Tag: Sète

  • Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Après l’agression impérialiste des États-Unis envers le Venezuela – qui a conduit à l’enlèvement du couple Maduro et des dizaines de morts à la suite de bombardements – la scène internationale semble être revenue au siècle dernier, où dominaient l’usage de la force et les logiques guerrières. Face à cette régression, plusieurs organisations* appellent à des rassemblements** dans l’Hérault, le 10 janvier. « Nous condamnons fermement l’agression américaine. C’est une menace pour la paix au niveau mondial. Nous ne voulons pas d’une nouvelle guerre mondiale dont les conséquences seraient encore plus dévastatrices que celles que nous avons connues dans le passé du fait des arsenaux nucléaires des États », soutient Alban Desoutter, de la Libre Pensée 34.

    Les arguments mis en avant par Washington – présentant Maduro comme un narcotrafiquant – pour justifier son agression ne passent pas. « Le seul but de cette agression est une captation des richesses [le Venezuela dispose du plus grand stock de pétrole au monde, Ndlr]. Une fois de plus, ce sont les travailleurs et le peuple vénézuélien qui vont se retrouver au milieu d’une guerre qu’ils ne veulent absolument pas. Deux choses sont possibles pour la CGT : la paix et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », fait valoir Myriam Rivoire, secrétaire CGT de Montpellier. L’occasion également, lors de ces rassemblements, de réaffirmer la solidarité avec le peuple vénézuélien face à la volonté des États-Unis de mettre sous tutelle le Venezuela.

    Surtout, le comportement tyrannique de Donald Trump est dénoncé avec véhémence. « De quel droit les États-Unis se permettent de juger Maduro ? On considère Orban [le président de la Serbie] comme un dictateur. Pour autant, est-ce que ça nous donne le droit de l’enlever et de le juger sur le sol français ? », s’indigne Francis Viguié, de la Carmagnole. D’autant que Washington n’en est pas à son coup d’essai. « Si l’on compare la situation avec l’Irak en 2003, on est dans la même logique : l’invasion sans mandat des Nations unies – les États-Unis l’avaient au moins demandée – d’un pays pour s’accaparer ses ressources pétrolières. Depuis 2003, le Proche et Moyen-Orient sont profondément déstabilisés. On peut avoir les pires craintes sur l’Amérique du Sud », redoute Nicolas Cossange, secrétaire PCF de l’Hérault. Et au regard de ses dernières déclarations très atlantistes, ce n’est pas Emmanuel Macron qui fera bouger les lignes. La rue alors ?

    *Libre pensée, la Carmagnole, LDH, le Mrap, PCF, LFI, CGT, FSU, Révolution permanente, l’Après, Rencontres Marx, Jeunes communistes de France, NPA, FO, Gauche écosocialiste.

    ** à 15h à Montpellier (Place Albert-1er), à Béziers (rond point Gagarine), à Sète (place de la mairie), à Pézenas (Place de la République), à 11h à Bédarieux (devant la mairie).

  • La drague Hydromer bientôt plus écolo en Occitanie

    La drague Hydromer bientôt plus écolo en Occitanie

    C’est une première mondiale. La drague Hydromer, ce navire destiné à l’entretien des fonds des trois ports propriétés de la Région à Sète-Frontignan, Port-la-Nouvelle et au Grau-du-Roi, va bénéficier d’ici septembre 2026, de l’installation à son bord de la technologie hydrogène.

    En 2024, le navire a remplacé le Cap Croisette qui a pris une retraite bien méritée après 47 ans de nettoyage.

    -20% d’émissions de CO2

    Pour rappel, la Région avait initié en 2021 la construction du navire Hydromer dans le cadre du renouvellement de sa flotte de navires et afin de poursuivre la réduction de l’impact environnemental des activités portuaires. Il avait été mis en service en septembre 2024 et fonctionnait à l’énergie électrique, bien que conçu pour fonctionner à l’hydrogène. Une solution temporaire en attendant la mise en production de l’usine Hyd’Occ de fabrication d’hydrogène vert à Port-la-Nouvelle. L’Hydromer sera équipé de la technologie durant l’été.

    À terme, la Région annonce 20% d’émissions de CO2 en moins et zéro émission au port ou au mouillage, soit 700 tonnes de CO2 non rejetées dans l’atmosphère par an.

    Depuis sa mise en service, l’Hydromer a dragué 440 000m3 de sédiments dans les ports de la Région, soit l’équivalent de 150 piscines olympiques.

  • Dans l’Hérault, la gauche veut mobiliser face au risque RN

    Dans l’Hérault, la gauche veut mobiliser face au risque RN

    À deux mois et demi des municipales, quel parti sortira vainqueur de ce scrutin à un an de la présidentielle ? Dans l’Hérault, le Rassemblement national (RN) veut confirmer ses scores réalisés aux précédents scrutins (34,98% des suffrages exprimés aux élections européennes de 2024, cinq députés élus sur les neuf que compte l’Hérault lors des législatives de 2024) et tentera de remporter sa première commune du département. Et ainsi lorgner sur Béziers pour ravir la place au seul maire d’extrême droite de l’Hérault, Robert Ménard. S’il n’a pas encore officiellement désigné de candidat dans la cité de Riquet – le député Julien Gabarron est pressenti – le RN a néanmoins avancé ses pions à Agde en désignant le député Aurélien Lopez-Liguori comme tête de liste face au maire sortant Sébastien Frey (LR). À Sète aussi le risque d’une victoire de l’extrême droite existe : Aurélien Lopez-Liguori avait été élu dès le premier tour aux législatives de 2024. Le RN a désigné Sébastien Pacull pour ravir l’Île singulière. D’autant que la droite se retrouve fragilisée dans ces deux dernières villes. Alors qu’elle régnait depuis plus de vingt ans sans partage, les déboires judiciaires des deux ex-édiles (Gilles d’Ettore à Agde et François Commeinhes à Sète), démissionnaires, sapent la confiance des électeurs.

    La gauche va donc devoir batailler pour mobiliser face aux velléités de l’extrême droite. Malgré les bons scores réalisés aux dernières législatives par le NFP (4 députés élus), force est de constater que les forces de gauche partent souvent désunie dans la plupart des communes pour le premier tour. Si à Béziers, l’union s’est réalisée avec le Printemps de Béziers de Thierry Antoine (EELV-PS-PCF-PP), LFI, menée par le tandem David Ocard et Wissal El-jarrari, fait cavalier seul. Même schéma à Sète : alors que la liste Nouvelle Page regroupe le PCF, LFI et EELV autour de Laura Seguin, les socialistes ont décidé de partir de leur côté avec Sébastien Denaja.

    À Castelnau-le-Lez, la gauche n’a pas su tirer profit des divisions de la droite (entre le maire sortant Frédéric Lafforgue et Julien Miro) puisque Écologistes et le PS partiront chacun de leur côté.

    Une désunion à l’œuvre même dans les communes où l’extrême droite est faible, à l’instar de Montpellier où le maire PS Michaël Delafosse (pas encore déclaré) doit affronter au premier tour, entre autres Nathalie Oziol (LFI) et Jean-Louis Roumégas (EELV). Alors que l’union est plébiscitée par les électeurs de gauche, ces configurations les démobiliseront-ils ? L’enjeu de la participation sera en effet une des clés du scrutin des 15 et 22 mars.

  • [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    Sur l’île singulière, 2025 restera l’année du séisme politique. Après 24 ans de règne sans partage, François Commeinhes a brusquement tout perdu : la mairie de Sète, la présidence de l’Agglomération et son statut de notable respectable.

    Pour le gynécologue de profession qui jusqu’ici paraissait intouchable, la dégringolade fut brutale, dans la lignée de celle de son voisin agathois de droite, Gilles d’Ettore, contraint l’an passé de quitter le pouvoir dans l’attente de son procès dans l’affaire de la voyante.

    Pour François Commeinhes, qui n’avait plus sa carte des Républicains depuis 2017, point de conversation ésotérique avec l’au-delà mais là encore une affaire de « détournement de fonds publics ». Fin avril, l’édile était définitivement condamné en cassation pour avoir versé, entre 2016 et 2019, des rémunérations indues à son ancien directeur général des services, Patrice Millet, pour la coquette somme de 99 000 euros. Quand bien même la Cour de cassation reconnaissait que F. Commeinhes ne s’était pas lui-même enrichi de la manœuvre dont il a toujours nié avoir eu connaissance, la Justice confirmait ainsi le jugement de la Cour d’appel de Montpellier. Condamné à un an de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec interdiction de droit de vote, F. Commeinhes, 76 ans, prenait acte de la sanction jugée « disproportionnée sur le fond ». Dans une vidéo Facebook postée le 30 avril, il annonçait aussitôt sa démission de tous ses mandats sans désigner d’héritier politique.

    Linarès récupère l’Agglo

    En dépit de la secousse, la Ville de Sète est restée à droite. Du conclave de la majorité municipale, c’est finalement avec le nom d’Hervé Marquès que sort la fumée blanche le 5 mai avant le vote de confirmation le 12 mai. Salué pour sa connaissance des dossiers et sa personnalité, l’ancien adjoint aux sports fait consensus et coiffe sur le poteau d’autres postulants (François Escarguel, Jeanne Corporon, Hervé Merz…). Depuis, le maire par intérim, qui n’a pas encore déclaré sa candidature en 2026, s’efforce de terminer le mandat dans les pas de son mentor, sans faire trop de vagues ni coup d’éclat.

    En revanche, l’histoire a pris un tout autre cours dans le Bassin de Thau. Le 13 mai, Jean-Guy Majourel (22 voix), le candidat envoyé par la municipalité sétoise, était battu à la présidence de Sète Agglopôle. Après 3 tours d’un scrutin indécis, Loïc Linarès (PS), jusque là deuxième vice-président du maire de Frontignan, Michel Arrouy (PS), prenait la main (24 voix). Avec une majorité relative fragile, Loïc Linarès s’est immédiatement promis d’agir dans un « esprit de coopération sincère en respectant les sensibilités et en assurant une gouvernance claire, partagée et respectueuse de l’intelligence collective ». Si la gauche conserve Frontignan en 2026, voilà qui ouvre des perspectives.

  • À Sète, le lycée Joliot-Curie se bat pour arracher des moyens

    À Sète, le lycée Joliot-Curie se bat pour arracher des moyens

    Ils n’en peuvent plus de gérer la pénurie. Les personnels du lycée Joliot-Curie, à Sète, ont décidé de tirer la sonnette d’alarme et d’afficher un front intersyndical uni face à une situation qui se dégrade dangereusement.

    Après s’être rassemblés le 2 décembre devant l’entrée principale du lycée, ils ont sollicité, par le biais d’une intersyndicale au complet*, une audience au rectorat. Le 4 décembre, les représentants des parents d’élèves, des personnels et des élèves ont par ailleurs voté contre le budget du lycée lors du conseil d’administration.

    Au cœur de cette mobilisation : le manque de moyens. En termes de personnels, d’abord.  « Il manque au moins trois postes d’AESH [accompagnants d’élèves en situation de handicap, Ndlr] pour être en mesure d’accompagner tous les élèves qui ont une notification », assure Marine Trégan, professeure de philosophie au lycée Joliot-Curie et représentante de SUD Éducation. Les AED, assistants d’éducation, seraient également en sous-effectifs. « Certes leur nombre correspond à une moyenne académique, mais cela ne tient pas compte des spécificités de notre établissement. Le lycée est très grand, avec beaucoup de bâtiments, si bien que pour assurer une surveillance optimale et permettre une sécurité des élèves dans l’ensemble de l’établissement, on a besoin de plus d’AED. En outre, il se situe dans une zone particulièrement difficile socialement, sans que cela ne se traduise par un nombre accru d’AED », relève Marine Trégan. « Or il y a régulièrement des violences entre élèves dans notre lycée, et cette année on a une explosion », s’inquiète-t-elle.

    Le dispositif de lutte contre le harcèlement menacé

    Autre point noir soulevé par l’intersyndicale : la baisse globale du nombre d’heures allouées à l’établissement, « notamment des heures qui permettent aux collègues d’assurer des missions supplémentaires, alors même que ces missions ne cessent d’augmenter. Et on les trouve importantes », insiste Marine Trégan. Elle prend l’exemple du dispositif Phare de lutte contre le harcèlement scolaire. « À l’échelle d’un lycée de 2 000 élèves, c’est un travail colossal. Chaque semaine, une équipe réalise des entretiens avec des élèves témoins ou acteurs du harcèlement pour désamorcer des situations. Grâce à ce dispositif, l’année dernière plus de 80% des situations gérées ont été réglées. Sauf que les collègues ont déjà un arriéré de 80 heures qui n’ont jamais été payées et cette année, on nous a annoncé que les caisses étaient vides. Or une centaine d’heures Phare ont déjà été effectuées depuis septembre. Du coup le dispositif risque de s’arrêter », prévient la syndicaliste, inquiète de l’ampleur que pourrait prendre le harcèlement au sein de l’établissement. Pour les mêmes raisons de dotation horaire insuffisante, les enseignements obligatoires d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) pourraient également être remis en cause.

    Par ailleurs, contrainte de gérer la pénurie, la direction envisage de supprimer les primes pour les coordonnateurs de disciplines, ce qui « remettrait notamment en cause l’organisation des épreuves d’entraînement aux différents examens (Bac blancs, entraînements oraux, etc.) », explique la représentante de SUD Éducation. « Nous refusons de devoir sacrifier une de ces missions, et de les exercer de façon précaire ou bénévole ! » La balle est désormais dans le camp du rectorat.

    * SUD Éducation, CGT, FSU, CNT, Snetaa FO, Snalc

  • Daniel Dezeuze s’installe au musée Paul-Valéry à Sète

    Daniel Dezeuze s’installe au musée Paul-Valéry à Sète

    Le musée Paul-Valéry, à Sète, « associé à la question de la figuration à travers notamment le mouvement de la Figuration libre, qui a marqué durablement la communauté artistique sétoise », a choisi de « prendre la question à rebrousse-poil » en consacrant son temps fort hivernal à l’un des fondateurs du mouvement Supports/Surfaces : Daniel Dezeuze, artiste plasticien né à Alès en 1942 et installé dans l’Île singulière depuis 1978.

    En présentant les créations les plus récentes de Daniel Dezeuze (2000-2025), « le musée constate que la peinture peut échapper au format attendu du tableau, qu’elle n’est pas toujours une image, qu’elle peut se détourner de la question de la représentation pour s’approcher d’une forme de construction. »

    Après l’exposition À portée de main, déjà consacrée à l’artiste en 2008, le public est donc invité à découvrir jusqu’au 8 mars les œuvres réalisées par Daniel Dezeuze durant les 25 dernières années. « Daniel Dezeuze n’a cessé, depuis sa participation au mouvement Supports/Surfaces dans les années 1970, d’interroger les éléments constitutifs de la peinture et de la création artistique. À partir des matériaux les plus simples et les plus divers, des matériaux détournés aux assemblages de rebuts, il renouvelle les objets d’une curiosité toujours intacte et forge des œuvres troublantes, une poésie contemporaine de la fragilité », développe le Musée.

    L’artiste utilise « des matériaux humbles, que l’on peut trouver au rayon jardin ou bricolage d’un grand magasin, ou encore des matériaux de récupération », qu’il détourne de leur usage. Durant cette rétrospective, les visiteurs pourront découvrir plusieurs séries caractéristiques : les « peintures qui perlent », où « les gouttes de couleur se métamorphosent en cabochons de plastique et débordent de la surface du tableau » ; les « Dyptiques » inspirés des rouleaux de la peinture chinoise ; les « tableaux-écrans », qui témoignent d’un questionnement marqué par la consécration du numérique et la prolifération des écrans ou encore les « tableaux-valises », qui évoquent le mouvement du voyage ; enfin une série de blasons et de boucliers « réinterprètent un héritage médiéval pour le faire entrer dans le champ de l’expérimentation contemporaine ». Le tout non dénué d’humour, « qui émerge avec délicatesse, dans certaines formes plastiques autant que dans les titres ».

  • L’extrême droite passée au peigne fin à Sète

    L’extrême droite passée au peigne fin à Sète

    L’extrême droite, mieux la connaître pour mieux la combattre. Tel est le leitmotiv de la journée de débat organisée à Sète, salle René-Llense, le 6 décembre. À la manœuvre, le collectif sétois de lutte contre l’extrême droite, qui avait déjà programmé une journée, en juin, pour analyser la gestion des municipalités d’extrême droite.

    Bis repetita donc. Car le danger d’une extrême droite au pouvoir est toujours bien présent quatre mois avant les municipales où nombre de communes occitanes pourraient tomber sous l’effet d’une vague brune. Alors, pour le collectif, il devient urgent de réagir face à l’inexorable progression de ces partis xénophobes. « On voit que l’extrême droite progresse électoralement. Il y a 20 ans, on s’inquiétait quand elle faisait 15%, aujourd’hui elle est à 40%. Il faut donc s’organiser pour l’affronter, en décortiquant son programme pour montrer l’imposture sociale que c’est », soutient Daniel Kupferstein, du collectif. C’est en ce sens qu’est organisée une conférence portant sur l’histoire de l’extrême droite et ses liens avec le monde économique, qui sera animée par l’historienne Ludivine Bantigny (14h). Le journaliste et militant René Monzat proposera de son côté un débat concernant la résistance des quartiers, dans les familles face à l’extrême droite (15h30).

    Pas de profil type d’électeur du RN

    Mais la journée s’attardera surtout à décortiquer l’électorat de l’extrême droite, emmené par le Rassemblement national (RN). Après avoir ciblé le vote dans l’Hérault et dans les quartiers sétois (une conférence de Nadia Belaouni, de l’Observatoire départemental de l’extrême droite et Régis Catinaud, ingénieur de recherche à l’université Paul-Valéry à Montpellier, à 10h), la journée élargira la focale à l’Hexagone pour analyser le vote RN avec Christèle Lagier, politiste et maître de conférence de science politique à Avignon (11h30).

    Premier parti de France avec plus de 9 millions de voix au premier tour des législatives de 2024, le RN ne peut néanmoins pas compter sur un électorat homogène. « Il y a une volatilité très forte de cet électorat. Il y a aussi le fait que depuis 2017, l’abstention est devenue majoritaire avec des gens qui ne votent pas tout le temps. Ils votent parfois pour le RN, parfois pour d’autres formations politiques », développe Christèle Lagier. N’en déplaisent aux tenants de la thèse des extrêmes qui se rejoignent, la politiste n’observe pas d’électeurs transfuges de la gauche venus se réfugier au RN. En revanche, la porosité entre la droite et l’extrême droite est assez marquée. « Le RN se solidifie car il s’appuie sur ces bases électorales assez mouvantes. Il est renforcé par des clientèles qui, elles, ont l’habitude de voter, notamment les électeurs de droite qui ont tendance à voter régulièrement et sont souvent plus âgés. Ceux-là se sont déportés de manière beaucoup plus constante sur l’extrême droite », poursuit Christèle Lagier.

    Une porosité accentuée depuis la stratégie de Nicolas Sarkozy, venu labourer les terres du FN (ex-RN) lors de la Présidentielle de 2007. À cela s’ajoute une responsabilité médiatique impliquant des « catégories de la population qui s’autorisent à voter pour ce parti parce qu’il y a un accompagnement médiatique très fort de l’idée que ce n’est pas si grave d’être raciste. Les médias s’autorisent un certain nombre de propos qu’on n’aurait jamais entendus il y a dix ans », fait valoir la politiste.

    Dans cette droitisation des élites politiques et médiatiques – une thèse portée par le chercheur Vincent Tiberj – les forces de gauche ne sont pas lavées de tout soupçon. « Quand vous regardez le spectacle offert par la gauche aujourd’hui, avec des possibilités de cinq candidatures pour les élections, comment voulez-vous que les catégories populaires – qui normalement devraient se retrouver dans ces formations politiques – puissent s’identifier ? Soit elles ne votent pas, soit elles se rapprochent du parti qui leur paraît pouvoir taper du poing sur la table ou renverser le système », soupire Christèle Lagier. À quand la fin de la guerre des ego à gauche ?

  • Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Alors que les discussions autour du budget s’éternisent chez les parlementaires, les syndicats – la CGT, la FSU, Solidaires – entendent peser sur le débat en appelant à manifester dans tout l’Hérault et le Gard* le 2 décembre prochain. Et remettre ainsi les revendications sociales à l’ordre du jour. Notamment une hausse des salaires ainsi que leur indexation sur l’inflation, dans un contexte « d’effondrement du pouvoir d’achat pour les fonctionnaires, les salariés et les retraités », soupire Stéphane Audebeau, co-secrétaire de la FSU héraultaise. La retraite sera également au centre des revendications. « Nous demandons l’abrogation de la réforme des retraites, il a été réalisé un premier petit pas avec son décalage de trois mois mais il faut aller plus loin », poursuit Stéphane Audebeau.

    Surtout, les syndicats mobilisés dénoncent la copie austéritaire du budget préparée par le gouvernement Lecornu. « Les mobilisations de la rentrée ont permis de mettre au cœur des débats une volonté de justice sociale et fiscale. Mais depuis le début de l’examen du budget au Parlement, tout a été fait pour éviter ces questions. Par exemple, le rapport sénatorial faisant état de 211 milliards d’aides publiques versées chaque année sans contrepartie est complètement mis de côté, c’est un sujet tabou, on n’y touche pas », soupire Ludovic Sigal, de la CGT 34. Une preuve selon lui que l’argent est bel et bien là. Un meilleur conditionnement de ces aides permettrait de remplir les caisses de l’État.

    Supercherie de déficit

    Pourtant, la majorité présidentielle et la droite érigent le sacro-saint déficit comme l’unique boussole justifiant de réduire drastiquement les dépenses, impactant de facto les plus précaires, au risque de creuser un peu plus le fossé des inégalités. « Le déficit, qui est utilisé pour faire la guerre aux travailleuses et aux travailleurs, est une construction politique. C’est une arme utilisée pour détruire les acquis sociaux. Le déficit est construit par les baisses d’impôt des plus riches et la hausse des subventions aux entreprises, qui ne sont jamais évaluées », fait valoir Christine Saint-Joanis, de la FSU 34. En effet, d’autres mécanismes existent réduire ce déficit : une augmentation des cotisations via une hausse des salaires et des pensions, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ou encore une taxation des plus hauts patrimoines.

    Mais force est de constater que rien de tout cela n’est retenu par le gouvernement. À l’inverse, « on subit une contre-offensive : il faut faire attention au trou de la Sécu qui va atteindre 24 milliards, notre système de retraite est à bout de souffle et il faut produire de la capitalisation. C’est inadmissible. Le 2 décembre, il y a nécessité et urgence de redonner la parole à la rue et qu’elle reprenne la main », insiste Ludovic Sigal. Une contre-offensive qui s’en prend également aux fonctionnaires. « La fonction publique va servir de variable d’ajustement budgétaire. Mais ce n’est pas un coût, c’est une richesse. Ce n’est pas à ses agents de payer les choix budgétaires qui préfèrent faire des cadeaux fiscaux aux plus aisés plutôt que de consolider les recettes », souligne Patrick Schevin, de Solidaires 34.

    Les syndicats espèrent donc que ce mécontentement se traduise en nombre mardi 2 décembre prochain, car bien que le budget final ne soit pas encore connu l’ébauche esquissée laisse craindre le pire. « Il est clair qu’une fois qu’on sera fixé, il va y avoir des réactions du monde du travail. Le 2 décembre doit être un marche-pied », espère Ludovic Sigat.

    *Bédarieux départ à 10h30 à la maison des syndicats ; Béziers départ à 10h30 à la Bourse du travail ; Clermont-l’Hérault départ 11h sur les Allées Salengro ; Montpellier départ à 10h30 à la CPAM ; Sète départ à 12h sur la place de la mairie ; Nîmes départ 14h30 à la Maison Carrée ; Alès départ 10h de la sous-préfecture.

  • Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Sète est une île singulière mais son port (maritime, pêche, plaisance), est loin d’être isolé. 18 ans après en avoir acquis la gestion auprès de l’État, la Région Occitanie poursuit la modernisation et la décarbonation du plus grand port d’Occitanie.

    Depuis l’arrivée de Carole Delga (PS) à la tête de la Région en 2016, pas moins de 600 millions d’euros ont déjà été investis avec les partenaires privés (290 ME). Ils ont déjà permis la réfection des quais (H, Mailhol), la rénovation du môle Masselin, la modernisation de la Criée ou la réhabilitation du canal du Rhône à Sète. Résultat : un trafic doublé (6 millions de tonnes de marchandises), un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros et plus de 2 300 emplois au lieu de 1 500 en 2015.

    À en croire la présidente de Région, qui prévoit de réinjecter 150 millions d’euros dans les ports d’ici 2030 et créer 200 emplois directs, ce n’est que le début. Avec la livraison de l’usine de transformation d’hydrogène vert et l’éolien flottant à Port-la-Nouvelle (Aude), le développement du port de Sète-Frontignan forme un binôme qui s’inscrit dans une « stratégie portuaire globale cohérente » qui doit participer à l’objectif que l’Occitanie devienne la première région d’Europe à énergie positive d’ici 2050. « La transition énergétique n’est pas une contrainte mais une opportunité pour inventer le port de demain et réindustrialiser notre pays », abonde Philippe Malagola, président du port.

    Le 25 novembre, la triple inauguration a été célébrée comme un tournant. D’abord Sète s’est dotée d’une drague Hydromer capable de nettoyer les ports et petits bassins de plaisance jusqu’à 36 mètres de profondeur. Construit à Concarneau, le navire de 70 mètres de long peut transporter jusqu’à 1 500 m3 de sédiments. En service depuis un an déjà, la drague a récupéré 440 000 m3. Il s’agit d’une « drague hybride à hydrogène au top des normes environnementales », se félicite le capitaine David Lenoble. Pour amortir son coût essentiellement financé par la Région (26,75 millions d’euros sur 30), la drague sera louée 3 mois de l’année à d’autres ports de la façade méditerranéenne.

    22 500 camions de moins

    Dès l’été 2026, un dispositif hydrogène (produit à Port-la-Nouvelle) sera implémenté à la drague, d’où « une réduction de 25% des émissions de gaz à effets de serre », se réjouit Carole Delga. Un outil complémentaire de l’électrification des quais H, G et du môle Masselin (7 millions d’euros). En attendant d’équiper le quai d’Alger pour raccorder les navires de croisière, ce sont déjà 4 800 tonnes de CO2 évitées chaque année, soit l’équivalent des émissions de 1 800 foyers. « L’électrification des quais sera obligatoire en 2030, on a 5 ans d’avance », insiste Carole Delga.

    Enfin, le port de Sète-Frontignan s’est doté pour 19,4 millions d’euros d’un nouveau terminal ferroviaire. Grâce à la technologie française Modalohr, le chargement horizontal permet de se passer de grues. Autant de gain de temps et de coûts. Gérée par VIIA, l’infrastructure permettra de transporter 22 500 semi-remorques entre Sète et Calais au lieu de 15 000 jusqu’ici (objectif à terme : 40 000/an). Un report modal vers le fret ferroviaire qui, là encore, limitera les camions sur les routes et éliminera 30 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Un dispositif innovant qu’est venu saluer le nouveau patron de la SNCF, Jean Castex. L’occasion pour l’ancien Premier ministre de rappeler qu’en 2020, il avait accordé dans son plan de relance « des crédits » sur les mobilités, « en particulier le fret ».

  • Des séries à gogo avec le festival CréaTVty à Sète

    Des séries à gogo avec le festival CréaTVty à Sète

    Mettre en lumière la création audiovisuelle. Tel est le leitmotiv du festival CreaTVty, qui revient à Sète pour une seconde édition du 12 au 15 novembre. Au programme, neuf projections de séries ou films de télévision en compétition. Et tous en avant-première, pour le plus grand bonheur des cinéphiles. Parmi les plus attendus, Après la fin, réalisé par Frédéric Lopez, qui revient sur l’histoire vraie de la reconstruction de Louis Derungs, amputé des deux bras et que le présentateur avait reçu dans une de ses émissions, en 2017. Mais également la série italienne Mussolini, le fils du siècle, revenant sur la création du fascisme (12/11, à 15h) ou encore la série très attendue Un Prophète (15/11, à 19h30). Si les personnages ne sont pas les mêmes que dans le film d’Audiard, on retrouvera néanmoins la patte du film puisque ce sont Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit, scénaristes du film d’Audiard, qui sont à l’écriture. « Comme dans le film, on suit un jeune qui se retrouve en prison et comment il organise sa lutte dans le monde carcéral », détaille Stéphane Caput, président de CreaTVty.

    Si des comédies sont également au programme, « on note le caractère très social du festival. Nous sommes à une époque de bouleversement. Il y a beaucoup de films autour des luttes, des combats, des gens qui se battent dans les associations », poursuit Stéphane Caput. À l’instar de L’Affaire Laura Stern, créée par Marie Kremer et Frédéric Krivine, revenant sur les violences faites aux femmes (14/11, 17h).

    Un festival 100% gratuit

    Pascal Elbé, président du jury, aura la lourde tâche de départager les films en compétition. Ce dernier présentera également – hors compétition – son prochain film, La bonne étoile avec Benoît Poelvoorde (14/11, 20h). Le festival met également à l’honneur la jeune création puisqu’est organisé un prix du meilleur court-métrage, le 13 novembre. « On met en lumière des jeunes réalisateurs qui n’ont jamais été diffusés. Ce sont souvent des étudiants qui sortent des écoles, c’est la première compétition pour certains », précise Stéphane Caput. Une aubaine également pour ces réalisateurs en herbe puisqu’un des objectifs affichés de CreaTVty est de mettre en relation producteurs et réalisateurs.

    Avant-premières, rencontres avec réalisateurs et acteurs, le tout entièrement gratuit. Le public sétois va être ravi.

    Programme complet à retrouver sur creatvty.fr.