Tag: Var

  • Deux jours d’exercice nucléaire grandeur nature à Toulon

    Deux jours d’exercice nucléaire grandeur nature à Toulon

    Et si la métropole toulonnaise était victime d’un accident nucléaire majeur ? Avec pas moins de sept bâtiments à propulsion nucléaire présents sur la base navale, le risque zéro n’existe pas et doit être pris au sérieux.

    À cet égard, le Code de la sécurité intérieure relatif aux Plans particuliers d’intervention (PPI) introduit l’obligation d’exercice tous les cinq ans. Ces dispositifs concernent tous les sites industriels ayant une activité à risque, qui sont tenus d’en disposer.

    Préparé par le préfet, le PPI définit les mesures impliquant l’ensemble des acteurs concernés (exploitant, services d’urgences et d’État, communes avoisinantes, médias, exploitants de réseaux de transport, d’énergie, de télécommunications, éducation nationale…). Il précise aussi l’organisation et l’intervention des secours pour assurer la protection des populations et la sauvegarde de l’environnement, en cas d’accident radiologique.

    Ainsi, en complément des exercices d’état-major réalisés trois à quatre fois par an, la Marine, le préfet du Var et l’Autorité de sûreté nucléaire de défense organisent un exercice PPI afin d’entraîner les équipes des services publics, civils et militaires, et de mécaniser les procédures. Débuté mercredi, celui-ci se poursuit ce jeudi à la base navale de Toulon.

    Pour l’exercice en cours, un scénario fictif a été imaginé autour d’un accident majeur affectant la chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) basé en zone protégée Missiessy, au sein de la base navale de Toulon. Des dispositions sont alors mises en œuvre avec, dans un premier temps, les déclenchements des plans d’urgence interne (PUI) « installation » par le commandant du sous-marin et du PUI « site » de la base navale de Toulon, par le commandement d’arrondissement maritime. Puis, dans un second temps, le déclenchement du plan particulier d’intervention (PPI) par le préfet du Var.

    Des messages

    sur les smartphones

    La journée de mercredi était consacrée aux actions techniques et à l’évacuation des victimes de la base navale avec, pour principal objectif, le test de la mise en œuvre du PUI et de tout ce qui lui est lié : commandement, secours et mises à l’abri, maîtrise de l’accident nucléaire, évaluation des impacts, communication interne…

    Ce jeudi sera quant à lui consacré à la simulation du rejet ou d’une menace de rejet de produits radioactifs dans l’environnement. Il s’agira de mesurer la bonne articulation des PUI et du PPI, en évaluant les mesures de gestion du trafic (routier, autoroutier, ferroviaire et maritime) susceptibles d’être mises en œuvre (itinéraires d’évacuation, de contournement…), ainsi que la circulation de l’information, interne comme externe, à l’égard des médias (en simulant une pression médiatique), des élus et de la population. Une manière de sensibiliser, notamment en ce qui concerne les stocks de comprimés d’iode, disponibles gratuitement en pharmacie, qui permettent de réduire les risques sanitaires engendrés par un accident nucléaire, et dont chacun doit disposer chez soi.

    Ainsi, les sirènes de la base navale et des communes de Toulon, La Seyne, Ollioules et Saint-Mandrier seront déclenchées dans la matinée. La préfecture testera, au même moment, le système d’alerte et d’information FR-Alert auprès des personnes présentes dans un périmètre de 5 km autour de la base navale, qui recevront une notification accompagnée d’un signal sonore. Cette alerte pourrait dépasser la zone cible et atteindre les communes alentour, ainsi que les personnes circulant dans le secteur, en train, bateau ou voiture. Enfin, des exercices de mise en situation seront réalisés jeudi après-midi, à La Seyne, par le Sdis 83.

  • De nouvelles expériences à la Foire de Brignoles

    De nouvelles expériences à la Foire de Brignoles

    C’est un événement attendu à chaque début de printemps. Pendant neuf jours, la Foire de Brignoles en Provence Verte – événement centenaire créé en 1921, initialement comme exposition consacrée aux vins du Var et aux innovations liées au monde viticole – va animer le territoire.

    Au total, près de 270 exposants locaux seront de la partie pour proposer une véritable vitrine du terroir, entre habitat, gastronomie, agriculture, loisirs et innovation.

    Tradition et modernité

    Les gourmands se donneront rendez-vous dans la traditionnelle Halle des Saveurs, où seront regroupés des exposants venus partager leurs spécialités et leurs savoir-faire culinaires (vins, produits du terroir, douceurs sucrées…). En complémentarité, le Marché des producteurs proposera de découvrir des spécialités issues directement des exploitations et ateliers artisanaux, en présence de ceux qui les font vivre.

    Plusieurs nouveautés seront également au programme. Les amateurs de vins sauront apprécier un hall dédié aux vins du terroir, avec à l’honneur, cette année, l’appellation Coteaux Varois en Provence. Pendant une journée, le 12 avril, plusieurs vignerons de l’appellation viendront présenter leurs cuvées et leur savoir-faire.

    Côté modernité, l’événement s’est doté d’une application mobile, qui présente les temps forts, les exposants, le plan de la foire, les espaces restauration… Toujours au rayon numérique se tiendra, pour la première fois, le salon gaming, du 17 au 19 avril, avec au programme des tournois, démonstrations et animations dans une ambiance conviviale. Les sportifs, eux, se tireront la bourre sur le Run de la foire, le 18 avril. Une course originale au cœur de l’événement, qui associe sport, convivialité et découverte de la Foire dans une atmosphère accessible à tous. Enfin, les soirées des 11, 17 et 18 avril offriront des instants plus festifs, avec, entre autres, des animations musicales.

  • Prix des carburants : ces travailleurs témoignent

    Prix des carburants : ces travailleurs témoignent

    « Ça me coûte déjà 20 euros de plus par semaine », Jessica Torres, Aide-soignante à l’hôpital, Martigues.

    J’habite Saint-Chamas et je vais travailler au centre hospitalier de Martigues, donc je mets entre 35 et 40 minutes. J’ai la chance de faire des journées de 12 heures, donc j’ai moins de trajets à faire que quand j’étais en 7 heures, mais je pars de chez moi à 5h45, donc c’est inenvisageable de prendre un bus. Avec la hausse du prix de l’essence, si ça vient à perdurer, ça va être compliqué. Ça me coûte déjà 20 euros de plus par semaine qu’habituellement. Ça devient une pression financière. À côté de ça, ma paie n’augmente pas. On se bat déjà pour revaloriser nos salaires et avoir de meilleures conditions de travail, si on a cette contrainte-là en plus à gérer c’est compliqué. On finit par perdre de l’argent pour aller travailler. On se demande jusque quand ça va durer et si des mesures vont être prises du côté du gouvernement ou de la direction. » Propos recueillis par Alice Magar

    « Ça va devenir catastrophique », Laurent Gigay, Infirmier libéral, Gap.

    Personnellement, je parcours 150 km tous les jours, alors avec une augmentation du carburant de 1,60 euro le litre à 2,20 euros, je passe d’environ 14 euros à 20 euros par jour. On continue à assurer nos soins comme avant, on adapte nos parcours pour faire des économies, en essayant de faire le moins de kilomètres possibles… Là c’est encore jouable, mais si le prix continue de monter ça va devenir catastrophique. Notre indemnisation, les actes médicaux-infirmiers et l’indemnité forfaitaire de déplacement, n’ont pas été revalorisés depuis 2009. On n’est pas entendus, déjà que les marins et agriculteurs, encore plus impactés, n’ont eu que des miettes, nous on n’a rien. On se sent un peu abandonnés. Ça devient inquiétant pour l’avenir, j’ai les reins solides, j’ai un cabinet et une patientèle constituée depuis plusieurs années mais pour les jeunes qui s’installent, ça peut être catastrophique. » Propos recueillis par Ange Fabre

    « On va devoir revoir nos tournées », Julia Peironet-Bremond, Infirmière libérale, La Garde (Var).

    En tant qu’infirmière libérale, je suis conventionnée. On a un forfait de 2.75€ par déplacement, qui n’est jamais revalorisé. Ça a un impact direct sur nos charges. Après le matériel, nos frais, c’est l’essence. On ne peut pas arrêter de traiter des patients du jour au lendemain. Mais d’habitude, on peut arranger quelqu’un en allant le voir selon ses contraintes horaires. Là, on va devoir revoir nos tournées, regrouper selon les zones, pour faire le même nombre de patients mais avec moins de kilomètres. Je n’allais déjà plus à certains endroits, car je ne m’y retrouvais pas. Il peut arriver qu’on se bascule des patients entre infirmiers, en fonction des zones géographiques. On va peut-être le faire encore davantage. J’ai commencé en 2010, j’avais 42% de charge. Maintenant, je suis entre 52 et 55%, sans compter la hausse du prix de l’essence. » Propos recueillis par Adam Benhammouda.

    « Là, au point où on en est, on sort de l’argent », Achraf Stifine, Marin pêcheur, Marseille.

    Étant donné le prix du gasoil, et la pêche pas assez abondante en cette saison, on est obligé de calculer. De plus la météo est mauvaise ces derniers jours. Quand le poisson est moindre, on doit aller le chercher, ça veut dire qu’on va au large, on le piste, et cela peut prendre plusieurs jours avant qu’on lui tombe dessus. Je dois caler le bateau à différents endroits, me déplacer donc consommer davantage de gasoil. Et du coup… ben on n’y va pas ! Là, au point où on en est, on sort de l’argent de notre poche. J’ai un bateau de 9 mètres avec un plein de 260 litres, il faut compter le carburant, qui est passé de 0,80 cts HT à plus d’1,30 euro, mais il y a aussi l’usure des filets, du bateau… beaucoup de choses rentrent en compte. Seule une pêche miraculeuse pourrait changer la note, sinon le client paye plus cher le poisson. J’ai pas une patientèle, alors je peux me permettre de rester chez moi. Mais pas indéfiniment… » Propos recueillis par Marie-Laure Thomas

    « Nous refusons de payer pour travailler »

    Face à l’insuffisance des mesures proposées par le gouvernement, la CGT a apporté son soutien à la pétition lancée sur change.org par une syndiquée CGT, aide à domicile, Manuela Cabot Salar qui « refuse de payer pour travailler ». Mardi soir, celle-ci avait recueilli 44 687 signatures.

    Monsieur le Premier ministre, Je suis aide à domicile. Et aujourd’hui, je n’arrive plus à m’en sortir.

    Chaque jour, je parcours des kilomètres pour aller aider des personnes qui en ont besoin. Ma voiture est indispensable à mon travail.

    Pourtant, les prix du carburant explosent… et mes indemnités kilométriques, elles, n’ont pas bougé !

    Avec un salaire en dessous du Smic chaque mois, comment faire face ?

    Et comme si cela ne suffisait pas, les factures d’électricité et de chauffage ne cessent d’augmenter. Aujourd’hui, travailler ne suffit plus à vivre dignement.

    Ça ne peut plus durer

    Je ne suis pas un cas isolé. Nous sommes des millions de travailleuses et de travailleurs à dépendre de notre véhicule pour exercer notre métier. Pendant que nous comptons chaque euro pour finir le mois, les profits des grandes entreprises pétrolières explosent !

    Cette situation est injuste. Et elle doit changer.

    Pour ça, nous demandons :

    le blocage des prix du carburant et de l’énergie

    la revalorisation des salaires

    l’augmentation immédiate des indemnités kilométriques

    Travailler ne doit pas coûter de l’argent.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    L’inconstance : la seule constante de la vie professionnelle de Florence Dho. Cette accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) – deuxième corps le plus important à l’Éducation nationale après celui des enseignants – est arrivée à l’école primaire Saint-Exupéry de Hyères en mars. Un nouveau changement d’affectation qui nuit autant à son travail qu’aux élèves qu’elle accompagne. « J’en suis à mon 5e emploi du temps depuis septembre, certains sont à huit. Le bien-être des enfants n’est pas respecté. Ils changent d’AESH, les parents n’en sont même pas informés », déplore-t-elle. « Certains se retrouvent même sans accompagnement. On déshabille Pierre pour habiller Paul. »

    Derrière ce constat, une situation qui n’évolue pas, à l’image du vote du Sénat leur refusant le statut de fonctionnaire, en janvier. Avec pour autres conséquences des temps de travail incomplet et un salaire moyen évalué en 1 030 euros pour l’année 2024-2025. « On préfère nous laisser vacataires car ça coûte moins cher », dénonce Véronique Rinaldi, AESH à l’école Excelsior de Hyères.

    La politique d’accompagnement, incarnée par la généralisation des Pôles d’appui à la scolarité (PAS) depuis la rentrée 2025, ne convainc guère non plus. Ces dispositifs étaient censés offrir un suivi personnalisé aux élèves grâce à un travail collaboratif entre enseignants, éducateurs et professionnels de santé. Mais ils peinent à tenir leurs promesses. « Le PAS consiste en un enseignant ou un éducateur qui oriente les familles vers des spécialistes en dehors de l’école, plutôt que de traiter en interne. Cela n’apporte aucun moyen supplémentaire », soutient Élodie Hernandez, professeure spécialisée au collège La Marquisanne de Toulon et secrétaire départementale CGT éduc’action. Elle regrette l’effacement progressif des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) : « Les Rased impliquaient des instituteurs spécialisés, des psychologues scolaires, qui prenaient en charge les enfants sur le temps d’école. Aujourd’hui, tout est externalisé. L’école ne vient plus en aide à ceux qui en ont besoin. »

    « L’école inclusive est une coquille vide »

    Pour la syndicaliste, la création de 1 200 postes d’AESH, pour la rentrée prochaine, « est un pansement qui ne palliera pas un manque énorme », tant en effectifs qu’en formation, dans le cas de l’enseignement spécialisé : « Le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) n’est plus spécialisé selon le public. Et, à partir de la rentrée, la moitié des heures de formation se fera sur du temps libre, les mercredis ou pendant les vacances. » Une mesure qui montre, selon elle, que « le gouvernement n’a pas l’intention d’agir sur le fond. L’école inclusive est une coquille vide. »

  • Les indemnités du maire d’extrême droite font réagir à Fréjus

    Les indemnités du maire d’extrême droite font réagir à Fréjus

    Grisé par sa victoire dès le premier tour, le maire de Fréjus n’a de toute évidence rien perdu de sa morgue et a continué d’adresser des remarques incisives à son opposition. C’est sans trembler qu’il s’est octroyé, lors du dernier conseil municipal qui s’est déroulé jeudi dernier, le maximum des indemnités prévues par la loi – soit 6 330 euros –, mais aussi, tant qu’il y était, la fraction la plus haute de ses frais de représentation, à hauteur de 800 euros mensuels. Il faut ce qu’il faut…

    Son opposition s’en est émue publiquement en fin de séance.

    à droite pour commencer. Mickaël Camilleri (Notre parti, c’est Fréjus) explique que les habitants auraient pu espérer que ce mandat commence différemment au regard du lourd endettement de la ville, rappelant « qu’il y a d’autres communes, dans un état financier pourtant meilleur que le nôtre, qui ont décidé d’envoyer un signal aux électeurs ». Et de poursuivre : « Ils ont décidé de servir la commune et non pas de se servir. » L’élu précisant qu’il « ne validera pas ce hold-up ».

    « Carrément ? Un hold-up autorisé par la loi… On imagine bien que vous auriez été bénévole si vous aviez eu la possibilité d’être maire », lui répondra le premier magistrat. Ce dernier jugeant que ce « bruit » ne traduit que de la « politique politicienne ». Et de conclure : « Votre aigreur de votre large et massive défaite ne me fait ni chaud, ni froid. »

    Double discours ciblé

    Du côté de la gauche, Christine Romano (PCF) fait habilement remarquer le double discours de l’extrême droite, et lance : « Malgré la volonté d’austérité votée par le RN avec les 4,9 milliards en moins pour les collectivités locales et les communes, vous, vous prenez le maximum. »

    L’élue de la liste rassemblant toutes les forces progressistes estime donc que, pour être cohérent avec la ligne politique du Rassemblement national, le maire devrait s’appliquer à lui-même la même discipline. « Je trouve que l’austérité, ça devrait être pour tout le monde », conclut-elle sous les applaudissements du public. Ce qui a beaucoup agacé l’édile.

    Ce dernier réplique, sans répondre sur le fond : « J’ai noté que vous étiez désormais partisane de l’austérité. C’est une découverte. Il y en aura sans doute d’autres, j’en suis sûr même. » Puis, l’élue lui faisant remarquer qu’elle n’était pas LFI – étiquette qu’il lui avait attribuée dans une réplique vide de sens –,le maire lance, visiblement à court d’arguments : « Vous êtes aussi communiste, socialiste, on sait, et verte. Et rouge surtout apparemment. »

    Dans un communiqué, la fédération varoise et la section de Fréjus du PCF déclarent : « Les communistes ne se laisseront pas impressionner par les diatribes de M. Rachline qui, par ailleurs, doit rendre des comptes à la justice. » Et de conclure : « Nous continuons à œuvrer pour l’honnêteté et la transparence dans la vie politique, pour des logements accessibles alors que les loyers explosent, pour un accès à des soins de qualité, pour la démocratie, contre l’hôtel de luxe à la base nature… »

    Une invitation à les rejoindre pour mener à bien tous ces combats.

  • Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    La Marseillaise : Vous prenez la succession de René Jourdan, qui a passé 37 ans à la tête de la mairie. Que ressentez-vous ?

    Robert Deledda : Une grande joie. Je veux prendre une belle succession car j’ai un profond respect pour René Jourdan. C’était un maire aimé. Je veux poursuivre toutes ses belles réalisations avec un nouveau projet, mais aussi penser à l’avenir.

    Vous n’aviez pas reçu son soutien, qu’il avait apporté à Marc Benoît. Vous étiez son premier adjoint : comment l’avez-vous vécu ?

    R.D. : C’est démocratique. Il y a des élections, il y avait une équipe en place. Les adjoints en place n’ont pas voulu se présenter et c’est Marc Benoît qui s’est présenté avec une partie de l’équipe. Moi, j’ai fait le choix de partir avec quelques conseillers municipaux, mais une équipe nouvelle, compétente et expérimentée, vraiment ancrée dans la vie locale. Ce qui nous a différenciés, c’est la méthode. La mienne, c’est écouter, agir justement, avec beaucoup de proximité, que ce soit avec les mondes associatif ou économique, et les quartiers. Ça a été un atout majeur, car on me connaissait depuis longtemps dans la commune. J’avais aussi mené des projets intéressants, au CCAS, à la résidence autonomie, au sein de l’Audat [Agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise et du Var, Ndlr.], dont j’étais le 3e vice-président.

    La Cadière est une commune historiquement ancrée à gauche. Comment vous positionnez-vous personnellement ?

    R.D. : Notre liste était sans étiquette. Toutes les personnes n’étaient pas intégrées dans un parti politique. Une élection locale se base sur ce qu’on a fait en tant qu’élu, et ce qu’a fait son équipe : est-elle ancrée localement ? J’ai « recruté » dans le milieu associatif, en ciblant tous les quartiers, toutes les catégories socioprofessionnelles et les professions utiles pour notre projet. Moi-même, je n’ai pas de positionnement particulier. J’ai pris mes fonctions dimanche. On va se mettre très rapidement au travail, on va faire ce qu’on a dit et on va le prouver, en étant toujours à l’écoute. Je serai le maire de tous les habitants sans exclusivité. Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général à La Cadière-d’Azur, et je ne dévierai pas de cet emblème.

    Le paysage politique s’est redessiné au sein de la communauté d’agglomération sud Sainte Baume. Quels seront les grands défis ?

    R.D. : On va bientôt faire une réunion avec le bureau des maires. Il faudra trouver un candidat rassembleur pour la présidence. Il y a trois projets sujets aux litiges : le remboursement de la dette du Grand prix F1, l’eau, et le désenclavement de la zone industrielle de Signes. Les communes doivent travailler ensemble et mutualiser certaines compétences. Il faudra trouver des solutions pour régler les problèmes de manière paisible et concertée, au bénéfice des habitants.

  • [Grève dans l’éducation nationale] Cédric Turco (FSU-SNUipp 83) : « L’éducation n’est pas un coût, c’est un investissement »

    [Grève dans l’éducation nationale] Cédric Turco (FSU-SNUipp 83) : « L’éducation n’est pas un coût, c’est un investissement »

    La Marseillaise : Dans le Var, les syndicats dénoncent notamment la suppression de cinq postes de professeurs des écoles pour la rentrée 2026, ainsi que six postes dans le secondaire…

    Cédric Turco : C’est catastrophique. Les classes sont surchargées dans le premier degré, encore plus dans le second. On ne peut pas travailler sereinement avec 35 ou 36 élèves par classe au lycée, ou avec 30 par classe dans le premier degré. On a des élèves relevant de l’enseignement spécialisé qui se retrouvent dans le circuit général, faute de place. Nous, généralistes, n’avons pas la formation pour les accueillir correctement.

    Cela se fait au détriment de tous les élèves, tout le monde est perdant et, in fine, la nation l’est aussi. Il y a un manque criant d’enseignants du premier degré. On fait partie des départements moins bien classés au niveau professeurs par classe et élèves par professeurs.

    Pourtant, il y a 86 000 élèves dans le premier degré, dans le Var. Des effectifs assez stables.

    C.T. : On aurait dû se servir de cela pour ouvrir des postes supplémentaires et améliorer les conditions d’apprentissage, pour une école ambitieuse permettant à tous les élèves de réussir. Mercredi a lieu une commission académique pour décider des ouvertures et fermetures de postes. Je vais y siéger. On va tenir notre rôle d’élu avec force et on sera aux côtés des parents de toutes les écoles, pour qu’à la rentrée 2026, les conditions ne soient pas dégradées.

    La manifestation de ce mardi intervient quelques semaines après l’agression au couteau d’une professeure au collège de Sanary. Que dit cet événement du contexte éducatif français ?

    C.T. : La faiblesse des investissements dans l’éducation est dramatique et inexplicable, car l’école forme les citoyens de demain. Ce n’est pas un coût, c’est un investissement dans notre avenir. Et le gouvernement a 0/20 là-dessus. Le sous-investissement dans le personnel, au niveau des AESH, AED, psychologues et autres infirmières mène à des conditions dégradées. Cela engendre un mal-être au travail, pour les enseignants comme pour les élèves. Et ça se concrétise, parfois, par des violences physiques et verbales, ce qu’on a vu à Sanary dépassant les bornes.

    L’école, comme nombre de services publics, souffre également du processus de privatisation latent…

    C.T. : Tout est fait pour casser les services publics. Que ce soit l’hôpital, les collectivités ou les écoles, tout est fait pour orienter vers le privé. Les Français n’ont pas besoin de ça, ils ont besoin de services publics de qualité partout et pour tous. Heureusement que les familles ont encore confiance en l’éducation publique et y scolarisent massivement leurs enfants, c’est pour ça qu’on a besoin de moyens. Le privé fausse l’égalité. On s’oppose à ce principe-là. Les services publics sont faits pour réduire les inégalités. Avec ces politiques, on ne les réduit pas, on les creuse les inégalités et on en crée même de nouvelles, ce qui est inacceptable.

    Doit-on s’attendre à ce que la mobilisation dure ?

    C.T. : L’arc syndical est uni, avec la CGT, FSU, FO, l’Unsa, SNALC, Sud et Solidaires. Nous œuvrons main dans la main pour dénoncer la situation très difficile, dans le Var et partout en France. Très rapidement, après la journée d’action, nous nous réunirons pour échanger sur les modalités de la suite. On est uni, déterminé, on ne lâchera rien, et la mobilisation n’est pas près de s’arrêter.

  • Une bonne gauche pour s’opposer au RN à La Seyne

    Une bonne gauche pour s’opposer au RN à La Seyne

    Beaucoup de monde ce samedi matin en salle du conseil municipal pour assister à l’élection du maire RN, Dorian Munoz, et de ses adjoints. Avec de nombreux soutiens hargneux de la nouvelle équipe venus jouir de la concrétisation de leur victoire en séance publique, mais aussi des partisans de gauche soucieux de voir comment la résistance politique à l’extrême droite s’organise à la Seyne-sur-Mer, ancienne ville de gauche. Dans sa prise de parole, très attendue, Stéphane Sacco (GRS) pour le groupe Alternative progressiste – qui regroupe à ses côtés Brigitte Cheinet (PCF), Cédric Turco (PCF) et Florence Guaddacha (GRS)- explique que « ce n’est pas un jour comme les autres ». « Aujourd’hui, nous faisons face à un basculement grave, lourd de conséquences pour notre ville, pour son histoire, pour son avenir », commence-t-il. Il souligne que le résultat du scrutin ,tout indiscutable qu’il soit, n’est pas un blanc-seing donnée à la nouvelle majorité. Et de rappeler que « des milliers d’habitants ont choisi une autre voie, celle de la justice sociale, de la solidarité et de la dignité républicaine », que les élus de gauche entendent bien défendre dans cette assemblée tout au long du mandat.

    « Le combat ne fait

    que commencer »

    Un puissant soutien populaire qui oblige et donne une légitimité pleine et entière pour porter une voix forte dans ce conseil. Stéphane Sacco poursuit en s’adressant au maire : « Nous serons une opposition sans concession. Une opposition ferme, déterminée, et vigilante à chaque instant ». Une extrême vigilance sera portée, insiste Stéphane Sacco, sur les tentatives de division de la population. « Nous serons là chaque fois que vous chercherez à opposer les habitants entre eux », tempête-t-il. Mais aussi sur les velléités de fragiliser le tissu associatif se manifesteront.

    « Socle de l’égalité »

    L’occasion aussi de rappeler au nouveau venu l’histoire sociale de l’ex-cité industrielle qui en conserve encore dans ses tripes la mémoire : « Une terre ouvrière, forgée par le travail et les luttes sociales des chantiers navals qui a vu des générations construire, produire et se battre pour leurs droits et pour la dignité ». Avec des idéaux encore ancrés, malgré le naufrage actuel, dans les valeurs de solidarité, de progrès social et de défense des services.

    Le groupe de gauche met donc en garde : « Les écoles, les crèches, les centres sociaux, les équipements culturels et sportifs, les services de proximité, les agents qui les font vivre au quotidien… Tout cela constitue le socle de l’égalité et de Fraternité républicaines. Nous nous opposerons à toute tentative de les affaiblir, de les privatiser, de les rendre inaccessibles ».

    Une fois élu premier magistrat RN, Dorian Munoz a tenu un discours trés policé en promettant que « le temps du rassemblement commence » et qu’il voulait être « le maire de tous les Seynois, sans distinction, sans exclusion, sans division ».

    Dont acte…

    Les adjoints

    1 – Thierry Tidona

    2- Isabelle Delyon

    3-William Khalifa

    4- adjointe Nadine Garcez

    5- Henri Gabriele

    6-Sarah Chéreau

    7-Lionel Estivant

    8-Dorothée Bertrand

    9-Mathieu Perchoc

    10-Marie France Philipon

    11-Jonathan Roth

    12-Manon Manacorda

    13-Philippe Le Sausse

    14-Cécilia Demanger

    15-Jean-Claude Houlné

    Adjoints de quartier :

    Fadila Bouzidi

    Francis Gouley

    Annie Heyse

  • Toulon s’enfonce dans la crise avec un revers à Perpignan

    Toulon s’enfonce dans la crise avec un revers à Perpignan

    Encore une chute pour le RCT. En déplacement à Perpignan samedi après-midi, les Rouges et Noirs ont connu leur dixième défaite de la saison, lors de cette 20e journée de Top 14. La quatrième lors des cinq dernières rencontres en championnat. « Ça va être dur de vous parler comme ça, à chaud… On s’était bien préparés pourtant », a lancé l’ailier toulonnais Mathis Ferté en peinant à trouver ses mots pour exprimer cette situation dramatique. « À la mi-temps, on s’est dit que ce n’était pas possible. On ne s’envoyait pas, on n’avait pas d’énergie. Sans révolutionner le rugby, il fallait au moins mettre du combat », poursuit le jeune homme de 22 ans, titularisé pour la 18e fois de la saison. Le groupe varois a complètement perdu pied depuis quelques semaines et se retrouve aspiré dans une spirale négative infernale. « Oui, l’équipe a perdu confiance, bien sûr », a reconnu le manager Pierre Mignoni, qui n’arrive pas à expliquer comment ses protégés ont pu réaliser une telle prestation après un stage de quatre jours dans le Pays catalan. « C’est une période difficile, tous les clubs en traversent, les joueurs en ont connu tout au long de leur carrière. C’est dans ces moments-là qu’on voit les hommes. On parle beaucoup de talent. Mais il faut avant tout du cœur », a-t-il martelé.

    Le Top 6 s’éloigne

    Si la première mi-temps s’est avérée désastreuse pour les Toulonnais, avec un essai aplati seulement contre trois pour les Perpignanais, la deuxième période a été, en revanche, plus intéressante pour les Rouges et Noirs. Les troisièmes ligne ont parfaitement joué leur rôle : le jeune géorgien Mikheili Shioshvili, puis l’international anglais Lewis Ludlam avaient permis au RCT de revenir à quatre longueurs des locaux à une vingtaine de minutes de la sirène. Mais l’USAP possédait encore l’énergie nécessaire pour mettre un dernier coup d’accélérateur dans les dernières minutes de la partie. « Bizarrement, les choses se sont remises un peu dans l’ordre », a constaté Pierre Mignoni, conscient que le momentum d’une saison peut basculer en un clin d’œil. Pour autant, le top 6 tant convoité afin de disputer les play-offs et espérer retrouver la Champions Cup la saison prochaine s’éloigne de plus en plus. « Au-delà de ça, quel visage on veut montrer pour cette fin de saison ? Est-ce qu’on veut se battre pour aller chercher quelque chose ? », s’est interrogé le manager perdu.

  • Deux championnes de judo en visite au collège Genevoix

    Deux championnes de judo en visite au collège Genevoix

    Elles donnent l’impression de voir double. Loane et Stella Pellegrino, 15 ans, sont sœurs jumelles et dans la vie, elles partagent une grande partie de leur quotidien. De leur apprentissage en pâtisserie, débuté cette année, à leurs quatre à sept entraînements de judo hebdomadaires au sein du Judo Club Gardéen. Avec une spécificité : elles ne combattent pas. Elles pratiquent le judo kata. « Dans le judo il y a deux catégories : les combats et les katas. Les katas servent à démontrer les techniques, et nous sommes notés puis classés selon la qualité », explique Stella.

    Objectif championnats

    du monde

    Leur passion des tatamis a démarré dès l’âge de trois ans et les mène aujourd’hui à parcourir l’Europe, où elles figurent avec brio. Médaillées de bronze pour leurs premiers championnats continentaux en Lettonie l’an dernier, elles ont remporté l’or il y a deux semaines lors d’un tournoi international en Belgique. Un parcours qu’elles sont venues raconter aux élèves de 6e section sportive du collège Genevoix. « C’est intéressant qu’ils rencontrent des sportifs, pour comprendre l’engagement que ça demande », se réjouit Christophe Quesada, leur enseignant d’EPS, qui voit aussi l’intérêt dans « le lien entre efforts sportif et scolaire. Ils ont besoin de voir qu’il faut tout le temps répéter, que le travail paye car ils abandonnent vite. »

    Et l’importance du travail, celles qui s’inspirent de la championne olympique Clarisse Agbegnenou la connaissent, elles qui se lèvent cinq jours par semaine à 5h pour suivre leur apprentissage en pâtisserie. « On sait qu’on ne pourra pas vivre du judo, donc l’école reste le plus important », soutiennent les deux sœurs qui ne bénéficient pas du statut de sportive de haut niveau, le kata n’étant pas une discipline olympique. Les journées se concluent par des entraînements qui se terminent à 20h30. Un rythme effréné, « mais il y a le gendarme à la maison pour veiller à ce qu’elles se couchent à 21h15 », assure Déborah, leur maman.

    Une visite de circonstances, puisque les deux sœurs disputaient ce samedi, chez elles, à La Garde, les championnats de France. Un passage obligatoire pour se qualifier pour les championnats d’Europe à Sarajevo, les 16 et 17 mai. Mission accomplie, puisqu’elles sont devenues championnes de France pour la troisième fois. Nouvel objectif désormais : le podium européen, pour retourner dans la capitale bosnienne les 26 et 27 septembre, et y disputer, cette fois, les championnats du monde. Ajime !