Tag: sécurité

  • [Entretien] Fabien Cros : « Il manque des infos sur la sécurité de la plateforme »

    [Entretien] Fabien Cros : « Il manque des infos sur la sécurité de la plateforme »

    Totalenergies et Air Liquide se sont associés pour produire sur place l’hydrogène nécessaire à la bioraffinerie de la Mède (voir notre édition du 13/01). Fabien Cros, délégué CGT de la plateforme, aborde les enjeux de cette évolution à la suite de la clôture de l’enquête publique, le 13 janvier.

    La Marseillaise : Comment accueillez-vous la perspective de ces deux nouveaux outils industriels ?

    Fabien Cros : Nous sommes satisfaits de voir l’investissement de 30 millions d’euros qui signifie que l’intérêt du site n’est pas remis en cause. Après tout, nous sommes le seul site européen de Totalenergies où le groupe a maintenu ses investissements dans les secteurs du raffinage et de la chimie. Mais le diable se cache dans les détails. On a été consulté sur l’étude d’impact, nous nous sommes abstenus, car nous avons estimé qu’il manquait des informations. Car la sécurité n’est abordée à aucun moment dans les dossiers d’enquête publique.

    Quelles sont vos inquiétudes ?

    F.C. : Déjà du contexte. Le site de la Mède va devenir une plateforme au sens juridique, c’est-à-dire qu’il n’y a plus qu’une seule entreprise sur place. C’est un statut récent, nouveau dans la loi [décret de 2019, loi inscrite au code de l’environnement en 2023, Ndlr]. Cela signifie des accords économiques et en termes de sécurité. Dans notre cas, c’est Totalenergies la Mède qui s’en occupera. Notre reformer [outil de production d’essence à partir de produit pétrolier, Ndlr] présente des risques connus, mais nous ne connaissons pas la nouvelle unité SMR d’Air Liquide [production d’hydrogène à partir d’hydrocarbures, Ndlr]. Est-ce que nos pompiers seront aussi efficaces sur cette installation ? Le scénario de plus gros danger actuel est pensé autour du bac à gasoil. Est-ce que ce scénario va changer ? Nous n’avons aucune étude pour l’instant, la loi oblige l’employeur à préparer ce scénario un an avant la mise en service des installations [prévue en 2028, Ndlr].

    La cohabitation entre les deux unités vous pose-t-elle un souci ?

    F.C. : Le SMR d’Air liquide sera opéré à distance. Les opérateurs viendraient de Lavéra, où ils en ont déjà un. Mais avec quel cadre horaire ? C’est une donnée cruciale pour nous, on ne sait pas qui vient, quelles mesures de sécurité, ni s’ils passeront par nos installations. Aussi, qui intervient s’il y a un accident sur le SMR ? Priorité à la protection de nos installations, celles d’Air Liquide, les deux ? Quels moyens supplémentaires ? On ne sait pas. En attendant, pour la CGT, il est hors de question qu’une structure qui n’est pas sur la plateforme fasse de l’ingérence. Comme pour la maintenance, sous-traitée sur tout le site. Nous sommes pour la réinternalisation.

    Vous restez donc méfiant…

    F.C. : Il y a une bonne nouvelle : l’arrêt du reformer, plus gros producteur de benzène du site [cancérigène, mutagène et reprotoxique CMR, Ndlr]. L’étude d’impact fait 6 000 pages, les directions nous disent de leur faire confiance car ils maîtrisent. Nous n’avons pas confiance, nous avons porté plainte au pénal pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui contre Total pour l’exposition au benzène.

    Quid du modèle économique ?

    F.C. : Nous sommes plus un démonstrateur industriel qu’une unité de production. Soit on perd un peu d’argent, soit on en gagne beaucoup. On a perdu 300 millions d’euros en 2025, mais on en a gagné 70 en 2024. On est capables de gros résultats, avec seulement 250 salariés c’est énorme, mais cyclique.

  • Le narcotrafic au cœur des municipales : à Port-de-Bouc, des résultats « à force d’abnégation »

    Le narcotrafic au cœur des municipales : à Port-de-Bouc, des résultats « à force d’abnégation »

    Son opiniâtreté lui a valu des menaces de mort et des émeutes, en mars 2023. Depuis le début de son mandat, Laurent Belsola (PCF) n’a « jamais cessé de frapper aux portes des différents ministères de l’Intérieur pour lutter contre le fléau du narcotrafic », rappelait-il, le 22 janvier, lors d’un atelier de campagne.

    À Port-de-Bouc, certains quartiers, comme les Comtes ou les Amarantes, sont touchés par cette problématique. « C’est un enfer pour la population. Les parents n’osent plus se balader avec leurs enfants, les soignants ne peuvent pas entrer dans les bâtiments… concède le maire. Ça brûle tout. » Mais la régularité des opérations menées par les forces de l’ordre ont eu raison de nombreux points de deal. « On en avait six en 2020, il n’y en a plus qu’un qui disparaît puis réapparaît de temps en temps », révèle-t-il.

    Des résultats obtenus « à force d’abnégation ». L’édile, candidat à sa succession, avait d’abord demandé la réouverture du commissariat de police nationale puis l’adhésion au dispositif de Quartier de reconquête républicaine pour avoir des renforts, en vain. « On a obtenu que les forces de police soient présentes de manière pérenne, grâce à l’aide de CRS et de compagnies départementales. Les résultats sont là. Quand le travail de longue haleine est fait, ça paye. Mais il ne faut rien lâcher, ça reste fragile. »

    Désormais, Laurent Belsola demande la création d’un commissariat mixte pour avoir, sous un même toit, les services de police municipale et de police nationale. « Il ne manque que l’accord du ministère de l’Intérieur, confie-t-il. On a les locaux, qu’on veut réhabiliter. »

    « Il faut des moyens et il faut travailler sur du long terme, assène le maire. Au niveau régalien, on est preneur de n’importe quel dispositif. Au niveau de la Ville, on met le paquet sur la prévention. On a nos centres sociaux, nos écoles, le théâtre, la médiathèque, des commerces, la présence d’employés municipaux… On est dans nos quartiers. On a créé une Régie pour sortir les jeunes en difficulté avec le monde du travail, pour les accompagner dans la réinsertion avec des missions en bas de chez eux. La sécurité, c’est un tout. La police et la prévention font partie de ce tout. »

  • Yannick Ohanessian : « Nous porterons le nombre de policiers municipaux à 1 600 à Marseille »

    Yannick Ohanessian : « Nous porterons le nombre de policiers municipaux à 1 600 à Marseille »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La sécurité

    Didier Gesualdi : Vous êtes adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité, c’est un thème qui revient beaucoup dans la campagne, qu’en dit le Printemps marseillais ?

    D’abord, nous avons démarré depuis plusieurs mois, ce que nous avons appelé une enquête auprès des Marseillaises et des Marseillais pour leur demander leur avis sur la ville aujourd’hui, sur leurs priorités pour les sept prochaines années. La sécurité, la propreté reviennent beaucoup.

    Didier Gesualdi : Pour vous, ce n’est pas un thème subi ?

    Vous imaginez bien que non ! On est la majorité qui a doublé les effectifs de la police municipale. Je rappelle qu’elle a été créée en 1974. Entre 1974 et 2020, les effectifs ont atteint 397 policiers municipaux. Désormais, nous en avons plus de 800. En un peu plus de 5 ans, nous avons créé plus d’effectifs de policiers municipaux que depuis les 46 dernières années.

    Léo Purguette : Et pourtant vos adversaires de droite et d’extrême droite vous font un procès en naïveté sur la question de la sécurité.

    Évidemment, dès lors qu’ils sont confrontés à leurs propres turpitudes, sur un thème de prédilection pour la droite et l’extrême droite, ils en sont à répandre des fake news, à raconter de grossières bêtises. La vérité, elle est vérifiable : nous avons doublé les effectifs de la police municipale, nous avons augmenté le nombre de caméras de vidéoprotection dans la ville. Loin des petites phrases sur les réseaux sociaux, nous sommes dans l’action au service des Marseillaises et des Marseillais.

    Didier Gesualdi : On a vu des images où le maire de Marseille dit à un journaliste qu’il n’y a pas de Kalachnikov dans les rues. C’était une erreur ?

    Il y a un Marseille bashing, il faut venir voir cette ville, sa richesse culturelle, son attractivité économique. Toutes les Unes de toutes les presses locale, nationale ou internationale disent à quel point Marseille est en train de changer vers du mieux. Tout n’est pas réglé bien évidemment, on a mis énormément de moyens, on va poursuivre.

    Le narcotrafic

    Léo Purguette : Le narcotrafic pèse énormément ici, ailleurs aussi, mais ce n’est pas une question qui relève directement de la municipalité. Est-ce audible pour des citoyens exaspérés et inquiets ?

    Le maire de Marseille l’a toujours dit et il a mille fois raison : c’est une compétence première de l’État. Et pour autant, le maire a mis tous les moyens qu’il pouvait à travers sa police municipale et du développement du réseau de vidéoprotection. La lutte contre le narcotrafic ce n’est pas simplement des mots, des opérations « place nette » ou « XXL ». C’est bien, ça compte, ça aide les fonctionnaires de police nationale que je veux saluer ici. Mais lutter contre le narcotrafic ce doit être s’attaquer à la racine du mal, couper la tête de la pieuvre, pas simplement ses tentacules. Ça veut dire mettre des moyens sur une vraie coopération internationale, pour renforcer la police nationale. Redonner du souffle, du corps, de l’énergie, aux magistrats. Créer des postes de magistrats spécialisés. Il faut lutter contre le narcotrafic de la même manière qu’on lutterait contre le terrorisme.

    Didier Gesualdi : Les chiffres de policier nationaux la nuit ont fait l’objet d’une polémique entre le maire et le préfet……

    Honnêtement, peu importe la bataille des chiffres. Le maire a raison : on ne peut pas se retrouver dans la deuxième ville du pays qui compte désormais 900 000 habitants, avec une poignée de fonctionnaires de police nationale mobilisée la nuit. Ce n’est pas entendable ni acceptable. C’est un service public nécessaire du 1er au 16e arrondissement. Il faut travailler sur l’appel 17 et police secours, remettre de l’îlotage. Nous le faisons du côté de la police municipale.

    La police municipale

    Léo Purguette : Vos adversaires de droite vous reprochent de ne pas jouer votre rôle en sanctionnant ceux qui déposent des encombrants ou stationnent mal. Que leur répondez-vous et comment faire mieux ?

    En arrivant, on a créé en 2021 la brigade de l’environnement et de la lutte contre les dépôts sauvages. Elle n’existait pas dans notre ville. Elle compte aujourd’hui plus de 600 affaires à son actif. Des affaires transmises au parquet avec lequel nous avons créé une relation privilégiée pour sévir sur celles et ceux qui s’adonnent à ce type de comportements. On a multiplié le nombre de caméras nomades qui sont plus faciles à installer pour lutter spécifiquement contre cette délinquance. Il fallait qu’on trouve des moyens nouveaux. Est-ce qu’il y a encore à faire ? Bien sûr, on va continuer, c’est pour ça qu’on a annoncé qu’il y aurait à nouveau le doublement de la police municipale. On va passer de 800 à 1 600.

    Didier Gesualdi : Martine Vassal parle de 200 sanctions par an, ça paraît ridicule.

    Je vais rester poli. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Dans quelle ville vivent-ils ? La police municipale aujourd’hui c’est un peu plus de 200 000 verbalisations, très majoritairement sur les stationnements abusifs et dangereux et les dépôts.

    La non-censure

    Léo Purguette : Vous êtes socialiste, croyez-vous possible de construire un projet municipal ambitieux avec le budget national qui est passé ?

    Ce qui est certain, c’est que nous avons un gouvernement qui n’est pas de gauche…

    Léo Purguette : ni de gauche ni de gauche…

    C’est un gouvernement de droite. Personne n’a la majorité dans l’hémicycle parlementaire. Il y avait deux options. S’opposer à tout et subir le budget initial, extrêmement douloureux pour les Français et ultralibéral, ou – et je suis fier de le dire – aller vers une négociation pour obtenir des compromis. On a obtenu des avancées sociales, ce n’est pas la panacée mais le repas à un euro pour les étudiants, ne pas avoir les franchises médicales qui augmentent, 400 millions d’investissements sur les bailleurs sociaux…

    Léo Purguette : Cela rend-il possible votre projet municipal ?

    Ça participe à l’idée d’améliorer le pouvoir d’achat. C’est notre objectif ici à Marseille aussi.

    Les quartiers populaires

    Didier Gesualdi : Ceux qui souffrent le plus de l’insécurité sont dans les quartiers populaires où il manque aussi des services publics, des centres sociaux, et là, la Ville a des leviers.

    Oui et on les a très largement activés. Quand on va chercher avec le plan Marseille en grand, des moyens colossaux pour la politique de la ville, pour la rénovation et la reconstruction d’un certain nombre de logements, pour rouvrir des centres sociaux qui sont des lieux de rencontre et de partage de toute une jeunesse marseillaise. Elle n’est pas condamnée, assignée aux pieds d’immeuble. On lui donne d’autres perspectives. Les centres sociaux c’est la découverte de la vie, de la ville, des musées, de la plage, du parc national des calanques. C’est de cette manière que la Ville travaille à remettre du lien social. La question de la sécurité on la traite, mais ce n’est pas que ça Marseille. Il faut participer, travailler, regarder la ville telle qu’elle est en essayant de construire autre chose. Autre chose c’est quoi ? La culture, le sport, le logement, les transports, la propreté et le vivre-ensemble.

    Léo Purguette : Le candidat d’extrême droite propose de ne pas avoir d’adjoint à la sécurité pour s’en occuper lui-même. Ça ne sert à rien un adjoint à la sécurité ?

    Ne pas compter dans son équipe un adjoint qui s’occupe H24 de ces problématiques-là, c’est dire à quel point il ne s’y intéresse guère en réalité. Il y a les discours, les grandes phrases, les déclarations intempestives mais il y a la réalité du terrain. Ça me donne l’occasion de lui dire « bon courage » si vous souhaitez demain trier les gens qui pourraient venir ou pas sur les plages. On est dans le ridicule absolu.

    Didier Gesualdi : Benoît Payan est sur toutes les affiches, il y a un culte de la personnalité ?

    Le Printemps marseillais a-t-il disparu ?Je ne crois pas. On est sur un mouvement historique qui s’est même beaucoup élargi par rapport à 2020. Des nouvelles formations politiques et citoyennes nous ont rejoints. Et puis, on a aujourd’hui un maire de Marseille qui a eu le courage de mener toutes ces actions depuis 5 ans et qui se présente au suffrage des Marseillais. Il est tout à fait normal que la campagne soit menée avec Benoît Payan comme leader de ce mouvement. Derrière, c’est l’ensemble des formations politiques qui sont engagées dans le Printemps marseillais. D’ailleurs toutes les propositions mises sur la table sont le fruit d’un travail avec les formations politiques. Nous avons des réunions régulières au QG de campagne, tout le monde y a sa place.Léo Purguette : Serez-vous tête de liste dans un secteur ?Vous le saurez bien assez tôt. Je suis élu dans les quartiers Est de la ville, j’y suis né, j’y ai grandi, j’y ai un attachement particulier. C’est là que j’ai fait mes premières armes en politique. Ce sont des discussions en cours. Vous aurez bientôt les visages des têtes de liste qui partiront au combat sur les huit secteurs de la ville.

    Didier Gesualdi : Le RN est-il votre principal adversaire ?

    Il n’y a qu’à voir les sondages, vous les lisez aussi attentivement que moi…

    Didier Gesualdi : Celui de La Marseillaise plutôt que celui du JDD.

    Vous avez raison ! Mais sondage après sondage l’adversaire de Benoît Payan ça sera le RN. J’appelle à Marseille et dans le département à se mobiliser dès le premier tour pour les candidats humanistes.

    Léo Purguette : Y a-t-il encore des possibilités de rapprochement au second tour avec les insoumis ?

    J’ai lu avec beaucoup d’attention les déclarations de Sébastien Delogu. Quand on est capable de déclarer d’un autre candidat de gauche à la tête de la deuxième ville du pays, qu’on ne souhaite pas le voir gagner, ça en dit long sur l’état d’esprit de LFI. Si ce n’est pas Benoît Payan qui doit gagner, c’est qui ? Le RN ? Ça pour moi, c’est plus qu’une faute politique, c’est une ligne rouge franchie.

    Les Bouches-du-Rhône

    Léo Purguette : Assez parlé de Marseille, vous êtes aussi premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. Un accord d’union de la gauche a été signé dans une soixantaine de communes. Quelles perspectives de conquêtes à gauche ?

    En 2020, nous n’avions pu réaliser l’union quand dans quelques communes, aujourd’hui 60, ce n’est pas rien c’est globalement l’ensemble des communes de 20 000 habitants. Cette union, la plus large possible, elle est le fruit de plus d’un an de travail avec le PCF, les Écologistes et d’autres formations politiques. Il y a un enjeu pour la gauche sur Gardanne, Aubagne, Arles, Aix-en-Provence également. Et puis on est aussi en soutien dans des communes de citoyennes et citoyens non encartés.

    La question des lecteurs
  • Les six priorités de la liste Nîmes en Commun

    Les six priorités de la liste Nîmes en Commun

    Dans l’auditorium de Pablo Neruda, la gauche nîmoise a choisi le décor et le message : l’heure n’est plus aux intentions générales, mais au « grand oral ». Autour de Vincent Bouget, l’équipe de Nîmes en commun (union de la gauche hors LFI) a présenté ce 19 janvier ce qu’elle appelle un « projet » faisant office de programme, et insiste : « ce n’est pas un catalogue de promesses  ». Avant tout, la campagne se veut être une rupture après les 25 ans de mandat de Jean-Paul Fournier : la gauche souhaite surtout mettre un cap lisible sur la table. Avec une idée simple, martelée : la mairie ne peut pas se contenter de gérer des chantiers et des façades. Elle doit réparer le quotidien – logement, écoles, santé, transports, sécurité – et retisser du commun.

    Une méthode : « Rendre le pouvoir aux Nîmois »

    Le collectif met d’abord en avant sa manière de faire. Film participatif, dizaines de réunions publiques, 3 000 contributions : le projet se revendique issu du terrain. « Aucune décision importante ne doit être prise sans les habitants », insiste Vincent Bouget, qui promet des conseils de quartier renforcés, des débats municipaux transparents et des outils concrets de participation. Sur des dossiers sensibles comme les Halles, la gauche veut tourner la page des décisions descendantes et « repartir sur une large concertation ».

    En finir avec « Nîmes
    à deux vitesses »

    Le diagnostic est partagé par toute l’équipe : Nîmes est aujourd’hui une ville fragmentée. La campagne se construit donc autour d’un fil rouge, celui de l’unité. « Les Places communes » en deviendront le symbole : des lieux ouverts dans les quartiers pour se retrouver, monter des projets, recréer du lien. « On a besoin de se parler, de se retrouver ensemble », répète Bouget. Une dizaine de sites sont évoqués à l’échelle du mandat. Derrière cette idée, une exigence simple : que chaque quartier bénéficie du même soin, de la même attention, de la même présence des services publics.

    Remettre de la dignité

    Sur le logement, le candidat attaque frontalement : « Nous voulons loger tous les Nîmois. » Observatoire du logement, lutte contre les logements vacants, développement du logement social, guichet unique : la gauche assume un virage social face à une ville qu’elle juge excluante. Sur la santé, la médecin Catherine Fenech pose un constat simple : « Il y a 70 médecins pour 100 000 habitants dans cette ville, dont la moitié partiront à la retraite en 2030. » D’où la proposition d’un centre de santé municipal pluriprofessionnel et universitaire, d’une mutuelle communale et d’une approche globale liant santé, environnement et conditions de vie.

    Sécurité : la proximité

    Sur un thème souvent confisqué par la droite et l’extrême droite, la liste avance une ligne sans ambiguïté. La police municipale resterait armée, mais davantage tournée vers la proximité, avec des horaires élargis, des postes mobiles et un maillage plus équilibré dans la ville. Le commissariat de plein exercice à Pissevin est présenté comme une priorité, tout comme le renforcement des médiateurs, dont le rôle est jugé essentiel pour apaiser les tensions. Et pour couper court aux caricatures : « Le RN ment. Nous ne voulons pas désarmer la police municipale. »

    Jeunesse : « Une ville
    à hauteur d’enfant »

    La jeunesse traverse tout le projet. Vincent Bouget parle d’une ville pensée à hauteur d’enfant, où on lutte contre le décrochage, où on accompagne chaque parcours. Cela passe par un réseau de réussite, la gratuité des transports pour les scolaires et une mesure qui marque les esprits : « 1 000 enfants partiront en vacances chaque année. » Marianne Bernède prolonge cette vision dans l’espace public : abords d’écoles piétonnisés, cours végétalisées, rues sans voiture expérimentées. Elle y associe un combat plus large pour l’égalité. « Nous voulons faire de Nîmes une ville féministe », dit-elle en évoquant notamment des transports nocturnes adaptés pour permettre aux femmes de circuler sans crainte.

    Économie et finances : reprendre la main

    Sur le développement économique, Pierre Jaumain (PS) décrit un territoire trop cloisonné. Il plaide pour une agence locale capable de fédérer les acteurs, d’accompagner les entreprises et de redonner une dynamique à la ville. La gauche entend aussi rouvrir plusieurs dossiers emblématiques : gestion publique des monuments romains, avenir des Halles, défense du site universitaire des Carmes. Enfin, la question budgétaire est abordée sans détour. Gilles Guillaud dresse un constat sévère – 758 M€ de dette cumulée entre la Ville et l’Agglo – et assume une ligne de rigueur sélective : pas d’augmentation d’impôts, mais un recentrage des dépenses pour retrouver des marges d’investissement. En conclusion, il résume l’enjeu du mandat à venir d’une formule limpide : « Ce sont des choix politiques. »

  • Les vœux des juges face au narcotrafic

    Les vœux des juges face au narcotrafic

    Le président du tribunal judiciaire de Marseille, Olivier Leurent, a redit jeudi lors de l’audience de rentrée son inquiétude devant « les atteintes graves et répétées à l’État de droit à travers la mise en cause de la légitimité des magistrats » et alerté sur « l’embolie programmée de la justice criminelle face à la montée de la criminalité organisée ».

    Les effectifs du Siège ont certes progressé de 138 à 146 magistrats avec l’engagement d’atteindre 151 magistrats en 2026, « décision prise par le garde des Sceaux lors de sa venue en novembre dernier à la suite de l’assassinat de Mehdi Kessaci, drame qui révèle l’urgence d’une réaction forte de l’État dans la lutte contre le narcotrafic », a souligné le président toujours préoccupé par l’état de son greffe : 40 postes seront vacants dans quelques semaines, dont 7 de greffiers ou cadres greffiers et 24 postes d’adjoints administratifs et techniques.

    La prégnance du narcotrafic se lit dans « l’explosion du nombre d’ouvertures d’informations en lien direct avec le narcotrafic » au sein des sections « délinquance organisée » et « Jirs ». « Quatre cabinets de la délinquance organisée gèrent en moyenne chacun 90 dossiers et une soixantaine de détenus ce qui génère un épuisement chez les greffiers et juges d’instruction, outre des risques procéduraux accrus en matière de détention », déclare Olivier Leurent qui a rendu un hommage appuyé aux « 11 collègues qui mènent cette guerre acharnée, parfois au péril de leur vie, souvent au détriment de leur équilibre personnel et familial ». Le quartier de sécurité annoncé à Luynes et dédié au haut du spectre de cette criminalité, est « attendu avec impatience ».

    Organiser l’exfiltration

    de mineurs victimes

    Le narcotrafic irrigue jusqu’au tribunal pour enfants qui a connu une augmentation de 18% des mineurs poursuivis. « Cette délinquance est marquée par des passages à l’acte de plus en plus violents, par le recrutement de mineurs dans les réseaux de narcotrafic, mineurs qui deviennent souvent victimes d’actes de torture et de barbarie, de séquestration voire d’assassinats. » En février, seront jugées les premières affaires criminelles Jirs pour des assassinats reprochés à des mineurs de moins de 16 ans, avec des modalités inédites de recrutements sur les réseaux sociaux et d’utilisation d’armes de guerre. Des mineurs victimes aussi de ces réseaux et parfois exposés à des menaces de mort. Une convention « pour organiser leur exfiltration et celle de leur famille, en lien avec la Ville de Marseille et les bailleurs sociaux », est en cours d’élaboration, a-t-il révélé.

    Le procureur de la République, Nicolas Bessone, a réaffirmé la stratégie globale d’attaque systémique pour enrayer le narcotrafic et « la contre-société qu’il veut imposer », soulignant le taux de 66% d’affaires élucidées, d’où par ricochet la baisse du nombre de narchomicides : 49 en 2023, 24 en 2024, 16 en 2025. « Nous sommes la juridiction la plus saisissante » : 50 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis en 2025 et 15 millions d’euros confisqués par jugement. La cellule anti-corruption créée l’an dernier instruit actuellement 21 dossiers.

  • Une sensibilisation à la sécurité dans les lieux publics à Gardanne

    Une sensibilisation à la sécurité dans les lieux publics à Gardanne

    Questionnaire sous le bras, stylo en main, direction le Puits Moranda ce mardi pour Franck Richard, directeur de la prévention, sécurité et tranquillité publique et Lionel Biaggi, signataire des commissions sécurité, employé au service sécurité de la Ville. Ce matin, ces agents sont en charge de poursuivre la tournée dans les établissements dits de cinquième catégorie de la commune, soit en capacité d’accueillir moins de 200 personnes. Une mesure actée par la municipalité, à la suite d’un courrier adressé aux communes par le cabinet du Préfet qui appelait à une « vigilance renouvelée en matière de prévention des risques d’incendie » dans les établissements recevant du public, après le drame de Cres-Montana, qui a fait 40 morts et de nombreux blessés graves. « On n’oblige à rien, on vient, on constate… On a fait le choix de les accompagner. C’est beaucoup mieux, déjà parce que la réglementation est compliquée », explique Lionel Biaggi. « Dès le premier jour, on se rend compte que la démarche était nécessaire, constate Franck Richard. Mais à chaque fois l’accueil est parfait. On sent une volonté des gérants pour faire les choses bien. Le but n’est pas de les paniquer, mais il faut montrer qu’on ne peut pas laisser tout faire. Si c’est de la sensibilisation, il faut que ça reste pris au sérieux. »

    Sensibilisation seulement

    Chez Pia, premier arrêt de la matinée, extincteurs, issues de secours, compteurs électriques, portes coupe-feu et autres dispositifs sont vérifiés un à un. Petit à petit, les cases d’un questionnaire préalable confectionné par les services de prévention sont cochées. « J’avais déjà eu une première visite de courtoisie vendredi dernier, rapporte Pierre, gérant du lieu. Le sujet est important, je trouve que ces contrôles sont indispensables pour les cinquièmes catégories et honnêtement, j’ai apprécié l’approche. » Aucune obligation n’est imposée à l’issue des visites. Il appartient ensuite aux gérants des lieux de décider d’engager d’éventuelles modifications ou travaux. Floqué de l’insigne Police municipale, Franck Richard est forcé de rappeler, chez JeanJean cette fois-ci : « On est dans une l’idée d’échanger avec vous sur des règles de sécurité, voir des choses que vous ne savez pas, des choses que vous savez mais que vous ne faites pas bien… À la sortie, il n’y a pas de fermeture, c’est un accompagnement. Ce n’est pas une punition. » « C’est intéressant on apprend des choses qu’on ne connaît pas forcément. On n’y connaît rien. Quand on a ouvert, on a fait appel à des sociétés normalement spécialisées là-dedans, qui auraient dû nous dire tout cela. On ne sait pas, où mettre les extincteurs, etc. », explique l’un des associés du bar. « C’est intéressant, ça nous permet d’avoir du recul, et en tant que salariés d’être rassurés. Avec ce qu’il s’est passé, on a tous pris une claque et espéré que chez nous, ce ne soit pas pareil », conclut une salariée chez JeanJean. Plus qu’une soixantaine d’établissements à faire…

  • Condamné pour perception de loyers malgré l’arrêté de péril

    Condamné pour perception de loyers malgré l’arrêté de péril

    Un professionnel de la gestion locative a été condamné pour avoir perçu des loyers malgré l’arrêté de mise en sécurité de 2022 sur le Gyptis, ce bidonville vertical de la Belle de Mai évacué en mars 2023. Un symbole de la lutte contre l’habitat indigne.

    Alors que plus d’un millier d’immeubles marseillais sont frappés d’un arrêté de mise en sécurité (péril), des propriétaires sans scrupule exigent de leurs locataires le versement de loyers quand l’immeuble n’est pas interdit d’occupation. C’est le cas de locataires de la Maurelette (15e), qui subissent pour certains des pressions pour continuer de verser des loyers malgré le péril des parties communes depuis 2019.

    Gabriel Saghroun, 62 ans, a écopé de 6 mois de prison avec sursis et de 15 000 euros d’amende. Sa société civile immobilière Batim est condamnée à 35 000 euros d’amende. La société possède 24 locaux dans le 1er et le 3e arrondissements, qui ont généré près de 70 000 euros de revenus, en 2021. L’habitat indigne n’est pas étranger à cette société : un des cinq appartements qu’il possède au Gyptis se trouve, depuis juillet 2022, sous le coup d’un arrêté préfectoral d’insalubrité.

    Les deux prévenus sont condamnés en outre à une interdiction d’acheter ou d’être usufruitier d’un bien à usage d’hébergement pendant 5 ans. S’ils échappent à la confiscation du bien, c’est en raison de la
    procédure d’expropriation en cours du Gyptis par l’établissement public foncier Paca. M. Saghroun et sa SCI devront restituer à la famille victime les 3 600 euros de loyers indûment payés, leur verser solidairement 4 000 euros de préjudice moral et 1 500 euros de frais de justice.

    « Des locataires vulnérables »

    L’affaire débute avec un signalement de la Ville de Marseille concernant la situation de l’appartement 253, au 10e étage du Gyptis, 7-9, rue Cristofol (3e) et de la plainte du couple de locataires à qui M. Saghroun a dit de ne pas écouter la mairie. « Tu dois payer, on trouvera une autre solution. » Quand le couple évacué a demandé à être relogé, la société Batim a alors remis à la mairie un document faisant croire que le couple avait résilié le bail avec un état des lieux effectué ce jour-là. Bien qu’il n’ait pas été saisi du délit de faux sur la résiliation, le tribunal a tenu compte du « comportement procédural du prévenu » et notamment de la production d’un « document dont le caractère authentique est largement questionnable ».

    M. Saghroun affirmait que le couple ne payait plus le loyer depuis l’arrêté de péril, alors même qu’il leur avait remis des quittances. Il soutenait que le couple était parti en novembre 2022, laissant les clés à des squatteurs et que si ses locataires étaient revenus au moment de l’évacuation, c’était uniquement pour bénéficier des dispositifs de relogement mis
    en place par la mairie. Contrairement aux allégations du prévenu, le tribunal a retenu que le couple s’était réellement acquitté de 9 mois de loyer indus, que toutes les quittances comportaient bien le tampon de la société Batim, et que les locataires produisaient des factures d’électricité dûment acquittés pour l’appartement 253.

    Les juges de la 6e chambre retiennent que des relances ont bien été adressés par SMS au couple, qu’elles ont été « particulièrement insistantes et abusives sur l’ensemble de la période ». « Ce comportement révèle de la part des prévenus le mépris tant de ses locataires qu’il sait économiquement et socialement vulnérables, que de l’autorité municipale et préfectorale, et ce par appât du gain » a tranché le tribunal, qui considère « les faits sont d’autant plus graves que Gabriel Saghroun est un professionnel de la gestion locative ».

  • Municipales : fédérateur, Gachon brigue un 4e mandat à Vitrolles

    Municipales : fédérateur, Gachon brigue un 4e mandat à Vitrolles

    C’est un « marathon de huit semaines » qui l’attend. Loïc Gachon (PS) se lance dans la bataille des municipales pour un quatrième mandat, lui qui avait succédé à Guy Obino suite à son décès en 2009. Loin d’être une « évidence » ou une « forme d’installation », le maire sortant se représente pour « être utile ». « C’est peut-être quelque chose dont tout le monde rêve et nous on a la capacité de le faire, donc on doit le faire », a-t-il affirmé devant une salle Nelson Mandela pleine à craquer dimanche matin.

    Alors que son programme, fruit d’un travail participatif mené par le collectif « Réfléchissons Vitrolles », est en cours d’élaboration et sera présenté aux alentours des vacances de février, Loïc Gachon a tout de même révélé ses priorités, dont la première est de protéger la population. « Le premier réflexe c’est de penser aux questions de sécurité, c’est important (…) mais protéger c’est aussi l’attention aux plus fragiles socialement (…), ou la protection pour l’avenir », affirme-t-il, évoquant notamment l’évolution du climat, lui qui a engagé la Ville dans la rénovation d’un réseau de chaleur urbain appuyé sur la géothermie profonde et dans une communauté d’énergie pour devenir un territoire à énergie positive.

    Loïc Gachon entend également cultiver la proximité et le vivre-ensemble. « Dans un monde qui nous divise, avec des forces politiques qui ont toujours tendance à nous séparer en chapelle en fonction de nos origines ou de nos religions, le rôle de même de l’équipe municipale (…) c’est de fédérer pour faire vibrer ce qui nous rassemble. »

    Pour y parvenir, l’édile compte s’appuyer sur « une équipe qui reprend à peu près les contours de l’équipe précédente » avec le soutien des Écologistes, du MoDem, du PCF, de Place publique ou encore de Génération.s, mais aussi sur des candidats issus de la société civile. La liste sera présentée le 21 février.

  • Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Invisible à Montpellier depuis 2017, l’actuelle députée européenne d’extrême droite France Jamet est de retour. Plus revancharde que jamais 12 ans après son échec en 2014 (13,8% au 1er tour puis 9,18% au 2e tour), l’héritière du co-fondateur du Front national vient d’annoncer avoir été investie aux municipales par le Rassemblement national (RN) avec la bénédiction de l’Union des droites pour la République (UDR) d’Eric Ciotti.

    Une investiture obtenue de Paris au nez et à la barbe de Thierry Tsagalos qui s’autoproclamait candidat du RN depuis plusieurs semaines. « Il s’est obstiné, il a préféré jouer une carte personnelle. C’est dommage, il va être exclu. Quand on a une machine de guerre comme la nôtre, on doit mettre nos forces en commun », tranche France Jamet.

    Fille d’Alain Jamet (décédé récemment), le co-fondateur du FN aux côtés de Jean-Marie Le Pen , France Jamet a de solides appuis au sommet de l’état major du RN. Le député pro-Eric Ciotti, Charles Alloncle (UDR), l’a bien compris. Opportuniste, il sera en bonne position sur la liste RN au contraire de son suppléant Thierry Tsagalos. De même que Flavia Mangano, ancienne candidate RN aux législatives sur la 2e circonscription de l’Hérault. Un troisième colistier a été dévoilé : Alex Frederiksen, collaborateur de la députée Manon Bouquin (RN).

    Le RN qui n’a jamais scoré à Montpellier ambitionne moins de rafler la ville que d’y gagner en influence. Comme les autres opposants déclarés, France Jamet s’inscrit dans une « volonté de rupture » avec la politique municipale actuelle. A l’instar de Mohed Altrad, déclaré candidat la veille ou de l’ancien maire (2014-2020) Philippe Saurel (qui pourrait lui aussi se dévoiler dans les prochains jours), elle fustige les 2 milliards de dette de la Ville (un audit des finances sera réalisé) et promet de faire des « économies ». La solidarité devrait trinquer. « On supprimera les subventions à SOS Méditerranée », illustre-t-elle. En revanche, au vu du succès populaire, pas question de faire marche arrière sur la gratuité des transports en commun.

    A l’image d’Isabelle Perrein, autre candidate divers droite soutenue par l’UDI, France Jamet cible la circulation embouteillée en ville. Elle promet de rouvrir le tunnel sous la Comédie et l’avenue Albert Dubout. « Le tout vélo ne marche pas, il faut plus de parkings. On doit en finir avec cette politique répressive des automobilistes et sortir de cette dictature écologiste ».

    Alors même que son parti prône le repli sur soi (protectionnisme, frontières, droit du sang…), elle trouve que « Montpellier s’est trop renfermée sur elle-même. Rien n’a été fait vis-à-vis de Toulouse. Montpellier doit retrouver sa place en s’ouvrant ».

    Enfin, sans surprise, elle compte axer sa campagne sur la sécurité. Tandis que l’actuelle majorité a déjà créé des brigades des transports et du logement social, elle joue la surenchère avec « plus de caméras, de policiers municipaux équipés ». « On doit abandonner le laxisme ». France Jamet, elle, n’a rien perdu de sa hargne.

  • Emmanuel Macron devrait actualiser la loi de programmation militaire

    Emmanuel Macron devrait actualiser la loi de programmation militaire

    Emmanuel Macron revient à la base aérienne 125 d’Istres, jeudi, pour présenter ses vœux aux armées. Presque neuf ans après sa première élection, le président de la République se livrera à un exercice cérémoniel classique : revue des troupes, salutations aux portes-drapeaux, puis discours en fin de matinée.

    Mais, en même temps, le protocole laissera place à une séquence moins banale. L’après-midi, Emmanuel Macron prendra place à bord d’un Airbus multi rôle transport tanker (MRTT), piloté par Thomas Pesquet, colonel de réserve de l’armée de l’air, pour une manœuvre de ravitaillement en vol d’un avion Rafale. Une démonstration du module d’évacuation sanitaire Morphée, dédié aux blessés graves, est également prévue.

    Le choix de la base d’Istres pour cette cérémonie repose sur son contexte exceptionnel. 5 000 personnes y travaillent, dont pour moitié de militaires. La piste est la plus longue d’Europe avec 5 km de long. La présence de 15 Airbus MRTT en fait un « hub stratégique de projection de puissance », dans le monde, selon l’Élysée.

    Un discours attendu sur plusieurs sujets

    Le discours présidentiel est attendu. Notamment au regard de l’actualisation de la prochaine loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030n prévue au 1er trimestre. « C’est un moment qui sera très probablement axé sur ce sujet », avance l’Élysée. 64 milliards d’euros étaient prévus pour le budget pour la Défense en 2030 et Emmanuel Macron a annoncé, l’été dernier, vouloir avancer cet objectif à 2027. C’est le double du budget alloué en 2017 lors de sa première visite.

    Un discours également attendu au regard de la situation géopolitique internationale et du rôle de la France dans les conflits en cours. « Le président fera évidemment un discours en lien avec l’actualité internationale et géostratégique », précise l’Élysée. Particulièrement en ce qui concerne les « garanties de sécurité en Ukraine s’il y a un traité de paix entre belligérants », mentionne l’Élysée.

    Enfin, les trois premières promotions du service national, fortes de 3 000 jeunes, débuteront en septembre prochain. Un service uniquement « sur le territoire national, déconnecté » des enjeux internationaux, assure l’Élysée.