Tag: sécurité

  • Un délai pour classer Arcelor comme site amianté

    Un délai pour classer Arcelor comme site amianté

    La CGT crie au scandale sanitaire. Après avoir engagé une procédure pour faire classer l’usine fosséenne d’ArcelorMittal comme site amianté en mars dernier, ce lundi 17 novembre, le syndicat a évité de peu un refus du ministère du Travail et a obtenu un délai pour pouvoir apporter des pièces justificatives supplémentaires.

    Zidane Merabet, responsable syndical CGT au pôle juridique, explique : « On avait 479 salariés bénéficiant d’un suivi médical renforcé en lien avec l’amiante début 2025 sur les 2 300 du site. » Près de 150 travailleurs se seraient rajoutés à cette liste dans le courant de l’année. « Sur ces 600 personnes, le ministère a dit qu’il ne savait pas combien étaient exposées de manière quasi quotidienne aux matériaux amiantés. »

    Dans un courrier envoyé à La Marseillaise le 14 novembre, la direction d’Arcelor détaillait : « Les salariés de l’établissement dont le classement est demandé doivent en effet effectuer une activité significative de calorifugeage [une isolation thermique ou acoustique appliquée aux tubes ou conduits, Ndlr] à l’amiante. Or, les salariés de l’établissement de Fos [n’en] effectuent pas. »

    Un mensonge, selon la CGT, qui accuse l’aciériste de faire de la « rétention d’informations ». Le syndicat affirme avoir des preuves « factuelles et irréfutables » de l’exposition « quasi quotidienne » à l’amiante de 30% de la masse salariale. « Ce sont des documents qui nous ont été présentés par la direction lors de comités sociaux et économiques ou de commissions de santé, sécurité et conditions de travail qui montrent des carences, suite à des alertes de danger grave et imminent et des alertes de droits environnementaux qui émanaient de la CGT », assure Zidane Merabet.

    Au-delà du classement du site, qui permettra aux travailleurs exposés d’obtenir réparation, le syndicat demande une cartographie amiante complète du site et son renseignement dans le document unique d’évaluation des risques professionnels.

  • Des travaux à venir pour réhabiliter le mur du jardin de la colline Puget

    Des travaux à venir pour réhabiliter le mur du jardin de la colline Puget

    Un échafaudage est en cours de montage sur le mur de soutènement du jardin de la colline Pierre-Puget, rue du Commandant Surian (7e), un mois après la chute d’éléments sur la voie publique ayant conduit à l’interdire aux véhicules, ce qui perturbe grandement la circulation déviée du coup sur la rue Grignan.

    S’agissant d’un mur qui soutient les terres du jardin municipal de la colline Puget, son entretien incombe bien à la commune. Il a été observé la « présence abondante de végétaux dans la maçonnerie » constate l’arrêté municipal du 16 octobre édictant un périmètre de sécurité. Un figuier a réussi à s’épanouir, signe d’une absence prolongée d’entretien depuis dix ans comme le montrent les vues de GoogleView. La direction des bâtiments et équipements communaux pilote à présent les travaux à venir pour dégager la végétation, réparer la tête de mur en moellons et rejointer les pierres. Le mur de cette rue percée en 1808 dans l’ancien rempart de Louis XIV jouit d’une protection au titre du site patrimonial remarquable de Marseille.

  • À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    Sans faire de bruit, Rognac, 12 335 habitants, cité dortoir et ouvrière par excellence, est passée, il y a un an, aux mains du Rassemblement national. Trente ans après ses succès à Marignane et Vitrolles, à quelques kilomètres de là, l’extrême droite est revenue aux manettes.

    Les municipales anticipées tenues les 17 et 24 novembre 2024 après des démissions en cascades au conseil municipal, ont été un fiasco pour la liste de la maire (UDI) sortante, Sylvie Miceli-Houdais, qui avait pris la succession de Stéphane Le Rudulier (LR) devenu sénateur.

    Réunissant 13,84% des votants, elle était arrivée en troisième position, loin derrière Willy Nicollet (DVD), son adjoint à la sécurité (34,65%), et Christophe Gonzalez (RN) arrivé en tête (38,24%) à l’issue d’une quadrangulaire mortifère. Un novice, débarqué au RN un an plus tôt qui a bénéficié de l’étiquette et du soutien affiché des ténors nationaux du parti d’extrême droite.

    Mais ce désaveu des citoyens est surtout le fruit des scandales qui ont éclaboussé la gestion de Sylvie Miceli-Houdais et celle de son prédécesseur. Un rapport de la Chambre régionale des comptes rendus public cet été, a dépeint cette gestion municipale à la dérive, de 2019 à 2024.

    Les magistrats y pointaient un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services vacants durant deux ans, un cabinet du maire pléthorique, des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux, ou bien encore des frais de mission comportant l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat…

  • Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    « Ce banc, c’est une invitation à la rencontre, à s’asseoir côte à côte, comme un premier pas vers la paix », sourit Laura Sahin, co-responsable de la section sud de l’association Les Guerrières pour la paix. Sur la corniche Kennedy, à côté de la plage du prophète, une cinquantaine de personnes se sont réunies, ce jeudi, pour inaugurer la mosaïque de l’association. Un banc de la paix qui a d’autant plus de sens qu’il fait face à la Méditerranée, « une mer témoin des conflits qui frappent ses rives, en Israël, en Palestine, en Ukraine, en Syrie, au Liban », insiste la responsable.

    Débuté en octobre, le projet a été porté par l’association Les Guerrières de la paix, fondée en 2022 par Hanna Assouline, qui rassemblent des femmes juives et musulmanes pour promouvoir un discours de paix et la place des femmes dans ces processus. C’est en partenariat avec l’artiste Paola Cervoni, qui réalise les mosaïques de la corniche, et les élèves de l’école de la Seconde chance que ce banc a été réalisé.

    Pendant 2 mois, tous les mardi, élèves et bénévoles de l’association se sont retrouvés pour discuter de la paix et créer ce dessin de pierre, qui représentent une femme qui souffle les colombes de la paix. « ça fait chaud au cœur de voir le résultat », sourit Fadela Omari, guerrière de la paix.

    C’est donc un message d’apaisement et de solidarité que les guerrières de la paix et Ali Abu Awwad ont voulu porté, ce jeudi, jour du 10e anniversaire des attentats de Paris. « Dans un moment de grande fracture, où le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie montent, on a voulu recréer un espace commun et de dialogue », insiste Hanna Assouline, fondatrice de l’association. Un message de paix partagé par le fondateur de l’association palestinienne Taghyeer : « il faut que l’on soit pro-solution, pour que les Israéliens et les Palestiniens puissent vivre libres, dignes et en sécurité. »

    L’inauguration de ce banc a été suivi par la projection du film Résister pour la paix, au musée d’art contemporain de Marseille. Un film co-réalisé par Hanna Assouline, avec Sonia Terrab, sur des hommes et des femmes qui résistent pour la paix en Israël et dans les territoire palestiniens.

    Le pacifisme comme solution

    Militant pacifiste palestinien, Ali Abu Awwad lutte pour une solution à deux états.

    Une des façons d’agir de manière la plus juste pour nous [les Palestiniens], c’est en faisant de la non-violence notre identité, car nous n’avons pas d’état et le monde entier nous critique si l’on résiste militairement. » C’est la conviction d’Ali Abu Awwad, fondateur de l’association palestinienne pacifiste Taghyeer. Né près de Hébron, en Cisjordanie, il y habite toujours « entouré de grillages et de checkpoints où personne ne peut se déplacer librement ou travailler ».

    C’est pour lutter contre cette réalité qu’il crée Taghyeer (changement en arabe), pour promouvoir une solution non-violente à la guerre Israélo-palestinienne. « Je ne veux pas résister à l’occupation, je veux y mettre fin. Pour cela, il faut une action stratégique qui donnera à mon peuple sa liberté. » Il défend donc une solution à deux états, avec une reconnaissance mutuelle et la libre circulation des populations « pour que les deux peuples puissent vivre libres et en sécurité sur cette terre ».

  • Marseille poursuit le déploiement des caméras

    Marseille poursuit le déploiement des caméras

    Les derniers raccordements réalisés, le dôme de la caméra est enfin installé au-dessus du portail de l’école de Montolivet (12e arr.). Un mois après avoir obtenu le feu vert du préfet de région pour installer 300 caméras de vidéosurveillance de plus, comme le révélait La Marseillaise (notre édition du 22/10), la municipalité phocéenne a convié la presse, ce jeudi après-midi, afin de mettre en avant son action en matière de sécurité.

    « Ici, nous sommes sur une école qui paraît apaisée, mais les riverains ont parfois soulevé une vitesse excessive, du stationnement gênant à la sortie des classes », explique l’adjoint (PS) à la Sécurité, Yannick Ohanessian. Et d’enchaîner : « Désormais, cette caméra sera immédiatement opérationnelle. » Et s’ajoutera ainsi dans la liste des 500 qui avaient été prévues dans le plan Marseille en grand, dont plus de 400 ont déjà été installées. De quoi porter à près de 2 000 leur nombre dans toute la ville, contre 1 558, il y a quatre ans.

    Pas d’IA sous le dôme

    Les alliés écologistes du Printemps marseillais avaient beau critiquer ces installations, l’adjoint élu dans le secteur assume : « Ce n’est pas l’alpha et l’oméga en matière de sécurité, mais c’est un outil parmi les autres. Cet été, grâce à nos caméras, nous avons réussi à interpeller un individu qui s’apprêtait à commettre des violences sexuelles ! » D’autant plus que les effectifs ont été presque doublés au centre de supervision urbain, pour atteindre près de 70 agents. Les leçons de l’audit réalisé par la mairie ont aussi été tirées, avec des implantations décidées par la police nationale. Mais sans vidéosurveillance algorithmique, malgré les pressions d’un secteur en quête de nouveaux marchés. Et sans retirer les caméras inutiles de l’ancienne mandature, en raison du coût de l’opération.

    Militant pour toujours plus de caméras, la droite n’en a pas moins critiqué leur implantation à Montolivet. « Je dénonce une pose à quelques mois des municipales faite de manière hasardeuse », déplorait, mercredi, le maire (LR) du secteur, Sylvain Souvestre, regrettant un « gaspillage d’argent ». « J’en ai ras-le-bol de ces discours d’un maire de secteur en fonction pendant des années, ils n’ont jamais été capables de poser la moindre caméra ici », réagit vertement Yannick Ohanessian. La campagne est lancée.

  • L’État face au casse-tête Pissevin à Nîmes

    L’État face au casse-tête Pissevin à Nîmes

    La Chambre régionale des comptes d’Occitanie a publié, le 21 octobre, un audit « flash » sur l’opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national (Orcod-In) menée à Pissevin, l’un des quartiers les plus pauvres de France. Derrière ce dispositif d’État censé redonner souffle à un territoire miné par la précarité, les trafics et les immeubles délabrés, les magistrats financiers pointent de multiples difficultés de gouvernance et un modèle économique jugé « potentiellement sous tension ».

    Avec ses 11 000 habitants, ses tours vieillissantes et ses 57 % de logements privés, le quartier Pissevin-Valdegour incarne les impasses d’une urbanisation des années 1960. Le revenu médian y plafonne à 11 470 euros par an, le chômage atteint près de 50 % et le taux de pauvreté dépasse 70 %. La dégradation du bâti est telle que certaines copropriétés, comme Soleil Levant ou Lou Cigaloun, affichent plus de 50 % d’impayés de charges. Le rapport évoque « des pathologies économiques, sociales, bâtimentaires et sécuritaires cumulées. »

    Face à cette situation, la Ville de Nîmes avait sollicité en 2018 la création d’une Orcod-In, un outil prévu par la loi Alur pour traiter les copropriétés dégradées et les causes exogènes de leur déclin. L’État a confié sa mise en œuvre à l’Établissement public foncier d’Occitanie (EPFO), avec pour missions la lutte contre l’habitat indigne, l’accompagnement social et foncier, ainsi que la démolition des bâtiments les plus insalubres. Douze copropriétés et la Cité Matisse, emblème du quartier, font partie du périmètre d’intervention.

    Un modèle fragile

    L’audit note que « la réussite de cette opération est sous-tendue par de forts enjeux de gouvernance, de coordination et de bonne information des partenaires ». Or, plusieurs engagements conventionnels, notamment ceux de la Ville de Nîmes et de Nîmes Métropole, n’ont pas été respectés ou l’ont été tardivement. Les magistrats dénoncent aussi une « comitologie foisonnante » où se croisent État, collectivités, bailleurs, syndics et acteurs privés aux intérêts parfois divergents. Le rapport relève enfin que « les missions d’intérêt général se heurtent parfois à des intérêts économiques », qu’il s’agisse des réseaux criminels liés aux trafics ou de certains investisseurs immobiliers spéculatifs.

    Estimé à 180 millions d’euros sur quinze ans (2023-2037), le coût global de l’opération repose en majorité sur les financements de l’État et de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), à hauteur de 93 %. « L’épargne nette et la trésorerie de l’EPFO sont sollicitées par d’autres projets », avertit la CRC, ajoutant que « les dépenses liées à l’Orcod-In apparaissent complexes à anticiper ». Déjà, les dépenses engagées (12 M€) dépassent les prévisions initiales (9 M€).

    Dans sa réponse à la Chambre, la directrice de l’EPFO, Sophie Lafenêtre, reconnaît que les difficultés de projection sont aggravées par « la très grande variation du climat sécuritaire ». Les fusillades à Pissevin ont entraîné « des vagues de départs de locataires et des demandes massives de vente ». Le rapport conclut que la réussite du dispositif dépendra autant de la stabilité de ses financements que de sa capacité à surmonter les tensions entre acteurs publics et privés, dans un quartier en quête de renaissance.

  • La gauche fait du droit à la sécurité pour tous une priorité à Toulon

    La gauche fait du droit à la sécurité pour tous une priorité à Toulon

    Pas question pour la liste d’union des forces progressistes du Port du Levant d’occulter un thème trop longtemps laissé dévoyé par la droite et l’extrême droite, qui ne l’appréhendent que par le seul volet répressif. D’autant que ce sujet occupera encore une large place dans la campagne des prochaines élections municipales, partout en France. La sécurité est un droit que la gauche entend bien défendre, sans idéologie ni angélisme, mais avec efficacité, en prenant le problème dans son entièreté. Sans oublier donc la partie prévention, de manière à intervenir en amont, avant que les faits répréhensibles soient commis.

    « La sécurité est un bien public, un service public et fait donc partie tout naturellement des combats de la gauche et des progressistes. Nous attendons que nos concitoyens puissent vivre dans un territoire où on prend soin d’eux », explique en introduction la tête de liste de Toulon en Commun, Magali Brunel (PS), en revenant à l’éthologie latine du terme.

    « La sécurité est une valeur profondément républicaine : elle garantit la liberté, l’égalité et la dignité », a embrayé Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT Police, en précisant justement que « quand la gauche se tait, d’autres occupent le terrain avec la peur et le repli ». Et de poursuivre : « Le problème central, aujourd’hui, n’est pas une explosion de la délinquance, mais un désengagement de l’État. Les services publics de la sécurité s’affaiblissent, les effectifs stagnent et les communes tentent de combler les manques. Résultat : une sécurité à plusieurs vitesses, inégalitaire et territorialisée. »

    Un bien public

    Une situation à laquelle les communes essaient de répondre, à leur niveau et lorsqu’elles en ont les moyens, par une augmentation du nombre de policiers municipaux et l’installation de vidéosurveillance.

    À Toulon, par exemple, on compte 142 agents municipaux, 377 caméras de vidéoprotection (+38% depuis 2017) et un budget sécurité de près de 9 millions d’euros par an. Un effort considérable, mais qui ne permet pas pour autant de compenser le recul de l’État en matière de sécurité publique.

    « On considère que la sécurité est réellement une thématique que la gauche doit se réapproprier », pose Sébastien Cote, adjoint au maire de Montpellier, en rappelant que « la personne qui a fait le plus de mal à la sécurité en France, depuis 15 ans, c’est Nicolas Sarkozy, celui qui a supprimé le plus de postes de policiers, le plus de postes de magistrats ». Cette municipalité de gauche a également considérablement augmenté le nombre de policiers municipaux, ainsi que le nombre de caméras.

    Des solutions qui trouvent leurs limites. Le syndicaliste insiste sur le fait que moins de 3% des enquêtes aboutissent grâce aux caméras, pour un coût de 10 000 d’euros d’installation et 3 000 à 5 000 euros par an d’entretien.

    Pour autant, les villes disposent d’autres leviers d’intervention, souvent insuffisamment activés. Pour la CGT Police, le premier est de privilégier la présence humaine à la technologie. Mais aussi d’associer syndicats, associations et habitants. Et ainsi transformer la police municipale héritée en un outil de lien social, formé à la médiation et à la prévention, en articulation avec la police nationale et les services publics.

    Un point de vue partagé par Yannick Ohanessian, adjoint à la Tranquillité publique de Marseille, qui évoque « une hyperproximité pour mieux comprendre les besoins des gens et répondre à leurs sollicitations ».

    La maire PCF d’Échirolles (Isère), Amandine Demore, a aussi dénoncé le désengagement de l’État dans ce service public et l’inégale répartition des commissariats sur le territoire national. Et de conclure : « La police municipale est la dernière police de proximité qui nous reste. »

  • Le chantier naval Gatto contribue à renouveler la flotte de la SNSM

    Le chantier naval Gatto contribue à renouveler la flotte de la SNSM

    « Tout ça pour que la mer n’ait pas le goût des larmes », glisse Patrick Gatto dans un élan de poésie, le regard planté sur la vedette blanche et orange amarrée à quai, sur le canal de Caronte. Le petit bateau de 12 mètres vient de sortir de son chantier naval. « Ça commence avec des fûts de résine, puis il faut cinq mois et sept hommes et ça donne ce bateau en polyester ! », résume le chef d’entreprise.

    Destiné à la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), ce bateau conçu pour des interventions rapides dans la bande des 10 milles nautiques a plus de caractéristiques que simplement celle d’être en polyester : il est « insubmersible et auto-redressable ». À l’intérieur, les technologies de pointe ornent les postes de commandement, entre caméras thermiques et logiciels de dernière génération.

    La vedette fait partie d’un lot de douze bateaux inscrit dans un « plan de renouvellement de notre flotte vieillissante », explique Martin Louchart, responsable du soutien technique de la SNSM. Pour une vedette comme ça, « le prix de base est d’un million d’euros », assure Patrick Gatto.

    Pour son financement, l’association a pu compter sur la CMA-CGM, engagée pour la sécurité maritime, particulièrement depuis le drame des Sables-d’Olonne qui avait coûté la vie à trois sauveteurs en 2019, détaille Xavier Leclercq, vice-président du groupe, qui ne souhaite pas préciser le montant du don. Quoi qu’il en soit, cette générosité est « vitale » pour la SNSM, qui fonctionne à 60% grâce à cette solidarité des particuliers et des entreprises. Pour rappel, les dons sont défiscalisés à hauteur de 66%.

  • Les copros en crise se prennent en main à Marseille

    Les copros en crise se prennent en main à Marseille

    Un mur de soutènement qui faute d’entretien conduit au péril et nécessiterait des travaux à hauteur de 600 000 euros à la Mazenode (11e). Des réparations d’ascenseurs à plus d’un million à Bel Ombre (11e). Des factures astronomiques pour des chantiers non réalisés à la Sauvagère (10e). Une dette abyssale de 3 millions d’euros à la Maurelette (15e) et 18 millions d’euros de travaux pour lever l’arrêté de péril. Et toute ces cités placées en cessation de paiement…

    C’est un véritable « système » que sont venus dénoncer des co-propriétaires dont les logements se dégradent lentement ce lundi 10 novembre devant le Palais de justice. « Notre syndic nous a placés en redressement, nous sommes venus contester cette décision », explique Radhouane, secrétaire d’une association créée au nom des propriétaires et habitants de la Mazenode. Leur bâtiment abrite 106 logements sur les 500 que compte la résidence. Tout a basculé en avril, quand ils apprennent que l’état d’un des murs jouxtant l’immeuble a déclenché un arrêté de mise en sécurité, entraînant un chantier de taille. « Ce n’est pas un refus de payer mais nous demandons comment nous en sommes arrivés là, et nous ne voyons pas pourquoi il faut démolir et reconstruire. Rien ne nous démontre que c’est nécessaire, nous n’avons pas voté cette résolution », explique Radhouane, évoquant un conseil syndical incompétent et un syndic négligeant. Syndic qui s’est désengagé au profit d’un administrateur judiciaire, AJAssociés, concentrant nombre de dossiers marseillais.

    Un scénario qui se reproduit, déplorent les manifestants. « C’est toujours la même spirale », raconte Mohamed venu de Bel Ombre, « les bâtiments s’abiment, l’insalubrité s’installe, les réseaux de drogue aussi », avec des atteintes « à la dignité humaine » quand les habitants sont coincés en haut de leur tour, faute d’ascenseur. À la Maurelette, Ahmed décrit un syndic « qui ne respecte pas son mandat », un administrateur qui laisse courir et « va finir le travail » par « la revente à des prix dérisoires ».

    Unis, ils réclament dans une lettre ouverte commune de la transparence, un contrôle renforcé des syndics, un encadrement des mandataires, s’interrogeant sur leur rémunération et leurs « pratiques peu lisibles et difficilement justifiables ». Et en appellent à l’action des collectivités et de l’État.

    Des dossiers à la pelle

    Du côté d’AJAssociés, on déplore des recours bien trop tardifs. « Après une ou plusieurs années d’impayés, les situations sont complexes », indique-t-on. Et de confirmer que l’administrateur judiciaire devient le seul maître à bord quand il est désigné par le tribunal car « les co-propriétaires n’ont pas été capables de gérer ». Quand on lui demande quelle est sa marge de manœuvre, AJAssociés dit avoir accès à des aides. « Prenons Bel Ombre, ils ont eu droit à 50% du montant des travaux pour les ascenseurs, estimé à 1,7 millions TTC, payés par l’État », précise-t-on. À la Maurelette, « dans un parc privé, ce sont 18 millions qui sont injectés », insiste-t-on. Quant au nombre de dossiers dont l’administrateur judiciaire a la charge, il va effectivement croissant. De quelques-uns « lors de notre arrivée à Marseille en 2017, nous sommes passés à 10 ou 15 de plus après la rue d’Aubagne ». Il y a eu aussi le rachat par Foncia, un des leaders du secteur, d’énormément de syndics. Le temps de « faire le tri », les copros les plus problématiques comme le Mail, la Sauvagère, Bel Ombre, sont passées sous administration provisoire. La loi du 9 avril 2024 où le syndic peut être condamné s’il ne demande pas de « mandat ad hoc » en cas de difficulté financière, en clair une mesure de protection avant d’arriver à la cessation de paiement, a aussi joué. Si AJAssociés s’est lancé dans ce secteur c’est parce que « sa structure nationale » le lui permet, ses « autres missions » comme le redressement des entreprises lui donnant l’assise financière en attendant de récupérer la mise avec des procédures. Et de se féliciter que les co-propriétaires se mobilisent, même s’ils auraient « dû le faire avant et payer leurs charges. » « Le pouvoir est entre leur main » estime-t-on.

  • La Valette en Action fustige des carences de sécurité

    La Valette en Action fustige des carences de sécurité

    Le parvis et les bâtiments de l’espace culturel Albert-Camus fleurent bon les années 1970. Problème : 61 ans après sa construction, en 1964, la vétusté du lieu, symbolisée d’emblée par la piscine désaffectée qui se trouve devant, n’apparaît pas moins éloquente lorsqu’on pénètre dans l’enceinte. L’humidité a gagné murs et plafonds et l’accueil du public n’est pas au niveau des attentes, notamment pour les personnes à mobilité réduite, qui ne bénéficient que d’un simple monte-charge menant à un parking… fermé depuis 2021 pour des risques de départ de feu.

    Signalements au procureur et au préfet

    En 2020, la commission communale de sécurité avait préconisé la fermeture de plusieurs ERP sur ces lieux : la médiathèque, le cinéma-théâtre, les archives, le parking et les salles Costagutta et Henri-Guérin, comme en témoignent les procès-verbaux, rédigés par des membres du Sdis. En 2024, une nouvelle commission a confirmé ces constats. Mais ces PV, « dont on a eu connaissance qu’il y a dix jours », indiquent Olivier Lutersztejn et Lucien Lesur, conseillers municipaux La Valette en Action, n’ont qu’une valeur consultative. Les lieux restent donc ouverts, exceptés le parking et les archives. La mairie précise avoir réduit « la jauge du cinéma à 50% », renforcé le personnel de sécurité et réalisé des travaux (mur coupe-feu et isolation des installations électriques du parking, changement des portes de secours, révision des installations électriques et du désenfumage).

    Du côté de La Valette en Action, on milite pour la destruction de l’édifice – que la mairie prévoit de rénover pour un montant de 12 M d’euros – et le transfert des activités vers d’autres lieux. « Au vu de la situation, nous quittons le jury du comité de réhabilitation. Tout est à revoir. Il y a de l’amiante et du plomb partout, et avec les fuites d’eau et les installations électriques vétustes, le risque d’incendie est majeur, et les alarmes n’étant pas reliées entre elles, s’il y a le feu au parking, elles ne sonnent pas au cinéma. De plus, le seul accès au cinéma-théâtre n’est pas conforme à la loi handicap de 2005 », détaillent d’une seule voix les deux conseillers municipaux. « Des experts ont étudié les PV et nous ont dit qu’on pourrait déposer une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui », précisent-ils, ce qu’ils ne feront pas, préférant d’abord réaliser un signalement au procureur de la République de Toulon et au préfet du Var.