Tag: Var

  • La CGT démonte une entreprise de conquête idéologique

    La CGT démonte une entreprise de conquête idéologique

    Depuis l’automne, la CGT Éduc’Action essaie d’alerter sur un livret mal nommé Passeport du civisme, diffusé dans plusieurs communes de l’académie de Nice, « qui cherche à faire de l’école un terrain de conquête idéologique ». Nous avions relayé dans nos colonnes le 24 novembre la lettre ouverte envoyée à la rectrice. Nos confrères du Canard Enchaîné venant de révéler le pilotage par l’extrême droite de ce document présenté comme pédagogique.

    Parmi les soutiens de ce « passeport » mis en avant, figurent Geoffroy Boulard, maire parisien proche de la Manif pour tous, et David Lisnard, maire de Cannes. Et l’association qui porte le dispositif est financée par le « Fonds du bien commun » de Pierre-Édouard Stérin. Ce milliardaire « patriote » et exilé fiscal en Belgique déclarant le 22 mars 2026, dans les colonnes du New York Times, sans ambiguïté : « Je suis encore plus à droite que l’extrême droite. » Il est l’initiateur du programme Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes (Pericles) qui vise explicitement à fédérer toutes les forces réactionnaires dans une entreprise de conquête idéologique et électorale, explique Olivier Gérard, le secrétaire général de la CGT Éduc’Action. « Dans cette stratégie, l’école est à la fois un terrain d’influence, un espace de légitimation et une cible privilégiée des attaques », précise-t-il.

    Un « Passeport du Civisme » diffusé et revendiqué notamment par le très droitier maire de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier, qui nous répondait : « Rien ne se fait pas de manière cachée ou en catimini. »

    Il serait intéressant de savoir ce que pense le nouveau préfet du Var de ce livret.

    L’école ne doit pas se taire

    « Un Passeport du Civisme à ce point problématique que le ministère de l’Éducation nationale a retiré son agrément à l’association en novembre 2024, au motif de lacunes pédagogiques et d’atteintes à la neutralité », rappelle le responsable syndical.

    Pourquoi dans ce cas laisser faire les mairies qui continuent à distribuer aux élèves dans les écoles de la République cet outil de propagande ?

    « Dans un contexte où notre employeur invoque, use et parfois dévoie le principe de neutralité du service public pour encadrer strictement les personnels, il est pour le moins surprenant qu’il accepte de faire de l’école la vitrine d’un programme municipal », pointe également Olivier Gérard. Et d’insister : « C’est un outil politique, financé par un acteur politique. Quel que soit le travestissement de son propos, il porte des valeurs qui ne sont pas celles de l’école républicaine. »

    Et pour la CGT, l’émetteur plus encore que les propos parfois habillés de bienveillance, éclaire la perfidie de l’intention politique, le projet idéologique déterminant la portée réelle d’un discours aussi séduisant paraît-il. Comme : « La jeunesse représente l’énergie qui doit porter la nation vers son avenir. » Le problème c’est que la formule vient de l’ex-dictateur du Chili Augusto Pinochet, prononcé le 9 juillet 1977, fait remarquer Olivier Gérard.

    Et de poursuivre : « Nous savons ce que vise cette galaxie réactionnaire. Elle se bat pour remodeler la société selon une vision autoritaire, identitaire et inégalitaire, en faisant de l’institution scolaire un instrument de normalisation idéologique et de hiérarchisation sociale. » L’occasion, de réaffirmer que « la CGT ne cédera jamais, nulle part, face à l’extrême droite ». Pas question donc d’accepter les pressions, intimidations, tentatives d’entrisme et les récits identitaires. Le responsable syndical conclut : « L’École ne doit pas se taire au nom d’une neutralité dévoyée, mais tenir droite, fidèle à sa mission, et refuser de devenir le terrain d’une idéologie qui nie l’égalité et fragilise la démocratie. La CGT, elle, ne lâchera jamais rien. »

    La Marseillaise non plus.

  • Un feu de forêt parcourt des dizaines d’hectares à Fréjus

    Un feu de forêt parcourt des dizaines d’hectares à Fréjus

    À 18h30, 30 hectares avaient déjà brûlé. Un important dispositif a été mis en place par le Sdis 83. Des évacuations ont été conduites dans plusieurs campings. Des personnes ont été confinées dans les écoles Caïs et Paul-Roux. 186 sapeurs-pompiers, 73 véhicules, 3 Canadair et 3 hélicoptères bombardiers d’eau ont été mobilisés.

    Le feu a été fixé, ont indiqué les pompiers à 19h30.

  • [Pétanque] Rocher, Lacroix, Doerr et Feltain soupçonnés de paris truqués

    [Pétanque] Rocher, Lacroix, Doerr et Feltain soupçonnés de paris truqués

    Leurs domiciles ont fait l’objet de perquisitions par les policiers du service central des courses et jeux de la police judiciaire, selon des informations du Parisien et de TF1. Parmi eux figurent Dylan Rocher, Henri Lacroix, Jean Feltain et David Doerr, internationaux français de pétanque. Le résultat d’une enquête ouverte pour « escroquerie en bande organisée » et « corruption active et passive dans une manifestation sportive ouverte aux paris » par le parquet de Toulon. Lors de la 7e et ultime étape des Masters de Pétanque en septembre 2025, leur équipe, tenante du titre, avait été largement battue 13-4 par l’équipe locale de Levallois, en quarts de finale. Une alerte a alors été donnée par la plateforme nationale de lutte contre la manipulation des compétitions sportives, coordonnée par l’autorité nationale des Jeux après l’observation de mises anormalement élevées.

    Le montant des gains (60 000 euros dont un tiers a finalement été bloqué
    par l’un des sites de paris qui soupçonnait une fraude) aurait bénéficié à des proches de certains joueurs de l’équipe
    de France.

  • Un guide pour accompagner les projets agritouristiques dans le Var

    Un guide pour accompagner les projets agritouristiques dans le Var

    Dans un territoire marqué par l’agriculture, sur le littoral comme dans l’arrière-pays, l’agritourisme représente un levier de diversification essentiel pour les exploitations agricoles confrontées à des défis économiques et climatiques croissants. Un enjeu d’autant plus important dans le premier département touristique de France. Déjà doté d’une proportion d’exploitations engagées dans cette activité deux fois supérieure à la moyenne nationale, le Var entend structurer et renforcer cette dynamique.

    Une filière qui incarne « une alternative au tout plage et tout soleil », appuie le président (LR) du Département, Jean-Louis Masson, et qui permet de « faire découvrir le département dans son authenticité et ses spécificités, et représente un complément de revenu intéressant pour les agriculteurs ».

    C’est à cet égard que le Comité de pilotage « Agritourisme dans le Var », créé en 2025 et réunissant l’État, le conseil départemental du Var, la chambre d’agriculture du Var, l’Agence de développement Touristique (ADT) Var tourisme et les représentants des filières, lance un guide d’accompagnement des projets agritouristiques. « Le diagnostic de la chambre d’agriculture montre une volonté de développer l’activité agritouristique. 180 agriculteurs ont émis ce désir », affirme Guillaume Décard, président de Var Tourisme.

    Une simplification des lois attendue

    Ce guide, voué à être réactualisé avec les retours d’expérience, affiche une triple vocation : faciliter l’accès aux règles d’urbanisme pour les exploitants, qui ne sont pas forcément spécialistes en la matière ; ériger des règles communes entre élus, chambre d’agriculture et services de l’État pour que les projets soient lus avec les mêmes critères, et enfin, permettre aux exploitants d’identifier l’ensemble des volets à prendre en compte, sur le plan pratique (risques naturels…) comme légal.

    Sur ce dernier aspect, « nous attendons une loi de simplification », milite Sylvain Audemard, président de la chambre d’agriculture du Var, qui joue un rôle de « guichet unique » pour « orienter les exploitants dans leur projet ». Un texte voué à apporter plus de souplesse en matière d’urbanisme et de fiscalité, deux freins à l’expansion de l’activité agritouristique. « Dès lors qu’on est raisonnable sur les objectifs et qu’on ne transforme pas les exploitations agricoles en lieux touristiques, tout est conciliable à travers l’adaptation des textes nationaux », a répondu le préfet Simon Babre, laissant entendre que les services de l’État étaient ouverts à l’idée, mais pas à n’importe quel prix.

  • La 5 000 000e voyageuse de la ligne Marseille-Nice-Toulon récompensée

    La 5 000 000e voyageuse de la ligne Marseille-Nice-Toulon récompensée

    Margaux, habitante de Toulon, a ainsi reçu des mains du président de la Région, Renaud Muselier, un « ticket or », qui lui permettra de voyager gratuitement sur le réseau ZOU ! pendant une année entière. Une belle surprise pour la jeune femme, qui emprunte le TER quotidiennement pour se rendre sur son lieu de travail.

  • Un an après l’ouverture à la concurrence, un bilan positif pour la ligne Marseille – Toulon – Nice ?

    Un an après l’ouverture à la concurrence, un bilan positif pour la ligne Marseille – Toulon – Nice ?

    La loi pour un nouveau pacte ferroviaire, promulguée le 27 juin 2018, permet depuis le 3 décembre 2019 l’ouverture à la concurrence de l’exploitation des lignes TER dans les régions, à travers des appels d’offres accessibles à des opérateurs autres que SNCF Voyageurs. La Région Sud a fait figure de pionnière en devenant, il y a un an, la première à déléguer l’exploitation d’une ligne ferroviaire, celle reliant Marseille à Nice via Toulon, à l’opérateur Transdev. Liaison plus directe que la ligne Marseille-Hyères, exploitée par SNCF Voyageurs, qui dessert de nombreuses gares intermédiaires.

    Ce premier anniversaire a été célébré mardi à travers – cela se conçoit – un voyage en train entre Marseille et Toulon. Y ont notamment participé le président (Ren) de Région, Renaud Muselier, accompagné de son vice-président délégué aux transports, Jean-Pierre Serrus, ainsi que le président-directeur général de Transdev, Thierry Mallet. Ils ont été accueillis par la maire (SE) de Toulon, Josée Massi, et le président (LR) du Département du Var, Jean-Louis Masson.

    Ce dernier n’a pas manqué de faire remarquer que « le train [était] arrivé avec quatre minutes d’avance, alors que la ligne était la lanterne rouge au niveau national il y a quelques années ». Une pique à peine voilée à l’égard de la SNCF, qui traduisait sa satisfaction : « Nous sommes le 2e Département le plus peuplé de la région et le premier département touristique de France. Nous avons besoin d’une offre de transport au meilleur niveau. Notre maillon faible était le réseau ferroviaire, ce n’est plus le cas. »

    Le billet augmente,

    les abonnements baissent

    Le bilan de cette première année est positif : 5 millions de voyageurs (+45%), une offre doublée avec 18 trains par jour desservant neuf gares, dont quatre dans le Var (Toulon, Carnoules, Les Arcs et Saint-Raphaël), une régularité passée de 96,4% en 2025 à 98,59% en 2026 et un taux de satisfaction estimé à 96%, alors que les premières semaines semblaient dire le contraire. Le tout via 16 trains neufs dotés du wifi et de 350 places assises par rame. Ce qui peut donner aux voyageurs de la ligne Marseille-Hyères, aux rames vieillissantes, l’impression d’un réseau à deux vitesses. « Toutes les rames seront changées ou rénovées », assure Jean-Pierre Serrus.

    Le prix du billet à l’unité, en hausse (16,60 euros pour un Marseille-Toulon, quel que soit l’opérateur), alors que l’ouverture à la concurrence laissait imaginer une dynamique inverse, apparaît néanmoins peu incitatif, malgré l’urgence de sobriété énergétique rappelée par le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui évoque une augmentation de 50% des besoins d’investissement dans le réseau ferroviaire (de 3 à 4,5 milliards d’euros) d’ici 2028 pour adapter le réseau au changement climatique. « On a baissé l’abonnement de 20% », justifie Jean-Pierre Serrus, évoquant le choix de miser sur « un report modal fort », plutôt que sur un usage occasionnel. Le vice-président aux transports souligne par ailleurs que des offres existent pour les bas revenus, jusqu’à -90% pour les quotients inférieurs à 600 euros.

    Le budget de cette ligne est de 50 millions d’euros par an pour la Région, avec des revenus estimés à « 41, 48 et 50 millions d’euros dans les trois prochaines années. Donc on va avoir, pour la première fois, un budget à l’équilibre », se félicite Renaud Muselier. Au détriment des salaires de cheminots qui, eux, ne sont pas à la hauteur.

  • Les Assises du droit de la nature, grande première à l’université

    Les Assises du droit de la nature, grande première à l’université

    La canicule n’est pas qu’un avertissement de plus sur lesconséquences du changement climatique. Elle est, au même titre que les atteintes à la biodiversité, un appel à interroger notre capacité juridique à protéger le vivant. C’est autour de cette réflexion que sont organisées les premières Assises du droit de la nature à l’université de Toulon, de mercredi à vendredi. Un événement en deux temps. D’abord, les 1er et 2 juillet, les 3es Rencontres de l’Association internationale des procureurs et poursuivants francophones (AIPPF) inviteront magistrats, procureurs et universitaires à échanger sur des cas concrets d’atteintes à l’environnement.

    Vendredi, place à l’Assemblée de la Terre – France, avec citoyens et personnalités qualifiées, et lancée à Toulon en juillet 2025 dans la lignée du programme onusien « Harmony with Nature ». Sa fondatrice, Maria Mercedes Sanchez, sera présente. Seront présentés les travaux de la première année sur le thème de la nature, visant à réécrire les Objectifs de développement durable de 2015 en vue du Sommet de la Terre 2030.

  • Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    C’est une rengaine dont on se passerait volontiers. Chaque été, le Var figure parmi les territoires français les plus exposés au risque d’incendie. Entre les fortes chaleurs, une population estivale multipliée par deux, le vent et ses 388 000 hectares de forêts, le département présente tous les ingrédients propices aux départs de feu. Avec 67 % de sa superficie boisée, il est d’ailleurs le troisième département le plus forestier de France en proportion.

    Un cocktail encore plus explosif cet été que les autres, avec un mercure qui a atteint des niveaux jamais enregistrés dans le pays, entraînant « trois semaines d’avance en termes de sécheresse », alerte Eric Grohin, directeur du Sdis du Var. « Des conditions de feu » rendues d’autant plus préoccupantes par « le vent important » attendu dans les prochains jours, et « une saison qui rappelle beaucoup l’année 2003 », s’inquiète-t-il.

    C’est dans ce contexte que la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a rendu visite au 7e Régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile (Riisc) de Brignoles, qui appuie les services de sécurité civile dans la lutte contre les catastrophes naturelles, jeudi dernier. Et annoncé le déclenchement avancé de l’opération Héphaïstos, mission estivale de vigilance contre les incendies.

    « Le meilleur feu, celui

    qui ne se déclenche pas »

    Alors que l’on déplore déjà cinq fois plus de départs de feu et de surfaces parcourues qu’à la même période l’an dernier, même si les incendies sont restés de taille modeste, la prévention demeure le premier levier d’action. Car « le meilleur feu est celui qui ne se déclenche pas », martèle le préfet du Var, Simon Babre.

    Outre le rappel des obligations légales de débroussaillement, des campagnes de sensibilisation contre les jets de mégots et les feux de camp ont été déployées. À cela s’ajoutent 44 patrouilles de surveillance et d’intervention présentes dans les massifs forestiers. La carte d’accès aux massifs est actualisée quotidiennement pour informer les usagers des restrictions. Si la prévention ne suffit pas, les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 1 000 euros pour un mégot jeté en forêt, voire à des peines de prison en cas d’incendie.

    Sur le terrain, jusqu’à 1 150 pompiers pourront être mobilisés chaque jour, renforcés, si besoin, par des moyens militaires. Côté matériel, le Sdis s’appuye sur quatre hélicoptères bombardiers d’eau, 100 camions-citernes feux de forêt moyens, 37 fourgons pompe-tonne de 3 000 litres de capacité, de véhicules tout-terrain et drones. « Chez nous, la réponse, c’est les grandes capacités d’eau et la capacité à l’acheminer dans les zones reculées », soutient le préfet. Des moyens actés par quatre conventions signées entre Département et État, « avec une aide au Sdis passant de 51 à 63 millions », souligne Jean-Louis Masson, président du Département.

  • Un espace protégé… par le combat de l’ADPF

    Un espace protégé… par le combat de l’ADPF

    Depuis le classement du site en 1991 fruit d’une bataille acharnée de l’Association de protection et de défense du Faron, les mauvais coups n’ont pas pour autant cessé de pleuvoir sur le mont toulonnais. Avec pour commencer, les grands propriétaires qui ont tenté de faire annuler cette mesure de protection. Puis cela a continué avec les constructions illégales. Avec en fond de toile une administration qui se fait parfois tirer l’oreille pour intervenir et verbaliser au titre du code de l’environnement. Et là encore c’est l’Association de protection et de défense du Faron (ADPF) qui lève le lièvre, monte les dossiers, les bénévoles interpellant les autorités souvent pendant de longues années.

    Certaines infractions constatées prennent des années de procédure. Comme celle de docteur Philippe Viard. Pour mémoire cet ex-adjoint au maire Front national de Toulon achète dans les années 90, 29 hectares dans le quartier de la haute Bosquette, en plein site classé et transforme la ruine en bâtisse. Et l’habite. Condamné par le TGI de Toulon en 1997 et par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence en 1998, l’ex-élu d’extrême droite démolit ses premiers aménagements… Pour les reconstruire en 2002. Malheureusement le procès-verbal d’infraction aux dispositions de Code de l’Urbanisme n’est dressé qu’en 2008. Mais le délit bénéficie de prescription au bout de 3 ans. Résultat : M. Viard va continuer comme ça à aménager les lieux sans aucun permis ni déclaration de travaux et à y habiter pendant longtemps en toute impunité.

    Autant dire que pour que la « montagne » de Toulon reste un espace de liberté et un lieu de découvertes accessible à tous, la mobilisation est toujours de mise.

    « Le Faron est un bien commun. Nous en sommes les gardiens bénévoles et travaillons c’est pour les Toulonnais d’aujourd’hui et de demain », a rappelé Jean-Pierre Calistri, son nouveau président lors de l’assemblée générale.

  • En été, à Toulon, les maraudes restent plus que nécessaires

    En été, à Toulon, les maraudes restent plus que nécessaires

    Les fortes chaleurs ne sont pas plus ou moins supportables que le froid glacial de l’hiver. La mobilisation reste donc primordiale pour les acteurs associatifs qui viennent en aide aux personnes précaires et sans domicile, à l’image d’Un peu de toit, qui mène, chaque mardi, une maraude dans les rues de Toulon.

    « On aimerait bien faire plus, mais il n’est pas évident de mobiliser les bénévoles plus d’un soir par semaine, d’autant plus avec les départs en vacances », s’excuse presque Cathy Revest, présidente de l’association. Si elle n’a pas constaté plus de demandeurs qu’à l’accoutumée sur la dernière maraude, elle s’attend à en avoir davantage dans les semaines à venir, « comme chaque été. Les personnes dont nous nous occupons ne dorment pas forcément dans la rue. Certaines en situation de précarité viennent aussi demander », indique-t-elle.

    Une réalité qui rappelle que près d’un Toulonnais sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, contre 15% au niveau national et 18 dans la région Sud, tel que l’a annoncé le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Toulon dans un rapport paru en début de semaine. Cathy Revest espère que ces chiffres alarmants mèneront à des actions concrètes : « Nous avons eu une réunion avec le CCAS et les associations il y a un mois, pour évaluer la situation. Un lien est en train de se créer, alors qu’on avait toujours eu la sensation d’être méprisés. » Une autre réunion s’est tenue vendredi, durant laquelle la bénévole a demandé l’ouverture d’hébergements durant la canicule.

    En attendant, les maraudes vont se poursuivre. « L’objectif est de fournir au moins une bouteille d’eau par personne. On distribue aussi des gourdes. On a également laissé tomber les plats chauds au profit des salades, du chocolat froid et des fruits », détaille Cathy Revest, qui appelle aux dons de chacun, particulièrement de bouteilles d’eau.