Tag: Santé

  • La restructuration de l’hôpital d’Embrun se concrétise

    La restructuration de l’hôpital d’Embrun se concrétise

    La restructuration de l’hôpital d’Embrun, prévue depuis plusieurs années, se précise. Pour les Journées nationales de l’architecture, une rencontre était organisée pour informer sur ce projet, qui devrait voir le jour vers 2030. « L’objectif est que l’essentiel soit fait pour les Jeux olympiques », a annoncé la maire d’Embrun, Chantal Eyméoud. Les travaux devraient commencer vers l’été 2027 et devraient durer près de 36 mois. Une durée nécessaire pour ce chantier d’envergure, qui promet une transformation totale de l’établissement actuel.

    Les bâtiments qui composent aujourd’hui l’hôpital ont été construits lors de différentes phases, entre le XVIIIe et le XXe siècle. Résultat : ils sont aujourd’hui assez disparates, rendant l’organisation des services et les conditions de travail des équipes soignantes plus difficiles. « Réorganiser tout cela est donc nécessaire, a expliqué Pierre-Olivier Lasserre, le directeur de l’établissement, à la fois pour le bien-être des soignants mais aussi des patients. »

    Par exemple, les services administratifs, aujourd’hui au rez-de-chaussée, seront déplacés vers les étages, laissant la place aux services de radiologie et d’urgences, qui bénéficieront d’une entrée dédiée.

    Grâce à ces travaux, l’hôpital pourra également se doter de nouveaux équipements, notamment un scanner. Enfin, les chambres doubles seront transformées en chambres individuelles.

    Les brasseurs d’air,

    une révolution ?

    « C’est un bâtiment ancien qui actuellement utilise beaucoup d’énergie, poursuit le directeur. Nous allons aussi améliorer le confort thermique. » À ce sujet, l’architecte a pensé à « un projet ambitieux », qui, s’il fonctionne, pourrait être une « révolution pour les hôpitaux » : « Nous allons faire une expérimentation dans les chambres, en installant des brasseurs d’air au plafond. Si cela fonctionne, ce dispositif pourrait être déployé partout ! Car la climatisation, c’est ingérable dans les hôpitaux, pour des enjeux de maintenance et de santé ! ».

    Pour l’architecte, un des défis de cette restructuration est de préserver la valeur patrimoniale du site : « Qu’on aime ou pas ces bâtiments, ils racontent 300 ans d’histoire ! ». L’aspect extérieur des bâtiments sera préservé au maximum et les extensions prévoient de se faire discrètes. Les parties extérieures seront elles aussi transformées, et le cloître sera végétalisé afin qu’il profite aux patients et visiteurs.

    Pour le moment, 18 millions d’euros venant de l’État et de la Région sont mobilisés pour ce projet qui, dans son ensemble, devrait coûter 40 millions, toutes taxes comprises.

  • À Marseille , des locataires au front face aux pannes d’ascenseur à répétition

    À Marseille , des locataires au front face aux pannes d’ascenseur à répétition

    « Ici, c’est particulièrement violent parce que les tours font 19 étages. Mais nous subissons la même situation depuis trop longtemps » souligne Jean-Louis, du Collectif de veille Busserine. Dans la salle polyvalente du centre social de la Solidarité, les locataires exténués d’avoir à monter et descendre au quotidien les étages dénoncent « le scandale des ascenseurs » et sont prêts à saisir les tribunaux.

    « C’est l’ensemble des bâtiments qui est concerné, et ça dure depuis le mois de mai, explique Samira qui doit monter 16 étages avec une petite de 5 ans, on s’arrête à chaque palier pour souffler. On ne peut pas s’asseoir sur les marches car les gens ne sortent plus les poubelles. Cet été il y avait des asticots partout ». à ses côtés, Fouzia « évite de faire des courses » et montre les appels passés sur son téléphone à Paca ascenseurs services : « ils sont venus ce matin à 10h. à midi c’était de nouveau en panne ». Les locataires dressent une liste de l’insupportable : « des portes qui ne ferment plus », « des cabines qui se bloquent deux heures avec une famille à l’intérieur en pleine canicule », « des gens qui sont tombés en chute libre sur plusieurs étages ». Un médecin du Château en santé témoigne : « nos patients souffrent de maux liés à ces problématiques : asthme, BPCO, problèmes rénaux, infarctus du myocarde, difficultés de mobilité… les infirmiers ne montent plus, les piluliers sont vides, l’état de santé se dégrade ».

    Un projet de loi bloqué

    Ils décrivent un quotidien « inhumain, indigne », partagé par les locataires d’autres grands ensembles. « Ils font du bricolage qui met nos vies en danger », dénonce Nadia du collectif Aclo et CGL, aux Oliviers, qui organise un rassemblement mardi 27 octobre à Frais Vallon à 11h30 devant le siège de Provence Métropole Logement (PML). « Le pire, c’est qu’on ne nous entend pas, déplore Inès qui pointe l’obligation légale du bailleur, à la Soli, on en est à plus de 50 mises en demeure, en vain. Un signalement a été fait à la Ville ». Selon Unicil, « la remise en service peut être rendue plus complexe par les dysfonctionnements techniques, les contraintes d’intervention et les délais d’approvisionnement des pièces ». Des arguments qui ne tiennent plus depuis le temps que la situation perdure.

    À la Solidarité, les locataires, avec 36 associations, exigent aujourd’hui « la remise en service immédiate des ascenseurs avec un calendrier des travaux de rénovation, annonce Inès, avec un ultimatum d’un mois pour l’organisation d’un comité de pilotage associant bailleur, ascensoriste, Ville et représentants des locataires ». Soutenus par le Syndicat du Logement de Marseille, ils se sont dotés d’un avocat qui « prépare un référé de mesure utile et travaille à la question du remboursement des charges », précise Charly en avisant d’un courrier envoyé par l’adjointe au maire (PCF) Audrey Garino à Unicil, et indiquant que « la Ville accepte de coordonner le comité de pilotage ». De son côté Unicil a « pris date » avec l’association CGL pour « une réunion qui se tiendra le 5 novembre ». La proposition de loi visant à pénaliser les retards d’intervention, car au fond c’est surtout une question d’argent qui plombe les réparations, a été adoptée par l’assemblée nationale en janvier 2025. Et plus rien. Interpellé par le Collectif de veille du Grand Saint-Barthélémy, le sénateur communiste Jérémy Bacchi a assuré qu’il porterait « cette question dans le cadre de notre niche parlementaire pour accélérer son vote ».

  • [Marseille-Cassis] Christine Bardelle, cinq ans de lutte contre un cancer du sang

    [Marseille-Cassis] Christine Bardelle, cinq ans de lutte contre un cancer du sang

    Il y a près de vingt ans, Christine Bardelle était au sommet de son art pédestre. Spécialiste du cross-country, la demi-fondeuse originaire de Provins, en Seine-et-Marne, s’est notamment illustrée en décrochant deux médailles d’argent consécutives, en 2012 et 2013. À son palmarès figurent également quatre titres de championne de France : trois sur 5 000 m et un sur 10 000 m. Elle aurait même dû participer aux Jeux olympiques de Londres en 2012, alors qu’elle était la seule Française à avoir réalisé les minima sur 5 000 m.

    Mais en février 2018, sa vie bascule. On lui diagnostique une leucémie aiguë, un cancer du sang. « Ça faisait un moment que j’étais fatiguée, que je me sentais un peu moins bien, mais je ne m’en inquiétais pas pour autant. Je mettais ça sur le compte de la fatigue. Puis, j’ai commencé à faire quelques petits malaises. Un jour, je suis allée aux urgences et je n’en suis ressortie que deux mois plus tard », raconte Christine Bardelle.

    Les biopsies ont rapidement révélé des cellules cancéreuses. « C’était une surprise, parce qu’en tant qu’athlète, j’étais en bonne santé. Je prenais soin de moi, je faisais attention à tout, notamment à mon alimentation, et je faisais du sport deux fois par jour. Ce n’est évidemment pas le genre de diagnostic auquel on s’attend dans ces conditions », poursuit-elle.

    Près de 460 000 personnes sont diagnostiquées chaque année d’un cancer, selon les données de l’Institut national du cancer. « Je n’ai pas forcément cherché à comprendre pourquoi. J’étais tout de suite dans l’état d’esprit de tout faire pour m’en sortir. J’étais déjà dans le combat, même si on ne donnait pas cher de ma peau, parce que j’étais au stade 4 », insiste l’ancienne athlète de haut niveau. Elle a d’abord dû subir une quarantaine de chimiothérapies à Avignon, avant d’être prise en charge à l’Institut Paoli-Calmettes, à Marseille, où elle a passé sept semaines dans une chambre stérile, avant de bénéficier d’une greffe de moelle osseuse en septembre 2018. Ce n’était pas gagné d’avance puisque ses deux sœurs et son frère n’étaient pas compatibles. « Il y avait donc une chance sur un million pour trouver un donneur compatible. Et puis après, il fallait encore que la greffe prenne », note Christine Bardelle. « C’était aussi violent que le cancer », souligne-t-elle, consciente que l’opération lui a laissé des séquelles encore persistantes aujourd’hui. « J’ai passé trois mois et demi à l’hôpital après la greffe. Et quand je suis sortie de l’hôpital, je ne pouvais même pas marcher. J’étais incapable de tenir debout. Je me suis vite remise dans une forme de rééducation, de réathlétisation, mais ça a pris du temps », résume celle qui a mis près de trois ans avant de reprendre une pratique sportive.

    Marseille-Cassis symbolique

    Officiellement diagnostiquée guérie en septembre 2023, après cinq ans de lutte contre le cancer, Christine Bardelle s’est directement lancée sur le Marseille-Cassis. « C’était symbolique pour moi de prendre le départ d’une course à quelques kilomètres de l’hôpital qui m’avait sauvé la vie. C’était une forme de reconnaissance aussi pour tout le travail des oncologues et des chercheurs », confie la gérante d’une brasserie à Buis-les-Baronnies, dans le département de la Drôme. Au sein du mois de l’inclusion, cher à André Giraud, elle s’est engagée sur les quatre épreuves afin de faire passer un message. « Le sport, c’est quand même un super levier. Sur une ligne de départ, peu importe qu’on ait un cancer, un handicap ou une autre difficulté, le but est de passer la ligne d’arrivée. C’est une façon de se reconstruire, de faire face et de rebondir », assure la survivante. Compétitrice dans l’âme, de par son passé sportif glorieux, elle espère passer sous la barre des deux heures.

    EN CHIFFRES

    118

    118 jeunes issus de l’École de la 2e chance, de l’Epide ou encore choisis par France Travail participeront à cette édition de Marseille-Cassis. Que ce soit en tant que coureurs ou bénévoles.

    20

    C’est le nombre d’entreprises prêtes à embaucher les 118 personnes issues du dispositif Marseille-Cassis des quartiers 2026. Une rencontre aura lieu ce vendredi 23 au matin, à l’École de la deuxième chance.

  • À Marseille, un village pour faciliter l’accès aux soins dans les quartiers

    À Marseille, un village pour faciliter l’accès aux soins dans les quartiers

    À la sortie du métro à Frais Vallon, des chapiteaux ont pris place sur le parvis pour former un nouveau Village santé. Portés par la Ville depuis 2024, ces lieux rassemblent des acteurs de la santé au cœur des quartiers populaires. « On sait que dans ces zones, les gens ont des difficultés à avoir accès aux messages de prévention, de dépistage et d’accès aux soins tout court », a détaillé Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire de Marseille en charge de la santé, ce mercredi. « Il ne faut pas attendre que les gens aillent vers le système de soins, mais déplacer le système en proximité », a défendu l’élu.

    Une nécessité pour gommer les inégalités sociales face au cancer en France. La dernière étude de la Drees fait apparaître que les 10% des plus modestes sont plus exposés que les plus aisés : cancers dépistables diagnostiqués plus souvent tardivement, risque de développer un cancer du poumon 2,2 fois plus élevé chez les hommes ou encore risque deux fois supérieur de développer un cancer évitable. Par ailleurs, les maladies chroniques surviennent et touchent aujourd’hui plus fréquemment les personnes aux faibles revenus, toujours selon Drees.

    « Vulnérabilité sociale »

    Au Village santé, les acteurs de la prévention se mobilisent deux jours durant pour porter l’information auprès des populations des quartiers nord et les accompagner sur le long terme. « On recherche des personnes extérieures au parcours de soins, mais aussi celles en situation de vulnérabilité sociale », souligne Myriam, du centre d’examen de santé de la CPAM à la Rose. Ces profils représentent 68 à 70% des prises en charge. Pour les accompagner, la CPAM fournit une aide à la démarche d’ouverture des droits à l’Assurance maladie, au sein du village santé.

    « Sous notre chapiteau, on réalise des dépistages instantanés pour déceler le VIH, l’hépatite C et B », explique Arthur, de l’association de promotion de la santé Réseau 13, avant d’être interrompu par deux jeunes intéressés. Gisèle, présidente de cette association basée à Frais Vallon, prend le relais : « On dépiste des jeunes de la cité, mais aussi beaucoup d’adultes ». Sur le stand du Centre de vaccinations internationales de la Ville de Marseille, les infirmières dépistent le diabète et la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) et vaccinent : « On prend en charge des patients gratuitement et sans rendez-vous, dont certains n’ont parfois pas leurs droits ouverts ».

    Le Village a attiré les habitants du 13e arrondissement, mercredi matin. « Je suis venue me faire vacciner avec mon groupe », raconte, ravie, une formatrice de français langue étrangère tout juste arrivée du Brésil. À 41 ans, elle accompagne de nouveaux arrivants de tout âge, en recherche d’informations. « On m’a pris ma tension et j’ai fait le point sur mes vaccins », confie une autre habitante de Frais Vallon, venue « vérifier que tout allait bien ».

  • OùSoigner, l’entremetteur des blouses blanches

    OùSoigner, l’entremetteur des blouses blanches

    Dans certains villages, trouver un médecin relève désormais du parcours du combattant. Entre les cabinets qui ferment et les praticiens qui partent à la retraite sans successeur, les communes rivalisent d’imagination pour attirer les blouses blanches. À Montpellier, une start-up entend leur donner un coup de pouce. Son nom : OùSoigner.

    Lancée fin 2023, la plateforme fonctionne comme un site de rencontres, version médicale. Les collectivités, hôpitaux ou cabinets publient leurs offres, tandis que médecins, infirmiers, kinés et sages-femmes renseignent leurs attentes. Un algorithme se charge ensuite de trouver la bonne combinaison. Car l’installation ne se résume pas à quatre murs et une plaque professionnelle. « Ce qui marche, c’est un maire qui va dire : venez, la vie du village est sympa et des places en crèche seront réservées à vos enfants », explique le cofondateur Alexis Mussard.

    Un millier d’installations

    Installée dans l’Écusson depuis octobre 2025, au sein de l’écosystème MedVallée, l’entreprise affiche des résultats encourageants : plus de 8 500 annonces, quelque 10 100 mises en relation et surtout 1 000 installations revendiquées. La millième a eu lieu à La Longueville, dans le Nord, où l’arrivée d’un généraliste a permis de maintenir le suivi de plus de 1 000 patients.

    Le service est gratuit pour les soignants, mais pas pour les recruteurs : une petite commune peut débourser 2 000 euros pour une annonce annuelle et 995 euros de commission en cas d’installation. Et « un tiers des communes qui passent par OùSoigner sont en état très critique », souligne Alexis Mussard, faute d’avoir trouvé un successeur à leur médecin. Si la plateforme facilite les rencontres, elle ne règle pas le fond du problème : sans davantage de praticiens, les territoires continueront de se disputer les mêmes blouses blanches.

  • [Marseille-Cassis] Les dossards solidaires ont directement fait un carton

    [Marseille-Cassis] Les dossards solidaires ont directement fait un carton

    Après les « Clean Up Dossards », qui encourageaient déjà les coureurs à adopter un comportement écoresponsable en échange de l’obtention d’un dossard, la SCO Sainte-Marguerite passe à la vitesse supérieure. Le club organisateur du célèbre semi-marathon provençal a lancé, le 4 mai, Marseille-Cassis Solidaire, un dispositif inédit permettant de décrocher son précieux sésame tout en soutenant une cause d’intérêt général grâce à la collecte de fonds. Pour cette première édition, 1 000 dossards ont été réservés à cette initiative solidaire. En contrepartie, chaque coureur s’est engagé à collecter au moins 200 euros au profit de l’une des quatre associations partenaires, représentant chacune un engagement solidaire : La Maison des Femmes Marseille Provence (voir ci-dessus), pour la cause des femmes ; Sauvage Méditerranée, pour la protection de l’environnement ; la Fondation Ambroise-Paré de l’Hôpital Européen, pour la santé ; et Sport dans la Ville, pour l’inclusion. « L’argent ne tombe pas du ciel. On s’est donc demandé comment aller au-delà de la course pour soutenir le tissu associatif local », explique Loïc Yviquel, référent environnement et solidarité de la course.

    Près d’un quart de million récolté

    Un appel à projet a été lancé, au terme duquel 50 associations ont candidaté. Huit d’entre elles ont été présélectionnées, avant de se décider sur les quatre heureuses élues. Celles qui n’ont pas été retenues ont été dédommagées à hauteur de 300 euros chacune. L’objectif fixé par l’organisation était de récolter 150 000 euros, mais près de 250 000 euros ont été finalement obtenus, avec plus de 6 000 donateurs mobilisés.

    Les cagnottes sont encore disponibles jusqu’au 31 octobre. Avec ces résultats prometteurs, les organisateurs souhaitent doubler en 2027 les objectifs en ouvrant les dossards solidaires à 2 000 coureurs, avec huit associations partenaires. « Ce n’est pas définitivement réglé, mais c’est en tout cas notre volonté », Maïka Nuti, coordinatrice de l’initiative Marseille-Cassis Solidaire. « La question reste de savoir si l’on va continuer avec les quatre associations que l’on a soutenues cette année, afin de leur créer un modèle vertueux avec un revenu récurrent », conclut Loïc Yviquel.

  • Chaufferie CSR : avis positif malgré des réserves et refus

    Chaufferie CSR : avis positif malgré des réserves et refus

    Transformer la dysfonctionnante usine de méthanisation Ametyst (50% de refus et bientôt 80% !) en chaufferie de combustibles solides de récupération (CSR) d’ici 2030. Tel est l’objectif du président Michaël Delafosse (PS) qui refuse d’exporter plus longtemps par 4 900 camions (vers Sète, Lunel, les P-O…) les 70 à 110 000 tonnes de déchets que la Métropole de Montpellier est incapable de traiter. « Nous sommes dans une impasse, un précipice en étant la seule métropole sans solution pour gérer ses déchets », alerte M. Delafosse. En parallèle du CSR, le président veut poursuivre la stratégie pour tendre vers le « zéro déchet » et promet à terme une baisse de 10% de la taxe sur les ordures ménagères.

    Les seuils font débat

    Mardi 13 octobre, les élus communautaires n’ont pas gravé dans le marbre la construction d’une chaufferie CSR qui brûlera au maximum 42 525 tonnes de déchets par an. Mais ils ont majoritairement émis un « avis favorable » à la demande d’autorisation environnementale et de permis de construire. Deux actes qui relèvent de la préfecture de l’Hérault qui vient de lancer l’enquête publique (deux réunions publiques sont prévues les 20 octobre et 6 janvier) qui se clôturera le 12 janvier 2027. Ce n’est qu’ensuite que la Métropole prendra sa position définitive.

    D’ici là, la perspective du CSR, sorte d’incinérateur nouvelle génération, est loin de faire l’unanimité. Il y a ceux qui émettent des réserves, à l’instar du maire de Saint-Jean-de-Védas qui exige la plus grande transparence sur la commission de suivi du site. « Nos installations doivent évoluer mais les responsabilités de chacun doivent être établies, les procédures d’alerte, de contrôle et mesures correctives connues », insiste Patrick Hivin. Si le délégataire choisi (Urbaser Environnement) s’engage à des émissions de polluants atmosphériques « 30 fois inférieurs aux normes », Marie-France Boisbault (pro-Altrad) note que les Pfas mais aussi les dioxines, métaux et mercure « ne sont pas quantifiés dans le rapport ». « Aucune valeur limite ne s’applique à l’ammoniac rejeté par les bio-filtres », ajoute Emmanuelle Mysona, élue d’opposition à Saint-Jean-de-Védas.

    Pour Julia Mignacca, c’est une fin de non-recevoir. « Un incinérateur incluant des plastiques va être implanté en pleine ville [quartier Garosud], à proximité immédiate d’habitations », alerte l’élue écologiste d’opposition à Montpellier qui réclame un « moratoire ». Au contraire, pour l’adjointe et épidémiologiste Tasmine Akbaraly, l’usine sera une « barrière de sécurité scientifique ». Selon le maire (DVG) de Lattes, Cyril Meunier, « il n’y a pas de bonne solution pour traiter les ordures ménagères » mais « le CSR est la plus suivie ». Et le vice-président Renaud Calvat (PS) d’abonder. « Le CSR d’Amsterdam permet de chauffer 40 000 foyers. »

  • Christine Portero-Espert s’installe au Vigan

    Christine Portero-Espert s’installe au Vigan

    Après le traditionnel dépôt de gerbe au monument aux morts et un bref échange avec la presse, Christine Portero-Espert a rencontré une bonne partie des maires réunis pour l’occasion dans la cour de la sous-préfecture du Vigan (où aucun sénateur ni le député de la circonscription n’était présent).

    Face aux élus locaux, la représentante de l’État a retracé son parcours et ses souvenirs de jeunesse passés dans la région lors d’un stage de tennis ou de ses « premiers pas de ski de fond sur le Mont Aigoual ». Surtout, la nouvelle sous-préfète a insisté sur sa « disponibilité » et sa « détermination ». « Je veux être une sous-préfète dans la proximité, dans le concret pour faire avancer les choses. Il faut envoyer des signaux positifs à nos concitoyens », a-t-elle insisté.

    Cette mère de deux grands enfants a passé la quasi-totalité de sa carrière au ministère de la Santé après avoir décroché une maîtrise scientifique à l’université de Montpellier. Pendant près de trente ans, elle a occupé différents postes à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales puis à l’ARS (Agence régionale de santé) où elle s’est spécialisée dans les inégalités d’accès aux soins. Une expérience très utile sur ce territoire où le sujet de la maternité de Ganges devrait ressurgir rapidement.

    Directrice de projet du plan de résilience pour l’eau des Pyrénées-Orientales jusqu’à sa nomination au Vigan, Christine Portero-Espert devra également rapidement s’emparer de ce sujet alors que le dérèglement climatique se fait de plus en plus sentir dans les Cévennes où une partie des agriculteurs manque d’eau l’été. « Tous les territoires sont différents donc je ne peux pas transposer ce qui a été fait dans les Pyrénées-Orientales dans cet arrondissement mais clairement c’est une expérience qui m’a permis d’acquérir des outils, des manières de fonctionner et des projets qui me sont intimes. C’est une boîte à outils qui va m’être très utile pour travailler ces questions de sécurisation », explique-t-elle tout en soulignant qu’il faudra « trouver des solutions dans des délais acceptables et dans la réalité économique du moment ». « C’est l’une de mes priorités », confirme-t-elle.

  • Les soignants de l’hôpital font bloc pour préserver leurs acquis

    Les soignants de l’hôpital font bloc pour préserver leurs acquis

    Troisième conseil de surveillance de l’année, troisième irruption de personnels en colère. En cause : les mesures d’économies étudiées par la direction suite aux observations de la Chambre régionale des comptes. Alors que les négociations sur la prise en compte de la pause méridienne dans le temps effectif de travail, la rémunération des astreintes et le dispositif de garde des infirmiers anesthésistes sont encore en cours, la suppression des heures supplémentaires pour les agents à temps partiel, effective depuis le 1er septembre, a mis le feu aux poudres. Ce vendredi, le bloc opératoire était en grève.

    Manon Breteau, infirmière au sein du service (Ibode), témoigne : « Jusqu’ici, nos astreintes étaient payées en heures supplémentaires et on avait une majoration quand on travaillait la nuit, les dimanches et les jours fériés. La direction les a supprimées. » La soignante sort son téléphone pour montrer les chiffres. « Sur un échelon 5, à l’heure, je suis à 21,66 euros. La nuit, je suis à 45,02 euros et les dimanches et jours fériés à 37,51 euros. Ce mois-ci, j’ai fait 30 heures d’astreinte qui vont donc être payées en heures complémentaires. Ça représente une grosse perte de salaire. »

    La direction explique avoir corrigé « une situation qui conduisait certains professionnels à temps partiel à compléter leur activité au moyen d’heures supplémentaires, bénéficiant ainsi, à quotité de travail identique, d’un régime de rémunération différent de celui applicable à un professionnel employé à temps plein ». Elle assure entendre « les conséquences que cette régularisation peut avoir pour certains professionnels qui s’étaient organisés sur la base du dispositif antérieur ». La direction dit avoir proposé des rendez-vous individuels aux agents concernés « afin d’étudier leur situation et les solutions pouvant être envisagées ». Le personnel demande la mise en place de compensations financières.

    Politique

    contre-productive

    Manon et sa collègue Élise, infirmière anesthésiste (Iade), préviennent : « Le risque est de nous voir partir vers le privé. Il n’y a plus d’intérêt à rester à l’hôpital pour ces salaires-là. » Nathan Cabiac, représentant syndical CGT, appuie : « Nous refusons que les difficultés financières de notre établissement servent systématiquement de prétexte à de nouveaux reculs sociaux. […] Cette politique est injuste, dangereuse et contre-productive. Dégrader les conditions de travail, c’est accélérer le départ de professionnels formés et expérimentés, accentuer les risques psychosociaux, les troubles musculosquelettiques, les arrêts de travail et les situations d’épuisement professionnel ».

    Sur ce point, le directeur Loïc Mondoloni affirme : « L’attractivité et la fidélisation de nos professionnels constituent évidemment un enjeu majeur. Mais cette attractivité doit reposer sur un système à la fois juste, équitable et juridiquement sécurisé. » Le bloc opératoire sera en grève reconductible illimitée, vendredi prochain.

  • Un colloque sur les inégalités de genre dans la santé

    Un colloque sur les inégalités de genre dans la santé

    Plusieurs spécialistes, historienne du genre ou encore gynécologue obstétricien, ont tenté, jeudi, de sensibiliser aux inégalités de santé liées au genre et à la prise en compte des spécificités de la santé des femmes, à l’occasion d’un colloque sur le sujet organisé au palais des congrès de Digne-les-Bains.

    « Mieux soigner les femmes, c’est mieux soigner tout le monde et prendre soin de la société », a estimé Muriel Salle, historienne du genre lyonnaise qui a notamment dirigé un numéro de revue sur la santé des femmes dans les quartiers politiques de la ville. Première intervenante de la journée, elle a appelé à « traiter la santé comme une responsabilité commune, comme un bien commun ».

    L’historienne a notamment conseillé aux soignants, présents en nombre dans l’assemblée, de « systématiquement poser la question des violences, comme le recommande la haute autorité de santé ». « On doit la poser sans attendre d’avoir des signes », a-t-elle expliqué. La question peut être posée de manière indirecte, en demandant par exemple : « Est-ce qu’il vous arrive d’avoir peur chez vous ? Comment vous vous sentez à la maison ? Est-ce que vous avez peur pour vos enfants ? », a cité Muriel Salle. « On découvre aujourd’hui qu’énormément de femmes attendaient qu’on leur pose la question », a-t-elle regretté.

    « La société a du mal à faire face aux abus sexuels »

    Questionnée par le public, l’intervenante a également évoqué la formation aux spécificités de la santé de la femme. « J’ai des étudiants en médecine qui ne me croient pas quand je leur dis que les signaux sont différents chez les femmes et chez les hommes », a-t-elle relaté, appelant à « prendre en compte le genre et le sexe dans la santé ».

    Dr Eric Bautrant, gynécologue obstétricien à Aix-en-Provence et à Paris, qui anime un centre de la douleur pelvienne, est ensuite intervenu. « La société a un rôle important dans les grandes étapes biologiques chez la femme, qui sont les premières règles, les rapports sexuels et l’accouchement. Elle en transforme fortement certaines caractéristiques en imposant des obligations sociales », a-t-il constaté en introduction. « Toutes les organisations de loi, de travail, ont été faites par des hommes », a regretté le chirurgien. « La société va créer des raisonnements biaisés », comme la normalisation et la non prise en compte des règles douloureuses, a-t-il cité en exemple.

    « Une femme sur cinq a été victime d’un abus sexuel avant 18 ans », a-t-il par ailleurs relaté. Pourtant, « la société a du mal à bouger, à réagir, à faire face au fléau ahurissant des abus sexuels dont sont victimes les jeunes filles ».

    Le colloque était organisé par le Comité départemental d’éducation pour la santé 04, avec le soutien de l’Agence Régionale de Santé Paca, du groupement hospitalier et de la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence.