Tag: Sécurité sociale

  • Une alerte rouge lancée au gouvernement

    Une alerte rouge lancée au gouvernement

    La pression monte sur l’exécutif à l’approche du vote solennel. Que contiendra la copie finale du budget pour 2026 ? Le pire reste à craindre. C’est pourquoi les syndicats envoient, ce mardi, leur alerte rouge. À travers plus de 150 rassemblements répartis sur tout le territoire, la CGT, la FSU et Solidaires réaffirment leur rejet du projet austéritaire et antisocial du gouvernement. « Sans la mobilisation du monde du travail, ce budget aura des conséquences catastrophiques pour les travailleurs et les travailleuses, pour nos services publics et pour l’avenir de notre pays », fait valoir l’intersyndicale, dans un communiqué. « Rien n’est encore joué », promet-elle, appelant à « mettre la pression ».

    « La seule perspective que nous ouvre le gouvernement, c’est la guerre », a martelé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, le 27 novembre dernier lors d’une conférence de presse conjointe. « On est dans une situation aujourd’hui où on ferme des lits d’hôpitaux pour construire des obus », renchérit-elle. « Ce n’est pas seulement une formule rhétorique (…) le budget de l’armée a augmenté de 6,7 milliards », indique la dirigeante syndicale, alors que le gouvernement prévoyait d’amputer la santé de plus de 7,1 milliards d’euros.

    La CGT, Solidaires et FSU

    à l’offensive

    Parmi les bonnes raisons listées par la centrale syndicale de Montreuil pour se mobiliser, un terrifiant constat : le Smic n’a pas augmenté depuis 2012 en France, contrairement à nos voisins allemands qui viennent d’instaurer une hausse de 14%. La CGT réclame donc une revalorisation à 2 000 euros brut au 1er janvier 2026, « pour que les salariés puissent vivre de leur travail, et d’indexer les salaires sur les prix pour garantir à tous les salariés le maintien de leur niveau de vie face à l’inflation et stopper les effets de tassement ». Sophie Binet devrait s’entretenir avec le Premier ministre, ce jeudi, de même que la CFDT, FO et le Medef, tout au long de la semaine.

    Dans son analyse du budget publiée en octobre dernier, Solidaires prédisait qu’« une baisse des dépenses publiques aurait des conséquences dramatiques pour les services publics, la cohésion sociale et la transition écologique et alimenterait l’extrême droite, dont les électeurs déplorent tout à la fois les injustices fiscales et le repli des services publics ». Et pour cause, le gouvernement prévoit 30 milliards d’économies, une véritable saignée. Cela prévoit, entre autres, la suppression de 3 000 postes dans la fonction publique, notamment dans l’Éducation nationale, à France Travail, aux Finances publiques et à la Sécurité sociale.

    Pour la FSU, ces mesures doivent inciter à « élever le rapport de force pour arracher des mesures de justice sociale : des moyens pour les services publics et la Sécurité sociale, des augmentations de salaire et la revalorisation des carrières de la fonction publique, l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, la sortie de la précarité en commençant par un statut pour les AESH, et l’abrogation de la réforme des retraites ».

    La navette parlementaire suit son cours

    Hasard du calendrier ou pas, le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) fait son retour à l’Assemblée nationale dans la journée, après avoir été largement modifié par le Sénat, dominé par la droite. La chambre haute du Parlement est revenue sur la suspension de la réforme des retraites, concédée par le Premier ministre au PS en échange d’une non censure. Les socialistes ont été reçus, lundi midi, par Sébastien Lecornu et une salve de ministres : Économie, Comptes publics, Travail, Santé et Relations avec le Parlement. « Nous progressons, nous sommes dans une approche qui peut permettre d’aboutir à un compromis, nous n’en sommes pas encore là », affirme Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, à la sortie de Matignon. Listant une nouvelle fois les lignes rouges du parti à la rose : « Suspension de la réforme des retraites, prestations sociales et pensions de retraites pas gelées, franchises médicales pas appliquées », insiste-t-il.

    Le chef du gouvernement a reçu les communistes dans la foulée, après avoir consulté Liot et Les Républicains la semaine passée. Il recevra les Écologistes ce mardi et le Rassemblement national le lendemain. Le vote de la partie recettes du budget de la Sécu est prévu dans la semaine, avant un scrutin solennel sur l’ensemble du texte le 9 décembre prochain.

    « La seule perspective que nous ouvre le gouvernement,
    c’est la guerre »

  • La CAF du Var inaugure son nouveau siège à la Loubière

    La CAF du Var inaugure son nouveau siège à la Loubière

    Engagée à améliorer la qualité de son service, la Caisse d’allocations familiales du Var a présenté vendredi après-midi ses nouveaux locaux fonctionnels de 8 300 mètres carrés de bureau dans le quartier de la Loubière, à Toulon. Un bâtiment, dont « l’architecture est à la hauteur des enjeux actuels », qui regroupe, depuis mars 2025, 480 salariés sur un effectif total de 550 à l’échelle du département. L’objectif étant, a rappelé son directeur Julien Orlandini, de permettre à l’organisme d’assurer sa mission de service public dans les meilleures conditions.

    La protection sociale unanimement saluée

    Et de poursuivre : « Ce déménagement survient l’année des 80 ans de la Sécurité sociale, l’occasion d’affirmer nos valeurs et notre raison d’être tournée vers la protection. » L’occasion de rappeler que depuis 1945, les allocations familiales accompagnent et soutiennent les populations. « Cette histoire longue nous engage », ajoute Julien Orlandini. La maire de Toulon Josée Massi (SE) a remercié dans son intervention l’ensemble des décideurs d’avoir choisi de venir s’installer ici, à la Loubière, « un quartier que Toulon a entrepris depuis plusieurs années de redynamiser afin d’en faire un centre d’activité tertiaire et de formation ».

    L’occasion aussi de mettre en avant le magnifique parc de la Loubière, qui commence au pied de la bâtisse, et ses 16 000 m² de verdure qui a vu le jour en septembre 2022, en lieu et place d’une ancienne fiche industrielle. La première magistrate a salué ensuite le « rôle fondamental que joue la CAF dans la dimension sociale de notre engagement républicain ».

    Ça fait du bien de voir les mérites de la République sociale unanimement reconnus.

  • Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    « C’est un peu grâce à eux que j’ai réussi mon parcours pour faire reconnaître ma maladie professionnelle », confie Pierre Seux. Ce retraité de l’industrie pétrochimique est l’un des nombreux travailleurs à avoir été accompagné par l’Association de défense des victimes des maladies professionnelles (Adevimap) de l’ouest de l’étang de Berre qui a ouvert ses portes mercredi. L’initiative se poursuit ce jeudi de 9h à 16h.

    Ayant travaillé chez Arkema à Marseille de 1984 à 2013, le retraité explique avoir « respiré tous les produits de la filière carbone, dont le benzène, jusqu’en 2013 où je suis parti en retraite anticipée car le site a été reconnu amianté en 2012 ». Sept ans après son départ en 2020, Pierre Seux contracte une leucémie. Alors, il demande de l’aide à l’Adevimap pour l’accompagner dans le processus de reconnaissance de cette maladie par la faute de l’employeur.
    « Ils m’ont aidé à remplir le questionnaire destiné à la Sécurité sociale. Ils m’ont aussi préparé à passer devant le médecin-conseil, pour comprendre les questions et bien y répondre », affirme l’ancien ouvrier.

    « Les gens ne peuvent pas aller au tribunal sans eux »

    Pierre Seux est venu aux portes ouvertes de l’Adevimap ce mercredi pour « donner quelques conseils, comme aux collègues de Naphtachimie qui sont passés ce matin, mais aussi pour se retrouver, discuter et se soutenir ». C’est aussi la démarche de Sylvie Pioli, ancienne infirmière de nuit et fondatrice de l’association Cyclosein. « Ce sont presque des amis », reconnaît-elle, car face à la maladie « on n’est pas aidé, ça coûte très cher d’aller au tribunal et les gens moyens ne peuvent pas y aller s’ils ne sont pas aidés par des associations comme l’Adevimap ou les syndicats », estime-t-elle.

    L’ancienne infirmière, atteinte d’un cancer du sein, veut sensibiliser sur « les risques du travail de nuit ». « Il faut que la médecine du travail soit sensibilisée aux cancers du sein, digestifs, ou la dépression que favorise le travail de nuit. Il faut aussi que les candidats à ce type de poste soient prévenus sur les risques », conclut-elle. C’est aussi ça l’Adevimap, un carrefour des battants pour la vie et la justice. La présidente, Christiane de Félice, considère que « c’est important de se soutenir, et les gens qui viennent savent qu’on n’est pas un service administratif, mais des bénévoles qui apportent à la société et aux victimes ». En 2025 l’association a perdu l’un de ses fondateurs Maurice Huc. « Il est toujours dans notre esprit et on continue à se battre pour obtenir justice pour les gens qui ont tout perdu, jusqu’à la vie », assure la présidente.

  • [Entretien] Claude Mas : « La retraite est un socle intergénérationnel »

    [Entretien] Claude Mas : « La retraite est un socle intergénérationnel »

    La Marseillaise : Pour quelle raison avez-vous décidé d’organiser une journée complète de mobilisation départementale avec votre organisation, ce jeudi
    à Arles
     ?

    Claude Mas : L’année 2025 est marquée par l’anniversaire des 80 ans de la création de la Sécurité sociale. La retraite, qui en fait partie, est notre socle collectif et intergénérationnel. Elle nous permet à tous de bénéficier de la solidarité par la cotisation sociale et d’échapper à la pauvreté. C’est important pour nous, car le gouvernement et le Medef veulent nous la prendre avec une violence jamais égalée, dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. On marque l’événement parce que ce modèle est une grande conquête sociale fragile et menacée. C’est pourquoi l’Union syndicale organise une journée complète en coopération avec notre union départementale. On y trouvera une exposition de l’institut d’histoire sociale de la CGT à la Bourse du travail. On va revenir sur la création de la Sécurité sociale, ses objectifs et comment on se projette pour conquérir le 100% Sécu. Il y a également un journaliste qui va y animer un échange. C’est une initiative de réflexion nécessaire, car tout le monde ne connaît pas forcément ni la Sécu, ni ce projet. Cela permet aussi de signifier la lutte qu’on mène à travers nos revendications de retraités, car sans les travailleurs, les précaires et les chômeurs à nos côtés, on n’arrivera pas à reconquérir cet outil.

    Reconquérir, c’est-à-dire ?

    C.M. : Il y a de l’argent pour financer la Sécu et nous permettre de nous soigner dans une logique de répartition nécessaire au monde du travail. Car il y a beaucoup plus de richesses aujourd’hui qu’en 1945. On continue cette lutte de génération en génération pour garder la Sécu et l’adapter au XXIe siècle. Reconquérir, car il y avait des élections au Conseil d’administration de la Sécurité sociale qui ont été supprimées depuis longtemps. Nous voulons leur retour et à parité. Nous voulons aussi la participation des entreprises aux cotisations, de la même manière que les salariés. Il faut également mettre fin aux exonérations de cotisations des employeurs qui permettraient de faramineux investissements, dans les hôpitaux par exemple.

    Pourquoi à Arles et précisément
    à la Bourse du travail ?

    C.M. : Car ce sont les locaux de l’union locale CGT d’Arles, Un lieu de résistance qui a toujours été attaqué et qui continue de l’être par un maire de droite qui veut nous en chasser.

  • La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    « Il est hors de question de laisser ces débats lunaires se faire dans le silence ! ». À la Bourse du travail de Marseille, ce jeudi, Greg Fontaine, infirmier à l’hôpital de la Timone et co-secrétaire de la CGT AP-HM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille), tient à « sonner l’alerte » sur le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) débattu au parlement.

    Le tout, à l’occasion d’une journée de communication nationale de la fédération CGT de la santé et de l’action sociale. Ce budget pour 2026 est jugé comme une « catastrophe » annoncée pour les établissements de santé et notamment les hôpitaux publics. « Ils sont déjà à l’os et une nouvelle réduction de moyens risque de provoquer leur effondrement », dénonce-t-il. La montée au créneau des organisations CGT ne vient pas de nulle part : « Le PLFSS 2026 prévoit une suppression de 7 milliards d’euros pour le budget de la santé, tandis que le budget de l’armée bénéficie d’une hausse sans contreparties », renchérit Ludovic Vergnaud-Rousseau, pour l’USD 13 (Union syndicale départementale de la santé) et aide médico-psychologique à l’association Unapei.

    Si les maux des hôpitaux sont connus, Greg Fontaine tient à les remettre en avant : « Les structures subissent une crise de l’emploi qui met en danger la santé des personnels et des patients. 92% des établissements déclarent des difficultés de recrutement. » L’analyse de la CGT s’appuie sur des données chiffrées : « Pour le seul secteur de la santé, il y a 180 000 postes qui sont à pourvoir selon une étude de la Dares au 1er trimestre 2025. »

    « Manque de matériel

    à tous les niveaux »

    Et l’organisation estime à 74 000 aides-soignants et 43 000 infirmiers et sages-femmes manquants en France. Même constat dans le privé et les structures associatives du reste du secteur : « Des maternités ferment, les Samu sont saturés, les personnes âgées souffrent dans les Ehpad », énumère Ludovic Vergnaud-Rousseau. La faute à « 30 ans de politique libérale et d’une gestion des établissements comme des usines à soins ». Et qui risque de se poursuivre avec ce PLFSS, la CGT ciblant plusieurs mesures qui ne passent pas : « Jour de carence pour les arrêts maladie, gel du point d’indice pour les fonctionnaires et doublement des franchises médicales. »

    Greg Fontaine rappelle les conséquences concrètes de ces mauvais coups dans les services : « Les brancardiers de la Timone se sont mobilisés contre le sous-effectif, les agents de la sécurité incendie également. Et les soignants des Baumettes ont fait grève contre la suppression de jours de repos compensateur ! ». Séverine Jeanroy, aide-soignante à l’hôpital Nord à Marseille et élue CGT confirme que ces exemples ne sont pas des cas isolés : « La situation à [l’hôpital] Nord s’aggrave d’année en année. L’attente pour avoir des rendez-vous est rallongée, les patients sont hébergés dans des services dont ils ne dépendent pas. » Et rappelle « le manque de matériel à tous les niveaux comme les appareils à tension, les couvertures… »

    Alerte à la population

    D’où « l’alerte à la population » lancée par les organisations CGT qui demandent sa participation pour « interpeller les élus ». Notamment en vue d’obtenir un PLFSS en « hausse entre 7 et 10% ». Ou, à défaut, « que les parlementaires s’y opposent » et donc ne votent pas le texte. Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle que le refus de cette politique passe par la mobilisation le 2 décembre dans la rue avec un appel confédéral à la manifestation et à la grève : « On ne pouvait pas ne pas manifester contre ce budget qui est encore pire que les précédents. »

  • La CGT fête ses 130 ans et les 80 ans de la Sécu à La Seyne-sur-Mer

    La CGT fête ses 130 ans et les 80 ans de la Sécu à La Seyne-sur-Mer

    L’année 2025 marque les 130 ans de la CGT et les 80 ans de la Sécurité sociale. Pour l’occasion, l’UD CGT 83 organise un événement (ouvert uniquement à ses adhérents) vendredi, au Circoscène, pour célébrer ces avancées sociales et « rappeler ce qu’est la Sécu, son rôle fondamental et comment on la veut au XXIe siècle », précise Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’UD CGT 83, « mains ouvrières de la création des caisses de la Sécu partout en France ».

    Un événement d’autant plus important à l’heure où la Sécu est remise en cause dans son ensemble, sous l’effet du « libéralisme, du techno féodalisme, du néo fascisme et de l’alliance des droites. C’est un modèle de société servi par l’extrême droite au service du capital, une attaque finale qui veut faire passer tout ce qui est de la sphère collective et solidaire à la sphère individuelle. Une partie de la haute bourgeoisie veut un retour du misérable. On est plus que jamais dans la lutte des classes. Il faut des réponses globales », martèle Richard Roméo-Giberti, qui souhaite mobiliser le mouvement social, car « à l’heure où on nous mène une bataille sévère depuis l’Assemblée nationale, le monde du travail continue de se réunir et de réunir ceux qui souffrent. On continuera notre action dans ce moment de mélasse politique ».

  • L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    « La Sécu c’est pas seulement une institution, c’est nos corps, nos têtes, notre quotidien », lance l’ancien député PCF Pierre Dharréville à l’assistance, dans la salle Gagarine lundi soir. L’ancien membre de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale est invité par le PCF de Port-de-Bouc à animer un débat sur les 80 ans de la Sécurité sociale, avec le secrétaire général de la CGT CPAM des Bouches-du-Rhône, Jean-Marie Angeli.

    En syndicaliste, ce dernier insiste sur « le rapport de force à double face syndicale et politique qui a permis de gagner la Sécu », qui doit aujourd’hui affronter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS) prévoyant « 7 milliards d’euros d’économies sur la santé ».

    Jean-Marie Angeli avance qu’« il faut faire revenir ce sujet politique qu’est la Sécu dans les entreprises, alors que la majorité des salariés ne savent pas lire leur fiche de paye ». Une forme d’éducation populaire face au discours austéritaire « quand il y a 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales et 250 milliards d’aides patronales sans contrepartie », rappelle le syndicaliste.

    « La Sécu est un instrument de justice »

    Pierre Dharréville, auteur d’une proposition de loi pour constitutionnaliser la Sécurité sociale, analyse le discours « de Gabriel Attal qui dit que le système de retraite par répartition prend l’eau ». « Mais les voies d’eau sont organisées, car lui veut la retraite par capitalisation. C’est une attaque contre la Sécu pour un projet politique inégalitaire qui va alimenter la finance », juge l’ex-député.

    En filigrane, la cotisation sociale. « L’entourloupe du Rassemblement national est de supprimer les cotisations pour gagner du pouvoir d’achat. » En clair, « leur projet de société est de ne pas partager le pot commun au prétexte qu’il y en a qui profitent. Nous, nous voulons partager car il y a besoin de justice dans ce pays et la Sécu en est un instrument », estime Pierre Dharréville.

    Ce dernier indique que « le système est solide et des leviers existent pour le financer. La CSG n’est pas mon amie mais le PLFSS prévoit de l’augmenter sur les revenus du capital ». Jean-Marie Angeli réaffirme que « de l’argent, il y en a. Il faut supprimer les exonérations de cotisations et revoir les impôts quand l’évasion fiscale atteint 100 milliards d’euros », rappelle le syndicaliste.

  • Précarité et mauvaise santé vont de pair à Avignon

    Précarité et mauvaise santé vont de pair à Avignon

    « Si on ne soutient pas la Sécurité sociale, avec la précarité des hôpitaux sur notre territoire, on va dans le mur », lâche Monique, infirmière retraitée venue de Cavaillon ce jeudi 6 novembre à 10h30 devant la préfecture, à l’appel de huit organisations syndicales, Force ouvrière ne s’étant pas jointe en Vaucluse aux autres membres du groupe de neuf.

    Ils étaient plus de 150 en milieu de matinée, en cité des Papes, pour montrer leur opposition au projet de budget de financement de la Sécurité sociale du gouvernement Lecornu, dont le texte fait toujours l’objet de discussions à l’Assemblée. Et notamment contre « des mesures drastiques contre l’accès à la santé, qui touchent plus durement les personnes âgées et les retraités dont la santé se dégrade avec l’âge », pousse, lors de sa prise de parole au nom de la FSU et de la CGT, Daniel Gressier, représentant les retraités FSU de Vaucluse.

    « Nous ne sommes pas des nantis, c’est complètement faux ! »

    Et de cibler le possible doublement des montants et plafonds des franchises médicales, c’est-à-dire le reste à charge, la remise en cause des affections de longue durée ou encore la nouvelle taxation sur les complémentaires santé, de 2,05% à 2,35%, « qu’elles répercuteront sur les cotisations, alors que les retraités subiront une augmentation exponentielle de leur taux en fonction de l’âge, avec l’application de la Protection sociale complémentaire dont ils et elles sont exclues », lance le représentant syndical.

    « Toutes les mesures projetées par le gouvernement attaquent principalement les retraités. On dit que les retraités sont des nantis, ce qui est complètement faux. On est dans un des départements les plus pauvres de France et beaucoup de retraités se trouvent en dessous du seuil de pauvreté. On attend des réponses. On nous disait que ça allait être mieux que sous Barnier et Bayrou, mais c’est faux », ajoute Thierry Maillet, membre du bureau de la CGT retraités de Vaucluse. Les syndicats annoncent que des échanges avec les parlementaires du département, hors Rassemblement national, ont été sollicités afin de les interpeller sur ces sujets.

  • Des doléances portées en préfecture à Marseille

    Des doléances portées en préfecture à Marseille

    Ils ont bien compris la petite mécanique à l’œuvre ces dernières semaines et ne s’en satisfont évidemment pas. Retraités ou non, ils ont marché main dans la main dans les rues de Marseille, jeudi, pour manifester leur rejet du budget d’austérité 2026 préparé avec les projets de loi de finance de l’État et de la Sécurité sociale.

    « Cela va impacter très fortement les travailleurs, en activité ou à la retraite parce que nous considérons bien que nous sommes des travailleurs puisque la retraite est un droit social », glisse d’emblée Josiane Dragoni. La responsable fédérale des retraités de la FSU se veut à rebours de la « guerre des générations prônée par le Medef et reprise par certains partis et une partie de la presse ». Le sentiment est partagé partout dans le cortège où sont présents de nombreux actifs. « Opposer les gens les uns aux autres ça n’amène qu’au pire », résume Marcel, son autocollant CGT bien posé sur sa veste. « Pointer les retraités, les chômeurs, les immigrés comme le fait Monsieur Macron depuis des années, ça ne fait que faire monter l’extrême droite. »

    « On est très en colère et on l’exprime a contrario de ce que veulent le gouvernement et certains médias qui jouent l’opposition entre actifs et retraités. On fait la preuve à Marseille comme dans tout le pays que nos revendications, même si elles sont spécifiques, nous rassemblent », abonde Claude Mas, la secrétaire générale de l’USR CGT 13.

    Ces revendications sont salariales tout d’abord. « Parce que les retraités ne sont pas riches et la pension moyenne est au niveau du Smic » rappelle-t-elle, eux demandent leur indexation sur l’inflation dès janvier, leur revalorisation selon le salaire moyen, et le maintien de l’abattement fiscal de 10%. Elles sont sociales aussi avec la revalorisation des prestations sociales a minima au niveau de l’inflation, l’abandon du doublement des franchises médicales, ou encore le maintien et le développement des services publics sur tout le territoire.

    « Les services publics,

    c’est pour tout le monde »

    Après avoir marché du Vieux-Port à la préfecture, ce sont ces doléances qu’une délégation de l’intersyndicale a transmis aux représentants de l’État dans le département. « Les services publics, c’est pour tout le monde, jeunes, actifs, retraités, et c’est tout ce qui est nécessaire. Cela se déliterait parce que ce serait des dépenses ? Mais non. Ce sont des investissements », reprend Josiane Dragoni. « Les cibler c’est détruire toute solidarité, cela signifie l’effondrement de notre modèle social, et la fin de nos droits sociaux, nos droits à la retraite, à la santé, à l’éducation. Et pour faire quoi ? Faire place au privé et aux grands groupes financiers. » Et la porte-parole des retraités Solidaires 13 de prendre l’exemple des Ehpad dans les Bouches-du-Rhône où plus des 70% sont aux mains de groupes comme Orpea, Korian ou DomusVi. « Les centres de rééducation fonctionnelle, les cliniques de soins sont aux mains de ces groupes avec des situations comparables », poursuit-elle, déplorant que la Sécurité sociale soit tuée à petit feu avec les 80 milliards d’exonération de cotisations sociales annoncées. « On la prive de ses recettes et le report vers les complémentaires de santé et les assurances privées poussés par les déremboursements vont encore s’accélérer avec ce budget. »

    En parallèle, les parlementaires, sénateurs et députés de tout le pays, hors Rassemblement national, « parce qu’on ne discute pas avec eux » sont interpellés. Face à la crainte d’une application par ordonnance, les organisations syndicales comme la CGT veulent connaître leur position dans le débat et attendent qu’ils défendent eux aussi leurs revendications.

  • Le chirurgien aubagnais reconnu coupable d’escroqueries sur dix CPAM

    Le chirurgien aubagnais reconnu coupable d’escroqueries sur dix CPAM

    L’ex-chef du service de chirurgie orthopédique du centre hospitalier d’Aubagne a été reconnu coupable mercredi d’escroquerie aggravée au préjudice de notre système de protection sociale : plus de 400 000 euros détournés en trois ans en explosant son activité libérale et en double facturant des actes fictifs. Il écope de deux ans de prison avec sursis et de 100 000 euros d’amende. La condamnation est assortie d’une interdiction d’exercer pendant 5 ans sa profession en activité libérale au sein d’un hôpital public et à 5 ans d’inéligibilité.

    Le docteur Ikbel Farhat, 52 ans, qui plaidait l’erreur, l’ignorance et le complot à son procès le 21 octobre, était le seul des 7 médecins avec activité libérale au sein de l’hôpital d’Aubagne, à avoir explosé le volume de remboursement d’interventions par la Sécurité sociale : 313 actes en 2019 pour 98 000 euros d’honoraires libéraux, 569 actes pour 159 000 euros en 2020 et 845 en 2021 pour 327 000 euros, soit cette année-là 113% d’activité libérale, un taux surréaliste et incompatible avec la limitation à 20% pour un praticien hospitalier public à temps plein déjà rémunéré 10 000 euros par mois.

    « Le volume de ces facturations indues exclut la simple erreur », considère le tribunal pour qui le chirurgien n’a pas seulement facturé en libéral des actes relevant du public, mais a également facturé des actes accomplis par des confrères à lui, leur « volant des malades », des actes fictifs remboursés une seconde fois par la Sécurité sociale. Ainsi des actes sur 57 patients du docteur Roge qui découvrait le pot aux roses, que le prévenu réussissait à se faire rembourser en faussant des feuilles de soins.

    « Ces comportements démontrent une réelle volonté de frauder, dans un objectif purement financier », énonce le jugement rendu par la 6e chambre correctionnelle qui observe que le praticien « se présente comme un médecin dédié au service public et ne faisant pas ce métier par appât du gain, alors que le tribunal peine à voir quel autre intérêt il y aurait dans ces actions, qui n’ont aucune plus-value pour le patient ».

    Les CPAM des Alpes-Maritimes, du Bas-Rhin, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis, les moins impactés ont obtenu la fixation de leurs dommages-intérêts pour une poignée d’actes frauduleux. En revanche, les intérêts civils des CPAM les plus lourdement touchés, celles du Var, des Bouches-du-Rhône, de l’Ardèche et la caisse nationale militaire de Sécurité sociale, seront examinés à l’audience du 7 mars 2026. Le conseil départemental de l’Ordre des médecins obtient un euro symbolique.