Tag: Société

  • Soirée de soutien à SOS Méditerranée, « un acte de résistance »

    Soirée de soutien à SOS Méditerranée, « un acte de résistance »

    Un acte de résistance face à la banalisation de la violence. » Samedi soir, Pierre Micheletti, médecin et
    administrateur de SOS Méditerranée, et Jean-Luc Pesle, médecin responsable de la mission frontière transalpine pour Médecins du Monde, sont intervenus aux côtés d’artistes et de militants pour une soirée de soutien à l’association de sauvetage en mer au tiers lieu la Maison commune, à Château-Arnoux-Saint-Auban. La soirée a commencé par la lecture musicale de textes d’un roman de Pierre Micheletti. Chantal Lemarchand, l’une des trois fondatrices de la maison d’édition Langage Pluriel, organisatrice de la soirée, a lu l’histoire de Younis Ibrahim Jama, inspirée du fiasco humanitaire de l’Arche de Zoé. Un enfant rescapé du Darfour, dont la mère a été tuée par des soldats, est arraché à son père et adopté par un couple français. La lecture était accompagnée par le musicien Olivier Vauquelin à la contrebasse.

    « Inflation du besoin d’assistance »

    Le médecin administrateur de SOS Méditerranée a ensuite déploré la « multiplication par cinq du nombre de personnes en besoin d’aide humanitaire ces dix dernières années, et par deux des personnes déplacées de force ». Il a insisté sur le besoin de « faire en sorte qu’elles n’aient pas à fuir leur pays », et rappelé une citation de la poétesse Warsan Shire : « Personne ne pousse ses enfants sur un bateau, à moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre ferme. » Selon lui, « l’UE développe des stratégies d’épuisement », « tolère des blocages des humanitaires et pénalise les secours ». Il a notamment rappelé que des garde-côtes libyens avaient tiré sur l’Ocean Viking en 2025, engendrant une immobilisation de trois mois.

    Jean-Luc Pesle a lui aussi déploré la « militarisation », « les pressions, intimidations, obstacles aux soins, le harcèlement » et la « criminalisation des actions de solidarité ». Le refuge solidaire que son équipe a ouvert à Briançon a largement dépassé sa capacité d’accueil. Les deux humanitaires ont par ailleurs constaté une évolution du public secouru et accueilli : il y a plus de femmes, enceintes ou encore victimes de violences sexuelles, de familles et d’enfants.

    La soirée de soutien s’est terminée par un repas solidaire et par un concert a cappella de Lison David et Juliette Delhommeau.

  • Le bourreau de Laëtitia jugé pour viols et torture en mai à Digne-les-Bains

    Le bourreau de Laëtitia jugé pour viols et torture en mai à Digne-les-Bains

    C’est une affaire sordide, que les médias comparent à celle de Mazan, qui sera jugée par la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence du 18 au 22 mai 2026. Il est reproché à Guillaume B., responsable d’agence bancaire à Manosque, d’avoir violé, torturé et livré à des dizaines d’inconnus sa compagne Laëtitia pendant des années à Manosque, La Seyne-sur-Mer et Grasse. Il est également poursuivi pour détention d’armes sans autorisation. La mère de famille de 42 ans avait décrit le calvaire qu’elle a vécu à France Info : « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau. Il me frappait aussi avec une planche à découper. J’étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »

    En plus de la violence physique, Laëtitia décrivait une emprise psychologique à nos confrères.

    Violence et emprise

    « Il me menaçait de me faire perdre la garde de mes enfants, d’envoyer à mes parents des images intimes et dégradantes de moi. Il décidait de mon heure de lever, de mon heure de coucher. Il décidait de mes vêtements, de ma coiffure, de mon maquillage. Il choisissait les appels et les mails auxquels je pouvais répondre. C’est lui qui décidait si je pouvais aller ou non chercher mes enfants à l’école. Même pour acheter une baguette de pain ou aller aux toilettes, je devais demander son autorisation. » Laëtitia dit aujourd’hui être « incontinente » et « handicapée » à cause des sévices subis. C’est une de ses amies qui avait alerté les forces de l’ordre en 2022. Guillaume B. avait alors été placé en garde à vue, puis en détention provisoire après l’ouverture d’une enquête.

  • À Digne, profs, élèves et syndicats sont unis

    À Digne, profs, élèves et syndicats sont unis

    « éducation au rabais = démocratie en danger », « laissez nos profs en paix », « laissez-nous nos options et nos spé »… De nombreux élèves se sont mobilisés aux côtés de leurs professeurs, jeudi, devant leurs établissements, puis devant la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale), à Digne-les-Bains. Ils s’inquiètent des suppressions de classes, d’heures de cours, de postes d’enseignants et d’options ou de spécialités, dans le département.

    Devant le lycée Alexandra-David-Néel de Digne-les-Bains, particulièrement mobilisé car largement touché par ces coupes budgétaires, Alexandra, 17 ans, craint que la suppression de sa spécialité audiovisuel. « C’est la grande spécificité de notre lycée, les options et les spés artistiques. C’est pas possible de les supprimer ! », déplore-t-elle, en train de préparer des pancartes pour la manifestation, sur fond musical. « Ils veulent augmenter les effectifs de classes à 35 élèves, surtout pour les sections STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), alors que, pour avoir une classe qui est déjà à 35, c’est horrible ! »

    « Éducation négligée, lycées énervés »

    Elena, 15 ans, est venue devant son lycée pour soutenir ses professeurs. « Notre classe est menacée, on a déjà du mal à se concentrer avec 25 élèves, et c’est compliqué pour les professeurs de nous aider chacun à notre tour. Alors 35, ça risque d’être énorme », craint-elle. Sur les pancartes préparées par les lycéens et leurs enseignants devant l’établissement, on peut lire : « 35 élèves pour 30m2, on appelle ça un élevage intensif », « éducation négligée, lycéens énervés », « le nouveau budget gros flop »… « On aurait décroché depuis longtemps si on était 35 », affirment Anaé et Alexia, 17 ans, en classe de STMG, dont les effectifs vont augmenter.

    À l’intérieur du lycée, les nombreux professeurs mobilisés se réunissent avant de prendre la route vers la DSDEN en fin de matinée. « Jusqu’à maintenant, on avait 9 heures d’option EPS, on a même eu jusqu’à 12 heures. Et là, on nous supprime 3 heures. Cela veut dire qu’un groupe va sauter alors qu’on a 79 inscrits. Il y en a forcément qui vont rester sur le carreau et arrêter l’option », regrette Aline Marteau, professeure d’EPS au lycée Alexandra-David-Néel. « On a un collègue qui vient faire un complément de service. Ce collègue risque de sauter », ajoute-t-elle.

    « On doit faire des compromis pour que l’édifice ne s’écroule pas », constate Julie Ruffe Raimon, professeure d’arts plastiques. « Mais là, ça s’écroule », lui répond Aline Marteau. Le convoi d’Alexandra David-Néel a rejoint plusieurs autres établissements mobilisés devant la DSDEN. « C’est un département qui se soulève », lance Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, rappelant qu’il manque « 44 classes supplémentaires pour être dans la moyenne européenne » dans le département : « Pour l’instant, on est les derniers d’Europe. Cette année, ils attaquent l’éducation prioritaire. Le collège Jean-Giono à Manosque perd deux classes. »

  • La réorganisation au sein de l’hôpital de Digne-les-Bains alarme la CGT

    La réorganisation au sein de l’hôpital de Digne-les-Bains alarme la CGT

    « La CGT du centre hospitalier de Digne dénonce la mise en danger des patients et la dégradation des conditions de travail des salariés. » À quelques jours d’une potentielle décision de la direction de supprimer douze postes, de fermer le service de pneumologie et de réorganiser le pôle de médecine, la CGT alerte sur les risques psychosociaux que cela pourrait engendrer. « Les diminutions de personnel dans les services peuvent réduire les dépenses, mais ils n’améliorent certainement pas la qualité et la sécurité des soins », écrit le syndicat dans un communiqué.

    « Alors que les personnels sont déjà à bout de souffle, que la tension est palpable partout et que nous ne cessons d’interpeller la direction sur les troubles psychosociaux prégnants au sein de l’établissement, ce passage en force de mesures drastiques et peu compréhensibles sans prise en compte de la qualité des soins apportée aux usagers, ne fait que renforcer le mal-être et la perte de sens au travail », alerte la CGT de l’hôpital de Digne.

    De son côté, la direction de l’hôpital souligne que cette réorganisation se fait dans un contexte « contraint », « de pénurie médicale », obligeant à adapter les services. Une proposition de réorganisation sera présentée « par un directoire, convoqué les 27 mars et 3 avril prochains », précise-t-elle. Afin d’accompagner les agents « des pistes de réaffectation leur seront proposées (…) au sein de l’établissement (…) en parallèle, l’hypothèse de fin de contrat est à ce stade à l’étude », mentionne la direction. Et d’exprimer ses « regrets », de devoir mettre en place une telle réorganisation.

  • Les discriminations dans le viseur de la fac et de la justice

    Les discriminations dans le viseur de la fac et de la justice

    Pas moins de 9 700 crimes et délits « à caractère raciste » recensés en 2025 par la police et la gendarmerie nationales en France, soit une hausse annuelle de 5%, certes moins importante que celle observée en 2024 (+ 10%)… Alors que le service de la statistique publique de la sécurité intérieure vient de publier les derniers chiffres sur le sujet, à l’invitation d’Aix-Marseille-Université (Amu) en partenariat avec la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a tenu ce mercredi 25 mars une conférence sur la politique pénale en la matière. Un rendez-vous qui vient clore toute une semaine d’éducation avec projections ou visites du camp des Milles.

    « La lutte contre toutes les formes de discrimination ne relève pas seulement de l’émotion ou de l’indignation, elle exige une action collective et déterminée » a posé le président d’Amu, Éric Berton. Revenant sur le rôle éducatif de l’université, il rappelle que « racisme et antisémitisme ne sont pas des opinions, mais des délits qui portent atteinte au fondement même de notre République ».

    Une politique pénale prioritaire

    Cette politique pénale est d’ailleurs « devenue prioritaire » concernant ces affaires qui « peuvent paraître de faible intensité, mais porte atteinte à toute notre société », enchaîne le procureur de la République, rapportant que, le matin même, il avait appris que devant une synagogue marseillaise, un tag avait été retrouvé indiquant : « S’il y a encore des bombes sur les pays musulmans, on va faire comme en octobre, remember ». Le magistrat s’est emparé d’une circulaire qui donne « instruction aux parquets d’engager des poursuites dès lors qu’on était sur des phénomènes de racisme, d’antisémitisme et de discrimination ». Reste la difficulté de qualifier les faits. Quand des chercheurs font le lien entre antisémitisme et État d’Israël, ou quand CNews fait dans « l’islamophobie d’ambiance », soulève un enseignant.

    Le président de la Licra Marseille et avocat, Serge Tavitian, constate lui « depuis le 7 octobre » une radicalisation aux effets délétères. « Lors du procès Soral où je plaidais contre lui, j’avais déjà pu constater qu’il avait réussi à fédérer des jeunes », explique-t-il. Et d’alerter, aujourd’hui, sur une menace d’extrême droite, mais aussi d’« extrême gauche » toute aussi préoccupante. S’il a impulsé cette conférence, c’est donc pour sensibiliser la jeunesse, déplorant une faillite éducative.

    La question d’une étudiante demandant au procureur s’il n’y a pas une forme « d’acharnement » contre Tariq Ramadan, 18 ans de prison requis contre lui pour trois viols, entretenant une confusion victimaire, finira de le désarçonner…

  • Saint-Mauront fermé, Orange mise sur quatre sites

    Saint-Mauront fermé, Orange mise sur quatre sites

    Éparpillés façon puzzle… Alors que les syndicats n’ont eu de cesse de dénoncer les fermetures successives des sites d’Orange au profit du campus Massalia, à Saint-Mauront (3e), la direction de l’entreprise prévoit de reloger ses occupants au sein de quatre sites. C’est ce qu’indique un document présenté en CSE, ce mercredi, que nous avons pu consulter.

    Évoquant « l’accumulation des aléas bâtiment sur Massalia fin 2025 » et « à la suite des événements externes de quartier ayant accru l’insécurité », la direction, après une étude sur le lieu d’habitation de ses salariés, a établi que « la meilleure zone de recherche optimisant les temps de trajet domicile-travail se situait sur le nord-ouest de la ville ».

    L’entreprise veut aller vite. La situation du marché immobilier marseillais montrant « qu’il n’y a pas de disponibilité d’un site unique et aménageable entre le deuxième semestre 2026 et le premier de 2027 », et qu’il faut aussi 400 places de parking, le choix se porte sur Euromed I. Plus précisément du 20 au 23e étage de la Tour La Marseillaise, secteur que l’entreprise occupait auparavant, aux Docks, au 5e étage d’un immeuble de la Joliette et dans un bâtiment design, Eko, boulevard de Paris.

    Quel avenir pour le site ?

    De quoi accueillir les 1 092 salariés concernés, les 49 techniciens de Massalia rejoignant les sites de Saint-Marcel, Saint-Antoine et Vitrolles. Le tout pour la modique somme de 5,4 millions d’euros, sans compter les travaux qui se poursuivent à Saint-Mauront, évalués à 7,2 millions d’euros.

    Si la CFE-CGC, jusque-là impatiente de déménager, n’a pas souhaité commenter, la CGT réaffirme sa volonté de ne pas voir Saint-Mauront disparaître. « Un site historique de 1974. Cela fait 30 ans que j’y travaille, il n’y a pas plus d’insécurité qu’ailleurs », estime Olivier Neri, secrétaire général de la CGT Télécoms 13, assurant que « 70% des salariés sont d’accord avec nous. Et c’est crucial pour le quartier nous disent commerçants et habitants ». Des arguments que le syndicat avait développés, le 2 mars, devant les grilles. Ce que le syndicaliste ne comprend pas non plus, ce sont les 35 millions d’euros investis dans un campus jamais inauguré. Il n’a pas obtenu de réponse non plus sur l’avenir de Saint-Mauront, quand d’aucuns pensent que ses 35 000 m2 pourraient abriter un data center à moindres frais. La CGT se mobilise de nouveau, ce samedi 4 avril, à 10h.

  • Primaire et secondaire, ensemble contre la baisse des moyens

    Primaire et secondaire, ensemble contre la baisse des moyens

    Les lycées Jacques-Chirac (2e), Marie-Curie (5e), Montgrand (6e) et César-Baldaccini (ex-Rempart-Vinci, 7e), ont été bloqués une nouvelle fois, mardi 24 mars, par les élèves. Au lycée Denis-Diderot (13e), une réunion publique a été organisée conjointement avec l’école primaire Malpassé (13e), en fin de journée, à l’annonce de la possible suppression de postes et de classes à la prochaine rentrée. Des professeurs de l’école Gilles-Vigneault (5e), également concernée par des fermetures de classes, ont tenu un rassemblement devant leur établissement.

    « Du public de qualité »

    Au lycée Baldaccini, mardi matin, les élèves ont bloqué les entrées de l’établissement pour la troisième fois depuis le début du mouvement, le 5 mars. « Il s’agit d’un blocage filtrant, pour permettre aux élèves qui ont des examens de passer », précise Gwendal, lycéen et membre du syndicat Mouvement national lycéen (MNL). Une délégation d’élèves et d’enseignants a été reçue par la direction pour « clarifier nos revendications », explique une professeure. Le proviseur, présent, n’a pas souhaité commenter. Selon les personnels en lutte, l’annonce d’une réduction de 50h de la dotation horaire impliquerait, dans ce lycée, « la suppression d’un poste de CPE, de plusieurs spécialités et de classes dédoublées ». Une session de tractage s’est organisée dans l’après-midi, devant le collège Gaston-Defferre, à deux pas, « pour visibiliser notre lutte et parce que 50% de ces collégiens viennent ensuite à Baldaccini. Il faut se battre pour un enseignement public de qualité et éviter l’hémorragie vers le privé. »

    Les primaires en colère

    Les écoles primaires ne sont pas en reste. Devant l’annexe Pardigon de l’école élémentaire Vigneault, une trentaine de professeurs et de parents d’élèves se sont réunis à 16h, ce mardi. « On a appris par les syndicats que la suppression d’une, voire deux classes, était sur la table. Ça voudrait dire plus d’élèves par cours, mais aussi la fermeture d’un des bâtiments de l’école, donc moins d’espace pour nos enfants », explique Célia, parent d’élève. Pierre, un autre parent, ajoute : « Notre école est en REP+, on a vraiment besoin de maintenir nos conditions d’enseignement. On risque juste de mettre nos enfants en échec. »

    Une réunion de travail doit se tenir, ce mercredi 25 mars, avec la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) et les syndicats, pour arbitrer des ouvertures et fermetures de classes. « Cette année, la DSDEN n’a pas informé les syndicats des hypothèses de travail en amont de la commission, au prétexte des élections municipales, raconte Sébastien Boistel, représentant syndical FSU-SNUipp et professeur à l’école Malpassé. On ne les a reçues que le 23 mars, alors qu’on parle quand même de la possible fermeture de 50 classes rien qu’à Marseille. » Contacté, le rectorat n’a pas encore donné suite.

    Mobilisation au collège l’Estaque

    Des parents d’élèves organisent un rassemblement, ce mercredi 25 mars, devant le collège l’Estaque (16e). Depuis le 12 janvier, un poste de professeur de français est vacant dans l’établissement. Conséquence : quatre classes de cinquième et quatrième se retrouvent sans solution de remplacement. Avec cette mobilisation, « nous souhaitons interpeller l’administration sur la situation et faire bouger les choses », explique Fabrice, l’un des parents d’élèves. Une pétition circule.

  • Le recrutement d’un agent administratif à Arles fait tiquer le préfet

    Le recrutement d’un agent administratif à Arles fait tiquer le préfet

    La commune d’Arles a-t-elle employé un collaborateur politique sous le statut d’adjoint administratif ? C’est ce que soupçonne la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui a mené une action au tribunal administratif de Marseille au titre de son pouvoir de contrôle de légalité.

    Elle demande la suspension du contrat à durée déterminée signé le 30 septembre 2025 portant le recrutement d’un assistant d’élu pour une période de six mois, entre le 15 octobre 2025 et le 14 avril 2026. Ce recrutement s’appuie sur une délibération du conseil municipal datée du 2 octobre 2025, créant un emploi permanent à temps complet au sein du cabinet du maire, sur le cadre d’emploi des adjoints administratifs.

    La préfecture fait valoir des missions qui pourraient dépasser le cadre des tâches administratives d’exécution, « puisqu’il est demandé à l’agent d’organiser l’agenda des élus, de préparer des réunions publiques, de rédiger des discours ou des éléments de langage, de filtrer les sollicitations extérieures et assurer une interface entre l’élu, les services et les partenaires institutionnels ». Elle note que « loyauté, discrétion et disponibilité, en plus d’une expérience professionnelle politique et institutionnelle », sont attendues.

    Pour la préfecture, ces éléments pourraient correspondre « davantage à celles de collaborateur de cabinet », la procédure de recrutement ayant été directement conduite par la directrice de cabinet et le chef de cabinet, « en dehors de l’organigramme administratif de la collectivité ». Elle note, par ailleurs, que l’effectif maximum de collaborateur de cabinet d’un maire est fixé à trois pour les communes de 4 001 à 85 000 habitants, « or, la commune d’Arles est déjà dotée de trois collaborateurs ».

    « Nous apprenons par ailleurs l’existence de dix autres emplois d’assistants d’élu qui sont susceptibles d’être des emplois de collaborateur de cabinet et qui feront l’objet prochainement d’un contrôle de légalité », fait savoir le représentant de la préfecture, qui met l’accent sur la période « préélectorale » dans laquelle a été signé ce contrat. « La jurisprudence administrative a déjà eu à considérer que l’utilisation, pour les besoins d’une campagne électorale, de certains emplois communaux, devait être intégrée dans le compte de campagne du candidat et pouvait même conduire à l’inéligibilité d’un candidat et à l’annulation de son élection », rappelle-t-il. De son côté, l’avocat de la Ville d’Arles pointe une incompréhension. « Pris isolément, on peut concevoir que ça interroge, mais en fait, on est sur le recrutement d’une personne qui vise à remplacer l’un des dix secrétaires d’élu qui partait à la retraite et c’est vraiment pour assurer la continuité du service. (…) Ce sont des agents qui effectuent des tâches purement administratives, qui vont assurer l’interface avec le public et les élus, organiser leur agenda, les réunions, gérer leur courrier… » Il assure par ailleurs que le contrat dépasse la période électorale, puisqu’il « a été prolongé pour six mois », une décision « assez récente ».

    L’affaire est mise en délibéré, la décision devrait être rendue la semaine prochaine.

  • Florent Chevalier, l’acier dans le sang

    Florent Chevalier, l’acier dans le sang

    Né dans le métal, son père ayant un atelier de métallerie à Malijai, Florent Chevalier a choisi d’en faire lui aussi son métier. « Quand j’étais gamin, il m’emmenait à l’atelier. Au début, je ne voulais pas faire ce métier-là, mais au bout d’un moment, ça m’a plu et j’y ai pris goût », se rappelle-t-il. Il a baigné dedans depuis petit. « Au lycée, tous les week-ends, dès que je n’étais pas en cours, j’étais à l’atelier. »

    Un serrurier métallier, « c’est celui qui va construire tout ce qui est en métal dans un bâtiment. Portes, fenêtres, vérandas, pergolas, portails, rampes d’escalier… », explique le jeune homme, âgé de 21 ans. « C’est un métier assez physique, on doit lever des charges lourdes. Il faut être malin. On travaille une matière, principalement l’acier, qui impose beaucoup de discipline, qui est exigeante, dans le sens où c’est une matière qui est dure », précise-t-il. « On ne fait pas ce qu’on veut avec, et pas avec n’importe quels outils. Il y a beaucoup de connaissances, de gestes, de réflexes à avoir. Il faut du temps pour avoir quelqu’un de compétent. On dit qu’il faut 10 ans pour être autonome », ajoute le serrurier métallier.

    Le jeune bas-alpin décrit son métier comme « un métier passion ». « Il y a vraiment un aspect artistique », avance-t-il, évoquant également « la précision, l’ingéniosité que ça demande ».

    En plein tour de France

    Florent Chevalier est actuellement en formation en alternance chez les Compagnons du devoir et fait un tour de France « riche en rencontres et en partage », puisqu’il habite avec une soixantaine d’autres compagnons. Chaque année, il change de ville « pour travailler dans un endroit différent et apprendre son métier ». En ce moment, il étudie à Angers. Avant cela, il est passé par Cagnes-sur-Mer, Montpellier et Strasbourg. La journée, il est en entreprise, puis, le samedi et tous les soirs de la semaine, de 20h à 22h, il a des cours. « C’est dense. Mais quand on aime, on ne compte pas ! », lance-t-il. Il va même faire une étape à l’étranger, en Irlande, pendant un an.

    Florent Chevalier a un côté hyperactif : quand il ne travaille pas, il fait de la randonnée ou de la boxe. « Ne rien faire, c’est compliqué pour moi. J’aime bien me mettre au défi », lance-t-il. Originaire des Mées, le jeune homme reste très attaché à sa région et y retourne régulièrement. « Ce que j’aime bien, c’est que c’est entre la mer et la montagne. On est vraiment à mi-chemin entre le côté méditerranéen et le côté haute montagne. En une heure de voiture, on est sur des paysages complètement différents », décrit-il. Avant de rentrer chez les Compagnons du devoir, à l’âge de 17 ans, Florent Chevalier a passé un baccalauréat général à Digne-les-Bains.

    Le concours World Skills, dont il a remporté la médaille d’or en métallerie, l’a « vraiment amené à se dépasser ». « Pour moi, c’est vachement plus important que tout le reste », insiste-t-il. Quand il a appris qu’il avait gagné le concours, « c’était une grande joie, parce que ça faisait un peu plus de deux ans que j’y pensais tous les jours et que je m’entraînais ». « Cela m’a fait un bien fou de voir que mes efforts payaient. C’est quand on lâche rien qu’on peut avoir du résultat et être fier de soi », affirme-t-il. Le jeune homme a eu la chance d’être accompagné par les entreprises chez qui il était apprenti pour la préparation du concours.

  • Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    « Vous vous êtes manifestement enrichi en ne déclarant pas volontairement vos salariés et ce pour un préjudice très conséquent pour l’Urssaf », a sans détour signifié la présidente Kennedy à un chef d’entreprise qui s’est vu infliger trois ans de prison dont deux avec sursis. « L’année ferme est aménagée sous bracelet électronique. C’est de la prison mais chez vous. »

    Eshat Cakmak, 44 ans, chef d’entreprise de construction turc, comparaissait mardi pour travail dissimulé et blanchiment. Par omission délibérée de déclaration d’embauche, de salaire et de cotisations sociales sur environ 500 travailleurs, ses deux sociétés ont engendré 4 682 927 euros de préjudice à l’Urssaf en 4 ans. « Votre chiffre d’affaires de 2020 à 2023 est de 5,7 millions d’euros. Vous touchez 323 000 euros sur la même période mais n’en déclarez que 15 000 tout en versant 45 000 euros non déclarés à votre épouse, gérante de droit », campe la présidente face à un prévenu mutique ou agaçant dès qu’il s’exprime. « Je ne me souviens plus. Je me sens pas bien. J’ai perdu mon père. »

    « Je ne regarde pas l’argent que je gagne »

    Le schéma délictuel est connu dans le secteur du bâtiment. « Une première société poubelle est créée à Marseille qu’on transfère ensuite à Bobigny pour minorer le risque de contrôle, détaille la vice-procureure Isabelle Candau. Quand elle est repérée, la société qui a pris beaucoup de chantiers – 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires par an – n’existe plus. Une autre société a repris tous les chantiers et fait quelques DPAE (Déclaration préalable à l’embauche) pour donner une apparence de légalité sans faire de DSN (Déclaration sociale nominative) pour ne pas payer les cotisations sociales. C’est un procédé récurrent dans le BTP. »

    Lors de la perquisition de son appartement, avenue Saint-Louis, 15e, pour lequel il touche 536 euros d’APL, les enquêteurs trouvent 5 300 euros en espèces, 22 cartes bancaires, saisissent 4 véhicules dont une Audi Q8, une Mercedes classe S. « Vous avez perçu 450 000 euros de revenus en 4 ans mais vous n’avez déclaré que 5 280 euros dans l’année », rappelle la juge. « C’est pas une vie de luxe, ce que j’ai gagné je l’ai perdu car je joue et j’aide aussi ma communauté. Je ne regarde pas l’argent que je gagne, je le distribue à mes ouvriers. Actuellement j’ai des problèmes de dos, je suis au RSA », crispe le prévenu.

    « Cette fraude sociale cause un préjudice financier colossal en cotisations éludées », expose Me Coralie Renaud pour l’Urssaf. Elle réfute la version proposée d’une négligence systématique et d’une inculture administrative. « On est face à un patron voyou », résume la procureure. « Il utilise notre droit social à son profit. Vous ne déclarez rien, vous ne payez rien, vous passez votre temps à enfumer, à faire disparaître les fonds pour gruger et créer de l’apparence. Tout, strictement tout, va dans votre poche. » Contre cette fraude sociale qui représente « 1 400 euros de pension de retraite pour 283 personnes pendant une année », elle demande 3 ans ferme avec mandat de dépôt.

    « Ce n’est pas le Stavisky du BTP ni un Machiavel de la finance ! » lance Me Olivier Kuhn-Massot « atterré en tant que citoyen de voir la dérisoire facilité à planter 4,7 millions d’euros à l’Urssaf. Et ça n’éveille personne ? » De réfuter un enrichissement personnel. « Il ne serait plus ici s’il avait accumulé une fortune en Turquie. » « Lui un donneur d’ordres ? C’est surtout lui qui en reçoit. Il a la tête du parfait abruti et il a été utilisé comme tel. C’est un pion sacrificiel », tente la défense.

    L’homme écope de 3 ans de prison dont 2 avec sursis, de 20 000 euros d’amende, de l’interdiction définitive de gérer et de l’obligation très théorique de verser 4 682 927 euros à l’Urssaf. Sa société est dissoute.