Tag: Santé

  • [Cadmium] Les agriculteurs défendent des normes plus strictes

    [Cadmium] Les agriculteurs défendent des normes plus strictes

    Près de la moitié (47,6%) de la population française est contaminée par le cadmium, métal lourd toxique pour la santé. C’est l’une des accablantes conclusions d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), publié le 25 mars dernier. En cause, notamment, le taux de cadmium autorisé dans les engrais français, établi à 90mg/kg, contre 60mg/kg dans l’Union européenne. Face à ce constat, Romain Blanchard, président de la FDSEA 13, plaide pour que les normes européennes et françaises s’alignent. « Je ne trouve pas normal qu’on soit les seuls à avoir un seuil supérieur. Ce que je demande depuis longtemps, c’est qu’on nous impose les mêmes règles lorsqu’on est dans le même marché », insiste le viticulteur et céréalier, installé au nord d’Aix-en-Provence. Il ajoute : « Je ne suis pas médecin ni biologiste. Si les gens dont c’est le métier disent qu’il y a de la toxicité en bout de chaîne, il faut faire en sorte qu’il n’y ait plus de toxicité. Mon job c’est de nourrir les gens, pas de les envoyer à l’hôpital. »

    Yannick Becker, porte-parole de la Confédération paysanne pour la région Paca, tient lui une position plus radicale. « C’est une preuve de plus de la non-soutenabilité de l’agriculture française, un symptôme de plus à prendre en compte, s’indigne-il. Il faut sortir du modèle économique dans lequel nous sommes et qui pousse les agriculteurs à utiliser ce genre d’engrais. Nous devons réfléchir à produire en quantité nécessaire pour nourrir les Français, pas pour contrer la concurrence européenne et internationale. »

  • À Châteauneuf-les-Martigues, Total réaffirme ses priorités sur la santé

    À Châteauneuf-les-Martigues, Total réaffirme ses priorités sur la santé

    Les sujets de santé au travail, en particulier lorsqu’ils concernent des expositions potentielles à des substances comme le benzène, sont sérieux et appellent des réponses claires », affirme Jean-Michel Diaz, directeur régional Paca de TotalEnergies, en réponse à la conférence de presse de la Fnic-CGT donnée mardi 28 avril.

    Cette réponse intervient dans un contexte de tensions autour de la plateforme TotalEnergies de La Mède, ancienne raffinerie de pétrole convertie en bioraffinerie de carburant de synthèse à base d’huile végétale. Une tension qui se mesure à la plainte au pénal pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui pour l’exposition au benzène déposée par le syndicat CGT et 14 salariés et la saisie des Prud’hommes par 180 salariés pour préjudice d’anxiété lié à cette exposition.

    « Je comprends les préoccupations qui peuvent s’exprimer, et je sais à quel point ces sujets peuvent être sensibles pour celles et ceux qui travaillent sur le site. La santé et la sécurité de l’ensemble des équipes qui interviennent sur nos sites sont au cœur de notre exigence au quotidien », affirme en réponse le directeur régional de TotalEnergies. Ce dernier rappelle avoir « passé 37 ans de ma carrière dans des usines TotalEnergies, je sais à quel point ces enjeux sont concrets ». « À La Mède, les équipes opérationnelles de TotalEnergies comme celles des entreprises partenaires évoluent sur le même site industriel. Cela nous engage collectivement à une vigilance permanente, c’est la priorité dans nos métiers », poursuit-il.

    « Respect des réglementations »

    Sur le plan plus technique, Jean-Michel Diaz précise que « nos activités sont conduites dans le respect des réglementations applicables, sous le contrôle des autorités compétentes, avec des dispositifs de prévention et de suivi en place, et nous restons à leur disposition pour apporter tous les éléments utiles ». Cela repose notamment sur « des campagnes régulières de mesures et de contrôle des installations, la formation des équipes aux risques chimiques et un suivi médical adapté des salariés concernés ».

    En définitive, le directeur régional de TotalEnergies indique que « dans cet esprit de transparence continue, nous organisons régulièrement des visites du site pour des élus, des riverains, des étudiants et des associations, afin de présenter concrètement nos activités et nos exigences en matière de sécurité. La semaine dernière encore, nous avons accueilli des lecteurs du journal La Provence sur le site ».

    Ce discours jettera-t-il un nouveau pont ? Alors que TotalEnergies et Air Liquide s’associent pour une nouvelle production d’hydrogène intégrée au processus biocarburant, sur place, le syndicat CGT pointait « une bonne nouvelle » selon le secrétaire Fabien Cros en janvier. Ceci en raison de « l’arrêt du reformer, plus gros producteur de benzène du site ». François Wioland, responsable des projets pour Total, lors de la présentation des projets, affirmait que « la présence de tous les éléments CMR, comme le benzène, a été modélisée et le pire scénario révèle un impact en particule par million ». « Nous n’avons pas confiance » tranchait le responsable CGT.

  • La CGT porte plainte contre ArcelorMittal pour délit d’entrave

    La CGT porte plainte contre ArcelorMittal pour délit d’entrave

    « Arcelor va s’expliquer devant les juges pour ses mensonges et ses entraves au CSE et à la CSSCT », lance Zidane Mérabet, récemment élu délégué syndical central CGT à l’assemblée générale du syndicat CGT de l’aciérie de Fos-sur-Mer, qui s’est tenue mercredi à la Maison de la mer et du sport. Le syndicat CGT a annoncé à cette occasion lancer une procédure judiciaire pénale en citation directe au tribunal correctionnel à l’encontre de l’entreprise et de quatre dirigeants du site.

    En cause selon Me Julie Andreu du cabinet TTLA, avocate de la CGT, « un délit d’entrave de la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) ». Plus précisément, la direction est accusée d’avoir « caché un prélèvement positif et délibérément menti en réunion » à ce propos. « Les agissements de la direction sont révélateurs de cette infraction, d’où la citation directe devant le tribunal correctionnel car nous estimons avoir tous les éléments pour se dispenser d’une enquête préliminaire », affirme l’avocate.

    « Des documents modifiés »

    Le secrétaire général du syndicat CGT de l’usine Stéphane Martins de Araujo, resitue le contexte de cette démarche. « Nous avons lancé une procédure de danger grave et imminent [DGI, Ndlr.] sur un calorifuge situé au finissage », une procédure liée à la présence d’amiante pour demander une action et permettre d’exercer un droit de retrait. « Nous avons forcé la direction à faire un prélèvement de contrôle et à accompagner le préleveur. Les deux chefs présents étaient très confiants pour nous dire que ce serait forcément négatif. Le lendemain, en même temps qu’on avait réunion, nos camarades nous ont avertis qu’ils avaient vu le préleveur revenir », raconte le responsable. Les syndicalistes ont alors contacté le préleveur pour connaître la raison de son retour, qui doit normalement faire l’objet d’une information auprès des dépositaires de la procédure DGI, en l’occurrence la CGT. « Sa réponse a été “on m’a demandé de revenir car les prélèvements étaient amiantés” », affirme Stéphane Martins de Araujo.

    « Le jour d’après la direction nous a présenté le rapport : aucun prélèvement n’était amianté. Ils nous ont demandé de lever le DGI, nous leur avons dit que c’était inacceptable et qu’ils avaient modifié des documents agréés Cofrac », tonne le syndicaliste, visiblement en colère. « Ils ont mis la pression aux autres syndicats pour faire lever le DGI. Quand on vous dit qu’ils nous envoient à la mort c’est réel ! » conclut le responsable. Zidane Mérabet abonde en ce sens. « Ce combat dépasse la boîte, quand on voit les déchets amiantés transportés par camions parfois non bâchés et traités comme des déchets industriels banals, cela met en danger tout le monde. » La première audience de citation directe est programmée au 7 juillet.

    Préjudice d’anxiété

    Outre cette procédure, le syndicat est en campagne sur le préjudice d’anxiété lié à l’amiante et aux produits cancérigènes ouverte à tous les salariés et sous-traitants. « Les expositions diffuses et étalées dans le temps n’ont jamais été limitées à une seule substance. L’amiante reste présent partout malgré son interdiction en 1997 », détaille Zidane Mérabet, faisant état de « 600 salariés en suivi médical renforcé amiante dans l’entreprise », et 200 de plus l’ayant quitté. Rendez-vous le 28 mai au conseil de prud’hommes de Martigues.

    De son côté, ArcelorMittal « n’entend pas commenter une procédure en cours ». Plus largement, elle rappelle ses engagements : « La santé et la sécurité au travail sont une priorité absolue pour ArcelorMittal. Sur le site de Fos-sur-Mer, les évolutions en matière de santé et de sécurité reposent sur des investissements permettant d’améliorer la protection collective, mais aussi sur un dispositif de prévention complet, associant formation, amélioration continue des pratiques et suivi médical de tous les salariés », assure-t-elle. « Ces sujets de santé et de sécurité sont au cœur des échanges réguliers avec les instances représentatives du personnel », affirme l’entreprise.

  • Vaccination : une campagne de sensibilisation menée à Marseille

    Vaccination : une campagne de sensibilisation menée à Marseille

    « Aller vers » les habitants pour permettre aux Marseillais « en rupture avec les soins » de mieux connaître « l’offre de santé ». Telle est la volonté affichée par le Centre de vaccinations internationales de Marseille, géré par la Ville et installé au 2, rue Fontaine-d’Arménie (1er). Les équipes du centre vaccinal sont présentes chaque dernier mardi du mois dans le Centre Bourse (1er).

    Mais en cette semaine européenne de la vaccination, d’autres rendez-vous sont aussi proposés : ce mercredi au Centre d’accueil senior 83 (10e) entre 9h et 12h30 et jeudi à l’entrée de l’IHU Méditerranée (5e) entre 9h et 14h puis sur la place Victor-Hugo (3e) de 11h à 15h. Sur place : médecins, infirmiers et médiateurs santé renseignent librement tous ceux qui le souhaitent sur leur statut vaccinal. Un échange pouvant aller, pour les volontaires, jusqu’à une vaccination.

    « Après l’accès à l’eau propre, les vaccins sont l’intervention de santé publique la plus efficace pour éviter les infections, les hospitalisations et les décès », rappelle Élisabeth Créance, responsable du Centre de vaccinations internationales de Marseille, reprenant les propos tenus par Meru Sheel, épidémiologiste et experte en maladie infectieuse citée dans Science et Avenir. « ça permet de se protéger contre des maladies comme la coqueluche, les oreillons, la rougeole, les méningites, qui peuvent avoir de très graves conséquences, insiste-t-elle. Il ne faut pas attendre d’être malade pour rentrer dans le système de santé. »

    Manon Chalindar, médiatrice du dispositif Corhesan, imaginé par l’Hôpital Européen pour aller à la rencontre des habitants des quartiers prioritaires, présente sur place ce mardi, ajoute : « Le vaccin est un acte individuel, bien sûr, mais aussi collectif, car il permet de protéger ses concitoyens. » Le centre de vaccinations propose un accueil inconditionnel et est en mesure d’accompagner les personnes sans couverture santé.

  • [Mort au travail] À Toulon, un hommage pour inciter à l’action

    [Mort au travail] À Toulon, un hommage pour inciter à l’action

    « Cette journée est un moment solennel de réflexion et de souvenir, mais aussi un appel à l’action pour prévenir de telles tragédies à l’avenir car aujourd’hui en France, 10 décès chaque jour sont imputables à ce minerai tueur », commence le président de l’Asava, Gérard Lojewski, devant la stèle située derrière la piscine du Port Marchand.

    Et de poursuivre : « Ces victimes ce sont nos collègues, nos amis, nos proches. Leur souffrance nous rappelle notre devoir de vigilance et de solidarité. »

    Le responsable rappelle que chaque année lors de l’assemblée générale, l’Asava annonce aux adhérents le décès le nom de nouveaux camarades décédés d’une pathologie de l’amiante, près de 140 depuis la création de l’association en 2007.

    « Notre département est très durement impacté par ce qu’il convient de qualifier de “crime industriel” dans la mesure où les employeurs savaient, mais n’ont rien fait pour protéger leurs salariés », rappelle Gérard Lojewski. Avec d’un côté de la Rade, le chantier naval de la Seyne et de l’autre, l’Arsenal de Toulon, où sur les deux sites des milliers de travailleurs vont être exposés et mettre leur santé en péril. D’où un sentiment de profonde injustice et d’incompréhension, ajoute le président de l’Asava face à l’absence totale de sanction pénale à l’encontre des patrons. « Comment expliquer que la justice de notre pays et ses plus hautes autorités aient pu décider qu’aucune personne soit responsable de 100 000 décès d’ici 2050 ? », interroge-t-il.

    Et de poursuivre : « Il est de notre devoir de porter le souvenir des disparus mais aussi de protéger les générations futures en faisant notre maximum pour arrêter ce désastre de santé publique. »

    L’occasion de rappeler que malgré l’interdiction de l’amiante en 1997, le danger est toujours d’actualité car sa durée de toxicité est infinie. Et ce d’autant qu’« il subsiste en France 20 millions de tonnes d’amiante floquée et 90% des bâtiments construits avant cette date en contiennent comme les logements sociaux, les hôpitaux ou établissements scolaires ».

    D’où la nécessité de créer, comme le défend l’Asava, un Pôle public d’éradication de l’amiante.

  • [Mort au travail] La Mède : à Total, la lutte contre l’amiante et le benzène

    [Mort au travail] La Mède : à Total, la lutte contre l’amiante et le benzène

    « Vous êtes exposés à du benzène rien qu’en étant venu à ce rassemblement », lance Fabien Cros, secrétaire du syndicat CGT de la plateforme Total de La Mède, devant ses auditeurs massés devant l’entrée de l’ancienne raffinerie mardi matin. Le rassemblement organisé par l’union locale CGT, le syndicat de la plateforme et la branche régionale de la fédération des industries chimiques CGT (Fnic) vise à partager les différentes luttes pour la sécurité et la santé au travail en cette journée internationale dédiée. Les syndicats de Kem One Saint-Auban (04), d’Arkema Marseille et de Sanofi Sisteron (04), entre autres, ont répondu présent.

    C’est la présence du benzène, un composé réputé cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR) lié à la production du site qui a conduit le syndicat à attaquer son employeur par deux moyens : au pénal pour mise en danger de la vie d’autrui, et aux Prud’hommes pour le préjudice d’anxiété lié à l’exposition des travailleurs de la plateforme. « La limite à laquelle les travailleurs pouvaient être exposés en 2000 à mon début de carrière était de 1 ppm », resitue Fabien Cros. « Aujourd’hui on est à 0,2 ppm grâce à la pression mise par nos syndicats et nos avocats. Pourtant le benzène n’a pas d’effet de seuil, en respirer une ou 100 fois ne fait pas de différence », dans les risques d’après le syndicaliste. « Cela démontre que ce seuil est politique et non médical (…) Nous voulons que le benzène soit reconnu au même titre que l’amiante », insiste-t-il.

    Son camarade Ludovic Veyret, délégué CGT Sanofi Sisteron, illustre le problème : « On met des casquettes des chaussures de sécurité, mais on nous laisse respirer des trucs et se démerder pour laver nos vêtements. »

    L’avocate du cabinet TTLA Julie Andreu suit ces sujets. « Les expositions perdurent et la prévention n’est pas là : pas de repérage avant travaux ni diagnostics » pour l’amiante. Les procédures judiciaires visent « une juste réparation et reconnaissance des conditions de travail » selon l’avocate. « Les pathologies se déclarant 20 à 40 ans après exposition, l’employeur ne sera peut-être plus là ou pourra dire que c’est faute d’hygiène de vie », relate-t-elle, « c’est pour ça qu’il faut agir avant d’être malade pour prouver qu’il y a eu exposition si demain vous l’êtes ».

    C’est le combat mené avec la CGT dans les industries de la région.

  • Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Trente mille habitants rencontrés lors de 330 manifestations, 5 000 questionnaires remplis qui ont donné lieu à 1 500 propositions. Voilà en quelques chiffres le bilan 2025 de la première édition de l’opération « La Région à vos côtés ».

    Décriée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 euros) et son côté communication, la seconde tournée vient de débuter. Jusqu’à mi-juillet, les élus d’Occitanie vont aller à la rencontre* des habitants sur les marchés, dans les gares, les parkings de supermarché, les universités, les salons ou dans des événements spéciaux tels que la fête de la transhumance. L’objectif est triple : leur expliquer ce que fait concrètement la Région Occitanie qui fête ses 10 ans, recueillir leurs doléances et tordre de cou à certaines idées reçues propagées notamment par l’extrême droite.

    « Nous reprenons le chemin du terrain », synthétise la présidente Carole Delga (PS). Une initiative « unique en France » d’autant plus « nécessaire » au vu du « désamour » qui grandit entre élus et citoyens. Paradoxalement, ces derniers seraient demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner quel que soit leur âge », se souvient l’écologiste Zina Bourguet.

    20 spécialistes recrutés dans les hôpitaux

    Cet exercice de « démocratie participative » a permis de « conforter certaines de nos intuitions devenues des certitudes », résume Christian Assaf (PS). Par exemple le fait que les transports, le pouvoir d’achat ou la santé sont les priorités des habitants. Mieux sonder leurs attentes a permis d’ajouter 20 spécialistes dans 12 hôpitaux aux 150 médecins recrutés par la Région dans les maisons de santé. Plutôt agréablement surpris de la démarche, les sondés ont aussi fait part de leurs mécontentements. « Souvent les trains en retard et la paperasse administrative », observe Carole Delga. Cela a permis à la Région de développer l’application Fairtiq pour avoir tous les tarifs des trains ou d’instaurer le TER à un euro pour les clubs sportifs.

    Aller à la rencontre des citoyens permet aussi de « démonter les contrevérités de l’extrême droite qui réécrit l’Histoire », insiste Carole Delga, attachée à la décentralisation. Et de rappeler, ajoute Jérôme Monamy (PCF), que « le RN vote contre le TER à un euro » ou que la première mesure du nouveau maire RN de Carcassonne est un « arrêté anti-pauvres ».

    * Premières dates : marché de Lodève (25 avril), gare Saint-Roch à Montpellier (28 avril), marché de Méjannes-le-Clap (27 avril)
    et du Vigan (5 mai).

  • Les Escartons de Briançon pionniers de l’endométriose

    Les Escartons de Briançon pionniers de l’endométriose

    Depuis le 11 février 2025, un nouveau test salivaire de dépistage de l’endométriose est proposé dans 80 centres hospitaliers à travers le pays.

    Au total, 2 500 femmes ont bénéficié de ce dispositif durant la première phase d’étude, dont 32 à Briançon, ce qui en fait le deuxième centre de la région Paca à avoir fait le plus de tests après le CHU de Nice. « C’est très encourageant, on est un petit établissement et pour autant on a réussi à organiser plus de trente tests ce qui, au niveau régional, est un bon résultat », se satisfait Magali Jonnard, technicienne d’étude clinique du Centre des Escartons.

    Réduire le recours

    à la chirurgie

    « Ce nouveau test créé par le laboratoire Ziwig est plus précis et le diagnostic est plus rapide. Il vient confirmer un diagnostic attendu pour des patientes qui présentaient des symptômes mais pour lesquelles l’imagerie pelvienne ne présentait pas un résultat totalement fiable », explique Magali Jonnard. Le test salivaire permettrait également de réduire les recours aux diagnostics chirurgicaux, plus invasifs et lourds à subir. L’hôpital de Briançon est par ailleurs un centre de référence régional pour la prise en charge de l’endométriose, et propose, avec l’hôpital de Gap, des ateliers d’éducation thérapeutique, deux fois par an, aux patientes souffrant d’endométriose.

  • [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    La Marseillaise : Que représente cette journée mondiale pour les agents de l’inspection du travail ?

    Cécile Clamme : Pour nous, cette journée mondiale est une grosse date. Il faut mettre en avant le fléau social que sont les accidents du travail et les maladies professionnelles. On oublie souvent ce deuxième point alors qu’elles provoquent de gros dégâts : le sujet emblématique est celui de l’amiante, qui est au cœur des préoccupations de l’inspection du travail depuis des années. Pour nous, dédier une journée dans l’année à ces questions, mettre l’accent sur ces questions, c’est majeur. Cela permet de s’interroger collectivement : Pourquoi on est encore là en 2026 ? Pourquoi la France a des chiffres aussi inquiétants ? À l’inspection du travail, on est justement pas trop mal placés pour avoir des indications et des réponses. On est directement concerné. Pour nous, il y a deux éléments de réponse : le manque de moyens, les sanctions en cas de manquements qui ne sont pas assez importantes.

    Quelle est l’ampleur du manque de moyens à l’inspection du travail ? Quel lien avec le nombre d’accidents et de morts au travail en France ?

    C.C. : Une des dimensions majeures de notre travail est d’enquêter lorsque l’accident du travail survient, mais c’est aussi de contrôler, en amont, pour que l’accident de travail ne survienne pas. Or, dans l’état actuel de nos effectifs, nous ne pouvons pas toujours assurer cet aspect de prévention. Quand on est pris par l’actualité, par les dossiers qui s’accumulent, on ne peut pas faire d’actions de prévention. Avec des effectifs en berne comme ils le sont actuellement, on a moins le temps pour faire ce travail-là. Sur les 15 dernières années, on estime à entre 20% et 25% de baisse du nombre d’agents. On a une énorme baisse des effectifs pour les agents d’assistance, ceux qui font le travail administratif. Pareil pour les agents en charge des renseignements, qui sont pourtant les premiers interlocuteurs des salariés en difficulté. À l’heure actuelle, notre direction considère qu’une charge de travail « normale » pour un agent de contrôle, c’est 1 pour 10 000 salariés. Mais, sur le papier, on est moins de 2 000 alors qu’il y a entre 21 et 22 millions de salariés : on est environ 1 800 avec 10% de postes vacants. Il y a peu, on était 1 600. Entre-temps, il y a eu trois ans où les recrutements étaient plus importants, avec des grosses campagnes de communication. Mais malheureusement, tout a été stoppé l’année dernière. On aura donc la dernière grosse promotion pour cet été 2026.

    Quelle estimation des besoins ?

    C.C. : Il aurait fallu continuer encore 3 ans de plus pour atteindre les 2 000… Pour toute la France, il y a eu 45 inspecteurs du travail recrutés l’année dernière, cette année ce seront 60 recrutements. Alors qu’il y a 200 postes vacants et, qu’au bas mot, 100 collègues partent pour différentes raisons chaque année. Très rapidement, on va encore être dépassée par les départs en retraite et les promotions. Quoi qu’il arrive, il y a un problème. D’autant qu’on ne s’occupe pas uniquement des travailleurs salariés. Par exemple, la direction a engagé, il y a 6 mois, une action sur les faux travailleurs indépendants. Cela se fait en plus du travail sur les salariés, puisque par définition ils ne sont pas comptés dans les 21-22 millions de salariés. On est aussi compétent pour la santé et sécurité de la fonction publique hospitalière. Si, sur un secteur, il y a un gros CHU, cela va alourdir la charge de travail sans que ça ne soit compté officiellement… À la CGT TEFP, on revendique 1 agent pour 5 000. Ça n’aurait rien de délirant si l’on compare à d’autres missions de service public. Surtout quand on voit les statistiques de la France en matière d’accidents du travail : 2 morts par jour. Il faudrait donc plus que doubler les effectifs, 3 000 inspecteurs de plus.

    Comment expliquez-vous ces statistiques ?

    C.C. : Notre mot d’ordre est simple : des moyens pour la prévention, des sanctions pour les patrons. Quand il y a un manquement, les sanctions ne sont pas assez dissuasives ! Quand un employeur est condamné, on est en général sur des peines qui sont de l’ordre de l’amende. Lesquelles sont d’un montant qui sera ridicule pour un grand groupe mais important pour une petite entreprise. Par exemple : pour une condamnation faisant suite à un accident mortel, il y a souvent une condamnation, de la personne morale donc pas du dirigeant directement, a une amende, parfois partiellement assorti du sursis… C’est aberrant. Et c’est sans compter toutes les fois où les procédures n’aboutissent pas : classées sans suite pour telle ou telle raison, quand l’entreprise a un avocat meilleur que celui de la victime… La CGT a fait des estimations sur certains départements sur plusieurs années : en moyenne, moins de 20% des procédures vont au bout, y compris pour des accidents graves ou mortels.

  • [Entretien] Pascal Rousseau : « Je me dis que je devais être quelqu’un de bien »

    [Entretien] Pascal Rousseau : « Je me dis que je devais être quelqu’un de bien »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est passé en 2019 ?

    Pascal Rousseau : J’ai fait un malaise et à mon réveil, ma mémoire était vide. Tous mes souvenirs d’une vie de 57 ans avaient disparu. J’avais une mémoire immédiate, j’avais conservé mes capacités d’analyse. Mais, pour ce qui est du reste, c’était le grand vide !

    Savez-vous ce qu’il vous est arrivé ?

    P.R. : J’ai fait ce qui s’appelle une dissociation. Tous les événements gravés dans ma mémoire ont été effacés. Pour les retrouver, j’ai fait des recherches, sur Internet, j’ai retrouvé des articles de journaux, des amis, des inconnus qui me croisaient dans la rue et me reconnaissaient m’ont ainsi aidé à retrouver une partie de mon histoire personnelle. À ce sujet, Franck Lebœuf, un ancien coéquipier, a été incroyable.

    Ainsi, qu’avez-vous appris ?

    P.R. : Comme Franck Lebœuf me l’a dit, j’ai eu une carrière de footballeur professionnel. Avec plus de 600 matches quand même, dont je n’ai aucun souvenir ! J’ai ainsi appris que j’ai débuté au Paris FC, que j’ai joué à Lille, qu’avec Rennes, j’ai fait partie de l’équipe qui s’est ancrée en Ligue 1 à partir de 1994. Et que j’ai même été champion de France avec l’OM. Je trouvais cela incroyable. Mais que des supporters marseillais me téléphonent pour m’en parler, je trouve ça exceptionnel.

    Vous ne vous souvenez donc d’aucun moment de votre carrière, ni de votre vie avant vos 57 ans ?

    P.R. : J’ai tout oublié. Ce que je retrouve, c’est grâce aux témoignages de gens qui me racontent ce qu’ils ont partagé avec moi. Comme, par exemple, mon premier match au Vélodrome, c’était un OM-Bordeaux, le jour où Claude Bez est arrivé au stade en Cadillac. J’imagine que j’ai dû vivre quelque chose de dingue. À Rennes, j’ai retrouvé les capos du kop, qui m’ont rappelé que nous regardions ensemble les matches de Ligue des Champions, chez moi. Ainsi, de ce que j’entends dire sur moi, je me dis que je devais être quelqu’un de bien. Mais tout est effacé.

    Pour vous, ce livre est une autre forme de thérapie ?

    P.R. : Ce n’est pas mon idée. Mais des proches m’ont suggéré de l’écrire, pour en faire une thérapie et, surtout, faire connaître la dissociation. Certains ont encore du mal à croire ce que je vis. En témoignant, cela va permettre d’essayer de comprendre. Même si je sais, sept ans après, que seuls les témoignages m’ont aidé. Sans cela, ma mémoire serait repartie à mes 57 ans, le reste aurait totalement disparu.

    Avez-vous des projets ?

    P.R. : Grâce à Franck Lebœuf, je vais en faire un seul en scène, dans lequel je vais me raconter. J’aimerais le tester dans les salons des stades des clubs où j’ai joué.

    « Amnésique », avec Florence Bouté.
    City éditions, 256 pages