Tag: Santé

  • Une association met en cause Arcelor pour sa pollution

    Une association met en cause Arcelor pour sa pollution

    C’est une énième accusation de pollution qui entache ArcelorMittal. Entre avril et juin derniers, l’association Respire a réalisé une nouvelle étude afin de mesurer les concentrations de particules fines dans une dizaine de lieux du quotidien aux abords des usines de Fos-sur-Mer et de Dunkerque. Du côté méditerranéen, deux capteurs ont été placés de part et d’autre de l’usine, dans l’axe du vent dominant, pour comparer les taux de particules fines en amont et en aval du site.

    Résultat : « Les valeurs de pollution de fond mesurées dépassent les seuils journaliers recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans 7 cas sur 8, avec des concentrations parfois deux fois supérieures aux seuils comme sur la plage du Cavaou », note l’organisation. « Les pics de pollution observés dans l’axe des nuages de fumée industrielle atteignent plus de trois fois les seuils journaliers OMS. »

    L’aciériste répond « que les particules fines proviennent de nombreuses sources : chauffage, agriculture, industrie, transport… » et assure mener des actions concrètes pour limiter la pollution de l’air : « Grâce à de nombreux investissements, à Fos-sur-Mer, les émissions de poussières ont ainsi été réduites de plus de 70% en 10 ans (2014-2024). » La direction met notamment en avant un dispositif de filtration abaissant le niveau de poussières au-delà des seuils réglementaires d’un coût de 30 millions d’euros.

    Une procédure de mise en examen en cours

    Cette présence « préoccupante » de particules fines montrée du doigt par Respire intervient alors qu’ArcelorMittal a été mis en examen en mars pour mise en danger de la vie d’autrui et atteintes à l’environnement. Le sidérurgiste ne souhaite pas commenter « car il s’agit d’une procédure en cours », « conteste les accusations et rappelle qu’elle bénéficie à la fois de la présomption d’innocence et du secret de l’instruction ».

  • Hôpital : la perte de gratuité du parking refait débat à Avignon

    Hôpital : la perte de gratuité du parking refait débat à Avignon

    Parmi les différentes actions menées ce mercredi lors de la journée « Bloquons-tout », celle tenue à l’hôpital avait un caractère hautement symbolique : rendre à nouveau gratuit l’accès au parking du centre hospitalier. Jusqu’à 18h, plusieurs dizaines de personnes se sont relayées pour laisser la barrière ouverte.

    « Il est absolument scandaleux de devoir payer une place de parking à un opérateur privé lorsqu’on va à l’hôpital public », tonne le mouvement Indignons-nous Vaucluse, à l’origine de l’opération. Dans un communiqué post-action, il « dénonce la privatisation rampante d’un nombre toujours plus grand de lieux et de services publics ». Depuis presque trois ans, la direction de l’hôpital a délégué à Indigo la gestion des 450 places, dont 45 minutes restent gratuites. Une délégation du mouvement a été reçue par le directeur de l’hôpital, Pierre Pinzelli, qui, lui, insiste sur des tarifs abordables « à 2,54 euros le ticket moyen ».

    Le 28 août, ce dernier avait également reçu le député PS de Meurthe-et-Moselle, Stéphane Hablot. Le parlementaire s’est lancé dans un tour de France des hôpitaux afin de déposer une proposition de loi interdisant le stationnement payant. Un projet qui rejoint celui déjà déposé, le 11 juillet, par les députés insoumis « visant à garantir la gratuité des parkings des établissements publics de santé ». Une démarche soutenue par les syndicats CGT et FO qui, au printemps, avaient rencontré le député local Raphaël Arnault (LFI) – présent mercredi sur l’opération – « pour aider à la rédaction d’un projet de loi qui mette fin à ce racket des patients de notre hôpital public », indiquent les deux syndicats dans un communiqué commun.

  • Hôpital : la perte de gratuité du parking refait débat

    Hôpital : la perte de gratuité du parking refait débat

    Parmi les différentes actions menées ce mercredi lors de la journée « Bloquons-tout », celle tenue à l’hôpital avait un caractère hautement symbolique : rendre à nouveau gratuit l’accès au parking du centre hospitalier. Jusqu’à 18h, plusieurs dizaines de personnes se sont relayées pour laisser la barrière ouverte.

    « Il est absolument scandaleux de devoir payer une place de parking à un opérateur privé lorsqu’on va à l’hôpital public », tonne le mouvement Indignons-nous Vaucluse, à l’origine de l’opération. Dans un communiqué post-action, il « dénonce la privatisation rampante d’un nombre toujours plus grand de lieux et de services publics ». Depuis presque trois ans, la direction de l’hôpital a délégué à Indigo (groupe Vinci) la gestion des 450 places, dont 45 minutes restent gratuites. Une délégation du mouvement a été reçue par le directeur de l’hôpital, Pierre Pinzelli, qui, lui, insiste sur des tarifs abordables « à 2,54 euros le ticket moyen ».

    Le 28 août, ce dernier avait également reçu le député PS de Meurthe-et-Moselle, Stéphane Hablot. Le parlementaire s’est lancé dans un tour de France des hôpitaux afin de déposer une proposition de loi interdisant le stationnement payant. Un projet qui rejoint celui déjà déposé, le 11 juillet, par les députés insoumis « visant à garantir la gratuité des parkings des établissements publics de santé ». Une démarche soutenue par les syndicats CGT et FO qui, au printemps, avaient rencontré le député local Raphaël Arnault (LFI) – présent mercredi sur l’opération – « pour aider à la rédaction d’un projet de loi qui mette fin à ce racket des patients de notre hôpital public », indiquent les deux syndicats dans un communiqué commun.

  • Le sport fait sa rentrée pour petits et grands

    Le sport fait sa rentrée pour petits et grands

    Le sport pour tous martégal n’échappe pas à la rentrée. Les inscriptions aux Centres d’initiation sportive (CIS) pour enfants et adultes ont commencé lundi.

    Cette institution de la Ville de Martigues permet à tous les enfants de 30 mois à 14 ans et après 18 ans pour les adultes de profiter d’activités sportives de tous niveaux, encadrées par des éducateurs. Des animations gratuites pour les enfants et à tarif préférentiel pour les adultes. En l’occurrence, 90 euros à l’année et 60 de plus par activité supplémentaire.

    Cette année, chez les adultes, le futsal de niveau intermédiaire laisse la place à des séances de renforcement musculaire en musique appelé Full body. Les horaires sont adaptés au travail, donnant rendez-vous sur les temps de midi ou à partir de 18h.

    « Une volonté politique »

    Les Centres d’initiation sportive traduisent « la volonté politique de la Ville de permettre à chacun de faire du sport », indique Jean-Pascal Badji, conseiller municipal (PCF) délégué aux CIS. Le choix est large, en particulier pour les enfants, porteurs d’un handicap ou pas, avec 25 activités rien que pour les 8 à 14 ans, parmi lesquelles la natation, les activités multinautiques (voile) ou le handball, pratiqués dans les équipements de la Ville que sont respectivement la piscine municipale, la base nautique de Tholon et le gymnase Picasso.

    « C’est aussi un moyen de pratiquer le sport santé, car on sait qu’être en forme passe par là », abonde Jean-Pascal Badji, qui insiste sur le fait que les élus de sa majorité veulent « garder cette politique de gratuité pour les enfants, même si le gouvernement nous met en difficulté par ses restrictions budgétaires ». L’élu conclut : « C’est notre rôle de trouver des solutions pour que Martigues reste un exemple en termes de politique sociale ! »

    L’inscription se fait à l’espace enfance famille Simone-Veil pour les enfants, et à la direction des sports ou sur le site internet de la Ville pour les adultes. Lancement le 1er octobre.

  • Nîmes et Montpellier innoveront ensemble

    Nîmes et Montpellier innoveront ensemble

    Mardi 2 septembre, le CHU de Nîmes accueillait une rencontre inédite entre soignants, chercheurs et universitaires. Objectif : officialiser l’alliance stratégique avec l’université de Montpellier et lancer un appel à projets commun en recherche translationnelle. Au cœur des discussions, une conviction partagée : seule une dynamique collective permettra d’ancrer l’innovation médicale dans le quotidien des patients et des soignants.

    « Avec Montpellier, nous avons une envie commune fort structurante au service de l’innovation et de la recherche », a affirmé Frédéric Rimattei, directeur général du CHU de Nîmes. Pour lui, cette alliance doit transformer la vitalité académique et hospitalière en levier d’attractivité pour tout le territoire. Chaque année, le CHU investit plus de 3,5 millions d’euros en recherche et innovation dans le cadre du plan Pari 2030. Déjà, des projets concrets émergent : impression 3D pour la chirurgie, dispositifs connectés pour le suivi à domicile, ou encore innovations pharmaceutiques. « Nous devons exploiter cette richesse encore davantage », insiste Rimattei. Michel Prudhomme, président de la Commission médicale d’établissement, parle même d’un « moment historique » : « Cette convergence entre recherche fondamentale et clinique est unique en France. Elle nous oblige à travailler les uns avec les autres, et non plus les uns à côté des autres. » L’université de Montpellier, par la voix de son président Philippe Augé, a rappelé que la finalité reste d’éviter que la recherche ne reste « une idée abstraite ». « Il faut faire en sorte qu’elle se transforme en innovation, au service des patients, des soignants et de la société. »

    Au cours de l’afterwork, plusieurs projets ont illustré ce dynamisme : le dispositif « Peasy » présenté par Xavier Garric, « DM Connect » par Laure Roux, ou encore la plateforme d’innovation pharmaceutique défendue par Ian Soulairol. Autant d’initiatives déjà lauréates de dispositifs du Pôle universitaire d’innovation (PUI) de Montpellier, dont le CHU de Nîmes est membre fondateur. Les axes de recherche structurants ont également été détaillés : infectiologie, immunité, santé de la femme, neurosciences, oncologie, soins critiques et données de santé. Autant de domaines stratégiques pour lesquels l’union entre Nîmes et Montpellier permettra de croiser expertises et moyens.

    À l’issue de la rencontre, Frédéric Rimattei, Michel Prudhomme, Philippe Augé et Jean-Paul Cristol ont annoncé le lancement officiel d’un appel à projets commun UM-CHU. Son ambition : accélérer la recherche translationnelle et soutenir les équipes capables de transformer une découverte scientifique en innovation applicable au lit du malade. Pour les responsables hospitaliers et universitaires, l’alliance entre Nîmes et Montpellier est plus qu’un partenariat institutionnel. Elle constitue le socle d’un véritable écosystème régional de santé, attractif et innovant. « C’est une dynamique que nous devons absolument faire perdurer », résume Michel Prudhomme.

    « Il faut que la recherche se transforme en innovation »

  • À Aix, les soignants aussi appellent à la mobilisation

    À Aix, les soignants aussi appellent à la mobilisation

    Dans le hall Jacques de la Roque, entrée principale du centre hospitalier d’Aix-en-Provence, les soignants ont exprimé leur colère. La veille du mouvement « Bloquons-Tout », le personnel hospitalier, médecins, infirmiers, ont tenu une assemblée générale, organisée à l’appel de trois syndicats : FO, CFDT et CGT.

    « On appelle à rejoindre les mouvements organisés un peu partout le 10, ce qui n’est pas le cas de toutes les confédérations (…). On ne va pas tourner autour du pot. C’est ni 44 milliards, ni 22 milliards d’économies sur le dos des salariés, contextualise René Sale, secrétaire FO du centre hospitalier d’Aix-en-Provence. Au sein de la population, de tout le monde, il faut arrêter avec les divisions de nos propres rangs pour se mettre tous ensemble (…) Leur dette, on n’en veut pas, c’est la leur, pas la nôtre (…). Sur le plan social, sociétal, sur plein de plans, on n’en peut plus ! »

    Ce mercredi 10 septembre, les hospitaliers rejoindront le mouvement citoyen et les cortèges. FO et CFDT tracteront dans un premier temps autour de l’hôpital, avant de rejoindre le cortège aixois. La CGT, elle, rejoindra la mobilisation marseillaise. Pour les revendications spécifiques aux soignants et hospitaliers, les syndicats seront reçus, ce jeudi, dans les bureaux de l’Agence régionale de santé (ARS), d’après les militants sur place. « Pour nous, hospitaliers, il y a un lien entre tout. On travaille dans la fonction publique, il y a forcément un lien avec les directives gouvernementales », rappelle Pascale Michaelis, déléguée syndicale CGT. Au niveau de l’hôpital, un « déficit » a été pointé par le syndicat. « La direction, depuis un an, a accentué notre déficit. Pour autant, nos conditions de travail ne se sont pas améliorées, pour autant, les directives ministérielles n’ont pas changé, et on nous demande encore de faire des restrictions budgétaires, prévient Virginie Gressin (CGT). On veut retrouver la grandeur des services publics en général. »

    La direction « ne creuse pas le déficit du Centre hospitalier intercommunal d’Aix-Pertuis », assure de son côté l’établissement. « Face à la dette, des efforts doivent être faits, mais ils doivent être partagés, mieux répartis », estime pour sa part la CFDT, représentée par Dominique Dufossé, déléguée syndicale.

    Rendez-vous est donné à 12h, au départ de la Rotonde.

  • L’AP-HM écarte un retour des urgences à Sainte-Marguerite

    L’AP-HM écarte un retour des urgences à Sainte-Marguerite

    Lourdement endettée, l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille cherche à valoriser son patrimoine. Et une fois de plus, son regard se porte vers les Hôpitaux sud. Quinze ans après la fermeture des urgences de Sainte-Marguerite et malgré les besoins croissants du secteur, un appel à manifestation d’intérêt a ainsi été lancé; le 31 juillet dernier, « pour la reconversion et dynamisation des sites de Sainte-Marguerite et Salvator », dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec un an de retard : le groupement Segat, BeOpus et Earth Avocats devait rendre sa copie à l’automne 2024.

    L’enjeu est de taille : ce sont en effet quelque 110 000m2 de surface de plancher, à 95% d’immobilier neuf, qui devraient être valorisés. « Au regard de l’étendue du foncier, les sites de Sainte-Marguerite et Salvator présentent actuellement une sous-occupation immobilière avec un vieillissement du bâti », pointe le cahier d’orientations de cet appel à manifestations d’intérêts. Mais, avec l’arrivée du tramway à la fin de l’année ainsi que la construction du bâtiment « Totem » du biocluster d’immunologie destiné à accueillir les installations des laboratoires privés, ces infrastructures ont de quoi susciter des appétits. Malgré cela, L’AP-HM, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations, indique rejeter fermement « toute cession de foncier » ainsi que « toute activité concurrente ou dont la nature ou l’image s’oppose à sa mission ou ses valeurs », privilégiant des baux de longue durée.

    « Un site vitrine »

    Si les documents d’urbanisme restreignent les usages du foncier en interdisant les activités de commerce et de service, « une demande de modification serait envisageable », glisse le cahier d’orientations. Seules 46 % des surfaces seraient dédiées aux programmes de santé, de recherche, de formation et de soins. L’AP-HM espère développer des activités de coordination avec la médecine de ville, ainsi que des consultations ambulatoires, densifier les activités de réhabilitation neurologique de l’Ugecam. Un pôle de données et d’intelligence artificielle de santé doit aussi être développé, potentiellement accompagné d’une pépinière d’entreprises et de laboratoires, en veillant à avoir « un environnement de travail favorable à l’attractivité des collaborateurs ». Pour cela, l’AP-HM défend des installations de type « campus », avec des équipements sportifs, de la restauration, une crèche. Enfin, le projet doit permettre des capacités d’accueil comme du logement étudiant, de l’habitat inclusif, une résidence autonomie, un hôtel hospitalier… La possibilité d’un retour des urgences n’est pas même évoquée.

    Pour permettre ces projets, le bâtiment de pédopsychiatrie, dont l’activité doit déménager dans les pavillons de l’hôpital Salvator, ainsi que les locaux techniques, ont vocation à être démolis. L’actuelle crèche ainsi que le Centre d’information et de soins de l’immunodéficience humaine (CISIH) doivent aussi être détruits et relocalisés sur le site. Les tours de logement infirmier et l’actuel Institut de formation en soin infirmiers, qui doit partir sur le campus nord en 2028, ainsi que le service santé de l’hôpital, seront quant à eux réhabilités. Enfin, un mail sera créé, tandis que les espaces publics doivent être requalifiés : de quoi faire de l’ancien pôle hospitalier « un site vitrine ».

  • La Ville travaille sur deux dispositifs d’accès aux soins

    La Ville travaille sur deux dispositifs d’accès aux soins

    La municipalité veut continuer à « développer une politique de santé », notamment depuis « son adhésion au Réseau français des villes-santé de l’organisation mondiale de la Santé (OMS) ». Dans le cadre de ce partenariat, soutenue par l’Agence régionale de santé entre autres partenaires, la Ville prépare d’une part un contrat local de santé (CLS), outil visant à favoriser l’accès aux soins. De l’autre côté, un conseil local en santé mentale (CLSM), dispositif de coordination qui réunit localement l’ensemble des acteurs concernés par la santé mentale : élus, professionnels de santé, travailleurs sociaux, associations de patients et d’usagers, mais aussi justice, police, éducation…

    Avant que la démarche ne soit mise en place, un diagnostic territorial de santé (DTS) a été dressé. Le document, qui « dresse un état des lieux actualité de la santé des habitants », sera rendu public dès la fin du mois de septembre. Ses résultats permettront d’axer les orientations des CLS et CLSM. Un comité de pilotage tenu le mercredi 3 septembre dernier a, lui aussi, permis de réfléchir aux lignes d’action autour de ces dispositifs.

  • « C’est la mort annoncée du réseau officinal »

    « C’est la mort annoncée du réseau officinal »

    Grève des gardes, grève du tiers-payant, pharmacies fermées samedi 16 août… Depuis le début de l’été, les pharmaciens, qui ont engagé un véritable bras de fer avec le gouvernement, multiplient les actions de mobilisation contre la décision prise par ce dernier de réduire le plafond des remises sur les médicaments génériques. Une mesure actée par un arrêté publié le 6 août au Journal officiel. À compter du 1er septembre, ces remises seront ainsi plafonnées à 30% maximum du prix du générique, contre 40% actuellement, d’autres baisses successives étant programmées pour atteindre 20% en 2027.

    « C’est inenvisageable », estime Christelle Quermel, présidente du syndicat des pharmaciens de l’Hérault. Ces remises consenties par les laboratoires -et déclarées à l’Assurance maladie- représentent en effet une partie de la rémunération des pharmaciens, à hauteur d’un tiers de leur marge. « L’État a arbitrairement décidé de modifier le plafond des remises génériques, donc la marge du pharmacien, pour faire un cadeau aux laboratoires. Le manque à gagner pour le réseau officinal est estimé à 260 millions d’euros. On évalue entre 3 000 et 5 000 le nombre de pharmacies qui vont devoir mettre la clé sous la porte. Pour les autres, il n’y aura plus d’embauches ou il y aura des licenciements », assure Christelle Quermel, qui évoque « 20 000 à 30 000 emplois menacés ».

    « On va avoir des déserts pharmaceutiques »

    « On est déjà à une fermeture de pharmacie par jour aujourd’hui en France, alors imaginez ce que ça va faire… C’est la mort annoncée du réseau officinal. Dans les villages où vous avez une seule pharmacie, vous n’en aurez plus. Après les déserts médicaux, on voit avoir les déserts pharmaceutiques. »

    Les pharmaciens alertent en outre sur un risque d’aggravation des pénuries de médicaments. « L’État octroie ce cadeau aux laboratoires, en échange de quoi ils sont censés diminuer leurs prix de vente. Donc la Sécu remboursera moins cher. Le problème c’est que si les prix diminuent, ça va recréer à nouveau des ruptures, puisque les laboratoires vendront les médicaments à l’étranger, sur des marchés plus rémunérateurs pour les génériques. »

    Bien décidée à reprendre la mobilisation à la rentrée, la profession s’est réunie en intersyndicale le 3 septembre. Une journée de grève nationale est d’ores et déjà actée le 18 septembre, au cours de laquelle les pharmacies resteront fermées. Une fermeture « tous les samedis à compter du 27 septembre » est également envisagée.

  • Montpellier bannit le thon de ses cantines

    Montpellier bannit le thon de ses cantines

    Plus une miette de thon dans les cantines… C’est le nouveau mot d’ordre dans les réfectoires de Montpellier et de sept autres villes de France (Bègles, Grenoble, Lille, Lyon, Mouans-Sartoux, Paris et Rennes).

    Cette décision fait suite à l’étude de l’association Bloom, révélant l’ampleur de la contamination du thon au mercure, publiée il y a pile un an. « L’association nous a contactés, parce qu’on était déjà dans cette logique d’amélioration de la qualité des produits servis, tant en termes de santé que de respect du bien-être animal, de l’environnement et de la biodiversité… », explique Marie Massart, adjointe en charge des questions alimentaires.

    Étrangement, la réglementation européenne autorise un taux de mercure trois fois plus élevé pour cette espèce (1mg/kg), que pour d’autres produits de la pêche, type crustacés (0,3mg/kg). Or une fois ingéré, ce neurotoxique peut se loger dans le cerveau et avoir des effets néfastes. La documentation scientifique est claire, et évoque un impact inquiétant sur le développement neuronal des plus jeunes : baisse de QI, troubles neuromoteurs, troubles du comportement, troubles de la mémoire, etc.

    Dès le jeudi 29 août, le ministère de l’Agriculture a tenté d’éteindre l’incendie via un court message adressé à la presse : « Aucune défaillance sanitaire relative au respect des teneurs maximales réglementaires dans le thon n’a été identifiée par les services de l’État, ni remontée par les professionnels dans le cadre des autocontrôles », a-t-il écrit. Mais pas de quoi rassurer l’ONG et les élus engagés dans la fronde.

    « Il est totalement à côté de la plaque, déplore Marie Massart. Nous, on demande justement à ce que la réglementation évolue. Évidemment, cela aura des conséquences sur les industriels. Mais soit on privilégie l’économie, soit la santé des enfants… Je suis une élue écologiste, je ne transige pas avec ça. »

    Selon elle, en réalité, Montpellier n’en servait déjà quasiment plus dans ses cantines. « Depuis 2021, on ne sert du poisson qu’une fois par semaine, mais plus du tout de thon… Sauf dans les pique-niques froids qui étaient prévus en cas de panne. Mais quand Bloom nous a proposé de porter ce plaidoyer, et de mettre la pression au gouvernement et aux industriels, on s’est dit que c’était une bonne occasion d’aller au bout de la démarche. »