Tag: Société

  • La CGT alerte sur la situation de l’hôpital de Digne

    La CGT alerte sur la situation de l’hôpital de Digne

    Fermeture du service de pneumologie deux ans après celui de cardiologie, fermeture de 30 lits de psychiatrie sur 80, départ annoncé de la cheffe du pôle pédopsychiatrie cet été… Dans un communiqué, la CGT alerte sur la situation de l’hôpital de Digne et regrette ne pas avoir eu de réponse de la mairie, de la communauté de communes, de l’ARS, du sénateur ou encore de la préfecture après une lettre que le syndicat leur a adressée le 20 mai.

    « Nous faisons le triste constat de l’absence totale de réponse à ce courrier ! Aucun élu, aucun représentant de l’État n’a jugé bon de nous rencontrer, ni même de nous répondre. Nous en déduisons que la santé des citoyens ne fait pas partie de leurs préoccupations, notamment en dehors des périodes électorales », déplore la CGT lundi.

    Dans sa lettre envoyée le 20 mai, le syndicat déplorait « un déficit record et un exode médical massif » : « la pérennité de certains services est largement menacée, avec son corollaire de suppression d’emplois et de réduction de l’offre de soins », avançait la CGT. Elle citait notamment la pédopsychiatrie : « Les perspectives sont effrayantes. À partir de septembre, il n’y aura plus qu’une seule praticienne hospitalière pour l’ensemble du département sur les six normalement financés. » Concernant la psychiatrie adulte, « sur les 16 postes financés, il y a onze praticiens. La plupart sont à temps partiel, trois sont très proches de la retraite et deux vont quitter l’hôpital cet été, sans aucune perspective de remplacement ». La CGT appelle à « une prise de conscience générale » et exige « un plan massif de recrutements ».

    Contactée, la mairie de Digne a indiqué attendre la prochaine réunion du conseil de surveillance de l’hôpital, retardée, et l’élection du maire à sa présidence.

  • Un village bas-alpin détruit par une tempête de grêle

    Un village bas-alpin détruit par une tempête de grêle

    « Ici, c’est Beyrouth ! Il faut que je refasse la toiture, les plafonds sont morts, mon parquet a gonflé » : à Châteauneuf-Val-Saint-Donat, à 10 km de Château-Arnoux-Saint-Auban, les habitants ont été surpris par une tempête de grêle d’une ampleur inédite et ont subi de nombreux dégâts. Plusieurs d’entre eux ont dû être relogés suite à l’effondrement de leur plafond, et de nombreuses voitures ont été endommagées. La salle des fêtes, qui sert aux mariages, aux anniversaires, et, toutes les semaines, à la gymnastique des enfants et à l’atelier tricot des seniors, a été condamnée, son plafond s’étant en partie effondré.

    « On était en route pour l’Espagne, on a dû annuler nos vacances, rentrer en urgence et faire demi-tour à Bordeaux », témoignent Jean-Marc et Marie-Andrée Gubierrez, venus déclarer leur sinistre en mairie. « En 30 ans que j’habite ici, c’est la première fois que je déclare un sinistre comme ça ! », lance Marie-Andrée. Leur voiture achetée il y a seulement un an, leurs gouttières et « toutes les tuiles » de leur maison ont été endommagées. « Nous, encore, on s’estime heureux, c’est rien de grave », relativise le couple de retraités, alors que certaines familles vont devoir attendre plusieurs semaines avant de pouvoir revenir chez elles suite à l’effondrement de leur plafond.

    Des récoltes entières perdues

    Plusieurs agriculteurs ont subi des dégâts, et l’un d’entre eux envisage même de fermer son exploitation suite à la perte de toutes ses récoltes. « C’est le travail de toute une saison qui est détruit, ça met du temps à repartir », regrette le maire de la commune de 536 habitants, Didier Rouit (SE), se demandant si les indemnisations vont couvrir toute la récolte. « Samedi matin, la préfète est venue constater les dégâts. À 10h30, il y avait encore des gros tas de grêle ! », affirme-t-il. « Les anciens nous disent qu’ils n’ont pas vu un orage aussi violent depuis 1985. »

    Thomas Brignals a lui eu le pare-brise, le pare-chocs et une vitre de sa voiture et de son camping-car cassés. « La troisième est assurée au tiers, donc c’est pas la peine », regrette-t-il. Les garagistes, débordés par l’affluence de voitures abîmées par la grêle, ont dû, pour certains, faire appel à des renforts de Manosque.

    Les Alpes-de-Haute-Provence sont à nouveau placées en vigilance jaune orages ce mardi entre 13h et 20h, a annoncé la préfecture lundi. Ces orages pourront être localement forts et à nouveau s’accompagner de chutes de grêle, a indiqué la préfecture, qui appelle à la vigilance.

    Vigilance jaune orages ce mardi entre 13h et 20h. Pour plus d’informations, consulter le site de Météo-France meteofrance.fr ou appeler le 32 50.

  • Audrey Gatian succède à David Ytier à la présidence de la SPLA-IN

    Audrey Gatian succède à David Ytier à la présidence de la SPLA-IN

    La présidence du conseil d’administration de la SPLA-IN, acteur opérationnel de la résorption de l’habitat indigne à Marseille, a basculé, ce lundi, avec l’élection, par 16 voix favorables sur 17 et 1 abstention, d’Audrey Gatian, représentante titulaire de la Ville, qui succède à David Ytier (LR), l’un des dix représentants de la Métropole.

    C’est l’effet attendu de l’accord de gouvernance noué, en avril, entre le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), et le nouveau président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence. Le capital de la société publique créée en novembre 2020 est réparti entre la Métropole (59%), l’état (35%) et la Ville de Marseille (6%).

    « J’ai, en tant que président sortant, le sentiment du devoir accompli. Je me suis régalé dans cette mission », réagit David Ytier, 11e vice-président de la Métropole délégué aux finances, interrogé par La Marseillaise.

    « Quand j’ai été élu il y a six ans, on était dans un contexte extrêmement compliqué, tendu. Quand on regarde aujourd’hui tout ce qu’on a fait collectivement, le conseil d’administration, les équipes de Franck Caro [le directeur général], on a une structure qui fonctionne, des chantiers dont déjà une quinzaine sont terminés et une centaine d’autres en cours ou sur les rails. La SPLA-IN est propriétaire de quasiment 100 immeubles. La machine est pleinement lancée et elle fonctionne bien, elle est reconnue. »

    David Ytier approuve le fait que « les outils pleinement marseillais devaient revenir en priorité aux élus de la commune ». « J’ai été très clair dès le départ en disant que j’étais très heureux d’en être le président et que dès lors que la Ville de Marseille aurait positionné un élu, je ne serais pas candidat. C’est ce qui s’est passé. On reste dans un process d’administration œcuménique et transpartisan pour s’écarter de toute polémique, de toute dispute. Je crois qu’Audrey [Gatian] se placera dans la continuité. »

  • Les travailleurs hospitaliers de Digne-les-Bains mobilisés contre l’austérité

    Les travailleurs hospitaliers de Digne-les-Bains mobilisés contre l’austérité

    On dégrade complètement l’offre de soins et l’hôpital public pour nous faire payer la dette qu’ils ont causée eux-mêmes » : plusieurs dizaines d’agents hospitaliers se sont retrouvées vendredi pour rassembler leurs revendications et les envoyer à la direction de l’hôpital lundi. « Ce n’est pas aux agents de l’hôpital et aux patients de le payer. Ce n’est pas parce qu’on est une zone rurale qu’on doit être laissés à l’abandon », revendique Kevin Martin, secrétaire général de FO santé 04.

    « On angoisse beaucoup pour cet été qui arrive sous la menace de suppression de postes, de nous enlever encore des moyens », regrette Julien Pignol, infirmier aux urgences de Digne. « Cela fait maintenant deux étés que les urgences de Digne sont les seules à rester ouvertes 24 heures sur 24 dans le département. On angoisse de passer à nouveau un été compliqué avec l’affluence touristique », explique-t-il. « Nos urgences ne sont pas dimensionnées pour répondre à l’urgence, notamment nocturne, de tout le département. »

    Selon les travailleurs mobilisés avec FO, un véhicule de secours SMUR a été en panne, à l’arrêt pendant un mois car la direction n’avait pas payé les pièces nécessaires et « n’honore plus ses factures ». « L’effectif n’y est plus, on a eu un départ en retraite et un congé maternité non remplacés », affirme Julien Pignol. « Cet été, si l’un de nous tombe malade ou se blesse, on sera en sous-effectif. »

    « Médecine au rabais »

    « Est-ce que le 04 mérite d’être le seul département mal soigné de France ? », a interrogé Guillaume Carré, ambulancier. « Un patient du 04 ne vaut pas moins qu’un patient du 83 ou du 13 », a-t-il lancé. Les urgences de Digne doivent combler les fermetures de celles d’autres hôpitaux du département, comme celles de Manosque. « Les autres hôpitaux annoncent des ouvertures de deux nuits par mois », selon Guillaume Carré.

    « On a peur pour la population, nos collègues et nos équipes. Un jour, vous arriverez aux urgences et il n’y aura pas de médecin ni d’infirmier », s’inquiète Julien Pignol. » Est-ce qu’on veut de cette médecine au rabais ? Est-ce qu’on veut continuer de faire plus avec moins ? », a-t-il demandé aux agents hospitaliers présents autour de lui. « Au premier arrêt maladie, blessure ou burn-out, le service va plonger alors qu’on est les seuls ouverts. »

    « Il faut arrêter de bricoler pour pallier un manque de moyens fabriqué », a conclu Julien Pignol.

    « Il y a eu des efforts qui ont été faits du côté de Manosque pour ouvrir les urgences la nuit davantage, évidemment pas 24 heures sur 24 comme Digne, mais on espère que ça permettra de soulager les équipes par rapport à l’année dernière », répond la direction. « Les fermetures de lits en psychiatrie ont été pensées avec les médecins et l’encadrement depuis plusieurs semaines », affirme-t-elle.

  • Paul Vannier à Digne appelle à plus de contrôle de l’école privée

    Paul Vannier à Digne appelle à plus de contrôle de l’école privée

    Développer une culture du signalement pour repérer les comportements inappropriés » : le député LFI Paul Vannier, co-rapporteur de la commission d’enquête Bétharram, a donné vendredi à Digne une conférence sur le contrôle et le financement de l’enseignement privé. Selon lui, 12 à 15 milliards d’euros sont alloués aux établissements privés sous contrat chaque année, sans « contrepartie, obligation ou contrôle ». Sur 1 000 contrôles, plus de 400 auraient donné lieu à des mises en demeure d’établissements, selon lui. Il a estimé qu’un contrôle financier avait lieu « une fois tous les 1 500 ans », ce qui engendre des « détournements de fonds publics » et de la « fraude ».

    Les contrats entre l’établissement et l’État ne sont par ailleurs jamais renouvelés, et ont, dans 21% des cas, complètement disparu, a-t-il avancé. « Ces contrats sont éternels et ne cessent jamais même quand il y a des dysfonctionnements », a-t-il affirmé. Il a ainsi décrit « un modèle de financement opaque et hors de contrôle ». C’est ce système qui « a conduit à Bétharram » et à « ce que des enfants soient la proie de bandes de pédocriminels organisées », a-t-il estimé, déplorant également « l’inaction de Bayrou ». « Nos impôts financent l’aggravation des inégalités sociales », a-t-il par ailleurs avancé.

    Le député a donné cette conférence à trois jours de l’examen de sa proposition de loi Bétharram dans l’hémicycle. Elle propose notamment de rediscuter les contrats chaque année et de créer des sanctions. Paul Vannier a dit espérer la faire adopter d’ici à la rentrée prochaine. « Il y a eu zéro voix contre en commission », s’est-il félicité.

    La conférence était organisée avec le soutien de la CGT, de Sud Éducation et de la FSU.

  • La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    Nous tenons à vous alerter que la fédération sera très attentive en attente de réponses claires lors de la réunion du 10 juin. » C’est de cette manière que la Fédération nationale des ports et docks CGT a indiqué la suspension de son action d’arrêt du travail initialement prévue vendredi.

    Dans son courrier adressé à l’Union des ports de France (UPF) et l’Union nationale des industries de la manutention (Unim) mercredi, la fédération CGT indique avoir « pris en compte la confirmation d’une table ronde qui se tiendra le 10 juin » avec les acteurs « divers et variés » en lien avec le sujet.

    Le sujet, c’est celui de « la problématique de Port-la-Nouvelle », dans l’Aude en région Occitanie, soulevée par la fédération. « Nous dénonçons l’évolution de ce nouveau port qui, dès sa création, suscite bien des interrogations », selon la fédération syndicale.

    Une « concurrence déloyale » selon la CGT

    Les interrogations sont notamment liées aux « nombreux trafics portuaires sont menacés ici ou là », d’après l’organisation, citant Sète, Bayonne, La Rochelle, Fos-sur-Mer et Le Havre. La fédération « n’acceptera pas qu’un nouveau port au modèle atypique remette en cause les équilibres actuels », se disant « consciente d’une concurrence dans les ports qui a toujours existé, mais pas une concurrence déloyale » qui selon l’organisation « remet en cause l’esprit et les engagements des réformes portuaires successives ».

    Ce conflit s’opère dans un contexte de mutation de la stratégie portuaire française. Comme pour d’autres modes de transports, la gestion irrite la CGT. « La Région Occitanie a investi plus de 650 millions d’euros d’argent public pour créer un hub hydrogène et la construction d’éoliennes à Port-la-Nouvelle, qui vient prendre des trafics rouliers vracs aux ports voisins », déplorait la fédération CGT fin avril.

    De même, l’organisation s’oppose au projet Deos de fabrication de flotteurs d’éoliennes en mer à Fos-sur-Mer, à destination de Port-la-Nouvelle. La Région Occitanie et la société d’économie mixte du Port « ne peuvent pas venir concurrencer les autres ports français dont Fos, et espérer la complémentarité sur l’éolien », assenaient les syndicalistes portuaires.

  • Les centres-villes alpins vidés d’habitants et de commerces

    Les centres-villes alpins vidés d’habitants et de commerces

    Devant le manque de commerces et la désertification des centres-villes, de nombreux Bas-Alpins vont jusqu’à Marseille, Aix ou Plan de Campagne pour faire les magasins et trouver une offre satisfaisante. « Quasiment tous les élus ont mis au cœur de leur programme la redynamisation des centres-villes, parce que c’est une nécessité », avance Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce.

    « Digne est plus en souffrance que d’autres communes du département. Les indicateurs ne sont pas bons, il y a un taux de vacance commerciale à 24%. La moyenne nationale est entre 11 et 12%. Donc, à Digne, on a un taux de vacance deux fois supérieur à la moyenne nationale, c’est préoccupant », regrette-t-il.

    « La redynamisation et la revitalisation du centre-ville, c’est le cœur de notre mandat », lance Myriam Sereno, adjointe au maire de Digne déléguée au commerce. « On a eu plusieurs fermetures de magasins importants qui ramenaient du monde, et du coup on a perdu en dynamisme », explique-t-elle. Elle-même ancienne commerçante, elle a perdu 15% de son chiffre d’affaires quand Camaïeu a fermé. « Il y avait des promotions tout le temps. Les gens venaient pour ça. »

    Manager de commerces et parkings gratuits

    Jean-Pierre Pradalier décrit « une spirale négative avec des commerces qui ferment, à partir de là, votre centre-ville est moins attractif, et comme il est moins attractif, les gens viennent moins. Et comme les gens viennent moins, les commerces vendent moins, etc. C’est un cercle vicieux ».

    Lors d’une table ronde sur la dynamisation des centres-villes organisée dans le cadre de l’assemblée générale de la CCI jeudi, le maire de Barcelonnette a également décrit un centre-ville en difficulté : « on a une vraie capacité commerciale historique qui est en train de péricliter », a-t-il regretté. 50% des commerçants ne parviennent pas à transmettre leur commerce quand ils souhaitent prendre leur retraite, selon Jean-Pierre Pradalier. « Une fois le rideau baissé, il faut se bagarrer pour rouvrir. »

    Les élus ont également insisté sur l’importance d’avoir un manager de commerces, qui permet de recenser les locaux vacants et d’aller chercher des repreneurs. Une autre problématique importante pour dynamiser les centres-villes est le stationnement, dans un département où la voiture est inévitable. « Dans des villes comme les nôtres, on ne peut pas chasser totalement la voiture des centres-villes », avance Jean-Pierre Pradalier.

    La ville de Manosque a elle réussi à faire baisser son taux de vacance commerciale de 22% à moins de 10% entre 2020 et 2026, grâce à une manageuse de commerces, au développement de parkings avec trois heures gratuites et à la requalification du centre-ville. La première adjointe a insisté sur la nécessité d’une concertation avec les commerçants pour éviter qu’ils ne souffrent trop des travaux.

  • À Digne, la secrétaire du PS accuse un adhérent d’agression

    À Digne, la secrétaire du PS accuse un adhérent d’agression

    Soutenir ou pas la candidature de Francis Kuhn : cette question a été source de crispations et de tensions importantes pendant la campagne municipale au sein du PS. Alors que certains socialistes ont rejoint, puis quitté la liste de l’ancien premier adjoint, qui comportait également des cadres LR, d’autres, comme la secrétaire locale Sylvie Lyons, étaient vent debout contre cette alliance. Des tensions qui sont allées, selon elle, jusqu’à des agressions physiques. Elle a décidé de porter plainte suite à une agression qu’elle aurait subie d’un adhérent du parti en décembre, pendant le vote pour valider ou pas la présence de socialistes sur la liste de Francis Kuhn.

    « Cela a été extrêmement violent », témoigne Sylvie Lyons, qui parle « d’accès de violence », dit s’être fait « hurler dessus » et avoir pris « un coup sur le bras », ainsi qu’un « flot d’insultes » et « des pressions ». « Ils étaient dans une logique de toute puissance », affirme-t-elle, se disant « victime d’une banalisation croissante de la violence ». La secrétaire locale explique avoir saisi la commission des violences sexistes et sexuelles en décembre. « Ce que je dénonce, c’est le dérapage », avance-t-elle. Elle dit avoir écrit plusieurs fois à Olivier Faure à ce sujet, sans retour de sa part. « Quand j’ai vu qu’il n’y avait pas de retour, j’ai décidé de porter plainte », relate-t-elle. « Le silence, c’était une violence de plus », lance la secrétaire. Sa plainte fait état de « violences physiques, menaces, intimidations, harcèlement et pressions répétées », ainsi que des « tentatives d’éviction par la contrainte ».

    Dans une lettre, les membres du conseil fédéral relatent « un grave différend » et « la violence choquante des échanges, en particulier à l’encontre de la secrétaire de la section de Digne Sylvie Lyons dont nous avons tous été témoins ».

  • Perpétuité requise contre l’ex-compagnon de Laëtitia

    Perpétuité requise contre l’ex-compagnon de Laëtitia

    « On parle des infractions les plus graves qui existent dans le Code pénal » : l’avocate générale a requis une peine de réclusion criminelle à perpétuité, vendredi, contre l’accusé poursuivi pour viols, torture, barbarie et proxénétisme, alors que le verdict est reporté à ce samedi. Elle a insisté sur le risque de récidive, la personnalité « perverse » de l’accusé, son « manque d’empathie » et sa volonté de nier la dignité humaine, de nier que Madame R. était un être humain ». « Ce qu’a vécu Madame R., c’est une détention. On ne s’évade pas si facilement d’une prison », a-t-elle relevé. « à chaque fois que Madame R. exprime des limites, elle se fait frapper. Elle n’a le droit que de dire encore », a-t-elle encore rappelé. Selon elle, Guillaume B. a « le fantasme du viol ».

    Pendant son récit, Laëtitia R. a parlé de « plus de 500 hommes » qui ont eu recours aux services de prostitution ordonnés par Guillaume B. « Petit à petit, j’avais l’impression de mourir à l’intérieur. à chaque pratique imposée, une partie de moi se brisait complètement. J’étais dans l’incapacité de me défendre face à lui, j’avais l’impression d’être une enfant de 8 ans. Il me terrorisait, j’avais peur pour mes enfants, j’avais très honte », a-t-elle témoigné. « Il disait que, le jour où je ne lui servirai plus à rien, c’est-à-dire faire ce qu’il attend de moi sexuellement, il me tuerait. » « De toute façon, tu mourras pas de mort naturelle, c’est moi qui te tuerai », ou encore « la prochaine fois, tu te réveilleras peut-être pas et c’est moi qui déciderai ».

    Concernant sa cadette, fille de Guillaume B., elle a affirmé qu’il disait « que plus tard, il en ferait une chienne comme sa mère ». Face aux réactions de la défense, elle a lancé : « Vous rigolez, vous n’étiez pas là. » Laëtitia a évoqué de nouveaux éléments, comme le fait que l’accusé lui « faisait lécher les toilettes des aires d’autoroute ». « Il parle de BDSM, mais les séances de BDSM étaient anecdotiques. J’ai plus de souvenirs d’être frappée parce que j’ai fait quelque chose de mal plutôt qu’une séance de sexe avec des coups », a-t-elle précisé. Aujourd’hui, « mes enfants subissent ma souffrance au quotidien ».

    Questionnée par son avocat, Laëtitia a expliqué que, depuis l’incarcération de Guillaume B., elle s’était fait tatouer à plusieurs endroits « parce que ce corps, il faut que je me le réapproprie. Je ne veux plus qu’il ressemble à ce qu’il a pu être pendant cette période ». Elle a également expliqué s’être teint, pendant un temps, les cheveux en rose : « Pour moi, c’est très symbolique parce que, pendant la relation, je voulais faire du rose et il m’avait dit : tu feras du rose sur tes cheveux quand je serai mort. » La plaignante voulait ainsi montrer que, maintenant, c’était elle qui décidait.

    « Les hommes acceptent, c’est ça qui est grave »

    Interrogée par la présidente, étonnée que n’importe quel homme accepte ses services de prostitution, Laëtitia a répondu : « Bizarrement, oui, les hommes acceptent. Seuls 10 à 20% des hommes disent non et c’est ça qui est grave. » Très éprouvée par les questions de la défense, elle a fini par refuser d’y répondre. « J’ai l’impression de revivre ce que j’ai vécu pendant sept ans. J’en ai marre. Le procès peut se passer sans moi, vous n’avez pas besoin de moi en réalité », a-t-elle lancé, à bout et en pleurs.

    La fille aînée de Laëtitia R., âgée de 23 ans, a ensuite témoigné. Elle s’est souvenue des menaces de Guillaume B. : « Si tu étais ma fille, je t’aurais déjà fracassée. » Sa mère « nous demandait de pas faire de bêtises, parce que sinon, elle allait se faire frapper ». La deuxième fille de Laëtitia, 19 ans, s’est ensuite rappelé avoir développé « une phobie scolaire, en 2023, parce que j’avais peur que maman se suicide ». Le fils, âgé de 16 ans, a déclaré : « On savait que maman faisait la pute. »

    Dans sa plaidoirie, l’avocat de Laëtitia a souligné « le courage de cette femme qui m’a fait l’honneur de me laisser la défendre, la force de cette famille venue tous les jours pour affronter cette audience ». Il a insisté sur les conséquences durables sur toute sa famille : la cadette « cache de la nourriture parce qu’elle a été privée dans son enfance. À 8 ans et demi, elle est handicapée entre 50 et 79% ». « Comment une seule personne peut être la source de tant de souffrances et détruire la vie de tant d’autres ? », s’est-il interrogé. « Laëtitia et ses enfants sont des survivants, ils ont survécu à l’enfer », a-t-il conclu.

    En raison du retard pris, le reste de l’audience a été reporté à samedi. Les avocats de la défense plaideront, l’accusé prendra la parole, puis le verdict sera rendu.

  • Affaire Laëtitia : l’accusé se dit « guéri à vie », mais nie toujours

    Affaire Laëtitia : l’accusé se dit « guéri à vie », mais nie toujours

    L’accusé, entendu jeudi, s’est excusé pour ses messages très dénigrants adressés à Laëtitia, mais a maintenu que, selon lui, elle était « consentante » et qu’il ne l’avait « jamais forcé à rien ».

    « J’ai trouvé les expertises psychologiques et psychiatriques très intéressantes, j’étais subjugué, surtout le compte rendu des experts, qui m’a permis d’avoir un regard plus accru sur l’autoritarisme, la perception que les autres ont de moi », a déclaré Guillaume B.. Il a par ailleurs affirmé que l’avocat de Laëtitia lui avait « permis d’ouvrir les yeux ».

    Il s’est dit « pleinement et parfaitement coupable » de proxénétisme, mais a de nouveau nié avoir forcé Laëtitia à quoi que ce soit. « Je me sens coresponsable de beaucoup de choses. On s’est entraînés tous les deux dans un chemin qui n’était pas le bon. J’ai largement participé, mais je n’étais pas tout seul », a-t-il revendiqué. « Si on en est arrivés là, c’est parce qu’il y avait deux personnes perverses, pas une », a-t-il ajouté.

    Concernant les risques liés au fait qu’il demandait à Laëtitia d’avoir des rapports sexuels avec des clients sans préservatif, il a avancé : « Les risques nous excitaient tous les deux et je prenais des risques autant qu’elle. »

    « Oui, avec le recul, elle a pu être sous mon emprise », a-t-il tout de même reconnu. Guillaume B. a dit « ne plus avoir de mots » à la lecture de ses échanges avec Laëtitia, « idiots, stupides, immatures ». « Je ne pratiquerai plus jamais ce genre de choses, c’est clair et net, je suis guéri à vie », a-t-il conclu.

    « Je veux plus être une esclave »

    La présidente a interrogé l’accusé au sujet de plusieurs messages qu’il avait envoyés à la plaignante : « Je te rappelle que tu es à mon service, que tu n’es qu’une grosse merde. C’est plus des claques que je vais te mettre, c’est des coups de poing. » Surtout, elle a lu de nombreux messages envoyés par Laëtitia à son ex-conjoint prouvant qu’elle voulait sortir de cet engrenage et l’en avait informé : « Je veux tout arrêter, je suis fatiguée de tout ça », « je veux juste être bien traitée, c’est tout », « je suis psychologiquement et physiquement épuisée, j’ai souffert, j’en peux plus », « je veux plus être une esclave, c’est que source de peine », « je mérite le respect comme chaque être humain ». Ce à quoi l’accusé lui répondait : « Alors sérieusement trouve toi un autre mec. » Par ailleurs, quand Laëtitia lui dit vouloir « du calme et du classique », il lui répond « je te le donnerai jamais ».

    À la lecture de ces échanges, Guillaume B. a pour la première fois tenu à s’excuser auprès de Laëtitia, mais seulement « d’avoir écrit tout ça ». « Quand j’ai relu les messages, je me suis maudit moi-même, je me déteste quand je les vois, a-t-il lancé. J’y vois l’entêtement d’un homme face à une personne qui explique avec amour et gentillesse quelque chose que quelqu’un n’entend pas. »

    La présidente a aussi lu les messages de l’accusé avec une autre personne : « Mon esclave s’est déjà fait violer quatre fois dans sa vie et j’adore ça. » En début d’après-midi, elle a diffusé des enregistrements audios et des vidéos, notamment de rapports sexuels et de scatophilie, pendant lesquels la salle était fermée au public et à la presse. Au moment de la réouverture de la salle au public, l’accusé a reconnu que Laëtitia ne prenait aucun plaisir sur ces images, où elle poussait des hurlements. Il maintient cependant que, selon lui, « elle était consentante, sinon elle me l’aurait dit », malgré les nombreux messages prouvant qu’elle voulait arrêter.

    Dans une autre vidéo, la seule diffusée devant le public, Laëtitia filme une altercation pendant laquelle elle dit à Guillaume B. : « J’ai juste besoin d’être, de respirer, juste d’être vivante, pas d’aller me faire sauter, pas me prendre cinq mecs. Tu peux pas considérer que je sois malade et que j’aie besoin de me ressourcer ». « Moi, je te dis, le cul en toutes circonstances, c’est justement ce qui fait du bien », « tu aimes ça obéir », lui répond son ex-conjoint dans la vidéo.

    « Cela confirme qu’on a deux visions différentes. Cela illustre mon entêtement de l’époque, de pas ouvrir mon cœur et de m’entêter dans cette stupidité-là », a réagi l’accusé.

    « Qu’est-ce qui fait que, dans votre tête, vous vous dites que c’est possible de demander à votre compagne d’avoir un rapport sexuel avec le chien de votre frère ? », l’a par ailleurs questionné l’avocat de Laëtitia. Alors qu’une amie du couple témoignait, elle s’est souvenu que Laëtitia lui avait confié : « Si demain je meurs, il ne faut pas penser que c’est normal, il faudra faire des recherches. »