Tag: Santé

  • Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    « Nous avons vraiment à cœur de mettre en lumière la richesse du tissu associatif de la ville de Toulon et tous les bénévoles qui le font vivre », commence l’adjointe au maire Caroline Depallens qui a en charge parmi ses fonctions l’organisation du Forum des associations. Une vitalité expliquée par une politique volontariste de la municipalité qui, malgré les crises, a non seulement maintenu les dotations aux associations mais est parvenue à les augmenter, lorsqu’ailleurs elles faisaient les frais de rigueur budgétaire. L’élue insiste sur leur rôle joué par toutes ces structures dans le maintien de la cohésion sociale fortement ébranlée « en créant du lien entre les personnes ».

    À ses côtés Caroline Giran, également impliquée dans le déroulement de la manifestation rappelle que « les associations sont un des outils de la mise en œuvre des politiques publiques, des corps intermédiaires sans lesquels on ne pourrait pas faire grand-chose ».

    Pour donner à voir cette diversité, 330 associations qui œuvrent dans les solidarités, le sport, la culture, le développement durable ou encore la santé vont se retrouver ce samedi sur les trois étages du Palais des Congrès Neptune ainsi que sur son parvis. Un rendez-vous auquel chaque année le public répond présent. Ainsi en 2024, ce sont 12 000 personnes qui sont venues sur les stands s’informer sur les nombreuses activités proposées, prendre des contacts, ou s’engager eux-mêmes à faire vivre la solidarité en donnant de leur temps.

    12 000 personnes

    « Le bénévolat, c’est le don de soi pour le vivre-ensemble », reprend Caroline Depallens pour qui « la solidarité est l’essence même d’une ville ». Et de poursuivre : « Faire attention humainement à l’autre c’est primordial, surtout dans la période. »

    L’occasion aussi de mettre en lumière les Comités d’intérêts locaux (CIL) qui sont de véritables courroies de transmission entre les habitants et la municipalité. Ils seront cette année regroupés à l’entrée du Palais Neptune. « Ils sont un quartier. Et un quartier plus un quartier plus un quartier, ça fait la richesse de la ville », insiste l’élue.

    Une journée donc pour trouver une activité sociale, éthique, physique ou culturelle, et se connecter physiquement aux autres et à la vie de la cité, en allant à la rencontre de tous ceux qui œuvrent déjà au service de la collectivité. Avec en prime des démonstrations, entre autres de danses et d’arts martiaux. Et des conférences aussi. Parmi elles, on peut noter à 10h45 celle intitulée « une bonne assurance », animée par l’association de consommateurs UFC Que Choisir. Ou à 11h30, « Sensibilisation aux enjeux de l’énergie et du climat », par The Shifters, l’organisation qui milite pour la décarbonation de l’économie. Et à 14h45, « le changement climatique », animée par l’Association varoise pour la sauvegarde de l’agriculture, de la Nature et de l’Environnement.

    La vie associative permet aussi cela, de se lever pour faire face aux grands défis et devenir soi-même acteur du changement. Ou du moins tenter d’éclairer les consciences.

  • Nicolas Féraud mandaté par le PCF pour rassembler les gauches

    Nicolas Féraud mandaté par le PCF pour rassembler les gauches

    Intitulé « Fos 2050 », le document dessinant l’avenir de la « capitale populaire de l’industrie du XXIe siècle » est dense : 38 pages. « L’idée générale de ces propositions, c’est que nous ayons une vision à long terme », explique Nicolas Féraud (PCF). L’adjoint au maire de Fos-sur-Mer délégué à la médiation, la prévention et la sécurité a été désigné par la section locale pour porter ce programme et devenir tête de file du parti à l’approche des municipales.

    Chef de file « et non pas tête de liste », précise l’élu. « Mon mandat se situe dans la capacité qu’il m’est donné de rassembler les forces de gauche pas encore engagées officiellement et essayer de trouver toutes les sensibilités qui pourraient nous apporter du soutien et de l’appui dans ces propositions. Il est possible, au vu des échanges, que je ne devienne jamais tête de liste. Le sujet n’a pas été abordé et ce n’en est pas un actuellement. »

    Industrie, emploi, santé

    Parmi les priorités fléchées par la section, l’industrie et l’activité qu’elle engendre. Si « la création de 15 000 emplois directs apparaît comme une annonce positive pour l’avenir », le PCF préconise une anticipation autour « d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) de grande échelle en recensant ces futurs besoins afin d’y adosser les structures éducatives en correspondance ». Sans compter une politique ambitieuse en termes de prévention des accidents de travail, des investissements dans des infrastructures de transport modernes et écologiques en partie financées par la participation des entreprises, avec le renforcement de la taxe transport et la création d’une redevance sur les industries polluantes ou encore le redimensionnement des services publics.

    « L’axe de la santé est aussi primordial, poursuit Nicolas Féraud. La municipalité actuelle a travaillé sur la mutuelle communale, qui est une belle démarche, reste à travailler plus largement pour donner les moyens aux habitants de recourir à des spécialistes facilement. »

    Si l’horizon que se donne le PCF dans son document de travail est celui de 2050, « l’échelon municipal aura son poids dans ces échanges ». La section a d’ailleurs détaillé son projet de mandature pour 2026, avec un budget fléché en face de chaque action proposée.

    L’élu affirme : « J’ai hâte de rencontrer Rémi Esnault [e directeur de cabinet désigné par René Raimondi pour prendre sa suite en 2026, Ndlr] lorsqu’il se sera officiellement déclaré, et toutes les forces de gauche qui souhaiteront s’engager sur ce programme. On a un bon travail à faire. J’attends dans les semaines à venir d’être contacté par les candidats. »

  • La Ville prescrit une mutuelle pour plus d’accès aux soins

    La Ville prescrit une mutuelle pour plus d’accès aux soins

    Enfin. « Promesse de mandat », rappelle Cécile Helle (PS), la Ville vient d’acter l’instauration d’une mutuelle communale. Après un vote au conseil municipal de juin, la maire a signé, ce jeudi, une convention avec la Mutuelle familiale, complémentaire santé retenue parmi six candidatures. « Un partenariat gagnant-gagnant », résume la première magistrate qui n’engage pas la Ville financièrement mais assure la promotion et actions de communication de la Mutuelle familiale auprès des habitants. Cela commence d’ailleurs ce dimanche, où la complémentaire santé sera présente au forum des associations à la Barthelasse.

    Des réunions publiques devraient rapidement être organisées entre octobre et décembre. Le CCAS, les mairies annexes ainsi que les diverses ressources sociales, pour toucher ceux qui sont le plus éloignés des soins, ont été avisés de la mise en place de cette mutuelle communale. « En moyenne, 5% de la population n’est pas couverte par une complémentaire santé et 40% d’entre elles renonce ou diffère des soins pour des raisons financières », campe Cécile Mallah, responsable développement en Paca à la Mutuelle familiale, qui a son siège régional à Avignon et accompagne 1 400 communes en France, dont Carpentras ou Montpellier depuis le début de l’année, séduisant 3 000 nouveaux adhérents dans la préfecture de l’Hérault.

    « La mutuelle s’adresse à tous les Avignonnais mais aussi ceux qui y travaillent et les étudiants », précise Cécile Helle pour qui « la relation de proximité avec l’usager » a pesé dans la balance pour « restaurer le droit de l’accès aux soins à l’heure où des complémentaires santé augmentent leurs cotisations sans forcément augmenter les prestations ».

    Quatre offres « pour tous »

    La Mutuelle familiale se veut garante des valeurs de la sécurité sociale et de l’héritage de « son fondateur Ambroise Croizat », assure la présidente Sylvie Ben Jaber. « Nous n’avons pas d’actionnaire, nous voulons garantir l’accès à la protection sociale pour tous dans un esprit de solidarité », revendique-t-elle. Dans un secteur concurrentiel, où certains organismes refusent d’assurer des profils trop vieillissants, la Mutuelle familiale dit ne refuser personne et s’appuie sur le soutien de la Ville pour « rassurer et mettre en confiance » les usagers potentiels. « Ce n’est pas une solution low cost, nous avons 4 offres dont le premier niveau offre un reste à charge zéro pour les soins dentaires, optiques et auditifs », insiste Sylvie Ben Jaber. Les tarifs varient selon l’âge et les profils, allant par exemple de 53 à 101 euros par mois pour les plus de 65 ans ou de 25 à 52 euros pour un adhérent de 30 ans.

  • Le cadmium, cette « bombe sanitaire » qui empoisonne les Français

    Le cadmium, cette « bombe sanitaire » qui empoisonne les Français

    Dans les Cévennes, au pied des anciennes mines, l’extraction a laissé des traces invisibles : de nombreux polluants toxiques ont été abandonnés à ciel ouvert par l’exploitant. Des déchets chargés en métaux lourds, essentiellement arsenic et cadmium, qui polluent sols et rivières et pèsent sur la santé des habitants. Cinquante ans après la fermeture de ces sites miniers, l’obligation de dépolluer s’est enfin imposée à l’exploitant. « Suite à une bagarre juridique qui a duré plusieurs années, Umicore s’est retrouvé contraint – et ça va faire jurisprudence – de faire un certain nombre de travaux de confinement », explique François Simon, médecin retraité membre de l’AdamVM, association pour la dépollution des anciennes mines de la vieille montagne, dont le siège se situe dans le village cévenol de Saint-Felix-de-Pallières. « Le cadmium et l’arsenic, entre autres, se trouvent dans des déchets laissés sur place une fois les roches broyées pour extraire le zinc et le plomb. Ils peuvent se diffuser soit par l’air, soit par l’eau, charriés dans les cours d’eau puis les rivières. Et peuvent donc se retrouver dans des nappes phréatiques ou dans l’eau pour arroser votre jardin », décrit François Simon. Or ces polluants, notamment le cadmium, restent dans les sols et les eaux durant des décennies…

    C’est pour alerter sur le danger que représente ce métal lourd que la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux (URPS-ML) a décidé, dans un courrier adressé lundi 2 juin au Premier ministre et aux ministres de la santé, de l’agriculture et de la transition écologique, de tirer la sonnette d’alarme, n’hésitant pas à parler de « bombe sanitaire ».

    « La santé publique passe toujours après »

    Car au-delà des déchets issus des sites miniers, qui concernent des zones spécifiques, le cadmium, classé cancérogène certain pour l’Homme, se retrouve dans de nombreux produits alimentaires du quotidien, comme les céréales du petit-déjeuner, le pain, les pâtes, les pommes de terre ou encore le chocolat. Les médecins pointent notamment une « explosion de la contamination des jeunes enfants ». Présent dans les engrais phosphatés utilisés en agriculture, le cadmium s’accumule dans les sols et a contaminé les aliments les plus consommés. Une fois dans le corps humain, il se fixe sur les os et s’accumule dans les reins et le foie. Il est associé à des maladies osseuses comme l’ostéoporose, des néphropathies, des troubles de la reproduction, des problèmes cardio-vasculaires et à un risque accru de cancer (reins, poumon, prostate, sein et notamment pancréas). Santé publique France alerte en effet depuis 2021 sur le lien avec l’explosion des cancers du pancréas en France, dont le nombre de cas a plus que quadruplé en 30 ans.

    « Si on voulait continuer à utiliser des engrais phosphatés, on pourrait en extraire le cadmium, mais ça coûterait très cher. On pourrait aussi avoir des accords économiques avec d’autres pays que le Maroc, car ces engrais viennent surtout de ce pays, dont les roches ont des teneurs en cadmium très élevées. Mais c’est avant tout une question économique et on retombe sur des problèmes liés au capitalisme et au poids des lobbies. On est sur le même registre que ce qu’il s’est passé avec la loi Duplomb, à savoir que la santé publique passe toujours après des problèmes de rentabilité », dénonce François Simon. Pour le médecin cévenol, « il faut encourager l’agriculture biologique, mais qu’elle soit subventionnée, accompagnée, afin que ce soit moins cher pour les gens ». Reste que les habitants des anciens sites miniers comme ceux des Cévennes, exposés à la fois à la pollution générée par l’extraction et à celle qui existe dans l’alimentation courante, sont soumis « à la double peine ».

    Convaincue qu’il présente « un risque inacceptable pour l’Homme et l’environnement », la Commission européenne a décidé de durcir sa réglementation en introduisant une limite pour la teneur en cadmium des engrais phosphatés. Fixée à 60 mg/kg depuis juillet 2022, la limite doit être abaissée à 20 mg/kg d’ici à 2034. Un seuil également proposé par l’Anses* en 2021, « mais le gouvernement ne l’a pas suivi, probablement sous la pression des lobbies agricoles », estime François Simon. Grand prince, le gouvernement a toutefois décidé, suite à la récente alerte lancée par les médecins libéraux, que les tests de dépistage du cadmium prescrits par les généralistes, jusqu’ici non pris en charge par la Sécurité sociale, seraient remboursés à partir de l’automne… Trop aimable.

    * Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

  • Comment concilier industrie et services publics ?

    Comment concilier industrie et services publics ?

    Réconcilier les usines polluantes avec la protection de l’environnement tout en créant 10 000 nouveaux emplois : c’est la promesse du grand mouvement de réindustrialisation qui anime l’ouest du département depuis la fin de l’année 2023. Mais pour le Parti communiste français et la CGT, ce développement économique doit impérativement être indissociable d’un élargissement des services publics.

    Daniel Bretonnès, secrétaire général de l’Union locale du syndicat CGT, affirmait dimanche, lors du débat du festival Terres de résistance : « L’industrie a besoin de services publics, de routes, de fluvial, de fret ferroviaire… C’est quand même incroyable que l’un des plus grands ports d’Europe, Marseille, ne soit alimenté que par une voie ferrée quand Rotterdam en a douze et Le Havre cinq. »

    Sur ce plan, une première étape historique a été franchie avec le financement du contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc, dont le chantier démarrera en 2027 pour s’achever en 2030. « Un premier maillon vient d’être posé, reconnaît le maire (PCF) Gaby Charroux. Mais il y en a bien d’autres. Nous nous battons depuis des années sur la question des besoins en moyens publics pour la santé des habitants du territoire, je veux parler de l’hôpital de Martigues. »

    « Rétablir la taxe professionnelle »

    Josie, retraitée de l’établissement, témoigne : « L’hôpital est exsangue malgré toutes les interventions qu’on a pu faire, il y a une fuite des effectifs, on ferme des lits, le personnel fait 14 heures de travail en chirurgie… C’est du jamais vu. » Le maire de Martigues admet : « Il nous manque des moyens financiers, des moyens en termes de locaux, des moyens technologiques et des moyens humains. Les urgences sont submergées, ce n’est pas possible. Je suis en contact avec beaucoup de chefs de pôle qui me disent leur dégoût de ne pas voir un schéma directeur se mettre en place. Les choses n’avancent pas, il va falloir peut-être trouver des moyens de pression auprès de l’Agence régionale de santé. » La CGT revendique 170 millions d’euros d’investissements et la création de 90 emplois statutaires, « le minimum pour se remettre à flot » selon Josie.

    Pour un développement économique harmonieux, Daniel Bretonnès préconise le rétablissement de la taxe professionnelle « pour que l’industrie redonne une partie de ses richesses à la région qu’elle impacte et pour qu’on puisse construire du social, du logement, améliorer les écoles, qu’on ait du personnel territorial qualifié ». Le syndicaliste assène : « Les mairies, c’est la démocratie. Si elles n’ont plus la taxe professionnelle ni la taxe d’habitation, elles n’ont plus de pouvoir. Le lien entre industrie et services publics se fera que si on a une réforme fiscale qui va dans le bon sens. »

  • Des services publics à reprendre au privé

    Des services publics à reprendre au privé

    Les services publics seront l’un des grands chevaux de bataille du futur projet municipal de gauche à Cuers selon le PCF local. « Il faut réétudier les délégations de service public (DSP) en cours pour faire revenir en régie les services essentiels et redonner du pouvoir d’achat. Je pense à l’eau. Quand on regarde les investissements de la mairie pour remettre en état le réseau, et que Veolia se gave de l’autre côté, quelque chose ne va pas bien », dénonce Alain Bolla. Cela permettrait « de gagner en compétences sur certains domaines. C’est une perspective à 10 ou 15 ans. »

    Une perspective qui concerne aussi La Poste, dont les services « sont éclatés entre plusieurs structures privées telles que des supermarchés, alors qu’elle est censée être vecteur de lien social » affirme le militant. Ou encore la gare, « qui doit rester une gare avec du personnel et un développement du TER, pas un centre commercial », soutient Amaryllis Cimbron. Mais également la santé pour ne plus dépendre, entièrement, de la maison de santé de Solliès-Pont : « Contrairement à la maison de santé, le centre public de santé interdirait les dépassements d’honoraires » et qui « travaille de la prévention jusqu’au soin. C’est un appui à l’hôpital public », conclut Alain Bolla.

    Ad.B.

  • À l’hôpital de Béziers, la colère gronde

    À l’hôpital de Béziers, la colère gronde

    La parenthèse estivale touche à sa fin et la rentrée sociale se prépare. Un des premiers rounds s’est joué à Béziers, lors de la venue du ministre de la santé Yannick Neuder, le 27 août pour inaugurer la Maison des femmes (lire ci-contre). « Même si la Maison des femmes est quelque chose de bien, on profite de sa venue pour rappeler les 1,1 milliard d’euros d’économies à réaliser dans le secteur de la santé [prévus dans le cadre des 40 milliards d’économies de Bayrou, Ndlr]. On est en colère. Les hôpitaux sont à l’agonie et pour faire ce genre de structures, il faut de l’argent », soupire Magali Lafaille, représentante CGT du personnel de l’hôpital de Béziers.

    Des professionnels au bout du rouleau, comme en témoigne la situation biterroise. « Le flux des entrées aux urgences est de plus en plus tendu, avec une moyenne de 200 admissions par jour. Cela révèle le problème d’une population vieillissante sur le Biterrois en constante augmentation avec des poly-pathologies que seul l’hôpital peut recevoir car ces patients ne sont pas rentables pour les cliniques privées », souffle Valérie, administratrice au centre hospitalier.

    Réunis devant l’établissement, ces syndicalistes sont venus dénoncer ce « coup de communication » de la part du ministre. Car le manque de moyens dans la santé est un problème national, à l’instar de l’hôpital de Béziers « Nous sommes en déficit de 6 millions d’euros et nous devons encore faire des économies. Mais qu’est-ce-qu’on supprime ? Ce n’est pas possible », poursuit Magali Lafaille.

    Une délégation reçue

    Dans ce contexte, cette inauguration a de quoi poser question. « La Maison des femmes est un plus évidemment. Mais elle laisse des interrogations. Qui va travailler là-dedans ? Il n’y a pas 36 associations compétentes. Sera-t-elle plus efficace que l’espace Delphine [l’ancienne structure accueillant les femmes victimes de violences, Ndlr] ? Quelles solutions ? », avance Chantal Lapuerta, présidente de l’association les Simones veillent. Et de regretter également la mise en avant de l’édile d’extrême droite de Béziers Robert Ménard, présent lui aussi à la sauterie du ministre. « Cela montre qu’il est déjà en campagne électorale car plus misogyne que lui, ça n’existe pas. »

    Une délégation a été reçue par le ministère afin de faire part de ses revendications et d’aborder les pistes de financement – une lourde tâche face à un interlocuteur qui ne veut pas entendre parler de hausse d’impôts. « Il existe d’autres pistes pour trouver l’argent. Un rapport sénatorial a montré que 211 milliards d’euros d’aides publiques ont été versés aux entreprises en 2023 sans contrepartie. On pourrait piocher là-dedans pour financer les services publics et donc la santé », fait valoir Sébastien Boudesocque, de la CGT héraultaise. Et permettre ainsi d’embaucher dans un secteur manquant fortement de bras. « Nous avons échangé sur la précarité de l’emploi, la revalorisation des catégories C, la souffrance au travail. Il s’est engagé à répondre à chacune de nos questions », détaille Magali Lafaille. Après les mots, les actes ?

    « Faire encore des économies n’est plus possible »

  • Pourquoi les sportifs âgés tolèrent moins bien les efforts intenses ?

    Pourquoi les sportifs âgés tolèrent moins bien les efforts intenses ?

    Les « master athlètes » recrutés par Grégory Blain pour son expérience n’avaient pas à rougir de leurs performances : « Ils avaient 65 ans en moyenne, s’entraînaient régulièrement et certains couraient le 10 kilomètres en 35 minutes », souligne le spécialiste de physiologie de l’exercice au Laboratoire motricité humaine, expertise, sport, santé, à Nice. Mais lors d’un effort intense, impossible de rivaliser avec des athlètes d’à peine 30 ans. « La différence était flagrante, insiste le chercheur, dernier auteur d’un article paru dans Experimental Physiology. Plus élevée que nous l’imaginions ».

    Dans ce projet mené avec d’autres laboratoires d’Université Côte d’Azur – le LJAD et I3S -, il s’agissait de pédaler à fond jusqu’à épuisement après avoir pré-fatigué le système respiratoire lors d’un exercice – l’équivalent de respirer à travers une paille pendant plusieurs minutes. Avec cette pré-fatigue, les athlètes les plus âgés n’étaient capables de produire leur effort maximal que pendant une durée réduite de 40% environ, contre 15% pour les plus jeunes. Un capteur de force a aussi montré que les athlètes plus âgés avaient les muscles des jambes plus fatigués après l’exercice de pré-fatigue respiratoire. « Cela montre que le système respiratoire peut devenir un facteur limitant à l’exercice avec l’âge », résume Grégory Blain.

    Rigidité

    On le sait : plus on vieillit, plus le système respiratoire fatigue vite car la cage thoracique et les poumons se rigidifient. « C’est une évolution anatomique normale », souligne Grégory Blain. Pour faire entrer un même volume d’air, les muscles respiratoires – le diaphragme, notamment – doivent donc travailler plus. « Mais nous ne savions pas si ce travail supplémentaire du muscle respiratoire avait un impact sur la fatigue des muscles locomoteurs et la tolérance à l’effort », précise le chercheur. L’expérience montre que oui.

    Et cela s’explique facilement : si les muscles respiratoires travaillent plus, ils ont besoin de plus d’oxygène, et donc d’un afflux de sang. Le système nerveux central l’organise en réduisant le diamètre des vaisseaux sanguins ailleurs – notamment au niveau des muscles locomoteurs. « Il privilégie ce qui est vital », souligne Grégory Blain. Cela réduit le débit de sang vers les jambes et l’oxygénation des muscles. « Il y a une bascule vers une filière énergétique source de métabolites qui altère la fonction et la contraction des muscles », ajoute le chercheur.

    « Dans sa pratique d’activité physique, il faut s’occuper des muscles respiratoires », souligne Grégory Blain. En les musclant via des exercices
    – comme respirer contre des résistances –, en poursuivant l’activité physique à haute intensité et éventuellement en faisant des exercices de respiration profonde pour augmenter l’élasticité de la cage thoracique. « Ce dernier point reste une perspective », conclut le chercheur.

  • Une promesse à renouveler

    Une promesse à renouveler

    Ce n’était pas une utopie, mais une promesse. Le programme du Conseil national de la Résistance, appliqué dès la Libération, révélait une volonté, issue des idéaux de la résistance : restaurer la démocratie et rendre sa dignité au peuple. C’est avec ce souffle que la Sécurité sociale est élaborée, en 1945. Un modèle solidaire au cœur de notre pacte républicain, qui protège sans exclure, accompagne sans distinction, unit sans diviser.

    Une promesse portée par Ambroise Croizat, alors ministre du Travail (PCF). Ouvrier, syndicaliste devenu parlementaire, il incarne cette volonté farouche de mettre l’humain au cœur des politiques publiques. Ambroise Croizat ne théorise pas la solidarité : il l’organise. Cet anniversaire permet de rendre hommage à son action. Pour cela, il faut refuser le démantèlement silencieux de ce qu’il a bâti.

    Transformations

    Depuis 80 ans, la Sécurité sociale est un bien collectif qui s’adapte et accompagne les grandes transformations de la société française : création des caisses d’allocations familiales en 1946, minimum vieillesse en 1956, loi Veil sur l’intégration des personnes handicapées en 1975, RMI (devenu RSA) en 1988 ou encore les premières aides pour les aidants familiaux en 2007.

    La Sécurité sociale est une révolution sociale. Elle protège chacun, quel qu’il soit. Une vision comptable présente la cotisation comme une charge. On cherche à privatiser, rogner, affaiblir ce qui a été conquis de haute lutte. C’est commettre l’erreur d’oublier que la Sécurité sociale n’est pas un luxe, mais un droit fondamental. Elle n’est pas un coût, mais un investissement dans la dignité. Une promesse à renouveler.