Les deux artistes se retrouveront ensuite pour un programme à quatre mains avec les Danses hongroises n°1 et n°5 de Brahms, ainsi que la Danse du Renard-Rókatánc du compositeur hongrois Leo Weiner.
À partir de 20h30. Entre 20 et 25 euros la place.
![[C’est l’été] Récital de piano à Marseille](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/99a880372c86984f0c99515fbedd2db2.jpg)
Les deux artistes se retrouveront ensuite pour un programme à quatre mains avec les Danses hongroises n°1 et n°5 de Brahms, ainsi que la Danse du Renard-Rókatánc du compositeur hongrois Leo Weiner.
À partir de 20h30. Entre 20 et 25 euros la place.
![[C’est l’été] Un livre pour tous les comédiens](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/317d78524d6174c65c10ebcc7555cb58.png)
L’Acteur face à son jeu est un condensé de méthodes diverses pour travailler intelligemment son « métier » d’acteur. Le propos est clair, judicieusement agencé. Chacun peut y puiser ce qui lui manque, ce qu’il recherche sans le savoir. Brigitte Fossey, Isabelle Adjani le cautionnent. Un ouvrage qui devrait figurer dans toute bibliothèque de « théâtreux ».
L’acteur face à son jeu, 220 pages, Éditions Glyphe – 26€
En vente à la Librairie du Spectacle, 82 rue Bonetterie à Avignon
![[C’est lété] L’opéra investit le Off avec « La Vie de Bohème »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/f311409decbd20e0278b0cb30c0ede32.jpg)
Les plus grands et les plus populaires opéras ont piqué l’imagination de metteurs en scène que les morts de Carmen, Traviata, Liù, Tosca et autres Mimi, ont toujours fascinée. Trempées dans le mélodrame, ces héroïnes meurent dans d’immortelles arias que nul ne songerait à critiquer. Car l’opéra n’entend pas refléter la réalité, il échappe au quotidien, à la médiocrité de nos petites vies. Il veut transporter interprètes et public dans un ailleurs sublime que les voix et l’orchestre exaltent à l’envi. On pleure volontiers à l’opéra. Non pas de tristesse mais du bonheur physique, impalpable, qui tressaille dans notre corps.
Olivier Desbordes, mentor de la compagnie Opéra Éclaté la bien nommée, a mis plusieurs fois en scène La Bohème de Puccini, c’est dire s’il connaît l’ouvrage dans la moindre note. Il a décidé d’en gérer une adaptation pour des scènes moins ambitieuses et convaincre ainsi les spectateurs novices en la matière, que l’opéra est un art à la portée de tous, à condition d’y entrer sans préjugés, et de se laisser embarquer dans un voyage hors du réel. Avec La Vie de Bohème, il opte pour une version qui réunit de jeunes chanteurs et musiciens bourrés de talent : certains passent d’un instrument à l’autre, d’autres d’un rôle chanté à un violoncelle. Voilà la preuve que nos jeunes artistes n’ont rien à envier à leurs aînés, même si certains rétorqueront que chanter un rôle entier exige plus de métier. Après tout, n’ont-ils pas toute la vie devant eux ? Oublions le XIXe siècle (la création de La Bohème date de 1896), enfilons blousons cloutés, vestes pailletées et guitares électriques façon années 70-80. Les quatre jeunes gens, artistes affamés mais armés d’une solide détermination à être reconnus, volontiers bambochards, brûlent d’un même Fureur de Vivre. L’arrivée de la petite couturière Mimi court-circuite le cœur de Rodolphe. L’aventure amoureuse est en marche. Puccini aime les fins tragiques qui comblent son appétit pour les généreuses envolées lyriques sur d’intenses lignes mélodiques.
La représentation qu’il nous est donné de voir à Avignon est une intéressante approche d’une œuvre gorgée des sèves de l’amitié et de l’amour. Les voix sont tout à fait agréables, l’orchestre assure avec panache, la mise en scène papillonne au gré des rythmes et des émotions où se glissent quelques anachronismes (merci Dalida et le disco au Palace !). Si les duos, si célèbres, paraissent un peu longuets c’est qu’il leur manque cette distance avec le public, indispensable pour en goûter toute la saveur. Ne doutons pas que cette Vie de Bohème sortira de sa chrysalide dans une salle mieux adaptée. À Avignon, nous en avons eu la primeur, réjouissons-nous et profitons-en.
« La Vie de Bohème », tous
les jours sauf jeudi à 18h10
à la Nouvelle Étincelle.
![[C’est l’été] Les coups pleuvent aussi sur les planches du Festival Off d’Avignon](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/791aa62d61942066e247dbb99d55edf6.jpg)
Ils ont été élevés dans la même famille, ont tout partagé : deux frères comme les autres, sauf que… leur père brutalise l’aîné, Renaud. Les gifles pleuvent pour le plus minuscule prétexte, les coups frappent à la volée. René, le cadet, ne subit aucuns sévices. Que cache cette presque indifférence paternelle ? Pourquoi lui et pas moi ? s’interroge René. Toujours très complices, presque fusionnels, ils grandissent. Au fil du temps, leur connivence débusque par bribes tous les non-dits qui pourrissaient leur enfance, les violences subies mais jamais oubliées. Renaud Merviel a écrit ce vibrant hymne à l’amour fraternel d’où il exclut toute forme de jalousie. Il interprète lui-même le rôle de Renaud avec une fougue juvénile, une fervente complicité avec son partenaire qui le lui rend bien. Quelques notes de piano, un accord de guitare adoucissent le blouson en cuir noir qui matérialise la dureté d’un père malfaisant mais qu’on aime quand même ; « Après tout, c’est mon père » bougonne Renaud devant un paternel gisant à terre qu’il faut relever ou livrer à la police.
Dans cette tranche de vie, Renaud Merviel dénonce sans fioriture le traumatisme des enfants battus et parvient à écrire une comédie où l’on sourit souvent devant cette bouffée d’optimisme qui ne demande qu’à se développer pour en faire une grande pièce. Alain Degois dit Papy, leur metteur en scène, pourrait bien l’y aider.
Bon, d’accord les conditions de la représentation ne sont pas optimales : une cour aménagée en théâtre avec gradins et coques en plastique, une scène avec de grands panneaux noirs en guise de coulisses, et début et fin du spectacle en plein jour, avec bruits de la rue adjacente… Les comédiens sont obligés de porter la voix à un niveau tel qu’il leur est difficile de jouer les nuances. Pourtant la pièce Rosalinde aurait exigé une intimité très british pour cette histoire inventée par James Matthew Barrie, adaptée par Anne-Hélène Landaret, truffée de didascalies qu’une voix enregistrée égrène en douceur. Dans un salon cossu, méridienne et fauteuil de velours bleu ciel, tapis, service à thé anglais, s’avachit Madame Page, 40 ans, et sa domestique Madame Quickly… Ambiance alanguie dynamitée par l’arrivée d’un fougueux jeune homme, fan de Béatrice Page, fille de madame, comédienne. Rosalinde (clin d’œil à Shakespeare) parle avec ironie du vieillissement, des apparences, avec une légèreté un peu factice. Les comédiens, malgré les difficultés dénoncées, s’en sortent à merveille dans une mise en scène de Mélanie Le Duc, élégante et voluptueuse. On la déguste comme un bonbon anglais.
« Deux Frères » :
tous les jours sauf jeudi, à 13h
au Théâtre de l’Oriflamme.
« Rosalinde » :
tous les jours sauf mercredi,
à 18h55 dans la cour du Roi René.

Pendant trois semaines, jusqu’au 25 juillet, Avignon bat au rythme du spectacle vivant avec notamment quelque 1 780 pièces programmées par le Off dans 140 salles. Si parmi ces lieux d’accueil, on compte énormément de théâtres éphémères, plusieurs structures éloignées initialement du milieu culturel font aussi leur Festival.
À l’instar de la CGT, dont la secrétaire générale Sophie Binet est d’ailleurs ce jeudi à Avignon où elle débattra (10h30) dans le cadre des États généraux de la culture. Depuis 18 ans, au sein des locaux de la Bourse du travail, le syndicat programme six pièces dans une salle dédiée pouvant accueillir une cinquantaine de spectateurs (notre édition du 7 juillet). « La culture a toujours été indissociable de l’activité syndicale », juge Fred Laurent, directeur du théâtre de la Bourse du travail, à la programmation forcément engagée socialement. « Dès sa création, la grande aventure du festival d’Avignon s’est inscrite dans la dynamique de grandes conquêtes sociales de la Libération : protection sociale, services publics, maîtrise nationale de secteurs économiques déterminants, institution des comités d’entreprise, émergence de politiques culturelles publiques et décentralisation théâtrale, nouvel essor de l’éducation populaire… c’est pour toutes ces raisons, que la CGT a entretenu avec le festival de fortes complicités », rappelle-t-il. Un combat criant d’actualité alors que le secteur culturel se mobilise contre les coupes budgétaires et que l’extrême droite gagne du terrain. « Il nous faut encore plus dénoncer les menaces qui planent sur la culture et le spectacle vivant, avec la montée des extrêmes droites et l’arrivée possible du RN au pouvoir », prévient Fred Laurent.
Dans un registre à la philosophie similaire, la caisse centrale des activités sociales (CCAS) des industries électriques et gazières – soit le plus gros comité d’entreprise de France – a mis sur pied son propre festival, très étroitement lié à celui d’Avignon dont il est partenaire. Jusqu’à ce vendredi sur l’île de la Barthelasse se déroule la 24e édition du festival Contre courant. « Depuis 80 ans, les activités sociales défendent une conviction profondément moderne : la culture, comme les vacances et les loisirs, ne doit être un privilège pour personne, expose Anthony Juan, président de la CCAS. Contre courant en est l’incarnation la plus vivante : le spectacle vivant n’est pas un luxe, mais un bien commun, un espace de rencontre, de dignité et de partage qui nous rassemble, par-delà les langues et les frontières. » Dix-huit spectacles y sont programmés autour de 105 artistes. Des représentations gratuites pour les adhérents de la CCAS et à 10 euros pour les personnes extérieures.
Un service public phare s’investit aussi dans le Festival : France travail. Pas en mettant sur scène des spectacles mais, en partenariat aussi avec le Festival, en organisant plusieurs ateliers, rencontres et permanences jusqu’à ce vendredi. Ce jeudi (10h30-12h30) se tient notamment une table ronde intitulée « Être humoriste aujourd’hui : panorama d’un genre en pleine évolution ». « Être au cœur du festival permet d’être au plus proche des professionnels du spectacle et aux équipes spécialisées d’accompagner professionnels et employeurs de la filière culturelle », souligne Astrid Focké, experte régionale culture à France travail. Un mur d’offres d’emploi est ainsi affiché à l’ISTS (institut supérieur des techniques du spectacle).
La Banque alimentaire se met au Off
Pas de répit estival pour la Banque alimentaire de Vaucluse, car « la précarité alimentaire n’a hélas pas de vacances », souligne l’association dont les besoins augmentent de 10 % chaque année (64 000 bénéficiaires). La structure, spécialisée dans la collecte et logistique de dons alimentaires, profite de la visibilité du Festival pour faire connaître ses activités. Une collecte alimentaire est ainsi installée au Village du Off, où « les festivaliers sont invités à déposer des dons alimentaires dans un caddie déposé à l’entrée du village, en privilégiant les protéines végétales et les conserves de poissons », précise la Banque alimentaire. Ce partenariat a été conclu dans le cadre de la RSE [responsabilité sociétale des entreprises] de AF&C, l’association qui chapeaute le Off. La Banque alimentaire a aussi mené des ateliers ludiques sur l’alimentation au Village Tadamm consacré aux enfants.

Cirque, musique, danse, théâtre. Une pluralité d’arts sera représentée au festival Résurgence, qui se déroulera à Lodève, du 16 au 19 juillet. Une diversité artistique mise en avant par les organisateurs. « On essaye que chacun puisse trouver des spectacles qui l’attirent en fonction de ses goûts », fait valoir Franck Loyat, directeur du pôle culture du Lodévois Larzac, communauté de communes qui organise la manifestation. Une manière que chacun puisse trouver chaussure à son pied tout en mettant en lumière des artistes émergents. Car ici, pas de tête d’affiche. « On a fait le choix d’axer le festival sur la découverte et la création artistique afin de stimuler la curiosité du public », poursuit Franck Loyat.
Une tâche à laquelle s’attelleront les 22 compagnies qui donneront une quarantaine de représentations – auxquelles s’ajoutent une vingtaine du « off » du festival, une carte blanche donnée aux associations locales -dans les 17 lieux publics de la ville (places, écoles, parcs, etc.). Ainsi, premier rendez-vous est donné le 16 juillet, à 20h30 à l’hôtel de ville pour « Le mariage forcé », de la compagnie 800 litres de paille. « Cette pièce de Molière est revisitée reposant sur l’énergie, la fougue des artistes », note Franck Loyat. Côté circassien, la compagnie Hors surface présentera Home, « une histoire mettant en scène un acrobate faisant du fil au-dessus d’un trampoline. » (18 et 19 juillet à 18h, au parc municipal).
Les artistes ne sont pas les seuls acteurs du festival. En effet, le public est appelé à monter sur les planches. À l’instar de la pièce Jours de la compagnie Kiroul (19/07, 10h, au parking du parc municipal). « C’est un spectacle étrange sur la joie de vivre dans toutes les situations. Les artistes ont trouvé une dizaine de volontaires qui débarqueront avant le spectacle sans savoir à quelle sauce ils seront mangés », précise le directeur culturel.
Si les journées sont dédiées aux spectacles, les soirées s’animent en laissant la place aux concerts avec notamment le groupe Deli Teli qui revisite le laïko, musique populaire grecque des années 50 (18/07, 23h) ou encore la fanfare Cornélius (19/07, 23h). En somme, la recette d’un festival réussi.
Programme complet à retrouver sur : festival-resurgence.fr.

Comment Gérald Sibleyras a-t-il pu à 42 ans, créer des personnages âgés plus vrais que nature ? Le Vent des Peupliers a été créée en 2003. Sibleyras n’en était qu’à ses débuts d’auteur solo. Depuis il a enchaîné pièce sur pièce, succès après succès. Le vent des peupliers a été adaptée par Tom Stoppard en 2005.
Le titre anglais Heroes en dépeint très justement cette comédie douce-amère où nos trois aînés, anciens militaires, sont des héros de la vie, des grands enfants dont le temps, ce destructeur sournois, n’a pas ridé les désirs, les pulsions ou les passions. Un chien en béton, surveille les trois complices : Gustave le râleur, René le gentil à la patte folle et Fernand sujet à de fréquents évanouissements. Ces trois mousquetaires chenus fomentent un plan d’excursion tels des ados scouts ivres de liberté et d’obstacles à abattre. Chaque détail est discuté, approuvé ou refusé : le temps passe plus vite lorsqu’on s’est fixé un but.
Pour interpréter cette photographie vivante entre présent et passé, il fallait des comédiens chevronnés, rompus aux pièges du théâtre intimiste. Bernard Belin les a trouvés et les a dirigés avec une tendre affection. Dans un décor minimaliste, rassurant, il insuffle à la représentation une force (celle de ces retraités rêveurs) et une poésie qui respectent leur passé, leurs souvenirs même guerriers.
Nous sommes en 1959 et la guerre n’a pas encore cicatrisé toutes les blessures. Bougon, râleur, Christophe Chêne-Caillet eau injecte dans le personnage de Gustave, une tendresse retenue, une peur inavouée sous une apparente fanfaronnerie. Patrice Chartier-Crouzet est un Ferdinand à l’optimisme indéboulonnable donc forcément sympathique. Quant à Alain Fabre, il restitue à merveille les incohérences, la paranoïa parfois d’un René que fragilise un morceau d’obus fiché dans son crâne. Tous trois, nourris d’une expérience riche de vie et de théâtre, embarquent le spectateur dans leur voyage immobile, l’imbriquent dans leurs rêves, leurs tentatives de se moquer des lourdeurs du temps sur leurs épaules.
Avec eux on rit beaucoup, un rire bienveillant qui fait du bien. Comme eux nous aimerions bien regarder le balancement des peupliers, au loin. Ces peupliers qui, autrefois pour les druides, symbolisaient le vieil âge de l’homme en raison de leurs feuilles blanches. Mais le peuplier était surtout porteur d’espoir et de promesse de régénérescence. Comme cette pièce qui mériterait largement d’être à l’affiche d’un théâtre parisien.
« Le vent des peupliers », tous les jours sauf le mercredi à 18h45 au Cadencia
![[Tribune] Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/eb07c105bf68d197fe778d7899265311.jpg)
Des maires et adjoints à la Culture de toute la France interpellent
le président de la République
Alors que notre pays est confronté à un mur budgétaire historique, chacun mesure la nécessité de contribuer à l’effort collectif de redressement des finances publiques.
Les collectivités territoriales comme les institutions culturelles qu’elles soutiennent en partenariat avec l’État n’ont jamais ignoré cette exigence. Depuis de nombreuses années, elles ont fait preuve d’esprit de grande responsabilité en assumant leur part des ajustements budgétaires tout en maintenant des services publics essentiels au quotidien de nos concitoyens, comme celui de la culture, et en poursuivant sans relâche leur mission de démocratisation culturelle au service de tous les publics.
C’est dans ce contexte que nous avons appris avec effroi l’annonce d’une réduction sans précédent des subventions de l’État destinées à 28 institutions culturelles majeures engagées sur nos territoires. Un tel arbitrage, brutal et sans concertation préalable, s’ajouterait à une première coupe effectuée sur les budgets culturels de l’État dans les Régions en avril. S’il était confirmé dans les semaines qui viennent, ses conséquences seraient immédiates et désastreuses.
Celle et ceux qui prennent ces décisions à un stade aussi tardif de l’année ont-ils vraiment mesuré leurs conséquences sur la pérennité de ces institutions, alors même que les programmations artistiques sont actées, les contrats signés et les dépenses largement engagées et incompressibles ?
De telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits à la fin de l’année 2026 et à compromettre dès 2027 l’avenir de ces institutions. En effet, déjà fragilisées par plusieurs années de tensions inflationnistes et budgétaires, elles seraient confrontées à des arbitrages impossibles : annulation de spectacles, abandon de projets, réduction de l’offre culturelle, suppressions d’emplois ou, dans les situations les plus critiques, remise en cause de leur activité même.
Celles et ceux qui prennent ces décisions radicales ont-ils mesuré que les contributions demandées constituent une entreprise de démolition alors qu’elles n’auront en réalité aucun effet sensible sur la réduction du déficit de l’État ?
C’est un prix totalement disproportionné que l’on ferait payer à la culture en raison de la dérive des finances de l’État. La conduite des finances publiques ne peut reposer sur des décisions imposées, sans prévisibilité pour les établissements, et au mépris des engagements déjà contractés et de la confiance qui doit présider aux relations entre l’État et ses partenaires.
Monsieur le Président de la République, ne laissez pas s’accomplir cette atteinte aux fondations de la décentralisation culturelle engagée par André Malraux. N’hypothéquez pas l’avenir des équipes artistiques et techniques qui œuvrent sur les territoires. Ne donnez pas quitus à ce qui constituerait un reniement du pacte culturel républicain avec les territoires et avec tous ses publics.
Monsieur le Président de la République, sachez que nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à participer à la réflexion collective sur les moyens de concilier responsabilité budgétaire et ambition culturelle. Mais un tel projet suppose de la visibilité pluriannuelle et le respect des engagements pris. Il ne peut se faire brutalement dans le mépris de la parole donnée.
Monsieur le Président de la République, la France a toujours puisé une part de sa force dans sa création, dans ses artistes et dans ses institutions culturelles. En faisant de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la musique des variables d’ajustement du déficit public, vous oubliez que l’art et la culture sont un levier majeur de démocratisation culturelle, qu’ils réduisent les fractures sociales et territoriales, élèvent le niveau de connaissance et d’émancipation de nos concitoyens, créent de l’emploi et renforcent l’attractivité et l’influence de nos territoires.
Préserver cet héritage et réfléchir à son avenir est une responsabilité que nous nous devons de partager collectivement.
Raphaël Adam – Maire de la Ville de Nanterre
Rozenn Andro – Adjointe à la culture Ville de Rennes, Présidente du conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne
Nathalie Appéré – Maire de la Ville de Rennes, Présidente de Rennes Métropole
Bally Bagayoko – Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte
Xavier Bertrand – Président de la région Hauts-de-France
Nathalie Bois-Huyghe – Adjointe au Maire de la Ville de Bordeaux chargée de la culture et des mémoires
Sofia Boutrih – Adjointe au Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte en charge de la culture, de l’événementiel et des grands rendez-vous populaires
Laurent Cathala – Maire de la Ville de Créteil et Président de Grand Paris Sud Est Avenir
Claire Chazal – Vice-présidente de l’Opéra de Lyon
Thomas Cazenave – Maire de la Ville de Bordeaux
Mickael Delafosse – Maire de la Ville de Montpellier, Président de Montpellier Méditerranée Métropole
Arnaud Deslandes – Maire de la Ville de Lille
Pauline Diaz – Adjointe au Maire de la Ville de Villeurbanne déléguée à la culture et aux droits culturels
Agnès Dolhem – Adjointe à la culture de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair
Grégory Doucet – Maire de la Ville de Lyon
Anne Fahmy – Présidente de l’Opéra National de Bordeaux, Adjointe au maire de la Ville de Bordeaux chargée de l’éducation, de l’enfance et des politiques alimentaires
Emmanuel Grégoire – Maire de la Ville de Paris
Sylvie Hubac – Présidente de l’Opéra de Lyon
Sylvie Jacq – Vice-Présidente du conseil départemental du Calvados en charge de la culture
Pierre Jakubowicz – Adjoint à la culture, au patrimoine et aux arts de la Ville de Strasbourg, Président de l’Opéra national du Rhin, Président de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg
Régis Juanico – Maire de la Ville de Saint-Étienne, Président de Saint-Étienne Métropole
Sofienne Karroumi – Maire de la Ville d’Aubervilliers, Vice-Président de Plaine Commune
Guillaume Lissy – Président de Grenoble Alpes Métropole
Bertrand Masson – Président de l’Opéra national de Nancy – Lorraine et adjoint à la culture de la Ville de Nancy
Alexis Monge – Adjoint à la vie culturelle et aux arts Ville de Grenoble
Hervé Morin – Président de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen et de la Région Normandie
Jean-Luc Moudenc – Maire de la Ville de Toulouse et Président de Toulouse Métropole
Patrick Nicolle – Adjoint à la culture de la Ville de Caen
Aristide Olivier – Maire de la Ville de Caen
Benoît Payan – Maire de la Ville de Marseille
Florence Portelli – Présidente de l’Orchestre national d’Île-de-France, Présidente déléguée de la Région Île-de-France en charge de la culture, du patrimoine, de la création et de la francophonie
Philomène Récamier – Adjointe à la Culture de la Ville de Lyon
Cécile Renault – Présidente de la MC93 Maison de la culture de Seine-Saint-Denis
Agnès Robin – Adjointe à la Culture de la Ville de Montpellier, administratrice de l’OONMO
Arnaud Robinet – Maire de la Ville de Reims
Sylvie Robert – Sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Membre du Conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne
Johanna Rolland – Maire de la Ville de Nantes, Présidente de Nantes Métropole
Laurence Ruffin – Maire de la Ville de Grenoble
Florian Sitbon – Adjoint au Maire de la Ville de Paris chargé de la culture
Catherine Trautmann – Maire de la Ville de Strasbourg, Présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, ancienne ministre de la Culture
Rodolphe Thomas – Maire de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair, Vice-président de la Région Normandie
Stéphane Troussel – Président du Département de la Seine-Saint-Denis
Laetitia Valentin – Adjointe chargée des arts et cultures, Ville de Saint-Étienne
Cédric Van Styvendael – Maire de la Ville de Villeurbanne
Nicole Yardeni – Adjointe à la Culture, Ville de Toulouse, Présidente de l’Établissement public du Capitole – Opéra national et Orchestre national
![[Avignon off] Coupables ou non coupables ?](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/5d73e0fc5f80aa69f4df8297f619aec7.jpg)
Que deviennent les enveloppes corporelles enfermées dans leur cercueil, et déposées sous terre ? voilà une interrogation qui a titillé bien des écrivains et auteurs de théâtre. Jean-Paul Sartre trace un Huis Clos étouffant, René de Obaldia exhume deux squelettes féminins condamnés à cohabiter (Grasse Matinée)… Aujourd’hui Aurélie Camus ne prend aucun gant pour déterrer Amaury et Gaspard, condamnés, faute de place dans le tombeau familial, à une réduction de corps qui les placera… l’un à côté de l’autre. Une promiscuité dérangeante pour ces deux cousins ennemis. Ils n’apprécient guère cette situation conflictuelle mais, pour « tuer » le temps ils n’ont d’autre échappatoire que d’engager la conversation, s’ouvrir à la discussion. De souvenirs charmants, en bagarres dérisoires et en injures au vitriol, ils s’engagent inconsciemment dans une psychanalyse pointue pour débusquer et vaincre la culpabilité « mortelle » que tous deux ont vécue : l’un parce qu’accusé du décès de sa mère à l’accouchement, l’autre pour dissimulation de son orientation sexuelle après avoir fait deux enfants à sa femme (à vérifier !). De propos tendus à d’amusants flashbacks sur les points névralgiques de leur courte existence, Aurélie Camus, qui assume tous les rôles féminins avec un plaisir qui saute aux yeux, brode une comédie zinzin où l’on rit franchement tant les situations surprennent, ourlées de dialogues piquants, et bifurque discrètement dans l’émotion. La scénographie de Jérôme Sauvion accentue la bizarrerie du propos avec un décor à transformation qui évite tout temps morts. L’action va bon train, Aurélie (encore elle !) signe une mise en scène à l’image de sa pièce : tonique, ironique. Après Yaourt et Chocolat, Rassemblez les corps ! est sa deuxième pièce qui accuse encore quelques maladresses mais privilégie une spontanéité qu’on lui souhaite de ne pas perdre dans ses pièces futures. Ajoutons qu’elle est admirablement servie par Julien Debuys et Simon Jouannot, jeunes comédiens passionnants et passionnés qui transmettent leur amour du jeu à un public conquis. Leur complicité sur scène renforce une empathie immédiate : sourires mordants, œil enflammé, voilà des morts qu’on aimerait bien côtoyés ! Rassemblez les corps ! rassemble un trio gagnant dans une partie macabre d’où les morts sortent en grands vainqueurs.
« Rassemblez les corps ! »
tous les jours, sauf lundi,
à 17h30 à l’Épiscène.