Tag: Service public

  • Hôpital d’Apt : l’espoir vit pour le maintien du bloc

    Hôpital d’Apt : l’espoir vit pour le maintien du bloc

    « Que ce soit les élus, les usagers ou les syndicats, on ne lâche pas tant que cette fermeture n’est pas annulée », lance Marie-Élodie Pongy, secrétaire générale de la CGT de l’hôpital d’Apt, en fin de manifestation à l’appel du syndicat contre la fermeture du service de chirurgie, qui a rassemblé plus de 400 personnes, ce jeudi 9 octobre.

    Et parmi les manifestants, malgré l’obstination de l’ARS et de l’État à déménager ce service au centre hospitalier de Cavaillon, c’est bien l’optimisme qui accompagnait un sentiment de colère dans les rues de la capitale du Luberon. « Je suis très optimiste sur le maintien de la chirurgie à Apt », confirme ainsi Dominique Thévenieau, président du comité des usagers de l’hôpital d’Apt. Et ce, notamment, car trois référés suspensifs ont ou vont être déposés par la mairie, la CGT et donc le comité des usagers. « C’est très fort, car on pense que les ARS ne veulent rien entendre et, malgré que l’on fasse du bruit, ils ne bougent pas », poursuit celui qui s’occupait auparavant du service de maternité de l’établissement de santé. Une décision des tribunaux est attendue pour la mi-novembre.

    Tous ensemble

    « Cela a aussi permis de ranimer la vie militante à Apt, ce dont on avait grandement besoin. Mais surtout, on voit une vraie unité sur le sujet entre politiques, syndicats, associations et les communes aux alentours. Donc on y croit », confie Thomas Viens, Aptésien présent dans la manifestation. « Le combat sera forcément rude, mais on y croit. Il faut absolument défendre le service public ici, et la mobilisation donne chaud au cœur », lui embraye Jean-Claude Houseaux, également habitant aptésien. « On est passés de la stupéfaction à l’action », analyse de son côté Céline Celce, conseillère municipale d’opposition (Génération·s) à Apt. « On sent que personne ne lâchera. C’est aussi dû à l’histoire de cet hôpital pour lequel on s’est battus à plusieurs reprises. Car tout le monde a conscience qu’après la chirurgie, c’est le reste de l’hôpital qui va être démantelé au fur et à mesure », pousse-t-elle.

    Une conférence-débat sur le sujet est prévue le 24 octobre à la MJC d’Apt à 18h30. Tandis que la prochaine manifestation est prévue le 6 novembre à 15h30 devant l’ARS de Vaucluse à Avignon.

  • Le maire de Gardanne s’explique sur la fermeture du bureau de poste

    Le maire de Gardanne s’explique sur la fermeture du bureau de poste

    La date de fermeture a été révélée il y a deux semaines, lors du dernier conseil municipal. Le Collectif citoyen Gardanne-Biver (CCGB), groupe municipal d’opposition, s’interrogeait sur la diminution des plages horaires du bureau de poste de Biver. Il fermera finalement ses portes le 17 octobre prochain. La nouvelle suscite un tollé chez les oppositions, qui reprochent au maire un manque d’initiative pour sauver le lieu, mais aussi d’avoir tardé a annoncé la nouvelle. « Je n’ai reçu le courrier qu’en septembre », explique de son côté Hervé Granier (LR), qui a tenu, ce mercredi, à établir sa version des faits. Contre la fermeture du bureau de poste, le Parti communiste local (PCF), le CCGB, les salariés de La Poste et la CGT manifesteront vendredi soir devant le bureau biverois et samedi matin devant le bureau gardannais. « Il y a deux façons de se positionner face à la situation. L’une est de manifester devant l’édifice (…) la nôtre est d’essayer de trouver une solution, en partant du principe que la fermeture de La poste est actée aujourd’hui, mais était latente. Dès 2023, les premiers contacts ont été pris avec le directeur régional de La Poste, qui nous a expliqué qu’économiquement, c’était compliqué, déroule Hervé Granier. Je pourrais être le plus grand maire de France et de Navarre, si La poste décide de fermer, elle va fermer. » Désormais, ce sera la supérette Vival qui assurera l’intégralité des opérations postales.

    Pas de DAB pour l’instant

    Seul le distributeur automatique de billets (DAB) ne sera pas remplacé à la supérette, bien que l’édile assure qu’une solution soit en cours de réflexion. Par la même occasion, Hervé Granier répond aux constats des oppositions, qui pointent régulièrement « le délitement » du service public à Gardanne. « Ce Vival se trouve à 200 mètres de La Poste. La dimension éloignement n’existe pas. Deuxièmement, c’est un lieu convivial, amical. Le service public n’est pas supprimé », assure le maire. Avant d’ajouter : « On ne sait pas qui sera le maire dans six mois, mais ils ont besoin de faire ça ? [manifester, Ndlr.]. Ce n’est pas cela qui fera gagner les élections. » Selon le maire, la mise en place d’une antenne Maison France Service serait également un projet en cours.

  • Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Du côté de la FSU, l’éventualité de la suspension de la réforme des retraites est aussi vue comme une bonne chose, sans être pour autant un fin en soi. Caroline Chevé, la secrétaire générale, rappelle que le texte promulgué en 2023 est le fruit d’un « passage en force ». Cet épisode, poursuit-elle, est « à l’origine de la crise politique qui culmine aujourd’hui », et « ceux qui veulent en sortir doivent comprendre qu’il n’est plus possible d’opposer une fin de non-recevoir aux attentes du monde du travail ».

    L’extrême droite

    en embuscade

    En ce sens, le syndicat appelle, dans un communiqué sans ambiguïté, à une « rupture claire avec les politiques économiques, sociales et environnementales » et un « changement de méthode ». La FSU pointe aussi la promulgation de la loi Duplomb, l’absence de réponses aux mobilisations des dernières semaines, ou la répression policière des manifestations, et n’envisage rien d’autre qu’une alternative fondée sur la justice sociale, l’égalité et la solidarité.

    Critiquant la « pratique verticale du pouvoir » d’Emmanuel Macron qui, « ignorant délibérément les organisations syndicales, a aussi fragilisé la démocratie sociale, aggravant de fait la crise démocratique », la FSU se dit prête à assumer « toutes ses responsabilités dans la séquence de crise politique et institutionnelle pour faire valoir les intérêts du monde du travail » et s’engager « pour porter des alternatives de justice et de progrès social partout sur les lieux de travail comme dans des initiatives publiques ».

    Dans un contexte de crise politique qui « ne peut que renforcer la crise de confiance dans les institutions et la démocratie », la FSU alerte aussi « solennellement » sur le risque d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite « qui, une nouvelle fois, peut tirer profit de cette crise en se nourrissant du désespoir social et politique né de sept ans de macronisme ».

    « Raciste et xénophobe par nature », l’extrême droite attise les divisions qui peuvent exister dans le monde du travail pour privilégier les intérêts du patronat et « s’oppose à la conception que promeut la FSU d’un service public fort, fondé sur l’égalité et la solidarité ». La FSU y réaffirme sa détermination à poursuivre et amplifier ses mobilisations syndicales pour l’empêcher de parvenir au pouvoir.

    Pour « dénoncer et déconstruire l’imposture du discours d’extrême droite qui (…) se développe sur la misère, le sentiment d’abandon et d’injustice », le syndicat appelle chacun à s’engager.

    Et d’inviter l’ensemble de ses partenaires à construire ces dynamiques dans l’unité avec plusieurs objectifs : faire la démonstration de la nécessité de services publics forts ; Convaincre que d’autres choix de financement sont possibles par un autre partage des richesses ; Prendre des initiatives pour construire des mobilisations dans des cadres intersyndicaux larges et rassembleurs; Peser pour imposer des alternatives politiques répondant aux aspirations du monde du travail ; Et enfin préserver l’État de droit et les libertés fondamentales.

  • Alès. Une justice fiscale pour sauver les services publics

    Alès. Une justice fiscale pour sauver les services publics

    Dans la capitale des Cévennes comme ailleurs dans la ruralité, les services publics se font de plus en plus rares. Malgré une mobilisation, la Poste de Tamaris a par exemple fermé. Le nombre de médecins diminue. L’attente aux urgences reste insupportable. Les écoles manquent toujours cruellement d’Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH). Les fonctionnaires continuent donc de dénoncer une baisse des moyens. Ils étaient d’ailleurs nombreux à descendre dans la rue ce 2 octobre pour crier leur ras-le-bol et s’opposer aux premières lignes du budget annoncées.

    « Il est toujours prévu une baisse des financements à hauteur de 5 milliards d’euros pour l’ensemble du système de santé, dont 850 millions d’euros rien que pour l’hôpital public. L’absentéisme commence à remonter parce que les gens n’en peuvent plus et ne sont pas remplacés. C’est dans ce contexte qu’on nous annonce une nouvelle coupe. C’est insensé », s’agace Romain Sabran, de la CGT de l’hôpital d’Alès, qui réclame « l’embauche massive de soignants avec la fin de la taxe sur les salaires  », « l’ouverture de maisons de santé publique » et « l’augmentation des salaires ».

    Reçue en début de matinée par le sous-préfet d’Alès, Martine Sagit, la secrétaire CGT de la section locale, a également fait remonter un certain nombre de revendications au représentant de l’État : « Nous demandons que la sécurité sociale soit à 100% et d’arrêter avec toutes ces mutuelles. L’éducation manque de professeurs, tout comme il manque du monde chez les territoriaux. Il faut aussi arrêter les cadeaux fiscaux au grand patronat. » En effet, dans le cortège alésien, de nombreuses pancartes fustigent les 211 milliards d’aide aux entreprises sans contrepartie. La taxe Zucman ou la taxation des plus hauts revenus sont également souvent évoquées.

    « L’école publique est particulièrement malmenée depuis Blanquer », ajoute Myriam Vermale de la FSU. « Un tas de propositions ministérielles sont complètement à côté du terrain. Il y a un parlementaire qui a enquêté sur les financements de l’Éducation nationale et en réalité, il y a énormément d’argent reversé aux écoles privées. »

    Dans la sous-préfecture gardoise, de nombreux retraités sont également venus battre le pavé. S’ils ont des revendications propres, ils se mobilisent aussi pour le service public et notamment celui de la santé. « Nous demandons une revalorisation immédiate de 300 euros pour les petites pensions et de 10% en général. Sauf que là, nous sommes très inquiets parce qu’ils annoncent dans le prochain budget un gel des pensions. Nous défendons aussi le service public, qui est très attaqué. Je suis ancien postier et je vois que la privatisation arrive au bout. En ce moment, nous faisons signer une pétition pour protéger la sécurité sociale », explique Gilbert Pucheral, de la CGT des retraités.

    Qu’ils soient fonctionnaires ou non, les manifestants alésiens placent la défense du service public au centre de leurs revendications.

  • Un personnage qui incarne un appel à se dé-chaîner

    Un personnage qui incarne un appel à se dé-chaîner

    Il restera évidemment anonyme pour préserver la puissance du personnage. Juché sur le camion de la CGT énergie ou devant la banderole, d’aucuns l’appellent « le diable ». Une apparition casquée, mélange de Mad Max et de bestiole à cornes diabolique, équipée de chaînes, effrayante et galvanisante. Mais, qu’on ne s’y trompe pas, c’est un « martyr » au sens premier et profond, aux accessoires et à l’attitude savamment calculés. « La mort, les tourments, la souffrance du monde ouvrier qu’on enchaîne, anonyme, rebelle et qui n’accepte pas cette condition. C’est ça que je voulais représenter », explique-t-il, où loin de « toute fanfaronnade », « tout a un sens ». Du bokken, sabre de bois japonais, à la cravache, « pour montrer aux gens qu’on abuse d’eux, qu’ils acceptent une certaine soumission », pétris par le « discours dominant ».

    « Je voulais montrer, aussi, qu’il ne faut pas être faible avec les forts, que le monde ouvrier va se battre », ajoute-t-il. Au fil des réunions syndicales, le personnage est venu « tout doucement » s’imposer. L’idée : mettre en image le discours des « copains, qui ont de la faconde », au micro. « Moi, je suis là pour les épauler, pour choquer, marquer », poursuit-il. Heureux que les « gens viennent le voir après la manif » pour le remercier de sa présence, il ne se voit pas en « étendard ».

    Car pour ce gars du Nord, né d’un immigré arraché à son soleil italien pour se retrouver au fond d’une mine de Lorraine, l’engagement coule de source. « Mon père était syndiqué, militant, et entre mineurs, ça discutait sévère ! J’ai baigné là-dedans et connu tôt la violence du monde du travail », raconte l’énergéticien qui, à 14 ans, avant d’aller à l’école, faisait « les postes », se réveillant à 3h30 le matin pour descendre au fond, malgré ses capacités artistiques remarquées par la prof de dessin.

    L’énergie, un bien vital

    Un avenir tout tracé. Mais, revenu de l’armée à 19 ans, il voit s’envoler la promesse d’embauche. La France misant sur l’atome, le charbon, c’est fini. « Né en 68, j’ai fait partie de la dernière section, celle qui n’a pas été prise pour les houillères, j’ai passé un examen pour rentrer à EDF », poursuit-il. Au sein du service public de l’énergie, il retrouve les « valeurs et l’esprit de famille » de la mine, se syndique à la CGT.

    « Je savais ce que c’était de défendre un bien indispensable, fondamental », insiste-t-il avant d’évoquer une lente dégradation. Il se souvient de la privatisation d’EDF en 2005, où « on voulait se partager le gros gâteau ». Et de marteler : « on a voulu être compétitif, mais de quoi ? Comment l’imaginer quand on parle de quelque chose de vital ? » L’alignement du prix de l’électricité nucléaire sur celui du gaz, à la merci du marché, le révolte tout autant. « [Indépendants], on aurait dû être des nababs ! » balance-t-il.

    Parce qu’il n’accepte pas de vivre dans « un pays qui crève la faim, qui a peur, où on ne peut plus vivre dignement de son travail », il sera là ce jeudi. Et de lancer : « J’ai envie de dire aux gens libérez-vous de vos chaînes, osez vous fédérer, osez dire que vous n’êtes pas d’accord avec des réformes qui ne sont bonnes ni pour vous ni pour vos enfants. »

  • Un exemple de convergence des luttes contre l’impérialisme

    Un exemple de convergence des luttes contre l’impérialisme

    La colère populaire monte. Après le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre, la manifestation du 18 et avant la grève 2 octobre, organisées par les syndicats, les actions citoyennes continuent de se multiplier. Ce 28 septembre, deux cortèges se sont rejoints sur la Canebière. Le premier, venu de la Porte d’Aix, défile tous les dimanches depuis près de deux ans à l’appel du collectif Urgence Palestine Marseille (UPM). Les mots d’ordre : la fin du génocide à Gaza, et donc de la complaisance de l’État français envers Israël. L’association réclame également la fin du jumelage de Marseille avec Haïfa, qui date 1958, alors que le maire Benoit Payan a annoncé un jumelage avec la ville palestinienne de Bethléem il y a quelques jours.

    Le second cortège est une première : la marche des résistances, inscrite dans l’initiative internationale « Draw The Line » portée par des peuples autochtones du Brésil et du Pacifique et appelée de leurs vœux par une centaine d’organisations locales. Les revendications sont claires : « Un changement radical de notre système avec l’instauration d’une justice climatique qui doit faire payer les plus riches », résume Laurent de Greenpeace, qui détaille « taxer les profits sur les énergies fossiles pour des recettes dirigées vers le service public, vers le logement, vers le bâti scolaire, la mise en œuvre d’une politique tournée vers le bien commun ». Hendrik Davi, député (L’Après) de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône souhaite un « budget à la fois social et écologique pour répondre aux injustices » et salue cette « pression, notamment sur la taxe Zucman ».

    Au moment de la rencontre des deux processions, un rugissement s’élève. « L’union fait la force. On n’a qu’un seul but : lutter contre l’impérialisme, lutter contre le capitalisme, contre toutes les dominations et les oppressions ! », s’écrie Fadela El Miri, pilier d’UPM.

    Contre la « machine coloniale capitaliste »

    Morgane, membre du même collectif, explique cette convergence des luttes : « Tant que le système colonial capitaliste pourra maintenir ses bastions comme Israël, il conservera sa capacité à piller les ressources et à détruire les écosystèmes dans le monde. La Palestine est un front décisif de cette bataille. » La jeune femme pointe la « logique froide » d’Israël : « Exterminer les Palestiniens pour exploiter les combustibles fossiles sous leurs pieds puis nous vendre ce gaz pour la consommation énergétique européenne », évoquant les gisements gaziers de Léviathan et Tamar et les nouvelles licences d’exploitation accordées « quelques semaines après les premières attaques » de l’armée sur la bande de Gaza.

    Ce qui se passe à Gaza est pour elle une « répétition du spectacle de l’avenir, car cette machine coloniale capitaliste sacrifie systématiquement les peuples et les écosystèmes pour ses profits ». Voilà pourquoi articuler les luttes.

  • La gratuité des transports déjà au cœur de la campagne municipale

    La gratuité des transports déjà au cœur de la campagne municipale

    Trop coûteuse et plutôt inefficace sur les plans écologique et du report modal. Voilà en résumé les critiques faites par la Cour des comptes (CDC) à la Métropole de Montpellier au sujet du passage à la gratuité des transports en commun pour ses habitants.

    Volumineux, le rapport qui porte sur la contribution des usagers au financement des transports collectifs urbains ne cible pas que Montpellier. Mais son regard sur la gratuité, mise en place en décembre 2023, y est particulièrement sévère. Les magistrats financiers qui veillent à la bonne utilisation de l’argent public émettent trois principales remontrances. D’abord ils remettent en cause le report modal (et donc l’argument écologique) en faveur des transports en commun (trams, bus). Selon eux, la gratuité prendrait davantage aux piétons et aux vélos qu’à la voiture. Deuxièmement, ils estiment que ce principe soulève des risques de perte de qualité de service quand la fréquentation s’accroît. Troisièmement, ils pointent la hausse du versement mobilité pour financer un coût supplémentaire jugé trop élevé (50 millions d’euros annuels contre les 35 officiels). Coût dont la Cour déplore qu’il soit de plus en plus supporté par le contribuable plutôt que par l’usager. Elle réclame ainsi des études sur la facture réelle de la gratuité et recommande de revenir à des tarifs payants assortis de réductions solidaires sur critères de revenu, plutôt que sur le statut (jeune, senior…).

    Opposante à la gratuité, Isabelle Perrein, candidate déclarée aux municipales (15-22 mars 2026) à Montpellier, a vite fait de sortir la sulfateuse. Soutenue par Les Républicains, elle estime que la CDC lui donne raison. « La gratuité des transports dans une métropole est une erreur économique, financière et écologique ». Isabelle Perrein reprend à son compte des points négatifs soulevés par les magistrats financiers ou extrapolés : « cadencement des trams dégradé, insécurité accrue, rames bondées aux heures de pointe, saleté persistante… ». Et de conclure au sujet d’une « illusion coûteuse et inefficace » qui fait pourtant le bonheur de milliers d’usagers. « Un mythe s’effondre : la gratuité des transports est une impasse ».

    La Fnaut soutient le choix de Michaël Delafosse

    Sans se montrer aussi virulent, Philippe Saurel boit aussi du petit-lait. 5 ans après avoir assuré que la gratuité était impossible à instaurer, l’ancien maire s’en prend à Michaël Delafosse qui a vivement réagi au rapport. « Il critique le magistrat qui a conduit l’enquête et déplore son approche comptable », s’émeut Philippe Saurel. Et celui qui pourrait annoncer sa candidature dans les prochains jours de s’interroger. « N’est-il pas normal que la Cour des comptes contrôle les comptes ? À moins que le fond de sa pensée soit : j’ai été élu, je fais ce que je veux avec l’argent public. L’argent public représente l’impôt et le travail des citoyens, il doit être utilisé avec respect et discernement ».

    De son côté, le maire socialiste a immédiatement réagi au rapport qui comporterait « plusieurs inexactitudes ». M. Delafosse insiste sur la hausse de fréquentation (27%) depuis un an et demi et précise que selon l’agence Atmo, la qualité de l’air s’est améliorée. Il promet qu’en octobre, une enquête de Mobility Metrix prouvera que « la part de la voiture a été réduite, au contraire de la marche et du vélo ». Enfin, il rappelle que les investissements ont augmenté pour financer la 5e ligne, l’extension vers la gare TGV ou encore créer la police métropolitaine des transports.

    De son côté, la Fédération des usagers des transports (Fnaut) soutient les choix du maire comme ceux de Carole Delga à la Région avec le TER à un euro. « La Cour des comptes se plante, elle pose mal la problématique », estime Eric Boisseau. « La gratuité est un outil politique efficace pour promouvoir les transports en commun », affirme l’expert tout en précisant le « besoin d’un service de qualité et attractif ». Quant à la critique du fait que le contribuable paye davantage que l’usager… « C’est un choix politique que les électeurs ont décidé ». Selon le principe de libre administration des collectivités, il n’appartient donc pas à la Cour des comptes d’en juger. Nul doute que la campagne électorale qui s’ouvre tranchera le sujet. Pour sa part, M. Delafosse reste ferme. « Je serai un ardent défenseur de la gratuité car elle est utile à tous et permet de mettre en œuvre l’indispensable transition écologique ».

  • Le comité de vigilance postale fête le maintien de Ferrières

    Le comité de vigilance postale fête le maintien de Ferrières

    C’est une victoire que le comité de vigilance postale a tenu à fêter : l’antenne de Ferrières est maintenue. Après de longs mois de combats et de mobilisations, La Poste l’a annoncé dans nos colonnes le 18 août : « La fermeture du bureau n’est à ce jour pas dans nos projets. » Ce samedi 27 septembre, des dizaines de militants se sont donc réunis sur le parking du site pour célébrer cette décision.

    Le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) fait part de sa « grande satisfaction ». « Il y a des combats qui méritent d’être menés, même s’ils sont longs », affirme-t-il. La lutte avait démarré en début d’année 2024, alors que la Ville avait découvert que la direction régionale envisageait d’« adapter les modalités » de sa présence dans ce quartier. L’argument avancé : une baisse de fréquentation de 48 % depuis 2019.

    La mobilisation conjointe du comité de vigilance postale, des élus de la majorité et de la CGT a finalement eu raison de cette projection, qui menaçait de priver 10 000 usagers, pour la plupart issus de quartiers prioritaires de la ville, d’un service de proximité. Plus récemment, cet engagement a aussi porté ses fruits en permettant le retour de la distribution du courrier à Notre-Dame des Marins, qui avait cessé il y a trois mois suite à l’agression d’un facteur.

    Attention aux baisses d’amplitude horaire

    Francis Fournier, président du comité de vigilance postale, prévient toutefois : « Les dangers qui nous guettent demeurent. Nous avons appris que depuis presque une semaine, à part ce samedi, le bureau de la Couronne était fermé. Jeudi après-midi, c’était celui de Croix-Sainte. Nous appelons à organiser rapidement une riposte. La Couronne ne fermera pas parce qu’il est dans une zone touristique mais il risque de ne pas fonctionner régulièrement en hiver, ce qui n’est pas acceptable. » Gaby Charroux précise : « Les 6 000 habitants de ce quartier ne sont pas des sous-habitants, ils ont besoin, aussi, d’un bureau. »

    Pascal Rosette, élu CGT au sein du CSE de La Poste, rappelle la dynamique actuelle de l’entreprise : « Dans l’ensemble de la France, on a des fermetures fréquentes de bureaux. On assiste à une attaque frontale du service postal. Une camarade m’a annoncé ce matin la fermeture de Puyvert (Vaucluse), alors qu’ en tant qu’élu je n’étais pas au courant. On nous met devant le fait accompli. Il faut rester vigilant sur la diminution des amplitudes horaires, car c’est une façon pour La Poste de diminuer le trafic et donc de transférer l’activité petit à petit. »

    Francis Fournier appelle les citoyens à s’unir au sein de comités pour défendre ce service public. « N’attendez pas que vos bureaux ferment pour réagir, anticipez, exhorte-t-il. Personne n’est à l’abri. »

  • La démocratie, cheval de bataille de « Renouveau pour Sanary »

    La démocratie, cheval de bataille de « Renouveau pour Sanary »

    Seul représentant de la gauche au conseil municipal depuis 2020, Jean-Pierre Meyer repart pour un tour. L’élu communiste de 70 ans, tête de liste de « Renouveau pour Sanary », compte poursuivre son projet progressiste d’union, dans la continuité du précédent, avec des bases solides : « Nous avions une liste de citoyens pas forcément engagés, mais qui avaient le cœur à gauche, et l’engagement des Écologistes, du PS et du PCF. Nous avions la ferme volonté de ne pas partir masqués, car c’est un élément d’efficacité et de démocratie. Nous avons besoin des partis, de lieux où les gens peuvent réfléchir ensemble. Nous avons en partage un projet humaniste », soutient-il.

    Projet participatif

    Un projet dont chaque composante se veut marquée du même sceau : celui de la démocratie, qui a montré ses défaillances au niveau local, notamment sur la question de l’eau et la cession polémique de la compétence par la communauté de communes Sud-Sainte-Baume à deux Délégations de service public (DSP) tenues par Veolia et Suez : « Les gens ont découvert le passage en DSP à la lecture de leur facture. Il aurait été si simple de les prévenir. Il faut que les citoyens puissent s’exprimer à tout moment. C’est pour cela que nous sommes attachés au référendum d’initiative citoyenne », annonce Jean-Pierre Meyer.

    Cette question de l’eau sera l’un des enjeux centraux de la future mandature, alors que les DSP courent jusqu’en 2031 : « Les profits de ces entreprises leur permettent de donner des dividendes aux actionnaires. Et c’est vous qui payez des services qui sont plus chers », fustige-t-il, remettant en cause les raisons invoquées par les responsables politiques : « On a justifié cela par le manque de compétences et de moyens. 28% de l’eau est distribuée par des régies publiques en France. De nombreuses collectivités y reviennent. Avec ce format, il n’y a pas à payer d’actionnaires. En 2026, on va élire des conseillers communautaires qui auront à se prononcer sur l’avenir de la DSP. Veut-on continuer à payer des actionnaires ou prendre nos responsabilités d’élus, pour le meilleur au meilleur prix, sur un produit qui va devenir de plus en plus rare ? »

    La question du logement a également été abordée, dans une commune où « plus de la moitié de la population a 60 ans et plus. Le marché immobilier est très élevé, la jeunesse ne peut pas rester. Ça nous pousse à mettre l’accent sur le locatif et le logement social, où on n’est qu’à 7%. Il faut retrouver un équilibre générationnel », avance le communiste, mettant également en avant le concept « d’accession sociale à la propriété, sur des terrains qui appartiennent à la municipalité, ce qui permet de vendre des appartements 30 à 40% moins chers. Nous avons permis de faire voter cela en 2024, avec un élu sur 33. Il faut que cela soit mis en œuvre désormais. »

    Attirer la jeunesse

    Mais aussi, toujours dans l’optique d’attirer la jeunesse, « une offre de mobilité plus importante, en réfléchissant à la gratuité comme le fait Toulon en commun » et « une crèche municipale. On n’a que des crèches associatives tenues par des bénévoles, qui passent leur temps à courir après les subventions. »

    Enfin, l’écologie n’est pas en reste, « ne serait-ce que par rapport aux inondations. Il ne suffira pas de rehausser les quais. Et de lister : l’isolation, des dispositifs prenant en compte les changements de conditions climatiques, l’utilisation de certains matériaux, la création d’espaces pour produire de l’énergie renouvelable… Tout une somme de petites mesures mises bout à bout qui peuvent changer les choses », conclut Jean-Pierre Meyer. Et d’inviter les personnes partageant son projet à le rejoindre, il reste des places sur la liste !

  • Le maire assume ses « choix » dans un contexte tendu

    Le maire assume ses « choix » dans un contexte tendu

    L’ombre des élections municipales plane déjà lors du premier conseil municipal de la rentrée. L’ordre du jour avait beau être mince, les débats ont été houleux. Et ce, dès le deuxième point de la séance portant sur une décision modificative du budget principal due à 449 843 euros de recettes supplémentaires, dont 352 843 euros issus de revenus immobiliers. Ces recettes s’équilibrent avec de nouvelles dépenses de fonctionnement, notamment des charges de personnel et des prélèvements fiscaux.

    L’opposition a saisi l’occasion pour pointer la mauvaise appréciation du prévisionnel et le manque d’anticipation de la majorité communiste. Suspicieux, Pascal Spanu (RPR), a partagé un « constat » : « Chaque année vous prévoyez 2% d’augmentation de fonctionnement, cette année vous avez prévu 0,2%. Comme par hasard, cette somme qui rentre en plus s’équilibre avec de nouvelles charges et correspond exactement à ce qui manquait. C’est extraordinaire. »

    Un sous-entendu peu apprécié par l’adjoint au maire délégué aux finances (PCF) Akrem M’Hamdi. « En réalité c’est 3% et on travaille sur une pyramide des âges en fonction du personnel qu’on va avoir et des départs en retraite, a-t-il répondu. L’année dernière on avait prévu 18,5 millions d’euros et on était à 18,2 millions d’euros de dépenses réelles. On s’est dit qu’on allait rester sur 18,5 millions d’euros. »

    Gestion des effectifs

    Plus tard, c’est à propos des effectifs de la Ville et singulièrement de ceux de la police municipale que les visions se sont confrontées. « Sur les agents qui sont partis, vous allez faire l’appel d’offres quand ? » a interrogé Pascal Spanu. « C’est fait, a affirmé le maire. La police municipale bouge énormément selon les primes. (…). Très peu de gens passent les concours donc il y a une rareté du policier. On a une fonctionnaire qui est arrivée, on en attend un second. » La Ville a également recruté deux ASVP dans l’espoir qu’ils passent ensuite l’examen.

    « Les policiers qu’on avait ici sont partis sur Martigues ou sur Istres. Il faut se poser la question : mais que se passe-t-il chez moi ? » a rétorqué l’élu d’opposition qui souhaite le recrutement de cinq policiers municipaux supplémentaires, soit un budget de 350 000 euros selon la majorité communiste. Claude Bernex (DVD) a proposé : « Au bout de trois ans, on aurait une trentaine de départs à la retraite, on pourrait compléter les effectifs de police comme ça. »

    Une suggestion inaudible pour le maire Laurent Belsola (PCF) : « Le service public local est sur la corde raide. On estime qu’il nous faudrait 80 agents supplémentaires pour avoir un service optimal, mais nous faisons avec notre budget. (…) Si vous faites le choix de prendre des policiers municipaux en plus, vous devrez trancher autre part, dans les structures culturelles, éducatives ou sportives. C’est un choix politique. »