Tag: spectacle

  • Mobilisés contre la réécriture de l’histoire à Aix-en-Provence

    Mobilisés contre la réécriture de l’histoire à Aix-en-Provence

    « Stop à la bataille culturelle menée par l’extrême droite », peut-on lire sur une pancarte devant l’entrée de l’Arena du Pays d’Aix. Alors que s’y jouait ce dimanche à guichet fermé La dame de pierre, fresque musicale qui retrace l’histoire de la Cathédrale de Paris, une trentaine de militants distribuaient des tracts pour informer les spectateurs sur le lien du spectacle avec l’extrême droite.

    « Le but de cette action, c’est que le public sache ce qu’il vient voir », explique Catherine Lecoq, déléguée à la CGT Spectacle. Les militants dénoncent notamment le financement de cette fresque musicale par le milliardaire conservateur Edouard Stérin, qui ne cache pas son ambition de mener une bataille culturelle avec la création en 2023 du projet Périclès. Un think tank et un rapport qui vise la victoire de l’extrême droite en France, comme dévoilé par L’Humanité en juillet 2024.

    Esprit critique

    « Ce spectacle réécrit l’histoire, en mettant en avant les royalistes, explique Agnès Daures, élue d’opposition du groupe Aix en partage. Et réécrit la révolution française. Avec ce spectacle, Pierre Edouard Stérin fait de l’entrisme. » Le but de l’action est donc d’avertir le public sur la portée politique de cette révision de l’histoire de la cathédrale. « On ne veut pas les empêcher d’aller voir le spectacle, mais juste qu’ils aient un esprit critique en le regardant », précise Nell, syndicaliste à Solidaires.

    Une action qui intrigue certains spectateurs, qui échangent volontiers avec les militants : « Je vais regarder le spectacle avec une vision différente », conclut l’un d’eux tandis que d’autres s’agacent de leur présence. Une action qui n’a pas plu au collectif d’extrême droite Le Maquis, qui est venu pour « dénoncer une censure de la part de l’extrême gauche », en scandant « Provence populaire, Provence identitaire ».

    Les syndicats dénoncent également la présence de 80 à 120 bénévoles pour ce spectacle pourtant payant, ce qui ne respecterait pas le droit du travail. La CGT a saisi l’Urssaf et l’inspection du travail à ce sujet.

  • Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Il y a 10 ans, la France est victime du plus important attentat terroriste de son histoire. Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes dans plusieurs attaques simultanées revendiquées par l’organisation état Islamique. Mais, si le temps referme les plaies, les cicatrices sont toujours visibles. à Paris et dans d’autres villes en France, des commémorations s’organisent, en hommage aux victimes et en soutien aux survivants.

    Tout commence par une détonation, entendue en direct lors du match France-Allemagne, le 13 novembre 2015 à 21h16, au Stade de France. Puis, une deuxième quelques minutes après. Ce que le public du match ignore encore, c’est que ce sont deux terroristes qui, ayant échoué à pénétrer à l’intérieur du stade, se sont fait exploser devant l’enceinte. Un troisième islamiste se fait exploser une demi-heure plus tard. Le coup d’envoi d’une nuit macabre.

    Dix minutes plus tard, c’est en plein cœur de Paris que trois autres terroristes ouvrent le feu. Ils visent des terrasses de café, bar ou restaurant dans les quartiers animés des 10e et 11e arrondissement de Paris, tuant 39 personnes. À 21h40, le dernier commando, composé de trois terroristes, pénètre le Bataclan, où se déroule un concert, en tirant dans la foule. Jusqu’à 00h58, le public vit un calvaire dans l’enceinte de cette salle de spectacle parisienne. 90 personnes perdent la vie dans cette attaque commanditée par l’état Islamique. Une soirée de chaos qui laisse de nombreux traumatismes aux rescapés : deux se sont suicidé plusieurs années après, faisant monter le nombre de victimes de ces attaques à 132 morts.

    Des commémorations partout en France

    Une nuit macabre qui a marqué la France entière, par son bilan meurtrier et la multitude des attaques. Une décennie plus tard, la France se recueille et rend hommage à toutes ses victimes. Des commémorations qui ont débuté ce week-end, avec de nombreuses bougies, mots ou fleurs déposées aux pieds de la statue de la place de la République, à Paris. Ce jeudi, le président de la République visitera chaque lieu visé lors de ces attaques, en commençant par le Stade de France à Saint-Denis, puis les bars attaqués et enfin le Bataclan. Des minutes de silence seront observées devant chaque plaque commémorative.

    à 18h, une cérémonie d’hommage aura lieu dans le nouveau jardin du souvenir pour les victimes du 13 novembre 2015, inauguré le jour même à Paris et retransmis en direct sur France 2. Plusieurs discours sont attendus, dont celui d’Emmanuel Macron, mais également de Philippe Duperron et Arthur Dénouveaux, respectivement présidents des associations 13onze15 et Life for Paris. Nombre d’autres villes se joignent à cet hommage national comme Martigues, Avignon ou Aix.

    Justice restaurative

    pour les terroristes ?

    Quelques jours avant cette journée, le dernier terroriste de ces attentats en vie, Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible, a annoncé, par le biais de son avocate Me Olivia Ronen, lors d’une interview à France info, vouloir rencontrer et échanger avec les familles des victimes. Sur X, le président de l’association de victimes Life for Paris, répond à cette proposition : « La justice restaurative, plusieurs victimes des attentats s’y intéressent. » Le directeur de Charlie Hebdo, Riss, dénonce quant à lui une technique perverse du terroriste pour faire de ces attaques des crimes comme les autres. Lundi, la directrice générale de la sécurité intérieure Céline Berthon a affirmé que Salah Abdeslam, toujours « radicalisé ».

    Introduite en 2014 par la loi Taubira, la justice restaurative n’a encore jamais été expérimentée en France dans le cadre d’attaques terroristes. Elle permet à des auteurs de crime ou de délit, qui reconnaissent les faits et qui sont volontaires, de rencontrer leurs victimes ou celles d’autres affaires similaires, pour « trouver l’apaisement par le dialogue », précise le site du ministère de la Justice.

    Les rendez-vous

    Avignon

    À 18h, la municipalité organise sur le parvis de l’hôtel de ville un rassemblement où ceux qui le désirent pourront déposer une bougie.

    Aix-en-Provence

    La mairie organise une minute de silence à 12h sur la place de l’hôtel de ville, pour les victimes.

    Martigues

    La Ville organise un rassemblement à 17h30 dans le hall de l’hôtel de ville pour s’unir aux hommages nationaux.

    Marseille

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département et de la Métropole, rendra hommage aux victimes sur le parvis de la gare Saint Charles, à 14h15.

  • Montpellier enfile ses habits de lumière

    Montpellier enfile ses habits de lumière

    Du 13 au 15 novembre, « le centre-ville de Montpellier va vibrer au rythme des prouesses techniques, de la créativité et de la magie du son et lumière. Trois soirées pendant lesquelles les visiteurs vont découvrir ou redécouvrir Montpellier et son patrimoine comme ils ne l’ont jamais vu », promet le maire Michaël Delafosse. Montpellier la culturelle, la sportive, la verte, la festive… : chaque projection illustrera en effet une facette de la capitale héraultaise. De 18h30 à 22h33, 13 sites emblématiques du centre-ville* seront mis en lumière à travers 22 scénographies, « tour à tour produites par cinq artistes de renom de la production monumentale et par quelque 200 étudiants issus de 8 écoles créatives du territoire », indique Michaël Delafosse. Les projections, comprises entre 3 minutes 30 et 8 minutes, seront diffusées en boucle, avec un temps d’attente entre 5 et 10 minutes pour laisser aux visiteurs le temps de se rendre d’un site à un autre. Quatre formats différents seront proposés à l’occasion de cette édition anniversaire : des mappings architecturaux, qui habillent les façades d’images en mouvement et redonnent vie au patrimoine par la projection ; des jeux vidéo mappés, qui invitent le public à interagir avec les bâtiments ; une performance son et lumière, spectacle vivant au cours duquel le DJ CNL compose en direct un dialogue entre la musique, la lumière et l’architecture (hôtel Saint-Côme) ; et des structures lumineuses, qui ponctuent la ville d’ambiances poétiques.

    Pour la deuxième année consécutive, une game zone sera également installée au théâtre de l’Agora à l’occasion de deux soirées gaming, jeudi 13 et vendredi 14 novembre. Les visiteurs seront invités à tester des jeux vidéo grandeur nature conçus par les étudiants de différentes écoles.

    « À la veille des fêtes de fin d’année, nul doute que ces trois soirées contribueront également à lancer les achats de Noël », se réjouit le président de la CCI de l’Hérault, André Deljarry. « L’affluence est un levier puissant pour notre tissu commercial », assure-t-il, précisant que les commerçants du centre-ville enregistrent une augmentation de 30% de leur chiffre d’affaires durant cette manifestation qui a attiré l’an dernier plus de 430 000 visiteurs.

    * Aqueduc des Arceaux, musée Fabre, église Saint-Roch, Opéra Comédie, Hôtel Saint-Côme,Hôtel d‘Aurès, Arc de triomphe, cathédrale Saint-Pierre, Cour de l’Agora, théâtre de l‘Agora, place Notre-Dame-des-Tables , place de la Canourgue, kiosque Bosc.

  • AlgérieS, un spectacle musical aux Rotatives de « La Marseillaise »

    AlgérieS, un spectacle musical aux Rotatives de « La Marseillaise »

    Une Algérie plurielle, traversée par les influences et les musiques arabes, andalouses, séfarades, ottomanes, berbères et françaises. « C’est sur cette diversité culturelle et l’amitié entre les peuples que nous mettons l’accent », explique Serge Baroni, président des Amis de La Marseillaise.

    Et pour cela qui de mieux que ces deux musiciens, nés l’un dans la mythique casbah d’Alger et l’autre à Sidi Bel Abbès, bastion des communistes, qui revisitent un répertoire riche et varié ? « Ce spectacle est ponctué d’extraits musicaux qui ont marqué la musique populaire algérienne selon une chronologie qui fait écho aux événements historiques », précise Pierre Pradel, le président de l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA), à l’origine de cette invitation qui a déjà fait salle comble à Toulon, à Lyon, aux Mées et au Casi des Cheminots Paca.

    Réservations fortement conseillées au 06.71.20.68.08. ou 06.89.14.42.12.

  • À Aix-en-Provence, la CGT à nouveau mobilisée contre un spectacle lié à Pierre-Edouard Stérin

    À Aix-en-Provence, la CGT à nouveau mobilisée contre un spectacle lié à Pierre-Edouard Stérin

    Remontez le temps pour assister aux grandes heures de la cathédrale la plus visitée au monde », est ainsi résumé le synopsis du spectacle « La Dame de Pierre », programmé le dimanche 16 novembre à l’Arena du Pays d’Aix, géré par la Ville, sous délégation de service public. Cette fresque musicale, qui se décrit sur son site comme un projet « ambitieux », est pourtant contestée par la CGT Spectacles et la CGT Métropole AMP (Aix-Marseille-Provence) qui signent conjointement et alertent de l’étroit lien entre le spectacle et le projet Périclès « patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes » mené par le milliardaire et ouvertement réactionnaire Pierre-Édouard Stérin. Le spectacle est mis en scène par Corentin Stemler, fondateur et président de l’association vendéenne Symphonia Productions, productrice et bénéficiaire du soutien du Fonds du Bien Commun, fondé à l’initiative de Pierre-Édouard Stérin. Un spectacle « révisionniste critiqué par de nombreux historiens, mis en scène par un ancien journaliste de l’Action Française », assène la CGT. Déjà, une polémique similaire avait fait couler de l’encre lors de la tenue de la Nuit du Bien Commun, au 6MIC. « Nous refusons que nos lieux de spectacles, gérés par de l’argent public, permettent à l’extrême droite de répandre sa culture de haine xénophobe, masculinise et patriarcale », ajoute le syndicat, qui appelle les élus locaux à réagir. Une mobilisation est prévue le 16 novembre, à 16h, devant l’Arena.

  • La scène méditerranéenneà l’honneur d’une biennale

    La scène méditerranéenneà l’honneur d’une biennale

    Mettre les arts méditerranéens à l’honneur. Tel est le credo de la Biennale des arts de la scène en Méditerranée, qui s’ouvre dès le 6 novembre dans une pluralité de lieux héraultais : Montpellier, Sète, Juvignac, Villeneuve-lès-Maguelone. Théâtre, danse, musique, lecture, une diversité d’arts est représentée. Tout comme un subtil équilibre géographique : la plupart des pays du bassin méditerranéen seront présents pendant ces trois semaines de manifestations culturelles.

    Un travail de longue haleine opéré par les 14 structures organisatrices de l’événement comme le théâtre des 13 Vents de Montpellier, le théâtre Molière à Sète ou encore la scène conventionnée d’intérêt national juvignacoise L’atelline. « Chaque structure a des missions particulières, des disciplines auxquelles elle s’attache, donc la programmation dans son aspect pluridisciplinaire reflète aussi la diversité des partenaires », souligne Olivier Saccomano, codirecteur du théâtre des 13 Vents.

    Dialoguer entre artistes

    Ainsi, en fonction des disciplines et des pays, des artistes sont sélectionnés et ont carte blanche pour présenter leurs projets. « Le travail artistique nous intéresse et après les artistes sont parfaitement libres -heureusement- de travailler sur le sujet qui leur importe. Parfois, c’est assez proche de l’actualité, parfois c’est beaucoup plus lointain. La Méditerranée n’est pas une thématique de travail. C’est une situation géographique, politique, historique dans laquelle des artistes travaillent », reprend Olivier Saccomano. Et le codirecteur d’insister sur le dialogue offert entre les artistes, qui pourront partager leurs expériences. Le public n’en est pas oublié pour autant puisque plusieurs rencontres avec les artistes sont organisées tout au long de la Biennale.

    Certains axeront ce dialogue sur la question des migrations – tragiquement importante en Méditerranée – notamment la compagnie italienne Kepler-452, venue présenter « A place of safety, voyage en Méditerranée centrale » (13/11 à 19h et 14/11 à 21h au théâtre des 13 Vents). Une pièce documentaire s’inspirant de l’expérience des metteurs en scène Enrico Baraldi et Nicola Borghesi, qui ont suivi des humanitaires à bord du Sea-watch 5 et ont pu recueillir des témoignages de migrants ou de sauveteurs en mer. Dans cette période de troubles internationaux, le Proche-Orient n’est jamais bien loin. C’est le cas dans la pièce « Dans l’ombre du martyr », écrite par le fondateur du théâtre palestinien François Abu Salem juste avant son suicide, qui sera jouée pour la première fois en France (15/11, à 21h au théâtre des 13 Vents). Retraçant le témoignage du frère d’un martyr de la seconde intifada, la pièce « est rejouée par l’acteur orignal, Waseem Khair, en respectant la mise en scène d’origine, les costumes, c’est une espèce d’archive vivante », détaille Olivier Saccomano.

    D’autres font le choix de délaisser l’actualité internationale, comme Nicolas Heredia qui présentera « On fera mieux la prochaine fois » (12/11 à 21h, 13/11 et 14/11 à 19h à la Bulle bleue), pièce dans laquelle les comédiens de la Compagnie de la Bulle bleue réinterprètent des interviews d’acteurs de cinéma. En somme, une programmation éclectique qui reflète la diversité de la culture méditerranéenne.

    * Programme complet à retrouver sur : www.13vents.fr/basm-2025/le-programme25.

  • Aymeric Lompret : « En spectacle, je me permets de faire les blagues que je veux »

    Aymeric Lompret : « En spectacle, je me permets de faire les blagues que je veux »

    La Marseillaise : Vous avez débuté le théâtre au lycée, avant de découvrir le one man show. Comment cette passion est-elle née ?

    Aymeric Lompret : C’est en allant voir Franck Dubosc en one man show. Mon père m’avait emmené le voir au Zénith de Lille, j’avais trouvé ça fou. Le théâtre, je m’y étais seulement inscrit pour séduire une fille. Je faisais partie d’une troupe qui s’appelait « Les Farfadets de Tourcoing ». Et ça a grave marché. J’ai fait mon premier one man show en 2010, sur une scène ouverte, au Moonlight Café de Lille. On faisait un sketch contre une pizza. Si le sketch était bien, on avait droit à toute la pizza. J’ai réussi à l’avoir en six mois.

    Après votre bac, vous avez entamé une prépa HEC (hautes études commerciales), dont on vous a exclu. Vous avez ensuite enchaîné les petits boulots, notamment comme ouvrier à la chaîne. Est-ce là le socle de votre engagement politique ?

    A.L. : Tout à fait, car j’étais apolitique avant cela, sinon, je n’aurais pas fait de prépa HEC. C’est le fait de bosser à l’usine qui m’a fait m’intéresser aux inégalités et aux questions de société. Je n’étais quand même pas syndiqué, car pour ça, il faut avoir plus de 50 ans et une moustache, que je n’avais pas à l’époque.

    Votre début de carrière s’est notamment joué dans le milieu des médias, avec une participation à l’émission « On ne demande qu’à en rire » de 2011 à 2013. douze ans plus tard, quel regard portez-vous sur cette aventure ?

    A.L. : Ça m’a apporté une rigueur de travail, mais c’était hyperstressant, hypercompliqué. Ça m’a fait avancer un peu plus vite, mais le problème, c’est que les sketchs n’étaient pas terribles et sont restés sur internet, donc ça m’a fait baisser en notoriété. Mais je ne regrette pas. Je ne regrette rien sauf mon ex.

    En juin 2024, en soutien à Guillaume Meurice (*), vous quittez « Le grand dimanche soir » sur France Inter. Cela vous attriste-t-il d’avoir dû vous détourner de l’audiovisuel public ?

    A.L. : Oui, c’est hyperdommage qu’on ne soit plus sur le service public, je pense qu’on aurait tous préféré y rester. Mais bon, tel qu’il est maintenant… C’est compliqué. Il y a plein de gens qui continuent d’écouter France Inter par réflexe et par conviction, mais après, on est bien à Nova aussi, et ça marche bien notre petit truc. Heureusement d’ailleurs, sinon, on aurait été un peu dégoûtés de ne plus avoir d’auditeurs, les médias étant aujourd’hui majoritairement à droite.

    Qu’est-ce que ça dit du métier d’humoriste ? Avez-vous la sensation de pouvoir l’exercer comme vous l’entendez ?

    A.L. : Il y a des choses qu’on ne peut plus dire, mais c’est tant mieux. C’est bien qu’on ne puisse plus faire des blagues homophobes, racistes, sexistes. Je pense que l’humour évolue très bien. Je ne sais pas trop si la liberté d’expression est bridée. Peut-être dans les médias, mais en tout cas, en spectacle, je me permets de faire les blagues que je veux.

    Vous êtes aujourd’hui sur Nova, dans l’émission « La Dernière », chaque dimanche, où vous défrayez l’actualité avec engagement et humour. Est-ce pour vous un bastion de liberté d’expression ?

    A.L. : On se censure quand même un peu, car il faut que ce soit drôle, et puis il faut que ce soit un peu intéressant et engagé, un peu politique quoi. C’est la seule contrainte qu’on se pose. De faire rire et de dire des choses.

    Depuis 2023, vous êtes en tournée avec votre spectacle « Yolo », dans lequel vous vous glissez dans la peau d’une personne sans domicile fixe. De quoi traite-t-il ?

    A.L. : J’y joue un sans-abri qui a perdu son chien dans la ville dans laquelle je joue. Il va donc le chercher et traiter de plusieurs sujets comme la solitude, la malbouffe, la montée du fascisme, de la solitude… C’est un spectacle social plus que politique. Je travaille avec la Fondation pour le logement, dont je suis parrain. Le mal logement est un sujet qui m’intéresse, donc c’était très cohérent de parler de ça.

    Au-delà de cette question d’engagement, comment l’idée vous est-elle venue ?

    A.L. : Je l’ai écrit avec Pierre-Emmanuel Barré, je suis arrivé avec cette idée de marginal qui a perdu son chien. Ça marchait bien avec le côté seul en scène, car souvent, ils sont seuls dans la rue. Et puis, c’est un personnage qui n’est pas très éloigné de ce que je peux composer sur les chroniques, où je suis un peu à l’arrache, où je parle de fait, d’abus… C’est un personnage qui me ressemble un peu.

    Comment rend-on drôle une thématique aussi lourde ? Y avait-il l’idée de sortir le public de sa zone de confort ?

    A.L. : Au-delà d’être un sans-abri, le personnage est un marginal. J’ai essayé de faire en sorte que toute la première heure soit rigolote. Mon personnage est en pleine montée, il rigole avec les gens. Ce n’est que lors des dix dernières minutes qu’il commence à bader un peu (sic). On n’a pas voulu faire un sans-abri cliché avec sa canette.

    Guillaume Meurice a été licencié « pour faute grave » par Radio France après avoir réitéré le 28 avril 2024 sur France Inter, une blague du 29 octobre 2023 sur le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qu’il qualifiait de « sorte de nazi mais sans prépuce ».

  • Le mois du hip-hop s’ancre dans le territoire gardois

    Le mois du hip-hop s’ancre dans le territoire gardois

    Nouvelles dates. Nouveau programme. Un territoire encore plus étendu. Le mois du hip-hop fait peau neuve pour cette nouvelle édition et confirme au passage l’attrait de cette culture urbaine dans la ruralité gardoise. L’événement lancé en 2022 dans le cadre de l’inscription du Breakdance aux Jeux olympiques 2024 de Paris, accompagné par la rénovation du centre d’entraînement de Méjannes-le-Clap, a très vite séduit un large public, bien aidé par le dynamisme de l’association All’Style, l’accueil de la scène nationale du Cratère et le soutien du Département du Gard, qui y a vu un excellent vecteur de solidarité et de créativité.

    « Au Département, nous voulons embrasser l’ensemble des esthétiques. Le hip-hop correspond pleinement au schéma départemental de la culture que nous avons voté et permet de mobiliser plusieurs directions du Département, que ce soit la culture, le sport, la jeunesse et la politique de la Ville puisqu’on va intervenir dans les quartiers dits prioritaires. Avec All’Style, qui est particulièrement performant, nous avons voulu élargir ce qui se faisait sur le bassin d’Alès à l’ensemble du département le travailler sur une période plus longue », explique Patrick Malavieille, vice-président délégué à la culture, au patrimoine et à l’éducation artistique.

    L’international breaking Gard le 26 octobre

    Face aux difficultés d’attirer les meilleurs danseurs mondiaux pour l’International breaking-Gard qui se déroulait initialement fin décembre au Cratère, All’Style a poussé pour décaler le rendez-vous un peu plus tôt dans l’année mais toujours en période scolaire pour que le public continue de répondre présent.
    « Cette année, il y a encore plus de partenaires avec L’Ombrière d’Uzès, la Maison de l’eau à Allègre-les-Fumades ou encore le centre chorégraphique d’Uzès. Nous démarrons mais nous souhaitons aller plus loin. Je suis preneur d’initiatives lancées par d’autres partenaires comme Nîmes métropole ou le Gard rhodanien pour essayer de couvrir la totalité du département  », ajoute l’élu communiste.

    Au total, ce sont donc sept villes représentées avec des événements étalés sur deux semaines entre le 19 octobre et le 1er novembre. Les premiers pas de danse seront donnés à la Maison de l’eau le 19 avant la soirée officielle de lancement le lendemain au Cinéplanet d’Alès, qui accueille un show Bgirls et une projection de film en présence de la réalisatrice Nadja Harek. Le breakdance revient au Cratère, qui sera cette saison sous un chapiteau du fait de travaux sur la scène nationale, du 23 au 25 octobre. La 4e édition de l’International breaking Gard, qui attirera encore cette année les meilleurs danseurs de la discipline, se déroulera exceptionnellement à l’Ombrière d’Uzès. Ce mois se clôturera enfin à Vauvert avec des battles organisées par Urban Arts à la salle Robert Gourdon.

    Signe de l’attrait de l’événement, cette édition 2025 s’attend à battre tous les records avec 12 pays représentés, 100 danseurs professionnels et amateurs sur les différentes scènes, 5 000 spectateurs attendus et un million de followers qui suivront les spectacles grâce au média américain Stance Elements, « le plus important de la culture hip-hop  ». Pas de doute donc que l’événement devrait encore prendre de l’ampleur l’année prochaine.
    Tristan Arnaud

  • La Marseillaise: un nouveau siège signe d’un élan retrouvé

    La Marseillaise: un nouveau siège signe d’un élan retrouvé

    Ils étaient des centaines réunis lundi place de La Marseillaise, cours d’Estienne d’Orves, à avoir répondu l’invitation pour l’inauguration du nouveau siège du journal. Tous les amis du journal, de Nicolas le cuisinier du Mondial à Robert Voisard, un des anciens directeurs, en passant par d’anciens salariés, soutiens, représentants syndicaux et corps consulaires, venus fêter l’installation dans ces nouveaux locaux. Parmi eux, aussi de nombreux élus de divers horizons. Le signe d’une profonde reconnaissance. Tout au long de l’après-midi, les visites dans ces 1000 mètres carrés complètement remis à neuf se sont enchaînées.

    Une fierté, cinq ans après la reprise du journal à la barre du tribunal de commerce emporté par la crise Covid alors que les banques avaient refusé au journal un prêt garanti par l’État. Signe de temps, son premier représentant sur le territoire, le préfet Georges-François Leclerc est sorti de sa réserve pour venir prendre part à cette joyeuse cérémonie.

    « Liberté, nous avons écrit ton nom et ce soir nous recommençons. Car nous sommes nés pour te connaître, te nommer Liberté », lancera Léo Purguette, le directeur éditorial et président du journal, paraphrasant Paul Éluard avant d’adresser un message de devant les jeunes du collège Jean de Bernardy. La chorale et de l’orchestre de cet établissement marseillais rebaptisé depuis la rentrée du nom d’un des fondateurs du journal tombé au combat face à l’ennemi Nazi, a interprété un émouvant Chant des partisans, et une non moins émouvante Marseillaise, accompagnant la chanteuse Alicia.

    Et Léo Purguette de rappeler trois lignes rouges tracées il y a cinq ans : le maintien de l’emploi. « Nous étions 49 et nous sommes aujourd’hui plus de 60, 70 avec nos amis de Zébuline », glisse-t-il. Le maintien de la zone de diffusion étendue depuis au Vaucluse. Et le maintien enfin de la ligne éditoriale, une « ligne qui s’est aiguisée, affirmée et nous a permis de progresser. » martèle-t-il encore, évoquant une progression de 10 % des ventes en kiosques en 2024.

    Et de chuter sur la défense de la liberté de la presse et du pluralisme : « Ce n’est pas une préoccupation catégorielle mais un impératif démocratique dans une république qui va si mal. À la suite des états généraux de l’information et des démarches alternatives de nombreuses propositions sont sur la table elle devrait réunir une majorité attachée à l’état de droit et aux principes démocratiques avant que le débat public ne soit asphyxié par un paysage médiatique totalement soumis au pouvoir de l’argent et au projet politique de l’extrême droite ».

    ILS ONT DIT

    Audrey Garino, Adjointe PCF au maire de Marseille

    « Il y a près de 82 ans, des femmes et des hommes ont pris la plume, non pas pour plaire mais pour résister. Depuis La Marseillaise fait entendre la voix de Marseille libre, populaire et courageuse. »

    Isabelle Campagnola-Savon, Conseillère régionale

    « La Marseillaise est le miroir de notre région avec ses forces, ses faiblesses et ses espoirs. Un engagement qui dépasse les époques. C’est un journal né de la Résistance, qui a su traverser les décennies en restant fidèle à son esprit fondateur. »

    Martine Vassal, présidente DVD du Département.

    « C’est important d’avoir un journal qui retransmette ce que nous disons sans mauvaise interprétation avec de la vérité. C’est ce qui vous a transcendé au fil de ces années, dire les choses et les faire avec beaucoup de passion. »

    Jérémy Bacchi, sénateur PCF

    « La Marseillaise s’installe dans un nouveau monde, mais son âme reste la même, celle d’un journal libre, combatif, populaire, l’âme d’une presse qui n’a jamais renoncé à son engagement pour la justice et le progrès social. »

    Georges-François Leclerc, préfet de région

    « Un préfet qui arrive par la magie d’une nomination se doit d’épouser la région qu’il a l’honneur d’administrer. Et lorsque je lis La Marseillaise, j’ai l’impression de toucher une des vérités des Bouches-du-Rhône et de Marseille. »

  • Les marionnettes suivent le fil des Bouches-du-Rhône

    Les marionnettes suivent le fil des Bouches-du-Rhône

    Avec les marionnettes portées par les comédiens Abdul Haq Haqjoo et Farhad Yaqubi, ce mercredi sur la scène du Théâtre le Comoedia d’Aubagne, l’histoire de l’Afghanistan s’anime pour l’ouverture de la 12e édition du festival En Ribambelle !.

    Réfugiés de leur pays natal à Marseille en 2021, ils narrent dans Marjan, le dernier lion d’Afghanistan, leur rencontre avec l’ancien gardien du zoo de Kaboul, où se trouvait ce fauve, « offert par l’Allemagne en 1978 », qui « fut témoin des bouleversements successifs de son pays et, aujourd’hui, le symbole du courage du peuple afghan ».

    Des arts mêlés

    Visible aussi le 15 novembre à l’Espace Gérard-Philipe de Port-Saint-Louis-du-Rhône, et le 22 novembre à l’Espace Robert-Hossein, à Grans, ce spectacle illustre le déclic de paysages mentaux offert par la marionnette et l’objet, leitmotiv du programme jusqu’au 29 novembre. Sur de nombreuses scènes du département, 22 propositions où ces arts « se mêleront à la danse, au théâtre, au clown », au premier rang desquelles Magnéééétique Face B, du 18 au 20 octobre au Théâtre Massalia, où une « comédienne-clown » répare les cœurs avec humour et poésie à partir de cassettes audio. Du côté des Salins, à Martigues, A vue mêlera cirque, arts plastiques et théâtre. Un spectacle qui éprouve les rétines et les âmes, en piste les 16 et 17 octobre. En Ribambelle ! ouvrira les imaginaires et même les lieux, se délocalisant du 19 au 21 octobre dans le bassin du J4, à Marseille, pour un ballet sur l’eau, Mizu, porté par une marionnettiste, sa créature de glace et une danseuse.

    P.A.