Tag: syndicats

  • Rassemblement pour défendre la semaine de 4 jours à Avignon

    Rassemblement pour défendre la semaine de 4 jours à Avignon

    C’est dans cet esprit que le comité 4 jours a organisé, samedi matin, un rassemblement pour réclamer le retour de la semaine à 4 jours à l’école. « Parce qu’il ne revient pas aux élus politiques locaux de fixer la semaine scolaire à leur guise, ni de faire subir aux personnels des règles locales », souligne aussi le syndicat FO éducation qui milite pour cette mesure.

  • Les salariés d’Oxance veulent le maintien de l’offre de soins

    Les salariés d’Oxance veulent le maintien de l’offre de soins

    On voulait interpeller politiquement l’Agence de régionale de santé, qui est garante de la santé sur la région. » Devant le siège de l’ARS à Marseille, les personnels d’Oxance, groupement mutualiste et ses plus de 1 400 salariés répartis sur 125 structures, dans le Sud et l’Est de la France, dont une partie issue de l’ex-Grand conseil de la mutualité, haussent le ton.

    En procédure de sauvegarde, les syndicats s’inquiètent de l’avenir de leurs centres de santé et autres structures de soins. « Il y a plein de scénarios : ventes de structures, concentration de l’offre, arrêt de filières… On est dans le flou et on ne sait pas où l’on va », explique Pauline Jean, pour la CGT Oxance. D’où l’interpellation à l’adresse de l’ARS, qui les a reçus. « Les représentants de l’ARS ont rappelé qu’ils étaient attachés à l’offre de soins d’Oxance. Ils avaient l’air à l’écoute mais il faudra voir les actes. Sur Marseille, ils ont quand même dit qu’une transformation de l’offre était possible… », développe Pauline Jean.

    Alerte pour les usagers

    Avant de marteler : « On a rappelé la nécessité de maintenir une offre de soins à but non lucratif. » Car c’est là tout l’enjeu de la bataille des salariés : continuer à faire vivre un modèle où la santé des patients prime avant les bénéfices.

    « On rend service à la population, on n’a pas d’actionnaire, les autres font du business sur la santé, donc on a les reins moins solides », explique Stéphane, salarié du centre de santé de Bonnefon, dans le 2e arrondissement de Marseille. On comprend mieux pourquoi l’intersyndicale d’Oxance (CGT, FO, CFE-CGC) pointe « le sous-financement chronique des établissements mutualistes par l’Assurance maladie et les pouvoirs publics ». Une situation avec un impact potentiel sur les usagers. « On s’inquiète pour l’accueil du public du centre de Bonnefon qui reçoit des patients sans avance de frais. Vu la précarité d’une grande partie du 3e arrondissement, mais aussi du 2e, ils seront en rupture de soins parce qu’ils ne pourront pas faire d’avance », déplore Henry Ansaldi, pour le bureau de l’Union locale CGT Joliette, venu soutenir la mobilisation. En clair, son maintien est « un enjeu de santé publique pour la population ».

    Reste que les salariés ont plusieurs dates importantes pour y voir plus clair sur l’avenir du groupe. Dont une « audience intermédiaire au tribunal de commerce de Lyon, le 11 mars pour un inventaire des créances ». Et surtout un Comité social et économique, le 26 mars, durant lequel seront « présentées des mesures pour un plan de redressement ». Contactée, la direction d’Oxance se veut rassurante : « La procédure de sauvegarde engagée devant le tribunal vise à préserver les emplois et à assurer la continuité des soins pendant la période d’observation. » Si elle explique que rien n’est arrêté concernant les mesures à venir, elle « demeure pleinement mobilisée pour défendre la pérennité du modèle mutualiste et maintenir l’accès aux soins dans les territoires où elle est implantée si toutes les conditions sont réunies ». « En fonction de ce qui sera présenté, on déclinera une stratégie syndicale et des actions », conclut Marianne Dupont, déléguée syndicale FO.

  • Franck Bergamini réélu à la tête de l’UD FO 13

    Franck Bergamini réélu à la tête de l’UD FO 13

    Un 32e congrès sans accroc pour l’Union départementale Force ouvrière des Bouches-du-Rhône. Présidé par le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, au sein du Palais du Pharo à Marseille, il a pris fin, ce vendredi, après une journée de débats. Plus de 700 délégués et 130 syndicats représentés ont réélu à sa tête Franck Bergamini, le sortant.

    « Le rapport d’activité, ce qui permet de jauger si l’on est dans la bonne ligne, a été voté à l’unanimité, comme celui de la trésorerie et toutes les autres instances », explique-t-il. Avant de se féliciter : « On est sur une bonne dynamique, on va la maintenir, on prend ça comme une confirmation de ce qui a été fait durant le mandat. » Celui qui est arrivé à la tête de FO à la fin 2015 pour prendre le relais de son oncle décédé, Gérard Dossetto, figure du syndicat avec sept mandats, puis élu en 2018 et réélu 2022, entend « renforcer et développer l’organisation ». Avec notamment de « nouveaux entrants au bureau : par exemple les syndicats de la Seramm et la Sem [Service d’assainissement de Marseille Métropole et Société des eaux de Marseille, Ndlr] ».

    Autre signal : l’entrée du nouveau syndicat FO de la Métropole Aix-Marseille, dissident de l’historique dirigé par Patrick Rué, au bureau de l’UD. « Le syndicat de la Ville de Marseille a fait des modifications statutaires qui les amènent à être en dehors des statuts confédéraux, on ne pouvait pas les inviter pour la régularité du congrès », précise Franck Bergamini, sans polémiquer.

  • Sainte-Marguerite : les salariés repris très inquiets

    Sainte-Marguerite : les salariés repris très inquiets

    Situation lunaire et reprise rocambolesque pour les près de 2 000 salariés du groupe de santé privé Sainte-Marguerite.

    Dans le silence quasi total, les hôpitaux de Beauregard et Vert Coteau à Marseille, mais aussi ceux de Saint-Jean et Saint-Roch à Toulon ainsi que la clinique de La Ciotat sont passés sous le pavillon du groupe Almaviva. « Ça a été fait en l’absence totale de transparence et de consultation des salariés », dénonce, ce jeudi, Sandrine Cartier, secrétaire CGT du Comité économique et économique central (CSEC) du groupe, et élue sur l’hôpital de Beauregard. En effet, la reprise aurait normalement dû faire un peu de bruit vu l’importance du groupe Sainte-Marguerite sur le territoire (11 sociétés, dont certaines en charge de l’informatique, de la maintenance des équipements de santé des établissements ou encore blanchisserie avec le GIE Pamar). Encore plus, quand il devient propriété d’Almaviva, 4e plus important groupe de cliniques privées en France, détenu à 60% par le fonds koweitien Wren House Infrastructure. « À chaque instance du personnel, on nous a assuré qu’il n’y aurait pas de rachat. On l’a découvert avec les publications de l’autorité de la concurrence », relate Sandrine Cartier. Elle prend un exemple parlant : « On n’a pas eu de procédure d’information-consultation. » Une procédure pourtant basique quand une reprise de cette ampleur a lieu.

    Un sens du timing qui questionne

    Les syndicats avaient des soupçons avec la cession de la clinique de Hyères au même groupe, un an avant mais rien de concret. Le 13 janvier, le président du groupe, le docteur Bruno Thiré, envoyait un courrier aux salariés annonçant qu’une « évolution de l’actionnariat est à l’étude ». S’ensuit un Comité économique et social central, le 22 janvier dans lequel il explique « chercher un successeur ». « Lors du CSEC, le PDG expliquait qu’aucune société ne s’était positionnée. Et tout accord pour une reprise était démenti », assure Karine Cheniclet, élue de la même instance pour l’Unsa et secrétaire médicale à Vert Coteau. Comme un pied de nez, l’autorité de la concurrence rend une décision, quatre jours plus tard, validant « la prise de contrôle exclusif » des titres détenus par la société mère du groupe Sainte-Marguerite « par le groupe Almaviva ». « Dans la foulée, on a reçu une demande de réunion extraordinaire du CSEC pour le 3 février », raconte Sandrine Cartier. Au passage, en oubliant les délais légaux de convocation. La réunion se tient le 3 février à 11 heures… Une nouvelle direction s’y pointe. Surprise : « Le nouveau président nous informe que la signature a eu lieu à 10h45. »

    Si la direction d’Almaviva assure aux syndicats que des temps d’échanges et consultation vont avoir lieu, ils n’ont pas, pour l’heure, de réponses à leurs questions : « Pas d’engagement sur le maintien des effectifs et des accords collectifs. » Mais « des réorganisations et regroupement d’activités envisagés » sans plus de détails. « Comment un groupe comme Almaviva peut se positionner pour ces établissements en difficulté sans projets ? On n’a pas de visibilité », questionne Karine Cheniclet. Le pire est à craindre pour Sandrine Cartier au regard de « la situation économique alarmante » du groupe Sainte-Marguerite. Quid des risques psychosociaux pour les salariés « qui ne savent pas où ils vont ». « Beaucoup de postes ne sont pas déjà remplacés, des CDD ont été arrêtés… Les structures sont en suspens », conclut-elle.

  • À Martigues, cause commune pour des soins de proximité

    À Martigues, cause commune pour des soins de proximité

    À Martigues, la défense de l’hôpital public se fait sur deux jambes. Le maire sortant Gaby Charroux (PCF) est autant à l’aise lorsqu’il s’agit de dialoguer avec les institutions de l’hôpital et de l’État que lorsqu’il s’agit de récolter et rapporter les revendications des syndicats CGT de l’hôpital et alentours, comme le 22 janvier dernier (ci-contre).

    Depuis trois ans les syndicats CGT du golfe de Fos associés à celui de l’hôpital bataillent pour obtenir un plan d’investissement de 170 millions d’euros et la création de 90 emplois statutaires à taux plein, notamment face aux urgences régulièrement saturées lors d’épidémies hivernales. Récemment, l’Hôpital et l’ARS annonçaient un nouveau plan immobilier de 60 millions d’euros, créant un nouveau plateau technique et agrandissant les urgences. Pour le maire, « les investissements sont très inférieurs à ce que nous revendiquions », mais « c’est une bonne nouvelle, mieux que rien, qui invite à ne pas lâcher le combat », estimait-il en début d’année.

    Une participation financière

    Car si la santé est censée être une compétence étatique, le maire communiste de Martigues en fait un cheval de bataille. « 170 000 habitants sont couverts par l’hôpital. La mutation du territoire va augmenter les besoins, cela demande une planification sérieuse y compris en matière de sécurité industrielle et nous avons à cœur de porter ses revendications à l’État », considère l’édile.

    La Ville a déjà financé le nouveau mammographe de l’hôpital. Et pour le prochain mandat, Gaby Charroux compte bien préempter les locaux commerciaux du centre-ville pour y favoriser l’implantation de cabinets médicaux. « C’est un levier » assure-t-il.

  • Vaucluse : la pistache, une filière en pleine structuration

    Vaucluse : la pistache, une filière en pleine structuration

    Vers un retour des pistachiers en Provence ? C’est en tout cas ce qui semble se dessiner d’après le syndicat France Pistache, qui tenait ce mardi 3 mars son assemblée générale à Avignon.

    « On retrouve des traces de pistachiers en Provence jusqu’à la fin du XXe siècle. Puis ça s’est arrêté pour se diriger vers les vignes. Aujourd’hui, on est un peu en train de voir l’inverse dans certains coins », témoigne ainsi Benoit Dufay, coordinateur de France Pistache. Car le pistachier, qui poussait à l’origine en Asie centrale dans des zones semi-arides, peut être un bon candidat pour diversifier les cultures dans un contexte de réchauffement climatique. À l’heure actuelle, il existe 279 hectares de plantations de pistachiers, répartis entre 152 agriculteurs. Un chiffre que le syndicat espère voir doubler d’ici la fin de l’année. « Mais on part vraiment de rien », rappelle le coordinateur national.

    Exemple espagnol

    Pour l’occasion, Carlos Sanchez, exploitant de pistaches en Espagne et président du Conseil européen de la pistache, avait été invité devant une trentaine d’exploitants et de représentants de syndicats tout récemment créés, comme celui de la Corse. Pour lui, « l’Europe a clairement sa carte à jouer », dans la filière. Car, chiffres à l’appui, seul le mastodonte américain, plus gros producteur mondial avec 700 000 tonnes par an, exporte en masse sur le Vieux Continent. Les autres leaders mondiaux, que sont la Turquie et l’Iran, exportent de moins en moins en raison de règles de plus en plus strictes. « J’ai des clients en Allemagne. Et un camion de Madrid à Berlin, ça prend maximum trois jours, alors qu’un cargo depuis la Californie, c’est presque deux mois. Donc, ils préfèrent commander chez moi », illustre-t-il.

    Il reste donc un effort de structuration à mener dans l’Hexagone. Mais les choses avancent, notamment avec la création d’une première casserie de pistaches dans le Sud-Est.

  • Vaucluse : une intersyndicale appelle à faire barrage à l’extrême droite

    Vaucluse : une intersyndicale appelle à faire barrage à l’extrême droite

    Dans une petite salle de l’intra-muros d’Avignon, les représentants vauclusiens de cinq syndicats, à savoir la CGT, la FSU, la CFDT, l’Unsa et Solidaires, étaient presque épaules contre épaules pour « faire barrage aux listes investies ou soutenues par des partis d’extrême droite », dans le cadre des élections municipales, comme le précise Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la FSU.

    Dans un communiqué commun publié ce lundi 2 mars, ils rappellent que même si elle « cherche à s’ancrer dans les territoires et à se donner une image de respectabilité », l’extrême droite cache sa « réelle nature autoritariste, xénophobe et ultraconservatrice ».

    Ce à quoi chaque représentant syndical acquiesce. Tandis que Patrick Vaniscote (CGT) évoque un « danger pour la démocratie locale et une atteinte aux libertés », Badr Addi, co-secrétaire général de la CFDT en Vaucluse, assure que « le RN se targue de défendre le pouvoir d’achat, mais refuse les augmentations réelles pour les salariés ».

    Exemples concrets

    D’autant qu’en Vaucluse, plusieurs municipalités sont aux mains de l’extrême droite. Les syndicats rappellent notamment les condamnations de Yann Bompard, maire d’Orange, et de l’ex-maire Jacques Bompard. L’un pour avoir occupé un emploi fictif, l’autre pour prise illégale d’intérêt. Tandis que Pascale Battaglia, trésorière adjointe de l’Unsa, assure que la gestion des écoles s’est dégradée au Pontet depuis l’élection de Joris Hébrard (RN), en évoquant un refus de dédoublement de classes en zone prioritaire. Finalement accepté après des négociations.

    Force ouvrière prône son indépendance

    De son côté, Force ouvrière reste attaché à son « indépendance syndicale ».

    Dans un communiqué, l’union vauclusienne rappelle « qu’elle ne participera pas aux manifestations, réunions, actions des partis politiques, quels qu’ils soient ». Et insiste sur le fait que s’il y a engagement politique de l’un de ses membres en tant que candidat, il ne peut faire état de son appartenance au syndicat. Et doit mettre de côté son mandat syndical.

  • [Salon de l’agriculture] Fabien Roussel appelle à consommer français pour relever l’agriculture

    [Salon de l’agriculture] Fabien Roussel appelle à consommer français pour relever l’agriculture

    Comme chaque année, le Salon de l’agriculture constitue un passage incontournable pour Fabien Roussel. Mardi, le secrétaire national du PCF a passé de longues minutes sur le stand de sa région, les Hauts-de-France, où il a rencontré élus et artisans locaux. Mais avant cela, le maire de Saint-Amand-les-Eaux a échangé, pendant une large partie de la matinée, avec les principaux syndicats agricoles (Confédération Paysanne, FNSEA, Coordination Rurale, Jeunes Agriculteurs) au sujet de la crise que traverse le monde agricole.

    « Il faut faire confiance à nos agriculteurs, comme on a confiance en nos aides-soignants, nos enseignants, tous ces métiers indispensables à la France. Nous sommes une nation agricole et un pays sans paysan, c’est un pays qui meurt », a-t-il martelé. Il a ensuite « lancé un appel aux Français pour qu’ils contribuent à la relance de l’agriculture en consommant français et local. C’est un geste citoyen qui va garantir la production française et donc des revenus pour nos agriculteurs ».

    Fabien Roussel en appelle aussi au soutien des collectivités, crucial pour créer de nouvelles rentes pour les agriculteurs : « Il y a besoin d’étiqueter et tracer nos produits, de les valoriser. Les collectivités, les Villes, Départements, Régions, doivent participer à les financer et à les promouvoir, comme nous le faisons dans les Hauts-de-France, en leur offrant des débouchés dans les cantines scolaires et en restauration collective, par exemple. »

    « Le libre-échange affaiblit l’agriculture française »

    Dans son viseur également, les traités de libre-échange, « qui ont mis en concurrence notre pays avec d’autres nations et ont affaibli l’agriculture française. Il y a besoin de les revoir, et, à défaut, de protéger l’agriculture française ».

    Pour y parvenir, Fabien Roussel évoque « une série de leviers à actionner. Il faut garantir un revenu aux agriculteurs. Pour cela, nous défendons le principe des prix planchers et du coefficient multiplicateur pour faire en sorte qu’entre la fourche et la fourchette, la valeur ajoutée soit mieux distribuée entre toutes les professions qui interviennent ». Cela passe aussi par une loi d’urgence, annoncée par le gouvernement, mais dont les communistes « craignent qu’elle arrive bien tardivement. Nous en voulons une dans les semaines qui viennent au Parlement ».

    Enfin, le chef de file des communistes est également revenu sur la très critiquée politique d’abattage systématique mise en œuvre contre la dermatose nodulaire contagieuse, « vécue comme un traumatisme, d’autant plus que dans d’autres pays, ce n’est pas cette politique qui est appliquée. Je comprends les interrogations des éleveurs français, de savoir si c’est bien la bonne méthode ». Pour prévenir au mieux la circulation de la maladie, il faut, selon lui, « mieux répartir les élevages dans toute la France, y compris dans les territoires où ils ont disparu. Les éleveurs ont aussi pris conscience du danger qu’il y a à avoir de gros élevages et des concentrations dans des territoires, [qui favorisent] les risques de propagation de l’épidémie. Il y a tout un travail à faire pour protéger nos élevages des épidémies car on va en souffrir encore ».

  • [Salon de l’agriculture] La Confédération Paysanne dit non à l’abattage

    [Salon de l’agriculture] La Confédération Paysanne dit non à l’abattage

    Pour la première fois en 62 ans, aucun bovin n’est présent au Salon de l’agriculture, en raison de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « Cela traduit la crise profonde de l’élevage. Il y a l’idée de ne pas prendre de risque, mais aussi de faire quelque chose sur les problématiques, et ce n’est pas en venant faire semblant que tout va bien au SIA que tout va s’arranger », affirme Stéphane Calais, porte-parole de la Confédération Paysanne.

    Les politiques gouvernementales s’appuient sur trois piliers : la limitation des mouvements de bovins, l’abattage total des élevages infectés et la vaccination de tous les bovins dans la zone touchée. Le ministère de l’Agriculture affirme que la situation est plus stable, l’hiver ayant décimé les populations de mouches vectrices de la maladie et le taux de vaccination approchant les 100% dans les foyers de contamination. « On veut connaître l’éthologie, où le virus a passé l’hiver, comment va-t-il revenir au printemps », s’inquiète le syndicaliste.

    « La maladie du libre-échange »

    L’incompréhension est toujours grande quant au troisième pilier, considéré comme « une stratégie mortifère et inhumaine », dénonce Stéphane Calais. « Des pistes sont possibles, autres que ces stratégies qui répondent à des directives administratives et européennes pour protéger un modèle économique qui arrive à bout. C’est la maladie du libre-échange. On n’est pas contre le commerce, mais cette crise doit permettre de porter une analyse sur les stratégies de nos filières. »

    L’absence d’écoute et de communication claire pèse sur les éleveurs. À l’image de la proposition d’expérimentation de l’ensemble des syndicats ariégeois et de la Chambre départementale d’agriculture (n’abattre que les animaux infectés et tester le reste du troupeau toutes les 4 à 6 semaines), pour sortir de l’abattage total, qui « avait été balayée par la ministre de l’Agriculture et qui devait être étudiée par le Cirad. À l’heure actuelle, on n’a toujours pas de réponse », déplore le syndicaliste.

    Marie-Pierre Répecaud, éleveuse iséroise, pousse elle aussi dans ce sens, et même un peu plus loin : « La DNC n’étant pas une zoonose, elle ne devait pas être soumise à l’abattage total dès le premier cas. Elle n’est pas contagieuse. Le “C” mis par le ministère est là pour faire peur et amener les gens de leur côté. Nous voulons voir la maladie circuler. Des animaux en bonne forme, avec de bons nutriments, saura faire face aux difficultés. »

  • Un salon de l’Agriculture sous tension

    Un salon de l’Agriculture sous tension

    C’est malheureusement devenu une constante. Le Salon international de l’agriculture, dont le coup d’envoi est donné ce samedi à Paris, Porte de Versailles, va se tenir dans un contexte de tension exacerbée, dans la lignée des précédentes éditions et de la colère du monde agricole.

    En toile de fond, les politiques libérales, historiquement pointées du doigt par une large part du milieu. Et dans le rôle de l’ennemi public numéro 1, l’Union européenne, vectrice de dumping social, de concurrence entre ses membres et d’accords de libre-échange nocifs pour les agriculteurs. C’est justement sur ce dernier point que le courroux a atteint un niveau particulièrement important ces derniers mois, avec la signature, crainte depuis des années et désormais entérinée, d’un accord de libre-échange entre Bruxelles et le Mercosur.

    De ce fait, la Confédération paysanne a annoncé qu’elle boycottait l’ouverture du salon et le traditionnel petit-déjeuner entre le président de la République et les syndicats. « Nous ne voulons pas être la caution de ce spectacle désolant lors duquel Emmanuel Macron a pour habitude de mentir », dénonce Thomas Gibert, porte-parole national du syndicat.

    « Sortir du dogme

    de la compétitivité »

    Ce dernier pointe du doigt l’absence de « la mise en place des prix planchers, qu’il avait promise il y a deux ans. L’année d’après, il nous avait promis, la main sur le cœur, de tout faire pour empêcher le traité de libre-échange avec le Mercosur. Encore une fois, la promesse n’a pas été tenue. Il n’a pas été assez proactif pour construire la minorité de blocage nécessaire ». Mais il indique que la Confédération paysanne sera bien présente pour le reste du salon, afin de porter « la question de la régulation du marché qui est selon nous indispensable pour avoir un revenu paysan et changer de modèle agricole. Les lois récentes, comme la loi Duplomb, ont pour objectif de rester compétitifs sur le marché international. Le problème est qu’on va aller vers toujours plus d’industrialisation, d’abaissement des normes environnementales et sociales. On a besoin de réguler le marché pour sortir de ce dogme de la compétitivité, de produire d’une manière moins intensive, pour utiliser moins de pesticides, avoir un meilleur revenu, pour protéger notre agriculture et de fait notre alimentation ».

    Le syndicat compte également dénoncer la loi d’urgence agricole annoncée en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu : « C’est une réponse aux revendications de la FNSEA. On s’oppose à cette vision de l’agriculture, qui défend les intérêts d’une poignée au détriment de l’ensemble du monde paysan, toujours à destination de l’agro-industrie. On veut crier haut et fort cette différence, et pointer cette cogestion entre la FNSEA et le gouvernement, qui a poussé les politiques agricoles depuis des décennies dans l’impasse dans laquelle on se trouve », clame Thomas Gibert.

    Autre problématique : la dermatose nodulaire contagieuse, et la critique de l’action gouvernementale en la matière. Pour la première fois de son histoire, aucun bovin ne sera présent au salon, ce qui constitue, pour le syndicaliste, « la vitrine de l’échec de cette politique sanitaire inhumaine. L’abattage n’est pas justifié, c’est une décision prise uniquement sous le prisme d’une visée exportatrice, alors que des solutions scientifiques existent ». Une maladie dont ce maraîcher de Haute-Vienne « craint la résurgence au printemps, car les vecteurs risquent de se réveiller avec la hausse des températures. Il est hors de question qu’on revive le même drame que cet hiver, mais on n’a pas de réponse, et il n’y a toujours pas de volonté politique de sortir de l’abattage total », martèle-t-il, annonçant une conférence de presse à ce sujet lundi.

    « La régulation du marché
    est indispensable »