Tag: Théâtre

  • [Entretien] Mathilde Aurier : « Le moteur dramaturgique de la pièce est l’effondrement »

    [Entretien] Mathilde Aurier : « Le moteur dramaturgique de la pièce est l’effondrement »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui a vous a conduit à écrire un spectacle autour des effondrements de la rue d’Aubagne ?

    Mathilde Aurier : En tant que Marseillaise et autrice, cela faisait quelque temps que je voulais raconter ce drame dans toute son ampleur sociale, intime et politique. Je ne savais pas exactement par quels angles et points de vue l’aborder. J’ai rencontré ensuite celle qui m’a inspiré le personnage de Nina, une locataire et survivante des effondrements. Elle m’a livré sa bataille émotionnelle psychologique, administrative et juridique. J’ai décidé de faire de son parcours, avant, pendant et après les effondrements, le conducteur de toute la pièce. Toujours, dans cette volonté de conjuguer un récit intime avec une mémoire collective, je suis ensuite allée à la rencontre du Collectif du
    5-Novembre, d’associations, de riverains de la rue d’Aubage, de psychologues chargés du suivi des délogés… Il était important pour moi de retracer le drame des effondrements mais aussi tous les microdrames qui ont suivi. Pour retracer l’ampleur de cette catastrophe, j’ai décidé de faire une pièce avec un récit choral, même si le parcours de Nina se trouve en son centre.

    Vous écrivez dans votre note d’intention qu’une « dramaturgie en millefeuilles » s’est imposée…

    M.A. : Il y a beaucoup de personnages dans la pièce. Toutes les trajectoires des personnages principaux sont creusées. Avec plusieurs couches de dramaturgie. Mon moteur dramaturgique et scénique a été l’effondrement. Il se retrouve même dans l’écriture et la construction de la pièce, très fragmentée, chaotique. L’effondrement est un moteur qui se retrouve dans les personnages, physiquement et psychologiquement. Et aussi dans l’écriture, la scénographie, le son…

    Votre création s’articule autour de l’effondrement, mais aussi de la force des délogés ?

    M.A. : Cette force découle de l’effondrement. C’est-à-dire par quelle force commune on s’empare de cet effondrement pour reconstruire, même si je n’aime pas ce mot car il n’est pas vrai. Car ce qui s’est passé est encore à vif.

    En plus des trajectoires individuelles fracassées par cet effondrement, le 5 novembre 2018 est avant tout le résultat de l’incurie des responsables politiques de l’époque et des marchands de sommeil. Leurs fantômes habitent-ils la scène concrètement ou par des évocations ?

    M.A. : Les deux. Les figures politiques sont amenées via des métaphores animales. Quant au versant administratif, je l’ai traité d’un point de vue assez ubuesque et satirique, ce qui permet aussi de donner une respiration dans la trame principale. Dans mon écriture, j’aime bien vaciller entre plusieurs registres, dans la langue, les situations… le versant administratif a donc été abordé par des figures tournées en dérision car c’est comme ça qu’elles ont en fait traité la gestion de ce drame. Quand j’ai fait mon enquête, il faut rappeler que personne de la mairie des 1er et 7e arrondissements de l’époque n’a voulu me recevoir.

    Et qu’en est-il de la scénographie et de la bande sonore, autour de la musique techno ?

    M.A. : Le nerf de la scénographie est la dent creuse. La rue d’Aubagne est tarpin colorée et au milieu, il y a ce trou. On est parti de ça dans la texture, la couleur. Et vu que le cœur est la trajectoire de cette survivante, ce qu’il lui reste est un lit. Tout gravite autour de son lit qui est son dernier endroit de refuge. Pour la bande sonore, je voulais creuser la scène underground techno marseillaise. Avec cette pièce et son sujet, j’avais envie de sortir des lieux communs, assez faciles à traiter à Marseille comme si on écoutait que du Jul. La création sonore s’est donc orientée vers cet univers très présent à Marseille de scène électronique.

  • « Bérénice » se trouve au milieu du gué à Martigues

    « Bérénice » se trouve au milieu du gué à Martigues

    Titus, qui aimait passionnément Bérénice, et qui même, à ce qu’on croyait, lui avait promis de l’épouser, la renvoya de Rome, malgré lui et malgré elle, dès les premiers jours de son empire », écrit d’emblée dans la préface, le tragédien Racine, pour résumer Bérénice. Paru en 1671, un triangle amoureux entre la reine de Palestine, l’empereur de Rome et Antiochus, son meilleur ami qui l’aime en silence, dont s’est emparé Guy Cassiers, servi par la troupe de la Comédie française, mardi 7 octobre à 20h30, au Théâtre des Salins. Un metteur en scène connu pour son goût immodéré du mélange du texte à la technologie.

    Ombre, lumière, miroir

    Le lieu de cette intrigue au dispositif son et images poussé ? « Une antichambre où le temps semble suspendu », décrit cette figure du théâtre flamand, dans un entretien avec Chantal Hurault compris dans sa note d’intention. Entre ombre et lumière, la clef mentale de la quête d’identité des protagonistes. « Racine écrit en musicien. C’est un cadeau, pour les acteurs et actrices, d’avoir une telle construction à la fois très codifiée et disposée à écouter leur personnalité. » Charge à Jérémy Lopez d’interpréter à la fois Titus, en plein dilemme entre l’exercice du pouvoir et celui de l’amour, ainsi que le roi de Comagène, Antiochus. « Cela met en lumière leurs contradictions internes et comportements en miroir. Ils changent constamment de position et veulent prendre la place de l’autre », justifie Guy Cassiers.

    P.A.
  • Navig’arts, ou l’odyssée fantastique

    Navig’arts, ou l’odyssée fantastique

    « Avec Navig’arts, on navigue entre les arts et les époques », résume Nathalie Lainé, adjointe à la culture, aux fêtes et événements.

    Si, en raison de coupes budgétaires, la manifestation, co-financée par la Ville et l’office de tourisme de La Ciotat, se déroule cette année sur un jour au lieu de deux l’an dernier, elle ne paraît rien perdre de sa superbe. Ni de son foisonnement. Ni de son ambition. « Le principe, c’est de mettre les artistes et associations ciotadens en avant », précise Nathalie Lainé. Cette machine à remonter le temps, ou l’anticiper, qu’est Navig’arts nécessite en effet, pour animer ses rouages, « près de 530 artistes et membres associatifs ciotadens », indique l’élue, auxquels il faut ajouter les près de 110 artistes de 22 compagnies artistiques (essentiellement en théâtre de rue) extérieurs à la ville.

    Foisonnement festif

    L’événement va se concentrer*, cette année, essentiellement vers le Port-Vieux, « même s’il y aura des déambulations dans la ville », note Nathalie Lainé. À chaque lieu, est liée une époque. Chaque fois, des ateliers sont proposés et des artistes présents. La Préhistoire a, par exemple, élu domicile rue Bouronne. Le cinéma, au Baromètre. Le pop art, place Esquiros. La Renaissance, place Kranj. Depuis le Port-Vieux jusqu’au Baromètre et à l’église Notre-Dame, le XVIIIe, avec une référence à Napoléon Bonaparte « qui séjourna à La Ciotat lors du siège de Toulon en 1793 » sera représenté, tout comme le XIXe siècle. De l’église vers la galerie du Port, le futur régnera en maître (drones…). À la Chaudronnerie, le disco déchaînera les corps vêtus d’habits de paillettes. De la place de l’Escalet à la mairie, la Grèce, l’Égypte antique et les Vikings se côtoieront… Et toute la journée, les artistes tiendront le haut du pavé. On pourra par exemple croiser Anubis. Ou bien la drôle de machine de Zi Omnibus Cirk. Le génial Rodafonio (Espagne), immense roue tournante dans laquelle jouent cinq musiciens… Et bien d’autres rêveries faites réalité. Jusqu’au point d’orgue**, le spectaculaire et coloré Color Wheels, de la compagnie Off, emblématique des arts de la rue. « Un DJ, dix roues, 10 000 leds. Un spectacle techno monumental. Une chorégraphie urbaine. »

    * De 11h à 22h. Entrée libre. ** À 20h, départ office de tourisme, final sur l’esplanade de la Capitainerie du Port-Vieux.

  • Redwane Rajel, un « miraculé » passé de l’ombre à la lumière

    Redwane Rajel, un « miraculé » passé de l’ombre à la lumière

    C’est au détour d’ateliers avec le metteur en scène Olivier Py, au centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet, que Redwane Rajel a découvert le théâtre en 2018. Abonné depuis aux rôles de tyrans – Xerxès, Créon ou Macbeth – s’amuse-t-il, voilà désormais ce gaillard au grand cœur prêt à endosser celui de sa vie : dans À l’ombre du réverbère, seul en scène qui fait jaillir la lumière du théâtre depuis la nuit noire dans laquelle il était plongé, à partir du mardi 30 septembre sur les planches des Bernardines. « Il y est forcément question des ténèbres de la prison, des lumières du théâtre. Baudelaire a lui aussi parlé du réverbère, de la solitude, de l’isolement. Comme une fine silhouette et des ombres qui passent », situe avec poésie Redwane Rajel pour évoquer cette pièce qui retrace sa trajectoire tempétueuse et aujourd’hui apaisée. Il l’a mise noir sur blanc, et en scène, avec son premier professeur de théâtre, Enzo Verdet, ainsi que l’ancien directeur de prison, Bertrand Kaczmarek.

    « À 38 ans, je n’étais pas programmé pour aller en prison », rappelle celui qui était auparavant vendeur de voitures chez Renault. « On dépeint surtout la violence carcérale. La majorité des détenus sont des personnes très fragiles, qui viennent du bas de l’échelle, avec un énorme taux de récidive. C’est la pauvreté qu’il faut combattre et ne pas se tromper d’ennemi », prévient Redwane Rajel, qui dédie sa pièce « aux victimes mais aussi aux comédiens avec qui j’ai joué pour la première fois, la plupart aujourd’hui en prison ou morts ».

    « Pas misérabiliste »

    « Je suis un miraculé, une exception. La prison est tellement mal faîte que si on y entre violent, on en ressort encore plus violent. Si entre drogué, on ressort encore plus drogué », déplore celui qui est devenu comédien professionnel grâce à la compagnie Louis Brouillard de Joël Pommerat, avant de remercier le directeur de théâtres marseillais et aixois, Dominique Bluzet, qui lui « a ouvert toutes les portes pour cette création ».

    « Le grand dramaturge Peter Brook disait qu’on pouvait faire voyager les gens juste avec un tapis », cite Redwane Rajel qui l’a presque pris au mot. Au milieu d’un banc, d’une servante et d’un miroir, l’Avignonnais de naissance et Marseillais d’adoption déroule le fil de ses mille vies : rameur dans l’équipe de Provence d’aviron, boxeur de bon niveau à la Savine, major de corps d’élite dans l’armée… autant d’expériences dont il se sert dans À l’ombre du réverbère. « Même si je suis beaucoup dans la résilience, le piège était de tomber dans quelque chose de misérabiliste. »

    Joindre le geste à la parole

    Loin de lui, donc, la tentation du pathos pour exposer son parcours qui pourrait légitimement y recourir. Son jugement ? Pas question d’en parler dans la pièce. « J’ai trop de respect pour les victimes qui ont déjà vécu le procès », affirme ce quadragénaire, parmi les premiers à avoir suivi des ateliers de justice restaurative en France. « J’ai tout de suite fait le pont entre ça et le théâtre, deux endroits de réconciliation par la parole », exprime Redwane Rajel pour qui, l’art oratoire a été une bouée de sauvetage. Une thérapie pour celui qui s’est retrouvé, à l’âge de 12 ans, avec « une mère en psychiatrie. C’était une militante CGT, un exemple pour moi. Elle s’est battue, seule avec ses enfants, écrasée par le capitalisme. Elle a fait partie des premières suicidées chez France Télécom », livre-t-il, l’œil humide mais le poing serré, lui qui a hérité de son sens de la lutte. « Ce spectacle, c’est une façon de m’émanciper. Je joue au théâtre depuis 2018 et ce qui revient souvent, c’est “l’ancien détenu devenu comédien”. J’aimerais bien en sortir », concède-t-il, presque gêné. « Je suis là pour me raconter et après, on pourra passer à autre chose. »

  • Le cirque fait son festival tout au long du week-end à Aix

    Le cirque fait son festival tout au long du week-end à Aix

    Cette année encore le Centre international des arts en mouvement (Ciam) d’Aix-en-Provence a organisé son festival « Jours [et nuits] de cirque(s) » avec pour point d’orgue et de clôture, ces samedi et dimanche.

    Et le moins que l’on puisse dire avec cette treizième édition c’est que plus que jamais, le cirque est un art populaire, à la portée de tous et qui doit le rester. Une volonté affirmée par le Ciam et dont la programmation a été orchestrée cette année par l’artiste Marie Molliens.

    Temps forts pour tous

    Le fil rouge, « un cirque-théâtre, où l’écriture, le jeu et le lien au spectateur sont au cœur des propositions ». Loin d’un cirque « simpliste et édulcoré », c’est un cirque « accessible, généreux, théâtral et festif » qui donne rendez-vous aux petits et aux grands samedi et dimanche. Un cirque où les artistes favorisent l’échange avec les spectateurs pour ne former qu’un.

    Une dimension de l’événement qui s’incarne dans le spectacle Vu à découvrir samedi à 18h30 et dimanche à 11h.Un solo où la maîtrise du geste devient un langage à part entière lors d’une cérémonie du thé qui risquerait bien de déraper avec humour et finesse. Même son de cloche pour Lab Rats, samedi à 20h, un huis-clos roublant où deux corps dans une cage de verre révèlent ce qui nous relie quand les mots ne suffisent plus. Tous deux à voir au Grand châpiteau.

    Mais le festival est aussi placé cette année sous le signe de la fête, la joie la surprise et le rire avec Mortel jus de mortel à voir samedi à 11h, 14h et 16h puis dimanche à 13h, 15h et 17h. Au cœur du Mur de la mort, ce spectacle à mi-chemin entre traditions foraines et créations contemporaines va vous faire vrombir de plaisir.

    Détour de son côté est un spectacle de rue où l’humour est roi et où la parentalité sur la route et les imprévus du quotidien y sont racontés par un duo complice. Rendez-vous samedi à 15h et dimanche à 16h.

    Sinon, tout au long du week-end ce sont des ateliers créatifs et de cirques pour enfants, ados et parents mais aussi des scènes ouvertes gratuites et des visites guidées qui vous sont proposées.

    Infos et résa : joursetnuitsdecirques.fr

  • Les centres sociaux en fête ce week-end sur le Vieux-Port

    Les centres sociaux en fête ce week-end sur le Vieux-Port

    « Cela fait depuis mars que l’on travaille pour faire une belle fête pour tous les Marseillais », se félicite Nacer Azzoug, directeur du centre social de la Rouguière. Sur le Vieux-Port, à côté de l’hôtel de ville, les centres sociaux vont investir l’espace pour proposer des animations et présenter à tous les Marseillais leur travail. De 11h30 à 20h30, des repas, spectacles, ateliers et DJ sets seront organisés sur la place Bargemon. Un emplacement stratégique pour Nacer Azzoug : « de la Solidarité à Bonneveine, on se retrouve au milieu et tout le monde se rencontre ».

    Lancé pour la première fois il y a trois ans à l’initiative de la ville de Marseille, cet événement est financé par la Municipalité, mais entièrement organisé par les centres sociaux. Après la ligue de l’enseignement et l’Ifac, c’est l’association Synergie family qui prend cette année en charge l’organisation en travail étroit avec les autres fédérations.

    « L’objectif de cet événement, c’est quand même de valoriser le travail qui est fait, qui est dans l’ombre, explique Joseph Richard-Cocher, délégué départemental de l’Union des centres sociaux. Parce que les centres sociaux ont toujours été au cœur des territoires et sont essentiels dans l’animation des quartiers. » Des villages santé, sport, culture ou encore petite enfance seront présents pour montrer les différentes facettes de ce travail.

    Diversité des activités

    Pour le délégué de l’Union des centres sociaux, la force de ces structures est leur diversité. « Tout le monde connaît les centres sociaux de son quartier, mais ils ne savent pas nécessairement tout ce qu’ils font de la garde d’enfant à l’informatique, en passant par la citoyenneté », insiste-t-il.

    Une soixantaine de centres sociaux seront présents. Un repas partagé « autour du monde » est prévu par les farandoleurs, avec des spécialités thaïlandaises, comoriennes, guyanaises et françaises. Chaque centre a pu inscrire 20 personnes pour participer gratuitement à ce repas « On aurait aimé faire plus mais en termes de logistique ça aurait été compliqué », sourit Nacer Azzoug. Pendant le repas un DJ set est prévu par The Only One Geemoney, ancien animateur en centres sociaux. À 15h30, ce sont d’autres talents issus de ces structures qui seront mis en avant grâce à une scène ouverte. Théâtre, humour, musique, de nombreux numéros d’environ huit minutes chacun vont s’enchaîner, créés par des jeunes qui fréquentent ces maisons pour tous.

    Casser les préjugés

    Pour l’adjoint (RDG) au maire chargé des Centres sociaux, Ahmed Heddadi, cet événement est aussi l’occasion de casser les préjugés qui entourent ces lieux. « Beaucoup pensent qu’ils sont réservés aux personnes précaires ou marginales. Mais ces maisons de quartiers sont pour tous les Marseillais », insiste-t-il. Il rappelle que bien qu’il y en ait plus « dans les quartiers prioritaires de la ville car ce sont des endroits où les populations sont précaires, il y en a dans tous les quartiers de la ville. Ils sont là pour tout le monde ».

    Pour le directeur de Synergie family, Frank Tortel, « c’est une belle journée qui s’annonce festive et conviviale. » Un événement qui prend chaque année un peu plus d’ampleur. Les organisateurs attendent ce samedi entre 3000 et 4000 participants sur le Vieux-Port.

    Plus d’informations sur l’Instagram @fetedesc.s.marseille

  • « La Gare Franche est un outil de création et de fabrication »

    « La Gare Franche est un outil de création et de fabrication »

    La Marseillaise : Après deux ans et demi de travaux, la Gare Franche rouvre enfin. Qu’est-ce que cela va changer pour les artistes et le public à l’année ?

    Francesca Poloniato : Nous sommes ravis de cette réouverture. On l’attendait. Il y a eu des travaux sur la maison, les jardins et aussi l’usine pour laquelle on a voulu garder l’âme qu’a pu lui donner Wladyslaw Znorko (auteur et metteur en scène qui avait créé la Gare Franche en 2001 avec sa compagnie Cosmos Kolej, Ndlr). Il y a eu un travail incroyable des cabinets d’architecture, que ça soit au niveau de Matthieu Poitevin ou de l’atelier Kristell Filotico. On a agrandi la cuisine et la salle à manger. On a rénové les chambres avec des douches, les artistes seront bien logés. Il y a surtout eu aussi une extension avec les bureaux de l’équipe et une magnifique terrasse pour accueillir les personnes qui traversent les jardins. Et en ce qui concerne l’usine, il a fallu sécuriser le talus car la maison penchait, y réaliser une nouvelle dalle. On a un équipement performant pour que les artistes puissent créer et que les techniciens travaillent avec eux. Ce n’est pas un nouveau lieu de programmation. Il va y avoir de temps en temps des spectacles, mais que ceux qui y trouvent un sens. Sinon, il y a le Merlan. La Gare Franche est vraiment un outil de création et de fabrication.

    Et de « convivialité », avez-vous dit…

    F.P. : Oui, notamment avec les projets de territoire que nous avons, la co-construction avec les habitants. C’est un lieu fait pour l’hospitalité.

    Pour cette fête de réouverture, vous invitez certains artistes compagnons du Zef…

    F.P. : Elle va démarrer à 16h30 à la Parcelle 80, que la Ville nous a mis à disposition. On y a créé une « parcelle aux 4 vents » où se trouve un compost, un four à pain et un poulailler. Tout cela est mis à disposition une fois par mois pour les activités avec les habitants et partagé avec les associations du Plan d’Aou. On pilote la parcelle mais elle est vraiment à leur service. À 18h, il y aura un DJ set Pastasciutta antifascista de Floriane Facchini. Un clin d’œil à sa création, prévue au Zef Gare Franche en mai prochain, pour laquelle elle travaille avec habitantes du Plan d’Aou. Pour la fête réouverture, elle va fabriquer des raviolis et passer des chansons engagées, tout en discutant de son projet.

    Une « épopée culinaire » qui plonge dans l’histoire, indique le programme…

    F.P. : . Floriane Facchini travaille avec la cuisine car c’est un acte d’engagement politique. Avec une position antifasciste. Sa création se situe autour d’une histoire qui s’est passée en Italie en 1943. Mussolini avait fait une loi interdisant aux habitants d’un petit village de semer du blé pour éviter que les résistants aient de quoi manger. Mais une famille de sept frères, les Cervi, l’a transgressée. Par la cuisine, elle défend la démocratie. Au cours de ses ateliers avec les habitantes, les femmes parlent de leurs parcours, de la façon dont on vit aujourd’hui dans ces quartiers en tant que femme. Sur le plateau de la création en mai, il y aura aussi des habitantes, au nombre de 7, comme les frères Cervi.

    Et quel sera le reste du programme pour la fête de réouverture ?

    F.P. : À 19h, après les discours des représentants de l’État et des collectivités, le public pourra voir le travail de l’Ensemble C Barré qui travaille avec les enfants de l’école de la Busserine. Il y aura aussi la découverte de jeunes de 15 ans du Plan d’Aou qui vont enflammer l’usine en musique. Le public retrouvera ensuite le chorégraphe Pierre Rigal qui nous fera danser et faire la fête.

  • Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Comment s’est-on opposé aux conflits dans le monde depuis la Première Guerre mondiale ? C’est la question que vont se poser historiens, déserteurs et objecteurs de conscience les 4 et 5 octobre à Vitry-sur-Seine. Organisé par l’association La Courtine 1917 en partenariat avec La Marseillaise, ce colloque veut mettre en avant ces femmes et ces hommes qui ont refusé d’aller ou de continuer le combat.

    C’est un parcours chronologique que propose de suivre les organisateurs de cet événement. Le point de départ sera la mutinerie des 10 000 soldats russes en 1917, dont l’association qui organise l’événement est le porteur de mémoire. C’est donc l’historien Rémi Adam, spécialiste de l’événement qui ouvrira le colloque le samedi. Une première journée consacrée aux oppositions pendant la première guerre mondiale. Il y aura notamment « le maire de Gentioux où se trouve un monument aux morts célèbre où un enfant lève le poing face à une inscription “Maudite soit la guerre” », déroule Jean-Paul Gady, membre du conseil d’administration de l’association La Courtine 1917 et organisateur de l’événement.

    Refuser les guerres coloniales

    Le dimanche sera plutôt l’occasion d’évoquer le refus de certains de prendre part aux guerres coloniales. L’historien Victor Pereira évoquera le cas des Portugais. « Ce sont des travailleurs et jeunes Portugais qui ont refusé de partir dans l’armée coloniale dans les années 1965 jusqu’à la révolution portugaise des années 1974. Ils étaient 250 000 à avoir donc fui leur pays pour ne pas être enrôlés », précise l’organisateur de l’événement.

    Les opposants à la guerre d’Algérie seront également mis en avant. à travers le témoignage de Thomas Liechti, petit-fils du premier soldat qui refusa la guerre d’Algérie. Il évoquera la vie de son grand-père. Enfin la chercheuse et historienne Armelle Mabon évoquera le massacre par l’armée française de tirailleurs sénégalais. « Ce sont des interventions prévues extrêmement variées, insiste l’organisateur. Mais en même temps, tout ramène à une chose : comment la réaction individuelle et collective peut se faire quand on refuse la guerre. »

    Cet ensemble de conférences sera accompagné de ventes de livres et de dédicaces de tous les historiens présents. L’association La Courtine 1917 tiendra également un stand pour vendre leurs différentes revues et livres. Une soirée est également prévue le samedi soir de 20h à 23h aux 3 cinés Robespierre, à Vitry-sur-Seine.

    Echos à l’actualité

    Elle débutera avec une pièce de théâtre intitulée Vincent Moulia, évadé pour survivre. Dans un seul en scène, un acteur retracera la fuite de cet homme accusé de mutinerie. Cela sera suivi à 21h30 par la projection d’un film documentaire qui évoque la mutinerie de La Courtine.

    Un cycle de conférences qui sera ponctué de témoignages de déserteurs ukrainiens, russes ou israéliens qui refusent de participer aux guerres actuelles. « Ce colloque a un écho avec l’actualité mortifère, insiste le membre du conseil d’administration. Notamment en France où des centaines de milliards d’euros sont programmés pour la dépense militaire. Face à cette situation de tension et de guerres qui ne manquera pas d’arriver en Europe, nous souhaitons faire de l’éducation populaire pour montrer que ces déserteurs, souvent minoritaires avaient raison. Il ne sert à rien d’abonder dans une logique capitaliste. »

    Inscription nécessaire par mail : lacourtine1917@gmail.com

  • La saison du Triptyk théâtre est lancée

    La saison du Triptyk théâtre est lancée

    Comme beaucoup de structures dans la culture, le Triptyk théâtre à Nîmes n’a pas été épargné par les difficultés financières. Sans assurance de toucher certaines aides de l’État, son directeur, Denis Lanoy a préféré pérenniser l’avenir en s’appuyant quasiment exclusivement sur des lectures. « Nous n’avons pas de difficultés financières », rassure le metteur en scène. Finalement, les aides seront bien reçues et Denis Lanoy espère reprendre une programmation normale avec la venue d’écrivains et d’artistes début 2026.

    En attendant, il a conçu un programme avec de nombreuses lectures d’auteurs connus pour faire découvrir des écrits oubliés ou faire redécouvrir des classiques. Ce sera le cas jeudi 25 septembre (19h) avec une soirée consacrée à Marguerite Duras, lue par Denis Lanoy et Bruno Paternot. « Bruno lira des textes et moi je lirai des interviews. Cela donne un éclairage très intéressant sur son œuvre et son travail », explique Denis Lanoy.

    Hommage à Rouquette

    Le programme se poursuit le jeudi 2 octobre avec « Raconte-moi ton histoire », un recueil de portraits écrits par Denis Lanoy lors de ses passages chez l’association Table Ouverte. Un autre monument de la littérature sera lu le 9 octobre avec Fédor Dostoïevski. Ce soir-là, pas question de s’attaquer à Crimes et châtiments ou Les frères Karamazov, Denis Lanoy ayant prévu de faire découvrir des nouvelles moins connues : « C’est très drôle. Il existe plusieurs récits de Dostoïevski très vaudevillesques. »

    Après trois soirées consacrées à Suzanne Césaire le 16 octobre, à Murasaki Shikibu le 6 novembre et à Emmanuel Levinas le 13 novembre, le Triptyk théâtre innove avec un « marathon littéraire » où sera lu L’Odyssée d’Homère les 20 et 21 novembre (19h-21h) ainsi que le samedi 22 (de 15h à 19h).

    Le 27 novembre, une soirée hommage sera rendue à Max Rouquette, au cours de laquelle seront lus les extraits des meilleurs récits de l’auteur occitan. Une autre nouveauté sera proposée le 11 décembre, avec un karaoké littéraire où chacun pourra venir lire (chanter, crier, jouer) l’un des textes sélectionnés. Puis, l’année se terminera le 13 décembre par le marché de Noël dans la cour du Prolé, où seront réunis plusieurs auteurs et des maisons d’éditions gardoises.

  • L’OM prêt à bousculer le champion d’Europe

    L’OM prêt à bousculer le champion d’Europe

    Si l’hymne ne sera pas joué, le duel de dimanche aura les saveurs de la Ligue des Champions.

    Cinq jours après avoir tenu tête au Real en ouverture d’une C1 qu’ils retrouvaient, les Olympiens vont accueillir le tenant de la Coupe aux grandes oreilles. Une première dans l’histoire du football français où deux porteurs d’étoile sur le maillot vont s’affronter.

    C’est le Vélodrome qui sera le théâtre de ce rendez-vous historique. Pour l’OM, ce sera une occasion en or de marquer les esprits. Car, même s’ils sont loin d’être favoris, les hommes de Roberto De Zerbi ont une double revanche à prendre et comptent bien, cette fois, ne pas rater leur rendez-vous.

    La saison dernière, le Classique avait duré à peine vingt minutes. Le temps pour François Letexier de brandir le carton rouge sous le nez d’Amine Harit. L’arbitre venait de déséquilibrer ce qui devait être un choc. Finalement gagné sans forcer par le PSG (3-0).

    « Nous serons bien mieux préparés que l’an dernier car il y a ce match contre le Real qui va nous servir », admet Gerónimo Rulli. Car, malgré la défaite, l’OM a apporté des réponses sur sa capacité à hausser son niveau de jeu dans les grands moments.

    En faisant douter le Real dans son stade, les hommes de Roberto De Zerbi ont posé un jalon important pour la suite de leur saison. « Je ne peux pas me satisfaire de ce que j’ai vu à Madrid, car c’est avant tout une défaite. Mais je me dis qu’il a fallu du temps à Pep Guardiola pour fabriquer Manchester City ! »

    Néanmoins, ce qu’il a vu à Santiago Bernabéu le conforte dans l’idée que l’équipe « est plus forte cette saison, avec plus de joueurs expérimentés. Il nous faut maintenant trouver la langue commune pour aller au bout ».

    Lors du dernier match au Vélodrome, Lorient n’a pas pesé lourd, défait 4-0. Le PSG, même privé de ses meilleurs éléments offensifs, ce sera autre chose. Et, afin d’éviter les buts stupides qui ont coûté cher, comme à Rennes ou Lyon, « il nous faut trouver le point de rencontre et ne pas laisser de profondeur, comme nous l’avons fait face à Kylian Mbappé », souligne l’Italien.