Tag: sensibilisation

  • Dans les Calanques, l’été sous surveillance

    Dans les Calanques, l’été sous surveillance

    Quatre cents personnes par jour. C’est le nombre de visiteurs qui seront autorisés à emprunter les sentiers de la calanque de Sugiton à partir du samedi 20 juin. Une mesure mise en place depuis 2022 pour protéger l’espace, et qui court tout au long de l’été. « Depuis quatre ans, on constate un arrêt de l’érosion du sol, et des semis de pins réapparaissent », affirme Gaëlle Berthaud, directrice du Parc.

    Avant, plus de 2 000 personnes foulaient le sol de la calanque qui commençait à en souffrir. « On voyait des racines de pin hors de la terre. La disparition de la calanque de Sugiton était tout à fait plausible si on ne faisait rien », confirme Didier Réault, président du Conseil d’administration du Parc. Pour pallier cette dégradation de l’environnement, les équipes ont mis en place un dispositif de réservation, accessible sur leur site officiel. « Notre slogan, c’est “Réserver, c’est préserver. ” On donne du sens, le sens de préserver la nature », martèle la directrice.

    Dans cette démarche de renaturation, de nombreuses missions sont mises en place au sein du parc. Pour la saison estivale, la surveillance générale du territoire est renforcée. « On a chaque jour, pendant la saison, une patrouille en mer et une patrouille à terre (…) Il y a aussi 22 inspecteurs de l’environnement qui ont pour priorité de lutter contre les atteintes à l’environnement, et 48 saisonniers. »

    14 ans d’action, 4 millions de visiteurs par an

    Car le constat est là : « Les usagers qui viennent n’ont pas forcément tous les codes pour respecter le parc. » La sensibilisation est ainsi de mise au sein du dispositif. Une maison du Parc sera inaugurée en septembre à La Ciotat et proposera une offre pédagogique pour informer le public sur cet espace naturel. « On a aussi 23 gardes régionaux forestiers qui sont là l’été pour sensibiliser le public, par exemple en leur rappelant qu’il est interdit de fumer. »

    Ce dispositif n’a rien de nouveau. Depuis la création du Parc national des Calanques, les équipes œuvrent à la protection des espaces et à la responsabilisation des quelque 4 millions de personnes qui visitent chaque année le parc. « Le grand sujet pour nous, c’est aussi la question des déchets. On a mis en place le slogan “Tes déchets, tu les amènes et tu les ramènes”, on a mis des bacs sur les parkings de Luminy », énumère Gaëlle Berthaud.

    Plusieurs associations s’engagent aussi dans cette démarche. « Elles vont par exemple mobiliser les gens pour aller ramasser des déchets », sourit Didier Réault. Pour réduire les risques de dégradation, 12 toilettes sèches ont été développées.

    Le Parc assure également le suivi scientifique de plusieurs espèces, comme les colonies de puffins de Scopoli, les mammifères marins ou encore certains papillons de jour. « On lutte contre le braconnage du corail, des poissons et des espèces d’oiseaux protégés », précise Julian Virlogeux, chef du service Territorial Gestion et Préservation.

    Face au risque incendie, des patrouilles quotidiennes, des dispositifs radios supplémentaires et une coordination entre marins-pompiers et sapeurs-pompiers ont été mises en place afin d’intervenir dès les premières flammes. « On interdit le bivouac la nuit et les feux. À partir du 29 juin, toutes les unités de l’État entreront en régime de lutte contre les incendies. »

    Derrière ces mesures de protection, l’objectif reste le même : permettre au public de découvrir les Calanques, en toute sécurité et sans en compromettre l’équilibre.

    Ivanie Legrain
  • Un inspecteur du permis testé positif au cannabis à Marseille

    Un inspecteur du permis testé positif au cannabis à Marseille

    La décision du ministre de l’Intérieur de révoquer et de radier des cadres un inspecteur du permis de conduire et de la sécurité routière (IPCSR) repris à nouveau à conduire sous l’emprise de substances ou plantes classées comme stupéfiants n’est pas une sanction disproportionnée, a jugé le tribunal administratif de Marseille dans une affaire qui tient quelque peu du gag et du vaudeville judiciaire.

    Dans sa décision du 9 juin, le juge administratif rappelle que l’inspecteur a déjà été reconnu coupable de ces faits à deux reprises par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence qui lui avait infligé une première suspension de six mois de son permis de conduire en 2022 puis une seconde suspension de neuf mois en 2024 assortie d’une amende de 800 euros et, s’il vous plaît on ne rit pas, d’un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

    Un stage de sensibilisation à la sécurité routière…

    Le requérant soutenait ne consommer du cannabis qu’à des fins thérapeutiques suite à un syndrome anxiodépressif, pour lutter contre ses insomnies et uniquement le soir, avant de dormir. Le juge retient qu’il a été contrôlé positif à deux reprises en seulement deux années d’intervalles et que lors du dernier contrôle où il a été testé positif il faisait passer l’examen du permis de conduire… « Eu égard aux fonctions particulières exercées par le requérant, inspecteur du permis de conduire, à sa récidive, aux risques encourus pour lui et pour les élèves à bord du véhicule ainsi qu’à son devoir d’exemplarité, la sanction de révocation ne peut être regardée comme disproportionnée », a tranché le tribunal.

    Près de 1 300 inspecteurs du permis font passer chaque année 1,8 million d’examens. L’exclusion de cet agent de l’État vise aussi à préserver la crédibilité de ce corps administratif.

  • Les jeunes sensibilisés aux risques du protoxyde d’azote

    Les jeunes sensibilisés aux risques du protoxyde d’azote

    La deuxième édition de la Journée de prévention du CIQ s’est déroulée ce mercredi 17 juin, dans le quartier de Saint-Jérôme, avec la volonté de rapprocher la police municipale des habitants. La directrice du CIQ, Lila Grisy, souligne : « La sécurité (…) passe aussi par la prévention, l’information et le dialogue avec les habitants. Aujourd’hui, notre jeunesse est confrontée à de nouveaux dangers, comme le protoxyde d’azote, un véritable fléau dont les conséquences sont encore trop souvent méconnues. »

    L’antenne de la police municipale (PM) s’est installée dans le quartier en septembre 2025. Au cours de l’après-midi, les brigades de la PM sont intervenues pour sensibiliser les jeunes à diverses problématiques. Intervenant surtout dans les écoles et les clubs seniors, « on fait beaucoup de prévention », explique un policier.

    « Cela touche tous

    les secteurs »

    Une problématique reste au centre des échanges : le protoxyde d’azote. Le produit, qui n’est pas encore reconnu comme un stupéfiant est, à la base, utilisé dans le milieu médical. « Cela touche tous les arrondissements et tous les secteurs », confie un policier. Ils espèrent sensibiliser les jeunes aux effets nocifs. « Il y a un risque de tétraplégie, de paraplégie, de troubles neurologiques, jusqu’à la mort », alerte-t-il.

    Par ailleurs, la brigade de l’environnement a alerté notamment sur les dépôts sauvages qui affectent tout particulièrement le quartier.

  • Des activités tous azimuts à la Maison Sport Santé

    Des activités tous azimuts à la Maison Sport Santé

    Dans la cour de l’école élémentaire Olivier-Gillibert de Marseille (5e), stands et clubs sportifs ont remplacé les jeux pour enfants. Organisé pour la première fois par la Ville de Marseille, ce mercredi 17 juin, cet événement vise à présenter la Maison Sport Santé (MSS) et les dispositifs d’accompagnement qu’elle propose. « Ça fait deux ans que la MSS existe et avec cet événement, on a voulu rassembler les adhérents et les personnes qui travaillent avec nous. C’est aussi l’occasion pour nos adhérents de se rencontrer entre eux et de tester de nouvelles disciplines », explique Perrine Roux, responsable de la Maison Sport Santé Ville de Marseille. Cette structure accompagne des personnes souhaitant reprendre ou maintenir une activité physique adaptée à leur âge, leurs capacités et leur état de santé.

    De 15h30 à 18h, les participants ont pu profiter d’initiations avec des activités sportives gratuites, comme du volley, du yoga ou encore du tennis de table. « Aujourd’hui, j’ai pu essayer le basket, le cardio-tir, le ping-pong et un jeu de raquette. J’ai beaucoup aimé le basket, car il se fait avec un ballon très léger », raconte Gaëlle, adhérente à la MSS depuis le mois de février, en raison de problèmes cardiaques.

    Un peu plus loin, Yann, enseignant en activité physique adaptée à la Maison Sport Santé, anime un cours de fitness baguette. Ce sport consiste à réaliser un enchaînement d’exercices tout en battant deux baguettes en rythme. « Le but c’est de faire découvrir cette activité qui est ludique. Elle peut s’adapter à tous et toutes selon les problématiques de santé », précise-t-il. Des stands d’information ont également permis aux visiteurs de découvrir les clubs sportifs et associations partenaires. « J’ai pris des renseignements pour la piscine, s’exclame Chantal, adhérente depuis six mois. Pour mon corps, ce sera bien, comme j’ai des rhumatismes. »

    Une activité sportive adaptée

    Les Maisons Sport Santé sont des dispositifs d’État qui s’inscrivent dans une politique de prévention et d’accompagnement par l’activité physique. « Il y en a quatre à Marseille, avec des statuts différents. La Maison Sport Santé Ville de Marseille est la seule municipale », précise Perrine Roux. Les adhérents sont suivis pendant deux ans pour leur permettre d’adopter un mode de vie actif. « On réadapte en fonction des besoins et de l’évolution de la santé de la personne à chaque bilan, tous les trois à six mois », explique Yann. La majorité des adhérents sont orientés vers ce dispositif par leur médecin traitant, comme l’explique Rachida : « C’est mon docteur qui m’a inscrite et ça fait maintenant un mois que je suis suivie. Je fais un sport souple, avec des exercices simples, car je ne peux pas faire d’effort intense à cause de ma santé. » Cette première édition a surtout rappelé que le sport est un outil de santé, de bien-être et de lien social.

  • L’Entente Valabre lance sa prévention contre les feux

    L’Entente Valabre lance sa prévention contre les feux

    Une, puis deux bouffées de cigarette. Le mégot est ensuite jeté dans un bac rempli de végétation sèche. Sous l’effet d’un ventilateur simulant le vent, les flammes apparaissent en quelques secondes. Cette démonstration vise à reproduire les conditions dans lesquelles un simple mégot lancé en bord de route peut être à l’origine d’un incendie. « Il faut réunir le triptyque température, hydrométrie et vent, qui apporte l’oxygène nécessaire. Au-delà de 30 °C, le milieu devient favorable. C’est très rapidement le cas en bord de route », explique Téo Polimann, docteur en énergétique au laboratoire du Centre d’essais et de recherche (Ceren) de Valabre.

    Sous les yeux des caméras et des partenaires de l’Entente Valabre, réunis sur son domaine à Gardanne, les braises deviennent en moins d’une minute d’immenses flammes, poussant rapidement le public à reculer. Ce mercredi, l’Entente Valabre, l’un des principaux acteurs de la prévention et de la gestion des risques face aux feux de forêt, l’Alcome, éco-organisme créé pour réduire la présence de mégots dans l’espace public, la Confédération des buralistes et les sapeurs-pompiers, se saisissent du sujet de feux provoqués par les jets de mégots.

    Sensibilisation lancée

    Une opération de sensibilisation est lancée sur le territoire national, avec distribution de cendriers de poches dans les bureaux de tabac – environ 200 000 – et des affichages massifs. Jeter ce déchet par la fenêtre de sa voiture provoque des incendies parfois terribles et mobilise, dans une situation évitable, des forces de pompiers. « Un mégot peut initier l’éclosion d’un feu entre une minute, jusqu’à 6 ou 7 minutes, rappelle Frédérique Giroud, cheffe de la division recherche scientifique à l’Entente. Les gens ne réalisent pas suffisamment la problématique de ces jets de mégots en période estivale. » Si tous les feux ne sont pas provoqués par des jets de mégots, ils en sont bien souvent à l’origine. « Cette démonstration à pour but d’expliquer à ceux qui doutent la réalité du départ d’incendie par des mégots », pose Jacky Gérard, président de l’Entente Valabre. Un geste « qui a énormément de conséquences. On ne réussira pas notre objectif de réduire le nombre de mégots dans l’espace public et de protéger nos forêts si nous ne convainquons pas les fumeurs que ce geste est socialement inacceptable », appuie de son côté Vincent Zappia, président de l’Alcome. « On fait appel aux constructeurs automobiles pour remettre les cendriers dans les véhicules », plaide Éric Borcardi, directeur de la communication de la Fédération nationale des sapeurs pompiers. Il rappelle « qu’aujourd’hui, le risque incendie feu de forêt vient ajouter de la surcharge opérationnelle » et qu’« on peut être sûrs aujourd’hui que les mégots sont responsables de 10% des incendies ».

  • Partez à la découverte des forêts ce week-end

    Partez à la découverte des forêts ce week-end

    Les Nuits des forêts, événement national, sont de retour jusqu’au 21 juin pour une septième édition qui invite petits et grands à découvrir les forêts et le vivant près de chez soi, à travers divers rendez-vous dans plus de 250 sites partout en France.

    D’une manière générale, les Nuits des forêts sont une invitation à redécouvrir la forêt proche de chez vous et à rencontrer les femmes et les hommes qui l’habitent, la cultivent, la protègent et s’en inspirent.

    Imaginées pour célébrer et questionner nos liens aux forêts, et portées par l’envie de rapprocher les citoyens des massifs proches de chez eux, elles œuvrent au rapprochement des mondes forestier, culturel et scientifique, et vous invitent à mieux découvrir, partager et vous émerveiller aux côtés de celles et ceux qui font la forêt.

    Dans le Var

    Cette année, la thématique est consacrée à la découverte et à la compréhension de ce que la forêt a à nous dire, autour du thème « à l’écoute des vivants ».

    Dans ce cadre, le hameau de la commune varoise de Méounes-lès-Montrieux, situé à mi-chemin entre Toulon et Brignoles, vous invite à une journée au cœur de la Sainte-Baume, ce samedi dès 15h, pour vivre une immersion sensible et collective au cœur du vivant. Au programme : une balade contée accessible dès 5 ans, suivie d’un moment de découverte autour de la faune forestière, pour plonger dans le monde fascinant et discret des chouettes et hiboux.

    Vous êtes également conviés à une journée de découverte de la forêt de la Martre samedi, notamment autour de l’ancienne scierie, avec sorties, causeries champêtres et concerts, dès 9h30.

    Dans les Hautes-Alpes

    Une immersion dans la forêt de Beynaves vous est proposée samedi, avec une balade le long du GRP 946. Au départ de la boulangerie d’Orpierre, vous cheminerez jusqu’à Sainte-Colombe à partir de 17h. Une balade nocturne, dès 22h, est également prévue pour écouter les sons de la nuit.

    Par ailleurs, une balade contée forestière aura lieu dimanche sur la commune du Monêtier-les-Bains. Embarquez pour une randonnée insolite, pensée comme une parenthèse enchantée en immersion dans la forêt, au départ du parking du Gros Moutas, de 15h à 18h30.

    Dans les Alpes- de-Haute-Provence

    Partez à la découverte de la forêt de Chamatte avec une balade commentée et un jeu naturaliste à vivre en famille samedi à partir de 13h30. La soirée se poursuivra avec un concert au théâtre de verdure d’Allons.

    Informations pour chaque événement du week-end et ceux à venir sur le site internet  nuitsdesforets.com

  • Découvrir les métiers de l’aide à domicile à La Ciotat

    Découvrir les métiers de l’aide à domicile à La Ciotat

    La Communauté organise une journée portes ouvertes en partenariat avec la Mutuelle familiale, dans leur agence de La Ciotat, mercredi 10 juin, de 9h à 16h. Une stratégie de sensibilisation à un secteur trop souvent mal connu.

    Parmi les temps forts de cette journée, le public pourra tester un simulateur de vieillissement, une expérience sensorielle destinée à faire ressentir concrètement les contraintes du quotidien liées à l’âge. Une ergothérapeute animera des ateliers sur l’adaptation du domicile et la prévention des chutes : tapis, fils qui traînent, chaussures inadaptées ou aménagement de la douche.

    Le pôle Service à la personne Paca-Corse proposera en matinée un atelier de réalité virtuelle pour mieux appréhender les métiers du secteur. La journée comprend également des sessions de recrutements en continu. Le choix du mois de juin n’est pas anodin : « C’est une période où on a des remplacements à pourvoir, parce que nos salariés titulaires posent leurs congés », explique Nicolas Nguyen, chargé qualité et développement de l’association. Mais au-delà de ce besoin de remplacements pour l’été, « en région Paca, le vieillissement de la population s’accélère plus vite que la moyenne nationale », rendant le recrutement pour des postes de plus longue durée, dans ce secteur, plus urgent que jamais.

    2 500 bénéficiaires accompagnés

    Fondée en 1964 par des
    syndicalistes, dont Pierre Moscatelli, ancien Résistant et membre de la CGT, l’association est née d’une volonté de défendre les droits des travailleurs immigrés confrontés à des difficultés, pour faire valoir leur retraite. Soixante ans plus tard, la Communauté accompagne plus de 2 500 bénéficiaires sur le bassin de La Ciotat, d’Aubagne, de Marseille et du pourtour de l’étang de Berre. « Quand on a l’image de l’aide à domicile, on pense surtout au travail de ménage, mais ce n’est pas que ça », rappelle Nicolas Nguyen. Derrière ce cliché, une réalité bien plus large : aide à la préparation des repas, accompagnement des personnes en situation de handicap, aides administratives et lutte contre l’isolement social. « Certains de nos bénéficiaires n’ont plus de famille et l’aide à domicile, c’est parfois la seule visite qu’ils auront dans la journée », raconte Nicolas Nguyen.

  • La forêt de Beynaves la nuit

    La forêt de Beynaves la nuit

    Le 13 juin, une balade sera concoctée par le plasticien Erik Samakh pour découvrir la forêt de Beynaves, classée Espace Naturel Sensible, où les vestiges d’un ancien hameau ont laissé place à une forêt de pins noirs d’Autriche plantés dans les années 1930 pour protéger les villages des crues. Au programme : une balade le long du GRP 946 pour rejoindre le site, suivie d’une présentation des actions de régénération menées en 2025 et d’une initiation à l’écoute des sons de la forêt avec un naturaliste. La soirée s’achèvera par une balade nocturne sur le sentier de la nuit, conçu par Erik Samakh.

  • [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    On sait que les tumeurs de la vessie, c’est des cancers tout le temps », pose d’emblée Géraldine Pignot, chirurgienne urologue à l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) de Marseille. Mais la nature exacte de ce cancer, son degré d’agressivité et sa profondeur d’infiltration, va tout changer dans le choix du traitement.

    D’une analyse, faite grâce à une micro caméra qu’on appelle cystoscopie, ressortent deux informations clés : le grade, qui mesure l’agressivité des cellules, et le stade, qui indique jusqu’où le cancer s’est enfoncé dans la paroi de la vessie. Si la tumeur ne touche pas encore le muscle de la vessie, qu’elle est « non infiltrante », le simple grattage peut suffire. C’est le cas pour 80% des patients diagnostiqués à temps. Mais cette forme de cancer a tendance à récidiver. Si en revanche la tumeur a infiltré le muscle de la vessie, le traitement change radicalement. Il s’agit « de retirer la vessie, de faire une cystectomie, et parfois d’y associer de la chimiothérapie avant et ou de l’immunothérapie après », explique la chirurgienne. Ce qui implique de reconstruire entièrement les voies urinaires. Deux options existent : soit une dérivation externe, avec une poche collectrice fixée sur le ventre, soit une reconstruction interne à partir d’un fragment d’intestin suturé à l’urètre, ce qu’on appelle une néo-vessie, qui permet au patient d’uriner comme avant, en appliquant une pression sur le ventre. À l’IPC, chaque patient bénéficie d’abord d’une préhabilitation : avant même d’entrer au bloc, il est suivi par une diététicienne, une coach sportive, une psychologue et une assistante sociale. « On essaie de faire en sorte qu’ils ne soient pas dénutris, qu’ils aient une activité physique régulière, qu’ils soient bien accompagnés sur le plan psychologique », détaille Géraldine Pignot. L’objectif est d’arriver à l’opération dans le meilleur état possible. Pendant et après la chirurgie, c’est la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) qui prend le relais. Elle passe d’abord par la chirurgie robotique, moins invasive, qui permet depuis quelques années de préserver les organes génitaux et donc l’activité sexuelle. « Avant, on enlevait à la fois la vessie, l’utérus, le vagin chez la femme. Aujourd’hui on préserve l’utérus et le vagin chaque fois qu’on le peut », souligne-t-elle. Chez l’homme, les nerfs responsables de l’érection peuvent également être épargnés. Puis en post-opératoire, mobilisation dès le lendemain, réalimentation rapide et durée d’hospitalisation réduite : « Tout est fait pour que le patient retrouve une vie normale au plus vite.» Depuis sa mise en place il y a dix ans, « les taux de complications ont diminué et les durées de séjour se sont raccourcies », ajoute la praticienne. Ce qui enthousiasme le plus Géraldine Pignot, c’est ce qui devrait être proposé aux patients prochainement : une nouvelle combinaison chimiothérapie-immunothérapie administrée avant même la chirurgie. Un espoir concret, pour une maladie qui, prise en charge tôt et bien traitée, se gère de mieux en mieux.

  • Le Port sensibilise ses équipes sur la sécurité au travail

    Le Port sensibilise ses équipes sur la sécurité au travail

    Un total de 26 accidents de travail a été enregistré dans l’enceinte du Grand Port maritime de Marseille (GPMM), en 2025, dont 28% entraînant plus de 100 jours d’incapacité totale de travail (ITT). « C’est beaucoup trop », s’est désolé, jeudi, Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du Port, à l’occasion d’une matinée de sensibilisation organisée dans les locaux marseillais de l’établissement public.

    Pour la quatrième année consécutive, le port invitait, mardi à Fos et jeudi à Marseille, tous ses employés à participer à un moment d’apprentissage et de formation autour de la sécurité et de la santé au travail. L’occasion pour l’ex-ministre de l’Intérieur de rappeler la nécessité d’une vigilance collective. « Il y a notre propre comportement face à l’accident, mais il y a aussi celui de nos collègues, du manager, des chefs de service, a-t-il souligné. Il ne faut pas hésiter à en parler entre vous, surtout lorsqu’un accident est évité de peu, ça peut permettre d’adopter les bons réflexes. » Et de glisser un mot de remerciement à l’attention de Pascal Galéoté, leader de la CGT du Port : « Je veux saluer les partenaires sociaux qui portent ces exigences [celles de la sécurité et de la santé au travail, Ndlr]. Pascal Galéoté les porte aussi, au-delà de sa condamnation, sur laquelle je ne me prononce pas. La pression que nous mettent les syndicats est constructive. » Pascal Galéoté a, lundi, été condamné à 12 mois de prison avec sursis et 3 ans d’inéligibilité pour « abus de confiance » dans le cadre de sa gestion des comptes du comité social et économique (CSE) du port entre 2014 et 2018. Il a annoncé faire appel.

    1 260 salariés

    et 300 compétences

    Avec ses 1 260 salariés à Marseille, le Port fait cohabiter de nombreux métiers, 54 au total, qui impliquent des risques plus ou moins importants dans leur pratique quotidienne. Parmi les métiers les plus exposés aux accidents du travail, « la réparation navale et tous les métiers industriels emblématiques, mais aussi le service voyageurs, où les déplacements doivent se faire vite, ce qui est très accidentogène », détaille Nathalie Bakhache, secrétaire générale du port. « Il y a aussi la restauration collective et, bien sûr, la partie eau et électricité », poursuit-elle. Parmi les 26 accidents répertoriés en 2025, les métiers cités par la secrétaire générale sont très majoritaires.

    Mais c’est bien à l’ensemble des salariés qu’était destinée cette matinée ludique et instructive de jeudi : quizz sur la sécurité routière, atelier sur l’usage des extincteurs, sur l’addiction au travail ou escape game autour des risques du Port, les employés du GPPM ont pu évoluer de stand en stand entre 8h et 13h30. « C’est intéressant, on apprend plein de choses. On revient chaque année ! », s’enthousiasme un groupe de gestionnaires de finance. 600 salariés ont participé à l’événement.