Tag: transports en commun

  • Vaste opération anti-fraude dans les transports

    Vaste opération anti-fraude dans les transports

    Au rond-point du David, à l’arrêt Plage du Prado, les agents de la RTM prennent position dès qu’un bus des lignes 83 ou 19 s’arrête. Les policiers restent en renfort derrière eux. « Et les gars y’en a 3… Un derrière chaque porte ! », lance un agent. Les contrôles s’enchaînent. L’opération, initiée ce mardi par la préfecture de police, concerne tous les transports en commun. Au total, 235 agents sont mobilisés sur 22 points de contrôle dans les Bouches-du-Rhône.

    « Il y a un double objectif, précise Lola Menahem, sous-préfète. Protéger les usagers et les personnels en luttant contre la fraude, les incivilités et la délinquance. Puis envoyer un message clair : “Les transports ne sont pas une zone de non-droit”. »

    La fraude en baisse de 6% dans la cité phocéenne

    Sur le quai, Valérie sort du bus sans titre de transport. « D’habitude j’ai un ticket que je recharge mais je l’ai pas », tente-t-elle devant le contrôleur. Malgré ses explications, elle est verbalisée à hauteur de 100 euros. L’ampleur du dispositif déployé surprend les voyageurs. « On s’attend pas à autant de contrôleurs. Surtout dans les bus, c’est hyper rare », souligne Smaïl, lycéen de 15 ans venu accompagner un de ses amis, verbalisé pour fraude.

    Cette opération complémentaire aux contrôles quotidiens « porte ses fruits, les chiffres le montrent », selon la sous-préfète. Le taux de fraude est passé de 30% à 24% en quatre ans à Marseille. L’occasion pour la RTM de rappeler l’existence d’un nouveau dispositif censé réduire la fraude : un abonnement mensuel à 10 euros par mois en juillet et août pour les moins de 26 ans.

  • Le métro de retour en soirée le jeudi

    Le métro de retour en soirée le jeudi

    Le métro circulera du jeudi au dimanche jusqu’à 1h30 et lors des concerts et des grands événements sportifs. Cet arrêt était exigé par les travaux d’aménagement du métro Marseille en vue de l’installation des rames automatisées. C’est dans les coulisses du centre de supervision du réseau que la présidente du conseil d’administration de la RTM, Samia Ghali, a inauguré cette reprise très attendue par la population, bien qu’encore partielle, du service,
    « rendue possible grâce à la mobilisation conjointe des équipes de la RTM et de la Métropole, dans le respect du projet NEOMMA », a-t-elle souligné.

  • Le Collectif Tramway et Transports en Commun dépose un recours contre l’utilité publique du BHNS

    Le Collectif Tramway et Transports en Commun dépose un recours contre l’utilité publique du BHNS

    Malgré le début des travaux des infrastructures du BHNS, le CTTC ne lâche pas l’affaire. Jeudi, le collectif tenait une nouvelle réunion publique afin de réitérer son opposition au projet et sa ferme volonté de voir se réaliser celui du tramway, définitivement enterré par la Métropole TPM l’an dernier.

    « Le BHNS ne permettra pas de faire évoluer significativement la Métropole, en retard par rapport à toutes les autres de même envergure », justifie Maurice Franceschi, le président du collectif, en comparant Toulon aux autremétropoles. le déficit de transports en commun est mesurable à travers, notamment, la part modale des transports publics (autour de 7% à Toulon, contre 20%ailleurs).

    Un projet en défaut par rapport aux normes

    A contrario l’usage massif de la voiture  est de 65% à Toulon, leplus haut taux des 20 plus grandes agglomérations françaises, que le BHNS ne réduirait que de 0,8% selon le dossier de concertation du projet.

    « Pour convaincre les gens, il faut un gain de temps et de confort par rapport à la voiture », poursuit Maurice Franceschi. Or, « le tracé n’étant que 70% en site propre, le bus va subir les embouteillages ».

    Des arguments qui ont poussé, tel que nous l’annoncions le 12 juin, le CTTC à déposer un recours contre la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet. Et il en est d’autres : augmentation des émissions de gaz à effet de serre, manque de solutions de stationnements relais… Mais aussi la mise en défaut (ou l’absence de preuve contraire) du projet par rapport à plusieurs normes relatives aux aménagements et au respect de l’environnement : plans locaux d’urbanisme, schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux…

    Le coût du projet, estimé à 395 millions d’euros, « sans intégrer les 187 millions engagés pour le tramway depuis 2001, portant le total à 582 millions » fait aussi grincer des dents, dénonce Anne-Marie Reboul, membre du CTTC. Par ailleurs, alors que la Métropole aurait collecté près de 500 M d’euros auprès des entreprises pour financer l’initial projet tramway depuis 2001, le collectif a interpellé la Chambre régionale des comptes pour savoir ce qu’il est advenu des quelque 300 millions restants.

  • Un nouvel itinéraire des bus autour du quartier Monclar à Avignon

    Un nouvel itinéraire des bus autour du quartier Monclar à Avignon

    À partir de ce jeudi 18 juin, les habitants du quartier Monclar, à l’ouest d’Avignon, devraient à nouveau pouvoir prendre plus facilement les transports en commun après l’exercice du droit de retrait des chauffeurs, consécutif à une énième fusillade survenue le lundi 8 juin dernier. Sur les 19 arrêts de bus habituels, 9 ne seront toujours pas desservis et seront remplacés par d’autres dans le cadre d’une déviation.

    Les lignes concernées sont la C2 en direction de l’hôpital d’Avignon et la 10. Les arrêts Monclar, Verdi, Quiot, Lopy, Lopofa, Violette, Martelange, Mouret et Scheppler-La Fabrica sont remplacés par les arrêts Églantines, Levan, Mouret et La Fabrica. La ligne 30 reprendra son fonctionnement normal. Le tout est conditionné à vérification par des membres de la Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT), chargés de constater si la présence policière est suffisante sur les trajets.

    Un nouvel itinéraire « au plus près des habitants », plaide le Grand Avignon dans un communiqué, bien qu’il soit plus éloigné qu’à l’origine.

    Le Grand Avignon et Orizo assurent mettre en œuvre « une solution permettant de maintenir un service public de transport au plus près des habitants, tout en préservant la sécurité des conducteurs et des voyageurs ». Et que ces nouveaux tracés permettent « d’assurer la continuité de la desserte du quartier grâce à des itinéraires et des arrêts adaptés ». Du côté de FO, des discussions sont toujours en cours avec la direction « pour voir si la déviation ne peut pas être pérennisée », confie André Saliba, secrétaire FO Orizo, qui souhaite « plus de présence dans les bus pour la sécurité des chauffeurs ».

  • À Avignon, les bus à l’arrêt après des fusillades

    À Avignon, les bus à l’arrêt après des fusillades

    Les habitants de Monclar, quartier d’Avignon Ouest, n’ont plus de bus à proximité de chez eux depuis ce vendredi 12 juin. Les chauffeurs du réseau Orizo ont exercé leur droit de retrait à la suite d’une fusillade survenue en fin de journée, ce lundi 8 juin, devant un café. Il s’agissait de la cinquième dans la zone depuis le début de l’année.

    Une réunion « d’urgence » s’est tenue, ce mardi 16 juin, entre la direction d’Orizo, la préfecture, le maire d’Avignon Olivier Galzi (DVD) et les syndicats. Si le maire a exposé ses arguments pendant une heure avant de devoir quitter les échanges, syndicats et direction ont poursuivi les discussions jusqu’en fin d’après-midi. À l’issue des négociations, une solution semble avoir été trouvée pour rapprocher à nouveau les usagers des transports en commun.

    Ce mercredi 17 juin à partir de 14h, une présence accrue de la police municipale et nationale devrait être mise en place dans le quartier. Deux membres de la Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) vont ensuite constater si celle-ci est suffisante. Si c’est le cas, une déviation du centre du quartier, « comme celle du vendredi pour le marché, dont les gens sont habitués », confie André Saliba, secrétaire FO Orizo, va être mise en place. L’arrêt desservi le plus proche étant alors Verdi, à une centaine de mètres.

    Orizo justifiait avoir mis en place un « itinéraire de déviation » suite « à des situations d’insécurité et à des incidents ne permettant pas d’assurer la desserte dans des conditions normales », en écho aux fusillades de la semaine précédente. « La sécurité de nos voyageurs et de nos conducteurs demeure notre priorité », assurait le transporteur. « Ça me désole. Mais on doit protéger nos collègues. On se lève à 3h pour commencer à 5h et on ne veut pas risquer de se prendre une balle », pose le responsable syndical.

    « Il y a un droit de retrait qui est légitime. Il y a une inquiétude des conducteurs qui est légitime. Et il y a aussi un sentiment des habitants de Monclar que, quand les transports en commun ne passent plus, d’une certaine manière, on acte le fait qu’on les abandonne », appuie de son côté, en sortie de réunion ce mardi midi, le premier édile de la Cité des Papes, qui se réjouit d’un moment où « tout le monde s’est écouté » et dont il espère qu’elle « débouchera sur une amélioration sensible de la proposition de circulation de manière très rapide ». En tant que président du Grand Avignon, « autorité organisatrice des transports », comme il le rappelle, il estime également qu’il y a un « devoir de maintien » des agents.

    Retour des CRS

    Si la reprise un peu plus « normale » des transports en commun est sur les rails, la lutte contre le narcotrafic reste l’une des priorités du maire. Olivier Galzi plaide notamment pour un retour de l’unité de CRS qui était basée à Avignon, déplacée à Bordeaux il y a désormais deux semaines. « À un moment donné, il va falloir qu’à Beauvau et à Matignon, on acte qu’Avignon est une ville effectivement gangrenée par le narcotrafic », plaide-t-il, citant des affaires récentes comme l’interpellation d’un commando lourdement armé venu de la région parisienne, à Morières, il y a quelques jours. « Il n’y a pas de problème avec Bordeaux. Elle est en train de garder le théâtre municipal… Je veux dire, c’est comme si nous, on demandait des CRS pour les mettre sur la place de l’Horloge. Je veux bien qu’on fasse des arbitrages politiques, mais à un moment donné, il y a des réalités de territoire. Et la réalité de notre territoire, c’est qu’on a des quartiers qui sont aux abois et demandent de l’aide. Et ça, ce n’est pas le maire d’Avignon qui va pouvoir le faire », conclut-il, précisant avoir défendu ce dossier à plusieurs reprises auprès du gouvernement.

    À noter que des effectifs supplémentaires ont tout de même été alloués à Avignon.

  • Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    On veut envoyer un message : la gratuité n’y touchez pas ! ». Devant la gare d’Aubagne, Maurice Marsiglia, président de l’Association se déplacer en liberté (Asdel), résume l’état d’esprit des plusieurs centaines d’habitants du Pays d’Aubagne qui manifestent pour le maintien de la gratuité des transports en commun, ce samedi matin.

    Il faut dire que les inquiétudes grandissent autour de ce conquis social en place depuis 2009 sur le territoire aubagnais. Après l’absence de vote du budget de la Métropole Aix-Marseille Provence face à un trou financier de 144 millions, la Chambre régionale des comptes recommande de « réinterroger » ce modèle. « Sa remise en cause serait catastrophique d’un point de vue écologique et social ! », dénonce Maurice Marsiglia, pointant un « triplement de la fréquentation » des transports en commun depuis la mise en place de la gratuité. « Ce n’est pas un symbole, c’est un combat », martèle Jean Pugens, membre du bureau de l’USR CGT 13 (lire ci-contre) et secrétaire de l’Asdel.

    Preuve de l’importance accordée à la gratuité, de nombreux élus de communes environnantes ont fait le déplacement mais aussi Jean-Pierre Squillari (DVG), le maire d’Aubagne.

    « Ce n’est pas une utopie »

    « Les transports en commun gratuits, c’est l’ADN du Pays aubagnais. Bien sûr que les recommandations de la CRC nous inquiètent, mais c’est le préfet qui va prendre la décision finale », explique l’édile. Avant de développer : « S’il se rend compte que nous luttons, que nous nous mobilisons pour conserver ces transports gratuits, on pourra orienter sa décision ». Marina Mesure, députée européenne insoumise va dans le même sens : « Depuis 2009, la gratuité des transports en commun est notre fierté en Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Ce n’est pas une utopie, c’est un quotidien. » Pour elle, plus qu’une question financière, c’est surtout un choix de société : « C’est une conquête sociale et écologique indispensable. Au moment où la planète brûle, c’est le sens de l’histoire. »

    Les retraités CGT devant la préfecture

    L’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône (USR CGT 13) organise, ce mardi 16 juin, une mobilisation pour défendre la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans. Laquelle « a été obtenue en septembre 2025 après de nombreuses années de luttes », rappelle l’organisation, qui juge « qu’elle a fait la preuve de son utilité ». Le rendez-vous est fixé à 10h, devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille.

    A.B.

  • Nouveau rassemblement pour défendre la gratuité des transports

    Nouveau rassemblement pour défendre la gratuité des transports

    « C’est la suite logique de notre première réunion. On veut continuer à appuyer nos élus et faire la lumière sur cette question de la gratuité », souligne Maurice Marsiglia, président de l’Association se déplacer en liberté (Asdel), qui appelle au rassemblement samedi, à partir de 10h au Pôle d’échanges d’Aubagne.

    L’objectif : défendre le maintien de la gratuité des transports en commun dans les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile*, en place depuis 2009 et menacée par le budget de la Métropole, en déficit de 123 millions d’euros. En effet, après que les élus de la collectivité ont refusé de voter leur budget, jugé unanimement « intenable », sa gestion a été déléguée à la préfecture qui a, dans la foulée, saisi la Cour régionale des comptes (CRC) pour son élaboration (lire page 2 à 4). Une situation qui inquiète les défenseurs de la gratuité, l’institution portant un regard critique sur le système. « La gratuité (..) entraîne, pour les réseaux importants et étendus, des effets négatifs sur le plan financier, tout en ne s’accompagnant que d’un report modal des automobilistes très limité », lit-on dans un de ses rapports, rendu public en septembre 2025.

    « Un bien commun »

    Mais, pour l’Asdel, comme pour de nombreux élus et citoyens locaux, un retour en arrière est inenvisageable. L’association avait d’ailleurs déjà appelé à la mobilisation à la fin du mois de mai, lors d’une réunion publique qui avait rassemblé 450 personnes. L’occasion, pour Maurice Marsiglia et ses soutiens, de revenir sur l’impact financier du système : « La gratuité correspond à un déficit de 2 millions d’euros par an, et représente 0,04% du budget total de la Métropole, ce qui est totalement anodin sur une dette de 123 millions d’euros », avait-il alors défendu. Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne, avait lui aussi rappelé son attachement à cet acquis social vieux de 17 ans : « La gratuité est notre bien commun. Elle fait partie de notre paysage et de notre fierté. On ne parle pas d’une utopie mais d’un acquis qui passera bientôt l’âge adulte. » Au-delà du bouclier financier qu’elle peut constituer pour les ménages, la gratuité est aussi défendue pour ses impacts positifs sur la santé publique et l’environnement.

    *Aubagne, Auriol, Belcodène, Cadolive, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, La Destrousse, La Penne-sur-Huveaune, Peypin, Roquevaire, Saint-Savournin et Saint-Zacharie.

  • À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    « Liberté, égalité, gratuité ». C’est le slogan qui sera retenu par l’assemblée générale d’habitants et d’élus du Pays d’Aubagne, réunis en masse mercredi dans la salle du Bras d’Or à Aubagne pour défendre un droit vieux de 17 ans. La gratuité des transports pour tous, en place depuis 2009 dans les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile*, pourrait en effet voir sa pérennité menacée par les finances serrées de la Métropole Aix-Marseille, en déficit de 123 millions d’euros. Un retour en arrière inenvisageable pour l’Association se déplacer en liberté (Asdel) qui appelait donc mercredi habitants et maires du secteur à se rassembler pour rappeler les effets positifs d’une mesure envisagée comme une « grande avancée sociale » par de nombreux élus locaux. « On ne parle pas d’une utopie mais bien d’un acquis social qui passera bientôt l’âge adulte, s’est ému Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne. La solidarité n’est pas une option, mais bien un devoir. Monsieur le préfet, vous ne toucherez pas à la gratuité [le maire s’adresse au préfet car la Métropole, refusant de voter un budget, est passée sous tutelle de la préfecture des Bouches-du-Rhône, Ndlr]. » Après un rapide rappel sur les modes de financements actuels de la gratuité en Pays aubagnais – permis grâce au versement mobilité, (notre édition du 26/05) –, de nombreux participants, citoyens comme élus, ont pu exprimer leur attachement à un service qu’ils considèrent comme répondant à un impératif de solidarité, de protection de l’environnement et de santé publique.

    Trois actions identifiées

    Surmotivés à conserver cet acquis, qui sonne plus qu’actuel au regard des conditions climatiques et de l’état du pouvoir d’achat français, les membres de l’assemblée ont identifié trois actions à venir. Parmi elles : une mobilisation le samedi 13 juin, au Pôle d’échanges d’Aubagne. L’Asdel est entre-temps chargée de rédiger une pétition qu’elle fera ensuite circuler dans toutes les communes concernées. Les mairies sont également invitées à manifester leur soutien à l’aide d’affichages prônant le message : « Liberté, égalité, gratuité ».

    * Aubagne, Auriol, Belcodène, Cadolive, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, La Destrousse, La Penne-sur-Huveaune, Peypin, Roquevaire, Saint-Savournin et Saint-Zacharie.

  • [Prix des carburants] Dans la zone industrielle de Fos, une voiture indispensable

    [Prix des carburants] Dans la zone industrielle de Fos, une voiture indispensable

    Des stations Total situées en sortie de Fos-sur-Mer, de part et d’autre de la RN568, les usines ne sont plus très loin. Derrière les pompes à essence se détachent des panneaux solaires, d’énormes silos gris, les stocks du dépôt pétrolier puis les cheminées couleur rouille d’ArcelorMittal. Tous les matins, des milliers de travailleurs et de travailleuses empruntent ces doubles voies pour contribuer à l’activité foisonnante des bassins Ouest du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). Avec une dépense incompressible : le plein d’essence.

    Certains s’en sortent bien, à l’instar d’Anne et de son responsable, tous deux salariés chez Securitas. « On a la chance d’avoir la voiture de service donc on ne se pose pas trop de questions », admet le conducteur. Heureusement, car ils avalent les kilomètres. « Pour les rondes, les ci les mi, on circule beaucoup. Et puis on est partout, sur Dassault Aviation, PetroIneos… C’est vraiment la bonne solution. »

    Pas de transports

    en commun

    D’autres, à l’instar de Patrick*, ont subi l’explosion du prix de l’essence de plein fouet. La facture de ce quinquagénaire qui travaille dans la maintenance des sites industriels est passée de 250 à 350 euros par mois. Entre les mois de janvier et de mai, le gazole a pris un peu plus de 50 centimes par litre en moyenne, l’essence 45 centimes. Pour faire face à la crise, Sébastien Lecornu a annoncé un « nouveau paquet » d’aides jeudi 21 mai, dont un prolongement pour trois mois de l’indemnité « grands rouleurs » et une hausse de la prime carburant. Cette aide défiscalisée et désocialisée, qui peut être versée aux salariés par les employeurs sans qu’il y ait d’obligation pour eux de le faire, va voir son plafond passer de 300 à 600 euros. Patrick n’est concerné par aucune de ces aides. « C’est comme ça », lâche-t-il en haussant les épaules.

    « De toute façon comment voulez-vous faire ? demande-t-il. Il n’y a pas de transports en commun. » Des lignes de bus du réseau métropolitain relient Fos-sur-Mer à Port-Saint-Louis-du-Rhône, avec de rares arrêts en périphérie de la zone industrielle. Une desserte ferroviaire existe, mais elle est exclusivement dédiée au fret. Seules quelques boîtes du secteur, à l’instar de Kem One, continuent de mettre en place des bus d’entreprise pour les salariés postés en quart. Ce n’est pas le cas de Benjamin, qui travaille dans les bureaux du site fosséen de LyondellBasell. Lui vit à Saint-Mitre-les-Remparts et fait donc quotidiennement 60 kilomètres. « On a des frais de déplacement qui restent avantageux même s’ils n’ont pas été revalorisés. » Résultat : son budget mensuel a augmenté de 100 euros mais reste plutôt bien couvert par l’entreprise.

    Nessa, elle, n’a pas d’aide pour aller au boulot. La Saint-Louisienne ne travaille pas dans les bassins du port, mais exerce en tant que taxi à Martigues. Devant la montée des prix à la pompe, son patron a commencé à changer sa flotte de véhicules pour passer à l’électrique. Elle aussi a abandonné sa Mini Cooper pour passer à la C3, qui « consomme beaucoup moins ».

    La jeune femme s’agace de l’ambiance générale de résignation. « À l’époque, les Gilets jaunes avaient tenu des mois pour quelques centimes d’augmentation, et on était à 1,3 euro le litre. Mais ils ne se sont pas fait entendre. Derrière, les manifestations contre la réforme des retraites n’ont rien donné. Résultat : plus personne ne dit rien, on accepte tout. »

  • [Entretien] Maurice Marsiglia : « Nous voulons la gratuité dans tout le département »

    [Entretien] Maurice Marsiglia : « Nous voulons la gratuité dans tout le département »

    La gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile remise en cause ? C’est la crainte de Maurice Marsiglia, militant de la gratuité depuis le début de sa mise en place. Entretien pour mieux comprendre les enjeux des transports gratuits.

    La Marseillaise : Comment fonctionne actuellement le système de gratuité dans les transports ?

    Maurice Marsiglia : Dans les douze communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, les bus et tramways sont entièrement en accès libre, pas uniquement pour les habitants mais pour tous les usagers. Le système est financé depuis 2009 par les entreprises locales de plus de 11 salariés, à hauteur de 2% de la masse salariale. Dans notre association, Se déplacer en liberté, nous souhaitons élargir la gratuité à l’ensemble de la Métropole. Pour cela, il faudrait augmenter la contribution des entreprises à hauteur de 3,5%, comme cela se fait déjà en Ile-de-France. Selon nous, le projet est réaliste, c’est seulement un choix politique.

    Cette proposition va à l’encontre
    de la direction que semble prendre la nouvelle Métropole. Que savez-vous de ses intentions à l’égard du projet
     ?

    M.M. : La direction de la Métropole n’a jamais répondu à nos sollicitations. Elle a seulement communiqué sur la dette de 123 millions d’euros et son envie de faire des économies, avec dans le viseur la gratuité des transports. C’est pourquoi nous nous préparons en organisant une réunion publique ce mercredi 27 mai.

    La gratuité est-elle une cause importante de cette dette ?

    M.M. : Les chiffres sont clairs : la gratuité correspond à un déficit de 2 millions d’euros par an, et représente 0,04% du budget total de la métropole. Donc c’est totalement anodin sur une dette de 123 millions. Pour nous, le problème, c’est qu’on fait payer aux habitants une mauvaise gestion. Des projets comme le Val’Tram ou le Bus + coûtent énormément à la collectivité et leur conception est mal pensée. La gratuité, quant à elle, profite à tous de manière concrète.

    Quels sont ses effets justement ?

    M.M.  : Premièrement, elle a permis d’augmenter le pouvoir d’achat des habitants. Selon les familles, les économies vont de 50 à 60 euros par mois. La fréquentation des transports a aussi explosé, aujourd’hui on compte trois fois plus d’usagers qu’avant la gratuité, avec un fort impact sur la qualité de l’air. Et les incivilités ont presque disparu.

    Qu’attendez-vous de cette réunion publique ?

    M.M. : Nous souhaitons réunir un maximum d’habitants et élus pour expliquer les effets positifs de la gratuité et laisser chacun faire des propositions. Nous devons faire pression sur la Métropole pour éviter le pire : que l’on revienne à un système payant.

    Réunion publique le 27 mai à 18h à la salle du Bras d’Or à Aubagne, entrée libre