environ 80 salariés, dont 40% contractuels. « On réorganise toujours mais à la baisse, on fait des économies sur le dos des agents et la prise en charge des résidents devient inhumaine », s’émeut Claire Moreno. La syndicaliste, au bord des larmes, se désole à « chaque lecture de fiche d’événements indésirables ». Et dire, « qu’on est en 2025, année de la santé mentale », soupire-t-elle. Une situation qui a empiré ces derniers mois, et qui a déjà fait l’objet de 5 droits d’alerte. « Cela me fait mal au cœur », se désole Jacques Rousset. À la retraite depuis 4 ans, cet ancien chef du pôle médico-social, gérait la MAS. Il est accueilli avec d’immenses sourires. « Je viens témoigner ma solidarité face à cette détérioration sans précédent de la prise en charge, c’est à l’image de ce qu’il se passe dans le pays où une logique comptable et déshumanisée est à l’œuvre », expose-t-il.

    Le « déficit » comme justification

    Des propos qui seront corroborés quelques minutes plus tard par Laure Baltazard, directrice adjointe de l’hôpital de Montfavet, venue à la demande de la CGT entendre les agents, aux côtés du DRH Nizar Chaffai.

    « Une contrainte budgétaire se pose à nous, comme dans beaucoup de MAS, on a un déficit de 1,5 million d’euros soit 15% du budget et l’on doit préserver des marges de manœuvre pour investir, tente-t-elle de justifier. Nos effectifs tels qu’ils sont organisés ne sont pas à la hauteur des recettes que nous recevons. » « Tant que vous mettrez l’argent en balance avec le soin, ça ne marchera pas ! », l’interrompt une agent tout en lui enjoignant de défendre plus de budget auprès des autorités de santé supérieures. « Il faut des réponses maintenant ! », conclut-elle.

  • Une journée ensemble face à la délinquance

    Une journée ensemble face à la délinquance

    Devant le restaurant d’insertion la Graine de Piment, qui emploie des jeunes passés par la PJJ, ce jeudi 25 septembre en fin de matinée, des représentants d’entreprises se mêlent aux jeunes de la Mission locale pour une journée dédiée à la prévention de la délinquance.

    Une journée pour illustrer notamment « les liens étroits entre insertion sociale et insertion professionnelle », confie ainsi, dans un tract, la Mission locale jeunes Grand Avignon, en précisant que les échanges « seront autant d’occasions pour les jeunes des quartiers prioritaires de mettre en avant leurs atouts professionnels, de découvrir la transférabilité de leurs compétences et de bénéficier de conseils concrets pour leur future insertion dans l’emploi ».

    « Il faut absolument privilégier la prévention à la sanction. Et on ne le montre pas n’importe où, car on montre ici que l’insertion par le travail de jeunes, au passé parfois délinquant, ça marche. Ils apprennent un métier et montrent qu’on peut avoir confiance en eux », souligne ainsi Isabelle Gineste, directrice de la Mission locale jeunes Grand Avignon.

    « Produire un déclic »

    Une journée qui a commencé par un débat sur la prévention de la récidive, de la réinsertion et de la citoyenneté, animé par Yazid Kherfi, ancien braqueur passé par la prison, devenu écrivain et médiateur dans les quartiers populaires. « Cette journée va permettre à chacun de réfléchir aux postures qu’il faut avoir. J’ai été délinquant de mes 15 à mes 30 ans. Et j’en suis sorti quand le maire de ma ville a témoigné en ma faveur et m’a fait comprendre que j’avais plus de qualités que de défauts », raconte l’intervenant.

    Un message qui a résonné chez les jeunes avignonnais, comme pour Lukman, habitant du quartier des Rocades et aujourd’hui étudiant, qui assure, avant de partir en cours, « que ce discours résonne quand c’est une personne issue, comme nous, des quartiers qui le raconte ». Mais aussi pour Kaïs, jeune habitant lui aussi de la Rocade, qui a longuement échangé avec l’intervenant, s’interrogeant sur le fait que « la prévention a des effets positifs », car « les gens ne changent que quand ils ont eu des galères », estime-t-il. « Il faut produire un déclic. Et ceux qui sont passés par là peuvent transmettre leur savoir », confie l’intervenant.

  • Vers la fin des parkings payants à l’hôpital ?

    Vers la fin des parkings payants à l’hôpital ?

    La proposition de loi était jusque-là passée inaperçue cet été. Leurs auteurs viennent de communiquer dessus : le 11 juillet, trois députés LFI-NFP, dont le vauclusien Raphaël Arnault, ont déposé un texte « visant à garantir la gratuité des parkings des établissements publics de santé ». « Que l’on vienne pour se soigner ou pour porter soutien et réconfort à un proche, la première chose que l’on voit lorsqu’on arrive à l’hôpital public : une barrière. Et la seule façon de l’ouvrir, c’est de sortir sa carte bleue », déplore Raphaël Arnault.

    Un état de fait en cours à Avignon depuis bientôt trois ans, où l’actuelle direction a mis fin à la gratuité du site, confiant à Q-Park l’exploitation du stationnement. Le directeur relativise aujourd’hui les tarifs avec un ticket moyen à 2,50 euros et 45 minutes de gratuité. « Il y a quelques mois un homme a dû payer 200 euros de parking à l’hôpital d’Avignon pour avoir veillé sur sa femme mourante », rappelle le député. Pour l’heure, les autres hôpitaux publics de Vaucluse (Orange, Carpentras, Cavaillon) conservent leurs parkings gratuits.

    « La mise en place de parcs de stationnement payants dans des établissements publics de santé est un modèle qui se généralise en France : seul un quart des parkings des hôpitaux publics sont toujours gratuits. Nous assistons à une privatisation rapide qui entraîne des coûts importants et supplémentaires pour les usagers alors qu’une hospitalisation ou une urgence n’est jamais un choix », dénoncent Raphaël Arnault et ses homologues, Sandrine Nosbé (9e circonscription de l’Isère) et Pierre-Yves Cadalen (2e circonscription du Finistère).

    La proposition de loi, fruit d’un « échange constant avec les organisations syndicales et les associations d’usagers des différents hôpitaux », est composée de trois articles. L’un d’eux stipule que « les parkings ne devront plus faire l’objet de contrats de concession et permet de résilier ceux existants ». Du côté de Raphaël Arnault, on espère que le texte, inscrit à la niche parlementaire de la France insoumise, soit étudié en commission des affaires sociales fin novembre. Avec l’espoir réel d’être adopté « s’il n’y a pas d’obstruction », la mesure faisant plutôt consensus à gauche et au RN.