Tag: syndicats

  • Les livreurs de la cuisine centrale d’Avignon reprennent le travail

    Les livreurs de la cuisine centrale d’Avignon reprennent le travail

    La situation est revenue à la normale dans les cantines scolaires d’Avignon depuis ce lundi 30 mars. Les chauffeurs‑livreurs, en grève depuis le jeudi 13 mars, ont repris le travail, au moins temporairement.

    « Ils ont repris le travail aujourd’hui pour permettre à la nouvelle mandature de s’installer, de donner une chance de régler la situation », précise ainsi Dalila Djoudi, secrétaire CGT des territoriaux. Avec une date limite pour régler le conflit fixée au dimanche 12 avril. En attendant, les repas seront bien livrés dans les 36 écoles primaires et les CCAS de la Cité des papes.

    Reprendre l’enquête

    Les revendications syndicales portent toujours sur les suites données à une enquête administrative visant des vols de plusieurs dizaines, voire centaines, de kilos de viande destinés aux cantines. « Nous allons poursuivre et intensifier nos démarches auprès de cette nouvelle équipe, avec une exigence claire : que ce dossier soit enfin traité avec sérieux, rigueur et impartialité. Il n’est plus question de tergiverser, ni de reproduire les erreurs passées », pointent les syndicats, dans un communiqué de presse commun. Ils dénoncent également l’agression d’un chauffeur-livreur par un parent d’élève de la cantine de l’école Camille-Claudel à Montfavet, le mercredi 25 mars. « Les parents qui soutiennent le mouvement de grève expriment aujourd’hui une lassitude profonde face à une administration qui se contente de discours sans jamais passer à l’action concrète », abondent la CGT et FO, qui chargent les élus de la précédente mandature. Une rencontre avec la nouvelle équipe municipale est en cours d’organisation.

  • Remobiliser la société civile pour faire face à l’extrême droite

    Remobiliser la société civile pour faire face à l’extrême droite

    Si le Rassemblement national (RN) ne réussit pas le raz-de-marée qu’il s’était fixé, force est de constater que ce dernier – et plus largement l’extrême droite – s’ancre un peu plus dans l’Hexagone. De 17 villes en 2020, il se retrouve à la tête de 62 municipalités en 2026. « Il y a aussi toutes ces villes où des listes sans étiquette l’ont emporté et on voit que certaines penchent à l’extrême droite  », analyse Sophie Mazas, avocate et membre de la LDH. L’Occitanie n’échappe pas à la règle : Agde, Bagnols-sur-Cèze, Carcassonne, toutes sont tombées dans les griffes de l’extrême droite. « Le RN profite de circonstances particulières pour être élu : soit du contexte local, comme à Agde avec les affaires judiciaires de l’ancien maire, ou du maintien des listes au second tour comme à Castres », tempère Serge Ragazzacci, secrétaire héraultais de la CGT.

    En effet, le front républicain ne sort pas grandi de ces élections. « Certaines listes n’appellent pas à faire barrage. Si on veut éviter que l’extrême droite soit élue, il faut se retirer. Ne pas le faire participe à sa banalisation », poursuit Serge Ragazzacci. Une banalisation qui témoigne également de la porosité entre la droite et l’extrême droite. À l’instar d’Agde, où le maire sortant Sébastien Frey, arrivé troisième au premier tour, s’est retiré mais sans appeler à voter contre le RN, qui s’est imposé. Une douche froide pour les progressistes agathois. « Pour certains, ce second tour a fait l’office d’une claque. Ils ont été choqués. Nous allons nous rassembler et surveiller les projets de la majorité et s’y opposer en fonction », avance Arthur Labatut (PRG). Tête de liste de gauche éliminée au premier tour, ce dernier annonce la constitution d’un collectif citoyen « sur des thématiques sociales et environnementales » fin avril.

    Tambouille politique

    D’un autre côté, l’abstention progresse fortement. Avec 42,18% au second tour, celle-ci progresse de quatre points par rapport à 2014. Inquiétant pour des élections réputées mobilisatrices. « On constate que les partis politiques n’arrivent plus à répondre aux enjeux démocratiques, aux attentes des citoyens, à débattre du fond et à apporter des solutions », se désole Sophie Mazas. Les tambouilles politiciennes participent également à cette désillusion. « Il y a une responsabilité des politiques. Cette division et ces accusations entre les partis de gauche qui durent depuis des mois et qui semblent continuer ne créent pas de dynamique positive en termes de vote. Ça obère toute discussion sur les projets et le débat ne porte pas sur les choses du quotidien. Les potentiels électeurs de gauche n’y ont pas trouvé leur compte et ne se sont pas déplacés », observe Serge Ragazzacci, regrettant que « les partis passent plus de temps à se taper dessus que sur le capital. » Pendant ce temps, les idées d’extrême droite, elles, gagnent en visibilité – notamment sur la sécurité – et participent à fracturer l’État de droit. « Le travail de sape réalisé par l’extrême droite a atteint nos institutions, notamment la justice et le fait de ne pas respecter ses décisions. Or, envisager un monde sans justice est très dangereux, il va falloir y faire face  », soutient Sophie Mazas, qui a publié une tribune en ce sens dans L’Humanité.

    Alors pour contenir la vague brune et remobiliser les déçus, le syndicaliste appelle notamment la gauche à se ressaisir des questions sociales, à retrouver des marqueurs : « Nous, on continuera à faire ce qu’on fait : former nos militants, descendre dans la rue pour lutter contre l’extrême droite. Mais il faut aussi qu’il y ait des mesures de progrès social. On ne peut pas être moralisateurs sur l’extrême droite si de l’autre côté on n’a pas d’intentions politiques d’établir la justice sociale  ». Des intentions politiques qui doivent être portées par les citoyens eux-mêmes, pour Sophie Mazas. « On appelle tout le monde à rejoindre des syndicats, des associations et à participer à cette réflexion pour repenser notre mode de fonctionnement et ensuite porter nos revendications.  »

  • La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    Nous ne laisserons jamais déposséder l’UL CGT d’Arles de la Bourse du travail qu’elle occupe depuis 126 ans », assène Nathalie Bazire, secrétaire confédérale de la CGT lors de la conférence de presse, vendredi midi, à la Bourse du travail d’Arles. Les six unions départementales de la région, le comité régional et plusieurs syndicats CGT en lien avec le sujet de la défense ont participé à une journée d’étude sur la paix et le désarmement à la Bourse.

    Un lieu hautement symbolique. « Il faut bien comprendre la détermination de l’ensemble de la CGT à défendre cet outil de lutte qu’on occupe depuis 126 ans », explique Nicolas Bourcy, secrétaire de l’Union locale CGT d’Arles, au regard des menaces répétées du maire Patrick de Carolis (Horizons) d’expulser le syndicat pour y implanter de l’Office de tourisme.

    En réponse, la CGT a adressé début février un courrier au préfet de région, Jacques Witowski, pour y dénoncer « la volonté de Patrick de Carolis de réduire notre activité syndicale et d’invisibiliser la CGT » lorsqu’il propose « deux bureaux de 11m² chacun » en remplacement de la Bourse du travail. « Nous envoyons un message à Patrick de Carolis : il prendrait une lourde responsabilité à s’en prendre à l’une des dernières organisations en capacité de réunir autant de monde pour préserver la paix et la démocratie », complète Nathalie Bazire, « ce serait un signe énorme politiquement à l’encontre de l’organisation qui a la paix entre les peuples pour étendard ».

    Meeting régional

    pour la paix

    C’est en ce sens qu’à l’avant-veille du second tour des élections municipales, Nicolas Bourcy indique que « l’union locale CGT d’Arles, en toute indépendance politique mais non neutre, appelle à voter pour l’Union pour Arles, seule liste à défendre l’UL CGT dans son programme » pour conserver cet outil.

    Un outil qui a permis l’échange. Patrice Kantarjian, secrétaire régional de la CGT Paca, parle d’une « cinquantaine de conflits dans le monde », citant le ministre allemand appelant sa population à se préparer à la guerre, Emmanuel Macron « disant que les dividendes de la paix, c’était terminé » en 2025, ou le général Mandon pour qui la France devait « accepter de perdre ses enfants ».

    « La guerre est une perspective sérieuse, une opportunité économique pour le grand capital, dans une crise qu’il a du mal à dépasser autrement que par la guerre et le fascisme », analyse le syndicaliste, dans une « Région qui se positionne clairement pour ». Surtout au regard de Toulon défense event le 23 avril. « C’est la première fois qu’un général est recruté par France Travail pour aller chercher des jeunes pour les industries de l’armement et l’armée », remarque Nathalie Bazire, annonçant « une initiative régionale, sans doute sous la forme d’un meeting, pour que la voix des travailleurs s’exprime face à l’idéologie dominante de la guerre « inévitable et bénéfique» » qui se tiendrait à Toulon, le 23 avril.

    Dans les Bouches-du-Rhône, un premier rendez-vous pour la paix a lieu le 28 mars à 10h sous l’ombrière du Vieux-Port à Marseille à l’initiative de l’UD CGT 13 répondant à un appel confédéral.

  • Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    « Nous voulons que la mobilisation devienne nationale pour les jeunes », revendique Patrick Moreno, professeur d’anglais depuis 2003 et responsable FO au lycée Jean-Perrin (10e). Des professeurs réunis avec les sections syndicales, Snes-FSU, CGT Educ’Action et SNFOLC du lycée qui étaient en grève, jeudi 19 mars.

    Ils ont été prévenus en février de la suppression de 121 heures de la dotation globale horaire (DGH) allouée par le Rectorat de l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée prochaine. Ce jeudi matin, devant les grilles de l’établissement, une quarantaine d’entre eux tractaient et ont pris la parole à destination des élèves. « Cette journée a été mobilisatrice », se satisfait Patrick Moreno. « Les étudiants commencent à s’intéresser à la mobilisation et à avoir les informations », s’enthousiasme une professeure d’anglais.

    « Le ministère n’est pas à l’écoute »

    Teresa et Christell, représentantes des parents d’élèves du Mouvement départemental des parents d’élèves de l’enseignement public des Bouches-du-Rhône (MPE13) s’inquiètent de l’impact de cette baisse de moyens sur leurs enfants, leurs apprentissages et leur futur : « Ce qui en découle, ce sont des classes surchargées ou même des suppressions de classes et de professeurs », soulignent-elles. Alors que chaque année, le lycée accueille une centaine d’élèves en plus. Elles se désolent de voir que « le ministère n’est pas à l’écoute, l’Éducation nationale s’affaiblit » et les « élèves ne sont pas mis au centre de la table ».

    Des enseignants du lycée et les syndicats exigent auprès du Rectorat, le maintien de toutes les heures supprimées, le maintien de toutes les classes, tous les dédoublements et le maintien ou l’augmentation des moyens horaires à hauteur des besoins des élèves.

    Rassemblés en assemblée générale, les syndicats, représentants des parents d’élèves, représentants des lycéens et enseignants grévistes ont voté unanimement pour être reçus par l’administration de l’établissement sur ces suppressions d’heures. Un conseil d’administration du lycée devrait d’ailleurs avoir lieu le 30 mars sur la répartition des moyens pour la rentrée 2026.

    Une demande d’audience auprès des services du Rectorat avait été déposée pour ce jeudi 19 mars, et a été « relayée à trois reprises » selon Patrick Moreno. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ils n’ont pas obtenu de retour. Contacté, le Rectorat n’a pas souhaité se prononcer en raison de la période de réserve électorale.

    La suppression de 3 256 postes annoncée, dans le projet de loi de finances 2026, du personnel enseignant de l’Éducation nationale à la rentrée prochaine impacte directement les établissements et les élèves. Jean-Michel, professeur en génie mécanique à la Section d’enseignement professionnel (SEP) et syndicaliste à la CGT Educ’Action, affirme que le retard de vote du budget pour 2026 a « un effet boule de neige » sur les décisions et les moyens alloués.

    « Situation de pourrissement »

    « Solidaire » avec ses collègues, c’est ce que souhaite montrer Bastien, professeur de lettres et histoire en SEP. Même si cette section n’est pas concernée par les baisses, il déplore tout de même « le manque de moyens mis en œuvre » pour répondre aux besoins particuliers des élèves en situation de handicap. « Avec une classe de 30 élèves, nous sommes censés être en demi-groupe, mais nous sommes en classe entière et il y a un manque de matériel pédagogique », explique-t-il.

    « Le budget pour l’économie de guerre augmente, mais les coupes sont drastiques pour les hôpitaux et l’éducation », s’indigne Patrick Moreno. « La jeunesse a raison de se mobiliser, c’est une situation de pourrissement », conclut-il. Il aimerait que les lycéens de Jean-Perrin s’organisent pour faire entendre leur voix dans ce mouvement.

    La mobilisation se poursuit dans le département. L’intersyndicale éducation des Bouches-du-Rhône appelle à la grève le jeudi 26 mars avec un rassemblement à 11h aux Réformés, suivi par une manifestation jusqu’à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN) et à 14h une assemblée générale des personnels en lutte à la Bourse du Travail pour décider des suites.

  • [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    Le soleil pointait tout juste le bout de ses rayons ce vendredi 13 mars qu’une centaine de personnes se sont rassemblées devant la direction académique de Vaucluse. Ils manifestaient à l’appel d’une intersyndicale constituée de l’Unsa, de la CGT Éduc’action, du Snudi FO et de la FSU contre le projet de « départementalisation du remplacement » dans le premier degré.

    Car aujourd’hui, les enseignants remplaçants sont répartis par circonscription. Mais une réforme portée au niveau national souhaite mettre en place en Vaucluse une fusion des titulaires remplaçants (TR), qui interviennent sur des remplacements plutôt courts au sein d’une zone précise et sont rattachés à une école, et des brigades départementales. Ce qui conduit à un remplacement possible dans n’importe quel établissement de Vaucluse à partir de la rentrée de septembre 2026 en l’état. À l’image de Nicolas Jousselme, remplaçant TR. « Je suis dans une zone réduite car souvent, on m’appelle le matin même pour remplacer une absence. Je connais les écoles, les classes, les équipes et c’est bien mieux pour les enfants que si j’arrive dans une ville et un établissement que je ne connais pas », explique-t-il. Et de rajouter « que si on est amené à faire de la distance, on va accumuler de la fatigue, ce qui aura des conséquences sur notre vie personnelle aussi ». « Comment feront les collègues pour aller chercher leurs propres enfants s’ils ont une heure de route ? », s’interroge Tanguy Langlet, secrétaire départemental de Force ouvrière Enseignement. « C’est la souffrance au travail qui augmente. Les gens vont craquer les uns après les autres si on met ce système en place », ajoute Mélanie Saïsse, cosecrétaire à la CGT Éduc’action.

    Plus de postes

    Devant les manifestants, les différents responsables syndicaux ont successivement pris la parole pour évoquer les revendications avant d’aller à la rencontre de la direction académique dans la matinée. Parmi lesquelles le maintien des titulaires remplaçants dans une circonscription précise. « Rien n’oblige réglementairement le directeur académique à ne faire qu’une seule zone de remplacement », assurent les syndicats.

    Mais aussi la création de postes de remplaçants. Car il en manque cruellement sur le territoire, comme dans le reste de la France. Les syndicats estiment qu’en Vaucluse, il manque 50 remplaçants dans le premier degré. « On nous fait croire que cette réforme va résoudre la crise du remplacement. Mais elle vise avant tout à accroître la flexibilité et réaliser des économies budgétaires », assure la CGT Éduc’action. « Elle a déjà été mise en place dans le Gard et ça n’a aucunement résolu les problèmes », insiste Tanguy Langlet. Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Aurélie Grach en lutte pour mieux vivre à Port-Saint-Louis

    Aurélie Grach en lutte pour mieux vivre à Port-Saint-Louis

    « La mairie n’est pas simplement une administration qui gère le quotidien, mais une force politique qui défend sa population et se bat pour son territoire », défend Aurélie Grach (DVG) lors de son meeting de 1er tour mercredi soir. La salle Pagnol était remplie à l’appel de la liste d’union de la gauche hors LFI.

    La candidate a déroulé sa vision de Port-Saint-Louis, « une ville construite par le travail, les ouvriers, les dockers, les pêcheurs, par les familles de tous horizons, une histoire de lutte et de dignité ». Une histoire qui se poursuit lorsque l’assistante sociale de métier rappelle que « le personnel de la maison de retraite souffre, cumulant fatigue, absences et épuisement professionnel depuis plus d’un an et demi » alors qu’il n’y a « plus de cadre de santé et que la seule infirmière est en arrêt ».

    Dans ce contexte, son colistier Jonathan Poutet fustige l’absence du maire (DVD) Martial Alvarez dans « la lutte sans relâche menée par les unions locales CGT du bassin pour le Centre hospitalier de Martigues » dont Port-Saint-Louis et l’Ehpad local dépendent.

    « L’Ehpad, c’est nous »

    Jonathan Poutet affirme que les syndicats « ont arraché 60 millions d’euros pour les urgences par la lutte appuyée par les maires progressistes », déplorant que « le maire manquait à l’appel et qui ne s’est jamais manifesté » sur le sujet, selon le candidat. Sa colistière Valérie Coulomb abonde : « Aucun élu de la majorité ne s’est déplacé quand le personnel de l’Ehpad a alerté la population sur le manque de moyens et les conditions de travail. » Et tient à « rétablir à notre tour la vérité » sur la santé, pointant « une promesse d’un plan de redressement du centre médical Joliot Curie et d’un centre d’imagerie à une semaine du premier tour. C’était sur son tract en 2020 ! ». L’infirmière de métier l’assure : « Nous avons déjà pris des contacts » pour refinancer le centre médical et « créer un forum santé pour rencontrer les professionnels » et les attirer.

    Nicolas Trapet, docker et amateur de football, déplore aussi « un maire qui ne veut jamais nous écouter » quand « ça fait des années qu’avec la FCPE on se bat pour installer la clim dans les écoles qui sont des fours dès le mois de mai ». « On nous parle de pièces fraîcheur, donc nos gamins subissent et fatiguent toute la journée et pendant un quart d’heure au frigo ? Ils méritent mieux ! », tance le colistier.

    « C’est pour vous qu’on ne lâchera rien », promet Aurélie Grach, en conclusion.

  • La CGT des services publics monte au créneau

    La CGT des services publics monte au créneau

    L’Union départementale et son collectif services publics jugent nécessaire d’intervenir dans la campagne des élections municipales », campe Frédéric Larrivée, pour la CGT des Finances publiques du département, ce mardi, aux côtés des représentants des travailleurs de différents pans des services publics.

    Tous portent le même message en vue du premier tour, ce dimanche : « Il y a la possibilité d’avoir un relais au rapport de force. » Et, in fine, que l’élection des maires, « premier échelon politique », est cruciale sur bien des aspects pour le monde du travail comme pour les administrés. « Il y a des règles d’injustice fiscale, au national comme au local », entame Frédéric Larrivée, prenant l’exemple de la taxe foncière, compétence municipale. Monia Haddaoui, pour la CGT Éduc’Action 13, abonde avec l’exemple de « la loi pour le statut des AESH [accompagnants d’élèves en situation de handicap, Ndlr] refusée par les sénateurs ». Lesquels sont élus par les grands électeurs et représentent les collectivités.

    Le lien est tout trouvé avec l’alerte de la CGT Métropole AMP : « La montée du fascisme pourrait donner un représentant de l’extrême droite à la tête de l’établissement », s’inquiète Dominique Maccari pour le syndicat. Car la composition de l’hémicycle métropolitain dépend des municipales. « La question du visage politique qu’aura la Métropole peut entraîner une vraie baisse de moyens via les dotations aux communes », ajoute Véronique Dolot, de la CGT AMP.

    « L’extrême droite,

    c’est du recul social »

    Laquelle craint « des mesures dont l’objectif serait d’affaiblir tout bloc d’opposition aux idées fascistes ». Johnny Benoît, pour les agents territoriaux du Département, en sait quelque chose : « Quand une collectivité est gérée par l’extrême droite, c’est du recul social. À Marignane, la priorité est d’investir dans la levée de drapeau et les uniformes plutôt que de rénover le bâti scolaire. »

    Même inquiétude à l’hôpital, avec la CGT de l’AP-HM (Assistance publique – Hôpitaux de Marseille) qui dénonce un potentiel relais des politiques libérales dans la santé : « Les conseils de surveillance des hôpitaux publics sont présidés par les maires. C’est là que se votent les budgets et se décident les orientations », conclut Greg Fontaine pour l’organisation.

    Amaury Baqué
  • [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    La Marseillaise : L’UD a réalisé un vaste document sur les élections municipales, quel est le sens de cette initiative ?

    Marc Pietrosino : La CGT n’est pas neutre. Nous sommes en contact permanent avec les salariés du département, nous avons donc une vision pour améliorer le quotidien des travailleurs dans le cadre de ces élections. Cette campagne pour le scrutin n’aborde pas toujours de la bonne manière toutes les compétences des communes. À partir de celles-ci, l’idée était de mettre sur la table notre vision des choses, de donner des pistes, aux différents candidats, hors RN et extrême droite évidemment. Et cela fait écho à d’autres travaux d’organisations syndicales CGT, comme ceux de nos camarades de la Métropole ou de la santé, qui ont interpellé les candidats, dans leur domaine de compétence. Pour l’Union départementale, nous avons une démarche globale. Nous aimerions d’ailleurs que les candidats, a minima les progressistes, se positionnent sur nos propositions.

    Vous abordez largement la réindustrialisation, qui n’est pas une compétence directement municipale, qu’attendez-vous des candidats sur le sujet ?

    M.P. : Nous appelons les candidats à se saisir des problématiques industrielles. Je prends l’exemple d’Arcelor : toutes les collectivités doivent être à l’unisson pour accompagner la décarbonation, pour sauver l’usine. Nous avons besoin d’acier en France. Par extension, pour décarboner nos industries et les activités maritimes, on va être obligé d’avoir une alimentation massive en électricité. En ce sens, la ligne Très Haute Tension [projet de ligne de 300 000 volts entre Jonquières et Fos, Ndlr.] doit se faire dans le respect des normes environnementales, en concertation, en n’opposant pas industrie et écologie. Mais je préviens les candidats et futurs élus : si on ne veut pas finir dans le tout-tourisme, il faut cette ligne. Plus globalement, il faut qu’ils activent tous les leviers pour qu’on ne loupe pas ce tournant : sur les services publics qui doivent suivre, la demande en logement… Ils ont une grande responsabilité pour l’avenir de la zone. Par contre, nous avons été très déçus par la campagne pour le volet activité portuaire de notre département. Il y a eu de grosses attaques sur les bassins Est de Marseille. Le candidat RN propose la construction d’une marina, ce qui équivaut à supprimer 15 000 emplois. Et une déception vis-à-vis des candidats progressistes qui ne parlent du port que pour donner des accès à la mer et de nouvelles plages.

    Printemps Marseillais comme LFI parlent de l’emploi comme une priorité sur le port…

    M.P. : Nous sommes heureux quand ils affirment que c’est une priorité. Mais nous avons été surpris par les positions voulant donner de nouveaux accès à la mer au détriment des activités. Nous veillerons à ce qu’ils réaffirment ce soutien à l’emploi.

    Vous évoquez aussi les attaques sur les Bourses du travail, comme à Arles. C’est un exemple des politiques antisociales qui peuvent être menées contre les travailleurs par les mairies ?

    M.P. : Avant d’attaquer frontalement les salariés, ils s’attaquent d’abord aux corps intermédiaires, aux contre-pouvoirs, aux représentants des salariés. Priver les syndicats de leurs lieux de vie historiques n’est pas anodin. Cela revient à les empêcher de travailler, c’est une façon d’annihiler ceux qui défendent les intérêts des travailleurs. Et par ricochet, les droits de ces derniers. Les maires progressistes doivent sanctuariser les Bourses. L’exemple d’Arles est parlant : De Carolis est dans la ligne droite de la macronie, son gros chantier à Arles a été d’attaquer la Bourse du travail… Pour vouloir en faire un office de tourisme, ça en dit long.

    Dans cette lignée, il y a déjà eu des mairies passées aux mains de l’extrême droite dans le département, quelles conséquences pour les travailleurs ?

    M.P. : Les camarades de la fonction publique pourraient expliquer longuement ce qu’ils ont subi durant les mandats de l’extrême droite, à Marignane ou Vitrolles il y a quelques années… Ce sont des mises au placard, un management détestable, une politique qui n’est pas au service des citoyens. Si on a le malheur d’en avoir d’autres après ce scrutin, on ne fuira pas, on combattra et on montrera qu’une autre voie est possible.

    Vous appelez les militants à soutenir les listes progressistes au regard du danger de l’extrême droite dans certaines communes ?

    M.P. : Quand les forces progressistes réussissent à s’entendre, on appellera toujours à voter pour celles-ci. Bien souvent, leur programme reprend ce que l’on demande syndicalement, on aurait donc tort de ne pas les soutenir. Pour le cas des listes dispersées, nous appellerons au rassemblement des forces progressistes au second tour face à l’extrême droite.

    Vous tirez la sonnette d’alarme sur le logement, vous revendiquez plus de logement social ? Quid de l’encadrement d’Airbnb ?

    M.P. : Il y a deux aspects : certaines communes jouent le jeu du logement social, d’autres préfèrent payer des pénalités plutôt que d’en avoir. Nous enjoignons les communes à être dans les clous au niveau de la loi. Et à bâtir des logements sociaux partout sur le territoire. Nous avons le droit d’avoir des logements sociaux près de la plage, dans des communes dites touristiques. D’où le lien avec une autre problématique : celle des plateformes comme Airbnb. Il faut vraiment les encadrer, que les maires privilégient les logements pour ceux qui travaillent et vivent dans leur commune. Le nombre de logements de ces plateformes, dans certaines villes, provoque une hausse des prix de l’immobilier et empêche les travailleurs de s’y loger. Le logement est une compétence de la municipalité, les maires doivent agir dans ce domaine.

    Il y a tout un panel de revendications pour « renverser la fragilisation des services publics », comment faire ?

    M.P. : Nous devons avoir une fonction publique territoriale forte, qui ne délègue pas au privé. Cela passe par une fin des emplois précaires, le recours à des contractuels. Les partenariats public-privé se résument par « financement par le public et bénéfice pour le privé ». De fait, nous sommes favorables aux régies publiques. Avoir l’eau en régie publique, c’est une eau moins chère pour les citoyens, et de meilleure qualité. Pareil pour la restauration scolaire : il faut sortir de cette privatisation à tout va. Ce n’est que par des régies publiques qu’on pourra avoir une alimentation saine et équilibrée pour nos enfants dans les écoles. C’est une question de contrôle citoyen sur le service en question.

    Vous vous inquiétez aussi de l’enjeu métropolitain ?

    M.P. : C’est un scrutin dans le scrutin. La couleur politique qui sortira des différentes élections municipales, aura une influence directe sur la couleur politique de la Métropole. Et quand on connaît les prérogatives de cette dernière, notamment en matière économique, ça ne sera pas la même chose d’avoir une métropole majoritairement à gauche ou à droite. Le pire serait d’avoir une Métropole aux mains du RN. Ce serait une catastrophe pour le développement de l’emploi.

  • L’Union locale CGT de Port-de-Bouc vote Laurent Belsola

    L’Union locale CGT de Port-de-Bouc vote Laurent Belsola

    Une communication sans équivoque. L’Union locale CGT des syndicats de Port-de-Bouc a diffusé sur les réseaux sociaux, ce lundi 9 mars, un tract au message clair : « Le 15 mars, votez pour la liste “Avec Laurent Belsola, poursuivons de l’avant”. »

    Une montée au créneau loin d’être anodine à moins d’une semaine du premier tour : « Les municipales auront lieu dans un contexte de poursuite des attaques sociales menées contre les droits des travailleurs. Elles seront déterminantes : la commune peut être soit un rempart face à l’austérité, soit en devenir le relais. » Pour rappel, les travailleurs de Port-de-Bouc devront choisir entre le maire sortant, Laurent Belsola (PCF) et son opposant Pascal Spanu (DVD).

    Des valeurs communes

    D’où l’explication de l’organisation syndicale : « Le candidat de l’opposition, parrainé par le Rassemblement national et proche de l’union des droites, porte un projet dangereux.» Une référence au soutien du « RPR », mouvement fondé par le député d’extrême droite Franck Allisio à Pascal Spanu. Ce dernier porterait un projet avec « les mêmes logiques de régression sociale que le gouvernement macroniste : réforme des retraites, de l’assurance chômage, de la santé, etc.»

    A contrario, « la candidature communiste conduite par le maire sortant, Laurent Belsola s’inscrit dans une continuité claire : celle des valeurs de solidarité, du vivre ensemble, de défense des services publics et de progrès social », juge l’UL CGT. Des valeurs évidemment communes avec celles de la CGT. Qui conclut : « Nous sommes attachés à une politique municipale dans l’intérêt de toutes et tous, nous appelons à soutenir une équipe engagée pour l’intérêt général ! »

  • Rassemblement pour défendre la semaine de 4 jours à Avignon

    Rassemblement pour défendre la semaine de 4 jours à Avignon

    C’est dans cet esprit que le comité 4 jours a organisé, samedi matin, un rassemblement pour réclamer le retour de la semaine à 4 jours à l’école. « Parce qu’il ne revient pas aux élus politiques locaux de fixer la semaine scolaire à leur guise, ni de faire subir aux personnels des règles locales », souligne aussi le syndicat FO éducation qui milite pour cette mesure.