Tag: tribune

  • Deux ans après son décès, la lutte contre l’amiante continue

    Deux ans après son décès, la lutte contre l’amiante continue

    Il y a deux ans, Marie Josée de la Cruz, professeur d’école à Marseille, nous quittait après cinq années d’une lutte acharnée contre un cancer de l’amiante. Le lien avec l’école de la Savine, où elle a exercé pendant 14 ans, ne faisait aucun doute : le Dossier Technique Amiante (DTA) et le délabrement des locaux témoignaient de la dangerosité des lieux lorsqu’elle y travaillait.

    Dès l’annonce de sa maladie, sa priorité fut les autres : ses collègues, les personnels et, par-dessus tout, les enfants. C’est avec cette volonté qu’elle a co-fondé l’association AVALÉ 13 (Association des Victimes de l’Amiante dans les Locaux de l’Éducation du 13). Elle s’est battue contre la maladie, mais aussi contre l’inconséquence des pouvoirs publics qui laissent, aujourd’hui encore, des vies exposées au danger. Après de très longues et fastidieuses démarches, elle a gagné sa bataille pour sa reconnaissance en tant que victime du travail, mais elle est partie sans un mot de condoléances de l’éducation nationale (qui doit protéger ses agents) ni de la Ville (pourtant propriétaire donc responsable des locaux).

    Aujourd’hui nous n’oublions pas. Nous réclamons toujours l’accès aux Dossiers Techniques Amiante qui permettent de savoir où, et dans quel état, se trouvent les matériaux amiantés qui envahissent encore tant d’établissements scolaires.

    Nous attendons toujours la sécurisation réelle des bâtiments avec le retrait des matériaux amiantés, partout où ils se trouvent, alors que ce matériau est interdit depuis bientôt 30 ans.

    Nous attendons toujours qu’une véritable politique de prévention soit faite auprès de tous les agents afin qu’à l’avenir plus aucun ne risque sa vie au travail. Nous attendons toujours une révision des seuils de tolérance d’empoussièrement : 5 fibres d’amiante tolérées par litre d’air est un seuil inacceptable quand une seule fibre peut tuer. Il est inacceptable que ce « seuil de tolérance » serve d’excuse à l’inaction.

    Pour Marie Josée de la Cruz, pour les personnels et pour les enfants : nous ne lâcherons rien. Plus que jamais, son combat reste vivant.

  • [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    Le 7 avril 2026, la France accueillera à Lyon un sommet « One Health* », consacré à l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale. Ce rendez-vous d’action ne peut ignorer un enjeu majeur pour notre territoire méditerranéen : la protection des pollinisateurs.

    La région Provence-Alpes-Côte d’Azur occupe une place majeure dans l’apiculture française. Elle accueille plusieurs milliers d’apiculteurs, professionnels et amateurs, et se caractérise par une forte diversité florale à l’origine de productions de miels reconnues. L’agriculture régionale – arboriculture fruitière, cultures maraîchères, semences, plantes à parfum, aromatiques et médicinales (lavande, thym, romarin…) – dépend largement de la pollinisation animale.

    Les abeilles domestiques, les bourdons d’élevage et les pollinisateurs sauvages assurent la reproduction de nombreuses plantes cultivées et sauvages. À l’échelle mondiale, 60 à 80% des cultures dépendent au moins partiellement de la pollinisation animale, représentant environ 35% de la production alimentaire. La pollinisation conditionne également la biodiversité végétale et, indirectement, la biodiversité animale.

    Pourtant, les constats scientifiques sont préoccupants. Ce service écosystémique** essentiel est aujourd’hui fragilisé. En Europe, les populations d’insectes déclinent fortement. En Paca comme ailleurs, certaines zones agricoles voient leurs paysages se simplifier, les ressources florales se raréfier et l’exposition aux pesticides persister. Le changement climatique accentue encore ces pressions, avec des étés plus chauds et plus secs.

    Notre région illustre aussi un paradoxe bien connu : des milieux naturels (garrigues, maquis, forêts…) en apparence riches peuvent manquer de ressources sur la durée. Après des floraisons printanières intenses mais brèves, les périodes estivales peuvent devenir critiques pour les pollinisateurs, soumis à un véritable stress alimentaire voire hydrique.

    Les abeilles sont également de précieuses sentinelles de l’environnement. En butinant, elles révèlent la présence de polluants dans leur environnement, faisant de la ruche un outil de surveillance à la fois agricole, écologique et sanitaire. Les informations données par les analyses des produits de la ruche sont essentielles dans le cadre d’une politique de santé publique efficace.

    Aujourd’hui, le diagnostic scientifique est posé. L’enjeu est maintenant d’agir. Cela suppose de mieux accompagner la santé des colonies, de faire évoluer les pratiques agricoles, de restaurer des paysages riches en ressources florales tout au long de l’année et d’intégrer pleinement tous les pollinisateurs dans les politiques publiques.

    Cela implique des choix concrets mais aussi concertés entre les collectivités locales – communes, intercommunalités, départements et Région – en matière d’aménagement, de gestion des espaces publics et de soutien aux apiculteurs et agriculteurs, afin de faire des pollinisateurs une priorité territoriale et non une variable d’ajustement.

    En Paca, la protection des pollinisateurs n’est pas une question secondaire. Elle conditionne la résilience de nos territoires, l’avenir de notre agriculture et, à terme, notre propre santé. Les solutions existent. Il appartient désormais aux décideurs de les mettre en œuvre.

    *Une Seule Santé

    ** Un service écosystémique désigne l’ensemble des bénéfices que les êtres humains et autres êtres vivants tirent des écosystèmes, directement ou indirectement.

  • Marseille, lève-toi contre la barbarie à Gaza !

    Marseille, lève-toi contre la barbarie à Gaza !

    Au début du mois d’avril 2026, une flottille partira du port de Marseille en direction de Gaza. Elle ne porte pas seulement du matériel médical mais également du matériel pour tenter de reconstruire des moyens de subsistance (pêche, agriculture…) et d’éducation ; elle est un acte de rupture face à l’innommable et un moyen pacifique de dénoncer la barbarie qui s’exerce contre le peuple palestinien.

    Briser le silence et les complicités À Gaza, des enfants meurent de faim et des familles entières sont exterminées. Face à ce génocide, nous refusons le silence des « gouvernements complices ». Nous dénonçons

    • La responsabilité directe de nos dirigeants qui, par leur connivence avec l’état israélien cautionnent l’horreur.

    • Le silence des grands médias dans leur devoir d’informer sur la réalité du massacre.

    • La complicité active de grandes entreprises françaises, telles que Carrefour ou la BNP, qui participent au maintien d’un système d’oppression.

    Nous exigeons la levée immédiate et totale du blocus imposé par l’État israélien, un siège illégal et génocidaire.

    Marseille : Port de résistance et de dignité Marseille, ville d’exil et de solidarité, ne peut rester complice par son inaction. C’est pourquoi nous, habitants de l’Estaque et citoyens de tous les quartiers de Marseille, appelons à une mobilisation massive autour de la Flottille pour Gaza. Nous interpellons les élus de notre ville : l’heure est aux actes politiques clairs pour placer Marseille du côté de la dignité humaine.

    Nous demandons que le prochain conseil municipal vote le jumelage officiel de Marseille avec Gaza, un jumelage de résistance et de solidarité pour signifier à sa population qu’elle n’est pas seule

    Rejoignez le mouvement.

    La flottille ne transportera pas des armes, mais l’exigence que le droit à la vie et aux soins ne soit plus négociable. Ceux qui monteront à bord risquent leur sécurité pour porter notre message. Nous devons leur assurer un départ digne et une ville unie derrière eux.

    Signataires :

    La liste des signataires personnalités et organisations en soutien à la Tribune : Imotep pour les membres de IAM. Gari Greu du Massalia Sound System. Mousse et Hakim de Zebda ; Sanseverino Stephane ; Eric Antoine humoriste ; Mourad Musset de la rue ketanou ; Hazem pour le Molotof ; Toma Feterman de la Caravane Passe ; Hakim Hamadouche de Rachid Taha ; Gérard Meylan et Malek Hamzaoui de l’équipe de Robert Guediguian; Karim Dridi cinéaste ; Pierre Stambul de l’UJFP.

    Organisations déjà signataires : collectif 13 droit des femmes ; ATTAC Marseille ; Mrap ; Ufjp ; MassalaVox  ; «Éclosion 13» (avec les femmes artistes de Gaza) ; CQFD ; L’harmonie (estaque) ; Le donut ; FCP (festival Ciné Palestine) ; Association Rizoma ; MAGPAL (Marseille Gaza Palestinne)  ; Palestine 13 ( AFPS locale) ; Didac’Ressources.

    Les habitants de l’Estaque et de Marseille membres du collectif de soutien à la Flottille : Agnès Mazzocco, Ambrine Brik, Aminda Huille, Anne Bonnaire, Anne Boluda, Anne Keller, Arianna Cecconi, Badra Delhoum, Cathy Chatzopoulos, Chadia Tachouaf, Christine Verniere, Claude Hirsh, Corinne Lefort, Daniella Failla, Djamel Khenouf, Djazaïr Yacoubi, Elisabeth Stephanus, Elise Meouchy, Emilie Ribaute, Fathi Bouaroua, Florencia Carlin, Florian Lando, Héloïse Roydiy, Henry Saint-Jean, Jean-Charles Mathieu, Kader Atia, Kevin Vacher, Léa Bouaroua, Luci Lando, Margo Chou, Michel Teule, Michèle Bitton, Mireille Lando, Myriam Guiral, Pierre Ciaravela, Philippe Stephanus, Raïb Setita, Régine Fiorani, Sarah Righl, Sophie Etienne, Sébastien Barles, Thierry Lando, Thierry Louchon, Thomas Figuera, Valentina Corro, Valerie Bournet, Youssef Khafif, Christophe Oudelin, Mohamed Bensaada, Manuel Bompard (député), Sébastien Delogu (député), Vincent Geisser, Aicha Sif, Nouriati Djambaé, Aicha Guedjali, Nicolas Memain, Philippe Foulquié, Cyrille Hanappe, Isabelle Bourboulon, Hubert Colas, Charles Hoarau, Samy Joshua, Sébastien Thierry, Samuel Wahl, Frédéric Michel, Laurent Mucchielli, Marc Mercier, Sophie Epstein, Jérôme Mazas, Soizic Beaumier

  • « L’extrême droite n’a rien à voir avec le judaïsme »

    « L’extrême droite n’a rien à voir avec le judaïsme »

    Marseille n’est pas une ville comme une autre », c’est ainsi que Nicolas Vidal-Naquet débute son texte intitulé « Un juif avec Benoît Payan », et publié à quelques jours du second tour des municipales. 105e sur la liste de Benoît Payan, Nicolas Vidal-Naquet rappelle que l’histoire de Marseille est basée sur l’immigration.

    « Outre toutes les « communautés » issues du monde entier, il y a la deuxième “communauté” Juive de France », poursuit-il.

    Petit-fils de Margot et Lucien Vidal-Naquet déportés et assassinés à Auschwitz-Birkenau, il est l’auteur du roman Un secret d’Auschwitz publié en juin 2025 aux éditions Z4éditions. Il y raconte son histoire familiale marquée par la déportation de ses grands-parents paternels depuis Marseille par les nazis.

    Origines du RN

    Dans son texte, il rappelle les origines du parti d’extrême droite, le Rassemblement national : « Aujourd’hui, sur la liste du candidat d’extrême droite, se trouve un avocat qui se revendique comme juif. De nombreux juifs font campagne en sous-main ou ouvertement pour cette liste, notamment soi-disant car seul, en France, le parti d’extrême droite RN aurait soutenu l’État d’Israël après le 7 octobre. Cependant, ils ont probablement oublié, au mieux, que le RN est le successeur légal, juridique et en pensée du FN qui fut fondé avec Le Pen père par les Waffen-SS Léon Gaultier et Pierre Bousquet membres de la division Charlemagne de la Waffen-SS ainsi que par François Brigneau (de son vrai nom Emmanuel Allot) membre de la Milice française et Roland Gaucher vichyssois et militant d’extrême droite. »

    Nicolas Vidal-Naquet affirme que le « RN porte ce fardeau d’avoir été soutenu et d’être encore soutenu par des personnes aux idées similaires et il en reste le porte-drapeau. Ce n’est pas parce que son président, avec la petite fille de Le Pen, est allé à Yad Vashem qu’il se serait repenti comme le laissent entendre de nombreux juifs à Marseille ».

    Et de conclure : « En tant que Juif, membre de la liste de Benoît Payan, je ne peux imaginer que la mémoire de la Shoah ait été mise au rebut et remplacée par les horreurs des massacres du 7/10 par ceux des Juifs qui ont et vont voter pour l’extrême droite. L’extrême droite qui exclut, qui divise, qui attise la haine entre les personnes, n’a rien à voir avec le judaïsme. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » est-il écrit dans la Torah. Seule aujourd’hui la liste de Benoît Payan peut permettre d’apaiser la plus belle ville de France. »

    « Le RN est
    le successeur légal du front national »

  • Ces commerçants marseillais disent « non à l’extrémisme »

    Ces commerçants marseillais disent « non à l’extrémisme »

    Une soixantaine de commerçants marseillais ont signé une tribune contre l’arrivée potentielle de l’extrémisme à la tête de la cité phocéenne, en annonçant choisir la liste du Printemps Marseillais, « la seule en mesure de s’imposer dans cette élection décisive pour l’avenir de notre ville ». Parmi ces commerçants, on retrouve par exemple Amaury Lapinte et Pierre Da Silva (Marché des argonautes), Aurélien Lecour et Tony Van Hua (Ginger phœnix), Hazem El moukaddem, président des commerçants de la Plaine, Dorian de Blasis (Optique République), Mohamed Bouslama (Potager de Saint-Barnabé) ou encore Lena Cardo (Le réfectoire – 13 solidaire).

    La tribune débute ainsi : « Marseille doit demeurer attractive et rayonnante, ouverte à toutes et à tous, accueillante et généreuse. Nous, commerçants de Marseille, sommes attachés à l’image de notre ville. Nous ne voulons pas qu’elle soit marquée, pour les années qui viennent, par le stigmate de l’extrémisme, de la division, de l’exclusion ».

    Avant un scrutin décisif, les 35,02% de suffrages obtenus par le candidat d’extrême droite, Franck Allisio, inquiètent. Ce score, inattendu pour beaucoup, a agi comme un signal d’alarme. Les commerçants signataires soulignent : « Dans les rues du centre-ville, dans nos quartiers, dans nos noyaux villageois comme sur les plages, nous ne voulons pas d’un tri entre les uns et les autres, entre les couleurs de peau, les origines, les religions. »

    Autre inquiétude évoquée : les conséquences d’une prise du pouvoir du RN sur le tourisme. « Nous connaissons l’effet délétère de l’extrémisme sur l’attractivité d’un territoire », écrivent-ils. Pour appuyer leur propos, le texte met en avant l’exemple de Donald Trump : « Depuis son élection, les États-Unis anticipent une baisse de 25% du tourisme et des pertes allant jusqu’à 15 milliards de dollars ». Ces commerçants marseillais se positionnent clairement : « La vitalité de nos commerces doit prendre appui sur le rayonnement de notre ville en France, en Europe et dans le Monde. Cela passe par des grands événements populaires, par des services publics efficaces et solidaires, par une politique municipale apaisée ». « En conscience, fidèles à nos valeurs et soucieux de l’image de Marseille, dimanche, nous ferons donc barrage à l’extrémisme en choisissant la liste du Printemps marseillais, qui est aujourd’hui la seule en mesure de s’imposer dans cette élection décisive pour l’avenir de notre ville », conclut le communiqué.

    Célia Sennegon
  • [Tribune] Pour que Marseille rayonne : non à l’extrémisme

    [Tribune] Pour que Marseille rayonne : non à l’extrémisme

    Nous ne voulons pas qu’elle soit marquée, pour les années qui viennent, par le stigmate de l’extrémisme, de la division, de l’exclusion. Dans les rues du centre-ville, dans nos quartiers, dans nos noyaux villageois comme sur les plages, nous ne voulons pas d’un tri entre les uns et les autres, entre les couleurs de peau, les origines, les religions.

    Nous connaissons l’effet délétère de l’extrémisme sur l’attractivité d’un territoire : depuis l’élection de Donald Trump, les États-Unis anticipent une chute de 25% du tourisme et des pertes allant jusqu’à 15 milliards de dollars.

    À Marseille, la vitalité de nos commerces doit prendre appui sur le rayonnement de notre ville en France, en Europe et dans le Monde. Cela passe par de grands événements populaires, par des services publics efficaces et solidaires, par une politique municipale apaisée.

    En conscience, fidèles à nos valeurs et soucieux de l’image de Marseille, dimanche, nous ferons donc barrage à l’extrémisme en choisissant la liste du Printemps marseillais, qui est aujourd’hui la seule en mesure de s’imposer dans cette élection décisive pour l’avenir de notre ville.

    Signataires :

    1 Amaury Lapinte / Marché des argonautes

    2 Pierre Da Silva / Marché des argonautes

    3 Aurélien Lecour / Ginger phœnix

    4 Tony van hua / Ginger phœnix

    5 Hugues M benda

    6 Mathilde Godart

    7 Hazem El moukaddem / Président des commerçants de la Plaine

    8 Sandra Hassaine / Marché noir

    9 Fred Dravet / Coutellerie Dravet

    10 Michel Zerabi / Le Square

    11 Charlotte Crousillat / Carlotta with, Pompe

    12 Aude Emery / La laiterie marseillaise

    13 Cédric Rubini / Casa Rubini focacceria

    14 Pierre Breuvart / Brasserie sociale la Camaraderie

    15 Boris / Brasserie sociale la Camaraderie

    16 Dorian de Blasis / Optique République

    17 Alice Rafa / Dunes concept store

    18 Laurence Mallaret / artisane

    19 Alexandre Puig / PampaCruz

    20 Anaïs Labate / Absolupro

    21 Sébastien Jaudeau / Tripletta

    22 Dienaba Ba / Tripletta

    23 Marion Penicaud / Eclectic wines

    24 Samantha Grenouiller / Alma Réal

    25 François Ghirardi / Franklin

    26 Maxime Agostini / Cave Agostini

    27 Hedi Hassaine / Bamboche

    28 Thomas Tarek / Mina

    29 William Gebara / Fofoca

    30 Cathy di Meglio / Freedom

    31 Mathieu Bovis / Francette

    32 Maeva Hocini / Bistrot Baya

    33 Laura Nicol / Michou Marseille

    34 Isabelle Valero / oZ le salon

    35 Lilie Ribeiro / Lily dry cut

    36 Éloïse Bridge / Joy coiffure

    37 Mohamed Bouslama / Potager de Saint-Barnabé

    38 Marine Crousnillon / La Fabriquerie

    39 Géraldine Cabarrot / L’ébénisterie

    40 Jean-Claude Hermitte / commerçant 13009

    41 Michel Lecour / Librairie, édition et production coopérative Ubik

    42 Rémi Lonclas / gérant de bar

    43 Jean Hoang / Nguyen hoang

    44 Claire Guerin / Boisson soif

    45 Anne-Sophie Baudouin / Zinzin épicerie café cantine

    46 Serje Banna / Mouné

    47 Yamina Lassal / Baguelerie marseillaise

    48 Nacera Legarrec / Centre formation couture

    49 Raouf Marref / La rose de Tunis

    50 Yassine Guedadi / Chez Yassine

    51 Guillaume Miard / Pas vu pas pris tatoo shop

    52 Odile Lecour / Archipel 49

    53 Johakim Chiarenza / Mio Panino

    54 Lena Cardo / Le réfectoire – 13 solidaire

    55 Stéphanie Borelli / chef de cuisine

    56 Yann Djeddou / Café de la muse

    57 Lenny Dos Santos / Cave Fondère

    58 Louella Coll et Yohan / Bol

    59 Emmanuel Jean / Natto du Dragon

    60 Sandra Malka / Grande pharmacie Saint-Barnabé

  • [Tribune] Juives et Juifs de Marseille contre le RN

    [Tribune] Juives et Juifs de Marseille contre le RN

    De la participation de Franck Allisio, candidat RN au dîner du CRIF local, candidat juif revendiqué sur la liste RN aux municipales, tracts RN à la caisse de certains commerces, etc. Depuis des années, le RN tente de séduire les électrices et électeurs juifs à Marseille. Le vote RN monte partout en France, dans toutes les tranches de la société. Nos communautés n’échappent pas à cette tendance : nous constatons une banalisation de la présence et du vote RN parmi elles.

    Avec près de 80 000 personnes, Marseille est la ville avec la deuxième communauté juive de France et la troisième d’Europe après Paris et Londres.

    Nous sommes trop longtemps restés silencieux et silencieuses face à ce mouvement d’extrême-droitisation qui paraît pourtant insensé tant les fondements du RN le renvoient à l’antisémitisme, au néofascisme et au négationnisme. Aujourd’hui encore lors des municipales : un membre d’une formation pétainiste sur les listes à Amiens, un membre de l’Action française à Dunkerque, des candidats qui font des « plaisanteries » humiliantes antisémites et racistes à Carpentras, Chambéry, Belfort… Le fond idéologique n’a pas changé, et ces candidats et candidates racistes le savent bien.

    S’il n’utilise plus la haine des Juifs et Juives comme point de campagne, ce n’est pas par changement de ligne directrice, mais par stratégie : ils se servent de nos communautés pour se blanchir. Le RN déteste la diversité et ne défend aucune minorité (religieuses, ethniques, de genre, sexuelles…). Sa stratégie de mise en concurrence des communautés lui a permis de désigner « les Musulmans », comme un groupe monolithique et antisémite, et de se positionner en défenseur des Juifs.

    Nous ne sommes pas dupes : islamophobie et antisémitisme sont les deux faces d’une même pièce. Un parti qui désigne une communauté à la meute comme responsable de tous les problèmes pourra ensuite en désigner une autre.

    De plus, nous ne votons pas seulement pour notre propre sécurité, mais pour la société dans son ensemble. La tradition juive porte des valeurs de justice qui, dans leur essence, sont incompatibles avec celles de l’extrême droite et de son racisme.

    Nos familles, en grande partie exilées d’Afrique du Nord, venues d’Europe de l’Est, ou provençales depuis toujours, ont trouvé refuge à Marseille, où nous pouvons pleinement embrasser nos identités et nos histoires. Nous sommes profondément choqués par ce rejet de la diversité, et par la confiance donnée à nos bourreaux historiques.

    La stratégie du RN est de semer la peur et la division, puis de se poser en seul protecteur possible. Ne nous laissons pas avoir : le RN ne sera jamais notre allié, ne nous protégera jamais. Refusons la division communautaire tant espérée par le RN pour fragmenter notre ville. Nous avons besoin de résister ensemble, de continuer à tisser des liens entre les communautés et à promouvoir la solidarité.

    Les signataires

    Mathilde Arock, avocate

    Hannah Amar, productrice

    Robin Assous, animateur de centre social dans les quartiers Nord

    Charlotte Ayache, enseignante

    Léna A., enseignement supérieur

    Eliaou Balouka, psychologue clinicien, chercheur

    Elisha Baskin, libraire

    Haim Bendao, rabbin

    Eve Benhamou, enseignante-chercheuse

    Esther Bensadon, productrice

    Hannah Bensoussan, psychologue et poétesse (Radical Mitzvah Marseille)

    Louise Berrebi, consultante

    Benjamin Bitane, directeur associatif

    Michèle Bitton, sociologue indépendante

    Alice Boccara, artiste

    Cecilia Breuil, travailleuse dans l’art

    Zohar Cherbit, chercheur

    Cléo Cohen, réalisatrice

    Charlotte Daled, chargée de projet

    Chloé Darmon, directrice RH

    Rémi Decoster, photographe – chef opérateur

    Daniel Disegni, mathématicien

    Maya Eyal, ingénieure pédagogique

    Agnès Freschel, journaliste

    Yael Greenberg, creative consultante

    Sarah Grin, juriste

    Lionel Guetta-Jeanrenaud, réalisateur

    Delphine Guyomar Ponsot, enseignante

    Marielle Hababou, chercheuse

    Marie-Hélène Hadjadj, orthophoniste

    Noémie Hadjedj, dessinatrice

    Alain Hayot, sociologue

    Sacha Hendrickx, président d’Ani Veata

    Jonathan Henzinski, réalisateur-vidéaste

    Odelia Kammoun, illustratrice

    Josiane Korobeinik, militante

    Jessica Laik, accompagnatrice d’initiatives sociales et solidaires

    Eloise Langer, entrepreneuse

    Dan Lascar, infirmier

    Elodie Lascar, dessinatrice

    Rebecca Levy, designer

    Philippe Levy, comédien

    Sarah M., travailleuse associatif

    Émilie Marchandin, artiste peintre

    Caroline Melloul, médecin biologiste

    Elina Melloul, consultante résilience/gestion de crise

    Jany Melloul – Goguillot, Orthophoniste

    Serge Melloul, psychiatre

    Yoram Melloul, journaliste

    Lauren Miller, formatrice

    Ed Mills-Affif, réalisateur et enseignant

    Mia Oustry, cinéaste

    Lauranne Esther Pestre, professeure de piano

    David Pierret, producteur

    Salomé Riviere, danseuse et chanteuse

    Laura Sahin, journaliste réalisatrice co-responsable des Guerrières de la Paix Section Sud

    Evelyne Sitruk Warschawski, responsable d’association

    Anaëlle Smadja, étudiante

    David Stoleru, directeur associatif

    Carole Tauflichen Mills, éditrice

    Clara Teper, réalisatrice

    Hannah Thuriere, cheffe (Radical Mitzvah Marseille)

    Samuel V, médiateur

    Justine Van Minden, Juive « du Pape »

    Véronique Ventola, médecin

    Saskia Waledisch, scénariste-réalisatrice

    Lévanah Zeidenberg, étudiante

    Yael Zerbib, chargée de projet

  • [Tribune] À Marseille, la dignité humaine doit rester au cœur du projet de ville

    [Tribune] À Marseille, la dignité humaine doit rester au cœur du projet de ville

    Dans le contexte des élections municipales à Marseille, le Secours Catholique souhaite rappeler le sens de son engagement dans la cité.

    Notre association est non partisane. Elle ne soutient aucun candidat ni aucune liste. Cette indépendance est essentielle : elle garantit la confiance que nous accordent les personnes que nous rencontrons et accompagnons.

    Mais être non partisan ne signifie pas être silencieux face aux réalités sociales. Parce que nous sommes présents chaque jour auprès des personnes en situation de précarité, nous sommes aussi témoins des difficultés qu’elles rencontrent pour vivre dignement dans la ville. À ce titre, nous assumons pleinement notre rôle d’acteur de la vie démocratique et sociale.

    À Marseille, nos bénévoles rencontrent des familles confrontées à des logements indignes, des personnes isolées, des travailleurs pauvres, des jeunes qui cherchent leur place. Derrière ces situations, il y a des visages, des histoires, mais aussi une aspiration simple et légitime : pouvoir vivre dignement là où l’on habite.

    Ces réalités nous rappellent une évidence : la pauvreté n’est pas une fatalité individuelle. Elle est aussi liée à des choix collectifs, à des politiques publiques, à la manière dont une ville organise l’accès au logement, aux services publics, aux transports ou encore aux droits.

    Dans plusieurs quartiers de Marseille, les difficultés sociales se cumulent et s’installent dans la durée. Face à ces situations, la lutte contre la précarité ne peut pas être une question secondaire. Elle doit rester une priorité constante de l’action publique locale.

    Mais au-delà des politiques municipales, certains principes qui fondent notre pacte social doivent être rappelés avec force.

    Le principe d’hébergement inconditionnel des personnes en situation de détresse est l’un d’eux. Il affirme qu’aucune personne ne devrait être laissée à la rue en raison de son statut administratif, de sa nationalité ou de sa situation personnelle.

    De la même manière, la mise à l’abri et la protection des enfants isolés doivent rester une priorité absolue. Aucun enfant ne devrait se retrouver sans protection ni accompagnement, quelles que soient son origine, sa nationalité ou son ancienneté de présence sur le territoire.

    Ces principes ne sont pas des options. Ils sont au cœur de ce qui fonde notre société : le respect de la dignité humaine.

    Les élections municipales sont un moment important pour débattre collectivement de l’avenir de la ville. Fidèle à sa mission et à son indépendance, le Secours Catholique continuera à interpeller les responsables publics et à porter la parole des personnes en situation de précarité. Car une ville se juge à la manière dont elle traite les plus fragiles.

    À Marseille comme ailleurs, construire une ville qui n’abandonne personne n’est pas seulement un objectif social : c’est un choix profondément politique.

  • [Tribune] Voter, une responsabilité collective face au danger

    [Tribune] Voter, une responsabilité collective face au danger

    À la veille des élections municipales, puis de l’élection présidentielle, notre pays se trouve à un moment décisif de son histoire démocratique. Jamais l’avenir de la République n’a été aussi fragile. Le passé revient au grand galop.

    Face à cette situation, voter n’est pas un simple droit : c’est une responsabilité collective.

    Méfiez-vous des discours mensongers et trompeurs portés par le Rassemblement national, Reconquête et Identité-Libertés. Leurs votes à l’Assemblée nationale comme au Parlement européen sont en contradiction avec leurs déclarations publiques. Refusez toute banalisation de ces discours.

    Ces candidatures n’ont pour effet que de diviser le pays et de promouvoir un projet politique inspiré des dérives populistes observées ailleurs, notamment aux États-Unis sous l’ère trumpiste.

    L’histoire nous l’enseigne avec force : lorsque les démocrates se divisent ou se taisent, les forces extrémistes avancent. Ce mécanisme est constant depuis les années 1930, des idées historiquement portées par l’extrême droite deviennent « acceptables », banalisées ou reprises par des forces politiques traditionnelles. Nous assistons actuellement, en France, à ce glissement progressif d’une partie de la droite républicaine vers les thèses de l’extrême droite.

    Nous rappelons que préserver la démocratie, c’est refuser toute complaisance avec ces extrêmes, c’est défendre l’universalisme contre le repli identitaire, la loi contre l’arbitraire, la vérité historique contre sa falsification.

    Il ne s’agit pas d’être d’accord sur tout, mais de se rassembler autour d’un socle commun essentiel : la démocratie, l’État de droit, l’égalité et la dignité humaine.

    Face au danger, notre histoire est sans ambiguïté. Dès 1943, au cœur de l’Occupation nazie, des femmes et des hommes de gauche, du centre et de droite ont su dépasser leurs divergences pour résister ensemble au nazisme.

    Beaucoup d’entre eux ont parrainé notre association. Ils s’appelaient Lucie Aubrac, Jacques Chaban-Delmas, Marie-Jo Chombard de Lauwe, Geneviève De Gaulle, Père Jean Cardonnel, Georges Guingouin, Jean Matteoli, Pierre Sudreau, Raymonde Tillon, et beaucoup d’autres.

    Ils ont sauvé l’essentiel : la République et ses valeurs démocratiques.

    Ils n’avaient pas les mêmes origines, ni les mêmes parcours, ni les mêmes convictions. Mais tous furent persécutés par un système totalitaire fondé sur la haine, la peur et la négation de l’humain.

    Rappeler cette histoire, ce n’est pas figer le passé. C’est honorer toutes les mémoires – résistante, politique, juive, tsigane, homosexuelle – sans jamais les opposer. C’est faire vivre une mémoire commune qui demeure une leçon universelle contre le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, le fascisme et toutes les formes d’exclusion.

    Aujourd’hui encore, la République a besoin de vigilance, de courage et d’unité. L’abstention, le vote blanc et la division sont toujours des alliées objectives des forces qui contestent les fondements mêmes de la démocratie.

    Réunis en Assemblée générale nous appelons solennellement l’ensemble des citoyennes et des citoyens à la mobilisation, au vote et à la défense de la démocratie.

    Ne laissez pas votre avenir être confisqué.

    Responsables et candidats, de gauche ou de droite, nous plaçons notre confiance en votre attachement aux valeurs de la République, aux valeurs défendues par le Conseil National De la Résistance et à votre responsabilité de les protéger.

    Françaises, français ne vous résignez ni à l’abstention, ni au vote blanc. Votez et faites voter pour un candidat républicain fidèle aux valeurs démocratiques.

    Marseille le 7 mars 2026.

  • [Tribune] Municipales 2026 : la jeunesse n’est pas un angle mort, c’est la ligne d’horizon

    [Tribune] Municipales 2026 : la jeunesse n’est pas un angle mort, c’est la ligne d’horizon

    Il y a, dans le débat municipal, une absence qui finit par ressembler à un choix. Les débats des candidats organisés partout en France abordent des conflits internationaux et des distensions entre partis politiques. On réagit à l’actualité, on se positionne comme défenseur des libertés ou précurseur en matière de sécurité. Et l’on oublie, ou l’on relègue en bas de page, celles et ceux qui vivent la ville au présent le plus vif : les jeunes.

    Dans cette élection, nous invisibilisons la jeunesse et c’est une grave erreur parce qu’à force, nous fabriquons mécaniquement l’indifférence, puis l’abstention, puis la défiance. Ce n’est pas un hasard : c’est un schéma politique et c’est une faute démocratique.

    C’est précisément pour sortir des fantasmes de jeunesse radicalisée, de jeunesse perdue ou de jeunesse dépolitisée que nous avons souhaité, avec la Fondation Jean-Jaurès et l’IFOP, établir des faits. Les résultats de notre enquête à laquelle environ 5000 étudiants d’Aix Marseille Université ont répondu offrent un portrait clair : une jeunesse modérée, engagée, pacifique, mais aussi une jeunesse fragilisée et lassée d’une offre politique qui ne parle plus sa langue.

    Non la jeunesse n’est pas en retrait. Au contraire, elle n’a jamais été aussi engagée !

    Les chiffres démentent frontalement les caricatures. 67% des étudiants se disent engagés pour une cause. Et ces causes ont la force des évidences morales, celles qui font tenir une société debout : lutte contre le sexisme et les violences sexuelles (97%), respect des droits humains (96%), environnement et lutte contre le dérèglement climatique (95%). La lutte des jeunes d’aujourd’hui est d’abord une lutte pour la dignité du quotidien : pouvoir étudier, se soigner, se déplacer, respirer, se sentir en sécurité, ne pas être seul.

    Une jeunesse engagée… mais tenue hors du débat municipal.

    Pourtant, cette jeunesse n’entre pas dans la campagne. Elle reste à la porte. Les étudiants se disent beaucoup moins intéressés par les municipales (46%) que par la présidentielle (84%). À Marseille, 44% d’entre eux seulement déclarent avoir l’intention d’aller voter aux municipales de 2026. Cela devrait alarmer toutes celles et ceux qui se revendiquent républicains : quand la démocratie locale ne mobilise plus, c’est la proximité elle-même qui s’effondre.

    Mais attention au contresens, ce n’est pas un désintérêt pour la cité mais un désaveu de l’offre politique. L’enquête montre que, chez celles et ceux qui n’ont pas l’intention d’aller voter, le premier levier – de très loin – serait qu’une offre politique corresponde davantage à leurs attentes. Autrement dit, le problème n’est pas la jeunesse. Le problème, c’est que les programmes des candidats parlent trop souvent comme si elle n’existait pas.

    À force de ne pas compter les jeunes dans les priorités, on finit par ne plus pouvoir compter sur eux dans les urnes. Ensuite, on s’étonne.

    Si l’on veut une campagne utile, qu’on cesse de supposer et qu’on commence à écouter. Pour nos étudiants, la priorité, très largement, c’est l’offre de soins et les services de santé. Viennent ensuite la sécurité, la lutte contre la pollution, puis la lutte contre le dérèglement climatique à l’échelle locale. Ces priorités disent quelque chose de simple : les jeunes veulent une ville habitable – une ville qui protège, qui soigne, qui respire et qui permet de vivre.

    Et comment ne pas être saisi par ce chiffre, qui devrait suffire à imposer un changement de braquet politique : 66% des étudiants déclarent souffrir de solitude. C’est un signal d’alarme social et sanitaire. Une ville qui accepte cela sans réponse politique structurée se condamne à la fragmentation.

    L’université : un sanctuaire de savoirs, un pont vers la cité.

    Évidemment, l’université a un rôle à tenir et nous l’assumons. Oui, l’université est un sanctuaire : un lieu où l’on transmet des savoirs, où l’on apprend à distinguer le vrai du vraisemblable, où l’on peut débattre sans être réduit à une étiquette. Un lieu de protection intellectuelle, mais aussi un lieu de formation civique.

    Mais un sanctuaire n’est pas un îlot indifférent à la ville. Il doit être un pont. L’université peut rendre la jeunesse visible dans le débat public, non pas en parlant à sa place, mais en ouvrant les conditions d’un dialogue adulte : des données documentées et des espaces de discussion.

    L’enquête conduite avec la Fondation Jean-Jaurès et l’IFOP est une boussole : elle rappelle une vérité politique que l’on feint d’ignorer. La jeunesse n’est pas « à remobiliser » comme si elle était vide. Elle est déjà mobilisée. Elle attend simplement une offre politique à la hauteur de son engagement. Aux candidates et candidats : la jeunesse vous regarde – et elle jugera.

    Je m’adresse donc à celles et ceux qui aspirent à conduire Marseille, Aix-en-Provence, les communes de notre territoire et plus largement de France.

    Ne vous contentez pas de vous adresser du bout des lèvres aux jeunes et faites des choix. Inscrivez la jeunesse au cœur de vos programmes : santé (y compris mentale), logement, mobilité, sécurité, qualité de l’air, accès à la culture, espaces publics où l’on se sent légitime, dispositifs d’engagement reconnus, politiques de prévention et de lien social.

    Car la question est désormais simple : voulez-vous une démocratie locale vivante ou une démocratie municipale refermée et qui gouverne sans sa jeunesse ?

    Hannah Arendt rappelait que l’éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité. Aimer assez le monde, aujourd’hui, c’est aimer assez notre jeunesse pour ne plus la laisser souffrir hors-champ. Nous, à Aix Marseille Université, continuerons de tenir ce cap : transmettre, protéger, ouvrir, dialoguer. Et rappeler, sans détour, que l’invisibilisation de la jeunesse est une défaite politique – mais que sa reconnaissance peut être le commencement d’une réconciliation démocratique.