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  • [Tribune] À Marseille, la dignité humaine doit rester au cœur du projet de ville

    [Tribune] À Marseille, la dignité humaine doit rester au cœur du projet de ville

    Dans le contexte des élections municipales à Marseille, le Secours Catholique souhaite rappeler le sens de son engagement dans la cité.

    Notre association est non partisane. Elle ne soutient aucun candidat ni aucune liste. Cette indépendance est essentielle : elle garantit la confiance que nous accordent les personnes que nous rencontrons et accompagnons.

    Mais être non partisan ne signifie pas être silencieux face aux réalités sociales. Parce que nous sommes présents chaque jour auprès des personnes en situation de précarité, nous sommes aussi témoins des difficultés qu’elles rencontrent pour vivre dignement dans la ville. À ce titre, nous assumons pleinement notre rôle d’acteur de la vie démocratique et sociale.

    À Marseille, nos bénévoles rencontrent des familles confrontées à des logements indignes, des personnes isolées, des travailleurs pauvres, des jeunes qui cherchent leur place. Derrière ces situations, il y a des visages, des histoires, mais aussi une aspiration simple et légitime : pouvoir vivre dignement là où l’on habite.

    Ces réalités nous rappellent une évidence : la pauvreté n’est pas une fatalité individuelle. Elle est aussi liée à des choix collectifs, à des politiques publiques, à la manière dont une ville organise l’accès au logement, aux services publics, aux transports ou encore aux droits.

    Dans plusieurs quartiers de Marseille, les difficultés sociales se cumulent et s’installent dans la durée. Face à ces situations, la lutte contre la précarité ne peut pas être une question secondaire. Elle doit rester une priorité constante de l’action publique locale.

    Mais au-delà des politiques municipales, certains principes qui fondent notre pacte social doivent être rappelés avec force.

    Le principe d’hébergement inconditionnel des personnes en situation de détresse est l’un d’eux. Il affirme qu’aucune personne ne devrait être laissée à la rue en raison de son statut administratif, de sa nationalité ou de sa situation personnelle.

    De la même manière, la mise à l’abri et la protection des enfants isolés doivent rester une priorité absolue. Aucun enfant ne devrait se retrouver sans protection ni accompagnement, quelles que soient son origine, sa nationalité ou son ancienneté de présence sur le territoire.

    Ces principes ne sont pas des options. Ils sont au cœur de ce qui fonde notre société : le respect de la dignité humaine.

    Les élections municipales sont un moment important pour débattre collectivement de l’avenir de la ville. Fidèle à sa mission et à son indépendance, le Secours Catholique continuera à interpeller les responsables publics et à porter la parole des personnes en situation de précarité. Car une ville se juge à la manière dont elle traite les plus fragiles.

    À Marseille comme ailleurs, construire une ville qui n’abandonne personne n’est pas seulement un objectif social : c’est un choix profondément politique.

  • [Tribune] Voter, une responsabilité collective face au danger

    [Tribune] Voter, une responsabilité collective face au danger

    À la veille des élections municipales, puis de l’élection présidentielle, notre pays se trouve à un moment décisif de son histoire démocratique. Jamais l’avenir de la République n’a été aussi fragile. Le passé revient au grand galop.

    Face à cette situation, voter n’est pas un simple droit : c’est une responsabilité collective.

    Méfiez-vous des discours mensongers et trompeurs portés par le Rassemblement national, Reconquête et Identité-Libertés. Leurs votes à l’Assemblée nationale comme au Parlement européen sont en contradiction avec leurs déclarations publiques. Refusez toute banalisation de ces discours.

    Ces candidatures n’ont pour effet que de diviser le pays et de promouvoir un projet politique inspiré des dérives populistes observées ailleurs, notamment aux États-Unis sous l’ère trumpiste.

    L’histoire nous l’enseigne avec force : lorsque les démocrates se divisent ou se taisent, les forces extrémistes avancent. Ce mécanisme est constant depuis les années 1930, des idées historiquement portées par l’extrême droite deviennent « acceptables », banalisées ou reprises par des forces politiques traditionnelles. Nous assistons actuellement, en France, à ce glissement progressif d’une partie de la droite républicaine vers les thèses de l’extrême droite.

    Nous rappelons que préserver la démocratie, c’est refuser toute complaisance avec ces extrêmes, c’est défendre l’universalisme contre le repli identitaire, la loi contre l’arbitraire, la vérité historique contre sa falsification.

    Il ne s’agit pas d’être d’accord sur tout, mais de se rassembler autour d’un socle commun essentiel : la démocratie, l’État de droit, l’égalité et la dignité humaine.

    Face au danger, notre histoire est sans ambiguïté. Dès 1943, au cœur de l’Occupation nazie, des femmes et des hommes de gauche, du centre et de droite ont su dépasser leurs divergences pour résister ensemble au nazisme.

    Beaucoup d’entre eux ont parrainé notre association. Ils s’appelaient Lucie Aubrac, Jacques Chaban-Delmas, Marie-Jo Chombard de Lauwe, Geneviève De Gaulle, Père Jean Cardonnel, Georges Guingouin, Jean Matteoli, Pierre Sudreau, Raymonde Tillon, et beaucoup d’autres.

    Ils ont sauvé l’essentiel : la République et ses valeurs démocratiques.

    Ils n’avaient pas les mêmes origines, ni les mêmes parcours, ni les mêmes convictions. Mais tous furent persécutés par un système totalitaire fondé sur la haine, la peur et la négation de l’humain.

    Rappeler cette histoire, ce n’est pas figer le passé. C’est honorer toutes les mémoires – résistante, politique, juive, tsigane, homosexuelle – sans jamais les opposer. C’est faire vivre une mémoire commune qui demeure une leçon universelle contre le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, le fascisme et toutes les formes d’exclusion.

    Aujourd’hui encore, la République a besoin de vigilance, de courage et d’unité. L’abstention, le vote blanc et la division sont toujours des alliées objectives des forces qui contestent les fondements mêmes de la démocratie.

    Réunis en Assemblée générale nous appelons solennellement l’ensemble des citoyennes et des citoyens à la mobilisation, au vote et à la défense de la démocratie.

    Ne laissez pas votre avenir être confisqué.

    Responsables et candidats, de gauche ou de droite, nous plaçons notre confiance en votre attachement aux valeurs de la République, aux valeurs défendues par le Conseil National De la Résistance et à votre responsabilité de les protéger.

    Françaises, français ne vous résignez ni à l’abstention, ni au vote blanc. Votez et faites voter pour un candidat républicain fidèle aux valeurs démocratiques.

    Marseille le 7 mars 2026.

  • [Tribune] Municipales 2026 : la jeunesse n’est pas un angle mort, c’est la ligne d’horizon

    [Tribune] Municipales 2026 : la jeunesse n’est pas un angle mort, c’est la ligne d’horizon

    Il y a, dans le débat municipal, une absence qui finit par ressembler à un choix. Les débats des candidats organisés partout en France abordent des conflits internationaux et des distensions entre partis politiques. On réagit à l’actualité, on se positionne comme défenseur des libertés ou précurseur en matière de sécurité. Et l’on oublie, ou l’on relègue en bas de page, celles et ceux qui vivent la ville au présent le plus vif : les jeunes.

    Dans cette élection, nous invisibilisons la jeunesse et c’est une grave erreur parce qu’à force, nous fabriquons mécaniquement l’indifférence, puis l’abstention, puis la défiance. Ce n’est pas un hasard : c’est un schéma politique et c’est une faute démocratique.

    C’est précisément pour sortir des fantasmes de jeunesse radicalisée, de jeunesse perdue ou de jeunesse dépolitisée que nous avons souhaité, avec la Fondation Jean-Jaurès et l’IFOP, établir des faits. Les résultats de notre enquête à laquelle environ 5000 étudiants d’Aix Marseille Université ont répondu offrent un portrait clair : une jeunesse modérée, engagée, pacifique, mais aussi une jeunesse fragilisée et lassée d’une offre politique qui ne parle plus sa langue.

    Non la jeunesse n’est pas en retrait. Au contraire, elle n’a jamais été aussi engagée !

    Les chiffres démentent frontalement les caricatures. 67% des étudiants se disent engagés pour une cause. Et ces causes ont la force des évidences morales, celles qui font tenir une société debout : lutte contre le sexisme et les violences sexuelles (97%), respect des droits humains (96%), environnement et lutte contre le dérèglement climatique (95%). La lutte des jeunes d’aujourd’hui est d’abord une lutte pour la dignité du quotidien : pouvoir étudier, se soigner, se déplacer, respirer, se sentir en sécurité, ne pas être seul.

    Une jeunesse engagée… mais tenue hors du débat municipal.

    Pourtant, cette jeunesse n’entre pas dans la campagne. Elle reste à la porte. Les étudiants se disent beaucoup moins intéressés par les municipales (46%) que par la présidentielle (84%). À Marseille, 44% d’entre eux seulement déclarent avoir l’intention d’aller voter aux municipales de 2026. Cela devrait alarmer toutes celles et ceux qui se revendiquent républicains : quand la démocratie locale ne mobilise plus, c’est la proximité elle-même qui s’effondre.

    Mais attention au contresens, ce n’est pas un désintérêt pour la cité mais un désaveu de l’offre politique. L’enquête montre que, chez celles et ceux qui n’ont pas l’intention d’aller voter, le premier levier – de très loin – serait qu’une offre politique corresponde davantage à leurs attentes. Autrement dit, le problème n’est pas la jeunesse. Le problème, c’est que les programmes des candidats parlent trop souvent comme si elle n’existait pas.

    À force de ne pas compter les jeunes dans les priorités, on finit par ne plus pouvoir compter sur eux dans les urnes. Ensuite, on s’étonne.

    Si l’on veut une campagne utile, qu’on cesse de supposer et qu’on commence à écouter. Pour nos étudiants, la priorité, très largement, c’est l’offre de soins et les services de santé. Viennent ensuite la sécurité, la lutte contre la pollution, puis la lutte contre le dérèglement climatique à l’échelle locale. Ces priorités disent quelque chose de simple : les jeunes veulent une ville habitable – une ville qui protège, qui soigne, qui respire et qui permet de vivre.

    Et comment ne pas être saisi par ce chiffre, qui devrait suffire à imposer un changement de braquet politique : 66% des étudiants déclarent souffrir de solitude. C’est un signal d’alarme social et sanitaire. Une ville qui accepte cela sans réponse politique structurée se condamne à la fragmentation.

    L’université : un sanctuaire de savoirs, un pont vers la cité.

    Évidemment, l’université a un rôle à tenir et nous l’assumons. Oui, l’université est un sanctuaire : un lieu où l’on transmet des savoirs, où l’on apprend à distinguer le vrai du vraisemblable, où l’on peut débattre sans être réduit à une étiquette. Un lieu de protection intellectuelle, mais aussi un lieu de formation civique.

    Mais un sanctuaire n’est pas un îlot indifférent à la ville. Il doit être un pont. L’université peut rendre la jeunesse visible dans le débat public, non pas en parlant à sa place, mais en ouvrant les conditions d’un dialogue adulte : des données documentées et des espaces de discussion.

    L’enquête conduite avec la Fondation Jean-Jaurès et l’IFOP est une boussole : elle rappelle une vérité politique que l’on feint d’ignorer. La jeunesse n’est pas « à remobiliser » comme si elle était vide. Elle est déjà mobilisée. Elle attend simplement une offre politique à la hauteur de son engagement. Aux candidates et candidats : la jeunesse vous regarde – et elle jugera.

    Je m’adresse donc à celles et ceux qui aspirent à conduire Marseille, Aix-en-Provence, les communes de notre territoire et plus largement de France.

    Ne vous contentez pas de vous adresser du bout des lèvres aux jeunes et faites des choix. Inscrivez la jeunesse au cœur de vos programmes : santé (y compris mentale), logement, mobilité, sécurité, qualité de l’air, accès à la culture, espaces publics où l’on se sent légitime, dispositifs d’engagement reconnus, politiques de prévention et de lien social.

    Car la question est désormais simple : voulez-vous une démocratie locale vivante ou une démocratie municipale refermée et qui gouverne sans sa jeunesse ?

    Hannah Arendt rappelait que l’éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité. Aimer assez le monde, aujourd’hui, c’est aimer assez notre jeunesse pour ne plus la laisser souffrir hors-champ. Nous, à Aix Marseille Université, continuerons de tenir ce cap : transmettre, protéger, ouvrir, dialoguer. Et rappeler, sans détour, que l’invisibilisation de la jeunesse est une défaite politique – mais que sa reconnaissance peut être le commencement d’une réconciliation démocratique.

  • [Tribune] Renforçons la mobilisation contre l’extrême droite

    [Tribune] Renforçons la mobilisation contre l’extrême droite

    Nous faisons face à un danger grave, sans précédent et imminent, un risque jusqu’à il y a peu inimaginable, de victoire politique des idées d’extrême droite. Ce qui apparaissait il y a peu comme des limites infranchissables devient aujourd’hui possible, voire carrément accompli, les dernières digues sont en train de lâcher, la limite entre partis d’extrême droite et partis démocratiques s’estompe, certaines voix dites de gauche comme de droite ne se font plus entendre pour dénoncer le péril d’une république qui accueille en son sein des idées racistes et xénophobes. La minute de silence unanime à l’assemblée nationale à l’occasion de l’assassinat d’un jeune militant néonazi témoigne de ce trouble car le risque est grand d’oublier que derrière cette violence inacceptable, il y a l’expression d’idées de groupes néonazis qui elles seraient devenues acceptables. De même on a pu entendre sans pudeur une candidate à la mairie de Marseille revendiquer les valeurs Pétainistes traditionnelles de « travail, famille, patrie… ».

    Il est évident que ce que nous observons ici s’intègre dans un phénomène mondial, de nombreux pays démocratiques ayant opté pour des gouvernements autoritaires, racistes et violents, dont les milices anti-immigration de Trump sont l’expression la plus révoltante. D’aucuns pensent que c’est une logique capitaliste poussée à son extrême, le fruit d’un technocratisme sans limite servant des intérêts financiers profondément inégalitaires poussé par la propagande des réseaux sociaux et de la presse financée. Quelle est la part de responsabilité de chacun dans le laisser faire ? Peut-on continuer à accepter cet état de fait sans trop se soucier des conséquences, en détournant le regard ? Le racisme est implanté, il s’exprime librement et il tue.

    Les appels à un front républicain, le discours moralisateur qui consiste à dénoncer le discours d’extrême droite comme étant celui des méchants fascistes ne suffit plus. Il n’a d’autre effet que de renforcer la méfiance et le rejet car il nie l’évidence. La tolérance aux idées fascistes est désormais partout. On la retrouve à l’Assemblée Nationale, dans les médias, au travail, dans la rue, dans nos écoles, dans les hôpitaux. C’est un mal profond qui ronge et qu’il n’est pas si facile de nommer. Nous appelons à une prise de conscience de chacun sur ce qui pousse au laisser faire. Quelle violence est à l’œuvre, poussant à ne plus vouloir agir, à se résigner, voire à cohabiter ? Certaines voix s’élèvent aux USA, la résistance s’organise contre l’état fédéral. En France, on entend des prises de paroles isolées qui dénoncent les glissements qui s’opèrent. Nous appelons à rejoindre ces groupes et former une coalition des voix qui ne veulent pas se taire afin de continuer à faire entendre qu’un autre monde est possible, que les idées qui consistent à légitimer le rejet d’un groupe ou d’un individu ne sont pas compatibles avec notre idéal républicain, et qu’il s’agit de le défendre, de le faire vivre.

    Mobilisons-nous pour les élections municipales, pas d’abstentions ni votes blancs, faisons barrage à l’extrême droite et luttons contre ceux qui se sentiraient prêts à s’y allier.

    Signez et faîtes signer l’Appel des Voix de Marseille : https://voixdemarseille.com/

  • [Tribune] L’Union de la gauche pourquoi ?

    [Tribune] L’Union de la gauche pourquoi ?

    L’histoire ne se répète pas, paraît-il, et pourtant… Nous assistons depuis quelque temps à la montée inexorable des forces réactionnaires et fascistes en Europe et ailleurs notamment en Amérique du Nord et du Sud.

    Tout comme il y a un siècle (c’est loin et proche à la fois) ces forces avançaient en Italie, en Allemagne, en Espagne et en Europe Centrale.

    Les forces de gauche, alors dispersées, n’ont pas répondu à cette offensive par des bagarres de rue mais par la bataille des idées, l’union des progressistes débouchant sur la victoire du Front Populaire dont les mesures sociales (congés payés, hausses des salaires, temps de travail…) sont encore d’actualité, vivifiées qu’elles ont été par la victoire du Conseil national de la Résistance à majorité de gauche (Sécurité sociale, droits des travailleurs…).

    Depuis, l’offensive néolibérale du capitalisme financier a pu être ralentie par les (trop rares) victoires de l’union des gauches (retraite à 60 ans, abolition de la peine de mort, 5e semaine de congés payés, 35 heures…).

    Aujourd’hui, s’impose donc une nouvelle résistance de la part des forces de gauche à tous les niveaux et particulièrement pour les élections municipales qui sont à la base de la démocratie.

    Il faut se réjouir que cette union se concrétise dans la liste La Ciotat Nous Rassemble avec le PCF, le PS, les Verts et d’autres mouvements politiques (GRS, Génération.s, Debout ! D’autres peuvent encore nous rejoindre).

    Par Albert-Jean Morazzani, liste municipale La Ciotat Nous Rassemble, ancien élu marseillais ( Union progressiste )

  • [Tribune] L’Alliance de la presse d’information générale condamne les atteintes à la liberté de la presse

    [Tribune] L’Alliance de la presse d’information générale condamne les atteintes à la liberté de la presse

    Par l’ensemble des titres de l’Alliance dont « La Marseillaise » est membre

    Des attaques verbales et des agressions physiques contre les journalistes dans l’exercice de leur mission, des dégradations sur les locaux de nos médias, des campagnes de harcèlement orchestrées sur les réseaux sociaux… Ces dernières semaines, la presse d’information, de Midi Libre à la Voix du Nord, de Libération au Télégramme, de L’Ardennais à La Nouvelle République, de La Montagne à ICI Touraine, a fait l’objet d’attaques récurrentes et croissantes. En cette période électorale, les médias doivent faire face au quotidien à la polarisation d’un débat public, alimentée par une parole politique parfois violente et décomplexée.

    Nos médias assistent à une lente dérive, à un transfert de toutes les colères vers un bouc-émissaire : les médias et les professionnels de l’information. Instrumentalisées sur les réseaux sociaux, de plus en plus violentes sur le terrain, ces poussées de fièvre se traduisent régulièrement par des mises en cause physiques et verbales de nos journalistes.

    Ces atteintes à la liberté de la presse et au libre exercice du métier d’informer sont d’autant plus intolérables qu’elles sont parfois le fait d’élus de la Nation qui écartent nos journaux de leurs collectivités, nous dénigrent ou font pression sur nos rédactions.

    Remparts face aux fausses nouvelles, artisans de la vérification des faits, nous refusons la posture du silence. Nos médias interrogent chaque jour l’action publique et collective, essaient autant de la mettre en perspective que d’en pointer les dérives ou les mauvaises gestions. Ils contribuent ainsi à la vie démocratique locale et nationale, dans le respect de la place des élus, des partenaires sociaux, des acteurs de la société civile. Ils ne peuvent accepter de telles agressions et de telles mises en cause publiques.

    Sous d’autres cieux moins cléments en termes de libertés publiques, on dénoncerait ces excès et ces violences. En France, l’opinion publique a pris la mesure du danger : 65 % des Français estiment que la liberté de la presse est menacée. L’inquiétude citoyenne est là. Ce sont les relais politiques qui manquent.

    À quelques jours des élections municipales, nous demandons à chaque candidat, responsable syndical ou associatif un engagement clair : défendre publiquement la liberté d’informer et condamner toute forme de pression sur les journalistes. Car là où l’information disparaît, c’est la participation démocratique elle-même qui recule.

  • [Tribune] Lutter contre le trafic de drogue impose des ruptures politiques

    [Tribune] Lutter contre le trafic de drogue impose des ruptures politiques

    Les violences, assassinats et overdoses liés au narcotrafic ne sont pas des faits divers mais le produit d’un capitalisme mafieux qui prospère sur la misère sociale, la dérégulation financière et l’abandon des quartiers populaires. Il détruit des vies, gangrène les institutions et mine la cohésion sociale. Le combattre ne relève pas de l’affichage sécuritaire, mais de ruptures politiques profondes.

    Le trafic de drogue se développe là où l’État et les services publics reculent, où les politiques d’austérité fabriquent précarité et désespoir. Pointer du doigt une jeunesse prétendument attirée par « l’argent facile » est une hypocrisie commode. Ce sont les inégalités sociales, l’isolement, l’absence de perspectives et la faillite des politiques de protection qui livrent les jeunes les plus fragiles aux réseaux criminels, lesquels exploitent leurs vulnérabilités pour accroître leur emprise.

    Dénoncer la consommation festive des bobos permet d’éviter de parler des addictions liées à la précarité, à la souffrance psychique et aux conditions de travail dégradées. Quant à la surenchère répressive, elle est un échec patent : malgré des lois parmi les plus dures d’Europe, la consommation de drogues reste élevée. Refuser d’ouvrir le débat sur la dépénalisation/légalisation est une erreur politique. Ce débat doit intégrer la prévention, la réduction des risques et des modèles qui rompent avec la logique purement capitaliste.

    Les politiques de la ville, combinant dispositifs dérogatoires, austérité budgétaire et absence de concertation, ont failli. Le discours dominant, relayé par une partie de la classe politique et des médias, criminalise les jeunes des quartiers populaires et justifie leur relégation. Cette stigmatisation alimente la colère, le sentiment d’abandon et, in fine, le terreau du narcotrafic.

    Rompre avec cette logique impose un investissement massif et assumé dans les services publics et les conditions matérielles de l’émancipation. Cela implique le désenclavement réel des quartiers populaires, des transports accessibles et gratuits pour les jeunes et les plus précaires, une politique ambitieuse de logements sociaux répartis sur l’ensemble du territoire et une régulation ferme du marché immobilier.

    La question de l’école est centrale. Le tri social, l’assignation des jeunes des classes populaires à des trajectoires subalternes marque le renoncement à toute ambition émancipatrice. Cette relégation sociale et géographique est aggravée par les réformes récentes, notamment celle de l’enseignement professionnel. Il faut plus et mieux d’école et donc investir massivement dans l’éducation, réduire les effectifs par classe, former et recruter les personnels, garantir l’accès de tous aux formations choisies. L’accès à la culture, au sport et aux loisirs n’est pas un supplément d’âme, mais une condition de l’émancipation.

    Les politiques sociales et de protection de l’enfance sont sinistrées. La saturation des dispositifs, le manque de moyens et la défaillance des collectivités livrent des enfants et des adolescents aux réseaux criminels et prostitutionnels. Vouloir donner encore plus de compétences sociales aux conseils départementaux déjà incapables de les assumer est une hérésie. Renforcer la protection judiciaire de la jeunesse, les services sociaux et la santé de proximité, donner les moyens aux associations de quartier et d’éducation populaire est une urgence absolue. La prise en charge des addictions doit être développée notamment à travers des dispositifs de réduction des risques dont l’efficacité est démontrée.

    Tant que des jeunes seront contrôlés au faciès, discriminés à l’embauche et assignés à résidence sociale, les discours sécuritaires resteront vides. Il faut donc combattre toutes les discriminations qui frappent les classes populaires.

    Les opérations de communication et de chasse aux petites mains occultent le cœur du problème qui est financier et politique : blanchiment d’argent, corruption, complaisances économiques et diplomatiques. S’attaquer réellement aux réseaux impose de renforcer massivement les moyens de la justice, de la police et des douanes, de rétablir une police de proximité digne de ce nom, et de rompre avec toute tolérance à l’égard des paradis fiscaux et des États complices.

    La lutte contre le trafic de drogue est indissociable d’un combat pour la justice sociale, l’égalité réelle, la dignité et l’émancipation.

  • [Tribune] Position du Mouvement associatif Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur au 1er tour des municipales

    [Tribune] Position du Mouvement associatif Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur au 1er tour des municipales

    Le monde associatif, dans sa très large majorité, est attaché aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont les fondements de notre nation qui proclame dans le préambule de sa constitution que nous sommes une république laïque et sociale.

    C’est pourquoi le Mouvement associatif Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est toujours abstenu de prendre parti, lors des premiers tours d’élections, lorsque les différents candidats se situaient dans le spectre républicain.

    Lorsque nous avons considéré que nos valeurs étaient menacées par des candidats porteurs de propositions antidémocratiques et aux antipodes de nos valeurs, nous avons nettement pris position. Ainsi, lors des scrutins régionaux de 2015 et 2022, nous avons appelé à une forte mobilisation en faveur du front républicain constitué pour faire face à la menace de l’extrême droite.

    Aujourd’hui, la menace que représentent les idées et propositions de l’extrême droite en Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est accentuée, et notre coordination considère de son devoir d’alerter nos adhérents et plus largement l’opinion publique sur le risque qu’elle représente lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochains.

    Aussi, c’est sans détour que nous appelons tous les citoyens de Provence-Alpes-Côte d’Azur qui, comme nous, souhaitent une société ouverte, tolérante et solidaire, à voter CONTRE l’extrême droite dès le 1er tour des élections municipales.

    Par le Conseil d’administration du Mouvement associatif Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • [Tribune] Les centres sociaux : un rempart contre les idées d’extrême droite

    [Tribune] Les centres sociaux : un rempart contre les idées d’extrême droite

    En tant qu’acteurs de l’éducation populaire, les centres sociaux ne sont pas et ne peuvent pas rester neutres face aux idées d’extrême droite. Si notre rôle n’est pas de défendre, de nous opposer à tel ou tel parti politique ou aux personnes qui les incarnent, nous nous devons d’affirmer notre opposition aux idées et au courant d’extrême droite et d’alerter sur les conséquences réelles pour les centres sociaux et leurs publics.

    Pour les habitant·es

    L’extrême droite, par ses propositions, aggraverait l’exclusion des plus vulnérables et accroîtrait les inégalités dans les territoires déjà fragilisés.

    Son approche sociale vise à briser les systèmes de solidarité et à rompre le principe d’égalité des droits, en excluant davantage celles et ceux déjà discriminé·es en raison de leur origine, de leur religion, de leur genre ou de leur orientation sexuelle.

    En outre, sa politique économique profiterait avant tout aux plus riches, tandis que sa gestion des questions environnementales exacerberait les effets du dérèglement climatique, dont les plus précaires sont les premières victimes.

    Pour les centres sociaux,

    Plusieurs exemples, tant en France qu’en Europe, montrent que l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir conduit à une remise en question du rôle des associations et en particulier des centres sociaux.

    Outre le dénigrement public de leurs actions et projets, ces structures ont fréquemment fait face à une réduction drastique, voire une suppression totale, de leurs subventions.

    Dans un tel contexte, les centres sociaux pourraient se voir contraints de supprimer ou de modifier certaines de leurs actions. Et de plus pouvoir offrir un accueil inconditionnel, en raison de la « préférence nationale » imposée par l’extrême droite.

    Notre projet de société : justice sociale, solidarité, dignité humaine, démocratie

    Face à la menace, le réseau des Bouches-du-Rhône que nous représentons, réaffirme que les centres sociaux sont des lieux où peut se construire un avenir désirable, fondé sur l’émancipation, la coopération et la justice sociale ; les solidarités et engagements des habitant·es déjà à l’œuvre en sont la preuve concrète.

    Les centres sociaux permettent de proposer d’autres récits, d’autres imaginaires que ceux de la peur, du repli sur soi, de l’autorité et de la haine.

    Choisir la solidarité plutôt que le repli sur soi !

    Par l’Union des centres sociaux, associations de développement local des Bouches-du-Rhône

  • [Tribune ] L’extrême droite au pouvoir à Marseille, y a pas moyen !

    [Tribune ] L’extrême droite au pouvoir à Marseille, y a pas moyen !

    Nous, habitant.e.s de Marseille, collectifs, associations, syndicats qui luttons au quotidien contre le racisme, pensons que les idées d’extrême droite n’ont pas leur place dans notre ville. Nous prenons cette menace au sérieux pour ces prochaines élections municipales et avons décidé d’unir nos forces pour la combattre !

    Nous appelons à battre largement l’extrême droite :

    – Dans la rue le 14 mars contre le racisme et l’islamophobie !

    – Et les dimanches 15 et 22 mars aux élections municipales !

    Il n’y a pas de fatalité à la progression de l’extrême droite et des fascistes et il est important de rappeler qu’à Marseille comme ailleurs, nous sommes bien plus nombreux-ses qu’eux. Nous appelons à nous mobiliser pendant cette séquence électorale et bien au-delà !

    À Marseille, le lancement de campagne du Rassemblement national avec la venue de Marine Le Pen au Parc Chanot a été hué par plus de 500 personnes : elle a bien entendu qu’elle n’était pas la bienvenue dans notre ville, et il faut continuer sur cette lancée !

    Rappelons que le RN, anciennement Front national, est issu d’une alliance entre d’anciens Waffen-SS, des sympathisants du nazisme et des nostalgiques de l’Algérie Française.

    La liste portée par Franck Allisio est une coalition de l’extrême droite locale entre :

    – L’UDR (Union des Droites Républicaines, scission des Républicains portée par Ciotti)

    – Reconquête (parti de Zemmour représenté ici par Jean-Marc Graffeo)

    – Stéphane Ravier, le sénateur identitaire des bouches du Rhône qui est aussi porteur du mouvement de jeunesse identitaire « Défends Marseille ».

    Malgré une façade plus lisse, les liens de ces différents acteurs avec des groupuscules comme les royalistes antisémites de l’Action Française ou les fémonationalistes de Nemesis sont toujours bien actifs.

    Nous avons déjà vu ce que donnait le bilan des mairies passées FN/RN : destruction du tissu culturel, associatif et syndical comme à Vitrolles, corruption organisée comme à Fréjus, et toujours une stigmatisation des habitant.e.s des quartiers populaires, des personnes n’ayant pas les papiers français, des jeunes.

    Le RN à la tête de la seconde ville de France marquerait une avancée grave pour un parti qui cherche à prendre la tête du pays. Ce serait synonyme de subventions pour les structures proches de l’extrême droite, d’un contrôle et d’une censure programmée de la parole de toutes les associations, collectifs, syndicats et surtout d’un violent saut répressif et d’une augmentation des agressions racistes.

    Si l’extrême droite constitue le danger immédiat, ne nous leurrons pas : les politiques racistes et islamophobes renforcées ces dernières années et la répression acharnée des solidarités avec le peuple palestinien en lutte contre le génocide en cours commis par l’État colonial israélien font le lit de l’extrême droite.

    Nous sommes convaincu-es que c’est l’organisation de nous toutes et tous et le renforcement des luttes antiracistes à Marseille, en France et à l’international, qui feront reculer l’extrême droite.

    Meeting concert anti-raciste

    le dimanche 22 février

    Dans la suite des assemblées générales antifascistes contre le RN, qui ont lieu toutes les 2 semaines, nous vous donnons rendez-vous pour une nouvelle étape le dimanche 22 février avec un meeting-concert antiraciste à 19h aux Vieux Métaux (22, rue Jobin, 13003) et l’élargissement de la campagne contre l’extrême droite !

    Cette date n’est pas anodine. C’est le lendemain du jour où, 31 ans auparavant, dans notre ville, à Marseille, un adolescent de 17 ans nommé Ibrahim Ali se fait assassiner d’une balle dans le dos par des militants du Front devenu Rassemblement National. Pour porter sa mémoire, nous continuerons à nous battre contre les crimes racistes que l’extrême droite engendre.

    L’extrême droite n’a pas changé. Montrons que Marseille reste antiraciste, antifasciste et solidaire !

    Les signataires

    ACT, AFPS – Palestine 13, AfroQueer RevolutionR, Alternatiba Marseille, Amoureux au Ban Public Marseille, Anticra Marseille, Aouf, Al Manba, Antifa Social Club Marseille, Animals industry / Unité.22, L’Après M, Art’Up 13, Avec Nous, Les Bazoukeuses, Casa Consolat, Un Centre-Ville Pour Tous (CVPT),le CHO3, Cime sardine, le Collectif pour une Alternative Démocratique et Sociale enAlgérie (CADSA-Marseille), Collectif Binkadi, Collectif des écoles de Marseille, Collectif Ibrahim Ali, Le Collectif du 5 novembre, Collectif des Précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche -Aix-Marseille, Collectif 113, Coudes à coudes, Commune de nuit, Comité antifasciste du 1er arrondissement, Comité antifasciste du 6e arrondissement, Cultures en lutte 13, Didac’Ressources (MassaliaVox), DramaQueerFC (DQFC), Dreamachine, Les Digitales, Donut, Editions Cause perdue, Éditions Métèques, Espoir Jeunes, Festival Ciné-Palestine Marseille, Folks Festival, Forces Vives, FUIQP, Faisons Front Commun, Génération JUL, Greenpeace Aix Marseille Toulon, Groupe de Veille Picon Busserine Le Mail, Histoires vraies de Méditerranée, Indicible, Association Just, Locataires et HabitantEs Malpassé les Oliviers (ACLO), Mains dans la main pour vivre mieux, Marseille contre Darmanin, Marseille 8 Mars, Marseille Résistante, Marseille Sociale et Solidaire, Marseille GAZA Palestine (MAGPAL), La Mèche, MEP Marseille, Les Mères Déters, Openyourart, Pas peu fières, Permadanse, Planning Familial 13, Plus Jamais Sans Nous, Primitivi, Réseau Hospitalité, RESF 13, Résistance handi droits, Riposte Antifasciste, RUSF 13, Collectif Sensé, Le journal Soin Soin, Stop Aux Violences d’État, Le Social Brûle, Les Soulèvements de Mars, South Winners Marseille, Soutien Jeunes Exilés Marseille, Asso Soutien 59 Saint Just, Syndicalistes pour la Palestine 13, Le Syndicat des biffins de Marseille, Syndicat du logement, Le Trait, Association Transat, TransVNR 13, Librairie Transit, Tsedek !, Union pour la Palestine Marseille, Urgence logement mineurs isolés, Victoire populaire – Marseille, VISA 13, XR Marseille ASSO Solidaires 13, CGT Educ’action 13, CGT TEFP 13, FSU-SNUipp, SFA CGT PACA, Snes-FSU Aix-Marseille, SNPES-PJJ/FSU 13, STAA CNT-SO, Solidaires 13, Sud Culture Solidaires Marseille, Sud Educ 13, SUD Hôtellerie-Restauration, Synptac-CGT Paca, Union Étudiante Aix-Marseille A2C Marseille, L’Après, Gauche Écosocialiste, NPA A, UCL Marseille.