Tag: sénatoriales

  • Premier week-end de festivités à la Foire internationale

    Premier week-end de festivités à la Foire internationale

    Un peu après 11h ce vendredi, Samia Ghali, adjointe au maire de Marseille (DVG), à couper le ruban tricolore de la Foire, en l’absence du maire Benoît Payan, en déplacement à Paris pour la visite du Pape. Accompagnée de nombreux élus de la Ville , l’adjointe au maire a enchaîné avec une visite guidée des rendez-vous incontournables de la Foire.

    Elle s’est notamment arrêtée au stand de la RTM, en tant que présidente de l’institution. L’occasion pour elle et son équipe de mettre en avant la nouvelle génération de bus électriques. Des bus articulés « plus grands que les bus classiques », « super bien climatisés », et « équipés de sièges anti-puces et anti-tiques », complète-t-elle. Ces derniers sont censés remplacer la flotte actuelle d’ici 2030.

    Pendant sa visite, l’élue s’est également fait interpeller par des passants à plusieurs reprises. Les Marseillais ont pu lui exprimer leur inquiétude vis-à-vis de la situation des transports en commun. La présidente de la RTM s’est voulue rassurante.

    « Je suis toujours venue à la Foire, c’est un moment de convivialité, que ce soit en famille ou entre amis, c’est la sortie à faire », lance Samia Ghali à la fin de sa visite. « La Méditerranée représente Marseille, c’est la capitale de la Méditerranée », répond-elle après avoir été questionnée sur la place de la mer dans cette édition de la Foire.

    Dernière sortie

    avant les sénatoriales

    Aux alentours de 16h, c’était au tour de Renaud Muselier, président (Ren.) de la région, de faire sa visite et d’inaugurer l’espace dédié à la région, pour sa dernière sortie avant les élections sénatoriales. Après avoir vanté le « moment de joie, de festivité et de bonne humeur » que constitue la Foire, son discours s’est rapidement transformé en un bilan de son mandat à la tête de la région. Il a largement salué et félicité le travail de toutes ses équipes, et s’est dit « très fier » d’eux. Le président a poursuivi en évoquant sa candidature aux élections sénatoriales : « Il est important d’avoir une majorité forte au Sénat, on ne sait pas ce qu’il va se passer en 2027 », a-t-il clamé pendant son discours, affirmant qu’il « part au Sénat pour défendre cette liberté qui nous est chère ». Pour autant, il a assuré en clôture de son discours, qu’il « ne quitte pas la région ».

    Son intervention s’est conclue avec de chaleureux applaudissements du public, composé d’une grande partie de ses équipes qui avaient fait le déplacement pour l’occasion.

    Le programme des animations

    La Foire accueille de nombreux événements au long du week-end. Dans la journée de samedi, une compétition de Scrabble ainsi qu’une représentation de la comédie musicale Mamma Mia auront lieu. Dimanche après-midi, un casting pour l’émission The Voice est au programme. Enfin, le palais des jeux seront, quant à eux, accessibles sur la Foire tout au long du week-end.

    S.V.

    Informations et programme : foiredemarseille.com

  • [Sénatoriales] La représentation des territoires en jeu

    [Sénatoriales] La représentation des territoires en jeu

    Rarement les collectivités auront eu besoin de trouver un tel écho au sein du Parlement. Au milieu des nombreux défis auxquels sont confrontées les communes, la crainte de nouvelles coupes budgétaires imposées dans le prochain projet de loi de finances renforce d’autant plus l’importance du renouvellement ce dimanche de la moitié des sièges du Sénat, chambre des territoires, dont les 22 sièges en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Au total, 11 555 grands électeurs participeront ainsi au scrutin dans la région, un collège électoral composé des élus du territoire mais aussi des délégués désignés par les conseils municipaux des grandes villes le 5 juin dernier, pour rééquilibrer une représentation favorisant davantage les petites communes. Un vote qui reflétera donc les résultats des dernières municipales, marquées dans la région par une série de victoires de l’extrême droite, de La Seyne à Carpentras. Au moment où le parti lepéniste espère pour la première fois constituer un groupe au palais du Luxembourg en obtenant au moins dix sénateurs, de nombreux regards seront tournés vers le Sud.

    Surtout, ce scrutin considéré comme un pôle stabilisateur de la République est marqué par une explosion du nombre des candidatures. Onze (!) dans le Var, neuf dans les Bouches-du-Rhône, sept en Vaucluse. Des records. Entre dissidences et concurrences, ce sont des appareils politiques locaux qui se désintègrent malgré des appels à l’union dans chaque camp. De quoi complexifier le jeu de ce scrutin, le seul où les électeurs mentent plus que les candidats disait Jean-Claude Gaudin.

    À SAVOIR

    Mode d’emploi

    Dans les départements comptant un ou deux sénateurs, comme dans les Alpes, c’est par un scrutin majoritaire à deux tours que sont désignés les vainqueurs. Dans les autres, c’est un scrutin de liste à la représentation proportionnelle qui s’applique. Les sénateurs sont ensuite élus pour six ans.

    11 555

    grands électeurs voteront dimanche, avec une participation obligatoire sous peine d’une amende de 100 euros. Pour les communes de moins de 9 000 habitants, seule une partie des conseillers municipaux peuvent voter. Au-delà de 30 000, les conseils ont désigné des délégués supplémentaires pour représenter le poids démographique des villes. S’y ajoutent les autres élus du territoire.

  • Le moment de dire stop

    Le moment de dire stop

    Les sénatoriales qui ont lieu ce dimanche dans nos départements sont, dit-on, des élections de spécialistes. Seul scrutin indirect de notre République, elles mobilisent des « grands électeurs » qui sont pour l’essentiel des élus municipaux.

    Et pourtant, la campagne fut étonnamment dépolitisée. De nombreux candidats ont tenté de convaincre en proclamant leur amour du territoire, leur soutien aux communes ou leur proximité personnelle avec tel ou tel maire.

    Un peu court alors que les collectivités ploient sous le poids des contraintes budgétaires imposées par les budgets d’austérité votés au plan national par les députés et… les sénateurs.

    Révolte

    Les candidats de la droite et du centre ne pourront pas esquiver longtemps le débat. S’ils venaient à être élus, c’est sur la copie budgétaire du gouvernement Lecornu qu’ils auront à se prononcer. Voteront-ils les 54 milliards d’économies et les nouvelles coupes notamment sur les moyens dédiés aux collectivités ?

    Les candidats d’extrême droite ont, quant à eux, bien du mal à cacher les votes du RN à l’Assemblée nationale qui ont validé la perte de 4,9 milliards sur la dotation globale de fonctionnement des collectivités en 2026 avec toutes les conséquences connues sur les services publics locaux et la vie quotidienne des habitants dans la ruralité comme dans les grandes villes.

    Alors, austérité stop ou encore ? C’est la question posée aux grands électeurs ce dimanche. Les communes vont-elles se révolter dans l’intérêt de leurs habitants ? Elles disposent des bulletins de rassemblements des progressistes pour le faire.

  • Dans l’Hérault, les mesures concrètes de la liste favorite d’union de la gauche

    Dans l’Hérault, les mesures concrètes de la liste favorite d’union de la gauche

    Renforcée par un accord historique avec le PCF et Place publique (PP), la liste d’Hussein Bourgi (PS) fera-t-elle mieux qu’en 2020 en faisant élire Julie Frêche, en seconde position ? C’est tout l’enjeu pour cette liste d’union de la gauche, qui semble favorite (en tête avec 561 voix en 2020) quand bien même cinq autres listes se revendiquent de gauche (lire ci-dessous). « C’est un accord national PS/PCF. En 2020, le PCF seul avait fait 84 voix. Ensemble, on aurait pu avoir deux élus », calcule le communiste Éric Bringuier, troisième de liste.

    Jeudi 24 septembre à Montpellier, le meeting de clôture en présence du maire Michaël Delafosse (PS), de la maire honoraire Hélène Mandroux et de l’ancien président du Département, André Vezinhet, a fait office de démonstration de force. Mais c’est surtout sur l’écoute et le travail de terrain que mise Hussein Bourgi. « On termine la campagne vendredi à Mauguio. Nous aurons visité autour de 250 communes de l’Hérault », précise le sénateur sortant.

    Avec ses colistiers Julie Frêche et Éric Bringuier qui représentent aussi bien la Métropole de Montpellier que le bassin de Thau, Hussein Bourgi s’est fixé quatre axes principaux. D’abord la défense des services publics qui désertent la ruralité à l’instar de la Poste qui vient de fermer à Aniane ou qui menace de le faire dans des villages du Biterrois. « On a besoin de remettre des emplois de postiers », insiste Éric Briguier. « L’accès à l’hôpital public devient de plus en plus compliqué quand on sort de Montpellier. On ne peut pas gérer un hôpital comme une entreprise privée. » En référence à la fermeture de la maternité de Ganges, le communiste ajoute : « Il est impensable qu’une femme enceinte fasse trois-quarts d’heure de route pour aller accoucher. » « Sans mobilisation des syndicats et de la population, il y a longtemps que l’Agence régionale de santé (ARS) aurait fermé le Service d’accueil et de permanence des soins (Caps) de Lodève », illustre à son tour Hussein Bourgi. Depuis son siège au conseil de surveillance des hôpitaux de Bédarieux, Lamalou et Lodève, l’élu PS défend « le maintien des postes et des amplitudes horaires ». Éric Brinquier conclut qu’il faut « repenser les maisons de santé et réformer l’ARS qui a une vision comptable de la santé ».

    La lutte contre le réchauffement climatique constitue la deuxième priorité de la liste. Interpellé par les agriculteurs dont les cultures souffrent de la sécheresse, Hussein Bourgi veut faciliter auprès de l’État les projets de retenues hivernales du Département de l’Hérault, même s’ils ne font pas l’unanimité. Il propose aussi de donner un statut aux eaux thermales de Balaruc, Avène et Lamalou pour leur réutilisation. « Des milliers de m3 d’eau se perdent qui pourraient servir à l’arrosage. »

    Créer des fonds étatiques

    Contre les pics de canicule, le sénateur PS propose un fonds étatique de 2 milliards d’euros pour aider les communes à réaliser des travaux dans les « écoles passoires thermiques ». Il évoque aussi le cas de la vie culturelle et associative dont les activités dans des salles inadaptées pourraient être mises en sommeil de mai à octobre avec un « risque d’isolement ».

    Avec sa casquette de cégétiste responsable des cheminots de Montpellier, Éric Bringuier, insiste sur le besoin de développer les transports ferroviaires moins polluants. « Un train c’est l’équivalent de 10 bus et c’est plus rapide. Il faut rouvrir des lignes ferroviaires », lance le candidat PCF à l’attention de l’État, unique actionnaire de la SNCF.

    Le troisième axe de campagne est consacré à l’adaptation au vieillissement. Partant d’une étude qui montre que la plupart des chutes des personnes âgées ont lieu à leur domicile, essentiellement dans la salle de bains et la cuisine, Hussein Bourgi demande à l’État la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour adapter les logements à la perte d’autonomie (douches à l’italienne, meubles télécommandables…). « Une personne âgée coûte moins cher à la société chez elle », argumente-t-il. Enfin, pour favoriser l’implantation de médecins dans les zones en tension (y compris les quartiers populaires), l’élu sortant propose une « exonération fiscale » limitée à un ou deux professionnels par commune pour « éviter les effets d’aubaine ». Une idée rejetée par les médecins libéraux. « Certains ont bénéficié de bourses d’études, ils peuvent rendre un peu à la société pendant trois ans », estime le parlementaire.

    Des renforts policiers

    Dernier leitmotiv : la lutte contre l’insécurité et particulièrement le narcotrafic. Co-auteur d’un rapport qui a abouti au vote de la loi Ripost, censée apporter des réponses aux infractions du quotidien, Hussein Bourgi connaît bien le sujet. Il réclame des effectifs de police nationale supplémentaires à Montpellier, Sète et Frontignan. « Il y a besoin de restaurer la tranquillité publique dans certains quartiers, comme l’Ile de Thau à Sète. » À Montpellier, il pense aussi à la sécurisation des transports en commun dont l’utilisation est croissante depuis l’ouverture de la 5e ligne de tramway. « La brigade des transports créée par Michaël Delafosse ne saurait remplacer la police nationale. » Il ajoute qu’il faudrait accroître les capacités d’accueil de gendarmes à Villeneuve-lès-Maguelone, Valras ou Capestang.

    Enfin, Hussein Bourgi se veut actif contre les violences faites aux femmes. Dans la ruralité notamment, il dit avoir repéré des « zones blanches ». « Il manque des dispositifs de mise à l’abri, d’accueil et d’hébergement des femmes victimes de violences. » Le sénateur estime qu’il serait judicieux de « mettre en réseau » l’ensemble des acteurs : hôpitaux, bailleurs, travailleurs sociaux pour améliorer la prise en charge et le suivi des victimes.

    LES AUTRES LISTE DE GAUCHE DANS L’HÉRAULT ET LE GARD

    AURÉLIEN MANENC (DVG)

    LISTE : Territoires d’Hérault unis et solidaires

    Maire de Lunas-les-Châteaux et vice-président de Grand Orb, Aurélien Manenc con- duit une liste divers gauche sur laquelle figure notam- ment Kléber Mesquida. Elle veut porter la voix des communes rurales de l’Hérault.

    CAROLE BERGERI (DVG)

    LISTE : Du terrain au Sénat

    Conseillère départementale du canton de Pont-Saint-Esprit (Gard) et ancienne n°2 de Denis Bouad en 2020, Carole Bergeri mène cette fois sa propre liste divers gauche. Elle revendique une candidature contruite sur le terrain, au contact des maires.

    JEAN-BAPTISTE THIBAULT (LFI)

    LISTE : Faisons entrer le programme du NFP au Sénat

    Adjoint au maire du Vigan (Gard), J.-B. Thibaud conduit la liste autonome de LFI Gard. Il met en avant les moyens des communes, les services publics, l’accès aux soins, l’eau et l’écologie, mais il manque d’ancrage local.

    FLORENCE BRUTUS (PRG)

    LISTE : Pour l’Hérault, une voix libre, utile et engagée

    Vice-présidente de la Région Occitanie et membre du PRG, F. Brutus conduit une liste classée divers gauche. Déjà candidate en 2020.

    AGNÈS GIZARD-CARLIN (Les Écologistes)

    LISTE : Les Écologistes

    Après avoir conduit une liste écologiste aux municipales de Pézenas (Hérault), Agnès Gizard-Carlin mène la liste des Écologistes aux sénatoriales. Une candidature autonome qui entend placer les enjeux environnementaux et territoriaux au cœur du scrutin.

    ALEXIA LAFORGE (LFI)

    LISTE : Faisons entrer le programme du NFP au Sénat

    Conseillère municipale à Castelnau-le-Lez, elle conduit la liste LFI de l’Hérault et défend l’autonomie financière des communes.

    AUDREY IMBERT (Divers)

    LISTE : Engagée pour l’Hérault

    Conseillère départementale du canton de Mèze, Audrey Imbert conduit une liste officiellement classée Divers, en marge des principales formations de gauche. Elle met en avant une candidature de terrain, avec des profils variés du territoire.

  • [Sénatoriales] Le cadeau empoisonné de Fournier à Burgoa

    [Sénatoriales] Le cadeau empoisonné de Fournier à Burgoa

    L’entretien accordé au mensuel d’Objectif Sud (anciennement Objectif Gard) a fait l’effet d’une bombe dans le microcosme politique gardois. Jean-Paul Fournier y affirme d’abord que « pas grand-chose » le sépare aujourd’hui du RN. Puis l’ancien maire de Nîmes pendant 25 ans assume : « Julien Sanchez fait des propositions intéressantes. Avec le recul, il aurait peut-être fallu regarder les choses autrement. (…) Il fallait trouver un accord rapidement. Il y avait des propositions. (…) Il fallait discuter et trouver un accord. »

    Ces propos ont fait l’effet d’un petit tremblement de terre. D’abord parce qu’ils proviennent de l’homme qui avait la main sur la droite dans le département depuis 25 ans. Mais surtout, parce que Jean-Paul Fournier avait, jusqu’ici, toujours tenu le RN à distance, défendant le barrage républicain en refusant la ligne du ni-ni pourtant prônée par son parti et s’était dit « révolté » par l’alliance conclue par Éric Ciotti avec le RN en 2024.

    « C’est un renoncement de plus à la République et à l’intérêt général de celui qui a déclaré, il y a peu, que Nîmes l’intéressait plus que les Nîmoises et les Nîmois. L’amertume et le repli personnel et politique évitent l’inconfort de l’examen de conscience. Nous verrons ce que l’histoire retiendra », a réagi Pierre Jaumain, premier fédéral du PS du Gard. Même indignation du côté de Christian Bastid, premier secrétaire du PCF 30 : « Je condamne ces propos qui montrent le glissement de la droite vers l’extrême droite. C’est très choquant, très inquiétant et ce sont des propos qui vont à l’encontre de tout ce qu’il a toujours dit publiquement. »

    La digue a sauté

    Ces propos ont également indigné la droite gardoise et notamment Laurent Burgoa. La tête de liste (LR) aux élections sénatoriales, alliée pour cette élection avec le centre, a immédiatement rappelé qu’il était contre toute alliance avec le RN. Un sacré caillou dans la chaussure de celui qui est régulièrement la cible de l’extrême droite pour avoir justement refusé toute alliance aux élections municipales.

    Plus largement, la sortie de Jean-Paul Fournier marque surtout le basculement d’une droite dite « républicaine » vers l’extrême droite, qui s’opère du Parlement européen aux collectivités locales en passant par l’Assemblée nationale et le Sénat. Et chaque élection donne l’opportunité aux élus de droite de franchir le Rubicon. Le Gard n’échappe pas à la règle.

    Fournier avait déjà vu son ancien adjoint, Marc Taulelle, rejoindre Reconquête en 2022, puis le parti de Marion Maréchal avant d’intégrer la liste de Julien Sanchez (RN) aux dernières municipales. Il avait ainsi pu retrouver d’anciens collègues de la majorité Fournier. En effet, Monique Boissière (conseillère municipale élue depuis près de 20 ans au sein de la majorité LR), Christine Tournier-Barnier (adjointe déléguée à l’administration générale et élue à Nîmes depuis 2001) et Loumy Bourghol (militante historique de la droite locale) ont rejoint la liste de Julien Sanchez en mars. Tout comme Jean-François Durand-Coutelle, maire de Saint-Geniès-de-Malgoirès, vice-président de Nîmes Métropole et adhérent LR depuis 2020.

    Dernier défecteur en date : Régis Bourelly. Le maire de Saint-André-de-Valborgne, dans les Cévennes, élu sous l’étiquette LR, n’a pas hésité à rejoindre la liste de Sylvie Josserand (RN) pour ces élections sénatoriales. Une prise importante pour le RN qui a bien l’intention de récupérer la place de la droite dans le département. Il est peut-être là le grand remplacement…

  • [Entretien] Michel Crespy : « Une élection personnalisée où tout le monde se connaît »

    [Entretien] Michel Crespy : « Une élection personnalisée où tout le monde se connaît »

    Le scrutin sénatorial dans les départements du Gard et de l’Hérault, dimanche 27 septembre, a un très grand intérêt car il va refléter les résultats des dernières élections municipales. En effet, l’essentiel des grands électeurs sont issus des conseils municipaux nouvellement élus en mars de cette année. Si c’est aussi le cas dans les autres départements concernés par le renouvellement de la moitié des sénateurs. La réélection très confortable de Michaël Delafosse (PS) à Montpellier et, surtout, la bascule de Nîmes à gauche avec l’arrivée à la tête de la mairie et de la métropole de « Nîmes en commun » dirigée par Vincent Bouget (PCF), peut faire progresser la gauche au Sénat.

    La Marseillaise : En quoi ce scrutin est-il important dans l’optique de la présidentielle ?

    Michel Crespy : Pas tellement dans l’optique de la présidentielle avec qui il n’a pas de lien direct mais plutôt dans la suite de l’exercice du pouvoir. Le président élu aura à faire avec le Sénat qui a peu de chance de varier beaucoup et peut ralentir, bloquer ou favoriser les initiatives du futur gouvernement. Plusieurs candidats (Le Pen, Philippe, Attal…) laissent entendre qu’ils voudraient faire des réformes constitutionnelles. Pour cela, il faut avoir un texte conforme voté par l’Assemblée et le Sénat. Ce dernier peut soit bloquer une réforme soit obliger à recourir à l’article 11 [référendum], c’est-à-dire une sorte de coup d’État constitutionnel.

    Dans le Gard, la gauche peut-elle espérer un siège de plus grâce à Nîmes ?

    M.C. : Oui et le RN aussi. Ce sont les deux incertitudes du Gard. Le 3e siège pourrait ne pas rester à la droite. C’est compliqué car le corps électoral est composé de personnes qui connaissent bien la politique : les électeurs connaissent tous les candidats et inversement. C’est une élection moins partisane car peu de grands électeurs sont membres de partis. Elle est très personnalisée car tout le monde se connaît. Il y a des amitiés, inimitiés, convergences d’intérêts. Il y aura des élus de droite ou de gauche qui voteront pour un autre camp.

    À la faveur des villes conquises dans le Gard, le RN peut-il ravir un siège à la droite ?

    M.C. : C’est possible d’autant qu’un certain nombre de maires sans étiquette vont voter RN sans être RN. Pour toutes sortes de raisons : proximité locale, idéologique, amicale, inimitié vis-à-vis des candidats de droite. Les tabous sont tombés et le RN commence à avoir une implantation locale sérieuse avec tous ses conseillers municipaux et des sympathies RN pas toujours affichées aux municipales.

    Dans l’Hérault, le fait que la gauche ait 3 sièges est-il une exception ?

    M.C. : Quelque part oui. Cela ne reflète pas les résultats nationaux des législatives par exemple. Le corps électoral est très déformé aux sénatoriales. Cela tient beaucoup aux personnalités avec beaucoup de gens qui se connaissent. J’ai rencontré des gens qui ne sont pas de gauche mais considèrent que Hussein Bourgi [socialiste] a fait le boulot.

    Le retrait de 2 sortants, Christian Bilhac (PRG) et Henri Cabanel (divers gauche / ex-PS) est-il un élément qui rebat les cartes dans l’Hérault ?

    M.C. : Oui parce que les sortants ont des voix personnelles. Ils ont noué des liens avec des élus. Ceux qui les remplacent, on les connaît moins. Les votes ne se reportent pas automatiquement sur le remplaçant. La présence de Kléber Mesquida [président socialiste du Département de l’Hérault] sur la liste Manenc peut peser aussi.

    Il se murmure que Jean-Pierre Grand serait en difficulté…

    M.C. : C’est difficile à savoir parce que dans le secret des urnes… On peut penser que Jean-Pierre Grand peut être en difficulté car il y a plus de candidats de droite. Qu’il est concurrencé par Joseph Francis qui a noué des liens avec plusieurs municipalités dans le pourtour montpelliérain. Il y a aussi l’usure (sénateur depuis 2014 et âgé de bientôt 76 ans) qui finit par jouer. Le Sénat avait la réputation d’être une sorte d’Ehpad, c’est beaucoup moins vrai à l’heure actuelle. La perte de Castelnau-le-Lez sera autant d’électeurs en moins. Son départ des Républicains [chez Horizons désormais] n’est pas forcément un atout. La droite a perdu Agde, c’est compliqué à Sète… Il n’est pas impossible que Jean-Pierre Grand soit battu.

  • [Entretien] Cathy Chaulet, maire de Saint-Privat-de-Champclos : « On n’a pas le droit de la jouer perso »

    [Entretien] Cathy Chaulet, maire de Saint-Privat-de-Champclos : « On n’a pas le droit de la jouer perso »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Cathy Chaulet : Bien. Nous avons un bon accueil dans les communes. Nous avons une équipe unique, collective, combative et à l’écoute. On sillonne le département, soit par des rendez-vous individuels, soit par des réunions entre grands électeurs. On essaye d’être chaque fois le plus nombreux possible, si on peut y aller à 5 on y va à 5. Après, nous sommes des élus locaux, donc nous connaissons aussi d’autres élus et les spécificités liées à nos territoires.

    Quelles sont les attentes des élus et des maires que vous rencontrez ?

    C.C. : Ce qu’ils demandent en priorité, c’est de la simplification administrative, des allègements, et de l’autonomie financière. Ils souhaitent un peu plus de décentralisation mais avec des moyens. Ils veulent qu’on n’ait pas un État contraignant, mais un État qui soit facilitateur. C’est particulièrement demandé dans le cadre des appels à projets. Ensuite, ils demandent de la confiance, que l’on fasse confiance aux élus locaux qui sont quand même au cœur des réalités du quotidien et de la proximité. Enfin, ils réclament la défense des services publics, un sujet très important pour notre liste que nous portons depuis longtemps. Les communes ne réclament pas des privilèges mais d’être simplement entendues, écoutées, parce qu’elles sont au cœur des réalités de ce que vivent les Français, que ce soit en ville ou à la campagne.

    Ce sont des thématiques où la gauche a des idées à faire avancer…

    C.C. : On essaie de peser fort sur ces thèmes. Mais la simplification c’est facile de l’annoncer, après il faut la traduire. Parce que parfois, il y a des décrets qui n’arrivent pas. Il faut surtout parvenir à prendre en compte cette richesse d’expérimentation qui fait que l’on ne peut pas appliquer les mêmes choses en Bretagne que sur le pourtour méditerranéen ou simplement entre Saint-Privat-de-Champclos et Nîmes.

    Quels sont les autres axes de votre campagne ?

    C.C. : Nous voulons défendre les communs, l’eau, l’air, les sols… parce que c’est l’essentiel. Même si c’est peut-être une utopie, nous souhaitons une non-marchandisation de ces communs. C’est très important, surtout dans un contexte de changement climatique qui fait que tous les secteurs du quotidien et l’ensemble des citoyens sont impactés, que ce soit l’habitat, les bâtiments, qu’ils soient scolaires ou qu’ils soient municipaux, que ce soit la santé, que ce soit les conditions de travail des salariés à l’extérieur comme à l’intérieur… Il y a des enjeux face à la déprise agricole qui pose la question de la prévention des incendies et qui pose la question des moyens de la sécurité civile. Ce sont des sujets transversaux qui reviennent régulièrement dans la bouche des élus. Aujourd’hui, cette transition est à défendre, et c’est même le défi de demain.

    Sur ces sujets, qu’apporte votre expérience de vice-présidente du conseil départemental du Gard en charge de l’agriculture ?

    C.C. : J’ai peut-être une écoute différente et une plus grande expérience. Mais je suis issue de ce monde de paysans, issue de cette ruralité. J’y suis née, j’y ai grandi et j’y vis. Toutes ces questions sont au cœur de mon mandat, au Département mais aussi de mon mandat de maire. Je pense que c’est donc la réalité et le quotidien de beaucoup d’élus. Chez moi, je suis atterrée de ce que je vois. J’avais une commune complètement agricole, et aujourd’hui il ne reste plus personne. Le peu qu’il y a ne gagne pas sa vie, y compris sur la lavande et le lavandin. Aujourd’hui, ces plantes plutôt résistantes sont mises à mal.

    Sur un plan plus politique, pensez-vous aujourd’hui que le troisième siège de ces élections sénatoriales dans le Gard se joue entre vous et le Rassemblement national ?

    C.C. : C’est difficile à dire mais j’ai très peur. On se bagarre. La présidente du Département, Françoise Laurent-Perrigot (PS), a raison de dire que le vote utile c’est le vote de la liste du Gard en commun, parce que c’est le seul moyen d’envoyer une sénatrice de gauche au Sénat. Tout le reste, ce sont des voix perdues et des voix qui feront les beaux jours du RN. La bataille va être compliquée mais on se bagarre pour aller arracher ce siège en réaffirmant que le vote utile, c’est le vote Bouad. Surtout que, quand on entend aujourd’hui les débats du Rassemblement national et cette volonté de changer la Constitution, on se dit qu’il faudra qu’au Sénat, il y ait un peu plus de gens qui pèsent pour que tout ne leur soit pas ouvert. Et quand on voit le glissement de la droite, on est en droit d’avoir peur. On a rencontré beaucoup de maires, on est allé dans des endroits franchement pas faciles pour la gauche, mais on n’a pas l’impression que les maires sans étiquette soient proches du Rassemblement national.

    Dans ce contexte, que pensez-vous de la candidature de Carole Bergeri qui est également vice-présidente du conseil départemental du Gard ?

    C.C. : Dès lors qu’on fait partie d’un collectif et d’une majorité départementale, les aventures individuelles ne doivent pas être au rendez-vous. Sinon, on ne peut pas dire qu’on fait de la politique et qu’on est là pour l’intérêt commun et l’intérêt général. Quand on a en face six députés d’extrême droite, plus un septième qui est au Parlement européen, et quand on voit le résultat des élections municipales, on n’a pas le droit de la jouer perso.

  • Jérémy Bacchi : « Colère et indignation »

    Jérémy Bacchi : « Colère et indignation »

    Jérémy Bacchi (PCF) est sorti de ses gonds à l’annonce de la volonté du président de la Métropole d’annuler toutes les gratuités dans les transports dont celle de l’ex-Pays d’Aubagne. « Je ressens beaucoup de colère et d’indignation », indique-t-il à La Marseillaise. Scandalisé sur le fond, il l’est aussi sur la forme : « Le maire d’Aubagne apprend cela par voie de presse, c’est totalement inacceptable et irrespectueux. Comment parler de Métropole des maires quand on a cette attitude ? »

    « On nous explique que c’est pour faire des économies sur la fin de l’exercice 2026 puisqu’il faut trouver 53 millions d’économies. Mais comment la Métropole va-t-elle installer toute la billettique et recruter des dizaines de contrôleurs dans ces conditions et à quel coût ? », interroge-t-il.

    Pour le parlementaire, « c’est une mesure purement idéologique prise dans un contexte de flambée des prix du carburant. Mettre fin à la gratuité, c’est un non-sens économique, social et environnemental ».

    Jérémy Bacchi ne veut pas en rester là. « Ce qui a été annoncé peut être défait », affirme-t-il en appelant à la mobilisation des élus toutes couleurs politiques confondues et de la population.

    L.P.

  • [Entretien] Hervé Granier : « Nous parlons le même langage »

    [Entretien] Hervé Granier : « Nous parlons le même langage »

    La Marseillaise : Quel bilan tirez-vous de cette campagne ?

    Hervé Granier : Nous avons été bien reçus, dimanche, les grands électeurs auront la liberté de choisir qui ils veulent. Mais nous sommes la seule liste avec trois maires en position éligible, c’est ce qui nous différencie. Nous parlons le même langage.

    Entre les pressions et certains mots, la campagne n’a pas été trop dure ?

    H. G. : Bien sûr. Nous ne méritons pas d’être traités d’amateurs, d’autant plus que nous avons mené notre campagne de manière très propre, nous n’avons critiqué personne. Derrière, les querelles internes, les investitures, cela ne nous regarde pas. Mais si un amateur gagne les municipales deux fois, je souhaite à tous de l’être. Parce qu’il y en a qui ont perdu des élections.

    Que proposez-vous ?

    H. G. : Ce que je propose, c’est le cumul des mandats, de s’attaquer aux différents sujets pécuniaires des communes, à l’empilement des normes. Pour les sujets nationaux, nous travaillerons ensemble avec les maires. Mais les grands électeurs ont besoin d’entendre un discours qui les concerne tous les jours : le statut de l’élu, les indemnités… Quand on sait que des maires gardent leur activité parce qu’ils gagnent 1 500 euros par mois alors qu’ils restent jusqu’à 22h en mairie !

    La Métropole s’est invitée dans la campagne…

    H. G. : Je porte la voix de mon président, Nicolas Isnard. Quand la tempête arrive, il ne faut pas se disperser, il faut être solidaires. Mais je respecte le choix des uns et des autres, chacun défend sa ville de la meilleure des manières possibles. On a fait des promesses à nos administrés, cela va être compliqué de les tenir avec le désengagement de l’État…

    Qui va vous succéder à Gardanne si vous êtes élus ?

    H. G. : Mon premier adjoint.

  • L’avenir de la majorité débattue en conseil municipal de Gardanne

    L’avenir de la majorité débattue en conseil municipal de Gardanne

    Dernier conseil municipal pour Hervé Granier (LR) avant de savoir s’il laissera le siège de maire pour celui de sénateur. Le maire, à la tête d’une des neuf listes en lice dans le département vers le palais du Luxembourg pourrait quitter ses fonctions s’il est élu dimanche. Sa candidature (LR) avait été décriée par l’opposition de gauche, menée par Jean-Marc La Piana, mais aussi par le PCF. L’un et l’autre dénonçant respectivement un « manque de considération pour les électeurs » et l’absence de défense des collectivités locales, qu’Hervé Granier entend défendre dans les hautes sphères. Avant le vote des délibérations locales à l’ordre du jour, le sujet n’a pas manqué d’être remis sur la table.

    Le débat est lancé par la lecture d’un communiqué de l’opposition à gauche, par la voix de sa tête de liste, rappelant avoir appris « avec stupeur votre décision de vous présenter aux élections ». Une surprise, selon ses mots, « pour beaucoup, même chez certains de la majorité. Vous savez, tout se sait », introduit Jean-Marc La Piana. Et, alors que les débats sur la fin de vie et les soins palliatifs reprenaient cet été à l’Assemblée nationale, le fondateur de La Maison, rappelait aussi sa définition d’un sénateur : « Porter la voix des Français sur les enjeux de notre société. » Premier tacle sur cette candidature : « l’augmentation de l’indemnité des élus », sur le podium des propositions portées par la liste. Hors sol, pour l’opposition, au sortir de canicules et d’une situation économique nationale tendue. « Je suis très inquiet de voir le fossé qu’il existe entre vos propositions et les enjeux », déroule Jean-Marc La Piana. Second point de tension, le « choix de proposer votre premier adjoint pour vous succéder (…) si ce choix se confirmait, je vous le dis sincèrement, Monsieur le maire, une fois n’est pas coutume, nous allons vous regretter ». Et à Hervé Granier de répondre : cela a pu « heurter la population, qui a voté pour le maire, [mais] je dis qu’on a voté pour un groupe d’élus ». Avant de réitérer qu’en cas de victoire, Gardanne serait représentée « au national. Quand M. Roger Meï (PCF) avait été élu maire, il avait apporté une plus-value à notre ville. Pourquoi je n’en apporterai pas si je devenais sénateur ? » Et de demander, à son opposant, s’il avait été élu maire en 2020 et sollicité pour devenir ministre de la Santé, aurait-il refusé ? « Je n’abandonne pas la population », répète Hervé Granier, qui estime que si élu, « je pourrais apporter cette plus-value comme Meï l’a fait dans son temps ». « Sur ce dernier point, insiste son opposant, certains ont certaines fonctions, qui ne sont pas forcément interchangeables. » Avant d’adresser, au premier adjoint : « Ce n’est pas vous, qui avez le plus d’empathie dans la relation avec les gens. » Un dernier tacle.