Tag: urgences

  • À l’hôpital des Rayettes, un plan d’efficience alarme les syndicats

    À l’hôpital des Rayettes, un plan d’efficience alarme les syndicats

    Les syndicats de l’hôpital sont inquiets. Un plan d’efficience leur a été présenté par la direction lors du Comité social et économique de décembre. La CGT affirme que « plus de 90 suppressions de postes sont envisagées d’ici 2030 ». Dans un courrier envoyé à la ministre de la Santé Stéphanie Rist le 27 janvier, la CFDT parle de « politique de réduction d’effectifs déguisée » par le biais d’un « mécanisme de départs à la retraite non remplacés ».

    Jointe, la direction répond avoir « fait une évaluation globale » des moyens « à optimiser ou ne pas remplacer » sans avoir précisément identifié de secteur à ce jour. « Une évaluation externe est en cours de réalisation par l’Agence nationale d’appui à la performance, qui aidera l’établissement à déterminer les projets à engager, apprend-elle. Il est tout à fait envisageable que le nombre initial soit modifié au regard des conclusions. »

    La CGT dénonce un double discours. Alors qu’un plan d’investissement de 100 millions d’euros vient d’être annoncé, principalement pour financer un nouveau bâtiment qui abritera un bloc opératoire, des urgences et une unité de soins critiques d’ici 2032 (60 millions d’euros), « une transformation profonde de l’hôpital public se prépare : externalisations, mutualisations et remise en cause de services essentiels », s’agace-t-elle.

    Des besoins en hausse

    Une élue de la CFDT pointe « l’absence de logique » : « Ils augmentent le capacitaire, les locaux, ils veulent plus d’activité mais ne renouvellent pas le personnel qui part. » D’autant que les besoins du territoire risquent d’évoluer à la hausse avec l’arrivée de nouvelles usines dans la zone industrialo-portuaire qui devraient créer près de 10 000 emplois directs d’ici quelques années. Dans sa lettre au gouvernement, le syndicat pointe : « Un établissement de santé ne se réforme pas uniquement avec du béton, ce sont les professionnels qui font fonctionner le service public hospitalier. »

    La direction confirme que des externalisations et des mutualisations sont étudiées, mais elles ne concernent « pas les activités de soins, pour lesquelles l’objectif premier est de les conforter sur le territoire », tente-t-elle de rassurer.

    Une réponse qui ne satisfait ni la CGT, qui demande un plan d’investissement public porté à 170 millions d’euros et la création immédiate de 90 postes statutaires à temps plein ; ni la CFDT, qui milite pour un plan pluriannuel de remplacement systématique des départs à la retraite avec la résorption des emplois précaires et une réorientation des politiques ARS vers les ressources humaines et non exclusivement l’immobilier.

  • Usagers et soignants débattent du nouvel hôpital

    Usagers et soignants débattent du nouvel hôpital

    Le béton c’est bien mais les soignants c’est mieux. L’hôpital public doit pouvoir soigner toutes les pathologies », déclare, jeudi à la fin de la réunion publique, Alain Dallest, président du Cercle républicain bédoulen.

    Alors qu’une enquête publique sur le projet de nouvel hôpital est en cours, et s’achèvera vendredi 20 février*, Karine Meysson, infirmière à l’hôpital d’Aubagne, a rappelé aux personnes présentes : « Plus il y aura d’avis, mieux il y aura de poids, car l’hôpital, c’est pour tout le monde… » Un peu avant, le Dr Yves Perrin-Toinin, qui a animé la réunion et le débat, a indiqué l’objet de l’enquête en cours : « On demande au public s’il est d’accord sur l’implantation du nouvel hôpital. » L’enquête publique, énonce l’hôpital Edmond-Garcin, maître d’ouvrage du projet, « porte sur l’utilité publique de l’opération projetée et le parcellaire en vue de délimiter exactement les immeubles nécessaires à cette opération ». Le futur équipement devrait voir le jour dans la zone économique Est d’Aubagne, zone des Gargues. D’une superficie de 28 544 mètres carrés, « soit une augmentation de 42% par rapport à l’existant, pour un coût total estimé à 144 millions d’euros », précise Edmond-Garcin, sa livraison est prévue en 2032.

    Un service des urgences insuffisant

    « Même si ce n’est pas le sujet de l’enquête publique, il est important qu’un maximum de gens s’expriment sur le capacitaire, sachant que le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans va fortement augmenter selon l’Agence régionale de santé (ARS). Or le nouvel hôpital n’aura qu’une vingtaine de lits supplémentaires par rapport à aujourd’hui, les urgences demeureront telles quelles, le labo sera toujours à la Timone… En fait ils reconduisent l’hôpital actuel, si ce n’est que sa surface pourra être augmentée à + 20%», constate le Dr Perrin-Toinin. Dans un communiqué daté du 20 janvier, la direction d’Edmond-Garcin précisait : « La capacité d’accueil du nouvel hôpital passera de 155 lits et 19 places à 176 lits et 22 places, avec un renforcement significatif des soins critiques et un bloc opératoire porté à 7 salles, dont 1 en réserve. » Karine Meysson, si elle voit d’un bon œil la construction d’un nouvel hôpital, « Edmond-Garcin étant vieillissant », regrette « que les soignants n’aient pas été consultés sur le projet ». Alors qu’aujourd’hui, « des patients, souvent âgés, attendent parfois plus de huit heures avant d’être pris en charge par les urgences, on nous annonce qu’elles demeureront ainsi à l’avenir… C’est dommage. » Elle constate : « L’ARS veut garder les plateaux techniques sur l’hôpital la Timone à Marseille, et faire en sorte que les hôpitaux périphériques fassent de la bobologie. » Durant la réunion, beaucoup regrettent que certaines spécialités ne soient pas présentes à l’hôpital public, contraignant les patients à se faire soigner, beaucoup plus cher, dans le privé, par exemple à la clinique de la Casamance à Aubagne. « Dans le nouvel hôpital, il y aura plus de lits, des patients aux pathologies plus lourdes et le projet prévoit de supprimer 54 postes d’agents », observe également Karine Meysson. Cherchez l’erreur.

    * Voir site internet de l’hôpital.

  • L’hôpital de Martigues va s’agrandir d’un nouveau bâtiment d’ici 2032

    L’hôpital de Martigues va s’agrandir d’un nouveau bâtiment d’ici 2032

    L’hôpital de Martigues va grandement se transformer d’ici à 2032. Mercredi matin à l’hôpital, l’Agence régionale de santé (ARS), Région, Métropole et Ville de Martigues ont exposé le projet immobilier décidé pour le Centre hospitalier de Martigues, s’étalant jusqu’en 2032.

    Le projet consiste principalement en la reconstruction et l’extension des urgences et d’un nouveau pôle médicotechnique, soit presque 6 800m² neufs sur trois niveaux et 3 000m² remodelés. « Nous allons restructurer l’hôpital autour du bloc opératoire », explique le directeur Loïc Mondoloni, qui comprendra six salles de chirurgie et deux d’endoscopies. L’unité de chirurgie ambulatoire y sera accolée pour faciliter l’accès aux patients, de même que la maternité.

    L’autre gros versant du projet est celui « des urgences sous-dimensionnées » d’après le directeur, qui illustre le problème par « l’attente sur des brancards » et « le manque d’intimité » avec près de 52 000 passages aux urgences par an, dans un service conçu pour 35 000. Le projet prévoit le quasi doublement de cette capacité pour la porter à 60 000 passages par an.

    L’enjeu est aussi à « la mise aux normes en termes de soins critiques », selon le directeur, passant de 12 à 16 lits pour « être au rendez-vous d’une zone d’activité industrielle avec des risques ». Cette facette est la résultante de la sollicitation des élus durant l’étude du projet pour « intégrer les 10 000 salariés et familles envisagés au projet, qui aurait rendu l’aménagement initial sous-dimensionné dès 2035 », détaille Loïc Mondoloni.

    60 millions d’euros

    Ce projet est financé à 55% par l’État dans le cadre du Ségur de la santé de 2021, soit 32,3 millions d’euros pour un total de 60 millions. « Normalement, nous finançons entre 30 et 40% », retrace Yann Bubien, directeur de l’ARS Paca. « Nous avons fait un effort supplémentaire car le projet est nécessaire pour la population de Martigues et de l’ouest de l’étang de Berre », abonde l’administrateur, insistant sur « le financement important des collectivités territoriales pour la santé, ce qui est rare ». À raison de 4 millions d’euros par la Métropole, 2 millions de la Région et 500 000 euros de la Ville de Martigues.

    « Ce projet nous tient à cœur », souligne Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues. « Nous avons besoin de notre hôpital public, structurant pour le territoire de tout l’ouest du département. Avec plus d’une dizaine d’usines Seveso, notre équipement doit posséder tout ce qu’il faut sur le plan immobilier financier matériel et surtout les femmes et les hommes qui le font vivre. »

    Le directeur de l’hôpital indique à ce propos que « le redimensionnement à la hausse des urgences et de la chirurgie », implique de « mettre en perspective les personnels », particulièrement en soins critiques, un « secteur normé » où augmenter les lits oblige à faire de même pour les agents. « Le projet a été validé à l’unanimité par les partenaires sociaux », rappelle Loïc Mondoloni.

    Ces questions sociales seront à l’ordre du jour de la table ronde organisée par l’Union locale CGT et le syndicat de l’hôpital, en présence de Gaby Charroux, jeudi 22 janvier à 18h en la salle Raoul Duffy (espace Simone Veil).

  • L’incendie aux urgences de Hyères a fait un mort

    L’incendie aux urgences de Hyères a fait un mort

    Un septuagénaire a perdu la vie suite à un incendie ce lundi dans le box dans lequel il était alors prise en charge aux urgences de l’hôpital de Hyères, son état demandant une surveillance rapprochée.

    Le sinistre rapidement maîtrisé s’est déclaré vers 4h15 du matin alors que 22 patients et 12 personnels étaient présents dans le service. Et malgré l’intervention des équipes sur place le patient est malheureusement décédé.

    Quatre membres du personnel intoxiqués ont été aussitôt pris en charge l’Hôpital national d’instruction des Armées Sainte-Anne à Toulon, où très tôt dans la matinée leur état s’est révélé rassurant.

    Service des urgences fermé

    Suite au sinistre, dix-neuf patients ont été mis en sécurité dans d’autres services de l’établissement hyérois et deux autres patients transférés vers l’hôpital de Draguignan et l’hôpital toulonnais de Sainte Musse. Une cellule de crise a été immédiatement activée et le plan blanc déclenché.

    En attendant un diagnostic complet, la direction informe que le service d’accueil des urgences du centre hospitalier d’Hyères n’est pas en mesure d’accueillir des patients. Il est donc demandé à toutes les personnes qui ont besoin de soins en urgence de contacter le 15 ou de se rendre dans un autre service d’accueil des urgences de la métropole toulonnaise. Les consultations, le bloc opératoire, la maternité, le SMUR et tous les services d’hospitalisation fonctionnent eux normalement. Et aucune déprogrammation n’est prévue.

    « L’établissement adresse ses pensées les plus sincères à la famille et aux proches de la victime et les assure de son entier soutien », déclare la direction. « Une enquête en recherche des causes de la mort est ouverte, notamment pour déterminer les causes de cet incendie », a fait savoir de son côté le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland.

  • L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    Pendant les fêtes, si vous avez besoin d’un médecin, suivez le bon chemin. » Une manière polie de l’Agence régionale de santé (ARS) d’inciter la population à ne pas engorger les urgences, en cette période d’épidémie de grippe.

    « Les services des urgences en France et dans notre région voient chaque année leur nombre de patients augmenter de manière continue, en particulier à l’approche des fêtes, période durant laquelle les épidémies hivernales cohabitent », indique l’ARS dans un communiqué. Et d’insister : les urgences « doivent être prioritairement réservées aux situations les plus graves ».

    Pour assurer la continuité des soins, un dispositif est mis en place précise-t-elle avec la mobilisation des médecins généralistes en ville, l’ouverture des maisons médicales de garde, le renforcement des moyens de l’aide médicale urgente et une coordination assurée par le Centre 15.

    La bronchiolite stable

    La semaine dernière, l’activité pour grippe aux urgences a continué à augmenter, avec plus de 2 000 passages enregistrés dans la région, conduisant à près de 450 hospitalisations. La vaccination associée aux gestes barrières, demeurant l’une des armes les plus efficaces de protection rappelle l’ARS. Côté bronchiolite, qui touche particulièrement les enfants, la région est en phase épidémique depuis quatre semaines et l’activité des urgences concernant les enfants de moins d’un an se stabilise, à un niveau inférieur à celui observé à la même période l’an dernier.

  • Un Samu tout neuf pour le printemps

    Un Samu tout neuf pour le printemps

    Tout ne sera livré qu’au printemps, mais l’essentiel des murs du futur Samu « zonal », dont le périmètre s’étend de Marseille à la Corse en passant par l’Occitanie, a été monté. Implantés à la Timone, à deux pas du futur pôle Femmes Parents Enfants, les 7 500 mètres carrés de ce bâtiment aux dernières normes environnementales accueilleront également le centre de régulation des réception et de régulation des appels au 15, le centre anti-poison et les équipes du Smur (service mobile d’urgence et de réanimation). Un bond dans la modernité, conviennent les équipes médicales. Et une immense satisfaction pour le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), qui a participé à hauteur de 6 millions d’euros sur les 23 millions de coût du projet.

    « J’ai fait toutes mes études dans les urgences et je me souviens, on se reposait sur des brancards », commente l’élu en découvrant les chambres de garde. Espace de coworking, vaste salle de régulation et PC de crise, parking pour les 16 ambulances… Des dimensions adaptées à l’activité du « deuxième Samu de France derrière celui de Lille », explique le docteur Fouzia Heireche, directrice médicale du Samu 13, avec 800 000 appels au 15 et 40 000 interventions par an. « Et cela ne fait que monter, nous prévoyons dans nos projections d’atteindre le million », ajoute-t-elle.

    Un engagement collectif

    « Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un plan de modernisation de l’AP-HM », précise François Crémieux, son directeur général, rappelant qu’au sortir du Covid, le système était « déstabilisé », même s’il se félicite que les bâtiments des années 60 aient « tenu le coup ». Mais « on est arrivé a une fin de cycle », estime-t-il. C’est aussi pour lui le résultat d’un « engagement collectif ». D’abord de l’État avant 2020, assorti d’une rallonge dans le cadre du plan Marseille en grand, puis des collectivités territoriales, souligne-t-il, avec 31 millions d’euros de la part de la Région, « quand partout ailleurs c’est quelques centaines de milliers d’euros ».

    Un investissement justifié estime Renaud Muselier. Si ce n’est pas dans ses compétences, « j’ai la charge de l’aménagement et du développement de ce territoire et ce n’est pas possible de ne pas avoir de réponse sur la santé », déclare-t-il, ajoutant que 130 millions d’euros ont été débloqués pour ce faire. « On a ventilé sur les 6 départements, on avait 15 maisons de santé ouvertes, on en a maintenant 124 », détaille-t-il. Et d’insister sur sa volonté pour le Samu, d’avoir « quelque chose d’efficace tout de suite » et qui serve à toute la région.

  • Les personnels des urgences de Nîmes se mettent en grève

    Les personnels des urgences de Nîmes se mettent en grève

    Urgences de Nîmes en danger : soutenez les soignants », invite une pétition en ligne sur Change.org qui a rassemblé quelque 2 000 signatures.

    Les personnels mobilisés ne contestent pas, loin s’en faut, l’ouverture prévue d’une unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), destinée à « mieux accueillir des patients au lieu de les laisser sur des brancards pendant 24, 48 voire 72h », explique Audrey Solignac, secrétaire départementale du syndicat FO santé. « Les patients y seront accueillis dans des lits et non sur des brancards. Des travaux sont en cours pour améliorer dans les meilleurs délais les conditions d’accueil des patients en attente d’hospitalisation ou de retour à domicile », précise de son côté, dans un communiqué, la direction du CHU de Nîmes, qui rappelle que l’établissement « dispose d’un des services d’urgences les plus importants en France avec plus de 120 000 passages par an ». Sur le principe, donc, tout le monde est d’accord. C’est la mise en œuvre qui pose problème.

    Car l’ouverture de cette nouvelle unité de 19 lits se fait à effectifs constants. Le projet prévoit donc de transférer vers l’UHCD un poste d’aide-soignant(e) qui officie actuellement à l’accueil des urgences en journée. « Ils ne veulent pas le remplacer. Pour eux, un infirmier est capable de gérer tout le flux », dénonce Audrey Solignac.

    En grève le 5 décembre

    Le projet prévoit par ailleurs « des effectifs UHCD différents entre le jour et la nuit, alors que les besoins de surveillance et de soins sont identiques 24h/24 ». L’unité bénéficierait ainsi de deux infirmiers et deux aides-soignants le jour, mais seulement d’un infirmier et un aide-soignant la nuit. « La direction nous dit : pourquoi mettre du personnel supplémentaire, puisque vous vous occupez déjà de ces gens en attente sur des brancards ? Sauf qu’à créer une unité, il faut pouvoir mieux les prendre en charge. Si c’est pour les mettre dans des box sans s’en occuper plus que ce qu’on le faisait dans les couloirs, je ne vois pas l’intérêt », dénonce la responsable FO.

    Suite à un CSE qui s’est déroulé le 1er décembre sans apporter d’avancée, le syndicat FO, majoritaire, a déposé un préavis de grève aux urgences pour le 5 décembre. Les personnels mobilisés se rassembleront devant l’entrée du CHU pour réclamer « un aide-soignant pérenne sur le service d’accueil des urgences, les mêmes effectifs de jour comme de nuit à l’UHCD et, pour la période hivernale, un renfort d’aide-soignant sur les urgences en général, qu’on avait et qu’on nous a enlevé », indique Audrey Solignac.

  • La Chambre des comptes pointe le déficit structurel de l’hôpital de Martigues

    La Chambre des comptes pointe le déficit structurel de l’hôpital de Martigues

    Le rapport est assez alarmant. Mardi 28 octobre, la chambre régionale des comptes (CRC) Provence-Alpes-Côte d’Azur a publié ses observations après avoir contrôlé le centre hospitalier de Martigues, à compter de l’exercice 2019. Elle pointe une « situation financière structurellement déficitaire », aggravée par des dépenses jugées irrégulières et un manque d’investissements pour moderniser ses installations.

    Pourtant, l’activité de l’établissement est en hausse. Sa part de marché en médecine est ainsi passée de 44,6% en 2019 à 48% en 2022. En hospitalisation complète de chirurgie, la progression est encore plus soutenue, puisque la part de marché a atteint 39,4% en 2022 contre 31,8% en 2019. Mais cette progression ne suffit pas à assurer une situation financière saine, qui ne « s’est trouvée améliorée que durant la période de crise sanitaire du fait d’une activité soutenue et des aides exceptionnelles qui ont été allouées durant cette période par l’ARS, note la chambre régionale des comptes. Hors période de crise sanitaire, la dynamique de progression des charges nettement supérieure à celle des produits conduit à des déficits qui s’accroissent. » Entre 2019 et 2023, les dépenses ont progressé de 34%, soit 42 millions d’euros supplémentaires. En valeur absolue, les plus fortes augmentations concernent les charges de personnel (27,4 M) et les charges à caractère médical (8,7 M).

    Le directeur de l’établissement, Loïc Mondoloni, explique : « Le Centre hospitalier de Martigues a aujourd’hui 50 ans et est conçu comme un bâtiment des années 70. L’évolution vers l’ambulatoire, la modernisation des plateaux techniques, le développement des technologies s’imposent. Mais, si la structure n’évolue pas, les possibilités sont limitées. Prendre en charge correctement chaque patient conduit dès lors à devoir déployer des ressources supplémentaires à celles d’un bâtiment configuré de manière optimale et fonctionnelle. »

    Une incapacité

    d’auto-financement

    Des avantages octroyés au personnel de manière irrégulière sont également mis en lumière. Le document rapporte, par exemple, qu’1,2 million d’euros de temps de travail additionnel majoré au-delà du tarif réglementaire a été versé à certains praticiens des urgences, entre 2019 et avril 2023. Le directeur alors en fonction, Barthélémy Mayol, a justifié cette décision par « le caractère essentiel du service des urgences dans le fonctionnement de l’établissement et la nécessité de disposer d’une équipe médicale en nombre et compétences suffisants dans ce service ». Loïc Mondoloni assure que ces irrégularités de rémunération « ont aujourd’hui quasiment toutes cessé ».

    La juridiction financière signale, par ailleurs, l’incapacité d’auto-financement de l’hôpital : « La faible évolution des immobilisations, l’importance des aides extérieures, l’accroissement des dettes financières témoignent d’un établissement qui ne peut investir sans aide ou sans emprunt. Le centre hospitalier de Martigues ne dispose d’aucune ressource lui permettant d’autofinancer l’entretien de ses bâtiments, ainsi que le renouvellement ou l’acquisition d’équipements. » Hors, la vétusté des locaux a été soulignée dans le rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté concernant la psychiatrie, à l’issue de sa visite en mai 2019, et de la Haute Autorité de santé, en juillet 2020.

    Un plan de restructuration et des économies

    Un plan de restructuration de 60 millions d’euros, dont 28 millions d’euros financés par le Ségur, est néanmoins sur la table. Il vise à construire un bâtiment médico-technique comprenant un nouveau bloc opératoire, un nouveau service d’urgences dimensionné pour 60 000 passages par an et le regroupement des soins critiques. Mais ,son financement ne convainc pas la CRC, qui ne le trouve « pas soutenable ». « Tous les indicateurs aujourd’hui dégradés se détérioreraient davantage. »

    Pour redresser la barre, « un plan d’efficience de plus de 14 millions d’euros a été élaboré » par la direction et « l’ensemble des pôles d’activité médicale », précise Loïc Mondoloni. Il est en cours d’analyse auprès des services de l’Agence régionale de santé.

  • Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Drones, chiens, menaces, check-points pour récupérer sa voiture dans le parking le soir… Excédés et inquiets de la présence d’un réseau de narcotrafic, les agents de la Maison départementale de la solidarité des Flamants (14e) se sont mis en grève à l’appel de la CGT, ce lundi 13 octobre. « Il y avait déjà eu des problèmes il y a trois ans avec une intrusion », rappelle une syndiquée.

    Cette fois, c’est une assistante du service social qui a été menacée de mort le 3 octobre, après avoir eu des mots avec un dealer. « Nous sommes le seul service public qu’il reste et nous ne pouvons plus l’assurer », déplore notre syndiquée. La CGT a bien « demandé des solutions alternatives », quitte à déménager. « on nous répond que les recherches sont en cours pour un lieu, mais que cela prendra quelques années… », indique-t-elle dans un communiqué. Le syndicat organise un rassemblement devant le Département, ce mardi 14 octobre entre midi et deux.

    Sur site, des « volantes » sont venues remplacer les grévistes pour « assurer les urgences ». Elles témoignent de la « très grande précarité » d’habitants sous la coupe du réseau, « ils supportent. ».

    Forte présence policière

    De fait, peu de monde accepte d’évoquer le sujet. « Ma mère habite là, oui, le réseau c’est un problème effectivement », nous confie du bout des lèvres un visiteur. La forte présence des cars de CRS et de la police nationale a visiblement découragé les dealers ce lundi. Même si, entre les immeubles réhabilités, les traces des feux allumés par les choufs pour se réchauffer ou encore un fauteuil sur le trottoir restent bien visibles.

    La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a donné des instructions. « La cité des Flamants fait l’objet d’une présence policière renforcée afin de lutter contre la délinquance, les trafics, ainsi que leurs conséquences pour ceux qui y vivent et y travaillent » indique-t-elle, avec « des effectifs locaux qui interviennent nuit et jour ». Et d’évoquer l’interpellation d’un trafiquant, il y a quelques semaines, avec la saisie de près d’1,5 kg de cannabis, 500 euros et deux armes et ce dimanche soir, après un refus d’obtempérer, l’interpellation de sept personnes. Et la préfète d’asséner : « là-bas, comme ailleurs, force restera à la loi. »

    Du côté du Département, on précise que « le directeur général des services délégué et le directeur de la sécurité sont immédiatement allés à la rencontre des agents » et « plusieurs actions correctives » ont été engagées. Comme le renforcement de la police donc et « un agent de sécurité mobile supplémentaire affecté sur les périodes d’affluence. » Il assure aussi « l’ensemble des personnels de [son] soutien. » « Tout doit être mis en œuvre pour les protéger », ces « piliers de la solidarité » et « leur offrir des conditions de travail dignes de leur engagement au quotidien », estime-t-on à la direction de la collectivité.

  • Le Samu prend le relais aux urgences de nuit

    Le Samu prend le relais aux urgences de nuit

    L’accès au service des urgences d’Hyères est régulé durant trois nuits par le Samu. Les patients doivent impérativement composer le 15 avant de se rendre sur place.

    Cette régulation s’applique du mardi 9 au mercredi 10 septembre entre minuit et 8h du matin, du samedi 13 au dimanche 14 septembre entre 20h et 8h ; du dimanche 14 au lundi 15 septembre, entre minuit et 8h. En dehors de ces trois nuits, les urgences d’Hyères fonctionnent normalement.

    Cette mesure vise à adapter le flux de patients aux capacités des effectifs médicaux en poste au sein du service, afin d’assurer une prise en charge optimale.

    Seules deux situations dérogent à cette régulation. Les patientes relevant du service gynécologique et obstétrical peuvent se présenter directement au service de maternité du centre hospitalier d’Hyères. Les femmes et enfants victimes de violences seront également accueillis sans régulation préalable.

    Site web : www.ch-hyeres.fr