Tag: sensibilisation

  • Le Jour de la Terre pour une « transition douce »

    Le Jour de la Terre pour une « transition douce »

    « Depuis le 16 mars, nous menons une campagne de sensibilisation dans tout le pays pour montrer que la sobriété peut être heureuse et accessible. Il n’est pas question de privation mais de transition douce. Revoir ses habitudes de consommation et s’adapter aux enjeux climatiques actuels », explique Dianeva Gerard-Parmentier, responsable de la communication du Geres qui pilote depuis près de cinq ans le Jour de la Terre en France.

    Comme chaque année, l’ONG promeut plusieurs initiatives environnementales dans le pays. Découverte des espaces naturels de la Mayenne, randonnée dans Le Mans… Ainsi que des activités dans la région avec une visite guidée au musée de la lavande dans le Luberon. Des ateliers « légers et agréables », pour éveiller les consciences de manière « plus douce » comme le raconte Dianeva. « Le Geres mise sur l’accessibilité, avec des changements d’habitudes à portée de tous. Nous favorisons la régulation de la consommation et les modes de transport verts plutôt que des interdictions ou injonctions qui pourraient peser sur certains », poursuit-elle. Bien que cette journée soit spéciale, c’est tout au long de l’année que la structure mène ses actions en faveur de la transition écologique et solidaire. Implantée à Aubagne, elle intervient en France ainsi que dans différents pays du monde pour les soutenir et les « accompagner dans leur transition énergétique », ajoute la responsable communication.

    Des actions qui dépassent les frontières

    Maroc, Mali, Togo, Cambodge, le Geres déploie ses actions de rénovation dans une partie de l’Afrique et de l’Asie. L’objectif : répondre à des enjeux climatiques et sanitaires. « Certains modèles de cuisson et de chauffage sont sources d’émanations toxiques. C’est sur cela que nous concentrons nos efforts. Afin de diffuser des alternatives moins nocives pour l’humain et plus durables », expose Dianela. Les différentes actions de développement menées par l’organisation seront présentées sous forme de photos vendredi et samedi. À l’occasion des 72 heures de l’écologie coproduites par la Cité des Transitions, l’exposition se tiendra à Marseille, au Fronton rue de Lyon (15e).

    plus d’information : geres.eu

  • Créer un jardin en mer pour les poulpes

    Créer un jardin en mer pour les poulpes

    « À la fois outil de protection et objet de séduction pour attirer les femelles, la cabane des poulpes est un sujet d’étude passionnant », explique Christian Qui se remémorant la chanson des Beatles Octopus’s Garden, qui déjà, en 1970 parlait de façon poétique d’un jardin des poulpes. Plus pragmatique, les pêcheurs en Méditerranée utilisent des pots pour les pêcher. Les poulpes qui s’accrochent à leur maison se retrouvent ainsi embarqués. Les pécheurs locaux confirment l’existence de coquillages, nacres objets brillants et pacotille devant les demeures créant des habitats et des jardins.

    Dans le cadre du dispositif Cordées de la réussite à l’École centrale Méditerranée, l’association Échanges phocéens accompagne les collégiens et les lycéens toute l’année. Emma et Alexandre étudiants, tutorants bénévoles aident des élèves à réussir leur scolarité. Des sorties et activités culturelles sont aussi proposées dans ce cadre. 36 élèves ont choisi de suivre ce stage qui a pour finalité de créer des pots en céramique peints et émaillés destinés à être déposés au large de Marseille, autour des îles du Frioul. « Nous avions rendez-vous ce matin à Castellane, et pas un seul étudiant ne manquait à l’appel pour partir à Luminy », souligne Monira Allaoui chargée de mission ouverture sociale à Centrale.

    Un projet collaboratif

    Daniela Banaru, maître de conférences à l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) et spécialiste du poulpe, a ouvert jeudi grand les portes du laboratoire pour parler avec eux de ce céphalopode, qu’elle n’hésite pas à qualifier de « plus intelligent des mollusques ». Projections au tableau, présentation du poulpe dans des bocaux remplis d’alcool, différenciation entre espèces, anecdotes. Les questions fusent sur cet être marin passionnant pourvu de neuf cerveaux. « Je suis le dispositif depuis la quatrième. J’adore, ça me permet de sortir et d’apprendre des choses », confie Ghofrane 16 ans visiblement ravie. Pour réaliser et cuire les 40 pots à poulpes, il a fallu mobiliser tout le savoir-faire de Samuele Perraro, céramiste marseillais. « Nous nous sommes inspirés des noix de coco, et pour le trou sur le sommet, on s’est dit que le poulpe verrait mieux arriver le prédateur », explique Christian Qui.

    Vendredi, est le dernier jour de stage. Il démarre par une visite du marché aux poissons sur le port, en espérant découvrir l’animal vivant. Ensuite direction le bateau pour se rendre au Frioul. « Pour bon nombre de ces petits Marseillais, ce sera une première. Ils sont tous hyper motivés, c’est vraiment cool de pouvoir leur offrir ça », confie Emma jeune tutorante.

  • Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    « Je me suis pris une amende alors que j’étais en règle, ça m’a pas trop fait rigoler. Et je leur ai dit parce que beaucoup de jeunes qui travaillent ici ont eu des problèmes. C’est parti de moi l’initiative. » Comme Dylan et Kevin, trisomiques, Théophile, lui atteint du syndrome de l’X-fragile, prend le train depuis Marseille pour venir travailler à la « Gare des étoiles », initialement la halte SNCF de Niolon. Un tiers-lieu investi depuis 4 ans par l’association « T’Cap 21 » qui propose de la restauration aux voyageurs avec son « Train Inc Café », permettant aussi aux jeunes de travailler en cuisine, au service ou à la plonge, sans oublier une multitude d’activités et d’actions pour l’inclusion. Et ces employés en témoignent, pour eux, se faire contrôler à bord du TER peut être une véritable épreuve, engendrant stress et incompréhension.

    La mauvaise expérience de Théophile a interpellé Julianne, conductrice de train sur la ligne Marseille-Miramas et membre de T’Cap 21 qui faisait déjà le lien avec le « Train Inc Café » en organisant des opérations « citronnades » où les jeunes apportaient sur le quai de quoi désaltérer les personnels de la SNCF. Elle en discute avec sa collègue Orkia, contrôleuse. « Je me suis dit il faut qu’on fasse quelque chose, qu’on puisse intervenir et qu’on les rassure ces jeunes. Moi je suis contrôleuse, je ne suis pas méchante », explique cette dernière.

    Sensibiliser les agents

    de la SNCF

    La hiérarchie a suivi. L’idée vient de démystifier le contrôle en y faisant participer les jeunes sur une journée puis de les munir d’un cordon avec un badge spécifique de « super voyageurs » pour leurs déplacements. « Avec cette identification forte, cela leur permet d’être visibles et d’éviter le stress de chercher l’abonnement dans le sac », explique Andrine Bernard, directrice des lignes TER Ouest Provence, pour qui « ce projet a pointé du doigt le fait que nos salariés, dans le cadre de leur formation, doivent être sensibilisés à tous nos voyageurs et toutes les situations qu’ils peuvent rencontrer », reconnaissant que « jusqu’à présent, c’est vrai qu’on était focalisés sur la partie sûreté, gestes et postures, potentiellement avec des voyageurs sans titre de transport ou avec un tarif non adapté ».

    Pour Nora, trésorière de T’Cap 21 et maman de Kevin, 32 ans, un des quinze « supers voyageurs », l’autonomie de son fils est primordiale. « Depuis ces 15 ans, il prend le taxi seul. Mon mari est décédé, je travaillais, on n’avait pas le choix. Là il va au café deux jours par semaine puis, le reste du temps, dans un foyer parce qu’il n’aime pas rester seul. La solitude est un poids. Il se débrouille, il fait un trajet d’une heure et demie tous les matins, tous les soirs », raconte-t-elle. Kevin nous montre fièrement son abonnement avec lequel il va aussi voir sa copine dans Marseille. « Dans le train, je suis avec le casque, dans ma bulle et avec le badge, et puis aussi Julianne, je suis rassuré », confie-t-il.

    La SNCF imagine développer le projet sur d’autres lignes, avec le soutien de la Région dont le représentant, Jean-Pierre Serrus (Ren.) est venu « en observateur ». « On accompagne cette initiative. La Région prend là des idées opérationnelles sur ce qu’on peut faire de plus pour que notre service public s’adresse à tout le monde… En particulier. On va réfléchir comment on va essaimer », annonce l’élu.

    Pour Julianne et Orkia, il faut aller plus loin : « Ces jeunes sont ceux qu’on connaît, qu’on aime, on est fiers d’eux mais on pense aussi à toutes les autres personnes en situation de handicap visible ou non, et pas que. Il y a aussi des personnes qui manquent de repères et pour qui prendre le train est une épreuve. Pourquoi pas étendre cette sensibilisation à ces gens-là aussi… »

  • Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Signez la pétition pour la solidarité avec Cuba ! » Sur le Vieux-Port de Marseille, les militants de 5 associations (Cuba coopération, France Cuba, le Mouvement de la paix, France Amérique Latine et Ligue des droits de l’homme) et du Parti communiste français donnent autant de la voix que les vendeurs de poissons. « Il n’y a pas plus scandaleux que ce blocus qui dure depuis trop longtemps. Le peuple cubain est actuellement étranglé », dénonce Bruno Kahlat, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône.

    Nicole Giraudi, présidente de l’association France Cuba Marseille 13 abonde : « Il y a une crise humanitaire à Cuba qui est liée au blocus pratiqué par les États-Unis depuis 1962 et accentué par le second mandat de Trump. » Elle a notamment dans le viseur « l’inscription du pays comme État terroriste » et les mesures de blocage supplémentaires permises par cette inscription. « Avec l’embargo, le quotidien des gens est impacté : ils ne peuvent pas répondre à leurs besoins essentiels », pointe Brigitte Cazon, pour la LDH. Tous évoquent les coupures de courant de plusieurs dizaines d’heures sur l’île, le manque de pétrole ou de denrées alimentaires… « Il y a très peu de bateaux qui passent, c’est au compte-goutte : un Russe avec du pétrole, un Chinois avec du riz… », explique Bruno Kahlat.

    D’où les initiatives du week-end. La veille, les militants associatifs étaient déjà sur le terrain avec une initiative similaire au même endroit. Le soir, le rendez-vous était à La Ciotat alors que vendredi c’était le marché de Gardanne qui était écumé. Au programme : distribution de tracts, signatures de pétition qui sera adressée aux députés européens et appel à la solidarité financière.

    « La doctrine Monroe encore plus agressive »

    Même principe dans le Var et Vaucluse où le Parti communiste français était présent en force : un rassemblement samedi à Avignon et une collecte de médicaments à Toulon, Draguignan et Cogolin. « Le but c’est d’alerter la population et interpeller, pour qu’il y ait une mobilisation ici, qui fasse pression sur notre gouvernement et que lui-même fasse pression sur Trump », martèle Brigitte Cazon. D’autant qu’entre le Venezuela et l’Iran, les interventions américaines récentes ne sont pas de nature à rassurer les militants. « La politique américaine a pris un tournant dangereux, avec un risque de retour de 50 ans en arrière pour l’Amérique latine, c’est une doctrine Monroe encore plus agressive », analyse Jean-Marie Paoli, président de France Amérique Latine Bouches-du-Rhône. Et « des drames humains comme conséquence », conclut Nicole Giraudi.

  • Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Signez la pétition pour la solidarité avec Cuba ! » Sur le Vieux-Port de Marseille, les militants de 5 associations (Cuba coopération, France Cuba, le Mouvement de la paix, France Amérique Latine et Ligue des droits de l’homme) et du Parti communiste français donnent autant de la voix que les vendeurs de poissons. « Il n’y a pas plus scandaleux que ce blocus qui dure depuis trop longtemps. Le peuple cubain est actuellement étranglé », dénonce Bruno Kahlat, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône.

    Nicole Giraudi, présidente de l’association France Cuba Marseille 13 abonde : « Il y a une crise humanitaire à Cuba qui est liée au blocus pratiqué par les États-Unis depuis 1962 et accentué par le second mandat de Trump. » Elle a notamment dans le viseur « l’inscription du pays comme État terroriste » et les mesures de blocage supplémentaires permises par cette inscription. « Avec l’embargo, le quotidien des gens est impacté : ils ne peuvent pas répondre à leurs besoins essentiels », pointe Brigitte Cazon, pour la LDH. Tous évoquent les coupures de courant de plusieurs dizaines d’heures sur l’île, le manque de pétrole ou de denrées alimentaires… « Il y a très peu de bateaux qui passent, c’est au compte-goutte : un Russe avec du pétrole, un Chinois avec du riz… », explique Bruno Kahlat.

    D’où les initiatives du week-end. La veille, les militants associatifs étaient déjà sur le terrain avec une initiative similaire au même endroit. Le soir, le rendez-vous était à La Ciotat alors que vendredi c’était le marché de Gardanne qui était écumé. Au programme : distribution de tracts, signatures de pétition qui sera adressée aux députés européens et appel à la solidarité financière.

    « La doctrine Monroe encore plus agressive »

    Même principe dans le Var et Vaucluse où le Parti communiste français était présent en force : un rassemblement samedi à Avignon et une collecte de médicaments à Toulon, Draguignan et Cogolin. « Le but c’est d’alerter la population et interpeller, pour qu’il y ait une mobilisation ici, qui fasse pression sur notre gouvernement et que lui-même fasse pression sur Trump », martèle Brigitte Cazon. D’autant qu’entre le Venezuela et l’Iran, les interventions américaines récentes ne sont pas de nature à rassurer les militants. « La politique américaine a pris un tournant dangereux, avec un risque de retour de 50 ans en arrière pour l’Amérique latine, c’est une doctrine Monroe encore plus agressive », analyse Jean-Marie Paoli, président de France Amérique Latine Bouches-du-Rhône. Et « des drames humains comme conséquence », conclut Nicole Giraudi.

  • La Bambouseraie d’Anduze fête ses 170 ans

    La Bambouseraie d’Anduze fête ses 170 ans

    Afin de préparer au mieux cet événement, Yann Arthus-Bertrand, cinéaste et grand photographe, a été nommé parrain de l’anniversaire. Un invité de « marque, pour un anniversaire unique », assure Valentine Crouzet, directrice générale de la Bambouseraie. Un enthousiasme amplifié par l’histoire familiale de la directrice, très attachée à la Bambouseraie.

    Créée en 1856 par Eugène Mazel, la Bambouseraie est un jardin botanique composé de plantes venant de 5 continents (Asie, Europe, Afrique, Amérique et Océanie). Racheté en 1902 par Gaston Nègre, l’organisme n’a depuis jamais cessé d’appartenir à la famille de Valentine Crouzet. « Ce jardin, c’est vraiment une histoire de famille. Ce sont mes parents qui détiennent le lieu aujourd’hui encore et ensuite ce sera mon tour », confie l’arrière-petite-fille de Gaston Nègre.

    Un lieu symbolique et un amour pour les plantes et la nature : « Pour nous, faire vivre la nature, c’est aussi donner la possibilité de la connaître. Le vivant, les plantes et la préservation du milieu naturel, ça a toujours été l’ADN du jardin. C’est aussi pour cela que le lieu s’appelle la Bambouseraie », ironise Valentine Crouzet. Pourtant, si le jardin botanique compte plus de 230 types de bambous différents, la directrice le garantit : « La Bambouseraie, ce n’est pas qu’un jardin avec des bambous. Aujourd’hui, on compte plus de 1300 variétés de plantes de tous types. Notre objectif, depuis la création du lieu en 1856, a été le même : préserver la nature et mettre en avant les plantes du monde entier ».

    Une mise en avant de la nature et de sa beauté célébrée cette année avec les 170 ans d’existence du lieu. « Cette célébration est venue assez spontanément. Quand j’ai évoqué l’idée de fêter les 170 ans avec les équipes, tout le monde était d’accord pour organiser un événement spécial ».

    Une célébration sous l’égide de la sensibilisation, comme le souligne la directrice : « Au-delà de fêter notre anniversaire, notre objectif est aussi de faire prendre conscience de la beauté de la nature et de l’importance de la préserver. C’est pour cela que nous avons contacté Yann Arthus-Bertrand, que nous faisons intervenir Marc-André Selosse, Vinciane Despret ou Jeanne Pham Tran pour parler de ces sujets ».

    * Retrouvez le programme des 170 ans de la Bambouseraie : https://bambouseraie.fr/notre-histoire

  • Une journée pour changer les regards sur l’autisme

    Une journée pour changer les regards sur l’autisme

    Trouble du neurodéveloppement qui concerne près de 700 000 personnes en France, dont 100 000 de moins de 20 ans selon l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), l’autisme est mis en lumière chaque 2 avril. Une résolution des Nations unies, adoptée en 2007, a instauré cette Journée mondiale de sensibilisation.

    Comme chaque année, le Département du Vaucluse organise, à cette occasion et en partenariat avec la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), un moment de rencontres et d’informations. Familles aidantes, professionnels, mais aussi toute personne intéressée sont invités à assister gratuitement à une après-midi de conférences dans la salle polyvalente de Montfavet, à Avignon, à partir de 13h30.

    « Cette année, on a choisi le thème des écrans, souvent très utilisés par les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme [TSA, Ndlr], détaille Isabelle Dugaret, chargée de mission sensibilisation au handicap à la MDPH du Vaucluse. L’idée est de réfléchir à la façon dont on s’en sert, car ils peuvent constituer un outil très intéressant, en particulier pour les personnes discommunicantes. »

    Autisme et écran

    Pour nourrir cette réflexion, David Da Fonseca, professeur des universités et psychiatre de l’enfant et de l’adolescent à l’Hôpital Salvator de Marseille, interviendra durant une heure sur « la relation complexe entre TSA et écran ». « Il y a beaucoup de stéréotypes ou d’idées reçues qui circulent et qui disent, par exemple, que les écrans génèrent l’autisme. C’est du grand n’importe quoi, s’indigne le praticien. Ce qu’il se passe, en réalité, c’est que les enfants TSA sont plus attirés par les écrans que les autres. Le monde réel est compliqué pour eux, il y a trop d’informations à traiter, de choses imprévisibles. Avec les écrans, ils savent à quoi s’en tenir. »

    Le psychiatre est formel : tout est une question de dose. Selon lui, l’outil n’est pas à diaboliser et peut même représenter une source de développement chez l’enfant. « Il existe plein de trucs très sérieux, qui les améliorent au niveau des apprentissages, au niveau des habiletés sociales. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, poursuit-il. Beaucoup jouent également aux jeux vidéo, parfois en ligne, ce qui leur permet de créer du lien social. Sans compter les programmes qui peuvent leur permettre d’améliorer leur langage ou leur communication. » Ce ne sont donc pas les écrans en eux-mêmes qu’il faut redouter, mais plutôt le contenu et le temps passé dessus. Pour éviter les dérives, le psychiatre recommande la méthode des « quatre pas » : pas le matin, pas pendant le repas, pas avant de s’endormir, pas dans la chambre.

    Témoignages

    L’après-midi conférence sera rythmée par les témoignages de trois personnes concernées par un TSA, illustrant les impacts du trouble à différents âges de la jeunesse. Les deux premières interventions seront assurées par les familles d’enfants concernés, respectivement âgés de 5 et 10 ans. Le troisième intervenant racontera sa propre expérience « après une longue préparation, souvent nécessaire pour les gens ayant un TSA », soulève Isabelle Dugaret.

    Plusieurs associations seront présentes pour échanger avec le public. Parmi elles : TEDAI 84, l’association La Bourguette, le centre hospitalier de Montfavet, l’association Le Pas, le Centre ressources autisme CRA Paca, l’Institut Saint-Ange, le Pôle d’appui ressources pour l’inclusion handicap (Parih), l’Institut l’Alizarine, Epsa et l’association AVA.

    Cinq plans pour l’autisme

    La stratégie nationale 2023-2027 pour le neurodéveloppement, annoncée en 2022 par le gouvernement lors du Comité interministériel du handicap (CIH), constitue la cinquième étape de l’amélioration de l’accompagnement des personnes autistes en France. Après quatre « plans autisme » mis en œuvre entre 2005 et 2022, l’état a promis, dans sa projection rendue publique en octobre 2022, de mobiliser 680 millions d’euros pour répondre aux différents enjeux, cette fois en englobant l’ensemble des troubles du neurodéveloppement (TDN).

    Ils témoignent de leur quotidien

    « Le diagnostic exclut les femmes » Ellie Fabre, agente d’Ehpad en recherche d’emploi à Martigues

    Une personne autiste sur cinq est une femme, dans le monde, et Ellie Fabre considère en faire partie, dans la mesure où « plusieurs psychiatres et psychologues ont posé le terme, mais ont aussi eu difficulté à faire la différence avec le trouble borderline, ou à conjuguer les deux », retrace la jeune martégale.

    Le problème, selon elle, vient du « diagnostic, plus compliqué pour les femmes », notamment au regard des méthodes et questionnaires souvent pointés comme trop genrés. « On me fait comprendre qu’il y a des comportements qui sont normaux et d’autres non, mais qu’au fond, je suis surtout une femme avec d’autres troubles psychologiques », explique-t-elle. Il s’agit donc d’une question d’identité. « Me coller cette étiquette, comme on dit, me permet de travailler et de mieux me comprendre ».

    Comme une piste de départ pour démarrer son enquête sur soi.

    « Une question d’adaptation » Mathieu Perfetti, conseiller municipal à Port-de-Bouc

    Ce passionné de lumières de Noël a été diagnostiqué autiste dans le cadre scolaire en 2005. Ce technicien de labo en gravimétrie de métier a pu bénéficier d’un tiers-temps supplémentaire, durant ses études, ainsi que de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH).

    « Ce qui est bizarre, c’est que je ne comprends pas certaines choses considérées comme faciles, alors que je comprends bien d’autres sujets compliqués », résume simplement le conseiller municipal délégué au développement durable. « C’est Laurent Belsola qui m’a proposé d’être sur sa liste, indique-t-il. J’y serais jamais allé autrement. » Ses passions dévorantes pour les décorations de Noël et pour le jardinage y sont pour quelque chose. « Être élu est possible pour les autistes, tout est question d’adaptation et de volonté », affirme l’élu, tout en estimant qu’« il faut plus de représentation » dans le champ politique.

    « Notre intérêt est à gauche » Félix Démaret, assistant social en formation à Marseille

    L’absence de diagnostic ne pose pas tant de problèmes de « légitimité » à cet étudiant en travail social, qui estime faire partie des nombreux autistes non diagnostiqués. « Quand je vois mon père autiste et mon expérience de vie assez compliquée, avec une dépression chronique, je crois que l’autisme explique beaucoup de choses », développe-t-il. Trop cher, trop long, trop difficile à organiser en raison « d’un emploi du temps catastrophique et d’instabilité dans la vie », l’étudiant « arrive à gérer » sans diagnostic formel, mais reconnaît la difficulté de l’absence d’aménagements. « Si les gens pouvaient être un peu plus clairs dans leur expression et si j’avais un peu plus de temps pour rendre mes devoirs en formation ça serait un plus. »

    Militant communiste, il défend « l’intérêt de l’engagement à gauche des autistes, majoritairement prolétaires, pour une société réellement plus inclusive ».

    « Nous sommes invisibilisés » Jimmy Béhague, philosophe, militant associatif à Vitrolles

    L’ancien président de l’association La Neurodiversité France relève de nombreux écueils à l’expression des autistes. « L’oreille de la société est tournée vers les parents, les responsables associatifs neurotypiques [non autistes, Ndlr] et pas les premiers concernés », observe-t-il. Il note très peu de militants sur la totalité des autistes en France, dépeinte comme « une majorité silencieuse par contrainte ».

    Une source de « clivage philosophique » dans la communauté. « Certains pensent qu’il faut représenter les autistes non oralisants pour leur bien, ce que je trouve infantilisant. Je préfère représenter des idées que des personnes », élabore-t-il. L’un des obstacles majeurs serait que « l’autisme est une définition mouvante, encore très médicalisée », comme le furent selon lui d’autres minorités sociales. « Les racisés et les lesbiennes, gays, bi, transgenre [LGBT+, Ndlr] ne sont plus considérés comme malades. Ce n’est pas encore complètement notre cas. »

    Antonin Maja

    CHIFFRES

    1%

    C’est la part de population que représentent les personnes atteintes de troubles du spectre autistique. En France, 100 000 ont moins de 20 ans.

    3 à 4 fois

    L’autisme est 3 à 4 fois plus représenté chez les hommes que chez les femmes. Les femmes seraient largement sous-diagnostiquées, notamment du fait d’une plus grande capacité d’adaptation.

    680

    C’est le montant, en millions d’euros, que prévoit d’investir l’état entre 2023-2027 pour améliorer les réponses fournies aux personnes atteintes d’un trouble du neurodéveloppement.

  • À Toulon, une conférence pour s’emparer des droits humains et faire reculer la haine

    À Toulon, une conférence pour s’emparer des droits humains et faire reculer la haine

    Les résultats des urnes dans le département, la montée de l’extrême droite et la banalisation de paroles racistes montrent qu’il y a urgence à mobiliser tous les outils de résistance civile et à les faire connaître plus largement. C’est ce que propose de faire ce soir le Comptoir des idées à l’Hélice avec une conférence intitulée « Des droits de l’Homme aux droits humains : la société civile toujours concernée », animée par Pierre Mitrano, un Varois membre du conseil national d’Amnesty International.

    « On compare beaucoup la période dans laquelle on se situe aux années 1930, et c’est sûr qu’on vit aujourd’hui des choses que nos aïeux ont vécues. La grosse différence, c’est que depuis, l’humanité s’est dotée de textes pour prévenir ces erreurs », explique-t-il pour commencer.

    À la société civile donc de s’en emparer et de se lever pour faire respecter le droit. Et de poursuivre : « Nous tous, au quotidien, on peut être porteurs de ces valeurs pour bloquer, ou du moins ne pas propager des discours toxiques qui peuvent discriminer les personnes, prononcés parfois même sans que son émetteur s’en rende compte. »

    Une sensibilisation qu’Amnesty international exerce auprès des jeunes publics au sein des établissements scolaires. Une éducation aux droits humains qui s’opère de manière très pratique par des mises en situation, et des échanges, précise le militant.

    Le travail de sensibilisation d’Amesty international

    « Aussi surprenant que ça puisse paraître, beaucoup ne connaissent pas ces textes. Beaucoup ne savent pas que ça existe », ajoute-t-il. Il précise : « On a l’impression que ça leur passe un peu au-dessus de la tête et que ce n’est pas du tout dans leurs préoccupations, qui sont davantage tournées vers l’immédiateté de la consommation que par le vivre ensemble. » Et ce alors même qu’ils sont souvent visés par des discriminations.

    L’objectif, insiste Pierre Mitrano, est de leur faire comprendre qu’on ne peut pas vivre en société avec des préoccupations uniquement physiologiques et qu’il y a des règles pour respecter l’autre et que les autres nous respectent.

    Des mises en situations ludiques basées sur la réflexion qui amènent à la prise de conscience, avec parfois « des étincelles dans les yeux ». Ils peuvent alors découvrir que les discriminations dont on leur parle sont des situations qu’ils vivent presque quotidiennement, sans toujours réussir à mettre des mots dessus.

    Le militant des droits humains développe : « Ce sont eux qui, petit à petit, nous livrent des témoignages qui montrent clairement qu’ils sont discriminés, que ce soit par leurs origines, par leur âge, leur quartier ou leur couleur de peau. »

    L’idée est également de les aider à prendre conscience, dans le même temps, que des petites vannes qu’ils s’échangent parfois entre eux sont aussi discriminatoires. Et comment de « victimes », ils se transforment en « agresseurs ». Même si la personne qui émet ces propos-là ne se rend même pas compte de leur sens et de leur portée.

    « Justement, on est là pour ça, pour montrer que quand on lance un “Sale pédé !” ou qu’on parle de “travail d’Arabe”, des insultes malheureusement courantes, ce n’est pas anodin, que derrière, il peut se cacher quelque chose », insiste Pierre Mitrano. L’occasion de leur montrer que ces propos peuvent activer des idées et des actions aussi.

    « On leur explique que ça peut amener jusqu’à l’apartheid, et on sait que l’apartheid peut amener jusqu’au génocide », rappelle le membre du conseil national d’Amnesty international.

    Le public d’adultes de ce jeudi soir en tirera certainement matière pour continuer la lutte de tous les instants et participer pleinement à faire société.

  • [Entretien] Christiane de Félice : « Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier »

    [Entretien] Christiane de Félice : « Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier »

    La Marseillaise : Quel est le bilan de l’Adevimap pour 2025 ?

    Christiane de Félice : Cette année, 18 adhérents sont décédés des suites de leur maladie professionnelle. Depuis 2002, on a connaissance de 506 victimes décédées. On a ouvert 431 dossiers, dont 226 pour des cancers, un record en un an. On a permis à 60 victimes et 35 ayants droit d’être indemnisés à hauteur de 2,88 millions d’euros environ. On a de plus en plus de dossiers, ça explose. Cette année, une dizaine de bénévoles ont donné 5 239 heures. On passe un appel au renfort.

    Ces chiffres montrent-ils que les maladies professionnelles progressent ou qu’elles sont mieux reconnues ?

    C.D.F. : Les troubles musculo-squelettiques sont sous-déclarés. Officiellement, entre 29 700 et 57 400 cas par an passent sous les radars. Pour les cancers, on oscille entre 66 900 et 99 400 cas. En octobre 2025, la Cour des comptes a estimé que ça représentait entre 2 et 3,6 milliards d’euros. Ce qui est grave, c’est que cette sous-déclaration ponctionne la branche Assurance maladie au profit de la caisse d’Accident de travail-maladie professionnelle (ATMP), abondée uniquement par le patronat. (…) C’est un manque à gagner énorme, alors que la branche ATMP est toujours excédentaire et que le patronat cherche toujours à faire diminuer ses cotisations.

    Quels sont les freins à la reconnaissance des maladies professionnelles et environnementales ?

    C.D.F. : La grande majorité du corps médical a des difficultés à mettre en lien les pathologies avec les conditions de travail et de vie. C’est pour ça que nous nous sommes rapprochés de la Communauté professionnelle territoriale de santé de Martigues en signant une convention, il y a deux ans, pour faire de la sensibilisation sur ces questions-là et dire aux soignants qu’il faut chercher une origine professionnelle ou environnementale aux pathologies, surtout dans nos bassins d’emplois.

    La CGT demande à ce que le site fosséen d’ArcelorMittal soit reconnu comme amianté. Suivez-vous ce dossier ?

    C.D.F. : Bien sûr. Arcelor fait partie de ceux qui nous apportent le plus de dossiers de cancers, avec Naphtachimie. Comme ce sont des maladies latentes qui se déclarent des décennies après l’exposition, c’est invisible dans les entreprises. Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier. Pour l’amiante, c’est la troisième demande déposée par les syndicats. Il y a tous les ingrédients. On a fait condamner Arcelor je sais pas combien de fois en faute inexcusable. Il y a un passif, une réalité, tout le monde le reconnaît, c’est simplement une question politique. Sans oublier qu’il y a aussi tous les préjudices d’anxiété déposés par les intérimaires et les sous-traitants par rapport au benzène, suite à un rapport de l’inspecteur du travail.

  • [Entretien] « Il faut modifier le regard des valides sur le handicap »

    [Entretien] « Il faut modifier le regard des valides sur le handicap »

    La Marseillaise : Quel est l’objectif des journées handicitoyennes qui se tiennent du lundi 30 mars au vendredi 3 avril à Marseille ?

    Michel Collomp : L’objectif est de sensibiliser les collégiens et lycéens au handicap et de leur apporter des connaissances sur le sujet. La sensibilisation se fait par une mise en situation à travers des activités et des ateliers, pour se mettre à la place des personnes handicapées pendant une demi-journée. Il y aura une multitude d’activités organisées par des associations de personnes handicapées : parcours en fauteuil roulant, parcours d’obstacles avec les yeux bandés ou des jeux de société les yeux bandés. L’association Sport et Loisirs pour Aveugles (ASSLA) viendra animer un atelier de tir à la carabine laser pour les aveugles. Le concept est simple : le tireur a des écouteurs dans les oreilles et se repère à l’aide du son, plus le « bip » est frénétique, plus la cible est proche.

    Pourquoi est-ce aussi important de se mettre à la place des personnes handicapées pour
    les enfants
     ?

    M.C. : C’est un âge où ils découvrent, par des cas particuliers ou dans leur famille, des personnes en situation de handicap. On veut apprendre aux 900 élèves qu’on va recevoir cette semaine : le vivre-ensemble. On cherche, par ces ateliers, à leur faire comprendre que, quand ils voient une personne handicapée dans la rue, il ne faut pas avoir peur ou s’en méfier, mais au contraire aller vers elle pour lui proposer de l’aide. Parce qu’on fait tous société et qu’il faut vivre ensemble plutôt que dans une séparation : handicapés et non handicapés.

    Est-ce que c’est par la sensibilisation des enfants qu’une société peut prendre davantage en compte les personnes en situation de handicap ?

    M.C. : Oui, on le constate déjà par les retours de certains professeurs qui sont là depuis la première édition. Ils observent des changements de comportement dans leurs classes. On fait le maximum pour que cette action porte ses fruits et améliore les comportements des valides avec les personnes handicapées. Les élèves repartent, à la fin de la demi-journée, avec un diplôme « d’handicitoyen » qui atteste qu’ils ont été sensibilisés au handicap. C’est moi qui m’en occupe et je leur fais promettre de ne jamais se garer sur une place handicapée quand ils seront adultes.

    Aujourd’hui, notre société
    est-elle encore trop peu adaptée aux handicapés
     ?

    M.C. : On a fêté les 20 ans, l’année dernière, de la loi sur l’égalité des chances et des possibilités pour les personnes en situation de handicap (déplacement, emploi, civilité). Il y a encore beaucoup à faire en matière d’égalité devant l’emploi et d’accessibilité. Le préfet Parisot de Bayard, a créé ces journées handicitoyennes à Montpellier puis a développé le concept dans d’autres villes, notamment à Marseille. Il partait de son constat de personne handicapée. Il disait que le handicap était une souffrance physique en soi, mais que ce dont il avait le plus souffert, c’était le regard des autres et l’indifférence. Notamment par l’impossibilité d’entrer dans certains lieux, comme au cinéma où on lui disait que son fauteuil ne pouvait pas entrer. Moi, je suis à la retraite, mais j’étais kiné, donc le handicap, je l’ai connu dans ma profession. Dans les pas de Parisot, ce qu’on veut, c’est modifier le regard des valides sur le handicap.