Tag: sécurité

  • Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Débuté mercredi, l’exercice nucléaire obligatoire auquel sont soumis, tous les cinq ans, les territoires dotés d’installations nucléaires, s’est poursuivi jeudi. Après une journée dédiée aux Plans d’urgence interne (PUI), avec la simulation d’un accident nucléaire sur la chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque au sein de la base navale de Toulon, ce jeudi était dédié à la mise en place du Plan particulier d’intervention (PPI), qui recense les mesures et procédures visant à protéger les populations civiles.

    C’est dans ce cadre que se sont déroulés des ateliers de contrôle de contamination de masse, au stade Hubidos de La Seyne. Pendant 2h30, 214 participants, en majorité des élèves du collège Marie Curie – parmi lesquels 30 cas positifs fictifs -, ont pris part à une mise en situation dans les conditions du réel. Ils ont été soumis à un parcours de contrôle de contamination stricte, encadré par les moyens du Sdis 83 (avec des renforts des Sdis 06 et 13) et de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), en compagnie de deux médecins du Sdis 83 et de l’hôpital Sainte-Anne.

    La meilleure prévention :

    « Rester chez soi »

    Un process en plusieurs étapes. Après avoir récupéré des étiquettes dotées de QR code servant à tracer leur parcours et leur état de santé, de l’entrée en décontamination jusqu’à, éventuellement, l’hôpital, les participants franchissent un portique de contrôle de contamination. S’ils sont positifs à la contamination externe, ils passent par les douches de décontamination, avant de revenir au portique de contrôle, et si nécessaire, aux douches. « Mais en principe, une douche suffit à décontaminer », affirme le commandant Laurent Roques du Sdis 83.

    Étape suivante : la cellule d’anthropogammamétrie, gérée par l’ASNR, pour vérifier, cette fois, la contamination interne à l’iode radioactif, qui peut-être prévenue par les cachets d’iode stable en accès gratuit dans les pharmacies. Après dix minutes d’examen (jusqu’à 36 prises en charge simultanées), un médecin définit si la personne doit rejoindre le centre d’accueil pour les impliqués, où sont regroupées les personnes décontaminées, être soumise à un traitement ou être transférée à l’hôpital. « Respecter les consignes de sécurité de la préfecture permet de limiter l’exposition au risque », soutient le commandant Roques. La plus importante : « Rester chez soi ou se mettre à l’abri dans un bâtiment. »

  • Premières divergences sur la sécurité lors du conseil municipal

    Premières divergences sur la sécurité lors du conseil municipal

    Cette séance inaugurale – après le conseil d’installation du 21 mars – a déjà laissé apparaître certains clivages politiques, notamment lors de la création des commissions municipales, où sont débattus les sujets et les propositions avant leur présentation en séance plénière.

    Et déjà, Kévin Jacquin, élu du Rassemblement national, a pointé « l’absence de commission dédiée à la sécurité, en décalage avec les ambitions » affichées du maire (DVG), Frédéric Vigouroux, lors de la campagne électorale, d’après l’élu d’extrême droite.

    L’intéressé considère que « la sécurité est un sujet important, oui, mais traité dans le cadre de la commission cadre de vie ». À l’inverse, Kévin Jacquin souhaiterait « une commission faite pour ça ». Ce à quoi Frédéric Vigouroux répond que « la sécurité est aussi une question d’éducation » et « dépend de plusieurs instances, comme le contrat local de sécurité avec État et préfet ».

    À noter que le groupe RN ne s’est pas porté volontaire pour siéger dans les conseils d’écoles, de collèges et de lycées.

    Recrutement

    Six postes ont été créés dans divers services, principalement techniques, dont cinq en CDD. Cette situation interroge Vincent Trotot, élu de l’opposition LFI/EELV, qui s’étonne de l’absence de créations de postes en CDI. « C’est un CDD de 12 mois qui fait office de période d’essai » justifie l’adjointe Magali Nicolas, , avec à la clé une titularisation « si l’agent donne satisfaction ».

  • L’école Longchamp rouvre lundi après le sinistre

    L’école Longchamp rouvre lundi après le sinistre

    « Nous sommes rassurés par la réouverture », témoigne Héloïse Delastre, l’une des représentantes de parents d’élèves de l’école Longchamp (4e). Les enfants pourront de nouveau courir dans la cour de l’école dès ce lundi 30 mars.

    Un incendie s’est déclaré au niveau de la charpente de la chapelle Buffon, dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 mars. L’édifice, construit en 1837, était déjà frappé d’un arrêté de péril. Situé à proximité directe de l’école, les services de la Ville ont décidé de fermer l’accès à l’établissement par mesure de sécurité.

    « Nous avons appris avec surprise que l’école était totalement fermée au matin du lundi 23 mars. Pendant deux jours, nous n’avons pas eu d’informations sur les solutions de prise en charge pour la garde de nos enfants », raconte Héloïse Delastre. Dès jeudi, les élèves ont cependant pu être accueillis au Centre municipal d’animation Jeanne d’Arc (5e) « aux mêmes horaires et encadrés par leurs enseignants et les Atsem de l’école », précise la Ville de Marseille. Une réunion s’est également tenue jeudi soir, en présence des différents services de la municipalité, de l’équipe pédagogique de l’école et de parents d’élèves. Ces derniers affirment que « la réunion a permis de lever les doutes et les inquiétudes ».

    Des travaux pour sécuriser

    La Ville explique que les bâtiments seront rouverts partiellement dans un premier temps : « Une à deux classes seront réparties au sein des autres classes, jusqu’aux vacances de Pâques. » Elle annonce que « les vacances seront mises à profit pour permettre des interventions sur le site pour un retour à un fonctionnement normal dès la rentrée suivant les congés ». Les parents d’élèves attendent quant à eux « une réunion d’étape à la rentrée des vacances, qui permettra de faire le point sur l’avancée des travaux ».

  • Le collège Coutarel, à Istres, en grève pour des effectifs

    Le collège Coutarel, à Istres, en grève pour des effectifs

    Au collège Élie Coutarel, la ligne rouge a été franchie. « Deux assistants d’éducation (AED) sont en accident de travail avec plusieurs jours d’ITT suite à un événement survenu la semaine dernière, commence une enseignante qui souhaite garder l’anonymat. Il y a eu une bagarre entre élèves le matin. Les parents sont venus les chercher et se sont à leur tour battus au sein de la vie scolaire. » S’il s’agit d’un acte isolé, cet épisode est « révélateur » d’un manque de moyens humains et d’une détérioration des conditions de travail, affirme l’équipe pédagogique, qui s’est mise en grève à l’appel de l’intersyndicale ce jeudi 26 mars. La Fédération des conseils de parents d’élèves soutient le mouvement.

    Postée à l’entrée de l’établissement avec ses collègues, Sylvie Petitjenet, professeure de français, témoigne : « On a eu douze conseils de discipline depuis le mois de janvier, alors qu’il y a eu deux semaines de vacances. Les faits de violence se multiplient. Les personnels sont agressés, les élèves s’étranglent entre eux, c’est quasiment incontrôlable. Donc tout le monde a peur pour sa sécurité. On est démunis. »

    Des angles morts

    Dans ce collège de 724 élèves, une seule conseillère principale d’éducation (CPE) est à l’œuvre. Côté encadrants, 5,5 équivalents temps plein sont chargés de surveiller les scolaires. Embauché l’an dernier pour s’occuper de la 3e classe du dispositif micro-collège, Santiago Gutierrez prête régulièrement main-forte aux AED. « Je vois bien que je suis bien plus qu’un renfort, que je suis quasi indispensable. (…) On n’arrive pas à être deux dans le hall, trois dans la cour, un à l’entrée et dans les étages. » L’agent déplore l’impact de ce manque d’effectifs pour les élèves. « On a beaucoup plus de cas de harcèlement ou de situations compliquées et on a de plus en plus de mal à les détecter, parce qu’on est tout le temps en train d’éteindre les feux. Il y a des angles morts. »

    Les enseignants eux-mêmes doivent « venir en renfort » en cas de problème, « intervenir quand il y a des malaises d’élèves », l’infirmière n’étant là qu’un jour par semaine. « Notre psychologue conseillère d’orientation vient de partir, on ne sait pas si elle va être remplacée, idem pour notre assistante sociale qui part en juin, donc quasi-tout le personnel médico-social est parti », révèlent trois professeures.

    « On ne peut pas se substituer au rectorat, qui est censé nous donner des moyens pour fonctionner », dénonce Lisa Laface, enseignante de lettres modernes syndiquée à la CGT Éduc’Action. « Ce n’est pas un climat apaisé, propice à la concentration et au travail, reprend une de ses collègues. D’autant que les élèves sont 31 par
    classe.
     »

    L’équipe pédagogique demande le recrutement de deux AED à temps plein et d’un CPE supplémentaire, d’accompagnants des élèves en situation de handicap, ainsi que des jours de présence supplémentaires de l’infirmière.

  • [Entretien] Matthijs Gardenier : « La participation croissante d’acteurs non étatiques à la sécurité »

    [Entretien] Matthijs Gardenier : « La participation croissante d’acteurs non étatiques à la sécurité »

    La Marseillaise : Comment définiriez-vous le vigilantisme ?

    Matthijs Gardenier : C’est un phénomène où des personnes non rémunérées et volontaires se substituent aux forces de l’ordre. Nous vivons une période historique marquée par l’extension des logiques sécuritaires et par la participation croissante d’acteurs non étatiques à la sécurité. Le vigilantisme est l’une des modalités de cette extension du champ sécuritaire.

    Où situez-vous la frontière entre participation citoyenne à la sécurité et basculement dans le vigilantisme ?

    M.G. : Le basculement se situe très clairement dans l’intervention. C’est le fait d’agir directement, de menacer, d’utiliser la violence ou d’administrer des sanctions, c’est-à-dire de s’ériger en juge.

    Dans une ville comme Montpellier, quelles formes concrètes de « vigilance » ou de mobilisation sécuritaire observez-vous aujourd’hui ?

    M.G. : Je peux citer deux exemples. Le premier est ponctuel. En 2018, lors de l’occupation de la faculté de droit par des étudiants grévistes, le doyen, après le refus du préfet d’intervenir, a constitué un groupe qui a procédé lui-même à l’expulsion des étudiants par la force. Des images ont circulé et des étudiants ont même été blessés. C’est un exemple de citoyens qui se substituent à l’autorité de l’État pour faire œuvre de police. Le second exemple est d’une autre nature. Il s’agit d’un groupement de sécurité inter-bailleurs, une sorte de police des HLM, délégation de service public confiée à une entreprise privée, habilitée à intervenir dans les différents ensembles HLM de Montpellier. Ce n’est pas du vigilantisme à proprement parler, mais cela illustre la privatisation de missions qui relevaient auparavant du travail policier. À cela s’ajoute, bien sûr, la montée en puissance des technologies de surveillance.

    En quoi l’idéologie de la sécurité transforme-t-elle notre rapport
    à la police, à la justice et à la punition ?

    M.G. : Nous assistons à une bascule profonde. Dans la conception moderne de l’État, héritée notamment de Beccaria, la sécurité et la sanction relevaient de fonctions régaliennes. La police et la justice étaient assurées par l’État, et les peines obéissaient à une logique de proportionnalité et de réintégration de l’auteur dans la société. Ce rapport a changé. Des chercheurs comme Didier Fassin, qui parle de populisme pénal, ou David Garland, qui théorise l’idéologie de la loi et de l’ordre, ont documenté ce glissement. L’État serait désormais perçu comme inefficace, et les sanctions ne seraient jamais assez fortes. On passe d’un modèle de justice réintégrative à un modèle rétributif, où l’auteur ne doit pas se réformer pour revenir parmi nous, mais souffrir et être puni durement.

    Pourquoi avoir choisi d’associer « vigilantisme » et « idéologie de la sécurité » dans le titre de votre ouvrage ? À qui s’adresse-t-il ?

    M.G. : Cet ouvrage s’adresse aux chercheurs, mais aussi à toutes les personnes qui s’interrogent sur notre rapport à la sécurité et à la délinquance, à celles et ceux qui, face aux débats et polémiques, cherchent une approche factuelle. L’ambition est d’alimenter un débat public sur la reconfiguration de ce rapport. Nous sortons d’une vision régalienne où l’État assure seul la sécurité, pour entrer dans un modèle où des acteurs privés et citoyens jouent un rôle croissant. Ce sont des évolutions difficiles à mesurer, difficiles à documenter, qui méritent d’être mises en lumière.

    Comment analysez-vous le rôle
    du sentiment d’insécurité dans la légitimation de ces politiques ?

    M.G. : Le sentiment d’insécurité est toujours très difficile à quantifier, mais ce qui est certain, c’est qu’il existe une demande sociale de sécurité qui se perçoit comme insatisfaite, indépendamment du fait que la délinquance augmente ou non objectivement. Et cette demande s’auto-alimente. Le sociologue britannique Steven Spitzer l’a bien formulé. La sécurité est un bien économique dont la demande ne peut jamais être pleinement satisfaite. Prenons un exemple simple : quelqu’un qui installe une alarme chez lui sécurise objectivement son domicile, mais se fragilise subjectivement car l’alarme lui rappelle quotidiennement l’existence de potentiels cambrioleurs. Dans l’espace urbain, c’est identique, les caméras, les blocs de béton antiterroristes renforcent peut-être la sécurité réelle, mais rappellent en permanence la potentialité de l’agression et alimentent ainsi le sentiment d’insécurité.

    Si vous deviez résumer en une formule ce que cette actualité dit du rapport contemporain à la liberté ?

    M.G. : Je reprendrais une phrase de Robert Castel : une demande absolue de sécurité est rarement compatible avec les libertés publiques garanties par un État de droit. La vraie question, au fond, est, est-il souhaitable d’atteindre une sécurité absolue, si c’est au prix du renoncement à l’essentiel ?

  • La municipalité ferme la Salle Gueule pour raison de sécurité

    La municipalité ferme la Salle Gueule pour raison de sécurité

    Des pogos et de la bière dans un sous-sol à deux pas de la préfecture de région. Au 8, rue d’Italie, la Salle Gueule est une salle emblématique de la scène punk rock marseillaise depuis près de 14 ans, portée sous forme associative par un collectif largement informel. Mais la municipalité a mis le holà sur les décibels, au moins temporairement, en ordonnant ce vendredi 13 mars sa fermeture, jusqu’à ce que des travaux soient réalisés.

    Accompagnement promis

    En cause, un avis défavorable de la commission communale de sécurité émis ce même vendredi. « L’établissement ne répond pas aux normes de sécurité en vigueur, et présente de ce fait un danger pour la sécurité des personnes », pointe l’arrêté de fermeture. En cause, la présence d’une seule issue de secours et d’un seul escalier pour évacuer l’étroite salle en sous-sol. « La carence en dégagements compromet gravement, en cas de sinistre, l’évacuation du public reçu dans l’établissement », est-il expliqué. S’y ajoutent l’absence complète d’alarme incendie, d’éléments sur le comportement au feu des matériaux utilisés, et l’absence même d’autorisation administrative. Une gestion punk qui n’a pas plus aux services de la Ville, trois mois après le drame de Crans Montana. Ceux-ci déplorent ainsi « la négligence manifeste de l’exploitant qui n’a pris aucune mesure pour réduire les risques identifiés ». Et conditionnent la réouverture des locaux à un dépôt d’un dossier d’autorisations de travaux ainsi qu’une visite de réception des aménagements et la délivrance d’une autorisation municipale. En cas de refus de fermeture, l’exploitant s’expose à une amende de 10 000 euros.

    « Puisqu’il nous est donné la possibilité de nous mettre en conformité avec les normes attendues pour l’accueil du public, nous avons pris la décision d’aller dans cette direction, afin que la Salle Gueule puisse continuer d’exister comme toujours », réagit le collectif dans un communiqué ce lundi, regrettant que « ce qui était ignoré ou toléré jusqu’à présent, semble désormais ne plus l’être ». L’association demande à être reléguée de catégorie d’établissement recevant du public « pour les travaux et la collecte de soutiens à l’intérieur de notre local ». Un appel aux dons est ainsi lancé pour ce chantier, et notamment un appel aux compétences en électricité, plomberie, conformités de sécurité… En remerciant les lieux qui ont accepté d’accueillir les concerts prévus au milieu de la programmation. Avec une promesse : « Nous pensons que la Salle Gueule remplit plus que jamais un besoin, et que celui-ci vaille la peine de s’imposer un nouvel assortiment de contraintes.»

    La municipalité indique de son côté que le président sera contacté dans les prochains jours, « afin d’accompagner au mieux l’association dans son souhait annoncé de régularisation, et de préserver ce lieu historique de la scène musicale alternative à Marseille ». En saluant au passage son « attitude responsable ».

  • Du neuf dans d’anciens taudis de la Coutellerie

    Du neuf dans d’anciens taudis de la Coutellerie

    Un ancien hôtel meublé misérable et en péril depuis des décennies vient d’être réhabilité par la Société française d’habitat économique (SFHE), une filiale du groupe Arcade. Les 10 chambres d’origine du 27, rue Coutellerie (1er) ont été transformées en 5 logements de type T2.

    « Il s’agit de logements locatifs intermédiaires (LLI), des logements à loyers réglementés à des tarifs inférieurs au prix du marché. À la Coutellerie, les loyers seront 15 à 20% en deçà du prix du marché, afin de permettre l’accès à un logement abordable au plus grand nombre, dans un secteur particulièrement tendu », détaille le bailleur social.

    L’immeuble de 5 étages avec une façade en 4 fenêtres, est la propriété de SFHE depuis 1995, année de sa mise en péril. En janvier 1994, c’était un hôtel meublé très dégradé, propriété du groupe Amhôtel, que la commission de sécurité avait déclaré non conforme aux règles de sécurité, alertant sur son instabilité structurelle, ses infiltrations d’eau. Un an plus tard, le 3 février 1995, les toilettes d’une chambre au 2e étage cédaient, laissant sa locataire « accrochée à son lavabo, les pieds dans le vide », écrit Le Provençal. « La sécurité des occupants est gravement menacée », diagnostique un architecte, justifiant l’arrêté du 24 février 1995 qui ordonne l’évacuation, donnant un délai d’un mois aux occupants pour partir, laissés sans proposition de relogement, ce qui témoigne de ce qu’était la gestion des risques avant même la prise de fonction de Jean-Claude Gaudin. Le Provençal se faisait l’écho du sort de la locataire sinistrée qui en avril se maintenait avec son ami dans la même chambre semi-effondrée tout en s’acquittant de 1 300 francs de loyer.

    Un foyer pour femmes isolées jusqu’en 2014

    L’immeuble est ensuite devenu un foyer pour femmes isolées. En janvier 2014, l’immeuble est frappé d’un péril non imminent. Le foyer ferme. Après une quasi-décennie d’abandon et devant « l’aggravation des désordres constructifs », la Ville a relancé en décembre 2023 le dossier, menaçant de travaux d’office. D’où la lourde opération de confortement structurel finalement engagée qui a permis en octobre 2025 de prononcer la mainlevée de tous les arrêtés de mise en sécurité.

    « Nous avons engagé une opération ambitieuse pour sécuriser durablement le bâtiment, préserver sa structure existante et recréer de nouveaux logements confortables et spacieux », explique-t-on chez SFHE. Le sauvetage de l’immeuble représente 1,9 million d’euros d’investissement. « C’était une opération lourde qui a nécessité une purge complète des planchers avant d’entreprendre une restructuration plus cohérente des 10 studios en 5 logements », décrit Sofian Sahraoui, chargé d’opération chez SFHE. « Cela a pris du temps et deux études structurelles car il fallait vraiment être minutieux et ne pas prendre de risque sur du bâti ancien. On a utilisé des matériaux qui n’alourdissent pas l’immeuble. D’où le choix de poutres Nailweb qui associent l’aluminium et le bois. C’est un beau projet qui s’achève. » L’aménagement intérieur est quasi fini. La façade a été totalement refaite, magnifiant le balcon et sa ferronnerie possiblement du XVIIIe. L’arrivée des locataires est prévue en mai.

    Le 27, rue Coutellerie n’a jamais cessé durant un siècle d’accueillir une population modeste. Ses « garnis » ont nourri la chronique locale. A défilé au 27, rue Coutellerie toute une population modeste et laborieuse, exerçant des petits métiers, serveur, marin de passage, tricoteuse, repasseuse, brodeuse, femme de ménage, etc. Madame Renée, « une vraie voyante venue de Paris » y faisait en 1906 commerce de ses prédictions. En 1916, la police y cueille un marin chinois, « contrebandier d’opium ». En 1934, l’hôtel meublé est tenu par la veuve Marie Mabile. Pour l’anecdote, Le Petit Provençal du 28 novembre 1897 y avait interviewé dans sa chambre un marin de la Pénitentiaire qui surveillait dans une chaloupe les abords de l’île du Salut où est alors détenu le capitaine Dreyfus.

    Une nouvelle page se tourne pour cet immeuble sauvé qui va retrouver une vie, et soulagé 5 locataires dans la difficile quête d’un logement à Marseille.

  • Alerte sécurité à la savonnerie du Fer à cheval

    Alerte sécurité à la savonnerie du Fer à cheval

    La savonnerie du Fer à Cheval, fondée en 1856 prône une fabrication authentique et traditionnelle. Fêtant ses 170 ans cette année, le bâtiment, classé monument historique, peut toutefois présenter certaines contraintes en matière de sécurité industrielle, notamment pour la modernisation des installations. L’inspection du 12 novembre 2025, destinée à vérifier le respect des dispositions de l’arrêté préfectoral de mise en demeure du 30 juin 2023, a révélé de nouveaux manquements sécuritaires. Le Q18, à savoir le compte rendu de vérification des installations électriques, conclut que « l’installation électrique peut entraîner des risques d’incendie ou d’explosion ». Le chargé de la bonne application du droit de l’environnement, a relevé que « 12 extincteurs et 4 robinets d’incendie armés (RIA) [étaient] non satisfaisants ».

    L’inspection constate également des faits inquiétants liés « à un stockage de soude fuyard et la rétention maçonnée associée est également fuyarde ». En bref, la soude utilisée pour fabriquer le fameux savon de Marseille fuit. Problème : le produit est corrosif et dangereux. Le bac de rétention, censé servir de protection en cas de fuite de soude, est lui aussi fissuré.

    Aussi, le préfet des Bouches-du-Rhône a mis « l’entreprise en demeure de se mettre en conformité avec les normes de sécurité demandées, dans un délai de deux mois », en vertu des dispositions de l’article L.171-8 du Code de l’environnement, Contacté, les communicants de l’entreprise expliquent « ne pas être au courant de cet arrêté » et mettent la faute sur « la vétusté du bâtiment qui a 170 ans ».

  • Un dimanche à deux urnes et des électeurs déboussolés

    Un dimanche à deux urnes et des électeurs déboussolés

    Deux électeurs piaffent à l’entrée de l’école Bernabo (15e), dont on peut rappeler que le flanc gauche conserve le vestige d’un bunker de l’occupant nazi qui verrouillait le chemin de la Madrague Ville en 1943. 83 ans plus tard, il est huit heures tapante quand le planton du bureau 1507 grimpe sur une chaise et hisse le drapeau tricolore. « Mais qu’est-ce qu’il fait, il dort le président ? » plaisante un électeur. « On ouvre dans cinq minutes dès que j’ai le feu vert ».

    497 bureaux de vote ont ouvert jusqu’à 20h pour accueillir 552 997 inscrits, 50 000 de plus qu’en 2020 avec un mode de scrutin qui a désarçonné, même en rabâchant aux électeurs les modalités du circuit à double urne. École élémentaire Arenc Bachas, (15e). 8h30. Une vingtaine de personnes ont déjà voté au bureau 1501. L’école en brique est particulièrement majestueuse. « Et vous n’avez pas vu la cour de l’école maternelle. Elle a été désimperméabilisée et végétalisée », glisse fièrement une ATSEM.

    À deux pas du Vieux-Port, le bureau 202 au centre d’animation, rue des Martégales, 2e, un préfabriqué posé sur les vestiges exceptionnels d’une villa gréco-romaine du Ve siècle avant notre ère. « 4% des 626 électeurs ont déjà voté à 9h », dit Gérard Azibi, le président du bureau, par ailleurs conseiller municipal en mairie de secteur qui s’attend à un dépouillement tardif. « La Marseillaise ? Vous avez l’air sympathique mais vous pouvez me montrez votre carte de presse ? » fronce une électrice avant de sourire : « On n’est pas du même bord mais presque. J’ai mis beaucoup d’énergie à m’inscrire et à venir voter. C’est plus direct pour voter pour le maire. Mais pourquoi ce n’est pas pareil pour la Métropole ? » interroge la sexagénaire.

    École élémentaire Grand Saint-Giniez, avenue de Mazargues : « Ah oui, bien sûr que c’est important de voter aujourd’hui même si on ne votait pas pareil qu’en 2020. Moi mon vote il est toujours le même et je ne vous dirai pas pour qui. Le scrutin pour Marseille est plus important pour mois car avec tous les problèmes qu’elle a, c’est une ville qui exige un bon maire », explique Delphine, quinquagénaire. Maison blanche, siège de la mairie de secteur des 9-10. Des assesseurs font comme partout œuvre de pédagogie pour répéter leurs explications sur le mode de scrutin. parfois il faut rattraper l’électeur dans le parc : « Eh Titi, reviens ! Tu n’as pas voté pour la mairie de secteur ! »

    « Je fais quoi ? Je le mets dans le PV et après ? »

    22% de participation à 11 heures au bureau 701 de l’école Madrague de Montredon, boulevard de la Verrerie, 8e, le plus au sud des bureaux de vote de Marseille. « Moi je le vois, tout part au vau-l’eau » grinche tout haut un électeur. « Mon dieu, ça fait une éternité que je suis pas revenu ici », sourit un nostalgique. « Ayé, A voté ! » s’écrit, jovial, un troisième. « Pour le résultat, ça sera peut-être une surprise. C’est ça la démocratie ! ». Midi, école Prado Plage, avenue du Commandant Rolland, 8e, sous la Cadenelle. Discrètement protégée par deux gardes du corps, la candidate Martine Vassal, visage fermé, fait une apparition en solitaire.

    Au bureau de vote 501, rue Chape (4e), petit moment de panique à 14h. Un électeur s’est trompé de file et a glissé dans l’urne de la mairie de secteur l’enveloppe destinée au vote pour la mairie centrale. Impossible de la récupérer. « Je fais quoi ? Je le mets dans le PV mais après ? » se demande un assesseur. « C’est compliqué pour nous aussi, c’est nouveau. » École élémentaire Bois Luzy, 12e : un écart notable de 35 électeurs à 16h sur les deux urnes du bureau de vote 1209. Certains, peut-être mal orientés, n’ont pas voté pour la mairie de secteur.

    Au Palais de la Bourse, c’est le grand calme au bureau 1399 dit dérogatoire car dédié essentiellement aux personnes détenues des cinq maisons d’arrêt des Bouches-du-Rhône et quelques Marseillais expatriés : 373 inscrits mais seulement 4 votants : 1,04% de participation à 18h quand les 140 Frioulais du bureau voisin étaient déjà 55% à avoir pris le bateau pour venir voter, l’urne par sécurité ne pouvant prendre la navette maritime.

    « Eh Titi, reviens ! Tu n’as pas voté pour la mairie de secteur ! »

  • Montpellier : les mesures phares des candidats

    Montpellier : les mesures phares des candidats

    Il y a ceux qui croient dur comme fer qu’ils vont diriger Montpellier, ceux qui viennent régler des comptes, d’autres pour témoigner ou faire le pitre. Mais les 13 listes en course le 15 mars ont toutes un programme : plus ou moins crédible, audacieux, finançable. L’examen des mesures phares de chacun rappelle que si des passerelles existent, les gauches et les droites cultivent des visions différentes, parfois à l’opposé.

    Parmi les sujets consensuels, on peut citer la création d’emplois (30 000 pour Delafosse, Atrad…) ou la propreté de la ville. En déclarant son amour à Montpellier, l’ancien maire Philippe Saurel (mouvement Utiles) qui déplore une « brutalisation sans concertation » promet une « ville plus belle » en rénovant le patrimoine à l’instar de la place royale du Peyrou. De l’entretien des parcs et jardins d’Isabelle Perrein (DVD) ou de la « végétalisation » de l’Écologiste Jean-Louis Roumégas, chacun promet un « embellissement ». Y compris le maire Michaël Delafosse (PS) qui entend ralentir sur les grands travaux et se consacrer, quartier par quartier, à la rénovation des places et des trottoirs pour une « ville-parc marchable et respirable ».

    La gratuité quasi unanime

    D’autres thèmes sont plus clivants. À commencer par les mobilités. La plupart de ceux qui en 2020 prétendaient la gratuité des transports « impossible » semblent avoir changé d’avis face à la popularité de la mesure. Seuls Thierry Tsagalos (EXD) et Isabelle Perrein (DVD) y mettraient fin pour une « gratuité intelligente » circonscrite aux jeunes et retraités. Nathalie Oziol (LFI) qui dit incarner une « gauche de rupture » face à ce qu’elle nomme « l’incarnation du macronisme », veut accroître la fréquence des bus et tramways (toutes les 10 ou 5 minutes) jusqu’à 2h du matin. Comme Jean-Louis Roumégas, la députée Insoumise s’oppose aux « méga-projets routiers écocides » (COM, Lien). Michaël Delafosse, lui, promet de mener à bien les 4 lignes de bustram restantes, soutenir la LGV et concrétiser le Service express régional métropolitain (Serm).

    Pour le reste, si personne ne dit vouloir supprimer de pistes cyclables, nombreux promettent de revoir le plan de circulation en ville. Y compris Jean-Louis Roumégas qui promet de rouvrir l’avenue Albert Dubout pour une « circulation en pétales sur les 4 boulevards » embouteillés. Comme T. Tsagalos, F. Jamet (RN) irait jusqu’à rouvrir aux voitures le tunnel sous la Comédie pour « rompre avec la sclérose actuelle » et « libérer Montpellier de l’écologie punitive ». Quant à Isabelle Perrein, qui s’est fait connaître en répertoriant les nids-de-poule et veut redonner toute sa place à la voiture, la notaire imagine un tunnel sous le rond-point du grand M. Osé mais moins que le dôme végétalisé imaginé par l’IA pour Rémi Gaillard avenue de Toulouse.

    Côté urbanisme, le maire sortant, qui prévoit 10 000 logements à prix abordables dont 4 000 en bail réel solidaire, promet de préserver les deux tiers des terres agricoles grâce au Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Insuffisant pour Jean-Louis Roumégas qui prône le « zéro artificialisation nette » pour « arrêter l’étalement urbain sur les espaces naturels et terres agricoles ». Même logique chez Nathalie Oziol qui dit stop au « bétonnage ». À l’extrême gauche, Max Müller entend réquisitionner 13 000 logements vides pour loger les sans-abri. À droite, Mohed Altrad veut doubler le parc de logements sociaux et accession à la propriété dès 15 ans en HLM vu en « tremplin et non comme un enfermement ». Isabelle Perrein veut « rénover plutôt que construire ».

    Sur la sécurité, la droite et son extrême font comme toujours dans la surenchère. France Jamet rêve de doubler les effectifs de police municipale et les caméras, Thierry Tsagalos les tripler. Mohed Altrad veut instaurer un « couvre-feu » pour les mineurs non accompagnés de moins de 16 ans après 22h. Du Robert Ménard dans le texte. Même chose pour Isabelle Perrein qui ajoute « l’expulsion des logements sociaux pour fauteurs de troubles ». À noter que Philippe Saurel qui veut 100 à 200 policiers de plus, abandonnera le projet d’hôtel des sécurités jugé trop éloigné à Celleneuve. À gauche, Michaël Delafosse musclera les effectifs de police municipale (+100 agents) et les caméras (1 000 au total). Seul Max Müller veut « désarmer la police municipale, dissoudre les polices des transports et du logement ».

    Déchets : quelle option ?

    Sur le social, la gauche est de loin la mieux armée. Le maire promet de créer un « office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement ». Nathalie Oziol une « régie publique de l’énergie avec tarification sociale » et une « cantine bio à bas prix ». Avec Jean-Louis Roumégas, elle serait même « gratuite » (Altrad aussi) avec des « épiceries municipales à prix coûtant dans les quartiers populaires ». À droite, Isabelle Perrein imagine des maisons de santé et un handipass.

    Enfin, face au « fiasco historique » qui voit Montpellier exporter ses déchets, Michaël Delafosse propose un nouvel outil : une chaudière pour combustibles solides de récupération (CSR) à la place de l’usine Ametyst. Une technologie moderne mais méconnue dont quasiment tous ses adversaires dénoncent les dangers potentiels. « La santé des Montpelliérains n’est pas négociable », assène Mohed Altrad sans ne rien proposer d’autre. Isabelle Perrein préférerait un incinérateur, Thierry Tsagalos une nouvelle usine de traitement à bilan carbone neutre. À gauche, Jean-Louis Roumégas veut muscler le tri à la source et le compostage. Pareil pour Nathalie Oziol qui renvoie à une grande consultation. Un des sujets pour le fameux RIC que l’Insoumise, Jean-Louis Roumégas ou Max Müller promettent aux électeurs.

    « Nous créerons un office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement »