Tag: Social

  • À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    « Elles sont payées toute leur vie sous le seuil de pauvreté, sous le Smic. C’est un métier indispensable qui ne leur permet pas de vivre », a déploré Gweltaz Broudic, cosecrétaire de la FSU 04. « On accompagne de plus en plus d’élèves qui sont de plus en plus en souffrance, pour un salaire dérisoire d’environ 1 000 ou 1 300 euros », a expliqué Valérie, AESH à l’école des Sièyes à Digne. « On se fait insulter, taper dessus », regrettent-elles avec sa collègue Marielle. Une AESH peut accompagner jusqu’à huit élèves, ce qui laisse seulement deux à trois heures par semaine pour chaque enfant, ont-elles expliqué. Une délégation a été reçue par la DSDEN.

  • Les écoles de Peyruis en grève face à des violences répétées

    Les écoles de Peyruis en grève face à des violences répétées

    Lapidation, gifle, mutilation… Parents d’élèves et enseignants ont dénoncé mardi une escalade des violences au sein de l’école primaire de Peyruis. « Cela fait deux ans qu’on est confrontés à des violences entre élèves et envers le corps enseignant », explique Cécile Pinatel, parent d’élève. Elle décrit « des violences verbales, des insultes aux équipes pédagogiques, des jets de pierre, des étranglements ». La semaine dernière, un nouvel incident, une enseignante giflée par un élève, a fait « déborder le vase ». « L’école ne peut rien faire en termes de sanction, à part priver l’élève de sortie ou l’exclure quelques jours », regrette Cécile Pinatel. « Nos enfants sont spectateurs de toute cette violence, de ces mots qui sont banalisés. »

    « L’école est en souffrance depuis plusieurs années », explique Sylvie Noailles, conseillère municipale de Peyruis déléguée aux affaires scolaires, présente au rassemblement devant la DSDEN. « Cela s’est considérablement dégradé depuis deux ans », constate-t-elle, évoquant des enseignants « usés, qui pleurent, découragés, qui veulent faire autre chose ». « On doit prendre en compte le mal-être de nos enfants. Les enfants violents sont aussi des enfants qui sont en souffrance », avance-t-elle, regrettant le manque d’accès aux soins, notamment en matière de santé mentale, dans ce département rural en pénurie de médecins.

    « Une intensification

    des violences »

    « Des moyens, pas des poings », « Peyruis en colère, stop à la violence à l’école », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants. Les deux écoles de Peyruis ainsi que le périscolaire étaient en grève mardi. Dans un communiqué diffusé lundi, les parents d’élèves décrivent « une situation devenue ingérable » et une « intensification des violences ». Conséquence : certains enfants « font des cauchemars, ont peur d’aller à l’école, se plaignent de maux de ventre ou de terreurs nocturnes ». Les parents d’élèves demandent à l’Éducation nationale « des mesures concrètes, rapides et adaptées : accompagnement renforcé, postes supplémentaires, soutien aux enseignants, sanctions à la hauteur des préjudices, protection des élèves et des personnels ».

    Une délégation composée de la maire DVG de Peyruis Lila Desjardins, de parents d’élèves et d’enseignants a été reçue par la Dasen (directrice académique des services de l’Éducation nationale) mardi après-midi. « On a eu les paroles, maintenant il nous faut des actes concrets », ont expliqué les parents d’élèves, réclamant un soutien psychologique pour les élèves qui ont vu l’enseignante se faire gifler. « L’enseignante agressée exprime une vive colère et estime que les sanctions sont inefficaces face à la multiplication des profils difficiles », a rapporté Lila Desjardins. Un rendez-vous a été pris par la Dasen et la mairie pour évoquer la situation.

  • Découvrir les métiers de l’aide à domicile à La Ciotat

    Découvrir les métiers de l’aide à domicile à La Ciotat

    La Communauté organise une journée portes ouvertes en partenariat avec la Mutuelle familiale, dans leur agence de La Ciotat, mercredi 10 juin, de 9h à 16h. Une stratégie de sensibilisation à un secteur trop souvent mal connu.

    Parmi les temps forts de cette journée, le public pourra tester un simulateur de vieillissement, une expérience sensorielle destinée à faire ressentir concrètement les contraintes du quotidien liées à l’âge. Une ergothérapeute animera des ateliers sur l’adaptation du domicile et la prévention des chutes : tapis, fils qui traînent, chaussures inadaptées ou aménagement de la douche.

    Le pôle Service à la personne Paca-Corse proposera en matinée un atelier de réalité virtuelle pour mieux appréhender les métiers du secteur. La journée comprend également des sessions de recrutements en continu. Le choix du mois de juin n’est pas anodin : « C’est une période où on a des remplacements à pourvoir, parce que nos salariés titulaires posent leurs congés », explique Nicolas Nguyen, chargé qualité et développement de l’association. Mais au-delà de ce besoin de remplacements pour l’été, « en région Paca, le vieillissement de la population s’accélère plus vite que la moyenne nationale », rendant le recrutement pour des postes de plus longue durée, dans ce secteur, plus urgent que jamais.

    2 500 bénéficiaires accompagnés

    Fondée en 1964 par des
    syndicalistes, dont Pierre Moscatelli, ancien Résistant et membre de la CGT, l’association est née d’une volonté de défendre les droits des travailleurs immigrés confrontés à des difficultés, pour faire valoir leur retraite. Soixante ans plus tard, la Communauté accompagne plus de 2 500 bénéficiaires sur le bassin de La Ciotat, d’Aubagne, de Marseille et du pourtour de l’étang de Berre. « Quand on a l’image de l’aide à domicile, on pense surtout au travail de ménage, mais ce n’est pas que ça », rappelle Nicolas Nguyen. Derrière ce cliché, une réalité bien plus large : aide à la préparation des repas, accompagnement des personnes en situation de handicap, aides administratives et lutte contre l’isolement social. « Certains de nos bénéficiaires n’ont plus de famille et l’aide à domicile, c’est parfois la seule visite qu’ils auront dans la journée », raconte Nicolas Nguyen.

  • Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    La guerre est déclarée entre la communauté de communes et la crèche Hakuna Matata, ouverte en janvier à Saint-Maime : la direction et les parents craignent une fermeture, faute de subventions. Ce sont 37 familles qui risquent de se retrouver sans mode de garde et neuf salariés sans emploi. Cette crèche est « la plus remplie de l’intercommunalité », selon ses gérants. « Elle n’est pas en concurrence avec les autres, mais complémentaire : on ouvre plus tard le soir, si besoin le samedi », avance son président, Guillaume Santacreu. Selon lui, « un groupe de personnes a tout fait pour faire exploser le projet ». « Les personnes concernées font un blocage et nous mettent des bâtons dans les roues », affirme-t-il. Si la situation ne s’arrange pas, lui et sa sœur Victoria, directrice de la crèche, redoutent de devoir fermer à la fin du mois.

    « Comme j’avais peur que la crèche ferme, je me suis renseignée à celle de Saint-Michel-l’Observatoire, et la directrice m’a dit que la communauté de communes leur avait demandé de garder des places au cas où notre crèche fermait », affirme Léa, mère d’un des enfants gardés à la crèche Hakuna Matata. La majorité des enfants qui y sont gardés ont été refusés dans les autres crèches du territoire. Les listes d’attente sont longues pour réussir à décrocher une place. « Son père a dû arrêter de travailler pendant un an parce que la nounou a arrêté de le garder », témoigne Sarah Didierlaurent, mère du petit Sorën gardé à Hakuna Matata. « J’espère ne pas avoir à enlever mes enfants de cette crèche. J’en suis très contente : les horaires sont formidables pour ceux qui travaillent tard à Manosque. C’est pour ça que j’ai mis mes enfants ici », avance Léa.

    Un élan de solidarité

    Un véritable élan de solidarité a été initié par les parents d’enfants gardés à Hakuna Matata. L’une des mamans, qui a réussi à obtenir un rendez-vous avec le président de la communauté de communes, propose « une opération escargot dans son bureau », ou encore « une pétition en ligne à pousser sur tous les canaux possibles et imaginables ».

    Jeudi, les gérants de la crèche ont réussi à obtenir un rendez-vous le 30 juin avec la CAF, le Département et la communauté de communes. Les gérants de la crèche demandent 180 000 euros, puis 150 000 euros par an à l’intercommunalité.

    Contacté, le président de la communauté de communes explique que l’intercommunalité « compte déjà quatre crèches publiques ». « On savait qu’une telle activité était vouée à l’échec. Je refuse toute participation », explique-t-il. Selon lui, il y a assez de places pour accueillir les enfants dans les autres crèches. Le sujet est inscrit à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire, qui aura lieu mardi à 14h30.

  • Relever le défi de l’unité du monde du travail

    Relever le défi de l’unité du monde du travail

    Le congrès confédéral de la CGT s’est achevé vendredi dans l’unité et la combativité.

    C’est une bonne nouvelle pour le monde du travail dans sa globalité qui a besoin d’organisations fortes et en ordre de bataille pour défendre ses intérêts.

    À Tours, les débats ont été francs, parfois vifs, mais l’ambiance tranchait avec celle du précédent congrès qui avait eu à gérer la succession complexe de Philippe Martinez.

    Sophie Binet qui avait alors été élue pour trouver un point d’équilibre en dehors des candidats qui s’opposaient pour prendre la tête de la CGT a gagné en légitimité et s’est pleinement installée dans son rôle de dirigeante syndicale à la fois dans les rangs de la CGT mais aussi plus largement dans l’opinion publique.

    Rapprochement avec la FSU

    Sans nier les obstacles que la CGT a pu rencontrer depuis 2023, la centrale syndicale a retrouvé sa dynamique collective et donc sa capacité à en découdre avec le patronat, le gouvernement libéral et l’extrême droite. Un courant politique qui prospère sur la division des travailleurs selon leur origine, leur religion ou leur couleur de peau dont le syndicat combat énergiquement la progression dans les classes populaires.

    La CGT qui sort renforcée de son congrès amorce un rapprochement historique avec la FSU, au sein d’une « maison commune », un cadre de coordination permanent entre les deux organisations, qui permettra de peser plus fort face au pôle de syndicats réformistes emmené par la CFDT.

    De nombreux défis restent devant elle : mutations du travail, IA, précarisation, ubérisation. Pour les relever, la CGT devra décupler ses efforts pour unir le monde du travail et faire progresser la conscience de classe.

  • Six entreprises innovantes et « positives » mises à l’honneur

    Six entreprises innovantes et « positives » mises à l’honneur

    Près de 200 personnes se sont réunies ce jeudi au Stade marseillais université club (Smuc) à Marseille à l’occasion de la 12e édition des trophées des entrepreneurs positifs organisés par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) des Bouches-du-Rhône. Sur 75 TPE et PME candidates, six entreprises du département ont été récompensées selon 6 catégories pour leur engagement social ou environnemental et représenteront le département lors de la finale régionale en novembre. Parmi les lauréats figurent Benmecheta à Martigues, distinguée pour sa préservation des écosystèmes marins, bAAM! à Marseille pour son engagement pour une nutrition bio, Tiers-Lab des transitions à Marseille pour sa coopération avec des associations locales, VB Tech à Marseille pour son innovation sur les maladies neurologiques, Ma petite fraterie à Tarascon pour son travail sur le bien commun, ou encore Jouga à Aix-en-Provence pour son modèle de réemploi de jouets.

    Un territoire qui regorge de talents

    Cette cérémonie a récompensé des dirigeants qui ont choisi d’entreprendre « autrement », en conciliant performance économique et impact positif. « Être entrepreneur aujourd’hui n’est pas un long fleuve tranquille. Face aux tensions, ils prennent des risques (…) Ces trophées sont la preuve que notre territoire regorge de talents, d’énergie et d’engagement », a souligné Corinne Innesti, présidente de la CPME 13.

  • La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    J’ai une très mauvaise nouvelle pour Patrick Martin et Sébastien Lecornu : nous sommes en pleine forme, nous sommes rassemblés ! ». Tout juste réélue comme secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a chauffé à blanc les plus de 1 000 militants qui étaient réunis ce vendredi à Tours pour la conclusion du 54e congrès de l’organisation.

    Sous un tonnerre d’applaudissements et devant un parterre de drapeaux rouges, la syndicaliste a renvoyé l’image d’une CGT renforcée à l’issue de 5 jours de débats. « Ensemble nous avons participé à un congrès qui fera date. La CGT est debout, rassemblée, déterminée », martèle-t-elle lors d’un discours de clôture enflammé. Élue en 2023 au terme d’un 53e congrès pour le moins houleux et marqué par de fortes dissensions, Sophie Binet avait un « mandat de rassemblement » et entend bien faire savoir que l’objectif est atteint : « Ce n’était pas un mandat comme les autres mais le travail que nous avons conduit nous a permis de rassembler l’organisation ». Elle cite le vote sur le bilan d’activités, jauge d’appréciation du travail de la direction sortante, qui a été « voté à 82% ». « C’est la première fois qu’on atteint ce niveau de vote depuis 2013 », développe-t-elle en conférence de presse dans la foulée de son discours.

    Forte d’une stratégie pour les années à venir également largement validée par les congressistes (75% de votes favorables), Sophie Binet a envoyé une série de messages à l’égard des ennemis du monde du travail. Elle tacle « tous les rats qui veulent nous museler » et prévient : « Nous avons décidé d’un plan de bataille clair, nous avons adopté des orientations fortes. […] Ce congrès restera historique par ses décisions ».

    Des « enjeux structurels » entérinés

    En effet, les congressistes se sont accordés sur plusieurs « enjeux structurels » pour l’organisation. « On s’est doté d’un outil opérationnel pour lutter contre les déserts syndicaux avec les syndicats professionnels de territoire. Et d’une stratégie vers les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam) pour progresser dans les entreprises du CAC 40 où l’on a un défi d’implantation », rappelle Sophie Binet, citant également « la construction de notre maison commune avec la FSU ». Si elle regrette tout de même des « petits rebondissements » lors du congrès, avec un envahissement de la tribune et des discussions parfois vives, l’essentiel n’est pas là pour la secrétaire générale. Elle loue « un congrès historique car il était profondément politique ». La syndicaliste revient évidemment sur « l’internationale ouvrière contre l’extrême droite » impulsée par la CGT via un meeting rassemblant « 109 syndicalistes venus de 71 pays différents ». Et dans la même veine, les prises de position contre l’extrême droite en France à moins d’un an des élections présidentielles (lire nos articles du 02/06 et 03/06). « On ne gagne pas contre l’extrême droite sans perspectives sociales. La recette du Front Populaire dont on fête les 90 ans c’est unité, mobilisation, alternative sociale. Voilà ce qu’il faut mettre à l’ordre du jour », tempête Sophie Binet. Laquelle entend bien que son organisation « se mêle des présidentielles » : « Nous avons fait de la défense de la sécurité sociale et des services publics une bataille stratégique pour les années qui viennent, notamment dans le cadre du débat présidentiel ». Une bataille peut-être victorieuse grâce à l’envie de « mieux coordonner nos luttes ».

    Autre grande victoire : « L’annexion à nos statuts de notre cadre commun d’action contre les violences sexistes et sexuelles ». Une décision bien plus que symbolique puisqu’elle concrétise « le féminisme de lutte des classes de la CGT » pour Sophie Binet. « Le deuxième message politique de notre congrès est sur l’égalité femmes-hommes », insiste-t-elle. De quoi lui faire hausser le ton : « Ce sont de mauvaises nouvelles pour ceux qui rêvent d’une CGT affaiblie. Nous avons mangé du lion ». Le patronat n’a qu’à bien se tenir.

    « Ce congrès restera historique par ses décisions »

  • Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    L’hôpital public est en souffrance, et le centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) ne déroge pas à ce triste constat. Alors que la mobilisation, menée depuis de longs mois, reste importante au sein du pôle psychiatrie face à la perspective imminente d’une perte de moyens (notamment celle de trois de ses quatre médecins), c’est cette fois l’ensemble de l’établissement qui est appelé à se mobiliser pour défendre son droit à exercer dans des conditions dignes.

    Soumis à une « activité qui ne cesse de croître » et « des conditions de travail qui s’effondrent », l’ensemble des personnels sont appelés à faire grève, le 18 juin. Un mouvement initié par Force ouvrière, syndicat majoritaire de l’établissement, pour qui « le point de non-retour a été atteint ». L’organisation dénonce ainsi « une réalité de terrain devenue insoutenable : difficultés d’accès aux remplacements et aux heures supplémentaires, manque criant de matériel, lits fermés par manque d’effectifs, services d’urgences saturés, sous-effectif, épuisement des équipes et perte de sens au travail ». En particulier dans certains services, marqués par la « fermeture d’unités cruciales faute de médecins : les soins palliatifs, l’hôpital de jour pour enfants en pédopsychiatrie et des services sous contrainte en psychiatrie adulte ».

    Le projet social « instrumentalisé »

    Malgré cette situation, « l’information aux agents est réduite au minimum et l’accompagnement fait cruellement défaut, plongeant les personnels dans une profonde insécurité professionnelle », appuie le syndicat, qui déplore le choix de la direction « de passer en force, multipliant les décisions unilatérales et ne prenant pas en compte systématiquement les revendications ». À cet égard, FO pointe notamment le nouveau « plan de formation et les nouvelles modalités d’accès au financement des études promotionnelles », « l’instauration de quotas arbitraires sur l’évaluation de la valeur professionnelle des agents », « un dispositif de mobilité des agents mis en place sans aucune évaluation » et, plus généralement, « un déni des instances démocratiques ».

    Autant de constats qui mettent en branle « le projet social de l’hôpital », établi à l’horizon 2027, censé « sécuriser les organisations pour améliorer l’équilibre vie privée-vie professionnelle avec la mise en place des cycles de travail ».

    Un « accord local garant de l’équilibre social de l’établissement, seul levier d’attractivité et de fidélisation pour des agents hospitaliers touchés de plein fouet par une smicardisation rampante », sans avantages sociaux. Mais que « la direction instrumentalise pour déconstruire le référentiel du temps de travail en place depuis 25 ans », estime le syndicat, qui appelle, en conséquence, à se réunir devant l’hôpital Sainte-Musse, le 18 juin, à 12h.

  • La CGT alerte sur la situation de l’hôpital de Digne

    La CGT alerte sur la situation de l’hôpital de Digne

    Fermeture du service de pneumologie deux ans après celui de cardiologie, fermeture de 30 lits de psychiatrie sur 80, départ annoncé de la cheffe du pôle pédopsychiatrie cet été… Dans un communiqué, la CGT alerte sur la situation de l’hôpital de Digne et regrette ne pas avoir eu de réponse de la mairie, de la communauté de communes, de l’ARS, du sénateur ou encore de la préfecture après une lettre que le syndicat leur a adressée le 20 mai.

    « Nous faisons le triste constat de l’absence totale de réponse à ce courrier ! Aucun élu, aucun représentant de l’État n’a jugé bon de nous rencontrer, ni même de nous répondre. Nous en déduisons que la santé des citoyens ne fait pas partie de leurs préoccupations, notamment en dehors des périodes électorales », déplore la CGT lundi.

    Dans sa lettre envoyée le 20 mai, le syndicat déplorait « un déficit record et un exode médical massif » : « la pérennité de certains services est largement menacée, avec son corollaire de suppression d’emplois et de réduction de l’offre de soins », avançait la CGT. Elle citait notamment la pédopsychiatrie : « Les perspectives sont effrayantes. À partir de septembre, il n’y aura plus qu’une seule praticienne hospitalière pour l’ensemble du département sur les six normalement financés. » Concernant la psychiatrie adulte, « sur les 16 postes financés, il y a onze praticiens. La plupart sont à temps partiel, trois sont très proches de la retraite et deux vont quitter l’hôpital cet été, sans aucune perspective de remplacement ». La CGT appelle à « une prise de conscience générale » et exige « un plan massif de recrutements ».

    Contactée, la mairie de Digne a indiqué attendre la prochaine réunion du conseil de surveillance de l’hôpital, retardée, et l’élection du maire à sa présidence.

  • Les travailleurs hospitaliers de Digne-les-Bains mobilisés contre l’austérité

    Les travailleurs hospitaliers de Digne-les-Bains mobilisés contre l’austérité

    On dégrade complètement l’offre de soins et l’hôpital public pour nous faire payer la dette qu’ils ont causée eux-mêmes » : plusieurs dizaines d’agents hospitaliers se sont retrouvées vendredi pour rassembler leurs revendications et les envoyer à la direction de l’hôpital lundi. « Ce n’est pas aux agents de l’hôpital et aux patients de le payer. Ce n’est pas parce qu’on est une zone rurale qu’on doit être laissés à l’abandon », revendique Kevin Martin, secrétaire général de FO santé 04.

    « On angoisse beaucoup pour cet été qui arrive sous la menace de suppression de postes, de nous enlever encore des moyens », regrette Julien Pignol, infirmier aux urgences de Digne. « Cela fait maintenant deux étés que les urgences de Digne sont les seules à rester ouvertes 24 heures sur 24 dans le département. On angoisse de passer à nouveau un été compliqué avec l’affluence touristique », explique-t-il. « Nos urgences ne sont pas dimensionnées pour répondre à l’urgence, notamment nocturne, de tout le département. »

    Selon les travailleurs mobilisés avec FO, un véhicule de secours SMUR a été en panne, à l’arrêt pendant un mois car la direction n’avait pas payé les pièces nécessaires et « n’honore plus ses factures ». « L’effectif n’y est plus, on a eu un départ en retraite et un congé maternité non remplacés », affirme Julien Pignol. « Cet été, si l’un de nous tombe malade ou se blesse, on sera en sous-effectif. »

    « Médecine au rabais »

    « Est-ce que le 04 mérite d’être le seul département mal soigné de France ? », a interrogé Guillaume Carré, ambulancier. « Un patient du 04 ne vaut pas moins qu’un patient du 83 ou du 13 », a-t-il lancé. Les urgences de Digne doivent combler les fermetures de celles d’autres hôpitaux du département, comme celles de Manosque. « Les autres hôpitaux annoncent des ouvertures de deux nuits par mois », selon Guillaume Carré.

    « On a peur pour la population, nos collègues et nos équipes. Un jour, vous arriverez aux urgences et il n’y aura pas de médecin ni d’infirmier », s’inquiète Julien Pignol. » Est-ce qu’on veut de cette médecine au rabais ? Est-ce qu’on veut continuer de faire plus avec moins ? », a-t-il demandé aux agents hospitaliers présents autour de lui. « Au premier arrêt maladie, blessure ou burn-out, le service va plonger alors qu’on est les seuls ouverts. »

    « Il faut arrêter de bricoler pour pallier un manque de moyens fabriqué », a conclu Julien Pignol.

    « Il y a eu des efforts qui ont été faits du côté de Manosque pour ouvrir les urgences la nuit davantage, évidemment pas 24 heures sur 24 comme Digne, mais on espère que ça permettra de soulager les équipes par rapport à l’année dernière », répond la direction. « Les fermetures de lits en psychiatrie ont été pensées avec les médecins et l’encadrement depuis plusieurs semaines », affirme-t-elle.