Tag: Social

  • [Entretien] Magali Giorgetti, PCF : « Le Département doit être sur ses compétences »

    [Entretien] Magali Giorgetti, PCF : « Le Département doit être sur ses compétences »

    La Marseillaise : Dans un contexte budgétaire contraint, quelles priorités doit se fixer le Département ?

    Magali Giorgetti : Le FN, qui se dit proche des travailleurs et des travailleuses, vote avec Macron pour une baisse de 5 milliards de budget aux collectivités territoriales. Le Département, qui gère la politique sociale, la Région et les communes, qui mettent en place le service public de proximité et sont les derniers remparts pour protéger les populations en difficulté, se retrouvent lésés. Et donc il faut qu’ils fassent des arbitrages, qui diffèrent selon la couleur politique. Le Département doit se concentrer sur ses compétences notamment l’action sociale, qui est la plus importante. Pour ça, Gérard Frau le rappelle systématiquement : il faut arrêter de financer la construction de gendarmeries par exemple.

    La protection de l’enfance est
    au cœur de vos préoccupations. Quelles mesures demandez-vous
     ?

    M.G. : On veut que la protection de l’enfance relève de l’État, pour garantir les mêmes droits et standards de qualité partout en France, tout en maintenant une mise en œuvre adaptée aux territoires. On veut un ministère, avec des compétences propres, et que la protection de l’enfance soit inscrite dans la Constitution. Aujourd’hui on n’a plus les moyens d’accompagner les jeunes. C’est une carence absolue. Dans les Bouches-du-Rhône comme ailleurs. Les métiers du social n’attirent plus. Un effort a été fait par le Département sur le régime indemnitaire. Toutefois, nous demandons que le point d’indice soit revalorisé pour que nos professions soit mieux reconnues, et là, c’est à l’État que revient la responsabilité.

    Le budget départemental
    de la protection de l’enfance
    a augmenté de 45% entre 2016
    et 2025. Est-ce suffisant
     ?

    M.G. : C’est une bonne chose, mais ce n’est toujours pas à la hauteur des enjeux. Les situations explosent et se dégradent, on n’arrive plus à briser le cycle de la reproduction sociale. On a plus de 5 000 mineurs et jeunes majeurs pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance. On aimerait un état des lieux de la protection de l’enfance… Les 18 et 19 novembre, il y aura des assises dédiées à la question. Les communistes militent pour qu’elles soient populaires et ouvertes.

  • Onze syndiqués au tribunal : Carrefour débouté

    Onze syndiqués au tribunal : Carrefour débouté

    C’est une opération d’intimidation », prévient Mohamed Bourras, délégué syndical CGT chez Carrefour – Supply chain qui faisait partie des 11 représentants du personnel (plus un salarié) envoyés par le groupe devant le tribunal mercredi 23 septembre. « C’est un message que la direction a voulu faire passer et qui ne s’adresse pas qu’aux salariés de Saint-Gilles mais à tous les salariés de Carrefour. Ce message est simple  : “Si vous vous mobilisez pour vos conditions de travail et vos salaires, la seule réponse sera les tribunaux”. Le dialogue social chez Carrefour passe par les tribunaux. D’ailleurs, nous, à Saint-Gilles, nous avons plus de 200 dossiers devant les conseillers prud’homaux. »

    Le 16 septembre, les salariés gardois ont en effet débuté un mouvement de grève pour réclamer « l’application d’un accord signé en 2007 sur l’harmonisation de l’intéressement à la productivité qui doit atteindre 25% du salaire de référence ». L’intersyndicale reproche à Carrefour de ne pas appliquer cet accord sur la plateforme de Saint-Gilles. D’après son calcul, cette harmonisation permettrait aux salariés de toucher entre 100 et 120 euros de plus selon leur poste.

    Négociations en cours

    Sur les 420 salariés du site, près de 150 ont donc participé au mouvement de grève parce que « comme beaucoup de salariés en France, ça devient très compliqué de finir le mois notamment à cause d’un prix de l’essence à 2,30 euros ». Après trois jours de mobilisation, la direction de Carrefour a donc assigné douze salariés en justice, leur reprochant d’avoir bloqué le site. Le lendemain de l’audience, le jeudi 24 septembre, la justice a finalement donné raison à tous les salariés et débouté Carrefour. « À aucun moment nous n’avons bloqué le site. Nous étions sur un ralentissement d’activité. Nous ne sommes pas des voyous. Nous ne sommes que des salariés qui faisons la richesse de cette entreprise et qui cherchons juste un minimum de reconnaissance », précise Mohamed Bourras. Suite à ce mouvement de grève, la direction nationale de Carrefour a envoyé une représentante pour négocier. Les salariés ont donc levé la grève pour laisser les négociations se dérouler dans le calme fin septembre. Mais Mohamed Bourras prévient : s’il n’y a pas d’avancée avant le 2 octobre, le mouvement repartira.

  • À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    « Financez l’école, pas l’armée », « on voit + nos profs que nos parents », « désolé du dérangement, on essaye de sauver notre avenir », « un lycée en ruine et des profs sous payés, mais pour eux le problème c’est le voile »… Plus de 400 lycéens se sont rassemblés devant les lycées de Manosque, munis de pancartes, jeudi matin.

    « Nos emplois du temps sont trop chargés, il n’y a pas de clim dans les classes, il fait trop chaud, on ne peut pas travailler », déplore Eden, en classe de seconde au lycée Esclangon. « Les classes sont en ruines, les profs sont sous-payés. Déjà, en troisième, il y avait un manque de moyens dans notre établissement au collège de Forcalquier. Dès qu’il pleuvait, un escalier entier était condamné », ajoute Lucie, sa camarade.

    « On est trop nombreux par classe, on a très froid l’hiver et très chaud l’été », regrette Zoé, 17 ans, élève au lycée Esclangon. Si plusieurs lycéens faisaient brûler des poubelles, des meubles, des sommiers et lançaient des projectiles, des bouteilles en verre et des explosifs en direction des policiers et de leurs camarades, la plupart d’entre eux condamnaient ces actes et regrettaient l’image que cela donne de leur mobilisation. « On va pas nous prendre au sérieux si on fait tout brûler et exploser des choses, c’est énervant ! », lance Laura, 17 ans, lycéenne à Esclangon. « C’est violent, ça décrédibilise la cause, c’est dommage », abonde Meryl, elle aussi élève de 17 ans à Esclangon. Un manifestant a été blessé à l’œil par le tesson d’une bouteille de gaz lancée dans un feu et a été évacué par les pompiers. Une journaliste de BFM DICI a été prise à partie, menacée, agressée et exfiltrée par les forces de l’ordre. Un artifice lancé dans la mairie a cassé une vitre et enflammé la moquette.

    « Un mouvement qui fait suite à l’austérité »

    « Comme nous, les enseignants, ils souffrent du manque de moyens chronique. On comprend ce mouvement qui fait suite à des années de politique d’austérité dans l’éducation », regrette éric Gauthier du Snes FSU, présent en début de matinée pour assurer la sécurité des lycéens.

    D’autres lycéens des Iscles, comme Assia, dénonçaient « la pression de Parcoursup ». « Il y a beaucoup de suppressions de postes, c’est ingérable pour les profs. Ceux qui arrivent en retard n’ont même pas de table ou de chaise où s’asseoir. On doit faire cours dans le couloir tellement il fait chaud », a déploré Léon, 15 ans, lycéen à Esclangon.

    Sept lycéens ont été placés en garde à vue et trois ont été interpellés et seront convoqués ultérieurement.

    Jeudi soir, la préfète, Isabelle Tomatis, a dénoncé « des exactions » et une « radicalisation du mouvement ». Elle a regretté « le mouvement d’aller vers les forces de l’ordre, qui étaient en retrait, pour jeter des mortiers, des aérosols dans les flammes pour provoquer des explosions et des boules de feu ».

    Au total, 950 lycéens étaient mobilisés sur le département jeudi : 800 à Manosque et Digne, et 150 à Barcelonnette.

    Lisa Défossez

    Des blocus annoncés à Gap

    Aucun lycée de Gap n’était bloqué ce jeudi, mais des appels au blocus sont relayés sur les réseaux sociaux.

    Un blocus au lycée professionnel Sévigné est annoncé ce vendredi 2 octobre. Un autre est prévu le jeudi 8 octobre au lycée Dominique-Villars. Un appel à étendre la mobilisation aux autres établissements a été lancé, même s’il est peu relayé : « Parcoursup, le 8h-18h, notre santé mentale ou une volonté de rébellion : rejoignez-nous. »

    Agathe Di Lenardo

    400 lycéens mobilisés à Digne

    400 lycéens des établissements Beau de Rochas et Alexandra David-Néel se sont mobilisés à Digne, jeudi. Un incendie a été allumé entre les deux lycées et des tirs de projectiles ont visé des policiers. Quatre interpellations ont eu lieu dans la ville préfecture.

    L.D.

    RÉACTIONS

    Fédération PCF des Hautes-Alpes

    « Face à cette mobilisation, le gouvernement choisit une nouvelle fois la répression plutôt que de répondre aux revendications. La jeunesse doit être entendue, pas réprimée. »

    Bertrand Perrin, secrétaire départemental du PCF 04

    « Ce mouvement appartient aux lycéens. Il ne doit devenir ni le marchepied d’une récupération au service d’un agenda politique, ni l’épouvantail agité par d’autres pour instrumentaliser les peurs et transformer quelques incidents en procès de toute une génération. »

    Camille Galtier, maire (DVD) de Manosque

    « Bloquer les lycées, dégrader le mobilier urbain, enflammer les espaces publics : c’est de la bêtise, voire de l’inconscience. Des interpellations ont eu lieu et les identifications sont en cours : ces actes ne resteront pas impunis. »

  • L’exigence d’un meilleur accès aux services publics à Digne

    L’exigence d’un meilleur accès aux services publics à Digne

    « Avant, on avait des services publics qui étaient organisés en fonction des besoins de la population. Aujourd’hui, ils sont organisés en fonction des besoins du capital. Cela crée une inégalité de traitement des citoyens, puisque les services qui ne sont pas rentables sont fermés », a regretté Cédric Volait de la CGT Santé 04, mardi, en marge de la manifestation organisée notamment pour défendre les services publics, déplorant la fermeture régulière des services d’urgence du département pendant la nuit.

    Le syndicaliste était présent lorsque l’Anap (Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux) a présenté les conclusions de son rapport pour identifier de potentielles mesures d’efficience, le 9 juillet. « L’Anap, qui était là uniquement dans un objectif d’économie, a dit qu’ils recommandaient de ne pas rouvrir les urgences la nuit à Manosque, parce que ça coûtait trop cher », regrette-t-il.

    « Nous ne sommes pas agents de l’hôpital public pour générer des profits ou faire des économies », a ajouté Anne-Laure Collado, la secrétaire de la CGT de l’hôpital de Digne. « L’hôpital de Digne est en déficit, pas parce que nous coûtons trop cher, mais parce que les gouvernements successifs ont tout fait pour ne plus le financer », a-t-elle lancé au micro. « Plutôt que de financer le soin et la vie, Macron décide de financer la guerre et la mort. »

    Une délégation reçue

    par la préfète

    Sylvie Mouffok, la secrétaire de Sud PTT 04, alerte de son côté sur deux bureaux de poste « menacés de fermeture » : celui d’Allos et celui de la Javie. « Cet été à Digne a été catastrophique pour la distribution de courrier. Un jour sur deux, il n’y avait pas de tournée », déplore-t-elle. « On est sur un territoire ultra-rural, qui est pénalisé, comme tous les territoires excentrés. Les différentes réformes n’ont pas aidé », regrette Bertrand Perrin, secrétaire départemental du PCF.

    Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, a de son côté déploré le manque d’accès aux cours de français langue étrangère pour les élèves non francophones, pour certains réfugiés politiques. « L’éloignement géographique et les contraintes de transport en milieu rural conduisent à l’affectation de ces élèves dans des établissements de proximité dépourvus » de dispositifs adaptés.

    Une délégation de cinq personnes de FO a été reçue, à midi, par la préfète pour alerter sur « les services publics dégradés » dans le département rural, les fermetures de classe et le manque de moyens de l’hôpital de Digne. « Tous ceux qui dépendent des services publics souffrent, sans parler de l’augmentation du prix du gasoil et de la fermeture des urgences », regrette Agnès Campanella, secrétaire départementale FO 04.

  • [Le coin BD] Quand la Russie et Poutine attaqueront les pays Baltes

    [Le coin BD] Quand la Russie et Poutine attaqueront les pays Baltes

    Sous-titrée « Juin 2029, la Russie attaque les pays Baltes », cette BD signée du journaliste spécialisée Olivier Truc et de Nicolas Otero qui utilise un graphisme et des couleurs totalement adaptés au propos prend aux tripes dès les premières pages et ne lâche plus son lecteur jusqu’à la fin. Ce récit surinformé d’anticipation, très proche, raconte comment la Russie pourrait utiliser tous les moyens de la guerre hybride pour récupérer les trois pays Baltes devenus indépendants à la chute de l’URSS, puis devenus membre de l’Union européenne et de l’Otan, organismes paralysés par leurs lourdes procédures. L’hypothèse de départ est un cessez-le-feu en Ukraine sous la surveillance de l’UE et de la Chine. La Russie va prendre parti d’un attentat qu’elle a sans doute commis elle-même et l’attribue aux « nazis ukrainiens » qu’elle va accuser de s’entraîner sur des bases de l’Otan dans les pays baltes. à partir de là, en quelques semaines, le régime poutinien va déstabiliser tous les alliés des Baltes avec des manipulations via les réseaux sociaux, des démonstrations de force militaire, l’utilisation de la « maskirovka », ce brouillard de guerre qui empêche de savoir si des troupes se massent ou s’il s’agit de leurres… Avant une invasion éclair « justifiée » par le droit international et soutenue par les Brics et les alliés africains de la Russie. Découpée en courts chapitres, cette fiction ressemble à un reportage d’anticipation tant elle apparaît crédible.

    ET AUSSI…

    La fabrique de la pauvreté

    « De la lutte contre la pauvreté à la guerre aux pauvres » … L’ancien rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme et l’extrême pauvreté Olivier de Schutter et Juan Mendez font œuvre extrêmement utile en rappelant que si 23% des 415 millions d’Européens sont à risque de pauvreté alors que la précarité s’installe partout, il ne s’agit pas d’une fatalité. Même si nos yeux s’y sont habitués, il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle mais du résultat de choix de société et d’orientations économiques. Un rappel salutaire.

    Chez Futuropolis, 20€

    Le problème à trois corps

    Après une adaptation en série moyenne, cette BD tirée de l’œuvre phénoménale du maître de la science-fiction chinoise Liu Cixin est au contraire une excellente surprise. Il reste deux tomes à venir mais le travail du dessinateur chinois Wu Qingsong et du mystérieux Three-body universe est fantastique, tant dans la fidélité à l’œuvre originale, et à sa complexité, qu’à travers son graphisme. Difficile à résumer, mais la Terre se retrouve sous la menace d’une invasion extraterrestre d’ici 400 ans alors que des physiciens chinois se suicident les uns après les autres…

    Chez Glénat, 20€

    Jusqu’à la tombe

    Vincenzo Bizzarri et Stefano Nardella livrent un excellent western spaghetti situé en 1863, juste après l’unification italienne, dans un Mezzogiorno encore moyenâgeux et qui refuse « l’invasion piémontaise ». Là, des bandes de brigands s’opposent à la loi du nord, dont Carmine qui, revenu d’entre les morts, affronte un potentat local qui lui a volé sa fiancée. Mais un soldat piémontais, lui aussi survivant de l’enfer, est à ses trousses alors que sa compagne vient de donner naissance à leur fils. Une BD en noir et blanc aussi âpre que réussie sur une période peu connue ici.

    Chez Sarbacane, 25€

    Billy the kid

    Dans cet imposant pavé de 232 pages en couleur, Alexandre Chenet et Loïc Sécheresse vont au-delà du mythe d’un des hors-la-loi les plus célèbres du Far-West. Et ils le font même sauter, rappelant que « L’histoire est écrite par les vainqueurs » et que sa saga n’est qu’une fable journalistique. Ce qui se rapproche de la vérité est plutôt l’histoire d’un jeune gars paumé broyé par un capitalisme naissant et qui ne sera désigné comme outlaw que lorsque ses patrons n’auront plus besoin de lui. Une relecture aussi vivifiante qu’actuelle et humoristique.

    Chez Casterman, 28€

    13 jours, 13 nuits

    Après le film, la BD. Jean-Claude Bartoll et Renato Arlem adaptent le témoignage de Mohamed Bida, policier en charge de la sécurité de l’ambassade de France à Kaboul en août 2021 lors de la prise de la capitale afghane par les Talibans. Dans « l’enfer de Kaboul », il va tout mettre en œuvre pour sauver et évacuer Français mais aussi Afghans condamnés à mort par les nouveaux maîtres du pays. Une histoire vraie et un récit rythmé au cœur du chaos et du chacun pour soi durant 13 jours et 13 nuits sans sommeil ni repos, et sans soutien des alliés non plus.

    Chez Delcourt, 22,50€

    La femme au portrait

    Nicolas Tellop au scénario et l’italien Antonio Lapone au dessin offrent un polar rétro comme on les aime. Dans le Hollywood des années 1940, un tableau disparaît sur un plateau de tournage. Le réalisateur Ernst Spieler, sorte de Fritz Lang, ne peut tourner son film sans et les studios vont faire appel à la détective privée Miss X, ancienne actrice aussi caustique que séduisante. Intrigue à la Agatha Christie et dessin stylisé font le reste dans cette histoire où « plus on avance, moins on y voit clair ». Un vrai plaisir de lecture.

    Chez Dargaud, 21,50€

  • Un congrès de mobilisation pour la CGT de RTE Sud-Est

    Un congrès de mobilisation pour la CGT de RTE Sud-Est

    « Une chose est certaine, nous ne lâcherons rien sur notre statut, nos droits et nos conquis sociaux », affirme Guillaume Dobbels en conclusion du congrès de la CGT RTE Sud-Est, syndicat régional du gestionnaire public du réseau électrique haute tension. Ce dernier a été élu co-secrétaire général aux côtés d’Éric Prunieres lors du congrès tenu à Martigues jeudi.

    Un congrès tenu en pleine mobilisation des agents pour la préservation de leur statut particulier des Industries électriques et gazières (IEG). Après la mobilisation historique du 15 septembre dans la filière, Guillaume Dobbels assure que « ce n’est pas la fin de l’histoire, le 29 septembre sera une nouvelle journée de lutte pour nos salaires et pour la défense de nos services publics ». Et indique que la CGT est « toujours sans réponse à l’ultimatum lancé au premier ministre pour nous recevoir d’ici au 2 octobre ». La mobilisation est dans toutes les têtes et Éric Prunieres la justifie : « Derrière la question du tarif agent, c’est notre statut, notre contrat social et nos conquis collectifs qui sont au cœur de nos préoccupations. Ces droits ne sont pas des privilèges, ils sont le résultat de décennies de luttes et font partie de l’histoire des électriciens et des gaziers », affirme-t-il.

    Un pôle public de l’énergie

    Outre les conquis sociaux, le congrès du syndicat est l’occasion de débattre de l’avenir du métier à l’occasion d’une table ronde thématique. « Le projet actuel de l’entreprise est de réduire les équipes grâce à de nouveaux outils en développement. Notre statut protège et si le réseau fonctionne c’est grâce aux agents à statut, car le privé lui habilite à la volée », introduisait Éric Prunieres. Jérémie Balas, à la maintenance, rebondit : « Quand on voit la qualité de maintenance et les bons chiffres d’accident du travail, il faut le marquer qu’on veut continuer, au moins, voire aller plus loin. » « C’est aussi une question de sauvegarde des métiers et des compétences », selon Fabien Liénard, à la planification.

    « Certains producteurs ont le statut IEG, d’autres non, c’est une concurrence déloyale », pointe Henri Collomb, technicien retraité de RTE. « L’Europe a créé des fournisseurs bidon pour baisser le prix, mais l’inverse s’est produit. C’est une politique de copinage », complète-t-il. « Le gouvernement actuel est très proche des décideurs européens », relève Eric Prunieres, « certains producteurs organisent la pénurie pour vendre l’électricité plus cher ».

    « C’est pour ça qu’on revendique un pôle public de l’énergie, qui est un bien commun, et qu’on dénonce la TVA à 20% alors que l’énergie est un bien vital », renchérit Elsa Chaillan, technicienne de maintenance. « On doit expliquer aux gens que si la facture augmente, c’est pas notre faute car le prix de revient est toujours le même, mais de celle des marchands extérieurs qu’on nous a imposée pour la compétitivité », conclut Éric Prunieres. « Peut-être que la population voudra un jour reprendre la main, comme avec le prix de l’essence », rebondit Fabien Liénard. Un débat tout actuel.

  • Des marches pour lier l’urgence climatique et la justice sociale

    Des marches pour lier l’urgence climatique et la justice sociale

    « Tout le monde est impacté, ce n’est pas une question dogmatique : toute la société est mobilisée ». Margot Jacq, autrice de l’ouvrage Petit manuel de répartie écologique et cheville ouvrière de la marche pour « le climat, le vivant, la paix et la justice sociale » qui se déroule à Marseille ce samedi, espère que les manifestants vont être au rendez-vous. Si les mots d’ordre sont vastes, la mobilisation reste bien liée à l’actualité et au changement climatique qui se fait de plus en plus sentir. « On pourrait se dire que c’est un peu large comme thématiques. Mais le socle commun c’est l’été que nous avons tous vécu : plus de 8 000 morts à cause de la canicule », pose Margot Jacq.

    En tout cas, plus de 1 100 organisations ont signé l’appel à la mobilisation. Des signataires qui vont des collectifs de défense de l’environnement comme Alternatiba ou Greenpeace mais aussi d’organisations syndicales, comme la CGT, la Confédération paysanne ou la FSU ou des associations progressistes à l’instar d’Attac.

    Concrètement, cet attelage demande « de vraies actions du gouvernement pour une transition écologique ». « Il faut que le Fonds vert soit rétabli à la hauteur des enjeux, il a été divisé par 3 depuis 2024 ! », donne pour exemple Margot Jacq. Elle souligne notamment le fait que « nos territoires ne sont pas en capacité d’adapter leurs littoraux, leurs structures comme les écoles et les hôpitaux face aux vagues de chaleur qui s’intensifient ». Et si le mouvement est « apartisan », il compte tout de même sur le soutien d’une large part des organisations politiques progressistes de gauche. Le PCF 13, par exemple, appelle ses militants à rejoindre les cortèges sous le slogan « le changement climatique est une violence de classe ».

    Festif et revendicatif

    De quoi faire le lien avec le fond revendicatif des marches de ce samedi : « On a ce paradoxe : ceux qui contribuent le moins au changement climatique sont les plus impactés, alors que ceux qui contribuent le plus ne sont pas inquiétés, par exemple sur le plan fiscal », développe Margot Jacq. Elle vise ici « les milliardaires et les multinationales qui échappent à l’impôt ». Avant de dénoncer : « Cette chaleur et le changement climatique impactent les conditions de travail. Les soignants sont impactés à l’hôpital, les agriculteurs sont les premiers touchés… ».

    Côté organisation, la manifestation s’annonce à la fois festive et revendicative : « Il va y avoir un stand pour faire des pancartes et écrire des lettres à Emmanuel Macron, on a construit un immense chaudron qui sera installé devant la Préfecture qui symbolise la façon dont a cuit cet été ». Il y aura aussi moult « happenings » et prises de paroles. De quoi défendre climat et justice sociale avec humour.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille

    10h30, Place Félix Barret

    Aix

    16h, la Rotonde

    Arles

    15h, Place de la Mairie

    Miramas

    14h, Place du Théâtre la Colonne

    Avignon

    14h cours jean Jaurès

    Cavaillon

    10h place des fêtes du Dr Ayme

    Carpentras

    10h place Maurice charretier

    Apt

    11h place Jean Jaurès

    Toulon

    14h, Place d’Armes

    Hyères

    14h, Place de la République

    Draguignan

    11h, jardin d’Anglès

    Gap

    14h, Parc de la Pépinière

    Digne les Bains

    11h, Place du Général de Gaulle

  • À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    Dans son exposition visible jusqu’à dimanche au centre Carzou, la photographe Marie Calmes raconte le parcours de travailleurs en réinsertion professionnelle, qu’ils soient en situation de handicap, immigrés ou trop âgés pour être embauchés. « La ressourcerie rassemble de nombreux sujets de société », explique l’artiste : intégration, marché du travail, « difficultés à trouver un emploi pour des publics étrangers, en rupture sociale, familiale ou professionnelle, sans papiers, à la rue ». Dans la salle d’exposition, un enregistrement audio donne la parole aux salariés en réinsertion, qui y racontent leur parcours semé d’embûches, que ce soit lié au handicap, à la migration ou encore à des problèmes familiaux. « Parfois, c’est la boîte pour laquelle ils travaillaient qui a fermé et ils n’ont pas retrouvé de travail après, ou c’est un burn-out, une dépression, un deuil… », cite par exemple l’artiste. « C’est des gens qui ont totalement perdu confiance en eux », ajoute-t-elle. À travers son travail, elle souhaite « interroger les regards qu’on peut porter sur ce genre de publics, qui sont souvent stigmatisés ».

    « Il y a des gens qui viennent de pays en guerre, ou même des Français, qui ne trouvent pas de travail. C’est pas en traversant la rue qu’on trouve du boulot. La plupart de ces gens veulent travailler, s’intégrer, mais ce n’est pas simple », déplore Marie Calmes. « Ces gens m’ont touchée, j’ai vu leurs difficultés, et je me suis dit qu’il fallait le partager, parce qu’il y a des gens qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils vivent au quotidien. Je voulais les mettre en lumière.»

    « Un pied de nez

    à la hiérarchie sociale »

    Les portraits des salariés en réinsertion sont présentés dans des cadres d’époque dorés, tous trouvés à la ressourcerie. « Je trouvais que c’était un bon moyen de faire un pied de nez à la hiérarchie sociale, en mettant les salariés en valeur dans des cadres issus de castes bourgeoises », lance Marie Calmes.

    Pour la photographe, la ressourcerie est « un lieu de résilience, de transition, où chacun peut retrouver une place », ou encore « une famille pour retrouver le chemin vers le travail ». « On y prend en considération le handicap, les difficultés, cela permet de remettre le pied à l’étrier », avance-t-elle.

    L’exposition a également un aspect écologique, mettant en avant le travail de recyclage et de récupération de la ressourcerie, et dénonçant la pollution au travers de photos de machine à laver et de fauteuils jetés en pleine nature aux alentours de la ressourcerie.

    La photographe a réalisé ce travail dans le cadre d’une résidence au sein de la ressourcerie, à Sainte-Tulle, où elle est restée deux semaines en octobre 2024. Elle a même pensé à faire un livre où elle raconterait les histoires de toutes les personnes en réinsertion rencontrées.

    Une dizaine de salariés étaient présents au vernissage samedi, et certains reviendront lire leurs témoignages ce jeudi à 14h et samedi à 11h. « Je voulais les remercier publiquement de la confiance qu’ils m’ont accordée et du courage de raconter son histoire, d’avouer ses fragilités, parce qu’il y en a qui m’ont confié des choses intimes qui ne sont pas faciles à regarder en face », explique Marie Calmes. Une salariée a par exemple raconté à la photographe avoir été interpellée à son arrivée à la gare de Marseille, accusée de « venir en France pour voler le pain des Français parce qu’ici il y a des aides », alors qu’elle avait fui son mari qui menaçait de l’assassiner et avait dû « laisser ses enfants au pays ».

    D’autres textes faisant écho aux thématiques de l’exposition seront lus dans le cadre des Correspondances de Manosque.

  • Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    De nouveau, les prix des carburants battent des records en France. Moins d’une semaine après l’essence, c’est le gazole qui a atteint un niveau historique ce dimanche, avec 2,41 euros par litre à la pompe. De quoi battre le pic atteint au mois d’avril, deux mois après le déclenchement de la guerre par Israël et les États-Unis contre l’Iran.

    Face à cette situation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué deux réunions ce lundi à Matignon, avec les directions des administrations centrales en matinée, puis dans l’après-midi avec le gouvernement, pour se pencher sur « l’accompagnement à court et moyen termes » des Français. Mais à l’issue des échanges, les annonces ont été encore repoussées, avec un rendez-vous donné ce mardi à 17h pour présenter de « nouveaux dispositifs d’aide et de soutien ». Emmanuel Macron de son côté s’exprimera à son tour jeudi à 20h, sur TF1 et France 2.

    Des tentatives de reprendre politiquement la main, au moment où la crise géopolitique percute de plein fouet la crise sociale. Face aux spéculations boursières qui nourrissent la flambée, les pénuries se sont en effet répandues dans les stations-service, principalement celles du groupe Total. Ce lundi matin, plus d’une station sur sept était en pénurie en France hexagonale selon les données de Bercy, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur faisant à peine mieux que la moyenne. « Pour les deux mois qui viennent, on n’a pas d’inquiétude », rassurait cependant le ministre de l’Économie Roland Lescure ce lundi matin, indiquant que les stocks stratégiques étaient pleins.

    « Cadre budgétaire »

    Comme lui, les membres du gouvernement se sont multipliés en matinée sur les chaînes de radio et télévision pour jouer les pompiers. « On voit bien qu’il faut réfléchir à une aide supplémentaire pour accompagner les gros rouleurs et les salariés modestes », assurait le ministre du Travail. Qui faute de mieux pour l’instant « encourage l’usage du télétravail » pour faire des économies. « Toutes les pistes sont sur la table, à condition que ça reste des aides ciblées et que ce soit respectueux du cadre budgétaire », indiquait de son côté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Car quoi qu’il en soit, Bercy avait déjà indiqué refuser toute mesure structurelle, qu’il s’agisse d’une baisse des taxes ou un plafonnement des prix. « Ça coûte énormément d’argent », justifiait la porte-parole du gouvernement. Et d’assurer, très sérieusement, qu’elle préfère « viser les plus précaires ». Reste à savoir si les annonces de ce mardi sauront davantage viser la colère sociale, au moment où les mouvements, sans être pour l’instant massifs, commencent à se multiplier.

  • Un collectif intersyndical antifasciste lancé à Digne

    Un collectif intersyndical antifasciste lancé à Digne

    Carcassonne, Hénin-Beaumont, Orange, Fréjus… Les intervenants de la table ronde lançant officiellement le collectif VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifasciste) dans le département ont exposé les dangers de l’extrême droite au pouvoir, samedi. Une journée festive et culturelle était organisée par la CGT, la FSU et Solidaires salle Perchot pour officialiser la création de ce collectif intersyndical. Des membres de collectifs antifascistes du Var et des Bouches-du-Rhône, de la CGT et deux habitantes de Reillanne, où la mairie a baissé de 35% les subventions aux associations, sont intervenus pour la table ronde ouvrant cette journée.

    « La période nous amène à monter le rapport de force vis-à-vis de l’extrême droite et des risques qu’elle amène, puisqu’elle n’a jamais été aussi haute dans le pays », a souligné Sylvain Moretti, secrétaire général de l’union départementale de la CGT, à l’ouverture de la table ronde. « Cet événement festif et culturel, ouvert à toutes et tous, est un contre-pied et un pied de nez à ce qu’est l’extrême droite et le RN », a ajouté le co-secrétaire départemental de la FSU, Gweltaz Broudic, présentant les intervenants et les deux habitantes de Reillanne venues « pour expliquer ce qui s’est passé aux dernières municipales et comment, en quelques jours, toute la situation d’un village a basculé ». Christine Gadeyne et Cathy Keller ont raconté « le coup de massue » qu’a été la coupe des subventions « dès le premier conseil municipal », et la manifestation organisée en protestation.

    « Une vision marchandable de la culture »

    L’extrême droite et le RN « ont une vision très marchandable de la culture et des fonctionnaires du territorial », a analysé Sasha Quiles de la CGT Sisteron, également membre de la liste d’union de la gauche Demain Sisteron aux municipales, citant comme exemple Fréjus, où « il y a une augmentation de 90% des contractuels pour permettre de les remplacer plus facilement s’ils n’adhèrent pas à l’idéologie de la mairie ».

    « C’est une constante pour l’extrême droite de s’attaquer à la culture. En 1995, faire le tri dans les abonnements aux journaux, dans les ouvrages, on l’a déjà vécu à la mairie de Toulon. Ça a été fait à Marignane, à Vitrolles et à Orange à l’époque. Et ça continue, c’est systématique avec l’extrême droite », a avancé Pascal Brun du Comex 83, un collectif entre associations, partis et syndicats contre l’extrême droite. « On traque tout ce que font les maires d’extrême droite pour dénoncer ce qu’ils font, montrer la réalité d’une mairie d’extrême droite et documenter dans le temps », a-t-il détaillé. « Le RN est l’ennemi du syndicalisme », a également ajouté Philippe Challande du même collectif intersyndical et antifasciste VISA dans les Bouches-du-Rhône.

    Le témoignage anonyme d’une responsable de bibliothèque subissant la censure de sa mairie passée à l’extrême droite a également été diffusé pour illustrer les conséquences du RN au pouvoir dans les communes. L’agente a été contrainte par la mairie d’acheter des journaux et des livres d’extrême droite, et a dû « cacher des livres comme forme de résistance ».

    La table ronde a été suivie d’une pièce de théâtre racontant l’histoire d’une famille venue de Kabylie dont la cité est détruite par des bulldozers. Un repas, un concert de Soul Shakers et un DJ set ont ensuite été proposés.