Tag: Société

  • À Manosque, préfète et maire dénoncent un incendie « criminel »

    À Manosque, préfète et maire dénoncent un incendie « criminel »

    Sept bus de la communauté d’agglomération DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) ont été complètement incendiés mardi soir, juste à côté du lieu de l’expulsion de gens du voyage quelques heures plus tôt. Cette même agglomération exigeait, aux côtés de la ville de Manosque, cette expulsion depuis plusieurs mois. Pour le maire de la commune, Camille Galtier (DVD), cela ne fait aucun doute : ce sont ces mêmes personnes expulsées, qu’il désigne comme des « voyous », qui ont commis cet acte « criminel ». « Des propos de représailles ont été tenus toute la journée. Il ne faut pas être dupe », a-t-il lancé. Il affirme avoir été menacé de vengeance à plusieurs reprises pendant l’expulsion. « Ce qu’il s’est passé hier [mardi] montre qu’il y a d’un côté les pouvoirs publics, et de l’autre les voyous », a-t-il affirmé.

    Des renforts policiers

    Interrogée sur le lien entre l’expulsion et l’incendie, Isabelle Tomatis a répondu : « La préfète est payée pour se poser ce genre de questions. Je m’interroge sur la concomitance entre l’évacuation du matin et les faits du soir. » La clôture séparant les bus et la parcelle évacuée a été dégradée pour pénétrer sur le site. Des bus ont été amenés dès mardi soir en renfort de Forcalquier pour pouvoir assurer la continuité du transport scolaire. La préfète a déploré une « déstabilisation » et a assuré que des renforts policiers avaient été sollicités pour la semaine prochaine.

    « On verra s’ils s’attaquent à autre chose », a conclu le maire de Manosque. Selon lui, la construction de l’aire permanente a coûté plus d’un million d’euros, et le coût des dégradations s’élève à 1,6 ou 1,7 million.

  • Reillanne : manifestation pour demander une institutrice

    Reillanne : manifestation pour demander une institutrice

    « Elle avait prévenu l’inspection académique de son absence dès le mois de janvier, et jusqu’au jour de son départ, aucun remplacement pérenne n’a été prévu », déplorent les parents. Ils s’étaient déjà mobilisés début avril, et avaient contacté l’inspection académique pour leur faire part de leurs inquiétudes. Les maternelles sont répartis dans des classes de primaire.

  • Un sommet du sport rassemble autour des enjeux contemporains du secteur

    Un sommet du sport rassemble autour des enjeux contemporains du secteur

    Ce mercredi 29 avril, le World Trade Center Marseille Provence accueille la 3e édition du Sport Med Summit. Ce sommet doit réunir environ un millier de participants venant de différents clubs, institutions ou encore fédérations. Le but ? Créer un espace capable de rassembler l’ensemble des acteurs du sport autour des grands enjeux contemporains du secteur.

    François Singer, directeur général du Sport Med Summit, explique plus précisément l’utilité d’un tel événement : « Le sport traverse aujourd’hui des transformations majeures : enjeux climatiques, santé mentale, inclusion, nouvelles pratiques… Notre ambition est de réunir celles et ceux qui veulent agir et de créer un véritable catalyseur d’initiatives à impact pour le sport de demain. »

    Ce troisième opus prévoit une programmation et des sujets en lien avec l’actualité sportive. Avec en premier lieu les JO d’hiver 2030, défi écologique et économique pour les Alpes, du nord au sud. Des thématiques comme le sponsoring engagé, le sport santé ou encore le développement des territoires seront évoqués. Une table ronde autour de l’engagement et l’impact sociétal des athlètes se tiendra en compagnie de quatre sportifs.

    L’ancien gardien de l’OM Steve Mandanda, le double champion olympique de snowboard Pierre Vaultier, la cycliste paralympique Marie Patouillet et l’ex-nageur Fabien Gilot sont les invités de ce rendez-vous. Une édition qui doit permettre au secteur de faire un nouveau pas en avant pour assurer son futur.

  • Des gens du voyage expulsés de leur aire d’accueil à Manosque

    Des gens du voyage expulsés de leur aire d’accueil à Manosque

    Un important dispositif policier a été déployé mardi matin pour expulser les gens du voyage résidant dans des caravanes sur une parcelle du quartier de la Loubière à Manosque, occupé depuis plusieurs mois. Le maire de Manosque, Camille Galtier (DVD), demandait son évacuation sans relâche. Il avait fait fermer la déchetterie mitoyenne depuis le 23 janvier en vue de l’expulsion. Le campement avait été au cœur du débat pendant les élections municipales, le candidat UDR-RN proposant d’aller à la rencontre des habitants du terrain communal.

    La Ville de Manosque et DLVAgglo (Durance Luberon Verdon Agglomération) avaient saisi le tribunal administratif et le tribunal judiciaire pour
    « faire cesser l’occupation illicite de plusieurs parcelles situées à la Loubière », le 12 janvier. C’est une de ces parcelles qui a été évacuée mardi matin par des policiers et des CRS.

    « À la demande du maire de Manosque, l’État a prêté son concours à l’exécution de la décision du président du tribunal judiciaire de Digne-les-Bains rendue le 29 janvier 2026 ordonnant l’expulsion des occupants sans droit ni titre du terrain appartenant à la commune », a expliqué la préfecture dans un communiqué diffusé mardi. « Cette occupation illicite s’était progressivement développée dans des conditions précaires, insalubres et dangereuses, notamment en raison de branchements électriques sauvages », précise-t-elle.

    Une aire d’accueil

    pour 90 jours seulement

    « En amont de l’intervention, les effectifs de la circonscription de police nationale de Manosque s’étaient présentés à plusieurs reprises sur le site afin d’avertir les occupants de l’imminence de leur expulsion et de les inviter à quitter les lieux », ajoute la préfecture. Les habitants n’étaient ainsi pas sur place au moment de l’expulsion.

    « Cette situation d’occupation illicite était inacceptable pour l’ensemble des citoyens qui respectent les lois de la République », a lancé en réaction le maire de Manosque, Camille Galtier. « La ville de Manosque tient à rappeler qu’elle reste en attente de la décision du Conseil d’État concernant la parcelle CB 37 suite aux décisions contradictoires du tribunal judiciaire et tribunal administratif. Une fois l’expulsion actée par le Conseil d’État, le même processus sera engagé par la Ville de Manosque », a-t-il ajouté. Les gens du voyage sont autorisés à rester seulement 90 jours maximum sur ce type d’aires d’accueil permanentes. « Une aire permanente est dite permanente dans sa fonction d’accueil, mais elle est destinée aux gens du voyage de passage. Elle n’a ni pour vocation ni pour finalité d’offrir des terrains publics viabilisés à des populations sédentarisées. Accepter une telle interprétation reviendrait à détourner l’esprit même du schéma départemental d’accueil et à créer une distorsion manifeste d’équité au détriment des contribuables manosquins », affirment la DLVA et la Ville de Manosque.

    La Ligue des droits de l’Homme 04 appelait, elle, à créer une nouvelle aire permanente pour régulariser la situation.

  • Le bus santé itinérant inauguré pour pallier les déserts médicaux dans les Alpes

    Le bus santé itinérant inauguré pour pallier les déserts médicaux dans les Alpes

    Sillonner les routes du Haut-Verdon à la rencontre des habitants isolés : tel est l’objectif du bus santé inauguré vendredi à Castellane. « Nos territoires ruraux ont un grand besoin de santé auquel le médicobus répondra », a insisté le maire du village. Nathalie Blanc, la directrice de la CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé), à l’origine du projet, a expliqué avoir voulu apporter « une réponse concrète aux enjeux de santé du territoire » et « garantir un accès équitable aux soins des territoires ruraux où les inégalités d’accès sont une réalité quotidienne ».

    « L’évidence s’est imposée : aller vers les patients plutôt que d’attendre qu’ils viennent », a-t-elle conclu, espérant que le modèle inspire d’autres territoires.

    La première vice-présidente de l’intercommunalité a salué un choix « profondément politique de ne laisser personne au bord du chemin ». « Garantir l’accès aux soins n’est pas une option, mais une responsabilité collective », a-t-elle lancé, rappelant que certains renoncent aux soins faute de proximité. « L’offre de soins doit s’adapter au territoire, et non l’inverse ».

    « Aller vers est une solution »

    Jean-Charles Borghini, représentant le président de la Région, a qualifié le bus de « projet exemplaire » : « Il reste encore beaucoup à faire, mais aujourd’hui, nous franchissons une véritable étape. » « Face aux fragilités, aller vers est une solution, plutôt que d’attendre que les patients viennent aux soins », a avancé la préfète du département, Isabelle Tomatis. « L’accès aux soins ne doit jamais dépendre du lieu de résidence », a-t-elle martelé.

    Lancé début mars, le bus santé dessert des villages isolés du Haut Verdon, d’Allos à Rougon, trois jours par semaine.

  • De jeunes dignois s’initient à un chantier éducatif

    De jeunes dignois s’initient à un chantier éducatif

    Découvrir le monde du travail, financer un voyage en Corée du Sud, mettre de l’argent de côté… Nombreuses sont les raisons qui ont poussé Manon, Tim et Evan à participer au chantier éducatif du plan d’eau des Ferréols. Pendant cinq jours, ils ont repeint les sanitaires et la buvette du plan d’eau. « C’est une première expérience pour eux, avec un contrat de travail, qui leur permet d’être confrontés au monde du travail et d’apprendre à se lever tôt, à respecter l’encadrement et les impératifs liés au chantier », explique Damien Scano, président de l’association ADSEA 04 (Association Départementale de Sauvegarde de l’Enfant à l’Adulte), à l’origine du projet, en partenariat avec la Ville de Digne et le Département.

    « Les jeunes étaient demandeurs de participer à des chantiers. Pour eux, c’est un temps fort qui leur permet de discuter, de créer des liens de confiance et parfois même de se faire des amis », se réjouit Sonia Hinschberger, éducatrice spécialisée qui accompagne les jeunes au cours du chantier éducatif.

    « Inclusion et dynamisme »

    Le partenariat « historique » entre la Ville et l’association ADSEA remonte à 1998. « On est très heureux de pouvoir être initiateurs de projets comme celui-ci, pour l’inclusion et le dynamisme », avance Mathys Legay, adjoint au maire présent pour le dernier jour du chantier. La Ville paie les salaires des jeunes et fournit le matériel nécessaire pour le chantier, pour un coût de 3 000 euros, dont 700 euros de matériel. Deux éducatrices de l’association encadrent les trois jeunes.

    « C’est le premier chantier de la saison, mais on réfléchit aux prochains. Il devrait y en avoir un autre en été et un en automne », précise Caroline Deries, responsable du service jeunesse à la Ville de Digne.

    « Ce chantier nous a appris la patience, on a beaucoup progressé depuis le début. On va plus vite et on est plus efficace », se réjouit Manon, 20 ans, qui a pour projet de travailler dans l’animation. Evan, 18 ans, compte mettre l’argent récolté de côté ; tandis que Tim, 16 ans, va l’utiliser pour financer son séjour en Corée du Sud. « Je connais les éducatrices depuis longtemps, je vais souvent les voir pour être aidée pour des papiers, pour mes CV », relate Manon, jogging taché de peinture blanche. « Ce serait bien qu’il y ait plus de chantiers comme celui-ci. J’ai progressé sur le fait de tenir toute la semaine », ajoute-t-elle. Le chantier a permis aux jeunes de réfléchir à leur orientation professionnelle, alors qu’Evan sort du lycée et que Manon cherche à travailler en centre aéré.

  • Viol, barbarie, proxénétisme : un procès de l’horreur à Digne

    Viol, barbarie, proxénétisme : un procès de l’horreur à Digne

    « Chantage à la rupture », « domination », prostitution forcée… Le procureur de la République de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, a détaillé, jeudi, les raisons pour lesquelles l’ex-conjoint de Laëtita a été mis en examen. Il sera jugé en mai pour torture, acte de barbarie, viol, proxénétisme « au préjudice d’une personne particulièrement vulnérable » et détention d’arme.

    Le responsable d’une agence bancaire manosquine est soupçonné d’avoir violé, torturé et livré sa compagne Laëtitia à des dizaines d’inconnus, de 2015 à 2022, à Manosque, La Seyne-sur-Mer et Grasse. Au cours de l’enquête, Laëtitia « a décrit des viols et des violences extrêmes commis depuis 2015 dans le cadre d’une relation de couple marquée par des pratiques sadomasochistes au départ consenties », relate le procureur. « À plusieurs reprises, depuis 2015, lorsqu’elle lui avait demandé d’arrêter en raison de la douleur ressentie, il avait, selon elle, poursuivi ses gestes, commettant des violences lorsqu’elle s’opposait à ses demandes », indique le magistrat.

    « Leurs jeux sexuels avaient rapidement dépassé les limites qu’elle pouvait accepter, le mis en examen se livrant alors à un chantage à la rupture et exerçant une domination sur elle. Elle a indiqué qu’il lui avait ordonné d’avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes, pendant lesquelles il écoutait via son téléphone portable », décrit Antoine Pesme.

    Forcée à se prostituer

    En plus des violences conjugales multiples, il est reproché à l’accusé d’avoir forcé son ex-compagne à se prostituer et d’avoir récupéré les fonds récoltés de par cette activité illicite. « Elle avait dû se prostituer à la demande du mis en examen, lequel décidait des pratiques et des tarifs et récupérait la moitié puis la totalité des gains », avance le procureur de Digne-les-Bains. Le responsable d’agence bancaire reconnaît l’existence de relations sadomasochistes avec sa compagne, « mais a affirmé que celles-ci étaient consenties, décrivant la prostitution, l’échangisme ou les pratiques zoophiles comme des jeux ».

    « L’intensité et la répétition des violences décrites par la partie civile, mises en relation avec les conclusions de l’expertise médicale et l’exploitation d’enregistrements sonores et vidéos, a conduit le magistrat instructeur à renvoyer le mis en examen devant la cour d’assises », conclut Antoine Pesme.

    L’accusé sera défendu par les avocats Me Charlotte Barriol et Me Arnaud Lucien, du barreau de Toulon, tandis que son ex-compagne sera assistée par Me Philippe-Henry Honeger, avocat au barreau de Paris.

    La mère de famille de 42 ans avait décrit le calvaire qu’elle a vécu à France Info : « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau. Il me frappait avec une planche à découper. J’étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »

    Procès du 18 au 22 mai, devant la cour d’assises de Digne-les-Bains.

  • Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    S’opposer physiquement à la déforestation et à la construction de centrales solaires sur la montagne de Lure : c’est la méthode qu’a choisie le collectif Elzéard Lure en Résistance, créé en opposition à la centrale de Cruis. « Quand j’ai appris qu’il y allait avoir une centrale solaire industrielle juste en face de chez moi, je n’en ai pas cru mes oreilles de me dire qu’ils allaient défricher 17 hectares de forêt pour mettre une usine d’électricité », se rappelle Sylvie Bitterlin, co-fondatrice du collectif.

    « Je suis venue ici pour vivre dans la nature, entourée d’un monde vivant. Progressivement, je me suis aperçue à quel point cet environnement était dégradé. On est en train de détruire petit à petit ce lieu emblématique de la montagne de Lure », déplore la militante. « On a constaté que cela ne se passait pas qu’à Cruis, mais que, sur toute la montagne de Lure, il y avait déjà 15 centrales photovoltaïques qui avaient été construites, qui n’avaient pas attiré notre attention puisqu’elles sont cachées dans les forêts. » Selon le collectif, 15 autres projets de centrales sont envisagés sur la montagne.

    À Cruis, quand le défrichage a commencé, en 2022, les militants s’y sont opposés physiquement. « On s’est interposés physiquement face aux bûcherons pour les empêcher de couper des arbres. Mais on n’était pas assez nombreux pour les arrêter, et, en quatre jours, toute la forêt était partie », regrette Sylvie Bitterlin, également conseillère municipale à Montlaux (DVG). « Ils sont revenus en 2023 pour les travaux de terrassement, on était là pendant plusieurs mois, tous les jours, on bloquait les machines. L’entreprise a ensuite embauché des vigiles, des milices qui ont commencé à violenter les militants », affirme la co-fondatrice.

    « Quel écolo fait ça ? »

    « Détruire des espèces protégées par centaines, des habitats d’espèces protégées, alors qu’on sait que c’est la première cause de l’effondrement de la biodiversité, quel écolo fait ça ? Quand est-ce qu’on peut se revendiquer écolo alors même qu’on détruit la biodiversité ? », lance Pierrot Pantel, le juriste qui accompagne le collectif et l’aide à repérer les irrégularités et à déposer des plaintes. « On a lancé une démarche demandant à la préfecture un démantèlement de la centrale et une remise en état à Boralex [l’entreprise qui a construit la centrale de Cruis, Ndlr]. Et, si elle refuse, on attaquera ce refus pour que ce soit un tribunal qui impose à la préfète d’ordonner à Boralex de tout remettre en état », affirme le juriste.

    Contacté, Boralex assure « donner une seconde vie à des parcelles détruites par un incendie survenu en 2004 » et « minimiser les impacts sur l’environnement ». Le projet a été réduit de 75 à 17 hectares, affirme l’entreprise.

  • À Forcalquier, un militant controversé jugé en appel pour violences

    À Forcalquier, un militant controversé jugé en appel pour violences

    Antivax, créateur d’une « zone de défense active de la culture », condamné pour violences conjugales… Le Forcalquiéren Merlin Longuet, déjà connu pour de nombreuses actions militantes et déjà condamné pour plusieurs faits de violences, sera à nouveau jugé en appel, à Aix-en-Provence mardi. Présumé innocent, il est poursuivi pour des faits de violences sur un autre militant, Guillaume D., survenus à Forcalquier en juin 2023.

    « Guillaume D. a été froidement frappé, au sol, seul, par plusieurs personnes, dont l’une était vraisemblablement armée », décrit le procès-verbal du jugement en première instance, en novembre 2024. « Guillaume D. a été passé à tabac au motif qu’il a été présent dans un lieu où Merlin Longuet avait décidé qu’il n’était pas le bienvenu. Merlin Longuet utilise une rhétorique laissant penser qu’il a pu se considérer comme dépositaire d’une violence légitime qu’il s’est senti en droit d’exercer, en groupe, contre un individu ayant enfreint les règles qu’il avait fixées sur ce qu’il considère comme son territoire », est-il par ailleurs précisé.

    Au moment des faits, Guillaume D. s’était récemment installé sur un terrain à Forcalquier, près de la communauté autogérée Longo Maï, avec laquelle Merlin Longuet était alors en conflit. « Merlin m’a fait toute une cérémonie, disant que ses hommes avaient des doutes sur moi et qu’il fallait que je fasse preuve d’allégeance à son groupe », se rappelle celui qui a quitté le département suite à cette agression. « Lui, il considérait que Forcalquier, c’était son fief. Il avait le droit d’entrée ou pas sur la commune. Du coup, les gens qui ne voulaient pas obéir à ses ordres n’avaient rien à faire sur Forcalquier. »

    L’ex-compagne de Merlin Longuet a tenu à apporter son témoignage, versé au dossier de l’affaire. « Merlin n’a aucune pitié pour personne », « des coups portés injustement, il y en a eu un paquet », « il faut se vouer au collectif et faire ce que Merlin dit », « il faudrait être kamikaze pour aller porter le premier coup sur Merlin, d’autant plus s’il est entouré de ses hommes de main », affirme-t-elle dans son attestation de témoin. « Si, par malheur, tu as le courage de t’opposer, tu passes illico au rang de banni, voir d’ennemi juré, avec tout le collectif à dos, prêt à te détruire par tous les moyens », ajoute-t-elle.

    Plusieurs personnes connaissant le collectif évoquent même un fonctionnement sectaire. Merlin Longuet avait été condamné à 24 mois de prison, dont 12 avec sursis, pour des violences commises sur cette ex-compagne.

    Dérives conspirationnistes

    Selon le dossier, Merlin Longuet prônait la désobéissance et était à la tête du Café des libertés, à Forcalquier. Son mouvement est connu pour des dérives conspirationnistes et notamment antivax. Il a également été proche du mouvement des gilets jaunes.

    Contacté, le cabinet de son ancien avocat, Me Emmanuel Ludot, indique ne plus assurer sa défense. Merlin Longuet reconnaît avoir porté trois coups à Guillaume D., mais affirme que ce dernier aurait frappé en premier. Il avait d’ailleurs déposé plainte contre Guillaume D., se considérant comme victime.

    En première instance, Guillaume D. avait été condamné à une amende de 1 000 euros, tandis que Merlin Longuet avait écopé de huit mois d’emprisonnement à domicile sous surveillance électronique. Guilaume D. nie avoir porté des coups, mais n’a pas fait appel.

    Audience à la cour d’appel
    d’Aix-en-Provence mardi à 14h

  • [Entretien] Julien Guimard : « Réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain »

    [Entretien] Julien Guimard : « Réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain »

    La Marseillaise : Vous êtes un militant associatif très engagé. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

    Julien Guimard : Oui, d’autant que les réalisations d’aujourd’hui sont l’aboutissement de 20 ans de travail sur le terrain, que ce soit avec la foire bio que j’ai lancée en 2003, mais aussi par rapport à tout ce que j’ai mis en place pour créer du lien sur le territoire. Notamment avec l’association la Vallée du Gapeau en transition, qui a fait plein d’étincelles. Toujours dans cette idée de donner des moyens d’agir concrets aux acteurs d’un territoire. C’est comme ça qu’on a créé, entre autres, le magasin biocoopératif et la monnaie locale : la Fève.

    Et aujourd’hui, vous publiez
    «
     À l’aube de nos territoires »*, votre nouveau livre…

    J.G. : C’est un livre de portraits conçu à quatre mains avec des amis tout autant engagés, qui souhaitent, eux aussi, à leur échelle, répondre aux enjeux de notre époque. Je me suis occupé de l’écriture des textes, qui sont accompagnés des photographies de Virgil Prudhomme et des aquarelles de Canelle Mingo. L’ensemble a été construit, mis en page et articulé par Aurélien Prudhomme, designer graphique. J’ajoute qu’il a été imprimé dans la région. Il est le reflet de toutes ces années de militantisme pour montrer toutes les richesses du territoire, mettre en lien les consommateurs et les producteurs. C’est un petit peu l’actualité du moment.

    Que raconte ce livre ?

    J.G. : Nos rencontres avec des producteurs de la région, du département. Et parmi ces personnes, il y en a que je connais depuis 2 ans, 6 ans, 10 ans… Ce qui m’a permis de prendre le temps de vraiment avoir des discussions profondes avec eux.

    J’avais vraiment envie de raconter leur histoire et de montrer qu’ils ont un savoir-faire extraordinaire. On a l’une des meilleures permacultrices de France, un apiculteur formateur qui a une connaissance incroyable de l’abeille. Ou encore, par exemple, des gemmothérapeutes qui font du soin avec les bourgeons. Je voulais vraiment mettre en lumière tous ces gens-là. Sans cacher, bien sûr, leurs difficultés, mais on a souhaité surtout montrer de belles choses. Et je pense qu’à l’époque qu’on traverse, c’est important de montrer aussi de belles choses sur le territoire, de créer du lien et des rencontres plutôt que d’attiser les peurs. C’était ça, l’idée première.

    L’échelle locale trouve sa véritable valeur correctrice lorsque nous remettons en cause nos systèmes de production ravageurs et nos habitudes de consommation à outrance. Au-delà du simple « faire et consommer local », la dimension nourricière implique de réfléchir ensemble aux manières de produire et de se nourrir autrement, en respectant le vivant et les communs sur un territoire donné. Appuyés par des dynamiques citoyennes, de nombreuses villes et territoires prennent ainsi conscience des enjeux du système alimentaire, pour la prospérité des sociétés à venir, et tentent d’y répondre, affichant ainsi une volonté commune forte. L’objectif étant de mutualiser nos connaissances, agir d’une même voix, ici ou ailleurs, riches de nos origines, cultures ou situations socio-économiques variées. Vitaliser le territoire et réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain… Un programme vaste et motivant !

    J’imagine que ces alternatives seront au cœur de la prochaine foire bio de Signes…

    J.G. : Bien sûr, d’autant que, pour cette nouvelle édition qui va se dérouler les 23 et 24 mai, nous aurons comme invité d’honneur l’écrivain, réalisateur, poète et militant écologiste Cyril Dion. Il donnera deux conférences ayant pour thème « D’un monde à l’autre : le péril écologique nous confronte aux limites de notre planète ». La première sur place le samedi à 11h et le soir au jardin remarquable de Baudouvin, à La Valette.

    L’occasion, là encore, de montrer que nous sommes au bout d’un modèle et qu’il reste une nouvelle société à inventer en remettant l’économie à sa juste place. En attendant, pendant deux jours 100 à 120 exposants seront présents, avec des producteurs bio, des artisans-créateurs et beaucoup d’associations. L’idée est de créer une bulle qui montre un petit peu tout ce qu’il y a sur le territoire en matière de savoir-faire et de créativité, tout en offrant des moyens d’agir à celles et ceux qui souhaitent s’engager.

    *Précommandes sur : ulule.com/alaubedenosterritoires