Tag: syndicats

  • Des rencontres économiques très politiques

    Des rencontres économiques très politiques

    « Naviguer dans un monde sans repères. » C’est le thème de l’édition 2026 des rencontres économiques d’Aix-en-Provence qui se tient du 2 au 4 juillet. Avec le conflit au Moyen-Orient « qui sera très présent » et au sortir d’un épisode caniculaire historique en France, « la multiplication des tensions, des complexités du monde rend ces Rencontres d’Aix assez exceptionnelles », a estimé Jean-Hervé Lorenzi, président de ce forum organisé par le Cercle des économistes.

    Pourtant la boussole de la plupart des 400 intervenants et 8 000 participants attendus, du patron de Total Énergie, Carrefour, Veolia à celui de Suez, la boussole est claire : celle du profit. Au fil des débats, ce rendez-vous sera l’occasion notamment pour Patrick Martin, président du Medef, de reposer les bases : remettre la pression sur la réforme des retraites en remettant les 60-65 ans au boulot et démonter notre système de protection sociale en allégeant les cotisations patronales, explique-t-il à nos confrères de la Provence ce mardi 30 juin.

    Le monde de la finance ne manquerait évidemment cette sauterie pour rien au monde avec la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, une fidèle, le nouveau gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin ou le président de l’Eurogroupe et ministre des Finances grec Kyriakos Pierrakakis. Le secteur bancaire et financier sera aussi très présent représenté notamment par Daniel Baal (Crédit Mutuel/CIC), Slawomir Krupa (Société Générale), Thomas Buberl (AXA) ou Nicolas Namias (BPCE).

    En face, les représentants de trois centrales syndicales, Sophie Binet pour la CGT, Caroline Chevé pour la FSU et Frédéric Souillot pour Force ouvrière, tenteront de remettre le concept du droit au travail et de dialogue social au cœur des débats. La première participera à une plénière sur le thème « produire français, gage de souveraineté » face à Patrick Martin, la deuxième interviendra sur « formation et révolution des métiers » et le dernier défendra le rôle des corps intermédiaires… savamment sapé par les quinquennats d’Emmanuel Macron. À moins d’un an de la présidentielle, justement, nombre de personnalités politiques et candidats, déclarés ou non, seront présentes dans ce temple du libéralisme.

    Hollande, Philippe

    et Tondelier de la partie

    On retrouve là le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, et son concurrent Édouard Philippe (Horizons), ou Marine Tondelier (Les Écologistes) et Dominique de Villepin, qui ne s’est pas encore déclaré mais regorge néanmoins d’idées sur un potentiel programme économique pour le pays. L’ex-président socialiste François Hollande, l’ex-Première ministre Élisabeth Borne, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, ou encore la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, seront également de la partie.

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est lui attendu jeudi, quelques jours avant une réunion ou plutôt « un comité d’alerte » qu’il présidera le 7 juillet, pour faire un point d’étape, avec l’annonce attendue de nouvelles économies, avant la présentation à la mi-juillet des grandes lignes du budget 2027.

    « On a mis un énorme effort sur deux sujets, l’international, puisque nous avons 55 think tanks qui viennent du monde entier, et sur la jeunesse », avec plusieurs sessions qui lui seront consacrées, précise Jean-Hervé Lorenzi. Une jeunesse dont ce forum économique entend « mettre en lumière les attentes, les fragilités et aspirations », bien conscient qu’il va falloir « intégrer ceux qui seront les acteurs de demain » pour faire perdurer le système… Quelque 250 jeunes lanceront aussi une initiative, « Jeunesse 2027 », avec l’université d’Aix-Marseille, pour élaborer des propositions qu’ils souhaiteraient voir émerger dans le débat de la présidentielle (lire également ci-contre).

    En parallèle, dans la ville, se tiendront plus de 45 événements et ateliers couvrant toute une programmation pédagogique et culturelle (ciné-débats, expositions, représentations théâtrales) dans divers lieux d’Aix. L’objectif affiché : « faire descendre l’économie dans la rue ». En 2025, l’événement avait attiré près de 8 700 participants.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des créations de classes insuffisantes pour la FSU

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des créations de classes insuffisantes pour la FSU

    Les syndicats Snes-FSU et Snep-FSU des Alpes-de-Haute-Provence étaient à la Direction de services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) de Digne-les-bains, ce mardi. En cause ? La suite du mouvement de contestation de la baisse des moyens dans les collèges et lycées. « Au mois de mars, nous avions fait une opération collèges morts, aujourd’hui, on avait une réunion pour savoir ce qu’il s’était passé depuis », relate Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU et enseignant à Forcalquier. Une réunion avec des annonces plus ou moins positives : « Ils ont annoncé la création de cinq classes dans les collèges, mais en ont supprimé une autre. »

    « Rentrée catastrophique »

    Dans le détail, selon le syndicaliste, les collèges de Sainte-Tulle, Château-Arnoux-Saint-Auban, Forcalquier auront une classe en plus, et deux pour celui de Gassendi à Digne. Tandis que la suppression de classe concerne le collège Le Mont d’Or. Mais pas de quoi sauter au plafond : « Ils en avaient tellement supprimé au départ que ça reste une rentrée catastrophique pour nous. » Snes-Fsu et Snep-FSU décomptent à la fin « trois en classe en moins » pour la prochaine rentrée. « Cela fait des années que notre ministère publie le fait que nous sommes les derniers en Europe pour les effectifs par classe. La moyenne européenne est de 21 élèves, dans notre département, il manque donc 40 classes pour qu’on soit dans cette moyenne », dénonce Lionel Lasfargues. Plus globalement, il pointe des calculs arrangeant pour l’administration : « Ils prévoient 35 élèves en moins pour la rentrée prochaine, mais ils suppriment trois classes ! »

  • Les syndicats dénoncent une école inclusive à l’abandon

    Les syndicats dénoncent une école inclusive à l’abandon

    À Marseille, la FSU, la CGT Éducation 13, SUD Éducation et la FCPE ont organisé une conférence de presse commune, vendredi à la Bourse du travail, pour dénoncer le fait de ne pas avoir été invités à la 5e Conférence nationale du handicap (CNH). Ce rendez-vous, prévu le 25 juin sous la présidence du chef de l’État, a finalement été reporté, sans nouvelle date. Créée par la loi de 2005, cette conférence fixe pourtant, tous les trois ans, les grandes orientations de la politique du handicap, y compris à l’école.

    Pour les syndicats, ne pas être invités est « inacceptable », puisqu’il s’agit de « ne pas convier les personnels de l’éducation qui tiennent à bout de bras l’école inclusive au quotidien ». Vingt ans après la loi de 2005, le constat reste sévère : la Cour des comptes pointait déjà, en septembre 2024, un manque de formation des enseignants et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), qui revendiquent un statut de fonctionnaire et une gestion plus humaine. Dans les Bouches-du-Rhône, les syndicats dénoncent des réseaux d’aides spécialisées (Rased) à bout de souffle et le manque de dispositifs spécialisés, notamment d’Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis). Selon Élodie Boussarie, enseignante spécialisée et militante à SUD Éducation, une quarantaine de postes d’enseignants auraient disparu dans le département, dont dix gelés à Marseille. À l’échelle nationale, elle évoque « 50 000 enfants qui étaient sans solution pour aller à l’école à la rentrée 2025 ».

    Des moyens humains insuffisants

    Côté AESH, Laurence Casandri, qui accompagne des élèves en Ulis à Port-de-Bouc, décrit un métier précaire : « La majorité d’entre nous gagnent entre 900 et 1 000 euros. » Elle évoque aussi une charge de travail épuisante, qui a fortement augmenté et pousse beaucoup d’entre eux à démissionner : « Avec un même contrat de 24 heures, on peut aujourd’hui suivre dix à quinze élèves, contre deux ou trois à ses débuts en 2009, faute d’assez de personnel. »

    Les syndicats critiquent aussi les Pôles d’appui à la scolarité (PAS) qui, selon eux, récupèrent des postes déjà existants au lieu de créer de nouveaux moyens. Ils demandent notamment moins d’élèves par classe, un véritable plan de formation pour les enseignants spécialisés, un statut pour les AESH et un renforcement de l’intervention du médico-social directement au sein des établissements scolaires.

    Sur le terrain, ce manque de moyens se traduit par des enfants qui peinent à suivre un enseignement correct. C’est le cas de Nils, 7 ans, atteint de troubles du spectre autistique et de TDAH. Sa mère, Sandra Manitch, raconte deux années de maintien en maternelle à l’école Château Saint-Cyr, à Marseille, puis un refus d’intégration en Ulis faute de place, sans aucune explication. Sa notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) prévoit pourtant 12 heures d’accompagnement AESH par semaine. Résultat : à la rentrée, en CP, Nils sera déscolarisé à mi-temps, faute de moyens suffisants pour l’accompagner toute la journée. « C’est la débrouille pour les directrices, pour les maîtresses, pour les parents, pour les enfants. Tout le monde doit se débrouiller tout seul », confie-t-elle.

    Les syndicats appellent désormais à une mobilisation commune pour faire entendre la voix des personnels et des familles, notamment lors de la prochaine CNH.

  • Un énième projet de loi qui porte atteinte à un appareil judiciaire grippé

    Un énième projet de loi qui porte atteinte à un appareil judiciaire grippé

    Alors que le débat se poursuit à l’Assemblée nationale, dès ce mardi, sur le projet de loi sur la justice criminelle, l’ensemble des barreaux de France, rejoint par les syndicats de magistrats, ont appelé à une nouvelle journée « justice morte », ce lundi 29 juin.

    La mobilisation a déjà permis « de conduire au retrait de la “CRPC criminelle”, sa mesure phare », pose en préambule Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau phocéen, face à une bonne cinquantaine de robes noires rassemblées sur les marches du Palais Monthyon. Mais pas question de se « satisfaire » de la disparition du plaider-coupable, estime-t-elle, pointant le délai de recours aux nullités de procédure réduit de 6 à 3 mois et un texte qui « permet de régulariser des détentions pourtant irrégulières ». Comme le projet de loi Ripost, « le texte vise à entraver le contrôle du juge », poursuit le vice-bâtonnier Jean-Michel Ollier, pointant un « changement de paradigme » qui « fragilise gravement une protection essentielle dans un État de droit ».

    Surtout, cette mobilisation intervient dans un contexte « assez chargé du point de vue judiciaire », rappelle Laurence Blisson, déléguée du Syndicat de la magistrature à Marseille.

    Une procédure pénale « faite d’équilibres »

    Au-delà d’une loi Sure (Sanction utile, rapide et effective) qui oublie « le fait que la procédure pénale est faite d’équilibres » et facilite « le recours aux cours criminelles départementales contre lesquelles on s’est élevé dès le départ en disant que juger les crimes, ça nécessite du temps, la présence des citoyens », estime-t-elle, au-delà d’un projet de loi Ripost qui pénalise « toute une série d’actes d’une gravité tout à fait dérisoire par rapport aux questions de protection de l’enfance qui sont aujourd’hui au cœur des débats », la juge aux affaires familiales inscrit aussi ce rassemblement dans « les suites de l’affaire Lyhanna ».

    Pour la responsable syndicale, « au plus haut niveau de l’État, Gérald Darmanin, comme le président de la République, ne peuvent ignorer l’état dans lequel se trouvent les services de police judiciaire et ne peuvent pas dire qu’ils ont fait de la protection de l’enfance une priorité. C’est factuellement faux ». Elle cite le communiqué de l’Association nationale de police judiciaire, selon laquelle il manque 12 000 officiers de police judiciaire pour réellement prioriser les faits criminels touchant à la protection de l’enfance.

    « La vraie question, aujourd’hui, est de parler des problèmes de moyens », martèle le délégué syndical de l’Union syndicale des magistrats à Marseille, pour qui « on doit aux justiciables une justice de qualité, qui permette aux gens d’avoir des réponses rapidement ». Avec quatre fois moins de procureurs que dans le reste de l’Europe, et deux fois moins de juges du siège, le chemin risque d’être encore long…

  • À Toulon, les employés de Brico Dépôt suivent le mouvement de grève national

    À Toulon, les employés de Brico Dépôt suivent le mouvement de grève national

    Comme dans tout ou partie des 124 magasins de l’enseigne, les employés de Brico Dépôt Toulon ont fait part de leur colère vendredi. « Nous sommes tous en grève, le magasin tourne avec des intérimaires », indique Christophe Laurent, vendeur et secrétaire CSE. En cause, des salaires qui ne suivent pas l’inflation et l’augmentation du SMIC de 2,41 % réalisée en juin. « Le SMIC a rattrapé les salaires les plus bas. Il n’y a plus de différence entre un nouvel arrivant et certains qui ont cinq à dix ans d’expérience et qui sont encore sur de bas coefficients bas », dénonce-t-il.

    Négociations nationales en cours

    Les conditions de travail sont aussi pointées du doigt, avec de nouveaux plannings « très aléatoires, gérés par un logiciel, qui suivent la fréquentation. Avant, on avait des équipes du matin et de fermeture, là on peut faire un matin, une journée, une fermeture dans la même semaine. Même les congés sont gérés par un logiciel, ça nuit à la liaison vie privée-vie professionnelle », souligne Nicolas Thibault, responsable CGT Brico Dépôt.

    Mis en cause également le manque de personnel, les démissions se succédant, et la charge de travail augmentant inexorablement, faute de remplacement. « Ça commence à faire beaucoup dans la même année. C’est pour ça que ça mobilise quasiment tout le monde », appuie Nicolas Thibault.

    En conséquence, plusieurs demandes ont été faites au niveau national par les syndicats : une revalorisation de 5%, une prime d’intéressement annuelle de 1 000 euros, une prime carburant et des embauches immédiates. Si les négociations, qui doivent être finalisées d’ici la semaine prochaine, n’aboutissaient pas, le mouvement pourrait être reconduit.

  • Le plan Horizon 2035 alarme les hospitaliers aixois

    Le plan Horizon 2035 alarme les hospitaliers aixois

    Alors que se tenait le conseil de surveillance du Centre hospitalier d’Aix-en-Provence-Pertuis (Chapp), où siègent notamment son directeur, Francis Saint-Hubert, et la maire, Sophie Joissains, une cinquantaine de personnels hospitaliers se sont engouffrés dans la séance pour exprimer leur inquiétude.

    Le 16 juin, lors du comité social et économique (CSE), le plan « Horizon 2035 » a été présenté aux organisations syndicales. Son contenu a immédiatement conduit les syndicats FO et CGT à coorganiser une action coup de poing. Ce jeudi, en début d’après-midi, représentants syndicaux et personnels étaient rassemblés sur le parvis des locaux administratifs – où élus et officiels se réunissaient – pour crier leur opposition à ce projet.

    Porté par la direction de l’hôpital, Horizon 2035 propose une « transition technologique, environnementale, sociétale et performative » de l’établissement, selon le Chapp, soit un plan qui « construit l’hôpital des dix prochaines années ».

    Pour les syndicats et les membres du personnel présents ce jour-là, cette stratégie n’est pas recevable. « Le directeur est arrivé il y a deux ans : il a ouvert les vannes (financières), on s’est demandé ce qu’il s’est passé parce que les directives gouvernementales ne changeaient pas (…). Au bout d’un an, il a dit : “on ferme les vannes”. Maintenant, on nous présente un projet qui nous demande de faire mieux, avec moins », dénonce Pascale Michaelis, pour la CGT. Elle poursuit : « Depuis des années, il manque du matériel, des médicaments, on n’arrive pas à faire des soins dans l’état où on est. Comment on va faire ? »

    « Pas de suppression

    de poste »

    Toujours au sein du syndicat CGT, on estime « qu’on ne peut pas programmer un projet d’établissement sur une boule de cristal. Les gouvernements se succèdent avec, comme objectif, de mettre à mal les hôpitaux publics. » De façon unanime, le syndicat FO et le syndicat CGT demandent que ce projet Horizon 2035 soit abandonné. « Mais aussi l’ouverture de négociations, la mise en place d’un véritable calendrier de mise en stage des personnels contractuels, le recrutement des personnels nécessaires… Il y en a ras le bol qu’on soit précarisés, qu’on tire toujours sur la corde ! », s’indigne René Salle, pour FO, qui a longuement témoigné des conditions de travail des hospitaliers, devant les élus. Les deux syndicats veulent aussi l’assurance d’un « maintien de tous les postes », possible conséquence, selon eux, de ce plan Horizon 2035.

    De son côté Francis Saint-Hubert assure que « oui, nous devons être mieux organisés. Non, nous n’allons pas supprimer de postes pour construire quoi que ce soit, parce qu’il ne s’agit pas de construire des murs et ne pas avoir de personnel dedans. » Le directeur de l’hôpital, en amont du conseil de surveillance, a d’ailleurs réexpliqué les fondements du plan Horizon 2035 qu’il porte. « Dans ce projet, il y a plusieurs volets. Un volet stratégique, un volet qualité, un volet sécurité, déroule Francis Saint-Hubert. Le cœur de ce projet, c’est le projet médico-soignant. Qu’allons-nous offrir comme service en médecine, chirurgie, obstétrique ? Comment développer l’ambulatoire ? (….) Ça nécessite qu’on réorganise nos services, qu’on travaille différemment, ça nécessite des investissements, de nouveaux équipements, qu’on revoit l’articulation de nos bâtiments, les flux, les organisations des entrées et des sorties (…). »

    Concernant le manque de visibilité financière dénoncé par les syndicats, il précise : « Régulièrement, le gouvernement accorde des crédits pour financer les investissements des hôpitaux. Si nous n’avons pas de projet, que nous ne sommes pas prêts, nous ne pouvons pas émarger sur ces crédits-là. »

    Avant les prises de paroles des syndicats devant le conseil de surveillance, le maire a assuré aux soignants qu’au « regard de ce qu’il se passe en France en ce moment, nous comprenons votre inquiétude. Nous croyons en notre projet d’établissement. Mais pour ma part, je n’accepterais jamais de suppression de poste. »

  • Les syndicats s’opposent à la fermeture de structures psychiatriques

    Les syndicats s’opposent à la fermeture de structures psychiatriques

    « Nous sommes là face aux menaces de fermeture de structures psychiatriques dans les 15e et 16e arrondissements, aux Pennes-Mirabeau et à Septèmes-les-Vallons », explique Yann Gaillard, secrétaire adjoint du syndicat Force ouvrière. Devant l’ARS Paca, les syndicats CGT et FO se sont réunis, ce jeudi 25 juin, pour dénoncer ces fermetures qui concernent à la fois des structures hospitalières et extra-hospitalières. « Nous demandons aussi un renfort d’aides-soignants afin que les pavillons d’accueil ne soient pas saturés pendant l’été », complète Pierre-Édouard Thiebaud, secrétaire général de la CGT à l’hôpital Édouard-Toulouse, lui-même aide-soignant. Pour lui, cette situation alimente un cercle vicieux : « Il n’y a pas les moyens humains nécessaires pour prendre correctement en charge les patients. Cela peut entraîner des épisodes violents qui auraient pu être évités. »

    Les deux syndicats devaient initialement être reçus ce jeudi par l’ARS Paca, mais le rendez-vous a finalement été reporté au 1er juillet. Contactée par La Marseillaise, l’ARS Paca a confirmé la tenue d’une rencontre à cette date, sans plus de commentaire.

    Un manque de moyens

    Sabine, cadre de santé à l’hôpital Édouard-Toulouse, déplore une dégradation continue des conditions de travail : « Ça fait 38 ans que je travaille et qu’on nous dit que nous sommes en déficit, qu’il faut fermer des lits. Nous n’avons plus les moyens d’offrir aux patients des soins de qualité. »

    Présent sur place pour soutenir la mobilisation, Jean-Marc Coppola, maire (PCF) des 15e et 16e arrondissements, a insisté sur les enjeux de la situation. « Il faut défendre le service public hospitalier de manière générale, mais il existe aussi de véritables enjeux autour de la psychiatrie à l’échelle nationale. Dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille, des populations fragilisées par la précarité ont besoin d’un accès à des soins de qualité. » L’élu rappelle qu’il y a une urgence à la fois pour les patients mais aussi pour les soignants, confrontés à des conditions de travail de plus en plus difficiles. Le constat est le même pour le député (L’Après) Henrik Davi : « Il faut absolument prendre en charge les personnes en souffrance. Nous avons besoin de moyens supplémentaires pour la psychiatrie, y compris hospitalière. »

    Alors que la santé mentale avait été déclarée Grande cause nationale en 2025 par le gouvernement Barnier, Yann Gaillard peine à voir des avancées. « Nous n’avons vu aucun effet de cette annonce du Premier ministre, si ce n’est des fermetures », conclut-il amèrement.

  • Stéphane Richard élu président de la CAF du Var

    Stéphane Richard élu président de la CAF du Var

    Xavier Receveur (Medef) devient, lui, le 1er vice-président du nouveau conseil d’administration, Muriel Rodrigues (U2P), 2e vice-présidente et Philippe Spaziano (FO), 3e vice-président. Pour mémoire, les administrateurs de l’organisme représentent les différentes parties prenantes concernées par les politiques

    familiales et sociales. Ils sont à ce titre représentants des salariés désignés par les organisations syndicales, des travailleurs indépendants désignés par les organisations professionnelles et des associations familiales.

  • À Manosque, des surveillants « remerciés » à cause de leur engagement

    À Manosque, des surveillants « remerciés » à cause de leur engagement

    « Pour nous, il est clair qu’on est sur une sanction, une répression syndicale », avance Florence Tibouville, co-secrétaire départementale du syndicat Sud Education. Trois surveillants du lycée Martin Bret à Manosque ont été informés lundi du non-renouvellement de leurs contrats, qui prennent fin le 31 août. « On a attendu que le non-renouvellement soit réellement posé pour actionner le préavis de grève, et cela a été le cas lundi. Les AED ont été convoqués par le proviseur et on leur a notifié leur non-renouvellement », explique Florence Tibouville. « Les arguments avancés lors de ces entretiens laissent penser qu’ils n’ont pas grand-chose à leur reprocher », selon elle.

    Un danger « grave et imminent » signalé

    Pour les deux syndicats Sud et FSU et les surveillants concernés, cela ne fait donc aucun doute : la fin de leur contrat est liée à leur rôle de « lanceurs d’alerte » et leur engagement syndical. Ils avaient notamment alerté les syndicats sur des odeurs nauséabondes causant d’importants problèmes de santé au sein de l’établissement. Cette alerte a donné lieu à un signalement de danger grave et imminent, selon Florence Tibouville. Des investigations sont en cours et n’ont pas encore pu déterminer l’origine de cette odeur et de ces désagréments. « Ce qui est inacceptable, c’est que ces lanceurs d’alerte ont permis de dévoiler de nombreux problèmes au sein de l’établissement, et au lieu de les protéger, on les remercie », estime la syndicaliste.

    Florence Tibouville explique qu’il a notamment été reproché à l’un des surveillants d’utiliser son téléphone pendant des réunions, alors qu’il l’utilisait pour prendre des notes.

    Une trentaine de personnes se sont rassemblées mardi pour soutenir les trois surveillants dont les postes sont menacés. « La moitié des personnes venues nous soutenir à la manifestation étaient des élèves », se réjouit Anthony Diaz, l’un des trois surveillants concernés. Les syndicats FSU et Sud avaient appelé à la grève et à la mobilisation.

    Contactée, la direction de l’établissement n’était pas joignable dans l’immédiat.

  • [Entretien] « Une volonté d’affaiblir la CGT et ses bastions »

    [Entretien] « Une volonté d’affaiblir la CGT et ses bastions »

    La Marseillaise : Pourquoi organisez-vous cette journée d’action à un niveau départemental et interprofessionnel ?

    Marc Pietrosino : On est un département en situation d’urgence sociale, avec beaucoup d’emplois qui sont menacés dans tous les pans de l’économie, et que ce soit dans le privé ou dans le public. Il y a beaucoup d’incertitudes : quand on regarde sur la Région Sud, notre département est un peu une exception par rapport aux autres, où il n’y a plus, ou très peu, d’industrie. Actuellement, on voit des tentatives de réorganisation économique sur le territoire : les investissements sur les industries ne sont pas à la hauteur. Avec tout ce que cela implique pour les services publics, les commerces… Et dans le même temps, on constate qu’il y a une répression accrue sur les délégués CGT dans les entreprises, qui ne font que défendre les droits des salariés. L’idée est de monter le ton avec cette journée : on réaffirme qu’on ne laissera pas ce département devenir une zone uniquement avec des emplois précaires. Et qu’on ne laissera pas nos camarades être réprimés et criminalisés.

    Quel lien entre cette répression syndicale et cette urgence sociale ?

    M.P. : C’est plus facile de faire un PSE quand il n’y a plus la CGT dans l’entreprise. C’est plus facile d’enlever des droits aux salariés quand les délégués CGT sont muselés. Et puis, ce sont des signaux politiques envoyés aux salariés. C’est une manière de leur dire « même eux, on n’a pas peur de les convoquer, de les faire condamner ». C’est une façon de régner par la peur face aux travailleurs.

    Le Grand port maritime de Marseille est une place centrale de l’économie régionale, ce n’est pas un hasard si la CGT GPMM est visée ?

    M.P. : Oui, c’est clair. Si les syndicats qui sont une force de frappe pour la CGT, qui sont des bastions, sont menacés aujourd’hui ce n’est pas un hasard. C’est une volonté d’affaiblir plus généralement la CGT, le mouvement social et la défense des salariés plus généralement. Il faut rappeler que le syndicat CGT GPMM s’est beaucoup mobilisé, notamment sur des dossiers comme celui de la centrale de Gardanne. Si la CGT GPMM et les dockers n’avaient pas été là, malgré toute la bonne volonté, on n’en serait pas là aujourd’hui. Et il y a des attaques actuellement sur les ports français, sur le port de Marseille-Fos. Donc forcément, ils essaient d’affaiblir le syndicat du GPMM. On a eu le même cas avec la CGT Énergie qui était à la pointe dans la lutte contre la réforme des retraites et qui a subi une forte répression syndicale. La CGT a une capacité de mobilisation forte, elle est logiquement dans l’œil du viseur du patronat. Regardons la mise en examen de Sophie Binet… On n’aurait jamais pensé qu’on en arriverait là.

    Quelle forme va prendre cette journée concrètement ?

    M.P. : Dans la matinée, plusieurs organisations ont des actions prévues. Il y a de la grève, chez les territoriaux d’Istres par exemple, mais aussi des distributions de tracts comme dans la zone industrielle des Paluds, ou encore des actions chez les énergéticiens. Mais tout le monde se donne rendez-vous au meeting sur le port, en présence de la confédération.