Tag: Var

  • La protection de l’enfance exige des moyens à la hauteur des enjeux

    La protection de l’enfance exige des moyens à la hauteur des enjeux

    Les militants du Comptoir des idées sont toujours à pied d’œuvre dans le Port du Levant pour faire vivre la réflexion et le débat. Cette fois c’est au tour de la Ligue des droits de l’Homme de nous faire nous interroger sur la grande faillite qui entoure le secteur de la protection de l’enfance qui, par manque d’ambition politique, n’a plus les moyens d’accomplir correctement ses missions. Avant la grande table ronde de jeudi à l’Hélice qui réunira entre autres dès 18h Virginie Peyré, la fondatrice de l’association « Les ami(e)s de Romy », auteure du livre Chut c’est un secret et le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, nous les retrouvons devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé pour une opération de collage.

    « On est la 5e puissance du monde et on a 160 000 enfants par an qui sont victimes de violences sexuelles et des mineurs isolés mal accompagnés ou pas accompagnés du tout », s’indigne le président de la section Toulon-La Seyne de la LDH Roland Biache. Et de poursuivre sans concession : « Il est clair que la France n’assume pas son rang, n’est pas à la hauteur des enjeux. Et d’ailleurs le taux de mortalité des enfants raugmente ces dernières années. »

    « Un impensé politique »

    Un constat dramatique qu’il est difficile de ne pas rattacher aux baisses de crédits attribués. « Ce n’est pas vrai qu’on fait mieux avec moins », peste le responsable associatif. Il s’appuie d’ailleurs sur le dernier rapport de la députée socialiste Isabelle Santiago rapporteure d’une commission d’enquête et qui dit que « la protection de l’enfance est un impensé des politiques publique ».

    Pour le militant des droits humains il y a urgence à réagir et à faire appliquer les droits, pour commencer ceux de la Convention internationale des droits à l’enfant, dont nous célébrons l’anniversaire ce jeudi. « On se retrouve face a une forme d’autisme du côté des pouvoirs publics, mais on est toujours aussi motivés pour se battre », affirme-t-il. En attendant, « le plus grave c’est qu’on obère l’avenir ». Et là dessus les rapports de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et de la défenseure des droits ont de quoi alarmer.

    Parmi les solutions qui vont être développées au cours de la soirée, celle pour commencer d’amplifier les programmes scolaires pour qu’il y ait une véritable politique éducative. Mais aussi parvenir à avoir une vision plus globale d’une politique de l’enfance aujourd’hui très éparpillée dans différents services. « Il y a des gens compétents dans ces délégations interministérielles mais ils n’ont que très peu de moyens politiques et pâtissent d’un manque d’attention de leurs collègues ministres ou secrétaires d’État », déplore Roland Biache.

    Il ajoute que depuis la loi de 2023 les municipalités ont également des responsabilités mais « les relations financières installées entre l’État et les collectivités locales » n’aident pas vraiment à mettre en place une véritable politique de l’enfance et de la petite enfance.

    La prostitution enfantine, avec là encore des constats alarmants, va également être mise en avant notamment par le journaliste Claude Ardid (Les enfants du purgatoire, L’Observatoire) qui a passé deux mois en immersion totale au sein de la brigade des mineurs de Marseille. Une table ronde qui va accorder un focus tout particulier sur l’Aide sociale à l’enfance. « Ce qui se passe dans certains départements, est dramatique », affirme le militant. La LDH souligne les effets de la décentralisation de l’État vers les départements, avec l’inégalité territoriale de traitement, que cela entraîne, notamment au niveau des mineurs isolés étrangers, qui représentent 20%, même des chiffres des jeunes accueillis.

    Et de conclure : « Dans le Var, en plus, sur les 233 mineurs isolés étrangers reçus l’année dernière, seulement 89 ont été acceptés comme tels. Les fameux test osseux sont un moyen d’évacuer des jeunes dont on n’a pas la place pour les accueillir. C’est le drame. »

  • Toulon en Commun tient à rétablir quelques vérités

    Toulon en Commun tient à rétablir quelques vérités

    « Nous gardons notre sérénité mais regrettons ce cavalier seul… » C’est en ces termes que commence le communiqué de Toulon en Commun, en rappelant que « la division de la gauche n’est jamais une bonne chose ». Et ce d’autant moins dans le Port du Levant où le danger de l’extrême droite est réel.

    La liste d’union des forces progressistes déplore donc ce choix, alors que « la dynamique autour de Magali Brunel est réelle et que les habitants disent leur souhait de changement ». Pour Toulon en Commun, il est clair que les priorités de LFI sont autres. Guidées par une décision nationale qui fait fi de l’urgence d’empêcher le RN de (re)prendre la ville.

    Pour la liste de rassemblement « les raisons avancées par LFI ne sont ni justes ni exactes », en rappelant que « la désignation de Magali Brunel comme tête de liste a été un exemple de démocratie auquel LFI, en quittant Toulon en Commun, n’a pas voulu participer ». Et sur « la supposée ligne rouge » qui serait son appartenance au PS, l’Assemblée citoyenne écologiste, sociale et solidaire montre que l’argument ne tient pas puisque à la Seyne, LFI se présente alors que la tête de liste n’est pas socialiste. Et de poursuivre : « Et c’est pareil dans beaucoup d’autres villes avec des maires sortants communistes ou EELV, ou encore des listes sans tête de liste PS. »

    Pas question pour autant de se laisser déstabiliser par ce type d’annonce. L’équipe qui travaille depuis 2019 en concertation pour bâtir un programme de changement basé sur la réalité toulonnaise va au contraire continuer d’aller de l’avant. « Comme nous avons su rassembler la gauche et ses diverses sensibilités, les écologistes et les régionalistes, nous annoncerons de nouveaux renforts dans les semaines à venir », conclut-elle d’ailleurs.

  • Gilets jaunes dans le Var : une mémoire vive et des voix qui refusent de se taire

    Gilets jaunes dans le Var : une mémoire vive et des voix qui refusent de se taire

    « Nous sommes là pour montrer que le mouvement, certes affaibli, est toujours actif et ce sur plusieurs fronts », commence Pierre, en pointant par exemple le combat mené pour la gratuité des parkings dans les établissements de santé. Mais aussi leur participation dans des listes citoyennes pour les prochaines élections municipales.

    En tout cas tout le monde est content de se retrouver en ce début de week-end sur ce rond-point qui a abrité des mois durant leur mobilisation sans faille. Et ce même si le bilan est contrasté.

    Pour mémoire dès les premières d’action en novembre 2018, les Gilets jaunes varois occupent le terrain en masse. Salariés, retraités, travailleurs indépendants, chômeurs… tous unis par le sentiment d’un coût de la vie devenu insupportable.

    Même si les grandes mobilisations du samedi ont vécu, des collectifs locaux continuent de fonctionner, organisant des réunions ponctuelles, des actions de solidarité, et participant aux mouvements sociaux lors des grandes manifestations contre la réformes des retraites notamment.

    Entre nostalgie

    et détermination

    Ils évoquent chacun avec leurs mots le lien humain, si rare et si puissant, qui s’est noué au cœur de l’hiver 2018. Pour autant, ils ne veulent pas faire de ce septième anniversaire un rassemblement d’anciens combattants se remémorant les grands moments de camaraderie mais bien continuer de mettre en avant l’urgence sociale et de réfléchir à leur capacité à se remettre en ordre de bataille.

    « On avait raison, écrivez-le ça ! C’est important. Alors que beaucoup nous traitait de complotistes », affirme celle que tout le monde ici appelle Makry, pour Marie-Christine, en expliquant que les raisons qui les avaient poussés à se révolter n’ont pas changé. « C’est même pire aujourd’hui. On est vraiment tombé encore beaucoup plus bas que ce qu’on pensait », ajoute-t-elle. Et de poursuivre : « On demande toujours de pouvoir terminer le mois, se soigner. Rien n’a été réglé, au contraire. » Pour l’ancienne chef d’entreprise « ça ne peut que repartir » puisque « le ras-le-bol » et « la colère » sont là.

    Un peu plus loin, Laurence pense elle aussi que tous les facteurs sont réunis. Mais, pour elle « les gens ne sont pas encore assez motivés » pour franchir à nouveau le cap. « Ils nous klaxonnent, ils nous soutiennent, mais ils ne sont pas prêts à descendre dans la rue, à faire des actions », confirme Maria. « J’espère de tout mon cœur que ça arrivera parce que j’ai 70 ans et que je n’ai pas l’intention de terminer ma vie sur un rond-point », reprend Makla. « C’est vrai qu’on aimerait bien qu’ils se bougent un peu plus. On voit quand il y a des matchs de foot, de rugby, ils sont tous là à crier, et puis pour des bonnes causes, ils restent à la maison ! », déplorent Pierrette et Mariline.

    En tout cas tout le monde promet de continuer à se battre dans l’ombre ou au sein du mouvement associatif pour promouvoir un avenir meilleur.

  • Galeries Lafayette : une enseigne qui ne provoque plus l’enthousiasme unanime des clients à Toulon

    Galeries Lafayette : une enseigne qui ne provoque plus l’enthousiasme unanime des clients à Toulon

    L’heure n’est pas à l’agitation dans les rayons des Galeries Lafayette de Toulon. Quelques clients semblent flâner sans but précis, et rares sont ceux qui ressortent avec un sac sous le bras. L’établissement, ouvert en 1951 sous pavillon Aux Dames de France, devenu Galeries Lafayette en 1985, et menacé de fermeture à cause de la possible liquidation de l’enseigne, avait finalement été sauvé en mars 2024. Une bonne nouvelle pour les salariés, pas autorisés par leur direction (qui a refusé de nous recevoir) à répondre à nos sollicitations concernant ce maintien. « Mais allez demander aux clients ce qu’ils en pensent », nous glisse malicieusement l’une d’entre elles.

    « Pourquoi sont-elles encore ouvertes ? »

    Parmi ceux-ci, certains, comme Angélique, parlent de « très bonne nouvelle. Je suis une cliente occasionnelle, c’est agréable d’y faire un tour, on est bien reçu, et il y a du choix. Il y a tous types de prix, et les promotions continues sont adaptées au budget des Français ». Pour cette habituée du rayon parfumerie, il est primordial de conserver « cette institution avec des points de vente physiques », et de ne pas avoir cédé à la marque Shein, dont l’installation dans sept magasins a provoqué la fin du partenariat entre Galeries Lafayette et la Société des Grands Magasins (SGM) : « Il fallait préserver l’image et l’honneur français ».

    S’ils reconnaissent l’importance de l’enseigne dans le patrimoine commercial français, les autres clients croisés ne sont pas tout à fait du même avis. Dia, lui aussi intéressé par les parfums, « se ficherait » d’une fermeture. « Il y a d’autres enseignes, j’irai ailleurs », conclut simplement le jeune homme. D’autres, comme Vanessa, se demandent même « pourquoi elles sont encore ouvertes. Il n’y a pas grand intérêt à ce magasin qui coûte cher, et qui n’a pas grand-chose à proposer. J’y vais parfois pour passer le temps, mais je ne trouve rien. Il n’y a que des choses généralistes qui sont chères. Aujourd’hui, ce magasin n’est plus adapté à la population et à notre pouvoir d’achat. » Danielle et Armand, eux, n’y trouvent plus leur compte : « C’est trop classique. On vient par habitude car on allait aux Dames de France avant. Ce serait dommage que ça disparaisse, mais il faudrait que ça se modernise, avec un conglomérat de petites enseignes plutôt que des kilomètres de pull-overs et de chemises classiques. Ça n’a plus aucun sens, il faut du dynamisme », concluent ces deux retraités du commerce de prêt-à-porter.

  • Les santons, un avant-goût de Noël

    Les santons, un avant-goût de Noël

    Si vous n’êtes pas Provençal, ils ne vous disent peut être rien, du moins sous cette appellation. Pourtant, ils garnissent les crèches de vos sapins de Noël, tradition largement sécularisée, au point de gagner, non sans polémique, certains bâtiments publics. Les santons de Provence, petites figurines d’argile colorées à l’effigie des personnages de la nativité (scène biblique représentant la naissance de Jésus-Christ), ont allègrement dépassé les frontières de la région.

    La crèche de Noël aurait été créée en 1233 par François d’Assise. Il s’agissait alors de crèches vivantes, avec des êtres humains pour représenter les personnages bibliques. Mais sa version miniaturisée, telle qu’on la connaît aujourd’hui, se popularise au XVIIIe siècle, en Provence. La première crèche connue a été réalisée à Marseille, par un certain Laurent, en 1775. Mais, ce n’est qu’au début du XIXe siècle que le santon (du provençal « santoun », qui signifie « petit saint ») en argile moulée naît de la main du sculpteur phocéen Jean-Louis Lagnel.

    Une vingtaine d’artisans
    à Saint-Maximin

    Plus de deux siècles plus tard, le santon de Provence est devenu une institution, si bien qu’il a été classé à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel français, en 2021. Et, chaque année, avant les fêtes, on lui fait la part belle dans de nombreuses localités du territoire, comme à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, où se tiendra ces samedi et dimanche, la traditionnelle Foire aux Santons, 42e du nom, dans la salle des fêtes communale.

    Véritable hommage à l’artisanat local, elle réunit une vingtaine de santonniers qui exposeront leurs créations et vous feront découvrir leur savoir-faire, du moulage au séchage en passant par la cuisson et la décoration. Vous pourrez même directement vous procurer vos santons pour décorer votre sapin de Noël. Une quarantaine d’exposants d’art locaux et de métiers de bouche seront également présents pour une immersion encore plus profonde dans la culture provençale. Cerise sur le gâteau : vin et chocolat chauds vous seront offerts ce samedi à 17h30, à l’occasion du non moins traditionnel concert de Noël.

    Samedi 15 et dimanche 16 novembre dès 9h,
    entrée gratuite.

  • Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Depuis la rentrée scolaire, les élèves de terminale ST2S1 du lycée Raynouard –dont les camarades de terminale ASSP avaient connu une situation similaire en fin d’année dernière– sont privés de leur enseignante de spécialité, en arrêt maladie jusqu’au 10 décembre (minimum). Depuis, malgré les relances incessantes des parents d’élèves, professeurs et du proviseur, aucune réaction du rectorat, alors que cette absence aurait pu être anticipée. « Le professeur en question a prévenu le rectorat au mois d’août, explique Sophie Zolla, déléguée FCPE et mère d’une élève. Ils n’ont réagi que quand on a menacé de contacter la presse. On nous a demandé un délai jusqu’au 10 novembre au soir. Nous n’avons rien eu. »

    « Il faut plus de places

    aux concours »

    Une situation difficile pour les élèves, privés de l’enseignement le plus important pour leur bac (coefficient 16, 8h/semaine), qui doivent aussi composer sans leur professeure de physique-chimie, en congé maternité : « Ça génère du stress car ils voient leurs camarades avancer sur le programme et pas eux. Ils ont peur de se planter », s’inquiète la déléguée FCPE, qui indique qu’une annonce pour trouver un remplaçant a été déposée sur les réseaux sociaux de la FCPE du lycée. « Ils sont tenaces, mais je les sens fatigués. Ils attendent toute la journée pour aller en cours et perdent du temps et leur motivation, même s’ils restent sérieux. Je suis optimiste, mais on craint la démotivation », met en garde Joël Beullier, leur professeur de philosophie.

    La professeure de spécialité de l’autre terminale ST2S prend le relais 2h par semaine, mais cela n’est pas suffisant : « Les élèves ont 50h et quatre chapitres de retard », déplore Sophie Zolla. « Ces remplacements courte durée (RCD) n’en sont plus. Ça ajoute du travail et cela dégrade nos conditions de travail », fustige Joël Beullier, qui pointe l’inaction du rectorat et des effectifs trop restreints pour assurer la continuité de l’enseignement : « Après avoir vécu ça l’an dernier, on est effaré de voir que ça se répète. C’est inquiétant car ça ramène à la crise du métier et de la vocation. On n’a plus assez de collègues. Tous les postes proposés sont pourvus, mais on n’a plus de titulaire en zone de remplacement. On est complètement à flux tendu sur ces disciplines. Il faut plus de places aux concours pour répondre à ces difficultés. »

    Contacté, le rectorat n’a pas pu être joint.

  • LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    Après la droite, éclatée entre les candidatures du sénateur (LR) Michel Bonnus et celle probable de la maire sortante (SE) Josée Massi, la division gagne la gauche, à Toulon. Vendredi, la France insoumise (LFI) a annoncé sa candidature aux élections municipales 2026, avec comme chefs de file Isaline Cornil, candidate du Nouveau Front populaire (NFP) aux législatives 2022 dans la 2e circonscription du Var, et Pierre-Yves Denis, l’un des responsables locaux du mouvement. LFI se retire ainsi de la candidature commune à gauche menée par Toulon en Commun (TEC), avec la socialiste Magali Brunel (PS) en tête de liste.

    Alors que cette dernière estimait, il y a trois semaines, que « la balle (était) dans le camp de LFI », les insoumis ont choisi de faire cavalier seul. La faute, en premier lieu, selon eux… à la tête de liste elle-même : « Notre seule ligne rouge était de ne pas avoir une tête de liste socialiste. On parle d’union, mais il y a la réalité des engagements. Je ne pense pas que ce soit un bon signal, pour les électeurs, de s’unir derrière des gens qui négocient ce qu’ils sont en train de négocier à Paris », martèle Pierre-Yves Denis.

    L’union encore possible ?

    Un cas qui n’est pas sans rappeler celui de La Seyne-sur-Mer, où LFI a également annoncé ne pas soutenir la candidature commune de gauche, menée par Stéphane Sacco (GRS), « autoproclamé tête de liste, alors que les discussions n’avaient pas été menées à bout, avec le soutien du PCF. Cela avait même été critiqué par le PS et les Écologistes », détaille Isaline Cornil.

    Dans la seconde ville du Var, comme dans la première, la question de la légitimité demeure centrale, en plus des désaccords programmatiques : « En juin, nous avons proposé une liste commune dotée d’un programme de rupture et représentative de ce qu’est la gauche à Toulon. LFI devait y tenir la place qui correspond à ce qu’elle représente électoralement depuis 2022, sachant qu’à Toulon, nous sommes la première force politique au sein du NFP. Lors de notre dernière réunion, TEC a rejeté toutes nos propositions en bloc », soutient Isaline Cornil.

    TEC livre une autre version : « LFI est partie de TEC, est revenue, puis repartie. Ils connaissent notre fonctionnement, notamment pour le choix de la tête de liste, et n’ont pas voulu participer. TEC prend ses décisions en assemblée populaire et élabore démocratiquement un programme depuis 7 ans. LFI, dont le programme est celui en neuf points envoyé par Paris, voulait en discuter après coup. Les décisions de l’assemblée pouvaient ainsi être remises en cause. C’est l’ADN démocratique de TEC qui disparaîtrait », réagit la liste de gauche, affirmant qu’il n’y a « qu’à la présidentielle que LFI est devant ».

    Dans ces conditions, le combat contre l’extrême droite peut-il encore être gagné ? « L’idée que la division alimente le RN est fausse. Ce qui l’alimente, c’est le manque de projet politique capable de lui faire face », estime Pierre-Yves Denis, qui mise aussi sur la mobilisation « du bloc abstentionniste », très présent dans les quartiers populaires, pour arriver à ses fins. Même si à LFI, comme à TEC, on n’exclut pas de reprendre des discussions. « Si TEC a besoin de l’électorat LFI sur un programme de rupture, nos propositions restent valables. Nous ne sommes pas une liste anti-TEC », pose Isaline Cornil.

    S’ils partent seuls comme annoncé, les insoumis présenteront une liste dite d’union populaire, composée d’au moins 25% de citoyens non encartés. Avec, comme lignes fortes évoquées, participation citoyenne, lutte contre la pauvreté et l’habitat indigne, adaptation au changement climatique, transports en commun (création d’un tramway comme pour TEC), gestion démocratique des services publics, avec un accent sur la rénovation des écoles et l’accessibilité, police de proximité, amélioration de l’offre de santé ou lutte contre les discriminations. Un programme construit avec les citoyens, « en allant taper aux portes pour changer la vie des Toulonnais », annonce Isaline Cornil.

  • Des locataires en détresse sociale et financière à Toulon

    Des locataires en détresse sociale et financière à Toulon

    Des locataires de Toulon Habitat Méditerranée (THM) pourraient voir leurs allocations logement suspendues en raison d’un reliquat d’impayés de charges locatives, alerte l’Indecosa CGT. L’an dernier, ils ont été assommé par une impressionnante régularisation de ces charges, atteignant pour certains un montant de plus de 1 500 euros. L’apurement de la dette a été étalé dans le temps.

    « Ils en effet ont reçu un courrier les enjoignant à contacter leur bailleur pour établir des dossiers FSL (Fonds de solidarité logement), alors qu’ils ne sont pas, pour la plupart, en impayé de loyers », explique André Cheinet, le président de l’association de défense des consommateurs.

    Une menace jugée particulièrement injuste par l’Indecosa CGT. D’autant que le montant de ces charges a explosé et que « les prestations fournies sont loin d’être à la hauteur », souligne Zohra Sidi Dris. Une population déjà très fragilisée et particulièrement touchée par la dégradation générale du pouvoir d’achat.

    Les militants dénoncent également un manque de transparence sur le calcul de répartition de ces charges. « Tout cela pèse décidément trop lourd sur les plus démunis », insiste Jean-Luc Trinel.

    « Éviter la dérive sociale

    et financière »

    André Cheinet poursuit : « Le logement est en crise. Toutes les associations le disent. Donc, on interpelle les politiques en leur disant qu’il n’est pas possible de rester sans réaction face aux difficultés de ces locataires. » Complètement débordés par les augmentations auxquelles ils n’arrivent pas à faire face, « les gens sont en détresse, certains paniquent face aux risques de perdre leur logement », ajoute Zohra.

    Face à cette urgence sociale, l’Indecosa CGT appelle les élus et pouvoirs publics à réagir : « Nous leur demandons de prendre des dispositions pour la mise en place urgente d’une aide, à titre exceptionnel, pour soulager ces locataires et leur éviter la dérive sociale et financière qu’entraînerait la suppression de leur aide au logement. » L’appel, sous forme de lettre ouverte, est lancé. « S’ils répondent favorablement, on ne pourra que les remercier d’avoir entendu la détresse des locataires, sinon ils s’en souviendront », conclut Zohra Sidi Dris.

  • Airbnb : dans le Var, la nécessité de trouver un point d’équilibre

    Airbnb : dans le Var, la nécessité de trouver un point d’équilibre

    Dans le Var, l’offre Airbnb a augmenté de 12% entre 2019 et 2024. De quoi inquiéter les professionnels de l’hôtellerie, qui déplorent les avantages fiscaux dont bénéficie ce type de logement, malgré la loi Airbnb 2025 qui permet aux mairies de limiter le nombre de logements, et à 90 leur nombre de nuitées touristiques. « Les professionnels interpellent sur cette différence de réglementation, note Guillaume Decard, président de Var Tourisme. On entend, car s’il y a réglementation, c’est qu’il y a abus et une tension avec les habitants sur le logement. »

    Mais, selon lui, « il faut trouver le bon curseur, car Airbnb, dans le Haut-Var ou le Verdon par exemple, est une offre complémentaire sur laquelle l’hôtellerie traditionnelle et les campings sont en recul. On en a besoin ». à prendre en compte également, les changements de consommation. « Les meublés représentent 28% des locations, dont 75% de Airbnb. Il y a un bouleversement dans la manière de partir en vacances, les gens se centrent sur l’expérience. C’est une valeur ajoutée pour la consommation », affirme Guillaume Decard, qui ajoute : « Il faut faire cohabiter l’offre. Il y a un changement de conjoncture économique, mais l’hôtellerie a un rôle important à jouer, autour du haut de gamme ou du 3-4 étoiles, qui se renouvellent sans cesse. » Dans cette optique, Airbnb a été invité à participer aux assises du tourisme du Var, en 2026.

  • La gauche fait du droit à la sécurité pour tous une priorité à Toulon

    La gauche fait du droit à la sécurité pour tous une priorité à Toulon

    Pas question pour la liste d’union des forces progressistes du Port du Levant d’occulter un thème trop longtemps laissé dévoyé par la droite et l’extrême droite, qui ne l’appréhendent que par le seul volet répressif. D’autant que ce sujet occupera encore une large place dans la campagne des prochaines élections municipales, partout en France. La sécurité est un droit que la gauche entend bien défendre, sans idéologie ni angélisme, mais avec efficacité, en prenant le problème dans son entièreté. Sans oublier donc la partie prévention, de manière à intervenir en amont, avant que les faits répréhensibles soient commis.

    « La sécurité est un bien public, un service public et fait donc partie tout naturellement des combats de la gauche et des progressistes. Nous attendons que nos concitoyens puissent vivre dans un territoire où on prend soin d’eux », explique en introduction la tête de liste de Toulon en Commun, Magali Brunel (PS), en revenant à l’éthologie latine du terme.

    « La sécurité est une valeur profondément républicaine : elle garantit la liberté, l’égalité et la dignité », a embrayé Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT Police, en précisant justement que « quand la gauche se tait, d’autres occupent le terrain avec la peur et le repli ». Et de poursuivre : « Le problème central, aujourd’hui, n’est pas une explosion de la délinquance, mais un désengagement de l’État. Les services publics de la sécurité s’affaiblissent, les effectifs stagnent et les communes tentent de combler les manques. Résultat : une sécurité à plusieurs vitesses, inégalitaire et territorialisée. »

    Un bien public

    Une situation à laquelle les communes essaient de répondre, à leur niveau et lorsqu’elles en ont les moyens, par une augmentation du nombre de policiers municipaux et l’installation de vidéosurveillance.

    À Toulon, par exemple, on compte 142 agents municipaux, 377 caméras de vidéoprotection (+38% depuis 2017) et un budget sécurité de près de 9 millions d’euros par an. Un effort considérable, mais qui ne permet pas pour autant de compenser le recul de l’État en matière de sécurité publique.

    « On considère que la sécurité est réellement une thématique que la gauche doit se réapproprier », pose Sébastien Cote, adjoint au maire de Montpellier, en rappelant que « la personne qui a fait le plus de mal à la sécurité en France, depuis 15 ans, c’est Nicolas Sarkozy, celui qui a supprimé le plus de postes de policiers, le plus de postes de magistrats ». Cette municipalité de gauche a également considérablement augmenté le nombre de policiers municipaux, ainsi que le nombre de caméras.

    Des solutions qui trouvent leurs limites. Le syndicaliste insiste sur le fait que moins de 3% des enquêtes aboutissent grâce aux caméras, pour un coût de 10 000 d’euros d’installation et 3 000 à 5 000 euros par an d’entretien.

    Pour autant, les villes disposent d’autres leviers d’intervention, souvent insuffisamment activés. Pour la CGT Police, le premier est de privilégier la présence humaine à la technologie. Mais aussi d’associer syndicats, associations et habitants. Et ainsi transformer la police municipale héritée en un outil de lien social, formé à la médiation et à la prévention, en articulation avec la police nationale et les services publics.

    Un point de vue partagé par Yannick Ohanessian, adjoint à la Tranquillité publique de Marseille, qui évoque « une hyperproximité pour mieux comprendre les besoins des gens et répondre à leurs sollicitations ».

    La maire PCF d’Échirolles (Isère), Amandine Demore, a aussi dénoncé le désengagement de l’État dans ce service public et l’inégale répartition des commissariats sur le territoire national. Et de conclure : « La police municipale est la dernière police de proximité qui nous reste. »