Tag: sciences

  • Une semaine de repas gratuits dans les restaurants universitaires

    Une semaine de repas gratuits dans les restaurants universitaires

    Il n’est pas encore 12h, mais devant le Crous de Gaston Berger sur le campus de Saint-Charles, la file est déjà longue. Pas étonnant puisque, ce mardi, les repas sont gratuits pour tous les étudiants à l’occasion de la « semaine d’accueil » organisée par la Ville et le Crous. Chaque jour, un restaurant universitaire offre le repas à tous les étudiants. Débuté lundi à Saint-Jerôme, puis Saint-Charles ce mardi, la semaine se poursuit à Luminy, Galinat et Centrale.

    « Cette semaine de gratuité est l’occasion pour le Crous de communiquer sur le repas à 1 euro pour les étudiants boursiers, explique Aurélie Biancarelli, adjointe (PCF) au maire chargé de l’enseignement supérieur. Mais aussi pour celles et ceux en situation de précarité qui peuvent déposer un dossier auprès des services sociaux du Crous pour bénéficier de ce prix », ajoute-t-elle.

    Une initiative importante alors que la précarité étudiante ne cesse de s’accroître. Cette année, la fédération des associations générales étudiantes (Fage) alerte sur l’augmentation du coût de la rentrée de 2,2% par rapport à 2024, revenant à 3 227 euros. « Cette situation de précarité est devenue structurelle au fil des années, insiste l’adjointe au maire. La période de la crise sanitaire l’a mise en exergue, mais je crois qu’aujourd’hui, il y a besoin de politiques publiques qui viennent les soutenir ».

    Certains étudiants sont d’ailleurs venus exprès à Saint-Charles, ce mardi, pour bénéficier du dispositif. C’est le cas de Léa, étudiante en sciences cognitives. « Je l’ai vu sur Instagram. Je n’avais pas cours aujourd’hui, mais je suis venue pour pouvoir profiter du repas, explique l’étudiante, habituée du Crous. J’arrive à m’en sortir parce que j’ai des aides : la bourse, le repas à 1 euro et la chambre au Crous. »

    Prince, en première année d’informatique, est lui venu comme tous les jours pour son repas à un euro. « je ne savais pas que c’était gratuit aujourd’hui. C’est juste que je viens tous les jours, parce que le repas à 1 euro, ça permet de réduire les dépenses, et la nourriture est bonne », affirme le jeune homme.

    Une action qui a aussi l’ambition de casser les clichés autour de la qualité des repas servis. « Certains ont une mauvaise image de la nourriture. Alors qu’on a diversifié l’offre avec des repas végétariens équilibrés et 20% de produits bios », affirme Marc Bruant, directeur du Crous Aix-Marseille Avignon.

  • Il y a 120 ans, quand Einstein fondait la physique moderne

    Il y a 120 ans, quand Einstein fondait la physique moderne

    C’est en 1905 qu’Albert Einstein, alors simple employé du bureau des brevets de Berne, publie quatre articles qui vont transformer à jamais notre compréhension du monde : le mouvement brownien, l’effet photoélectrique, la relativité restreinte et l’équivalence masse-énergie (E=MC2). Vingt ans après sa thèse, et marqué par l’année internationale de la physique en 2005, Boris Chenaud s’est emparé de ce moment fondateur. Avec 1905, l’année miraculeuse d’Einstein, il livre un récit clair, sans équations, destiné au grand public. « Le but du jeu, explique-t-il, c’est de se faire comprendre. » Pas question pour l’enseignant-chercheur montpelliérain d’enfermer Einstein dans un jargon mathématique.

    Contrairement à l’image d’un génie isolé, Einstein s’inscrit dans un réseau fertile. « À Berne, il était bien entouré », rappelle Boris Chenaud. À 26 ans, plein de créativité, le jeune savant nourrit ses intuitions au sein d’un cercle d’amis physiciens et philosophes, porté par une effervescence intellectuelle intense. L’auteur explore les concepts qui ont façonné la physique moderne et continuent de structurer la recherche actuelle. Il insiste aussi sur l’écho contemporain de ces découvertes, de l’énergie nucléaire aux débats philosophiques sur la nature de l’univers. Avec ce livre, Boris Chenaud poursuit une mission de diffusion des savoirs qu’il mène depuis des années à l’université de Montpellier et dans des conférences grand public. La prochaine aura lieu le 12 octobre à Saint-Gély-du-Fesc. Pour lui, les sciences ne sont pas un domaine austère mais « une aventure pleine de rebondissements », dont il faut aussi interroger les applications et leurs conséquences collectives.

    * « 1905, l’année miraculeuse d’Einstein », Édition Maison Jaune (19€).

  • [Science] Chez les flamants roses, la revanche des migrateurs

    [Science] Chez les flamants roses, la revanche des migrateurs

    C’est comme si les flamants roses qui ne migrent pas en hiver –dits « résidents »- payaient plus tard leurs excès de jeunesse. Jeunes adultes, ils profitent de la vie : ils meurent moins et se reproduisent plus. Mais quand ils deviennent vieux, les effets de l’âge se font vite sentir et leur capacité à se reproduire diminue rapidement. À l’inverse, leurs congénères migrateurs connaissent une mortalité plus élevée et peinent à se reproduire au début de leur vie d’adulte, mais ils conservent plus longtemps leurs capacités physiques et reproductives. « C’est la première fois qu’est montré l’impact de la migration sur le vieillissement », indique Sébastien Roques, aujourd’hui chercheur CNRS au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier et coauteur d’une étude parue dans Pnas sur les flamants roses camarguais qu’il a initiée il y a quelques années à la Tour du Valat (Arles).

    De quoi alimenter l’idée que les comportements et les choix des individus influencent la façon de vieillir. « Les preuves s’accumulent depuis plusieurs années. Notre étude ajoute une pierre à cet édifice », souligne Sébastien Roques. Au-delà de l’intérêt théorique concernant la compréhension des facteurs qui influencent la façon de vieillir des animaux –humains compris-, il y a aussi un intérêt en termes de conservation : « Dans un contexte de changement climatique, comprendre ce qui influence la survie et la reproduction nous aide à anticiper le futur et l’évolution des populations », ajoute le chercheur.

    Histoires de vie

    Parce que le flamant rose vit longtemps –parfois jusqu’à 50 ans-, étudier son vieillissement nécessite un suivi sur le temps long. « La Tour du Valat effectue pour cela un suivi unique », pointe Sébastien Roques. Depuis 1977 –et encore aujourd’hui-, certains nouveaux-nés sur les sites de nidification en Camargue sont bagués et leurs allées et venues autour du bassin méditerranéen sont scrutées par le personnel de la Tour du Valat et des bénévoles. « Nous créons ainsi des histoires de vie », résume le chercheur.

    Pour expliquer ces différences de vieillissement entre flamants roses résidents et migrateurs, les scientifiques évoquent le coût du voyage : « Migrer est risqué, insiste Sébastien Roques. Les migrateurs sont confrontés à des conditions environnementales variées qui augmentent les risques de mortalité. » Quant aux résidents, l’investissement important en première partie de vie pour survivre et se reproduire se paye peut-être en seconde partie. « Investir dans la survie et la reproduction nécessite d’importantes dépenses énergétiques qui accélèrent le vieillissement cellulaire », ajoute le chercheur. Il est également possible que les migrateurs qui parviennent à un âge avancé malgré des conditions de vie difficile soient les plus robustes. « La qualité des individus peut effectivement jouer », confie-t-il.

  • « Il est plus difficile pour le vrai de se défendre »

    « Il est plus difficile pour le vrai de se défendre »

    La Marseillaise : Comment les réseaux sociaux participent-ils d’une plus grande désinformation ?

    Gérald Bronner : Ils y participent vraiment et c’est très documenté par la science. L’essor des nouvelles technologies nous fait évoluer dans un univers numérique de plus en plus découplé du réel à l’heure de la réalité virtuelle et de l’intelligence artificielle… La corruption du réel n’en est qu’à ses prémices. Le monde numérique a dérégulé le marché de l’information. Lorsqu’elle était diffusée dans l’espace public, les journalistes la vérifiaient. Aujourd’hui, tout le monde peut partager très vite toutes sortes d’informations. Nous en sommes écrasés. Elle est partout et non hiérarchisée. Comment savoir quelles sont les vraies et les fausses dans ce flux ? Car tout le monde ne parle pas avec la même force. Les supers diffuseurs représentent 1% des comptes or ils produisent 33% des informations. Et ce sont les plus radicaux, les complotistes, les antivax, qui sont le plus actifs sur les réseaux. Quand on va chercher une info sur le climat, on a 50% de chance de tomber sur une vidéo climatosceptique. Sans compter que les algorithmes favorisent la diffusion des fausses informations. On a plus de mal à trouver une vérité quand l’urne dans laquelle on pioche est truquée.

    Vous alertez sur le fait que le réel est en danger. Pourquoi le virtuel est-il si attrayant ?

    G.B. : C’est une alerte très importante. Le réel est en danger, car c’est un invariant de la pensée humaine : on souhaite plier le réel à notre désir. On peut concevoir l’information comme un marché qui se diffuse très vite, avec ses VRP. Et comme on a du mal à comprendre le phénomène de hasard, le complotiste, le populiste va donner un corps narratif à ses intuitions. Il est plus difficile pour le vrai de se défendre que pour le faux de se diffuser. Aujourd’hui, la technologie accélère ces possibilités. On s’est tous déjà demandé si une image est vraie ou fausse. Dans ce doute, le risque est que chacun tranche en fonction de ses préférences, qu’elles soient politiques, idéologiques ou personnelles… Or il n’y a pas de réalité alternative. Quand Donald Trump fait interdire des mots sur le changement climatique ou quand il limoge la cheffe des études statistiques, c’est parce que ses résultats ne lui conviennent pas. Il refuse la sanction du réel, il préfère casser les thermomètres qui pourraient contredire la justification de son action. Il a son propre rapport au réel, avec ses récits. Donald Trump veut aveugler le monde en tordant la réalité pour la plier à ses désirs. Si on casse tous les thermomètres, on empêche toute forme d’action publique, qui suppose de vivre dans un même monde, le réel. Chacun s’enferme alors dans un espace polarisé, un petit monde subjectif et communautaire, sans dialogue possible. C’est la fracture d’un espace commun, et donc de l’action collective. Les démocraties présupposent au contraire l’existence d’un espace de discussion. Le plus dangereux pour nos démocraties, c’est de continuer à vivre dans la même société mais pas dans le même monde.

    Quel regard portez-vous sur
    les mouvements sociaux et populaires aujourd’hui, la défiance envers le politique ?

    G.B. : En tant que sociologue je n’ai pas à légitimer les mouvements sociaux. Mais c’est un fait social qu’il y a une crise de confiance accélérée par une crise de conscience, que les opinions publiques ne donnent plus leur blanc-seing ni aux politiques ni aux médias. On peut les comprendre. Mais la rupture des espaces communs de discussion risque de nous laisser impuissants face aux enjeux de notre époque.

    Les jeunes sont-ils plus sensibles aux fake news ?

    G.B. : Les jeunes s’informent plus sur les réseaux sociaux et par les vidéos. Les sites les plus utilisés par les jeunes internautes sont très pourvoyeurs de fausses informations. Mais les personnes du 3e âge sont aussi celles qui en diffusent le plus.

    Comment l’art, qui est le domaine de l’illusion, peut-il être un allié
    de la science ?

    G.B. : L’art peut tromper en ce qu’il joue avec les sens. Mais ce qu’il pose surtout, ce sont des questions. L’artiste interroge le réel. Il propose aussi des réponses à des questions qui ne se posent pas encore. La science-fiction produit des hypothèses et anticipe le réel.

  • « Soutenir la culture scientifique, c’est donner les moyens d’une pensée démocratique et critique »

    « Soutenir la culture scientifique, c’est donner les moyens d’une pensée démocratique et critique »

    La Marseillaise : Pourquoi la Ville soutient-elle le festival des sciences et des arts ?

    Aurélie Biancarelli : Face à la complexité du monde et des crises, soutenir la culture scientifique, c’est donner les moyens d’une pensée démocratique et critique. Cela passe par des actions comme ce festival qui s’adresse d’abord à la communauté universitaire mais qui va aussi permettre de l’émulation entre Aix-Marseille Université, ses étudiants, enseignants, chercheurs et tout un monde de la culture marseillais qui vit en interaction avec notre université.

    Que vous inspire le thème « Science et croyances » ?

    A.B. : On vit une période où l’équivalence stricte des discours conduit à une crise de la démocratie. Je pense qu’il ne faut pas opposer les croyances et les savoirs. Ce sont des champs qui peuvent s’affronter mais aussi qui, au fil de l’histoire, ont évolué. Au-delà de cette tension, la science est une forme de recherche du vrai, du réel. Et ça, ce n’est pas le système de valeurs des croyances. Si on veut qu’une démocratie éclairée puisse s’exercer pour tous, il faut créer les conditions de partage des savoirs, et ne pas l’opposer au vécu des gens, quel qu’il soit.

    À l’heure du retour décomplexé des fanatismes religieux et politique, estimez-vous qu’il y a un recul de la raison ?

    A.B. : J’aurais tendance à dire que ça montre surtout que le capitalisme nous mène une bataille très dure sur la place des savoirs et de la pensée critique. L’appropriation démocratique des savoirs est profondément un outil d’émancipation des masses populaires. Si on n’est pas capable de comprendre le monde dans lequel on vit, à quel moment comprend-on qu’on est dominé ?

    Ces fanatismes sont des outils de domination en cours : patriarcale, capitalistique, sociale… Ces moments de partage des savoirs sont donc profondément émancipateurs. Le sociologue Pierre Bourdieu expliquait que les classes sociales populaires sont exclues du débat politique parce qu’elles ne savent pas qu’elles en sont exclues. C’est ça, la guerre politique qu’ils nous font.

  • Le grand retour de la loutre en France

    Le grand retour de la loutre en France

    Perte de l’habitat, pollution des cours d’eau, et surtout chasse ont failli faire disparaître la loutre en France à la fin des années 1970. « Difficile de savoir combien il en restait », admet Simon Lacombe, doctorant au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier. Mais probablement très peu. Seuls trois noyaux de population subsistaient : en Bretagne, sur la façade Atlantique et dans le Massif Central. Mais l’interdiction de la chasser en 1972 et son statut d’espèce protégée depuis 1981 ont permis son retour. « Cela s’accélère nettement depuis les années 2000 », poursuit le doctorant, premier auteur d’un article paru dans Biological Conservation. Les trois noyaux se sont rejoints et la colonisation s’est étendue à de nouvelles régions : Bourgogne-Franche-Comté, Normandie et même la façade méditerranéenne.

    « Une preuve que les initiatives de conservation bien menées fonctionnent et une excellente nouvelle pour l’équilibre des écosystèmes », se réjouit Simon Lacombe. Car la loutre, carnivore, est un des prédateurs du haut de la chaîne alimentaire qui exercent un contrôle sur les espèces situées plus bas qui prolifèrent en leur absence. « Un cas d’école est celui des loutres de mer en Californie », indique Simon Lacombe. Leur retour a permis de réguler les populations d’oursins qui proliféraient et mangeaient des algues abritant une grande diversité de poissons. « Nous n’avons pas encore d’étude similaire pour la loutre d’Europe, mais il n’y a pas de raison de penser que cela se passe différemment », poursuit-il.

    Animal furtif

    Établir le retour de la loutre n’a pas été simple. « Cela a été un gros travail de sciences participatives », insiste le chercheur. Car le petit carnivore ne se laisse pas observer facilement, vit essentiellement la nuit et loin des activités humaines. De plus, il ne vit pas en gros groupe et il est difficile de distinguer les individus entre eux. Il aura fallu s’armer de patience pour récolter les plus de 40 000 traces et empreintes – notamment des déjections – via des suivis standardisés et des signalements opportunistes. Ces données ont ensuite été combinées à un modèle statistique permettant de s’affranchir de biais.

    Alors, la loutre en France est sauvée ? Simon Lacombe reste prudent : « Nous n’avons aucune idée de la connectivité génétique. » Rien ne garantit en effet que des contacts ont lieu entre les populations et qu’il y a bien un brassage génétique indispensable à la viabilité de l’espèce. « Une étude en Grande-Bretagne a montré que ce n’était pas si simple », nuance le doctorant. Enfin, la loutre est assez solitaire : lorsqu’elle est présente, il y a en réalité peu d’individus. « Cela la rend vulnérable et sensible à la moindre problématique », ajoute Simon Lacombe qui insiste sur l’importance de maintenir l’effort de conservation. Rien n’est gagné donc. Mais le chemin est le bon.

  • Conseillère en économie sociale et familiale, Lucie Mekerke tisse du lien dans les quartiers nord

    Conseillère en économie sociale et familiale, Lucie Mekerke tisse du lien dans les quartiers nord

    Sur le bureau de Lucie Mekerke, conseillère en économie sociale et familiale chez le bailleur social Erilia, tout est parfaitement rangé. Une organisation qui contraste avec l’incertitude de son emploi du temps : « j’essaye toujours de planifier, mais ça change souvent ». Les journées de Lucie ne se ressemblent jamais et sont toujours bien remplies. Entre les rendez-vous mensuels dans les différents ensembles pour rencontrer les locataires, la gestion d’urgence et le suivi des dossiers, « on ne s’ennuie pas », affirme-t-elle.

    La jeune femme est l’une des 20 conseillères en économie sociale et familiale de l’entreprise sur Marseille. Elle est chargée des 15 et 16e arrondissements où Erilia a environ 1 000 locataires. Depuis son arrivée dans l’agence en novembre 2024, elle tente d’apporter des solutions à ceux qui en ont besoin. « Mon rôle c’est de les accompagner dans la recherche, l’accès et le maintien au logement. Je les accompagne parfois dans leur demande d’aides ».

    Pour cela, elle est en contact régulier avec différentes structures, comme la Caf, des assistantes sociales ou encore l’hôpital Édouard Toulouse. C’est également à la conseillère de faire les signalements lorsque des personnes peuvent être dangereuses pour elles ou pour autrui. « Mais le but de ces signalements c’est que ces personnes soient suivies, de trouver la meilleure solution pour elles. »

    Le lien social à cœur

    Un travail qui tient à cœur à Lucie Mekerke qui aime particulièrement le lien social qu’elle peut tisser avec les locataires. « J’ai toujours su que je voulais travailler dans le social, parce que j’aime aider les gens ». Dès le bac, son appétence l’oriente vers la filière ST2S (sciences et technologies de la santé et du social). Puis elle poursuit avec un BTS en économie sociale et familiale à Marseille et une licence dans le même domaine. C’est au cours de ces études qu’elle découvre ce métier « je me suis dit que c’était ce que je voulais faire parce que c’est tellement riche et on peut y faire tellement de postes différents ».

    Âgée de 23 ans, elle n’est pas à sa première expérience. « J’étais dans une association à Istres pendant à peu près un an ». Mais, elle veut se spécialiser sur la question du logement et travailler à Marseille « parce que le public y est particulièrement fragilisé. » et décide donc de venir travailler chez Erilia. Elle avoue toutefois : « J’avais un peu peur d’aller travailler dans les quartiers nord. Mais en fait ça se passe super bien ». Ce nouveau travail lui donne également le sentiment d’être utile : « Ici, on a des lignes directes avec la Caf, le Département ou la Ville, donc je peux apporter des vraies réponses. »

    Il est 9h30, un matin d’août, et après un court passage à l’agence d’Erilia, située dans le boulevard National (3e), direction les logements du 38 avenue de la Viste (15e) pour rencontrer les locataires. « Je préfère les rencontrer sur place, dans un lieu qui leur est familier. Parce qu’on a des locaux pour les recevoir à l’agence, mais c’est loin pour eux et c’est impersonnel. ça peut être plus compliqué de se confier sur des sujets difficiles », développe la conseillère.

    Un travail d’équipe

    Sur place, c’est une équipe complète qu’elle retrouve avec les gestionnaires d’immeubles et la gestionnaire de contentieux. « Ils sont tout le temps sur place, donc ils connaissent mieux les habitants et leurs problématiques. Ce sont un peu nos yeux et nos oreilles. Sans eux, je ne pourrais rien faire ». Après chaque rendez-vous, elle échange avec eux sur les solutions possibles, car ils ont souvent plus d’informations sur la situation. « Notre but c’est de trouver les meilleures solutions et d’éviter les expulsions », insiste Lucie.

    Très impliquée et appliquée, la jeune femme sait pour autant qu’il est important de prendre du recul sur certaines situations. Mais elle est reconnaissante : « Depuis que je suis arrivée, on a réussi en équipe à trouver des solutions. Quand tout se débloque pour les locataires, c’est incroyable, et on reçoit beaucoup de gratitude. »

    Eva Janus