Tag: Sète

  • Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Alors que les discussions autour du budget s’éternisent chez les parlementaires, les syndicats – la CGT, la FSU, Solidaires – entendent peser sur le débat en appelant à manifester dans tout l’Hérault et le Gard* le 2 décembre prochain. Et remettre ainsi les revendications sociales à l’ordre du jour. Notamment une hausse des salaires ainsi que leur indexation sur l’inflation, dans un contexte « d’effondrement du pouvoir d’achat pour les fonctionnaires, les salariés et les retraités », soupire Stéphane Audebeau, co-secrétaire de la FSU héraultaise. La retraite sera également au centre des revendications. « Nous demandons l’abrogation de la réforme des retraites, il a été réalisé un premier petit pas avec son décalage de trois mois mais il faut aller plus loin », poursuit Stéphane Audebeau.

    Surtout, les syndicats mobilisés dénoncent la copie austéritaire du budget préparée par le gouvernement Lecornu. « Les mobilisations de la rentrée ont permis de mettre au cœur des débats une volonté de justice sociale et fiscale. Mais depuis le début de l’examen du budget au Parlement, tout a été fait pour éviter ces questions. Par exemple, le rapport sénatorial faisant état de 211 milliards d’aides publiques versées chaque année sans contrepartie est complètement mis de côté, c’est un sujet tabou, on n’y touche pas », soupire Ludovic Sigal, de la CGT 34. Une preuve selon lui que l’argent est bel et bien là. Un meilleur conditionnement de ces aides permettrait de remplir les caisses de l’État.

    Supercherie de déficit

    Pourtant, la majorité présidentielle et la droite érigent le sacro-saint déficit comme l’unique boussole justifiant de réduire drastiquement les dépenses, impactant de facto les plus précaires, au risque de creuser un peu plus le fossé des inégalités. « Le déficit, qui est utilisé pour faire la guerre aux travailleuses et aux travailleurs, est une construction politique. C’est une arme utilisée pour détruire les acquis sociaux. Le déficit est construit par les baisses d’impôt des plus riches et la hausse des subventions aux entreprises, qui ne sont jamais évaluées », fait valoir Christine Saint-Joanis, de la FSU 34. En effet, d’autres mécanismes existent réduire ce déficit : une augmentation des cotisations via une hausse des salaires et des pensions, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ou encore une taxation des plus hauts patrimoines.

    Mais force est de constater que rien de tout cela n’est retenu par le gouvernement. À l’inverse, « on subit une contre-offensive : il faut faire attention au trou de la Sécu qui va atteindre 24 milliards, notre système de retraite est à bout de souffle et il faut produire de la capitalisation. C’est inadmissible. Le 2 décembre, il y a nécessité et urgence de redonner la parole à la rue et qu’elle reprenne la main », insiste Ludovic Sigal. Une contre-offensive qui s’en prend également aux fonctionnaires. « La fonction publique va servir de variable d’ajustement budgétaire. Mais ce n’est pas un coût, c’est une richesse. Ce n’est pas à ses agents de payer les choix budgétaires qui préfèrent faire des cadeaux fiscaux aux plus aisés plutôt que de consolider les recettes », souligne Patrick Schevin, de Solidaires 34.

    Les syndicats espèrent donc que ce mécontentement se traduise en nombre mardi 2 décembre prochain, car bien que le budget final ne soit pas encore connu l’ébauche esquissée laisse craindre le pire. « Il est clair qu’une fois qu’on sera fixé, il va y avoir des réactions du monde du travail. Le 2 décembre doit être un marche-pied », espère Ludovic Sigat.

    *Bédarieux départ à 10h30 à la maison des syndicats ; Béziers départ à 10h30 à la Bourse du travail ; Clermont-l’Hérault départ 11h sur les Allées Salengro ; Montpellier départ à 10h30 à la CPAM ; Sète départ à 12h sur la place de la mairie ; Nîmes départ 14h30 à la Maison Carrée ; Alès départ 10h de la sous-préfecture.

  • Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Sète est une île singulière mais son port (maritime, pêche, plaisance), est loin d’être isolé. 18 ans après en avoir acquis la gestion auprès de l’État, la Région Occitanie poursuit la modernisation et la décarbonation du plus grand port d’Occitanie.

    Depuis l’arrivée de Carole Delga (PS) à la tête de la Région en 2016, pas moins de 600 millions d’euros ont déjà été investis avec les partenaires privés (290 ME). Ils ont déjà permis la réfection des quais (H, Mailhol), la rénovation du môle Masselin, la modernisation de la Criée ou la réhabilitation du canal du Rhône à Sète. Résultat : un trafic doublé (6 millions de tonnes de marchandises), un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros et plus de 2 300 emplois au lieu de 1 500 en 2015.

    À en croire la présidente de Région, qui prévoit de réinjecter 150 millions d’euros dans les ports d’ici 2030 et créer 200 emplois directs, ce n’est que le début. Avec la livraison de l’usine de transformation d’hydrogène vert et l’éolien flottant à Port-la-Nouvelle (Aude), le développement du port de Sète-Frontignan forme un binôme qui s’inscrit dans une « stratégie portuaire globale cohérente » qui doit participer à l’objectif que l’Occitanie devienne la première région d’Europe à énergie positive d’ici 2050. « La transition énergétique n’est pas une contrainte mais une opportunité pour inventer le port de demain et réindustrialiser notre pays », abonde Philippe Malagola, président du port.

    Le 25 novembre, la triple inauguration a été célébrée comme un tournant. D’abord Sète s’est dotée d’une drague Hydromer capable de nettoyer les ports et petits bassins de plaisance jusqu’à 36 mètres de profondeur. Construit à Concarneau, le navire de 70 mètres de long peut transporter jusqu’à 1 500 m3 de sédiments. En service depuis un an déjà, la drague a récupéré 440 000 m3. Il s’agit d’une « drague hybride à hydrogène au top des normes environnementales », se félicite le capitaine David Lenoble. Pour amortir son coût essentiellement financé par la Région (26,75 millions d’euros sur 30), la drague sera louée 3 mois de l’année à d’autres ports de la façade méditerranéenne.

    22 500 camions de moins

    Dès l’été 2026, un dispositif hydrogène (produit à Port-la-Nouvelle) sera implémenté à la drague, d’où « une réduction de 25% des émissions de gaz à effets de serre », se réjouit Carole Delga. Un outil complémentaire de l’électrification des quais H, G et du môle Masselin (7 millions d’euros). En attendant d’équiper le quai d’Alger pour raccorder les navires de croisière, ce sont déjà 4 800 tonnes de CO2 évitées chaque année, soit l’équivalent des émissions de 1 800 foyers. « L’électrification des quais sera obligatoire en 2030, on a 5 ans d’avance », insiste Carole Delga.

    Enfin, le port de Sète-Frontignan s’est doté pour 19,4 millions d’euros d’un nouveau terminal ferroviaire. Grâce à la technologie française Modalohr, le chargement horizontal permet de se passer de grues. Autant de gain de temps et de coûts. Gérée par VIIA, l’infrastructure permettra de transporter 22 500 semi-remorques entre Sète et Calais au lieu de 15 000 jusqu’ici (objectif à terme : 40 000/an). Un report modal vers le fret ferroviaire qui, là encore, limitera les camions sur les routes et éliminera 30 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Un dispositif innovant qu’est venu saluer le nouveau patron de la SNCF, Jean Castex. L’occasion pour l’ancien Premier ministre de rappeler qu’en 2020, il avait accordé dans son plan de relance « des crédits » sur les mobilités, « en particulier le fret ».

  • Des séries à gogo avec le festival CréaTVty à Sète

    Des séries à gogo avec le festival CréaTVty à Sète

    Mettre en lumière la création audiovisuelle. Tel est le leitmotiv du festival CreaTVty, qui revient à Sète pour une seconde édition du 12 au 15 novembre. Au programme, neuf projections de séries ou films de télévision en compétition. Et tous en avant-première, pour le plus grand bonheur des cinéphiles. Parmi les plus attendus, Après la fin, réalisé par Frédéric Lopez, qui revient sur l’histoire vraie de la reconstruction de Louis Derungs, amputé des deux bras et que le présentateur avait reçu dans une de ses émissions, en 2017. Mais également la série italienne Mussolini, le fils du siècle, revenant sur la création du fascisme (12/11, à 15h) ou encore la série très attendue Un Prophète (15/11, à 19h30). Si les personnages ne sont pas les mêmes que dans le film d’Audiard, on retrouvera néanmoins la patte du film puisque ce sont Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit, scénaristes du film d’Audiard, qui sont à l’écriture. « Comme dans le film, on suit un jeune qui se retrouve en prison et comment il organise sa lutte dans le monde carcéral », détaille Stéphane Caput, président de CreaTVty.

    Si des comédies sont également au programme, « on note le caractère très social du festival. Nous sommes à une époque de bouleversement. Il y a beaucoup de films autour des luttes, des combats, des gens qui se battent dans les associations », poursuit Stéphane Caput. À l’instar de L’Affaire Laura Stern, créée par Marie Kremer et Frédéric Krivine, revenant sur les violences faites aux femmes (14/11, 17h).

    Un festival 100% gratuit

    Pascal Elbé, président du jury, aura la lourde tâche de départager les films en compétition. Ce dernier présentera également – hors compétition – son prochain film, La bonne étoile avec Benoît Poelvoorde (14/11, 20h). Le festival met également à l’honneur la jeune création puisqu’est organisé un prix du meilleur court-métrage, le 13 novembre. « On met en lumière des jeunes réalisateurs qui n’ont jamais été diffusés. Ce sont souvent des étudiants qui sortent des écoles, c’est la première compétition pour certains », précise Stéphane Caput. Une aubaine également pour ces réalisateurs en herbe puisqu’un des objectifs affichés de CreaTVty est de mettre en relation producteurs et réalisateurs.

    Avant-premières, rencontres avec réalisateurs et acteurs, le tout entièrement gratuit. Le public sétois va être ravi.

    Programme complet à retrouver sur creatvty.fr.

  • À Sète, Nouvelle Page à l’assaut de la mairie

    À Sète, Nouvelle Page à l’assaut de la mairie

    Après 25 ans de règne sans partage, la droite perdra-t-elle son siège de premier magistrat à Sète ? C’est en tout cas ce qu’espère le mouvement citoyen Nouvelle Page. Ce collectif, qui planche depuis plusieurs mois sur un programme en vue des élections de mars prochain, a désigné sa tête de liste le 11 octobre en la personne de Laura Seguin. La conseillère municipale d’opposition a ainsi été élue au terme d’une votation citoyenne -par 492 votants- aux côtés de huit autres candidats, dont Véronique Calueba, qui portait la liste d’union en 2020.

    Officiellement présentée le 17 octobre en présence de partis la soutenant (PCF, LFI et Les Écologistes), Laura Séguin espère tourner la page Commeinhes, ancien édile LR démissionnaire car condamné pour détournement de fonds publics. « Il faut mettre un terme à un système à bout de souffle, qui gère non pas le bien commun mais des intérêts particuliers », fait valoir Laura Séguin. Pour ce faire, la candidate mise sur la transparence et le renouvellement d’une démocratie mise à mal. « Il faut rendre le pouvoir aux citoyens en arrêtant cette confiscation du débat. Cela se joue à deux échelles : les quartiers, en créant des Assemblées avec des budgets participatifs pour que les riverains décident eux-mêmes des projets, mais également au niveau de la Ville, où les grands projets d’aménagements, de mobilité, seront soumis à une concertation avant toute prise de décision », souligne-t-elle.

    Miser sur la solidarité

    La démocratie participative sera donc un axe fort de Nouvelle Page, tout comme le logement, l’Île Singulière étant victime du surtourisme. « Nous voulons faire du droit au logement le pilier de notre campagne. Le tourisme, c’est bien mais jusqu’à un certain point. S’il affecte la population pour se loger à l’année, il faut une régulation plus stricte. Nous nous baserons sur la loi Le Meur afin d’instaurer des quotas par quartier », poursuit Laura Seguin. Une attention particulière sera portée aux plus précaires, dans un contexte où « les inégalités se creusent, 25% de la population vit sous le seuil de pauvreté, taux beaucoup plus important dans certains quartiers, notamment l’Île de Thau ». Et ainsi développer du logement social. Si la Ville de Sète est un peu en dessous du seuil de 25% de logements sociaux fixé par la loi SRU (21%), « cette production ne répond pas aux besoins des populations. Il faut également du logement très social et plus grand, des T4 pour loger des familles », soutient Laura Seguin, qui compte se baser sur la réhabilitation de logements vacants et la valorisation de l’existant.

    Plus de transparence, de logements et également de solidarité. « On veut mettre l’accent sur la jeunesse, les aînés. Il y a beaucoup de centres sociaux pour adolescents à redynamiser. Pour les aînés, nous avons plus de retraités donc nous soutiendrons le service à la personne afin de créer des emplois durables dans le soin. » Un programme toujours en construction, tout comme la liste. Les prochaines votations pour désigner les colistiers sont prévues les 8 et 24 novembre. Seule ombre au tableau, toute la gauche n’est pas rassemblée derrière Nouvelle Page. En effet, le socialiste Sébastien Denaja s’est également porté candidat. L’union impossible ? « Nous nous inscrivons dans une démarche de rassemblement avec une méthode de travail collective avec différentes composantes de gauche. Nous avons pris acte de la candidature de Sébastien Denaja. »

  • La scène méditerranéenneà l’honneur d’une biennale

    La scène méditerranéenneà l’honneur d’une biennale

    Mettre les arts méditerranéens à l’honneur. Tel est le credo de la Biennale des arts de la scène en Méditerranée, qui s’ouvre dès le 6 novembre dans une pluralité de lieux héraultais : Montpellier, Sète, Juvignac, Villeneuve-lès-Maguelone. Théâtre, danse, musique, lecture, une diversité d’arts est représentée. Tout comme un subtil équilibre géographique : la plupart des pays du bassin méditerranéen seront présents pendant ces trois semaines de manifestations culturelles.

    Un travail de longue haleine opéré par les 14 structures organisatrices de l’événement comme le théâtre des 13 Vents de Montpellier, le théâtre Molière à Sète ou encore la scène conventionnée d’intérêt national juvignacoise L’atelline. « Chaque structure a des missions particulières, des disciplines auxquelles elle s’attache, donc la programmation dans son aspect pluridisciplinaire reflète aussi la diversité des partenaires », souligne Olivier Saccomano, codirecteur du théâtre des 13 Vents.

    Dialoguer entre artistes

    Ainsi, en fonction des disciplines et des pays, des artistes sont sélectionnés et ont carte blanche pour présenter leurs projets. « Le travail artistique nous intéresse et après les artistes sont parfaitement libres -heureusement- de travailler sur le sujet qui leur importe. Parfois, c’est assez proche de l’actualité, parfois c’est beaucoup plus lointain. La Méditerranée n’est pas une thématique de travail. C’est une situation géographique, politique, historique dans laquelle des artistes travaillent », reprend Olivier Saccomano. Et le codirecteur d’insister sur le dialogue offert entre les artistes, qui pourront partager leurs expériences. Le public n’en est pas oublié pour autant puisque plusieurs rencontres avec les artistes sont organisées tout au long de la Biennale.

    Certains axeront ce dialogue sur la question des migrations – tragiquement importante en Méditerranée – notamment la compagnie italienne Kepler-452, venue présenter « A place of safety, voyage en Méditerranée centrale » (13/11 à 19h et 14/11 à 21h au théâtre des 13 Vents). Une pièce documentaire s’inspirant de l’expérience des metteurs en scène Enrico Baraldi et Nicola Borghesi, qui ont suivi des humanitaires à bord du Sea-watch 5 et ont pu recueillir des témoignages de migrants ou de sauveteurs en mer. Dans cette période de troubles internationaux, le Proche-Orient n’est jamais bien loin. C’est le cas dans la pièce « Dans l’ombre du martyr », écrite par le fondateur du théâtre palestinien François Abu Salem juste avant son suicide, qui sera jouée pour la première fois en France (15/11, à 21h au théâtre des 13 Vents). Retraçant le témoignage du frère d’un martyr de la seconde intifada, la pièce « est rejouée par l’acteur orignal, Waseem Khair, en respectant la mise en scène d’origine, les costumes, c’est une espèce d’archive vivante », détaille Olivier Saccomano.

    D’autres font le choix de délaisser l’actualité internationale, comme Nicolas Heredia qui présentera « On fera mieux la prochaine fois » (12/11 à 21h, 13/11 et 14/11 à 19h à la Bulle bleue), pièce dans laquelle les comédiens de la Compagnie de la Bulle bleue réinterprètent des interviews d’acteurs de cinéma. En somme, une programmation éclectique qui reflète la diversité de la culture méditerranéenne.

    * Programme complet à retrouver sur : www.13vents.fr/basm-2025/le-programme25.

  • Montpellier en route vers l’Europe, Sète en pleine reconstruction

    Montpellier en route vers l’Europe, Sète en pleine reconstruction

    Un trou d’air. Les Bleus ont traversé le Mondial aux Philippines comme une météore. Habitués à la haute altitude et aux parcours au long cours, les doubles champions olympiques ont écourté leur séjour en Asie. Les Montpelliérains Nicolas Le Goff et Quentin Jouffroy ont rejoint très vite leurs partenaires de club sur les hauts de Castelnau et ont pris part à la préparation d’une saison qui débute le mardi 21 octobre face à Cannes.

    Les clubs engagés en Coupe d’Europe peuvent-ils prendre le relais de l’équipe de France, effacer la défaillance des Bleus et montrer la vitalité du volley français ? Tours, plus grand club français du moment, et Montpellier porteront ce challenge sur leurs épaules tout au long d’une saison à l’allure d’un marathon.

    Pour la seconde fois de son histoire, le MHSC-Volley, placé sous le contrôle de la famille Nicollin depuis 2021, s’apprête à participer à l’épreuve continentale. Il va croiser ce qu’il se fait de mieux sur la scène européenne en affrontant
    un club polonais : Projekt Varsovie, un club italien
    de la région des Marches : Civitanova et le club belge de Louvain. Son président Jean-Charles Caylar vise une place en quarts de finale, à savoir l’une des deux premières places d’une poule relevée.

    L’homme, qui porte le club depuis 2011, attend par ailleurs beaucoup mieux sur la scène hexagonale. L’an passé, l’équipe dirigée par Loïc Le Marrec a laissé un sérieux goût d’inachevé. Après avoir réussi son approche des sommets, avec une première place au bout de la saison régulière, elle a calé sur les pentes raides du play-off. Elle a chuté en demi-finale dans le combat des chefs face à Tours, futur champion de France, mais aussi en finale de la Coupe de France face à Tourcoing.

    Montpellier n’a pas tout chamboulé pour autant. Au cours de l’été, il a élargi son effectif pour défier Tours et tenir son rang en Coupe d’Europe. Dans un premier temps, il a reconduit les contrats de ses leaders : Le Goff, Palacios…, puis densifié son banc, avec par exemple le dernier renfort du central canadien Jordan Schnitzer.

    « On a atteint cet objectif »

    « La première étape du projet était de faire en sorte que le MHSC VB soit un club reconnu et respecté dans le volley-ball national. On a atteint cet objectif. La deuxième étape est de franchir les frontières pour que le club soit reconnu au niveau européen. Cela demande d’autres moyens et du temps. L’idée est de s’appuyer sur des joueurs cadres, on a donc voulu prolonger ces garçons qui s’inscrivent dans le projet. C’est avec eux qu’on y arrivera », expliquait récemment le président Jean-Charles Caylar.

    Champion de France en 2022, après une disette d’un demi-siècle, Montpellier veut aller plus loin et prendre le relais de certains clubs dans le creux de la vague, comme le Montpellier Hérault tombé en Ligue 2, ou Montpellier rugby, absent de la phase finale depuis trois ans. Longtemps parent pauvre du sport collectif de la Métropole, il creuse le sillon de sa renommée nouvelle.

    Afficher son ambition, c’est une belle audace, mais cela peut être aussi casse-gueule. L’Arago Sète a payé la saison passée pour le savoir et éviter de tomber dans le même piège. La tête de gondole du sport sétois a vécu une saison cauchemardesque. Pas de play-off, saison bouclée à la 10e place loin de l’objectif du quatuor de tête, changement d’entraîneur et remplacement de Luc Marquet, icône sétoise, et air de déjà vu.

    L’Arago se cherche un après-Duflos. Ou plutôt un successeur au manager Patrick Duflos. L’ancien passeur international (59 ans) a réussi ses trois passages (2004-07, 2009-16, 2019-22) à la tête de l’équipe sétoise. Et, dans les intervalles, personne n’a fait mieux que l’actuel entraîneur toulousain.

    L’Arago Sète a renouvelé son effectif, confié l’équipe à un entraîneur italien : Fulvio Bertini et réappris l’humilité pour repartir de l’avant. Pour relancer la machine, il attend surtout la fin des travaux de la Halle du Barrou, espérée pour fin décembre. Contrainte de jouer dans la salle Vié, d’un autre temps, de s’exiler à Béziers ou ailleurs, l’équipe sétoise n’a jamais pu s’appuyer sur son chaudron. Aujourd’hui, elle espère pour le moins échapper à un nouveau trou d’air.

  • À Sète, le socialiste Sébastien Denaja candidat à la mairie

    À Sète, le socialiste Sébastien Denaja candidat à la mairie

    Après 30 ans d’engagement à Sète, c’était presque une évidence pour moi, d’autant plus après 25 ans de travail dans l’opposition au système en place. » À 46 ans, Sébastien Denaja se porte candidat pour les élections municipales de Sète des 15 et 22 mars 2026. Une seconde tentative après le scrutin de 2020. L’occasion, pour le socialiste, de mettre fin au système Commeinhes, ancien édile LR démissionnaire pour avoir été condamné pour détournements de fonds publics en avril 2025. Et ainsi de reprendre les rênes de l’Île Singulière, où la droite règne depuis 2001.

    Référendum local

    S’il concède « quelques réussites » à François Commeinhes, Sébastien Denaja reste critique sur l’action municipale entreprise depuis 25 ans. « La dette est importante, le taux de pauvreté et de chômage toujours élevé, la pression fiscale au-dessus des villes comparable à Sète et l’insécurité liée au narcotrafic gagne du terrain », soutient celui qui est aussi conseiller régional. Mais surtout, « le problème lié au système en place, c’est celui de l’opacité de la gestion et de dérives graves qui ont fini par la condamnation de l’ancien maire ».

    Un manque de transparence que l’élu pense résoudre en proposant un « contrat de confiance » aux Sétois. « On propose de la démocratie directe et permanente. Aujourd’hui, ça ne peut plus être un maire et son équipe qui décident de tout. Les Sétois doivent être non seulement consultés mais aussi décideurs. On propose donc d’utiliser la technique du référendum local décisionnel, prévu dans la Constitution depuis 2003 », détaille Sébastien Denaja. Ainsi, les décisions normalement prises en conseil municipal ne le seraient plus par les élus mais bien par les citoyens.

    Un procédé novateur dont le candidat espère qu’il le mènera au strapontin de maire de la commune. Mais Sébastien Denaja n’axe pas seulement sa campagne sur cette opacité municipale à résorber. Il propose également de créer « des emplois durables, bien rémunérés  », en se basant sur l’action de la Région Occitanie réalisée depuis 15 ans au port de Sète. « 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour 1 700 emplois bien payés. Quand on gagne bien sa vie, on peut vivre dignement. Le travail est notre priorité. » Un développement économique qui va de pair avec l’urgence climatique, deuxième axe du candidat. « On proposera un pacte vert, où toute politique publique sera passée au crible de l’exigence écologique  », précise Sébastien Denaja. Sans oublier de miser sur la solidarité avec « un plan de lutte contre l’isolement, à l’heure où 12 000 personnes vivent seules à Sète. »

    Si le projet est bel et bien lancé, la liste sera, elle, dévoilée avant la fin de l’année. Une « liste d’un large rassemblement avec des personnalités issues de la société civile ». Mais sans Nouvelle page, l’autre liste de gauche en lice pour ces élections. « Un certain nombre de discussions n’ont pas permis de nous entendre sur une liste commune. Car nous avons notamment la difficulté de la présence de LFI, telle qu’elle est aujourd’hui, sous l’emprise de Mélenchon. » La droite se frotte les mains.

  • « Transformer le SNJ pour mieux défendre la profession »

    « Transformer le SNJ pour mieux défendre la profession »

    La Marseillaise : Quels sont les temps forts de ce 107e congrès
    du SNJ ?

    Antoine Chuzeville : C’est un congrès électoral, puisque tous les deux ans, nous renouvelons nos instances nationales. Outre le débat public sur l’intelligence artificielle le premier jour, cela commence par le comité national, puis l’élection du bureau national, notre exécutif, qui désignera ensuite les secrétaires généraux et les trésoriers. Mais au-delà de cet aspect statutaire, le congrès aborde plusieurs thèmes essentiels : la question des salaires, bloqués depuis des années ; la protection des journalistes rémunérés à la pige ; la manière de traiter la crise écologique dans les rédactions ; ou encore les défis liés à l’intelligence artificielle. Nous terminerons par un temps fort consacré à la solidarité internationale, avec notamment la présence d’un confrère palestinien invité grâce à notre action, ainsi que des représentants de la Fédération internationale des journalistes.

    Est-ce un congrès de réflexion
    ou d’action ?

    A.C. : Un peu des deux. C’est d’abord un moment de rassemblement pour nos délégués venus de toute la France, y compris d’outre-mer. Nous échangeons toute l’année par mail ou visioconférence, mais ce congrès est la seule occasion de nous retrouver, de confronter nos pratiques et de repenser nos modes d’action. Le mot-clé de cette édition, c’est transformation. Le SNJ est un syndicat centenaire, solidement implanté, mais il doit évoluer : nos méthodes militantes doivent s’adapter aux attentes des jeunes générations et aux mutations du journalisme. Le débat sur cette transformation est crucial, car il dessinera ce que sera le syndicat dans les prochaines années.

    Dans quel état d’esprit arrivent les journalistes à ce congrès ?

    A.C. : Il y a toujours le plaisir de se retrouver entre confrères et consœurs, mais aussi une inquiétude palpable. Beaucoup se sentent menacés économiquement : la presse souffre d’un modèle en crise, les effectifs diminuent, les revenus publicitaires partent vers les géants du numérique. Et parallèlement, la concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires – Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Rodolphe Saadé, et plus récemment Pierre-Edouard Sterin, entre autres – alimente la peur d’une perte d’indépendance. Ce sont des acteurs puissants, parfois hostiles à la liberté de la presse. Les exemples récents du Journal du dimanche ou du groupe Prisma montrent à quel point l’équilibre entre pouvoir économique et indépendance éditoriale est fragile. Il ne faut pas non plus oublier l’inquiétude face au développement de l’intelligence artificielle, qui pourrait menacer notre métier à terme s’il est mal anticipé ou accompagné.

    Les atteintes à la liberté d’informer semblent aussi venir du cadre institutionnel…

    A.C. : Oui, les lois et règlements se durcissent. Le schéma national du maintien de l’ordre ou encore les dispositions sur le secret des affaires restreignent notre travail. Des médias se retrouvent poursuivis pour avoir simplement fait leur métier. Hier encore, le site La Lettre a été attaqué par la Monnaie de Paris pour violation du secret des affaires après une enquête. C’est une dérive inquiétante : on instrumentalise le droit pour museler la presse.

    Quels sont les dossiers prioritaires du SNJ aujourd’hui ?

    A.C. : Nous attendons avec impatience la loi issue des États généraux de l’information, censée être présentée ce mois-ci. Si elle est bien rédigée et appliquée, elle pourrait renforcer la protection des sources, limiter la concentration des médias et promouvoir l’éducation aux médias. Mais dans le contexte politique actuel, son avenir est incertain. L’autre urgence, c’est de trouver un modèle économique durable pour les médias, notamment locaux. L’information de proximité est vitale pour la démocratie : là où elle disparaît, les citoyens perdent leur lien avec le débat public. Enfin, il y a la question du sens : beaucoup de journalistes doutent, se sentent épuisés, voire inutiles. De plus en plus de jeunes diplômés, parfois d’écoles réputées, abandonnent au bout de seulement 5 ou 6 ans. C’est une crise de vocation comparable à celle de l’enseignement. Redonner envie de faire ce métier, c’est aussi défendre la démocratie.

  • « Pour l’honneur de Gaza », un documentaire poignant projeté dans l’Hérault

    « Pour l’honneur de Gaza », un documentaire poignant projeté dans l’Hérault

    Réhumaniser les Palestiniens. Voilà le mantra du réalisateur gazaoui Ilyad Allastal. C’est ce qu’il a entrepris de faire avec son documentaire Pour l’honneur de Gaza, qui sera projeté du 17 au 23 octobre dans plusieurs villes héraultaises*, une tournée organisée avec l’Association France Palestine (APFPS) du Biterrois, aboutissement d’un long cheminement commencé en 2019. « J’avais décidé de lancer une web série, Gaza stories. En Occident, on considère toujours les Palestiniens comme des chiffres, on n’a pas une idée sur la vie quotidienne des Gazaouis. Certains imaginent Gaza comme une zone occupée, c’est une réalité mais il y a aussi une culture, un patrimoine », rembobine Iyad Allastal. Au total, 250 épisodes ont été réalisés.

    35 portraits de Gazaouis

    Puis vient octobre 2023 et les massacres qui s’en suivent. « Tout ce que j’avais connu, la vie quotidienne que j’avais filmée, tout a disparu. Ce n’était pas facile de rester là sans rien faire. J’ai pris alors la décision de retourner voir ceux que j’avais filmés mais aussi d’autres, de parler de ces déplacés. » Pendant cinq mois – il a été rapatrié en février 2024 – Iyad Allastal a suivi le quotidien de 35 Gazaouis afin de montrer la diversité de la société palestinienne. Musiciens, peintres, marionnettistes, cuisiniers, aînés, enfants, tous poursuivent leur vie sous les bombardements incessants. « C’est le paradoxe du peuple à Gaza : il se déplace tous les jours. Quand ils sont déplacés, ce sont des moments où les gens essaient de respirer en pratiquant leurs activités, leurs passions », poursuit Iyad Allastal. En tentant d’oublier la guerre. « Il y a beaucoup de théâtre pour les enfants à Gaza, à travers des initiatives des artistes. Je suis par exemple un artiste qui anime un atelier de théâtre, deux heures de joie pour les enfants, un moment très important pour eux pour essayer d’oublier l’impact de la guerre. » Ou encore un musicien cheminant entre les tentes afin de jouer pour les autres. Un documentaire qui apporte une vision humaine de Gaza.

    *à Sète le 17 à 20h30 au cinéma Comedia, à Lamalou-les-Bains le 18 à 20h30 au cinéma Imperial, à Pézenas le 20 à 20h au cinéma Molière, à Béziers le 22 à 18h à la Cimade et à Clermont-l’Hérault le 23 à 20h30 au cinéma Alain-Res

  • Réorganisation du greffe des Prud’hommes : l’action a payé

    Réorganisation du greffe des Prud’hommes : l’action a payé

    C’est un soulagement arraché de haute lutte. Dès son entrée en vigueur le 1er septembre, le président et le vice-président du Conseil des prud’hommes de Sète se sont dressés contre la réorganisation « à la hussarde » imposée à la juridiction.

    Suite au départ à la retraite, non remplacé, de la greffière en cheffe des Prud’hommes de Sète, portant l’effectif du greffe de 1,8 à 0,8 équivalent temps plein, cette réorganisation prévoyait la fermeture du conseil le mercredi, le transfert de l’accueil des justiciables vers un service unique au tribunal de proximité et la permutation de deux greffières sans lien avec leurs compétences respectives. La greffière jusque-là rattachée au service des tutelles du tribunal de proximité, étrangère à la procédure prud’homale, se retrouve mutée au greffe des Prud’hommes quand celle qui occupait ce poste depuis plusieurs années est affectée au service des tutelles… À charge pour elles de se former l’une l’autre, sur le tas.

    Face à ces décisions susceptibles d’affecter considérablement le bon fonctionnement des Prud’hommes de Sète, les chefs de la juridiction ont saisi le premier président de la cour d’appel de Montpellier, lequel a suspendu, dès le 3 septembre, la réorganisation des services de greffe dans l’attente d’une consultation du président et du vice-président du Conseil.

    Une baisse des effectifs

    De leur côté, les politiques locaux se sont également emparés du problème, via une motion votée unanimement par le conseil municipal de Sète et des courriers adressés, par le président de l’Agglomération de Sète et plusieurs maires, au premier président de la cour d’appel de Montpellier et au garde des Sceaux, Gérald Darmanin.

    La mobilisation s’est avérée payante : l’administration est revenue à la fois sur la fermeture du conseil un jour par semaine et sur le transfert de l’accueil vers le tribunal de proximité de Sète. La permutation des greffières quant à elle, si elle est maintenue, est reportée au 1er janvier 2026. « Ces trois mois de répit vont permettre aux greffières de s’organiser pour échanger leurs savoirs faire et se former correctement à leurs nouvelles matières procédurales », estime le président salarié (CGT) du Conseil des Prud’hommes, Bertrand Lacabanne. « Cette temporisation signifie que nous avons été entendus sur le risque de dysfonctionnement des prud’hommes et du service des tutelles, mais aussi sur les risques psychosociaux auxquels les greffières auraient été exposées », poursuit-il. « La fin de l’année, très chargée en dossiers à audience et en décisions à rendre, permettra, nous l’espérons, de récupérer les dégâts causés par un mois et demi d’erreur, d’incertitude et de valse-hésitation de l’administration », insiste Bertrand Lacabanne, qui confie toutefois son inquiétude. Le greffe des Prud’hommes doit en effet faire face, malgré tout, « à une baisse d’au moins 33% des effectifs. Il y a déjà du retard qui a été pris et on pense qu’on va continuer à en prendre », confie-t-il. « Or la pérennité de notre conseil est assurée par ses bons résultats. Quand on fonctionne bien, on a moins tendance à être dans le viseur… »